L'allocution d'Emmanuel Macron depuis le Lot
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bien, heureux de vous, de vous retrouver ici à Saint-Cyr-la-Popie. Et donc je suis très heureux d'être dans ce département du Lot qui m'est cher et en effet dans cette belle commune de Saint-Cyr qui s'embellit constamment. Monsieur le maire, je vous félicite de tous les travaux qui ont pu être faits. Alors nous sommes là dans un moment un peu particulier, puisque dans quelques jours, nous passerons la deuxième phase de réouverture progressive que nous avons décidé à partir du 9 juin. Et nous avons pu en effet, depuis quelques jours, rouvrir les terrasses, décaler un petit peu l'heure du couvre-feu et commencer à reprendre une vie normale.
Tout ça est possible parce que nos concitoyens ont fait beaucoup d'efforts durant ces dernières semaines qui produisent des résultats. Et on le voit, l'épidémie continue à réduire d'intensité. Néanmoins, j'appelle chacun à rester extrêmement prudent dans cette période et vigilant, parce qu'on a les premiers endroits où l'épidémie réaugmente très légèrement, ce qui montre qu'il faut avoir encore beaucoup de vigilance dans cette période. Ces résultats, nous les obtenons aussi parce que la vaccination se poursuit à marche forcée. Nous sommes d'ailleurs ici dans un département où la vaccination avance très bien. 60 % des adultes sont vaccinés dans le département du Lot.
Au niveau national, c'est le chiffre de 50 % de primo-vaccinés, première injection qui a été donnée. Donc 50 % des Françaises et des Français de plus de 18 ans ont reçu aujourd'hui une première dose, ce qui est véritablement un cap. Nous tiendrons les objectifs sur lesquels nous nous sommes engagés en matière de vaccination, ce qui veut dire qu'en effet, d'ici au 15 juin, nous franchirons la barre des 30 millions de vaccinés.
Et c'est pourquoi nous avons décidé ce matin, à partir du 15 juin, eh bien, de commencer à ouvrir la vaccination pour les adolescents, enfin les plus jeunes, et à partir du 15 juin, de permettre aux 12-18 ans d'aller se faire vacciner dans des conditions d'organisation, des conditions sanitaires, de consentement des parents et de bonne information, des familles aussi éthiques, qui seront précisées dans les prochains jours par les autorités sanitaires et les autorités compétentes. Mais je veux déjà que l'ensemble de nos compatriotes puissent avoir ce cap en tête. Tout ça nous permet d'envisager les prochaines semaines, les prochains mois, et donc l'été.
Et en m'adressant à vous aujourd'hui ici depuis Saint-Cyr, c'est pour tout ce secteur justement du tourisme, du loisir, des hôtels, cafés, restaurants que je pense. Ils ont subi une crise extrêmement importante ces derniers mois, je dirais même cette année passée. Je veux saluer le travail de Jean-Baptiste Lemoyne qui, vraiment, au gouvernement, s'est beaucoup engagée pour tout le secteur, parce que c'est un secteur important de l'économie française. C'est entre 8 et 10 % de notre produit intérieur brut. C'est un secteur clé pour notre attractivité et pour nos emplois, qu'ils soient peu qualifiés ou plus qualifiés.
Et ils ont eu, on le sait bien, tout le printemps de l'année dernière qui a été fortement frappé. Ils ont eu, l'été dernier, on a pu réouvrir. Et puis ces derniers mois qui ont été très difficiles. Je veux avoir ici un message de confiance collectif pour, justement, les prochaines semaines et les prochains mois qui sont devant nous. D'abord, un message pour dire à nos compatriotes que, compte tenu de tout ce que je viens d'expliquer, les vacances seront possibles cet été. Et donc, voilà, de pouvoir engager les réservations, de pouvoir vous organiser pour passer les vacances cet été, et en particulier, j'ai envie de dire, en 2021, les vacances, c'est en France. Et c'est encore mieux.
