Covid-19 : en réanimation, "le système a atteint sa limite", selon Antoine Perrin, directeur général de la FEHAP
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Chapitres
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Questions et réponses
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Quelle décision attendez-vous ?
- 1:40OuverteRéponse directe
Quelle est la situation ce soir dans les établissements que vous représentez ?
- 2:43OuverteRéponse directe
Vous les avez augmentés déjà ces derniers mois dans vos établissements ?
- 3:24OuverteRéponse directe
Combien de patients atteints du Covid accueillez-vous aujourd'hui dans vos établissements ?
- 3:52OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous pouvez aller plus loin s'il le faut ?
- 4:27OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez l'impression de revivre la même histoire, le même scénario qu'il y a un an et qu'à l'automne dernier ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« il faut reconfiner, il faut sécuriser les personnes, il faut casser cette montée de l'épidémie »
- 1:07Invité politiqueFait
« On voit qu'actuellement, les réanimations sont à nouveau débordées. »
- 1:12Invité politiqueChiffre
« Ce ne sont plus des personnes âgées, ce sont des personnes plus jeunes, avec des comorbidités, un taux de mortalité qui dépasse les 20% »
- 1:23Invité politiqueFait
« des réanimations saturées, malgré les capacités qui ont été largement augmentées »
- 2:48Invité politiqueChiffre
« On a multiplié par 2,7 nos capacités de réanimation. »
- 3:22Invité politiqueFait
« Là, maintenant, le système a atteint sa limite. »
- 3:34Invité politiqueChiffre
« en réanimation, nous avons 630 lits de réanimation, qui sont, en fonction des régions, utilisés à 80 jusqu'à 110% pour des patients Covid »
- 4:51Invité politiqueFait
« La première fois, il y avait une montée qui était très aiguë, très brutale, très violente, avec des hôpitaux totalement débordés. »
- 5:07Invité politiqueChiffre
« le taux de vaccination chez les personnes âgées est de 90% »
- 6:10Invité politiqueFait
« Je souhaite qu'il l'autorise à nouveau. »
Temps de parole
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Bonsoir à tous. Dans les hôpitaux, la tension monte face à la troisième vague. La pression est de plus en plus concrète. Bonsoir Antoine Perrin. Bonsoir Jean-Marie. Directeur général de la FEAP, la fédération qui représente les hôpitaux privés non lucratifs. Le privé solidaire, comme vous aimez le définir. Pour le dire plus concrètement, vous représentez plus de 700 établissements. Dans un peu plus d'une heure, Jean Castex annoncera de nouvelles mesures de restriction, notamment pour la région parisienne, peut-être davantage. Quelle décision attendez-vous ?
Clairement, nous attendons une décision de confinement. Alors quel degré de confinement ? Ça appartient au Premier ministre, au gouvernement de le déterminer. Mais il faut reconfiner, il faut sécuriser les personnes, il faut casser cette montée de l'épidémie qui est une montée sourde, lente, mais progressive et très importante. Malgré les dégâts provoqués par les confinements précédents, Antoine Perrin ? Écoutez, je crois que tous les efforts ont été faits pour essayer d'éviter ce confinement, dont on sait effectivement les dégâts, mais on voit ce qui se passe. On voit qu'actuellement, les réanimations sont à nouveau débordées.
Ce ne sont plus des personnes âgées, ce sont des personnes plus jeunes, avec des comorbidités, un taux de mortalité qui dépasse les 20%, des durées de réanimation beaucoup plus longues, et des réanimations saturées, malgré les capacités qui ont été largement augmentées. Donc bientôt, il n'y aura plus de professionnels disponibles pour augmenter encore les réanimations, sans compter les dégâts, le nombre de morts qui ne cessent d'augmenter jour après jour.
Quelle est la situation ce soir dans les établissements que vous représentez, dans ces plus de 700 hôpitaux que vous représentez ?
Alors, la montée des hospitalisations liées au Covid n'est pas énorme. Par contre, c'est l'impact en réanimation qui est énorme. C'est-à-dire qu'il n'y a pas, comme la première fois, des afflux de personnes âgées aux urgences, des urgences débordées. Mais il y a un flux très régulier et quand même important de personnes, et encore une fois des personnes jeunes, et donc les réanimations sont complètement saturées. C'est là que ça se joue, c'est en réanimation ? C'est clairement en réanimation. Donc, on a commencé à déprogrammer. On a nos établissements qui suivent exactement ce que leur demandent les ARS. Les agences régionales de santé.
Les agences régionales de santé qui font exactement la même chose que les hôpitaux publics, puisque nous sommes des établissements de services publics. Nous avons déprogrammé de 20 à 50% de notre activité en fonction de la demande qui nous est faite. Pour libérer des réanimateurs, des anesthésistes réanimateurs, pour libérer des respirateurs, pour augmenter les réanimations.
