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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 13 mai 2026 21 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleTravail & emploi

Le triomphe idéologique de Mélenchon

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  • 0:36PrésentateurFait
    « Jean-Luc Mélenchon sera bel et bien le candidat de la France Insoumise à l'élection présidentielle de 2027. »
  • 0:41PrésentateurFait
    « Il y va avec le programme L'Avenir en Commun à mi-chemin entre social-démocratie et socialisme démocratique. »
  • 3:13PrésentateurFait
    « Inspirée des théories marxistes-léninistes, elle prône la révolution, la dictature du prolétariat, la collectivisation des moyens de production. »
  • 4:04PrésentateurFait
    « Le parti socialiste que Mélenchon rejoint en 1976, c'est un parti qui est allié au parti communiste et qui prône l'abolition du capitalisme pour passer à une société socialiste. »
  • 7:10Locuteur non identifiéFait
    « Ce que j'attends de lui n'est pas de mettre en œuvre je ne sais quelle forme d'austérité nouvelle mais de continuer l'œuvre entreprise adaptée à la rigueur des temps pour que nous sortions au plus vite du creux de la tempête. »
  • 9:20PrésentateurFait
    « Il est convaincu par le traité de Maastricht notamment parce qu'il croit au discours sur la réalisation d'une Europe sociale. »
  • 12:40PrésentateurChiffre
    « À la présidentielle de 2012, elle obtient 11% des voix et c'est la première fois qu'un parti de gauche hors PS réussit à passer la barre des 10% depuis 1980. »
  • 18:54PrésentateurFait
    « Tous ces partis se sont à nouveau réunis sous la bannière du nouveau front populaire incluant cette fois jusqu'à la branche la moins à gauche du PS. »

Temps de parole

  • Présentateur99 %

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Présentateur

Waouh, vous avez vu ? Jean-Luc Mélenchon est candidat à la présidentielle. C'est tellement inattendu, je n'arrive pas à le croire. Je suis bouleversé. Bonjour et bienvenue dans C'était pas mieux avant, votre émission dans laquelle on revient sur des personnalités et des événements marquants de l'histoire politique de la France et du monde. Au bout d'un suspense absolument considérable qui a laissé l'intégralité de la République sans voix, Jean-Luc Mélenchon sera bel et bien le candidat de la France Insoumise à l'élection présidentielle de 2027.

Il y va avec le programme L'Avenir en Commun à mi-chemin entre social-démocratie et socialisme démocratique et une force militante qui n'a plus rien à voir avec celle de 2022. Une stratégie claire, un candidat clair, un cap clair, mais ce n'est pas de ça que j'ai envie de vous parler aujourd'hui. J'ai envie de vous parler du fait que pendant ce temps-là, à gauche et plus précisément le 5 mai au soir, un autre morceau de la gauche s'est réuni pour le premier meeting du Front Populaire 2027. Vous savez, c'est le nom de la primaire de toute la gauche, mais en fait pas toute la gauche, enfin si plus ou moins, mais ça dépend des gens.

Donc on est toujours sur le même périmètre qui risque fort d'être définitif, à savoir l'après pour la borne la plus à gauche, le parti socialiste, ou en tout cas la moitié gauche du parti socialiste pour sa borne la plus à droite, et entre les deux, Génération, le parti de Benoît Hamon, Les Écologistes, mais aussi Debout, le parti de François Ruffin. Mais là où je veux vous emmener, c'est sur le terrain du programme. Parce que maintenant, ça y est, la plupart des formations qui participent à ce rassemblement ont un programme, et la coalition du Front Populaire 2027 elle-même a une base programmatique officielle.

Et puis contrairement à 2022, où le PS et les écologistes avaient des programmes de centre-gauche, un peu sociodémocrates, au nom du réalisme, et qui ne s'inscrivaient pas dans des courants de pensée particuliers, et bien en 2026, c'est plus du tout la même. Tous ces partis ont officialisé des projets plus radicaux, antilibéraux, voire carrément anticapitalistes, quitte à se revendiquer du socialisme, au sens originel du terme. Ce shift, il s'est fait à la faveur de plusieurs choses. La prise des contrôles des partis par des courants plus progressistes et plus radicaux après 2022, qui ont marginalisé les figures plus conservatrices issues des décennies précédentes.