Et nous avons ces territoires qui sont absolument magnifiques, ces campagnes, cette ruralité que j'évoquais en parlant du Lot, ces villages sublimes. Saint-Cyr, l'un des... a été le plus beau village de France et le reste. Et nous avons donc la possibilité en France d'accueillir nos compatriotes en vacances, dans les meilleures conditions. Deuxième message, c'est que le secteur, qui a bénéficié de 30 milliards d'aides depuis le début de la crise, à travers les fonds d'urgence, l'accompagnement, justement, d'investissements, le maintien de l'emploi au sein du secteur, qui va continuer à être aidé, parce que la reprise est progressive, qu'il y a encore des jauges.
Il y a 15 milliards environ qui sont encore prévus pour cette phase d'urgence. Le secteur bénéficiera d'un nouveau plan si je puis dire, de reconquête et de réinvention du modèle. Je veux vraiment saluer l'ensemble des professionnels qui étaient avec moi, leurs représentants, l'ensemble des syndicats, mais saluer tous les professionnels et l'ensemble des salariés du secteur. Mais on sait, et on a appris de cette crise, on peut faire encore beaucoup mieux. Et donc notre volonté en sortie, c'est d'aider à financer un vrai plan de reconquête qui passe par, d'abord, une amélioration de la formation, une amélioration des qualifications et un accompagnement tout au long de l'année.
Et donc nous allons l'investir pour améliorer, permettre des passerelles entre les différents métiers, du secteur du tourisme, hôtel, café, restaurant, justement aussi de tous les modes d'accueil, du tourisme de grand air, etc.
Deuxième point, permettre de valoriser pleinement notre patrimoine et donc d'avoir une stratégie tourisme vert, tourisme patrimonial et d'investir là aussi sur ce secteur, c'est-à-dire nous permettre de pleinement mettre en valeur dans cette stratégie touristique notre patrimoine naturel, notre patrimoine architectural et d'avoir une stratégie où ce que nous faisons pour la biodiversité, pour nos paysages dont il faut préserver absolument la beauté, pour notre patrimoine culturel et architectural, eh bien qu'on permette de le mettre, si je puis dire, en synergie avec notre offre touristique.
Et donc là-dessus, ce sont plusieurs investissements, à la fois du secteur, mais au niveau national, qui seront déployés dans les prochaines semaines, les prochains mois et les prochaines années, parce que c'est un plan à horizon de 5 ans que nous visons pour ce faire. Le troisième levier, c'est de monter véritablement, en qualité, nos infrastructures.
Nous savons que nous avons une offre hôtelière qui est pour tous les portefeuilles, mais nous avons besoin de continuer à investir et d'aider les professionnels à investir pour améliorer les conditions d'accueil, pour améliorer encore la qualité de notre offre, et on a besoin de continuer à investir aussi sur nos infrastructures de tourisme, qu'il s'agisse des pistes cyclables, qu'il s'agisse des conditions de transport, de l'accueil, etc.
Et donc là-dessus, pour développer aussi bien notre offre hôtelière, pour développer notre offre en termes de camping, qui est aussi une excellence française, qui a plus que bien tenu, qui continue à progresser et qui est une force de la France dans l'Europe, ces investissements seront décidés pour accompagner les professionnels, leur sens de l'avenir, et aussi nous permettre d'accroître notre capacité d'accueil. Et puis enfin, c'est un investissement dans le numérique. Vous le savez, vous en parlez souvent, le numérique est au coeur aujourd'hui du tourisme. On réserve par le numérique, et ce sont parfois des plateformes étrangères qui captent une partie de la valeur ce faisant.
Nous avons engagé des discussions, je dirais même, nous avons passé des régulations qui nous permettent de corriger certains effets que nous connaissions, de mieux fiscaliser ces grandes plateformes. Ce que nous voulons, c'est aussi aider à investir dans tout le secteur, investir pour que les entreprises du secteur touristique puissent elles-mêmes se numériser et avoir une offre, et investir en lien avec tout le secteur et le travail vraiment d'Atout France, qui est remarquable et que je salue, pour aider à nous-mêmes bâtir nos plateformes françaises.
Et donc avoir une offre française pour les touristes français et les touristes étrangers qui permettent là aussi d'abord de proposer tout ce que nous avons à offrir, et de le faire en, si je puis dire, gardant au maximum la valeur dans notre pays. Voilà la stratégie que nous allons déployer, et au-delà des 30 milliards d'aides qui ont d'ores et déjà été injectées dans le secteur, de l'aide qui va continuer à accompagner le secteur, c'est ce plan de reconquête que nous préparons et qui va au fond aller avec le redémarrage de l'été.
