Siflé, hué...Macron dans le chaudron du Salon de l'agriculture #cdanslair 24.02.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 22 %Attaque 44 %Défensif 34 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:33OuverteRéponse directe
Alors l'exercice est-il réussi ?
- 3:04OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il a fait un tour de passe-passe aujourd'hui au Salon de l'agriculture ou finalement, comme le dit Gilbert Einstein, ça se passe moins mal que prévu ?
- 4:41OuverteRéponse directe
Jean Garrigue, est-ce qu'on sait d'ailleurs comment ça s'est passé côté coulisses ? Est-ce que tout le monde l'a dissuadé d'aller au salon aujourd'hui ?
- 5:53RelanceRéponse directe
Alors là-dessus, pardon, mais Emmanuel Macron s'est énervé ce matin, était très en colère en disant qu'il n'a jamais été question d'inviter les soulèvements de la Terre. Sauf que cet après-midi, le collectif Les Soulèvements de la Terre dit « Non, on a bien reçu, on a bien été appelé par l'Élysée ».
- 6:44FerméeRéponse directe
Ça vous a étonné ?
- 7:33OuverteRéponse directe
Frédéric Dhabi, en termes d'image, il fallait qu'Emmanuel Macron soit au salon. Il fallait la photo avec la vache et Géry.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:57PrésentateurFait
« Emmanuel Macron s'est énervé ce matin, était très en colère en disant qu'il n'a jamais été question d'inviter les soulèvements de la Terre. »
- 13:51InvitéChiffre
« Si on peut vraiment répondre à la question du revenu, on doit protéger le revenu agricole. Et donc, dans chaque filière, on sait qu'on a un indicateur maintenant qui doit être construit. Cet indicateur doit servir de prix plancher pour permettre de garantir justement le revenu agricole. »
- 14:29InvitéFait
« Il y a un agriculteur qui se suicide tous les deux jours en France. »
- 14:32InvitéFait
« Moi, ça fait trois ans que je travaille 100 heures par semaine, que je ne sors pas un revenu. »
- 15:12InvitéFait
« L'Ukraine, les chiffres qu'on a donnés, c'est de l'aide militaire. »
- 15:23InvitéFait
« On va aussi arrêter tous collectivement de dire que l'agriculture est foutue. Parce que sinon, ce n'est pas la peine d'aller chercher des jeunes. »
- 15:50InvitéFait
« La réalité, c'est que l'agriculture française, elle se fout d'argent. On exporte deux tiers des calories qu'on produit. »
- 19:25InvitéFait
« Il dit sur des choses vérifiables, il dit « Le Mercosur, je ne le signerai pas ». Les gens ne le croient pas. »
- 19:29InvitéFait
« Il dit « Je vais... » On va réégaliser les normes sur le phytosanitaire, les normes françaises et les normes européennes. »
- 20:44InvitéFait
« La ferme France n'est pas foutue. »
- 20:52InvitéFait
« L'attaque très forte vis-à-vis des solutions du Front national, SIC, et non pas du Rassemblement national, qui ne servent à rien. L'ERN, c'est le Frexit. »
- 28:37InvitéFait
« Vous avez des gens qui sont là avec un projet politique. »
- 40:25InvitéFait
« Pour une grande partie du monde agricole, c'est vrai, en tout cas dans la perception, même si on est loin de la réalité, mais la politique agricole commune, l'Union européenne, c'est l'adversaire. »
- 42:55InvitéFait
« Il y a eu le Green Deal entre-temps, c'est-à-dire que c'est vrai qu'il y a toute cette histoire qu'ils ont rappelée de, bon, la PAC qui fonctionnait, mais une méfiance. »
- 43:05InvitéFait
« Il y a un élément objectif qui a embêté les agriculteurs, c'est ce vote par le Parlement européen, accepté par la Commission, de ce Green Deal qui avait quand même des effets concrets sur les jachères. »
- 43:02InvitéFait
« Il y a un élément objectif qui a embêté les agriculteurs, c'est ce vote par le Parlement européen, accepté par la Commission, de ce Green Deal qui avait quand même des effets concrets sur les jachères. »
- 43:21InvitéFait
« donc il y a les jachères, il y a la réduction des volumes, à la fois la réduction des volumes et la réduction des surfaces cultivées, il y a le plan phytosanitaire, tout ça à la demande de l'Europe »
- 43:36InvitéFait
« il y a six mois c'était le climat, et il y a six mois, il fallait absolument que l'Europe s'empare du climat, que les responsables gouvernementaux de tous les pays s'emparent du climat, pour les mêmes raisons électorales »
- 44:11InvitéFait
« ça marche parce qu'on a une Europe qui va basculer à droite, Ursula von der Leyen a besoin de la droite pour être conduite à la tête de la Commission européenne »