Le retour en force du travail idéologique et programmatique qui a été exigé après des décennies d'effacement et de dépolitisation. Mais tout ça, on peut le ramener en bonne partie, pas que, mais en bonne partie, à la stratégie et à l'influence de la personne que toutes ces personnes ont en commun de détester, Jean-Luc Mélenchon. Donc dans cet épisode de C'était pas mieux avant, je vous propose de revenir sur le vieux.

Alors pas pour en faire une biographie de son parcours politique, parce que tout le monde l'a déjà fait honnêtement, mais plutôt pour retracer son parcours idéologique, la façon dont son évolution idéologique s'est confrontée aux idéologies dominantes de son temps et la façon dont il a fini par avoir une influence assez considérable sur l'ensemble du champ politique. Bon, déjà, c'est un fait assez connu, mais Jean-Luc Mélenchon a commencé sa vie politique dans le mouvement communiste trotskiste et plus précisément à l'organisation communiste internationaliste.

C'est donc un mouvement politique communiste, mais opposé au parti communiste français et qui a gagné pas mal de galons dans la jeunesse après que le parti communiste n'a pas vraiment soutenu ou en tout cas du bout des lèvres la quasi-révolution de mai 68. Inspirée des théories marxistes-léninistes, elle prône la révolution, la dictature du prolétariat, la collectivisation des moyens de production et la mise en place d'une société sans classe communiste. Accessoirement, elle se considère comme l'avant-garde éclairée du prolétariat qui doit prendre le contrôle de l'État après la révolution.

Selon Mélenchon, c'est bien cet élément-là qui le pousse à rompre avec l'OCI en 1976 pour rejoindre le parti socialiste. L'EPS, à ce moment-là, il est dans l'opposition depuis plus de 20 ans et après avoir été marginalisé par ses reniements successifs, ses nombreuses ententes avec la droite sous la 4e République et le départ de la majorité de ses militants, il a réussi à se reconstruire dans les années 70 autour de la figure charismatique de François Mitterrand et d'une ligne beaucoup plus radicale inspirée du socialisme démocratique.

Le parti socialiste que Mélenchon rejoint en 1976, c'est un parti qui est allié au parti communiste et qui prône l'abolition du capitalisme pour passer à une société socialiste. Il s'inspire également des théories de Karl Marx mais de manière moins prononcée et ne se réfère évidemment ni à Lénine ni bien sûr à Trotsky. Le socialisme démocratique dont l'EPS se réclame à ce moment-là, il veut l'abolition progressive du capitalisme par des réformes successives qui visent à sortir petit à petit de l'économie de marché. Accessoirement, le parti socialiste est alors productiviste et étatiste.

C'est l'état qui doit contrôler la production de biens pour la sortir de l'économie de marché et cette production doit être augmentée pour augmenter aussi la prospérité des travailleurs. En revanche, le socialisme démocratique ne s'oppose pas à la république ou au régime parlementaire. Au contraire, même, il considère que c'est par la république et par le régime parlementaire qu'on va sortir du capitalisme. C'est donc à cette idéologie que Mélenchon adhère en 1976 et il découvre rapidement que ce n'est pas la seule idéologie qui est présente au PS. En effet, le PS s'est reconstruit sous la forme d'un méga-parti.

C'est la fusion de plein de chapelles de la gauche qui ne sont pas toujours d'accord entre elles mais s'accordent au moins sur la nécessité d'être gros pour prendre le pouvoir. Et on y trouve notamment toute une frange emmenée par le très populaire Michel Rocard qui considère que le parti socialiste doit laisser tomber le socialisme démocratique pour suivre le même chemin que les autres partis socialistes et travaillistes européens celui de la social-démocratie. Mélenchon n'est évidemment pas avec ces gens-là c'est au contraire un Mitterrandien convaincu et ce même alors que Rocard devient plus populaire que Mitterrand à la fin des années 70.