Et puis le dernier mot, après cette invitation aux Français à organiser leurs vacances en France et ce plan de reconquête pour le secteur, le dernier mot que je voulais avoir, c'est pour l'emploi. Nous avons, dans notre pays aujourd'hui, beaucoup de secteurs qui sont en train de redémarrer, qui ont été accompagnés, je le disais, pour éviter les licenciements dans la période difficile, mais qui vont réembaucher. Et il y a aujourd'hui, dans le secteur du tourisme, des hôtels, cafés, restaurants, il y a des propositions d'emploi partout sur le territoire. Nous avons discuté ici, à Saint-Cyré-la-Paupy, avec plusieurs professionnels.
Plusieurs offres d'emploi sont faites dans ce restaurant où nous étions. Il y en a plus de 50 000 qui ont été répertoriés par le secteur, qui a mis en place une plateforme en ligne, plus de 50 000. Et tout ça est évidemment pour les plus jeunes proposés sur la plateforme Un jeune, une solution ou dans les pôles d'emploi partout sur le pays. J'insiste sur ce point parce que les jeunes comme les moins jeunes qui aujourd'hui cherchent un emploi doivent savoir qu'il y a plusieurs dizaines de milliers d'offres d'emploi partout sur notre territoire dans le secteur. Ce sont des emplois qui peuvent correspondre à vos qualifications.
Nous avons d'ailleurs des offres de requalification en quelques semaines aussi qui sont offertes. Et c'est très important dans ce moment de redémarrage du pays que ce soit aussi un moment de redémarrage de l'embauche dans ce secteur si essentiel à l'activité économique. Voilà les quelques mots que je voulais avoir avec vous dans ce village magnifique, mais qui illustre, si je puis dire aussi, la beauté de notre pays et la capacité du pays à accueillir un maximum de tourisme dans de bonnes conditions. Je vais répondre maintenant à toutes vos questions.
M. le Président. Alors, maintenant qu'une page se tourne, est-ce que vous pouvez penser à 2022 ?
M. Non, je reste toujours dans le même état d'esprit. C'est-à-dire d'abord concentré, je vous l'ai dit. Vous savez, une étape est en train de s'écouler, mais nous devons rester très vigilants. On a encore beaucoup de nos concitoyens qui sont dans des services de réanimation. On a encore des concitoyens qui s'infectent chaque jour. Et nous avons encore une grande vigilance, parce que vous le voyez chez plusieurs de nos voisins, de nouveaux variants font réaugmenter le nombre de cas. Donc je crois qu'il faut avoir un optimisme raisonnable, optimisme qui est le fruit de notre travail collectif. Nos soignants ont fait un travail remarquable ces derniers mois.
Les Françaises et les Français se sont mobilisés et ont fait des efforts. C'est ce qui nous permet justement de rouvrir. Mais il faut rester très vigilants, il faut respecter les règles, et il faut maintenir justement cette vigilance jusqu'au bout et éviter que le virus ne recircule. Et donc moi, je reste extrêmement concentré sur le volet sanitaire. Mais je veux que nous nous remobilisions très fortement sur vraiment cette réouverture et le redémarrage, la relance du pays. Avec pour moi deux piliers essentiels à cette relance. Un premier pilier qui est de dire nous avons tenu bon et on doit rouvrir. Et on doit permettre à toutes celles et ceux qui attendaient de rouvrir.
Et le secteur des hôtels, cafés, restaurants, des campings, du tourisme, du loisir, etc. a été très touché. C'est le secteur qui a été le plus touché avec la culture et l'événementiel par cette crise. Il est essentiel qu'ils puissent rouvrir dans de bonnes conditions, être accompagnés et avoir notre confiance. Et ça, c'est la relance pour tout de suite consolider les acteurs, réembaucher. Et puis, c'est la reconquête de l'avenir.
C'est-à-dire que nous avons appris de cette crise et on doit faire les bons investissements pour se mettre tout de suite dans les emplois de demain, qui sont les emplois d'aujourd'hui améliorés, mais qui est la montée en qualité, la montée en formation, la numérisation et la capacité aussi à avoir de nouvelles opportunités. Donc, c'est ça ma préoccupation.
