LAURE LAVALETTE est l'invitée de FRANCE INFO TV !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:49OuverteRéponse directe
Vous dites que ça vous fait de la peine pour les lycéens. Vous avez beaucoup parlé d'ordre, de retour à l'ordre au Rassemblement National. Mais ces revendications dont vous parlez, vous les soutenez ?
- 2:45RelanceRéponse directe
Vous dites que ça vous fait de la peine pour les lycéens. Vous avez beaucoup parlé d'ordre, de retour à l'ordre au Rassemblement National. Mais ces revendications dont vous parlez, vous les soutenez ?
- 2:51OuverteRéponse directe
Ces revendications dont vous parlez, vous les soutenez ?
- 3:22OuverteRéponse partielle
Arrêtons-nous, prenons le temps de parler de fonds et de vos propositions.
- 3:47OuverteRéponse partielle
Sur certains points que vous venez d'évoquer, notamment sur les professeurs, vous dites que vous voulez revaloriser le salaire des enseignants. Si j'ai bien suivi, c'est environ 3% par an, pendant 4 ans. Ça coûte combien et comment on finance ?
- 4:06RelanceRéponse partielle
Ça coûte combien et comment on finance ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:07Locuteur 2Fait
« Moi je suis maman de lycéen, je trouve que quand il y a des trous dans les emplois du temps, c'est la catastrophe. »
- 1:20Locuteur 2Fait
« Il nous avait promis, souvenez-vous, avec Gabriel Attal, le pool de profs de remplaçants qu'on n'a jamais vu. »
- 2:06Locuteur 2Chiffre
« Il y a eu une dizaine de jets d'acide. »
- 2:07Locuteur 2Fait
« Je crois qu'à Marseille, hier, une jeune femme a été défigurée par un jet d'acide. »
- 3:12Locuteur 2Chiffre
« Il faut revaloriser les professeurs. Vous savez que nos professeurs sont payés 18% de moins que la moyenne de l'OCDE en milieu de carrière. »
- 4:48Locuteur 3Chiffre
« C'est entre 5 et 9 milliards d'euros. »
- 9:05Locuteur 2Chiffre
« Cette mesure d'urgence, on en parle depuis septembre 2021. Déjà, c'est de descendre la TVA sur toutes les énergies, que ce soit le gaz, l'électricité, l'essence, ça a 5,5. »
- 9:16Locuteur 2Chiffre
« Ça vaut 12 milliards, effectivement. »
- 11:16Locuteur 2Chiffre
« Nous voulons réserver les allocations de solidarité à un couple dont l'un des deux parents est français. C'est 16 milliards la première année, 29 milliards ensuite. »
- 11:31Locuteur 2Chiffre
« Faire une réforme de la TVA, la prendre à la source, c'est 26 milliards qui rentrent dans les caisses. »
- 15:10Locuteur 2Fait
« En fait on ne peut plus, et il vaut mieux avoir la transparence de dire, voilà, on ne pourra plus vous donner d'aide financière, ce qui ne veut pas dire qu'on ne va pas continuer à former vos soldats. »
- 15:15Locuteur 2Chiffre
« On en est pratiquement à 26 milliards d'aides depuis le début. »
- 18:30Locuteur 2Chiffre
« Mais là, on en est pour l'instant à 26 milliards, c'est à peu près 8 milliards par an. »
- 22:42Locuteur 2Chiffre
« Ça fait une économie quand même de 11,5 milliards, parce que pour l'instant, on est contributeur net à plus de 16 milliards cette année. »
Temps de parole
- Locuteur 256 %
- Locuteur 316 %
- ?13 %
- Présentateur8 %
- Locuteur 45 %
≈ 39,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour Camille. Bonjour Benjamin. Et bonjour Laure Lavalette.
Bonjour
Camille et Benjamin.
Bonjour.
Député Rassemblement National du Var, porte-parole de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. On va évoquer avec vous le budget, la position de vos députés du Rassemblement National dans les prochaines semaines. Mais d'abord cette colère lycéenne qui continue dans le pays. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé hier la transformation du mouvement.
Ça
ne ressemble plus à un mouvement lycéen. Là, on a un mouvement de violence urbaine. dont d'ailleurs l'intensité de la violence a encore augmenté ces derniers jours. Quelques points disséminés sur le territoire
et
dans lesquels il y a pour le coup un appel de violence qui est absolument épouvantable. On a même eu des intrusions
de
personnes
qui
sont allées tirer au mortier
dans
les lycées.
Ce
n
'est
pas un mouvement lycéen.
Ce
n
'est
pas un mouvement lycéen, dit le Premier ministre. Vous êtes d'accord avec ce qu'il dit là ?