- 45:17InvitéFait
« La première, c'est la norme. On en a beaucoup parlé de la norme. C'est-à-dire que l'Union européenne, parce qu'elle veut imprimer un système commun, va forcément amener à ce qui est plus de réglementation »
- 45:34InvitéFait
« C'est-à-dire qu'on leur imprime beaucoup de normes que des produits extérieurs n'auront pas et qui pourtant peuvent être importés. »
- 45:45InvitéChiffre
« l'Union européenne, avec la PAC, a subi cinq ou six réformes depuis qu'elle existe dans les années 60 »
- 46:13InvitéFait
« les agriculteurs vous disent, oui, nous, on peut faire des efforts, mais finalement, l'Union européenne va plus vite que nous »
- 47:22InvitéFait
« Il y a une famille politique qui a de tradition qui a été très proche du monde rural, du monde agricole, notamment. C'est le modem partenaire important »
- 49:31InvitéChiffre
« ce retard à l'annumage de la majorité peut être gênant dans un contexte où les enquêtes prélectorales donnent, selon les instituts, une avance de 10 à 12 points pour la liste Rassemblement national »
- 53:53PrésentateurFait
« le virus de la grippe aviaire sème la panique en France. S'il inquiète aujourd'hui, c'est parce que sous la forme H5N1, il est non seulement transmissible de l'animal à l'homme mais qu'il pourrait muter, devenir transmissible d'homme à homme »
- 54:07InvitéFait
« Aucune raison pour nos concitoyens d'arrêter de manger du poulet ou des viandes blanches »
- 54:50InvitéFait
« Si la politique agricole commune n'existait pas, mettez-vous bien en tête qu'il n'y aurait pas d'agriculteurs français aujourd'hui »
- 55:04InvitéFait
« Mais il n'y aurait pas d'agriculteurs françaises. Donc l'Europe, en créant un marché intérieur, une libre circulation, en donnant des aides en faveur de certaines productions, a sauvé l'agriculteur français »
- 59:30InvitéChiffre
« En fait, si vous rajoutez les ouvriers agricoles et les retraités de l'agriculture qui votent, on sait que les retraités votent beaucoup, c'est quand même 8% sous le contrôle de Frédéric. C'est 8% du corps électoral »
Temps de parole
- Invité43 %
- Invité 220 %
- Présentateur17 %
- Invité 315 %
- Invité 42 %
≈ 1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans C'est dans l'air. On dit souvent de lui qu'il aime la castagne. Emmanuel Macron a été servi. Le chef de l'État s'est jeté seul dans la mêlée face à un pack solide d'agriculteurs lors de l'inauguration du salon de l'agriculture. Alors que les observateurs doutaient qu'ils puissent ne serait-ce qu'approcher à percevoir la croupe d'une vache, le président de la République a finalement déambulé dans les allées, sous bonne escorte et les sifflés, après avoir réuni les représentants agricoles. Alors l'exercice est-il réussi ? Rendez-vous dans trois semaines selon le calendrier qu'il a fixé.
Un calendrier qui nous rapproche de plus en plus des élections européennes où la question de la souveraineté alimentaire sera un enjeu majeur. D'ailleurs les partis ne s'y trompent pas. Tous essayent de séduire et d'attirer un agriculteur sur leur liste. C'est ce que nous verrons. Siffler, huer, Macron dans le chaudron du salon, c'est le titre de cette émission. Vous pouvez évidemment réagir et interpeller nos invités par SMS, sur Internet et les réseaux sociaux. Et avec nous au plateau, Gilles Bernstein. Bonsoir. Bonjour Maïa. Vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions. Anne-Charlène Bézina, bonsoir. Bonsoir Maïa.
Vous êtes constitutionnaliste et maître de conférences en droit public. Jean Garing, bonsoir.
Bonsoir Maïa.
Vous êtes historien, président du comité d'histoire parlementaire et politique. Je cite votre dernier livre, « Jours heureux quand les Français rêvaient ensemble » publié chez Payot. Et enfin, Frédéric Dhabib, bonsoir.
Bonsoir Maïa.
Vous êtes directeur général du département Opinion de l'Institut de sondage IFOP. Je cite votre dernière enquête qui vient de paraître pour Sud Radio et qui porte sur le regard des Français vis-à-vis des agriculteurs. Bienvenue, merci à tous les quatre de participer à CEC dans l'air en direct. Regardez et écoutez pour commencer. Quand on entend ça et qu'on voit ça, pas grand monde n'aurait imaginé qu'Emmanuel Macron serait encore, en ce moment même, au Salon de l'agriculture, quand on voit comment la journée a débuté à cette heure tout à l'heure.