Vous les avez augmentés déjà ces derniers mois dans vos établissements ?
Ah, on les a augmentés. On a multiplié par 2,7 nos capacités de réanimation. Depuis quand ? Depuis novembre. Depuis l'existence, c'est-à-dire une période hors crise. Et ce qu'on avait déjà fait à la première vague. Mais là, si vous voulez, on ne va plus pouvoir, puisque même si on avait des réanimateurs, mais des respirateurs, on n'aura pas les réanimateurs, les infirmières avec eux, tout le personnel nécessaire, puisque ce personnel est au travail 24 heures sur 24, depuis la montée de la crise, alors que déjà, ils travaillaient de façon importante. Là, maintenant, le système a atteint sa limite. Combien de patients atteints du Covid accueillez-vous aujourd'hui dans vos établissements ?
Alors, en réanimation, nous avons 630 lits de réanimation, qui sont, en fonction des régions, utilisés à 80 jusqu'à 110% pour des patients Covid. Ce qui vous donne l'importance du sujet. Et donc, là, il faut absolument qu'on arrête cette montée.
Est-ce que vous pouvez aller plus loin s'il le faut ? Si vos collègues du public vous disent, s'il vous plaît, prenez davantage de patients encore en réanimation, jusqu'où pouvez-vous monter ?
Je ne peux pas vous donner de chiffres. Bien sûr qu'on fera tout pour augmenter. Bien sûr qu'on augmentera. Les professionnels sont responsables. Les professionnels sont résilients. Mais attention, il y a un moment, il y aura une limite. Et donc, cette limite, il faut la casser. Il faut empêcher qu'on y arrive. Et donc, malheureusement, c'est à court terme le confinement et à moyen terme, vite, vite, vite la vaccination.
On va y venir dans un instant. Est-ce que vous avez l'impression de revivre la même histoire, le même scénario qu'il y a un an et qu'à l'automne dernier ? Ou est-ce que c'est encore une histoire différente, Antoine Perrin ?
Non, c'est une histoire, alors qu'il y a des similitudes, c'est une histoire un peu différente. La première fois, il y avait une montée qui était très aiguë, très brutale, très violente, avec des hôpitaux totalement débordés. Là, on n'est plus dans ce cas-là. Parce que la vaccination chez les personnes qui ont été vaccinées porte ses effets. Il n'y a plus de personnes âgées qui arrivent ayant le Covid aux urgences, ou très peu. Parce que ces personnes au domicile et en EHPAD ont été vaccinées. Et le taux de vaccination chez les personnes âgées est de 90%.
Et donc, ces personnes-là commencent à retrouver, pas une vie normale, mais commencent à avoir des processus de déconfinement dans les EHPAD, à retrouver une vie normale. Ce ne sont pas elles qui sont concernées. Ça, c'est une bonne nouvelle. C'est une excellente nouvelle. Par contre, on voit une espèce de vague, et peut-être plus forte. C'est-à-dire que les réanimations sont tout autant débordées qu'avant, mais par des personnes plus jeunes, qui, a priori, n'étaient pas censées arriver avec le Covid. Et surtout en réanimation. Or, elles y arrivent. Ce qui veut dire que le volume des personnes touchées par le Covid est très important.
La question de la vaccination, c'est aussi l'avis de l'Agence européenne du médicament, qui nous est parvenu tout à l'heure. L'Agence confirme que le vaccin AstraZeneca est sûr et efficace, avec des bénéfices supérieurs aux risques. Mais en même temps, l'Agence n'exclut pas l'existence d'un lien entre ce vaccin et la formation de caillots sanguins chez certains patients. Le gouvernement avait suspendu l'utilisation de ce vaccin. Souhaitez-vous qu'il l'autorise à nouveau ? Absolument.
Je souhaite qu'il l'autorise à nouveau. Et si vous voulez, il faut bien comprendre. Je suis, moi, une personne qui n'a pas eu le Covid, qui est susceptible d'être vaccinée. Sans morbidité, sans comorbidité, ou peut-être avec des comorbidités, et surtout avec des comorbidités. J'ai le choix entre ne pas me faire vacciner et potentiellement avoir le virus, ou me faire vacciner et peut-être, très éventuellement, avoir des complications. Eh bien, il n'y a pas photo. Entre la décision de ne pas se faire vacciner et de s'exposer au virus, et les risques qu'il y a, les risques sont énormes. Alors, même si c'est infinitasimal, c'est en dessous du pourcent, le risque est énorme.
Mais se faire vacciner, le risque est tellement bas qu'il n'est pas comparable. Il faut se faire vacciner, même avec cette incertitude sur les caillots.
Antoine Perrin, merci. Le directeur général de la FEAP, la fédération de ces établissements de santé privée non lucratifs, vous étiez ce soir l'invité Éco de France Info.