Je suis d'accord, mais je pense que c'est presque un peu tard. Ça fait un petit moment quand même qu'on voit qu'il
y a
une récupération qui a eu lieu, que LFI a chauffé vraiment à blanc pas mal de manifestants et de blocus. En fait, ce qui est très difficile, c
'est
que moi j'ai de la peine pour les lycéens parce qu'il y a des revendications de lycéens qui sont complètement légitimes. Je veux dire, moi je suis maman de lycéen, je trouve que quand il y a des trous dans les emplois du temps, c'est la catastrophe. Moi, on a envie d'avoir un prof devant chaque classe évidemment. Ça marque aussi l'échec de la politique d'Emmanuel Macron. Il nous avait promis, souvenez-vous, avec Gabriel Attal, le pool de profs de remplaçants qu'on n'a jamais vu.
Oui, parce que l'on a
valet de dire que ce n'est plus un mouvement lycéen, c'est aussi jeter le discrédit sur tous ceux qui se mobilisent
sans poser de désordre
et poser de
problème.
C
'est
ce
que je vous dis, ça me fait de la peine pour eux parce qu'il y a des revendications qui sont légitimes. Encore une fois, je pense que c'est parce que la réforme Blanquer a mis à mal avec les filières. La
réforme du
lycée.
La
réforme du lycée.
Et
du coup, ça a engendré aussi des difficultés dont les emplois du temps, dont Parcoursup. Moi, je le dis souvent, j'ai rempli trois Parcoursup. J'ai perdu 10 ans de santé mentale avec mes enfants. Mais très rapidement, on a vu quand même qu'il y avait une violence absolument inouïe. Je crois qu'on en est à 900 policiers touchés, pratiquant
200
lycéans. À côté de chez moi, à La Ciota, il y
a
un professeur qui a été aspergé d'essence. Il y a eu une dizaine de jets d'acide. Je crois qu'à Marseille, hier, une jeune femme a été défigurée par un jet d'acide. Voilà. Alors, la première semaine, souvenez-vous, il y a eu beaucoup de députés LFI qui sont allés sur les blocus. M. Mélenchon a eu des mots très durs et très, j'allais dire, guerriers quand il parlait de sauvagerie policière. Voilà. Ça a quand même jeté aussi une ambiance très particulière sur ces mouvements. Et là, effectivement, vous comme moi, quand on voit ces images, on s'aperçoit que ça ne sont plus des lycéens. Il y a énormément de casseurs, de black box. Moi, je regrette vraiment qu
'on
ne les ait pas même arrêtés en amont.
Vous dites que ça vous fait de la peine pour les lycéens. Vous avez beaucoup parlé d'ordre, de retour à l'ordre au Rassemblement National. Mais ces revendications dont vous parlez, vous les soutenez ?
Mais bien sûr. Vous savez, on a une grande réforme
pour ce lycée. On va d'abord rétablir l'ordre. Ça, vous l'avez dit. Il va y avoir vraiment le « tu casses, tu payes
».
Il n
'est
pas question que les Français qui sont déjà exsangles payent pour les dégradations. Ça,
ça ne concerne pas les lycées en l'occurrence ? Non, mais
ça concerne
quand même les lycées
et quelques lycéens qui se sont mal comportés. Il faut revaloriser les professeurs. Vous savez que nos professeurs sont payés 18% de moins que la moyenne de l'OCDE en milieu de carrière.
Alors justement, la valette, arrêtons-nous, prenons le temps de parler de fonds et de
vos propositions.
Et la
réorganisation du lycée, je peux peut-être en parler quand même deux minutes.
Oui, mais comment vous parliez des professeurs
? C'est le fond aussi.
Je
pense que vous savez, nous voulons mettre fin au collège unique, justement, pour revaloriser aussi les filières manuelles, des filières d'excellence qui feront que ce lycée, il sera transformé. On mettra une réforme de parcours sup pour que ce soit beaucoup moins anxiogène, que ce soit au mérite et beaucoup plus transparent. Et nous reviendrons sur cette réforme blanquer de 2019 qui a vraiment mis à mal ce lycée.
Alors, la valette, pardon, sur certains points que vous venez d'évoquer, notamment sur les professeurs, vous dites que vous voulez revaloriser le salaire des enseignants. Si j'ai bien suivi, c'est environ 3% par an, c'est ça ? Pendant 4 ans.
Pendant 4 ans. En fait, c'est histoire de rattraper le retard. Ça
coûte
combien et comment on
finance ? Marine Le Pen
26, vous le verrez,
il
y
a
exactement chaque ligne est détaillée parce que c'est une grande réforme avec un gros choc, évidemment, fiscal. Parce
que c'est important d'annoncer des
réformes qui sont attendues. Vous
avez
raison sur le fait que gouverner, c'est choisir. Il y a des moments où c'est comme vous dans votre budget, soit vous faites votre salle de bain, soit vous partez en vacances.