C'est vrai que c'est un beau rétablissement. La journée se passe moins mal que ce qu'on pouvait croire hier quand le grand débat a été annulé. Et ce matin, quand on a vu un certain nombre d'agricultures forcer le passage et rentrer dans le Salon, qu'on a vu des scènes quand même assez bizarres de bagarres entre les manifestants et le service d'ordre du Salon, puis les manifestants et les CRS, parce que le service d'ordre du Salon ne suffisait pas, était dépassé, c'est sûr que ça se passe moins mal que prévu.
Après, si la question est-ce que cette séquence est bonne pour Emmanuel Macron, elle est moins mauvaise que ce qu'elle aurait pu être hier soir ou ce matin, c'est sûr qu'il a opéré un beau rétablissement, j'imagine qu'on en parlera, qu'on verra des extraits, et qu'il a montré un goût de la castagne, de la réponse, de la volonté de ne rien céder et une combativité intacte. Pour autant, cette séquence, depuis trois semaines, je trouve, n'est pas tellement favorable pour l'exécutif.
Anne-Charlène Bézina, qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'il a fait un tour de passe-passe aujourd'hui au Salon de l'agriculture ou finalement, comme le dit Gilbert Einstein, ça se passe moins mal que prévu ?
Je retiendrai le moins mal aussi. C'est-à-dire qu'en fait, on est sur une séquence qui est trop longue pour que ça se soit bien terminé. On a eu le sentiment, avec Gabriel Attal, qui était venu faire son discours, que l'incident était relativement clos. Et puis, ça dure, ça s'étend. Ce Salon de l'agriculture, il a été utilisé depuis des semaines, en fait, par les agriculteurs. Et au fond, si Emmanuel Macron a réussi à avoir son mini-grand débat au sein de ce Salon, c'est quand même les agriculteurs qui ont le dernier mot, puisqu'il ne l'a pas eu tel qu'il le souhaitait. Ils ont refusé, en quelque sorte, les arcanes d'un dialogue imposé par l'Elysée.
Et donc, moi, j'ai le sentiment, en fait...
Oui, évidemment, la FDSEA, par exemple, qui avait dit « On ne participera pas, on n'enverra pas de représentants », la FDSEA a répondu « Présente ».
C'est vrai, mais on est quand même sur des bouts de chandelle. Voilà, j'ai le sentiment que le président a du mal à imprimer sa marge. Quand même, mais ce qu'on doit lui reconnaître, c'est de toute façon ce qui est un peu sa marque de fabrique. On reconnaît ce bras de chemise qui avait été un peu estampillé sur les débats de gilets jaunes. C'est un peu la même chose. Il va récupérer autour de sa personne cette idée qu'il peut solder les choses à lui tout seul. Je note aussi la disparition de notre Premier ministre, quand même, qui était celui qui était un peu censé s'occuper de ce débat.
Là, on voit qu'il le récupère complètement, mais c'était aussi un petit peu attendu de la part des agriculteurs. Donc quelque chose en demi-teinte.
On en parlera de Gabriel Attal, mais effectivement, c'est Emmanuel Macron qui s'est, on le disait, jeté seul dans la mêlée. Jean Garrigue, est-ce qu'on sait d'ailleurs comment ça s'est passé côté coulisses ? Est-ce que tout le monde l'a dissuadé d'aller au salon aujourd'hui ?
Ce que je peux vous dire, en tout cas, et je le tiens d'un proche conseiller d'Emmanuel Macron, c'est qu'eux-mêmes ont été assez surpris et parlent de remontada. C'est-à-dire que ça partait assez mal. Et il y a toujours eu des chahuts, en tout cas depuis Nicolas Sarkozy, les présidents de la République sont chahutés au salon de la Médiculture.
Oui, les sifflets, les G2, même Emmanuel Macron sous-habitant lors de l'émission.
Emmanuel Macron lui-même, en 2018, le fameux casse-toi-pauvre-compte de 2008, Hollande démission, donc ça devient un peu une tradition.
Ça fait partie du folklore, dit Emmanuel Macron.
Et ce sera intéressant aussi d'ailleurs de se poser la question, mais on le fera sans doute tout à l'heure, de savoir qui sont ces gaz agriculteurs-là, ceux qui sont entrés dans le salon. Parce que ce ne représente pas forcément l'intégralité du monde agricole. Sachant aussi, et ça c'est quelque chose que peut-être les gens ne savent pas, c'est qu'en fait ce grand débat, il avait été demandé par la FNSEA, qui s'est ensuite offusqué de l'invitation, de la malencontreuse invitation au soulèvement de la Terre.