Est-ce que vous pouvez nous expliquer à quoi va servir cette série de déplacements que vous lancez aujourd'hui ? Certains disent que vous êtes déjà en campagne électorale. Est-ce que c'est le cas ? Et par ailleurs, vous projetez dans l'avenir. Est-ce que vous pouvez nous dire quelles sont les grandes réformes que vous envisagez de faire en cette fin de quinquennat et quand vous les annoncerez ?
D'abord, il faut collectivement que nous ayons, je dirais, de la bienveillance un peu les uns avec les autres. Le pays a beaucoup encaissé ces derniers mois. L'année presque et demie qui vient de s'écouler a été une année de crise sanitaire absolument exceptionnelle, avec aussi dans certains secteurs des difficultés économiques, avec des situations éducatives, sociales, qui sont aussi très dures.
Donc, mon premier objectif, et c'est ce que j'avais dit il y a plusieurs semaines quand je m'étais exprimé d'ailleurs auprès de la presse quotidienne régionale, j'avais dit je veux aussi retourner au contact, comme disaient certains de vos confrères, c'est-à-dire aller auprès de la France en direct et retourner sur le terrain, puisque comme vous, j'en ai moins fait pendant la crise pandémique, quand elle était à son pic, retourner au contact pour vraiment comprendre comment les Françaises et les Français et tous les secteurs ont vécu cette crise. Il y a des choses qu'on a pu voir et qu'on a accompagnées et corrigées. Il y a toujours des choses qu'on ne dit pas et qu'on ne voit pas.
Et donc, en retournant au contact, on le comprend et on peut mieux accompagner. La deuxième chose, c'est que nous avons fait un premier plan de relance l'année dernière, historique, qui a permis véritablement d'investir massivement dans certains secteurs, dans notre agriculture, qui a été si touchée par les derniers événements, et je pense en particulier l'agriculture dans le Lot, qui a été très touchée. Nos vitiviniculteurs comme nos armoériculteurs ont été vraiment touchés par les derniers événements climatiques. On a beaucoup accompagné ces secteurs économiques.
L'industrie, qui est très présente aussi, par exemple, autour de Fijac, dans le département, a été accompagnée avec des plans massifs. Néanmoins, on doit les adapter là. Et donc, on va devoir reconcevoir un nouveau plan d'investissement parce qu'on a un an de plus, parce qu'on a vu ce qui marchait, ce qui ne marchait pas, parce qu'on voit aussi comment se structure la concurrence internationale. On voit les Chinois qui investissent dans certains secteurs, on voit les Américains. Et donc, nous-mêmes, on doit stratégiquement préparer le pays à 10 ans. Et ça, je veux un peu aussi, au contact du terrain, à la fois le comprendre, le préparer.
Et puis, vous l'avez très bien dit, on va devoir continuer de moderniser le pays. Mais il faut le faire en prenant le pouls de celui-ci. Parce que nous avons aussi beaucoup encaissé, si je puis dire, ces derniers temps. Et donc, pour moi, les semaines qui viennent sont des semaines durant lesquelles je veux d'abord accompagner cette réouverture, comme on le fait aujourd'hui, annoncer ce qui est fait par le gouvernement, les décisions qu'on prend pour accompagner à chaque fois les secteurs qu'on ouvre. On l'a fait pour la culture, on l'a fait pour le sport, on le fait là pour le tourisme et je vais continuer.
Et puis, comprendre en profondeur la manière dont nos compatriotes ont vécu et vivent cette période pour aussi voir comment on peut ensemble avancer. Parce que je pense que la sortie de crise, elle doit être éclairée par quelques convictions qui sont ceux que nous avons appris de la crise et de ce que nous avons bien fait et mal fait, de comment le monde évolue, mais aussi de comment nous vivons ce moment. Et je ne connais pas de meilleur moyen que d'aller au contact.
Pourquoi avoir choisi ce territoire-là pour votre premier déplacement ? C'est un territoire que vous décrez comme une ruralité heureuse. peut-être qu'il y aura eu d'autres territoires où les gens sont un peu moins heureux et qu'il y aurait peut-être plus besoin de...