Mais ce sont bien les Mitterrandiens qui gardent le contrôle du parti jusqu'au début des années 90 et ce sont eux qui remportent l'élection présidentielle de 1981. Quand François Mitterrand remporte l'élection présidentielle de 1981 c'est avec l'objectif officiel affiché de mettre en place progressivement une société de caractère socialiste. Et pour la première fois de son histoire l'EPS a toutes les cartes en main pour le faire il a la majorité absolue à l'Assemblée nationale et il va donc pouvoir contrôler les destinées du pays pendant au moins 5 ans. A ce moment-là Jean-Luc Mélenchon jeune militant mitterrandien s'attente à une marche irrésistible vers le socialisme.

Or ce n'est pas ce qui se produit. Déjà le grand mouvement populaire de masse auquel les militants s'attendaient n'a pas lieu. Pas de grève générale comme en 1936 pas de manifestation. L'EPS est certes aux manettes mais la pression populaire est faible. Et ensuite l'EPS arrive au pouvoir à peu près au même moment que les premiers dirigeants néolibéraux comme Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Inspirés du succès économique relatif de la dictature de Pinochet déjà couvert dans le C'était pas mieux avant sur l'histoire politique récente du Chili ils mettent en place une nouvelle politique économique.

Démantèlement partiel du service public dérégulation de l'économie et encouragement du secteur privé au détriment de l'État. Les mitterrandiens se retrouvent rapidement isolés en Europe le franc est attaqué sur les marchés financiers et l'économie française vacille. Après deux ans d'application du programme socialiste Mitterrand se retrouve face à deux possibilités soit mettre les réformes en pause mener une politique d'austérité le temps de stabiliser la situation avant de repartir soit sortir du système monétaire européen et continuer les réformes coûte que coûte.

7:10
Locuteur non identifié

Ce que j'attends de lui n'est pas de mettre en œuvre je ne sais quelle forme d'austérité nouvelle mais de continuer l'œuvre entreprise adaptée à la rigueur des temps pour que nous sortions au plus vite du creux de la tempête.

7:27
Présentateur

Le problème c'est que la pause dans les réformes a été définitive et que l'expérience socialiste démocratique en France au sens premier du terme elle s'est arrêtée là.