Et là, il coûte combien la salle
de bain ? Mais vous savez, je vais vous dire, nos pistes d'économie, elles sont connues depuis tout le
temps.
Dès qu'on a une réforme qui veut bien augmenter quelque chose, on nous dit que
ça
coûte cher. Mais on est bien conscients.
On le dit à tout le monde.
Vous imaginez bien qu'on n
'a
pas fait ce budget
sur un coin de table. Je vais vous le dire, moi, sur les professeurs,
c'est entre 5 et 9 milliards d'euros. Et Marine Le Pen dit qu'on financera en supprimant la bureaucratie de l'éducation nationale. Mais
comme dans l'hôpital,
il y a trop d'administratifs, on le sait, bien évidemment.
Et
aussi,
on
ne... Ça aide à faire fonctionner les lycées
à l'école.
Oui,
mais
là, quand il y
en
a trop, c'est comme l'hôpital. Vous avez vu, il y a beaucoup trop de bureaucratie par rapport aux soignants. Et il est temps de faire comme à l'hôpital de Valenciennes, où on réduit le nombre
d'administratifs et on remet les soignants. Mais à l'école, c'est quoi le surplus administratif qui permettrait de gagner des milliards d'euros pour augmenter les profs ?
À l'école, ce qu
'on
va faire, par exemple, c'est que vous savez qu'on a une baisse démographique. Et donc, on pourrait supprimer des professeurs, par exemple. Et nous, on veut les garder, ces professeurs. C'est le
projet du
gouvernement. Oui, mais nous, on veut les garder, ces professeurs, parce qu
'on
veut justement les redéployer partout. Quand vous êtes en ruralité et que vous n'avez pas de professeurs, là, on se dit que c'est le moment de garder ces professeurs-là. Mais
je pense, Laure Lavalette, que tout le monde
est d'accord pour avoir plus de professeurs face à nos
enfants, face aux élèves. La question, c'est comment on finance ?
C'était ce qui nous était proposé. Et ça n'est absolument pas ce qui est arrivé. Encore une fois, le pool de remplacement de Gabriel Attal, on n'en a jamais vu la couleur. Et puis, nos pistes d'économie, vous les connaissez très bien. On veut évidemment réduire la contribution à l'Union européenne
par la contribution nette
à 5 milliards. Ça fait 11 milliards et demi d'économie.
On va reparler
du budget dans quelques minutes, Laure Lavalette. D'abord, sur ce mouvement lycéen qui pourrait s'agréger demain avec d'autres colères. Colères sociales, retour annoncé, des gilets jaunes qui veulent se mobiliser contre la vie chère. Plus de 250 actions attendues. Une soixantaine de cortèges aussi. Est-ce que ces revendications-là, de ces gilets jaunes version 2026, vous les soutenez aussi ?
Alors, en tout cas, ce qui est certain, c'est que je les comprends. Je veux dire, moi, je suis sur la circonscription très souvent. Je rencontre ces Français qui sont vraiment dans une précarité. On vit moins bien dans la France d'Emmanuel Macron dix ans après qu'au début. Donc, il y a une espèce de désespérance quand même dans le peuple français. Quand déjà, pendant tout l'été, vous avez hésité entre bien dîner ou alors mettre de l'essence dans votre voiture et qu'à partir de la semaine prochaine, il y aura un autre choix à faire, ça sera se chauffer. Bien sûr que je comprends. Et bien sûr que je comprends qu'aller dans la rue, il
y a
un côté catharsis en plus.
C'est une solution pour vous. Vous appelez
les citoyens.
Évidemment, moi, je
suis une femme politique. Donc, pour moi, la solution sous la Ve République, c'est évidemment le bulletin de vote. La meilleure arme pour faire changer les choses, c'est de glisser un bulletin de vote Marine Le Pen dans l'Urne le 18 avril et le 2 mai. Mais si vous voulez, je comprends qu'on marche. Bien sûr que je comprends. Puis on a envie de se retrouver. Il
y
a une solitude aussi du peuple français.
Sur justement ces mobilisations qui vont avoir lieu demain et l'incertitude du nombre de personnes qui vont se rassembler et aussi la question, on l'évoquait juste avant, des violences. Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, vient de s'exprimer en disant « Tous les types d'armes intermédiaires peuvent être utilisées par les forces de l'ordre, dont la grenade assourdissante. »
Est
-ce que vous êtes d'accord avec ces déclarations ? On a vu dernièrement les blessés qu'il y avait pu y avoir chez les jeunes. Et on se rappelle aussi du mouvement des gilets jaunes avec toutes les difficultés.