Alors d'abord, on aurait tort de dire que le Lot est un département où tout va bien et où tout se passe bien. Je l'ai évoqué, c'est aussi un département qui a été frappé par exemple par les terribles événements climatiques qu'on a connus ces dernières semaines. Aujourd'hui, je vous parle d'un département où les arboriculteurs ont perdu 100% de leur production de cette année et les vitiviniculteurs entre 60 et 80%. Ils ne sont pas heureux, vous savez, aujourd'hui. Donc les difficultés, elles sont là aussi. Mais c'est vrai que c'est un département. On a souvent décrit la ruralité avec des termes péjoratifs. Nous avons une stratégie pour la ruralité. On a un agenda rural.
On va faire cette mandature des efforts et des réalisations, par exemple, en termes de déploiement de l'Internet mobile ou de la fibre qui sont une accélération historique. C'est-à-dire qu'on aura fait autant en 3-4 ans que ce qu'on a fait pendant 15 ans précédemment. On déploie les maisons France Service. On déploie justement un plan pour faire face aux déserts médicaux. On déploie la capacité aussi d'avoir ces projets, par exemple, de pistes cyclables ou autres, avec un vrai agenda et j'en passe des meilleurs. Il y a beaucoup de choses que je pourrais dire. Notre plan 1000 Cafés, les actions Coeur de Ville, le plan pour les petites villes de France.
Beaucoup de choses ont été faites et continuent d'être déployées. Mais je prends ce territoire parce qu'il est illustratif d'une terre qui a vécu des crises et continue de les vivre, mais qui a aussi des projets et qui, en quelque sorte, a un peu toutes les caractéristiques de notre pays. Le tourisme, parce que c'est un territoire qui attire chaque année beaucoup de touristes, un peu plus de 2 millions de touristes chaque année. C'est énorme. C'est énorme. Et qui a eu à vivre et à s'adapter. Vous savez, la moitié du tourisme, je parle sous le contrôle du préfet et du président de l'Office du tourisme, la moitié des touristes étaient des Britanniques en 2019.
L'année dernière, cette clientèle s'est effondrée et ils ont réussi à attirer encore plus de touristes parce que les Français sont venus. On rouvre progressivement. Le gouvernement va communiquer sur ce qu'on fait sur les frontières dans les prochaines heures. Mais on va aussi s'adapter et c'est un territoire de conquête pour le tourisme. Fort du territoire. C'est un département agricole. C'est aussi un département industriel. Puis c'est un département où vous avez des villes de taille moyenne mais qui se développent avec des vrais projets. Cahors, Souillac, des villes plus petites comme celle où j'irai demain à Martel.
Et donc, qui correspond à cette diversité de la France et à ce que nous savons faire. Et donc, c'est pour ça que je suis venu dans ce territoire. J'irai la semaine prochaine dans un autre et je vais ainsi poursuivre. Et j'étais, ces semaines précédentes, dans d'autres territoires. C'est la diversité de notre pays avec ses forces, ses difficultés et cette même ambition.
Monsieur le Président, que vous vouliez tester auprès des citoyens ce qui était acceptable et ce qui l'était moins. Est-ce que vous pouvez être plus précis justement sur les éventuelles réformes que vous voulez tester auprès d'eux et à quelle échéance vous pensez les appliquer ?
Vous rejoignez la question en effet de votre confrère. Non, je n'ai pas dit que j'allais tester, je veux aussi écouter parce que je pense qu'il ne faut pas penser qu'on procède à des réformes dans un pays comme on administre une potion. Il n'y en a pas des docteurs qui arrivent avec qui la purge, qui la saignez pour dire vous avez mal, j'y arrive. Non, je pense que la vie d'une nation, ce sont des peurs qui parfois nous divisent si on ne sait pas mettre les bons mots dessus et essayer d'expliquer ensemble comment on les résout. C'est ça ce que je voudrais qu'on arrive collectivement à faire.