En fait ce qui se joue dans les années 80 c'est déjà le fait que Mitterrand était plus opportuniste que vraiment socialiste convaincu donc sans doute plus enclin à jeter le socialisme sous le bus quand ça l'a servi politiquement mais aussi le fait qu'une grande partie des cadres du parti socialiste désormais au pouvoir était en train d'adhérer plus ou moins silencieusement aux thèses économiques néolibérales qui commençaient à devenir dominantes et du coup le courant rocardien historiquement social-démocrate a commencé à se déporter encore un peu plus vers la droite pour se diriger vers le centre-gauche et prôner une alliance politique avec le centre plutôt qu'avec les communistes il obtient sa première grande victoire en 1988 quand François Mitterrand est réélu en promettant cette ouverture vers le centre et nomme Michel Recard premier ministre avec des ministres centristes ce virage idéologique s'explique aussi par l'évolution des partis sur sa gauche dans les années 70 le parti socialiste était tiré vers la gauche par la concurrence du parti communiste or les années 80 c'est les années de la désintégration de l'électorat communiste qui passe de plus de 20% des voix à la fin des années 70 à moins de 10% à la fin des années 80 et comme il n'a plus de parti puissant sur sa gauche le parti socialiste est désormais libre de devenir franchement social-démocrate et de suivre la même trajectoire que les autres partis de gauche européens qui n'avaient pas de parti communiste puissant sur leur gauche comme le parti social-démocrate ou le parti travailliste britannique mais alors il est où Mélenchon dans tout ça parce que quand même la vidéo est censée parler de chonchon et bah le vieux qui n'est pas encore vieux poursuit sa route au parti socialiste sans pour autant abandonner l'idéologie socialiste considérant que de toute façon l'EPS est devenu incontournable à gauche il cherche à l'influencer de l'intérieur en fondant son propre courant avec les autres militants et cadres socialistes qui pensent comme lui ses positions évoluent aussi au début des années 90 il est convaincu par le traité de Maastricht notamment parce qu'il croit au discours sur la réalisation d'une Europe sociale mais aussi parce que l'adoption d'une monnaie unique l'euro pouvait régler le problème du parti socialiste qui avait été paralysé dans son action gouvernementale par les attaques sur le franc après 1981 sauf que dix ans plus tard il commence à réviser son jugement et à devenir critique de la construction européenne qui prend un tournant de plus en plus néolibéral de même dans les années 90 il commence à parler d'un passage à une sixième république et à se montrer critique de la cinquième une position qui est encore assez marginale et détonne au sein du parti socialiste qui suit pour à peu près tout une trajectoire absolument opposée en 1997 quand le parti socialiste retrouve le pouvoir avec la gauche plurielle on ne peut déjà même plus vraiment qualifier le PS de social-démocrate c'est un parti de centre-gauche qui navigue entre sociale-démocratie modérée et libérale-démocratie de centre-droit toutefois quand Lionel Jospin devient premier ministre il n'a pas de majorité absolue et est obligé de composer avec des partis plus à gauche que le PS le parti communiste qui bouge encore un peu et les verts qui ont émergé dans les années 90 résultat pendant 5 ans le parti socialiste mène une politique franchement sociale-démocrate avec les 35 heures les emplois jeunes la couverture maladie universelle ou encore le Pax ça n'empêche pas l'aile néolibérale d'avoir de l'influence puisque c'est sous l'égide de Dominique Strauss-Kahn que le parti socialiste privatise à tour de bras mais ça n'empêche que le PS gouverne à gauche plus à gauche que son barycentre et c'est dans ce contexte-là que Mélenchon accepte de rejoindre le gouvernement au tournant des années 2000 et n'empêche qu'à cette époque-là les idées les plus progressistes de la gauche plurielle ont été poussées au sein du parti socialiste par Jean-Luc Mélenchon et son courant c'est notamment Mélenchon lui-même qui est le premier en France et ça il aime à le rappeler à déposer un projet de loi préfigurant le Pax et donc une première union civile reconnaissant les couples homosexuels alors si Jospin avait gagné la présidentielle de 2002 il n'est pas dit que Mélenchon aurait continué à le soutenir notamment parce que Jospin aurait probablement fait comme Hollande mais avec 10 ans d'avance le parti socialiste de 2002 n'est pas si éloigné idéologiquement de celui de 2012 mais en 2002 il s'est passé quelque chose des partis communistes trotskistes d'extrême gauche ont réussi à obtenir un bon 10% des voix au premier tour et connaissent alors leur apogée électorale et en 2005 ce sont ces partis-là avec le parti communiste à moitié crevé et les Verts qui s'associent pour former un véritable front de gauche au référendum sur le traité constitutionnel européen le TCE était censé consacrer l'économie néolibérale en Europe et Mélenchon a été l'un des seuls OPS à s'y opposer ce qui lui a valu d'être marginalisé au sein du parti d'autant plus que ça marche quand même un peu vu que le nom l'a emporté galvanisé par cette victoire