Alors là-dessus, pardon, mais Emmanuel Macron s'est énervé ce matin, était très en colère en disant qu'il n'a jamais été question d'inviter les soulèvements de la Terre. Sauf que cet après-midi, le collectif Les Soulèvements de la Terre dit « Non, on a bien reçu, on a bien été appelé par l'Élysée ».
Oui, ce sont des conseillers, là encore, je pense, qui ont une initiative assez malheureuse, c'est moins qu'on puisse dire. Et donc, les choses étaient mal embouchées. On avait vu quand même que tout un flot de concessions qui avaient été faites par le pouvoir, quand même, depuis trois semaines, c'est quelque chose d'assez exceptionnel, d'ailleurs. Je dirais même dans l'histoire des révoltes agricoles, qui se soldent souvent, d'ailleurs, par les concessions. Mais là, on avait un flot de concessions. Et voir que l'incendie a repris comme ça, à la veille du sein de l'agriculture, c'était quand même quelque chose de négatif. Et c'est vrai que...
Ça vous a étonné ?
Non, ça ne m'a pas étonné, parce qu'on voit très bien ce qui se joue au sein du monde agricole, comme d'ailleurs dans toutes les sphères syndicales. Il y a aussi tout un jeu de surenchères entre, d'un côté, la FNSEA, qui est un syndicat dominant, qui est un syndicat, d'ailleurs, qui cogère l'agriculture avec le pouvoir. Il ne faut pas se leurrer. Au moins depuis 1972, c'est une co-gestion. Et par rapport à la FNSEA, il y a d'autres syndicats, notamment Confédération Rurale, Coordination Rurale et Confédération Paysale, je les confonds, alors qu'ils sont très différents. Mais voilà, il y a tout un jeu aussi, là, de rapports de force, avec des élections professionnelles à la clé.
Donc voilà, il faut prendre tout ça en compte pour comprendre ce qui vient de se passer.
Frédéric Dhabi, en termes d'image, il fallait qu'Emmanuel Macron soit au salon. Il fallait la photo avec la vache et Géry.
Je pense qu'oui, puis il a sauvé quand même l'essentiel. Il a inauguré le salon. Il a pu voir la mascotte du salon dont le nom m'échappe. Oreillette, oreillette, oreillette. On ne me l'a pas dit à l'oreillette. Et c'est vrai qu'il a fait de cette capacité à aller au contact une véritable marque de fabrique, qui est même antérieure à son élection présidentielle de 2017. En 2015, je crois, il va dans un bureau de poste à Montreuil, où il est accueilli par un service d'ordre de la CGT très musclé. C'est dans cette occasion qu'il dit, va t'acheter un costard, je crois, à un leader de la CGT.
En 2017, entre les deux tours, Whirlpool, son entourage, lui déconseille de sortir voir les salariés très en colère. On peut les comprendre. Quand Marine Le Pen avait été très bien accueillie, il y va. Donc les Français savent qu'il s'est allé au contact. Ils ont vu le grand débat. Ils ont vu ses pérégrinations, l'itinérance mémorielle, où il répond très vertement, notamment sur le maréchal Pétain, la campagne d'entre-deux-tours dans le Nord, où il n'avait pas été, si je puis dire, il a été quand même secoué. Mais il plie, mais il ne rompt pas.
Ça, généralement, après, les sondages qui suivent ce genre de...
Quel est le problème d'Emmanuel Macron ? Quand on interroge les Français, quels sont les deux traits d'image qui lui sont le moins associés ? Un, c'est sa capacité à rassembler, et deux, c'est sa proximité aux préoccupations des Français. Le sentiment d'arrogance a quand même beaucoup reculé. Il y a certes des petites phrases, il y a même une petite phrase qu'il aurait dite, qui est peut-être une fake news sur le bio et l'articulation entre les dépenses bio et les dépenses de télévision, c'est la Marseille... Oui, c'est l'aigle de la Marseille sous la France. Mais là où les Français restent très sévères, qu'est-ce que c'est que cette mauvaise proximité ?
Ce n'est pas la capacité à aller au contact, il y va. Ce n'est pas une forme de courage, c'est la déconnexion. Les Français considèrent qu'ils ne comprennent pas complètement la vie des Français. Quand bien même il va au contact, il explique, il fait énormément de pédagogie. Oui, pédagogie, persuasion, oui. Proximité, c'est-à-dire identificatoire. Tu nous ressembles à la Jean-Louis Borloo, à la Jacques Chirac, à la François Hollande, il faut le dire, dans la période... La Jean-Louis Doudou. Exactement, née à Montgoudivre, donc vraiment dans une partie très rurale de notre pays, dans le Cantal. Lui, il n'a pas ça.