Encore une fois, je suis juriste, je ne
suis
pas du tout spécialiste du maintien de l'ordre. Je fais confiance quand même à Laurent Nunez.
Ces grenades assourdissantes ont été
suspendues dans
le mouvement des lyciens.
Un jeune a perdu sa main
à l'ange avec
une grenade
assourdissante. Un peu sous la
pression d
'ailleurs.
Parce que vous savez, la veille, M. Nunez était devant la représentation nationale. Il nous disait à quel point il fallait quand même les utiliser.
Mais c'est une arme qui est
très contestée. Est
-ce
que
c'est le
bon timing de dire aujourd'hui, on va les utiliser demain ?
Vous avez
raison,
c
'est très
contesté. Et d'ailleurs, on peut
l'imaginer quand on a vu ce drame épouvantable à Lens. Après, vous voyez comme moi quand même les images. Et vous voyez à quel point nos policiers font face à des situations qui sont très difficiles. Ils sont désarmés moralement, désarmés physiquement. Ça pose une vraie question de maintien de l
'ordre.
Voilà. S'il y a autant de black box en préparation, alors j'espère que...
Ça vous inquiète pour la journée de demain ?
Ah bah oui, bien sûr que je suis inquiète pour la journée de demain. Je suis inquiète pour les vitrines des commerçants. Je suis inquiète pour les bâtiments publics.
Je
suis inquiète pour les gens qui y seront. Voilà. Je ne suis pas sûre que ce soit une manifestation complètement bon enfant. Après, je pense que ce qui compte, c'est évidemment la proportionnalité. Mais vous imaginez bien que c'est dans la tête de tous les policiers. Et qu'il
n'y a
pas un policier le matin qui se lève en se disant qu'il a envie qu'il
y
ait une bavure. Alors, je rappelle aussi que c'est une institution qui est extrêmement contrôlée avec les...
Lors, Lavalette, on a bien compris que vous êtes en soutien des revendications, pas forcément de la forme des mobilisations demain. Qu'est-ce que vous... Je l'entends cette forme.
Je l'entends. Et moi, je
suis une femme politique. Je suis là pour trouver
des solutions. Justement,
en tant que femme politique, qu'est-ce que vous demandez comme mesure d'urgence que le gouvernement pourrait prendre face à ces Français de
plus
en plus étranglés par la
vie ?
Cette mesure d'urgence, on en parle depuis septembre 2021. Déjà, c'est de descendre la TVA sur toutes les énergies, que ce soit le gaz, l'électricité, l'essence, ça a 5,5. C'est une mesure... Alors oui, ça vaut 12 milliards, effectivement, mais il faut faire des économies ailleurs. Ça donnerait un peu d'air, évidemment, aux Français. Il y a ce produit, pardon, ce panier de 100 produits de première nécessité avec une TVA zéro. C'est pareil. Il y a un tiers des Français qui est à 100 euros près le 10 du mois. Imaginez bien comment finir le mois.
Enfin, je veux dire, même les retraités, quand vous voyez hier à l'Assemblée nationale que pour la Macronie, un retraité qui touche en gros le SMIC en pension de retraite est aisé, c'est être très déconnecté de ce que vivent les gens,
les retraités. Justement,
Laure Lavalette, c'est très intéressant la question des retraités. Le budget est donc arrivé à l'Assemblée nationale pour être examiné et voté par les députés. Et en effet, un des premiers enseignements qui ressort, c'est que la majorité des députés, et y compris des députés à l'Assemblée nationale, vous refusez de demander un effort supplémentaire aux retraités. Pourquoi
? Pourquoi c'est tabou
?
Parce que quand vous avez travaillé toute votre vie, vous avez le droit à avoir une vie à peu près digne. Mais
il y a des
retraités aisés. Mais oui,
mais
il
n'y a pas encore des retraités... Qu'est-ce qu'un retraité aisé ? Qu'est-ce qu'un retraité aisé ? Je vous pose la question, c'est vous la
politique.
Quand vous
entendez que pour la Macronie, un retraité aisé, c'est un retraité qui touche à peu près le SMIC, donc un peu moins de 1500 euros net, je pense que ça n'est pas vrai.
Vous allez là, par exemple,
sans être trop technique,
demain, hier, ce qui était mis au vote, c'était le plafonnement de
l
'abattement
fiscal.
Pour résumer, en général, ça touche plutôt les retraités qui vont bien, qui payent des impôts. Et en plus, ça, ce n'était pas de le supprimer, c'était de le plafonner, de le descendre, de 4400 à 3000 euros. Il y
a
une incompréhension aussi. Les jeunes sont dans la rue, les jeunes se mobilisent, et on ne demande pas d'efforts
supplémentaires aux retraités. Il n'y a pas d'impréhension.