Donc, je n'ai pas d'idées cachées, je n'ai pas un plan de réformes dans la poche que je vais déployer en disant est-ce que vous êtes d'accord pour faire ça ? Je pense que nous savons nos forces, nos faiblesses. Et, vous savez, je pense qu'il faut aborder ce moment que notre nation vit, d'abord en étant très concentrée sur le court terme et la phase qui nous sépare d'aujourd'hui à l'été parce que rien n'est joué. Et ensuite, il faut avoir, je dirais, beaucoup d'ambition et beaucoup de bienveillance. Beaucoup d'ambition parce que notre pays est à un moment, j'en suis convaincu, où on prépare les dix prochaines années ou pas.
Et donc, ce n'est pas vrai qu'on pourrait sortir de cette crise en disant maintenant on va souffler, elle est finie. Non. Nous sommes dans un moment d'accélération de l'histoire dans tous les domaines. Et se joue aujourd'hui notre capacité à investir et à saisir des capes. L'industrie se transforme comme elle ne s'est jamais transformée. Elle se numérise, en même temps, parce qu'il y a la stratégie partout dans le monde de lutte contre les réchauffements climatiques. Elle va se relocaliser pour émettre moins de CO2. Nos services sont en train de changer. On voit bien, vous tous, vous avez changé d'habitude pendant cette période.
Vous êtes acculturé à d'autres pratiques en utilisant plus de numérique. Puis vous avez aussi retrouvé le goût de certaines choses, d'un certain art de vivre à la française qui va avoir un impact sur notre façon de vivre. La démographie va changer. Tout le sujet des données va changer en sortie de crise. Et donc, il y a des champs économiques, sociaux, mais aussi de la vie de la nation qui vont profondément se transformer. Et donc, nous avons, là maintenant, à bâtir le cap des dix prochaines années. Et je pense qu'il ne faut pas le faire en étant simplement enfermé avec des experts. Moi, comme vous, je lis la presse, des gens qui connaissent beaucoup de choses.
Je les reçois, je les vois, j'essaie de comprendre. Mais on a appris dans cette période que même si on avait l'expertise, une nation, c'est une pulsation collective. Et donc, si on veut que les choses avancent, on a besoin de tous comprendre la même chose, de la ressentir ensemble. Et donc, c'est un peu ça, moi, que je veux faire. Comment nous vivons les choses, quelles sont les angoisses, où sont les angoisses aujourd'hui des Français et comment on relève ce cap ?
Est-ce que c'est ici, effectivement, le territoire approprié pour rentrer ces pulsations ?
Mais c'est quoi le territoire approprié ? C'est la France. Demain, j'ai demandé au maire de Martel de dire, réunissez, voilà, une trentaine de nos concitoyens. D'abord, c'est dans les échanges, quand j'échange, comme je viens de le faire avec les professionnels du tourisme, qui mieux qu'eux peut me dire comment leur secteur peut réussir le cap des dix prochaines années ? C'est à eux, évidemment. C'est en écoutant les gens aussi, en étant disponible à la vie que vous comprenez ça. Puis après, c'est de sélectionner, de manière totalement libre, un panel d'habitants et de pouvoir écouter.
C'est d'écouter, de pouvoir échanger, et puis chemin faisant aussi, moi, de partager les convictions que j'en tire et de partager nos ambitions, comme je viens de le faire là, à la fois pour la gestion de l'épidémie et puis pour le tourisme. Est-ce que c'est un territoire qui nous garantit jeunes universels à plusieurs milliards d'euros pour près d'un million de jeunes dans les prochaines semaines ? Non, il n'y a pas de... Là-dessus, il n'y a pas de temps caché. On a fait énormément, vous savez, on a investi plusieurs milliards d'euros là pour nos jeunes. Et je le dis en étant conforme à la fois à l'urgence sociale, éducative et à nos valeurs. Nos valeurs, c'est quoi ? C'est le mérite.
Moi, je crois, en effet, à la France de l'éducation, de la formation, du travail et du mérite. Et donc, j'ai toujours dit, je pense que notre jeunesse, elle a besoin d'être accompagnée, d'être aidée quand elle étudie, quand elle recherche une formation, quand elle veut accéder à un travail.
C'est ce que la plateforme Ajeune une solution a permis de consolider de manière simple, lisible pour notre jeunesse et en finançant aussi une extension historique de la garantie universelle pour les jeunes qui sont le plus loin de l'emploi, en finançant un plan massif pour l'apprentissage que nous sommes en train de déployer qui fait que nous avons, au moment où je vous parle, plus d'apprentis que nous n'en avons jamais eu dans le pays. Jamais. Parce qu'on a accompagné les employeurs et qui fait aussi qu'on a accompagné tout un tas de dispositifs. Donc ça aussi, il faut continuer à améliorer cela, mais c'est autour de cette plateforme et de cette philosophie.