Et c'est vrai que c'est quelque chose, ce qui est une sorte de péché originel depuis sa première apparition médiatique, Europe 1, septembre 2014, où il dit que les ouvrières de Gade n'ont pas le permis et sont peut-être, en plus, illettrées. Il y a ce sentiment de déconnexion qui le touche. Et donc, il n'est jamais arrivé à se défermer. Quand bien même, il a essayé. Je pense à une interview fleuve dans la revue Zadig, où il fait sa carte du tendre de tous les endroits de la France qu'il connaît, où il a vécu, où il a grandi, où il est parti en vacances, là, ce matin, il a parlé à des agriculteurs de Haute-Savoie. Il a rappelé son ancrage dans les Pyrénées. Oui, les montagnards.
Les montagnards. Pour autant, il y a quelque chose qui ne passe pas. Mais je pense qu'il a sauvé l'essentiel en évitant l'exfiltration. On se souvient de son départ précipité à la préfecture du Puy-en-Velay en 2018, qui avait été vraiment dévastatrice, en opinion. On a un président, parce qu'on a parlé de Georges Pompidou, qui a souffert de ça pendant tout son mandat, c'est Valéry Giscard d'Estaing. Et c'est vrai qu'il y a quand même pas mal de points communs entre les deux hommes. Et ça fait partie un petit peu de l'image d'Emmanuel Macron. Je dirais un mot aussi peut-être sur la population agricole à laquelle il se confronte, qui est particulière.
Vous avez une phrase de Tocqueville qui est vraiment intéressante, et on remonte justement, qui nous dit « La population agricole dans les révoltes, c'est la dernière à se lever, mais c'est la dernière à se rasseoir. » On est vraiment complètement dans cette illustration aujourd'hui. Jean-Garry ? Oui, l'effet d'image, il est essentiel. C'est vrai que c'est comme si Emmanuel Macron courait depuis 2017 désespérément vers cet effet de proximité, d'identification aux Français. François Mitterrand n'avait pas besoin d'aller au Salon de l'Agriculture. Il n'y est pas allé. Il y est allé en 1981, lorsqu'il était candidat.
Mais il était déjà identifié, ou sa manière d'être l'identifiait déjà aux profondeurs de la France rurale, aux Morvans. Voilà. Il était identifié. C'était le cas de Jacques Chirac. Alors lui, il avait besoin d'aller au Salon pour flatter le cul des vaches. Et on verra les images tout à l'heure. Et il insistait sur ses attaches coréziennes, lui qui en fait était un pur énarque parisien. Oui. Donc c'est quelque chose qui, pour Emmanuel Macron, est une sorte... Je veux dire, c'est le rocher de... C'est d'un côté le rocher de Sisyphe, c'est le mythe des Danéides. Il n'arrive pas à percuter comme ça l'image de l'identification aux Français.
Et c'est particulièrement, évidemment, par rapport à ce monde rural qui est démographiquement très minoritaire et qui en plus se restreint, mais qui est tellement fort dans l'identification des Français. Là, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas.
Alors on va revenir sur les images de la journée. Emmanuel Macron a donc déambulé, débattu, inauguré certes dans le chahut, mais il a suivi son programme. La journée avait pourtant commencé dans une énorme mêlée entre manifestants, CRS et des biquettes coincées au milieu. Retour sur une journée mouvementée avec Magélie Lacroze et Ilana Hazenko. Exactement ce que l'Elysée redoutait. A peine arrivé au salon de l'agriculture ce matin, le président est hué par des dizaines d'agriculteurs furieux, forçant les barrages de sécurité, puis des CRS. Emmanuel Macron est à quelques mètres de là. Dans une salle, à l'étage, il rencontre les syndicats. Mais dans les allées du salon, le chaos continue.
En pleine crise agricole, le président reste un moment à l'écart et s'adresse à la presse pour annoncer de nouvelles mesures.
Si on peut vraiment répondre à la question du revenu, on doit protéger le revenu agricole. Et donc, dans chaque filière, on sait qu'on a un indicateur maintenant qui doit être construit. Cet indicateur doit servir de prix plancher pour permettre de garantir justement le revenu agricole. Nos agriculteurs, ils savent ce que c'est que le désordre. Parce que parfois, ils le subissent dans leurs exploitations. Ils le condamnent quand ils le vivent. Donc je pense qu'ils auront à cœur de ne pas le faire subir aux autres.
L'échange du président avec les agriculteurs, d'abord prévu puis annulé, a finalement improvisé façon grand débat. Le président au centre, les agriculteurs autour, qui lui disent il y a urgence.