L'État ne peut pas demander, faire les poches des classes moyennes et des retraités tant qu'il ne sait pas serrer la ceinture. Nous voulons, nous, une grande réforme territoriale, une grande réforme
de l'État. Donc on ne demande des efforts à
personne ? Mais à l'État, déjà, on demande déjà des efforts à ceux qui nous gouvernent, aux 1400 agences de l'État qui ne servent à...
On peut les demander en même temps, ce n'est pas l'un sans l'autre.
On peut d'abord demander des efforts sur l'immigration aussi. Vous savez, nous nous voulons réserver les allocations de solidarité à un couple dont l'un des deux parents est français. C'est 16 milliards la première année, 29 milliards ensuite. Sur la fraude fiscale,
la fraude sociale... On va revenir, Laure Lavalette, sur vos idées pour le budget. Je peux
vous donner aussi des pistes de réflexion d'économie.
Faire
une réforme de la TVA, la prendre à la source, c'est 26 milliards qui rentrent dans les
caisses. Juste comme ça a été fait
en Belgique,
avant
d'aller faire la poche des retraités. Je vous rappelle, vous devez en croiser aussi des retraités, on en a tous dans nos familles. Vous voyez aussi, à l'heure actuelle, qu'ils aident souvent leurs enfants, qu'ils aident leurs petits-enfants. Parce que quand même, la magie de la Macronie, c'est qu'au bout de 10 ans, on a des étudiants qui se prostituent et qui sont devant les banques alimentaires parce qu'ils n'arrivent pas à... Non mais oui, c'est une réalité. C'est une réalité
à la marche qui
ne
justifie pas forcément
de ne pas demander un effort supplémentaire fiscalement retraité. Nombre de retraités
aident leur famille. Vraiment.
Laure
Lavalette, vous restez avec nous.
On
va évoquer l'actualité internationale dans un instant. Juste après l'info en une minute, il
est
8h46, c'est avec Diane Ferschit.
À Saint-Denis, une enquête ouverte pour violences envers des policiers. Les agents ont été pris à partie par des professeurs en venant interpeller un élève dans le lycée Paul-Éluard. Le jeune homme est suspecté d'outrage en marge du mouvement lycéen. La préfecture de police de Paris affirme que les forces de l'ordre sont entrées dans le lycée avec l'accord du chef d'établissement. Les lycéens, mais aussi des gilets jaunes ou encore les agriculteurs dans la rue. Demain, journée de mobilisation contre la vie chère. Et pour le maintien de l'ordre, tous les types d'armes intermédiaires pourront être utilisés par les forces de l'ordre, dont la grenade assourdissante.
C'est ce qu'annonce Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, ce matin. Le plafonnement de l'abattement des retraités rejetés par les députés, c'est une des mesures phares du projet de budget du gouvernement. Elle est censée rapporter 1,4 milliard à l'État. Le Premier ministre Sébastien Lecourne y relativise. Il estime que les partis sont encore en train de se tester et qu'un compromis reste possible au mois de décembre. Donald Trump s'en prend à nouveau au président ukrainien. Il juge que la reprise des frappes sur les raffineries russes de la part de Kiev est une honte. Donald Trump qui affirme qu'il est plus difficile de travailler avec Volodymyr Zelensky qu'avec Vladimir Poutine.
Lors la valette députée, Rassemblement national du Var et porte-parole de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, vous êtes notre invitée ce matin du 8.30 France Info. Marine Le Pen a créé la polémique. Cette semaine, avec cette annonce, couper les aides à l'Ukraine au bout de six mois, si elle est élue présidente en mai prochain. Raphaël Glucksmann, le candidat socialiste à l'élection présidentielle pour le Parti Socialiste, a réagi hier et vous accuse, je cite, de capitulation, de soumission. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Marine Le Pen, dans ce conflit, a été la première à dire qu'il fallait trouver une solution et mettre tout le monde autour de la table. Parce que soit l'OTAN rentrait dans ce conflit, et à ce moment-là ça devenait la troisième guerre mondiale, soit ce serait un peu la guerre de cent ans, et c'est un peu ce qui est en train de se passer, puisqu'on voit bien qu'il n
'y a
pas beaucoup d'évolution, que personne n
'est vraiment... La guerre dure depuis quatre ans, il n'y a pas
d'évolution, il y a une génération entière d'Ukrainiens et de Russes qui sont en train de mourir, presque une génération et demie, il y a énormément de morts, et on ne voit pas vraiment le bout du tunnel. Ce
que dit aussi Raphaël Glucksmann
dans ses
critiques, c'est de couper l'aide à l'Ukraine, ça veut dire aussi soumettre l'ensemble de l'Europe à Vladimir Poutine.