de la gauche antilibérale et constatant l'impossibilité de réformer le PS de l'intérieur Mélenchon décide de le quitter après le congrès de 2008 pour fonder le parti de gauche avec d'autres militants socialistes en rupture de banc et en 2009 il cofonde le front de gauche une coalition de gauche antilibérale avec le parti communiste et quelques petits mouvements cette coalition met au point un programme qui n'est pas tellement anticapitaliste mais en tout cas clairement antilibéral dans une relative continuité de ce qu'étaient les programmes du parti socialiste dans les années 70 cette coalition réussit à prendre la tête de la gauche antilibérale marginalisant complètement les partis trotskistes lutte ouvrière et NPA qui occupaient jusqu'à présent cet espace à la présidentielle de 2012 elle obtient 11% des voix et c'est la première fois qu'un parti de gauche hors PS réussit à passer la barre des 10% depuis 1980 mais ça reste insuffisant pour gouverner alors à l'approche de l'élection présidentielle de 2017 et à la suite d'importants désaccords stratégiques avec le parti communiste Mélenchon et le parti de gauche décident de proposer une autre approche Mélenchon fonde un nouveau mouvement la France insoumise autour d'un programme assez proche de celui de 2012 mais avec une orientation stratégique populiste de gauche inspirée des théories de Chantal Mouffe et Ernesto Laclao son idée pour contourner le désaveu total de l'électorat pour la gauche suite à l'échec du quinquennat Hollande c'est de cesser de se revendiquer de la gauche et de mener une campagne électorale confusionniste tout en continuant à présenter un programme de gauche radicale c'est ce que fait Mélenchon avec une campagne de 2017 où les symboles de gauche sont très discrets où il se revendique du souverainisme et laisse même entendre la possibilité d'une sortie de l'Union européenne qui était à la mode après le succès du Brexit et les gros problèmes de la Grèce cette stratégie ne permet pas à Mélenchon de l'emporter mais elle lui permet de passer premier à gauche en obtenant 19,5% des voix au premier tour très loin devant le parti socialiste désormais incontournable Mélenchon a les yeux rivés sur la présidentielle de 2022 et espère user de son influence pour rendre son discours dominant mais malheureusement tout ne va pas se passer comme prévu en fait le premier quinquennat Macron c'est plutôt une période de relative marginalisation de la France insoumise alors déjà il y a les polémiques mais il y a surtout les résultats électoraux qui ne sont pas très bons la France insoumise était une machine construite pour la présidentielle mais après la présidentielle non seulement elle n'a pas réussi à se structurer mais en plus elle s'est rapidement retrouvée prise au piège de ses contradictions la stratégie électorale souverainiste et confusionniste de Mélenchon en 2017 avait attiré à lui pas mal de profils de souverainistes confus justement d'autant plus que Mélenchon avait pu tenir des propos particuliers dans les années 2010 il avait notamment vertement critiqué une candidate du NPA qui portait le voile affirmant que les personnes qui faisaient ça se stigmatisaient elles-mêmes pour ensuite s'étonner de la stigmatisation dont elles étaient victimes mais justement comme il l'a lui-même reconnu il a beaucoup évolué sur le sujet et par exemple en 2019 c'est lui qui sort le mot islamophobie de sa marginalité pour en faire l'un de ses chevaux de bataille c'est à peu près à ce moment-là que toute la partie la plus droitière de la France insoumise des personnes comme Georges Kuzmanovic ou encore Andréa Kotarac qui a d'ailleurs rejoint le RN quitte le mouvement en dénonçant une dérive communautariste c'est de fait aussi à ce moment-là que la France insoumise commence à se tourner de moins en moins vers les fâchés pas fâchaux et de plus en plus vers les quartiers populaires urbains à l'initiative notamment du député Eric Coquerel mais cette stratégie n'a pas été payante tout de suite au contraire entre 2017 et 2022 LFI enchaîne les revers électoraux 6% aux européennes de 2019 et un score quasi inexistant aux municipales de 2020 à l'inverse au même moment c'est plutôt les écologistes de LV qui triomphe du coup à l'approche de l'élection présidentielle de 2022 à gauche le camp social-démocrate s'est reconstitué autour de Yannick Jadot et c'est le parti écologiste qui apparaît en dynamique à ce moment-là et quand Mélenchon se lance dans la campagne présidentielle de 2022 il est beaucoup retombé dans les sondages et stagne aux alentours de 10% des voix pendant que Macron et Le Pen eux caracolent en tête avec près de 30% des intentions de vote chacun et pourtant la suite on la connaît malgré des débuts difficiles c'est surtout la division des autres qui finit par profiter à Mélenchon la division du reste de la gauche déjà qui se déchire entre Jadot Hidalgo Taubira Montebourg et Roussel mais aussi la division de l'extrême droite où l'émergence de Zemmour fait retomber le seuil d'accès au second tour jusqu'à 15 petits pourcents Mélenchon ayant évité la guerre des chefs et s'étant maintenu avec un socle de 10% des voix il agrège progressivement le vote utile fait revenir quelques abstentionnistes