Il y a un agriculteur qui se suicide tous les deux jours en France. Moi, ça fait trois ans que je travaille 100 heures par semaine, que je ne sors pas un revenu. C'est ma femme qui me fait vivre. Au mois d'août, j'ai failli passer à l'acte aussi. J'ai un gamin de 15 ans et une gamine de 10 ans. Vous croyez que ça me fait plaisir de monter au salaud ? C'est mon père qui a 72 ans qui s'est occupé de la ferme. Monsieur le président, vous avez annoncé plein de mesures, plein de mesures. Des bonnes, des mauvaises, plein de mesures. Non mais peu importe, plein de mesures. Appliquer toutes celles qui sont applicables, déjà.
Le temps monte parfois, les échanges durs. Un agriculteur dénonce une concurrence déloyale. Des poulets ukrainiens, un autre, les aides à l'Ukraine. Le président s'explique, puis s'emporte.
L'Ukraine, les chiffres qu'on a donnés, c'est de l'aide militaire. Mais du PACON. On valorise des matériels, etc. On a donné un maximum. On accompagne. À côté de ça, ce qu'on investit dans notre agriculture, en retour PAC et en investissement français, c'est beaucoup plus chaque année. On va aussi arrêter tous collectivement de dire que l'agriculture est foutue. Parce que sinon, ce n'est pas la peine d'aller chercher des jeunes. Si le discours ambiant, c'est de dire que l'agriculture est foutue et il ne faut que des aides de trésor, il n'y a pas la peine de faire une loi d'orientation. Il n'y a pas la peine de s'emmerder. On ferme tout de suite le magasin. Beaucoup d'argent.
La réalité, c'est que l'agriculture française, elle se fout d'argent. On exporte deux tiers des calories qu'on produit. Il y a simplement plus d'inégalités qu'avant.
Après plus de quatre heures de retard sur le programme initial, le salon est officiellement ouvert par un président toujours aussi hué, toujours aussi sifflé.
Ça fait trois semaines qu'on discute. Ça ne sert à quoi ? Ça ne sert plus à rien. Ça va mal finir. C'est déjà très mal, quoi. Entamer le salon de cette façon, c'est vraiment pas très bon. Ce qui pourrait rassurer tout le monde, c'est de dire que demain, l'oeuf est capable d'être payé un centime ou deux centimes de plus par oeuf. Que le lit puisse augmenter de 20 à 30 euros des milliers. Donc ça ne fait que deux centimes ou trois centimes du litre.
La déambulation traditionnelle et présidentielle aura bien lieu. Comme si de rien n'était. Le président se promène de stand en stand, déguste les produits français et tente de se faire entendre.
Moi, ce qui m'intéresse, c'est un, que le savon fiche est un centime, deux, on règle le problème.
Un président qui se veut rassurant avec tout le monde. On est pris avec les agriculteurs dans trois semaines pour faire, dit-il, un nouveau bilan.
Effectivement, les animaux aussi ont passé une journée compliquée.
Question de Gilles. Le président inaugure le salon en présence de centaines de CRS. Peut-on vraiment parler d'un succès pour cette journée ?
C'est ce qu'on a dit tout à l'heure. C'est un beau, voilà, une remontada, comme le disait Jean. C'est vrai que c'est une belle remontada, parce qu'il suffit de voir le sujet, c'était plutôt mal parti. Et c'est vrai que là, on a vu, il est extrêmement combatif. Donc, sur les qualités qu'on lui a, peut-être que l'opinion publique ne lui crédite pas ses qualités, mais sur sa faculté d'aller au combat, sa faculté d'essayer de convaincre, etc., « Bon, ben voilà, il a refait ce dont on savait qu'il était capable, mais enfin, ça ne mange pas de pain de le redire ». Ce que je trouve quand même frappant dans toute cette séquence, c'est d'abord le dialogue.
Alors, on essayait d'inventer de la démocratie directe. Là, c'était vraiment un exercice pur et parfait de démocratie directe, avec le bas pas du tout péjoratif, c'est-à-dire des exploitants de terrain qui discutaient avec le tout en haut de la pyramide, le chef de 70 millions de Français, sans aucune intermédiation, sans corps intermédiaire, sans aucun conseil, sans aucune préparation. Souvent, les gens nous disent « Mais tout est préparé d'avance, en fait, on sait ce qui va se passer ». Là, manifestement, ils ne savaient rien du tout. Les gens, enfin, les interlocuteurs l'interrompaient tout le temps.
Si vous, vous nous interrompez comme ça, je suis sûr qu'à l'oreillette, on vous dira « Laisse-les parler ». Non, non, on me dira « Allez, allez, allez, allez ». Donc, il était interrompu tout le temps, il se battait, il répondait à l'un, il répondait à l'autre. Il me faisait penser un peu à un torero qui finissait par user le taureau. Voilà, il y allait, il y allait. Et à force de tour, il arrivait un petit peu à user ou à amadouer son auditoire, puisqu'à la fin, ils l'ont quand même applaudi. Et à la fin, ils l'ont quand même dit « Bah, ok ». Et avec deux ministres, et avec deux ministres, de Marc Fénaud et d'Agnès Pagni-Renachon.