Vous l'entendez cet argument ? Non
mais
ce que j'entends, et M. Glucksmann le sait, c'est en ça que je trouve ça très malhonnête intellectuellement, c'est que nous n'avons plus les moyens de le faire. Les caisses sont archi vides, je veux dire, pour connaître un peu le budget et l'état de la France, ça n'est plus possible,
et je
trouve que la démarche de Marine Le Pen de dire à Vladimir Zolensky, voilà, on a fait ce qu'on pouvait, parce qu'il y a eu une aide financière, il y
a
eu une aide humanitaire, il y
a
eu une aide avec ce prêt, on en est pratiquement à 26 milliards d'aides depuis le début, en fait on ne peut plus, et il vaut mieux avoir la transparence de dire, voilà, on ne pourra plus vous donner d'aide financière, ce qui ne veut pas dire qu'on ne va pas continuer à former vos soldats.
J
'étais mercredi à l'école militaire pour la présentation de l'armée de terre, et j'ai parlé avec des militaires qui m'expliquaient comment est-ce qu'ils aidaient les soldats ukrainiens dans la tactique, dans la formation, sauf que financièrement là, ça n'est plus possible.
Ça coûte de l'argent aussi, par ailleurs, mais c'est pas le seul, Raphaël Glucksmann,
c'est étonné de
cette
déclaration de
Marine Le Pen. Laura Lavalette, des Français engagés aussi sur le terrain, la critique, ce matin sur France Info, Jacques Duplessis, directeur du comité de l'aide médicale en Ukraine, a réagi, il se trouve actuellement à Soumy, c'est dans le nord-ouest du pays, à une trentaine de kilomètres de la frontière russe.
Ces
gens qui se disent patriotes, en fait, vendent la France. Ils vendent la France à Poutine, ils vendent la France aux États-Unis, et c'est dramatique. Comment on peut être patriote alors que les Ukrainiens se battent pour nous ? Ils se battent pour qu'ils n
'aient
pas la guerre chez nous. Et donc, comment on
peut
se dire patriote ? C'est vraiment une trahison, même de nos principes même, de liberté, d'égalité, de fraternité.
Ils se battent pour nous, dit cette humanitaire, les Ukrainiens. Soutenir l'Ukraine, c'est aussi une manière de nous protéger face
à la menace politique. C'est
exactement ce que nous avons fait, et c'est ce que nous continuons à faire. C
'est ce qu'on va arrêter de faire, si Marine Le Pen arrive au pouvoir. Quand on forme nos soldats, vous avez dit
vous-même que ça coûtait de
l
'argent, on continue à avoir une contribution, mais il n'y aura plus de contribution financière, parce que la France est complètement exsangue, parce qu'il faudrait soutenir notre agriculture.
Vous parliez, on parlait du budget tout à l'heure.
L'hôpital est
exsangue, l'éducation
nationale aussi.
C
'est faire des choix. Oui, vous avez raison. Vous dites qu'on peut aider les Français sur les prix du carburant, sur le pouvoir d'achat. Ça coûte de l'argent, mais qu
'on
le trouvera. Là, sur l'Ukraine,
ça coûte de l'argent, mais on ne peut pas trouver l'argent. Excusez-moi d'avoir fait... La sécurité de la France, ce n'est pas une priorité pour vous. Excusez-moi Marine Le Pen d'avoir fait
cet arbitrage-là.
C'est ça que ça veut dire. De plutôt
aider les Français tout de suite, et de continuer une aide qui ne sera pas une aide financière.
Ça ne
représente pas une menace pour vous, il n
'y a
pas de menace
rouge. Mais encore une
fois, la
menace, il faut
mettre les gens autour de la table. Est-ce que vous savez le nombre de conflits qui se soldent militairement ? Globalement, il
n
'y
en
a pas sur le monde entier. Donc il faut absolument faire cette grande conférence de la paix que Marine Le
Pen appelle depuis
ses voeux, depuis 4 ans moins 3 mois,
parce qu'on a tout de suite compris que cette guerre allait s'enliser. Sans soutien, l'Ukraine n'est pas capable
non plus de résister, et
donc de négocier. Négocier
aussi,
c'est
un rapport de force.
Vous
avez raison, c'est exactement pour ça que ça fait 4 ans que Marine Le Pen dit « Donnons les moyens, ce qu'on a fait à l'Ukraine, pour qu'elle arrive à la table des négociations, la plus forte possible, parce que c'est une négociation, et plus vous arrivez fort, et plus vous arrivez à négocier. »
Laure Lavalette, vous avez l'impression
que Vladimir Poutine
a envie
de négocier ? Et la question qu'il y a derrière, surtout, c'est, vous ne croyez pas dans la menace russe
?