Après, je pense qu'il faut collectivement qu'on poursuive autant que c'est nécessaire la fameuse stratégie du quoi qu'il en coûte. Sans cette stratégie, aujourd'hui, on ne pourrait pas avoir de stratégie d'avenir en secteur touristique. On aurait une stratégie de restructuration. Je pense qu'il faut tous en être conscients. Et les pays qui, d'ailleurs, n'ont pas fait ce qu'on a fait et le fameux quoi qu'il en coûte, ils restructurent ces secteurs. Parce que ces secteurs, ce sont des gens qui gèrent des faillites et qui ont géré des licenciements. Donc nous l'avons fait parce que nous avons décidé pendant la crise de préserver du capital humain et industriel.
Et nous l'avons fait dans tous les secteurs. Ça nous a coûté beaucoup d'argent et on a constitué une dette, qu'on appelle la dette Covid. Bon. Celle-là, on va l'amortir sur la durée. Et après, en sortie de crise, on a assumé d'investir dans la santé. C'est le fameux Ségur. Là, c'est un investissement récurrent. C'est plus de 8 milliards par an. Mais il faut qu'on sépare à chaque fois les investissements de gestion de crise et de relance, parce que ce sont des investissements auxquels correspond un modèle d'avenir qui pourra le rembourser, de dépenses de fonctionnement récurrentes qui, elles, n'existent que si vous augmentez les impôts, vous augmentez le déficit courant.
Ce qui n'est pas mon objectif. Moi, je ne perds pas de vue que les dépenses, à un moment, il faut les rembourser. Je n'ai pas envie que ce soit nos jeunes qui les remboursent pour nous.
Monsieur le Président, est-ce que vous pensez que les touristes pourront se balader
sans masque dans les rues du village cet été ? Est-ce que c'est possible ? Alors, d'abord, il faut savoir qu'il y a, comme vous le savez, des départements qui ont des règles différentes. Ici, la règle, c'est pour ça que vous me voyez comme ça, je suis à bonne distance de vous. La règle dans le département, je regarde le préfet qui est derrière vous, c'est que le masque n'est pas obligatoire lorsqu'on se déplace en forêt ou lorsqu'on est en espace ouvert. Par contre, dès qu'il y a un regroupement, ce que vous faites très bien dans le département, il faut le mettre et il faut le mettre en intérieur.
Il y a beaucoup d'autres départements, en particulier ceux où l'épidémie a été beaucoup plus présente où, en effet, le masque reste obligatoire. Je pense qu'il faut collectivement rester très vigilant dans les prochaines semaines et ne pas aller trop vite. Donc, on va continuer à le garder obligatoire. Je pense que la perspective dans laquelle on le vit tous c'est qu'on puisse progressivement l'enlever et qu'on puisse l'enlever dans les lieux ouverts où il n'y a pas trop de risques parce que quand on se promène en forêt, quand on se balade dans une ville sans se rassembler, le bon sens, c'est ce qu'on sait de l'épidémie, fait qu'on doit pouvoir le tomber.
Ça se fera là aussi de manière différenciée sur le territoire, c'est-à-dire en fonction. Quand l'épidémie s'éteint quasiment complètement, c'est normal qu'on le tombe. Au niveau national, il faudra encore attendre un peu. En tout cas, je pense que jusqu'à la fin juin, on va garder au niveau national à peu près la même organisation.
Merci beaucoup.
On est bon ? C'est le retour de Karim Belzema ce soir, monsieur le président. Je vais essayer, oui. Exactement. Non, c'est une bonne nouvelle. C'est une bonne nouvelle. Non, non, on sera tous derrière nos bleus et heureux de cette étape. Voilà. Surtout, on sera derrière eux entre la mi-juin et la mi-juillet. Vous savez ce que je veux dire. Bon, profitez de ce beau village. Merci beaucoup. Je veux avoir une discussion. Je n'ai pas dit de petit.
Emmanuel Macron