Moi, ce qui m'a, encore un mot, ce qui m'a marqué, c'est quand même la perte, quand on regardait la séquence, c'est la perte de crédibilité de la parole politique. C'est-à-dire que c'est le président de la République, il disait « Je ne vais pas... » Quoi qu'il dise, les gens ne le croient plus. Il dit sur des choses vérifiables, il dit « Le Mercosur, je ne le signerai pas ». Les gens ne le croient pas. Il dit « Je vais... » On va réégaliser les normes sur le phytosanitaire, les normes françaises et les normes européennes. Les gens ne le croient pas. Il dit des choses et tout. Ce que disent d'ailleurs les sondages, finalement.
Ce qui pose vraiment un immense problème pour les politiques publiques. Oui, alors c'est vrai que la défiance, elle est très forte vis-à-vis des élus nationaux parce qu'ils ne matérialisent plus la promesse du politique, à savoir changer la vie, peser sur le cours des choses. Pour un agriculteur, changer la vie, c'est que les actions du président se traduisent concrètement. Et là, très clairement, il ne le voit pas. Là, il était au contact. C'est vrai qu'on l'a vu à de très nombreuses fois pendant ses différents mandats. Les ministres à côté de lui, comme Pape Mdiaï à Marseille par le passé, comme d'autres, restent absolument silencieux.
Alors, la forme est très forte, parfois extrêmement véhémente. Le fond, moi, je vois quand même deux éléments de continuité forts par rapport à ses voeux du 31 décembre et à sa conférence de presse. Premièrement, quand il dit « La ferme France n'est pas foutue », c'est une fois de plus le discours anti-déclin. Alors là, vraiment, on va décliner de manière extrêmement véhémente, mais qui était vraiment celui des voeux du 31 décembre, de son propos liminaire de la conférence de presse. Et sur un plan plus politique, pour ne pas dire plus électoral, l'attaque très forte vis-à-vis des solutions du Front national, SIC, et non pas du Rassemblement national, qui ne servent à rien.
L'ERN, c'est le Frexit. On a vu Marine Le Pen réagir très fortement sur les réseaux sociaux suite à cette phrase, parce qu'elle n'est pas complètement vraie. On va entendre la phrase d'Emmanuel Macron et la réaction d'Emmanuel Macron. Au-delà de la forme où il était effectivement très à l'aise, et l'image du Torero me convient très bien, il y avait des éléments de fond qui sont déclinés de plus en plus fortement depuis le début de l'année, mais force à les constater, et je partage complètement ce que Gilles a dit, la parole politique des élus nationaux à l'échelle locale.
Il y a encore cette magie qui opère, il y a encore cette capacité de l'élu local, du maire, bien sûr, du président du conseil régional à changer la vie, et absolument terrible et dévastatrice, et se traduit par un comportement électoral, l'abstention. Je crois qu'on ne peut pas parler de perte de la confiance dans la parole présidentielle, alors elle est totalement avérée, sans comprendre non plus complètement dans quelle politique publique on se situe, qui est celle de l'agriculture, qui est très empreinte de normes européennes. Et je pense que cette perte de la confiance dans la parole d'un gouvernement français, elle est justement due à ça.
Je note quand même la bonne connaissance du droit, je m'en félicite, de la population agricole qui finalement leur dit, mais nous avons besoin de décrets d'application, nous avons besoin de normes de transposition, c'est-à-dire qu'ils savent très bien, en fait, dans quel tissu normatif on se situe, et au fond, la plupart des choses qui leur ont été promis, je pense notamment à l'idée d'un prix plancher. Emmanuel Macron a été honnête de dire, ça je vais le négocier auprès de Bruxelles, auprès de l'Union européenne, mais ça met un temps énorme. Donc au fond, je crois que c'est assez cohérent.
Ce que nous disent les agriculteurs aujourd'hui, c'est, on est conscient certes des limites de la gouvernance, mais non, ce qu'on veut, c'est des résultats de rapidité. Et l'Union européenne est ici perçue comme ce frein, parce que c'est vrai que les procédures sont plus longues, et donc c'est pas tant la perte de confiance qu'on note, mais plutôt cette incapacité à avoir une prise de décision nationale qui soit pleine et entière.
Alors on va en revenir à ceux qui ont sifflé et savoir qui ils sont exactement. D'abord cette question, les manifestations, les blocages et la casse, sont-ils devenus les moyens d'expression privilégiée du peuple pour se faire entendre ?