Mais bien sûr
qu'on croit dans la
menace russe. Mais vous plaisantez ou quoi ? Moi j'habite une ville, j'habite premier port militaire
de l'Europe. Oui, vous êtes quand même bien au courant,
avec des
alertes du chef d'État-major des armées, mois après mois, sur la menace
hybride, enfin la menace russe, elle a toujours existé, et là, elle est là, évidemment, sauf que nous ne pouvons plus faire. Prenez-vous-en à nos prédécesseurs, si j'ose dire. C
'est-à
-dire qu'on s'en prend à
personne, mais on essaie de comprendre. 1400 milliards de dettes,
et qui ont laissé les caisses dans un tel État, que nous ne pouvons plus, financièrement,
aider l'Ukraine. Ce qui ne veut pas dire qu'on
ne l'aidera pas dans d'autres façons.
Laure Lavalette, pour bien comprendre votre position sur l'écran, vous dites qu
'il
faut couper les aides, parce qu'on n'a plus d'argent. Vous estimez que vous allez économiser combien en coupant ces aides
?
Mais là, on en est pour l'instant à 26 milliards, c'est à peu près 8 milliards par an.
Sauf que dans ces 26 milliards, il y a 18 milliards qui sont la
contribution que
la France donne à l'Union européenne.
Donc
en fait, il reste 8 milliards déjà, on enlève
18 milliards.
Vous avez bien compris que ces 18
milliards, c'est de
l
'argent qu'on ne reverra jamais, puisque pour qu'il ne soit remboursé, il faudra que Poutine ait payé
les efforts de guerre. Mais vous ne pouvez pas agir
dessus comme ça. Et payer les efforts de guerre. Ce n
'est pas 26 milliards
d'économie. C'est de l'argent sur lequel on s'assoit, c'est ce que je vous dis, c
'est
à peu près 8 milliards. Bah excusez-moi, oui la France est à 8 milliards près, et les Français sont à 8 milliards
près.
Dans
ces 8
milliards, il y a la formation, ça vous avez dit que vous continuiez. Il y a aussi la fourniture de matériel militaire. Concrètement, Marine Le Pen, présidente de la République, elle arrête les canons César, les avions Mirage. Non mais concrètement, pour bien comprendre ce que
vous proposez, c'est important. Vous lui posez la question, vous savez que l'international... Vous êtes sa porte-parole. Oui, mais l
'international, ça ne vous a pas échappé, c'est aussi la
chasse gardée de la
présidente.
D'accord, donc vous n'avez pas la réponse à cette question, ça paraît. On ne l'a pas fait,
et probablement que ça, on pourra le faire, souvenez-vous, avec évidemment la condition que ce que l'on donne à l'Ukraine ne permet pas d'être belligérant, ne permet pas de rentrer dans cette guerre, puisque nous ne voulons pas être belligérant comme
défensif.
Mais encore une fois, ça, on l'a fait, on l'a déjà fait, mais vous n'êtes pas sans savoir non plus que nos armées sont complètement à l'os, que nos militaires n'ont pas suffisamment de munitions pour
s'entraîner. Et un soutien militaire, ce serait possible.
Non mais, on l'a déjà fait.
Oui, mais est-ce qu'on continuera
à le
faire ? Mais
peut-être, mais peut-être. Et justement, la porte n'est pas fermée. Je veux dire, si on avait de l'argent, nous continuerions à aider l'Ukraine.
Lors la valette, un autre argument.
Si nous avions encore des sous, si les caisses n'étaient pas si vides, nous continuerions à aider
l'Ukraine.
En tout cas, c'est le choix
politique que vous faites. Réponse de Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, qui est dans un entretien au Financial Times. Alors, à ta clé, Marine Le Pen, on ne pouvait pas s'attendre à autre chose. Il dit que Marine Le Pen ne maîtrise pas bien certains détails, mais il a cet argument. Il dit que l'industrie française ne peut qu'y gagner. L'Ukraine est un terrain d'expérimentation militaire, technologique. Vous comptez vous passer de ça
pour l'armée française ? Je pense que la France aussi est une grande nation. Et qu'effectivement, l'industrie française, militaire, aéronavale, déjà, se suffit à elle-même. On peut avoir des coopérations, après, comme nous aimerions en avoir, évidemment, dans cette Europe des nations, que nous
appelons de nouveau. On peut donc se passer de cette expérience ukrainienne.