et termine avec 22% des voix dans un mouchoir de poche avec Marine Le Pen et c'est surtout là en réalité que commence l'influence de l'idéologie insoumise sur le reste de la gauche après la présidentielle la France insoumise est hégémonique à gauche et réussit à rassembler à peu près tout le monde derrière elle pour les législatives de 2022 même le parti socialiste finit par y participer emmené plus ou moins de force par son premier secrétaire Olivier Faure tous ces partis de gauche électoralistes se retrouvent rassemblés derrière un programme commun calqué sur l'avenir en commun le programme de la France insoumise un programme social-démocrate voire démocrate socialiste qui prône la retraite à 60 ans la 6ème république ou encore la transition écologique entre beaucoup d'autres choses ce programme témoigne aussi de l'évolution idéologique de Jean-Luc Mélenchon qui en est l'un des principaux artisans productiviste dans les années 80 il est devenu écologiste dans les années 2010 européen au début des années 90 il ne menace plus de sortir de l'UE comme en 2017 mais prône quand même la désobéissance et la renégociation des traités européens néolibéraux laïcard jusque dans les années 2010 il est devenu l'un des représentants les mieux identifiés de la lutte contre l'islamophobie à partir de 2019 la seule chose qui est restée à la limite c'est le campisme sur le plan international Mélenchon dénonce l'impérialisme étatsunien et il a été parmi les premiers à accuser Israël de génocide à Gaza mais il est beaucoup moins critique des impérialismes rivaux des Etats-Unis et n'a jamais eu un mot pour le génocide des Ouïghours par la Chine par exemple quant à la NUPES elle n'a pas tenu longtemps et après les législatives les partis sont très rapidement retournés dans leur couloir pour les européennes malgré la tentative de LFI et aussi du PS à l'époque ouais ouais de se maintenir en union mais s'ils se sont divisés sur le plan des stratégies électorales sur le plan programmatique en revanche ça n'a pas du tout été la même on commençait déjà à le voir aux européennes les écologistes venaient de dégager la ligne Jadot et avaient mis à leur tête Marine Tondelier certes pas la plus à gauche du parti mais tout de même beaucoup moins à droite sachant que Jadot lui-même était déjà plus à gauche par rapport à la ligne libérale des écolos des années 2010 dont beaucoup sont partis gouverner avec Macron et ne sont fort heureusement jamais revenus et pendant les européennes même Raphaël Glucksmann pourtant venu de la droite sarkoziste et longtemps conseiller d'un autocrate néolibéral en Géorgie avait porté une ligne plus à gauche pour dévorer l'électorat des écolos avec succès et puis pour les législatives de 2024 tous ces partis se sont à nouveau réunis sous la bannière du nouveau front populaire incluant cette fois jusqu'à la branche la moins à gauche du PS mais aussi la frange la moins à gauche du NPA avec un programme toujours entre social-démocratie et socialisme démocratique et toujours relativement calqué sur l'avenir en commun et puis tout le monde s'est redivisé et on se dirige déjà pour la présidentielle vers 3 à 4 candidatures différentes mais là où pour 2022 les écolos et les socialistes étaient partis sur des programmes de centre-gauche cette fois-ci ils sont tous les deux allés marcher sur les plates-bandes de LFI le PS comme les écolos se sont éloignés de la social-démocratie pour se revendiquer davantage du socialisme démocratique avec des nationalisations de la taxation des riches et ils parlent même tous de 6ème république dont ils se foutaient il y a 5 ans et même place publique le parti de Glucksmann est allé chercher un programme plutôt social-démocrate qui prône la taxation des plus hauts revenus ou encore un changement de constitution accessoirement tous ont tenu à inscrire leur programme dans des courants de pensée le PS parle de liberté de socialisme de démarchandisation les écolos parlent de prospérité écologique et en fait que Mélenchon remporte ou pas sa 4ème campagne présidentielle il aura au moins réussi ça désormais l'écrasante majorité des partis de gauche électoralistes se sont rangés à un positionnement démocrate-socialiste au point que même au PS ils commencent à reparler d'anticapitalisme ce qu'on n'avait plus entendu dans leur bouche depuis des décennies beaucoup de personnes dénoncent d'ailleurs l'opportunisme de leur part de se redécouvrir socialistes comme s'ils avaient oublié le nom de leur propre parti mais on pourrait aussi se réjouir du fait que maintenant les opportunistes sont obligés d'adopter un programme de gauche plus radical pour continuer à exister ça veut justement dire que maintenant le baril centre de la gauche et bah il est ici la fenêtre d'Overton s'est élargie et ce réalignement idéologique c'est probablement la plus grande victoire politique de Jean-Luc Mélenchon c'est la fin de cet épisode de C'était pas mieux avant si vous l'avez apprécié vous pouvez vous abonner aux différentes chaînes du média et pourquoi pas nous soutenir financièrement vos dons sont la garantie de notre indépendance à la prochaine Sous-titrage Société Radio-Canada

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