Mais je veux dire, c'est une espèce de chantage affectif que fait Vladimir Zelensky. Marine Le Pen lui dit, voilà, il défense son peuple depuis 4
ans contre l'invasion. Je vais vous dire qu'il nous
donne une grande leçon de patriotisme et qui est quand
même assez
sidérante.
Mais
en fait, on aide aussi les Français, voyez-vous. Et en fait, là, moi, je suis élue de la République française. Et ma première boussole, c'est d'aider les Français. C'est d'aider les Français à l'hôpital,
c
'est d'aider les Français dans l'agriculture,
c
'est d'aider les Français à l'école, c'est d'aider d'abord les Français.
Mais ça fait aussi fonctionner l'industrie de
l
'armement. Les livraisons d'armes à l'Ukraine, par exemple, ça fait travailler des Français, ça donne du travail. Mais j'entends tout
ce
que vous...
En fait, c'est
assez drôle, parce que vous pouvez ne pas être d'accord avec notre choix, sauf que
c'est... Vous n'êtes pas d'accord, on est l'interesse pour comprendre, on n'est pas là pour être d'accord ou pas d'accord. Mais vous avez très
bien compris. Donc encore une fois, voilà, si nous avions de
l
'argent, nous continuerions à aider
financièrement l'Ukraine. Rapidement, justement, sur l'argent, Marine Le Pen était cette semaine à Bruxelles. Elle demande une baisse drastique de la contribution de la France à l'Europe, plusieurs milliards chaque année. Est-ce que c'est un Frexit déguisé ? Un Frexit, une sortie de la
France de l'Union Européenne
?
Pas du tout,
c
'est simplement de dire que toutes les autres nations demandent des rabais et que finalement, il
n
'y a que la France qui ne demande pas de rabais. Est-ce
que vous ne demandez pas un
peu les deux « take my money back », je récupère
mon argent, c'était le slogan.
Mais peut-être, c'est pour traduire à tout le monde, vous savez, le matin, on se réveille, ce n'est pas contre vous. « Take my money back ». Et en même temps, on reste quand même dans l'Union Européenne. Vous voulez le beurre et l'argent du beurre ?
Non, on veut une Europe des nations,
on
veut une Europe des coopérations qui soit respectueuse de la souveraineté des pays, figurez-vous. Et que les projets soient librement consentis, que ce soit en matière d'agriculture, en matière d'industrie. Voilà, mais on veut remettre, évidemment, et même dans des institutions qui seront un peu différentes si jamais on gagne, remettre le gouvernement des pays pleinement souverains. Ce qui manque, typiquement, je vais vous dire pourquoi est-ce qu'on demande de revenir à 5 milliards en contribution nette.
C
'est la contribution qui était...
C'est-à-dire l
'écart entre ceux qu'on
apporte à l'Union Européenne et ce qui revient. Voilà, ça fait une économie quand même de 11
,5
milliards,
parce que pour l'instant, on est contributeur net à plus de 16 milliards cette année. Et c'est la contribution nette qu'avait choisie Jacques Chirac à la fin de l'élargissement. C'est pas
exactement ça. Je regarde sur le long terme avec le plan de relance.
La France est un des premiers
bénéficiaires, le premier bénéficiaire.
Ce
que je veux vous
dire,
non, mais on est le deuxième contributeur net. On donne aussi beaucoup, beaucoup d'argent
à cette Union Européenne. Les conséquences de votre décision, c
'est par rapport aux agriculteurs qui
risquent d'en
recevoir moins de la PAC. Si vous m'invitez, n'hésitez
pas à me laisser
parler.
Il reste 30 secondes. Il reste 30
secondes. Je veux dire aux Français qui nous écoutent qu'effectivement, on va arrêter de donner tant d'argent parce qu'il
y a
des projets que nous ne voulons plus financer. Nous ne voulons pas d'élargissement de cette Union Européenne. Donc nous arrêtons, par exemple, de financer l'élargissement éventuel à la Turquie.
Mais sur la PAC, par exemple, on
a 9 milliards d'euros, nous, c'est la France qui a le plus
d'argent de la PAC. Qu'est-ce que vous dites aux agriculteurs qui en bénéficient aussi
?
C
'est normal que ça nous revienne. En fait, on donne de l'argent à
l'Union Européenne et l'argent nous revient. Mais parce que cet argent-là,
il restera. C'est d'autres projets, évidemment. Nous ne voulons pas financer. Et vraiment, encore une fois, nous sommes pour cette Europe libre de la coopération entre peuples souverains. Et je vais vous dire, il y a 5 élections dans les 4 pays les plus grands
d'Europe. Dans l'Italie, la Pologne. Exactement.
Et je pense vraiment que c'est le réveil des peuples et c'est une très bonne nouvelle.
Merci Laure Lavalette.