En tout cas, il y a eu un tournant avec la crise des Gilets jaunes, où on a vu malgré tout que se levait un peuple, un peu oublié d'ailleurs, le peuple des ronds-points, et qui employait pour se faire entendre les moyens souvent illégaux d'ailleurs, des manifestations qui n'étaient pas reconnues, et une violence presque systémique dans ces manifestations.
On sait bien qu'il y a une brutalisation de la vie publique depuis quelques années, qui certes n'est pas totalement nouvelle, parce qu'on l'a connue dans les années 30, dans les années 50, il y a eu des cycles comme ça de violences publiques, mais qui aujourd'hui prennent quand même un aspect encore très systématique, les atteintes contre les élus, etc. Donc tout ça donne l'impression qu'on ne peut aujourd'hui obtenir des résultats du politique que par la violence, ce qui n'est pas tout à fait exact en réalité.
D'ailleurs, dans la séquence qui s'est écoulée là, il y a eu aussi toute une part de négociations, notamment avec la FNSOA, et énormément, je le répète quand même, parce que quand on regarde un peu les choses de manière objective, c'est plus facile pour moi d'être objectif que pour un agriculteur qui est confronté aux réalités de sa survie, mais quand on regarde les choses de manière assez objective, il y a énormément de choses qui ont été concédées, que ce soit par rapport à la simplification des normes, par rapport à la protection de la production française, par rapport à l'Europe, etc., aux importations d'Ukraine.
Mais alors comment on peut interpréter ces sifflets, ces violences ce matin ? Ils faisaient leur colère, ces agriculteurs, ou ils faisaient de la politique ?
C'est de la politique. Moi, je pense que c'est de la politique. Je pense qu'il ne faut pas hésiter à le dire, qu'on est quand même dans des périodes où, et c'est normal d'ailleurs pour les acteurs sociaux, il y a des formes de surenchères, de rapports de force entre divers partenaires. Je le répète, l'AFNSEA, qui est le principal syndicat agricole, qui a dominé le dialogue avec les pouvoirs publics depuis 50 ans, c'est un syndicat qui représente une partie des intérêts, y compris notamment de ce qu'on appelle l'agro-business du monde rural, et qui n'est pas tout à fait représentatif d'une autre frange de cette paysannerie-là, qui, elle, justement, s'est mise en mouvement.
Dans le mouvement auquel on a assisté il y a un mois, c'est quelque chose qui ne vient pas de l'AFNSEA. Et donc, il y a quelque part un débordement de cette tradition de négociation. Et là, vous avez quand même, malgré tout, j'en termine, une dimension politique qui nous rapproche, c'est ce que disent un certain nombre d'observateurs, qui connaissent bien, notamment, cette coordination rurale, qui nous rapproche éventuellement du Rassemblement national.
Je vais citer Serge Bousquet-Cassagne, président de la coordination rurale dans Libération, qui dit « comme tous les Français, je partage 80% des idées du Rassemblement national ». C'est une interview qu'il avait donnée à Libération en 2022. Frédéric Dabuis.
Oui, alors c'est très clair de ce point de vue-là. C'est vrai que cette radicalisation, ce recours à la violence, les Français ne l'associent absolument pas au monde agricole. Vous citiez tout à l'heure notre enquête, il faut fiduciale pour Sud Radio, qui a été publiée, diffusée hier. Le trait d'image qui est le moins associé au monde agricole, c'est la violence par à peine 14%. Au contraire, on considère qu'ils jouent un rôle majeur dans l'alimentation des Français, qu'ils sont soucieux du bien-être animal et respectueux de l'environnement. Deux thématiques sur lesquelles ils avaient été questionnés.
Parce que, comme au moment du mouvement des Gilets jaunes, il y a quand même des vrais points communs entre la souffrance des Gilets jaunes et celle des agriculteurs, le travail qui paye mal, et la France des tracas, les normes, on ne cesse pas d'emmerder les Français, comme elle avait dit Georges Pompidou, qu'on a cité tout à l'heure. Les Français opèrent une vraie dissociation entre ces mouvements, leur revendication jugée légitime. Les Gilets jaunes ont été le plus fortement soutenus dans nos enquêtes. Au lendemain, du saccage quand même assez terrible d'une partie de l'Arc de Triomphe, c'était début décembre ou 30 novembre 2018.
Les Français font cette dissociation parce que ces revendications, ces souffrances, leur part là. Et l'identification, le soutien à 85% des Français au mouvement des agriculteurs qu'on mesurait il y a une dizaine de jours, c'était le score le plus fort depuis le mouvement des infirmières en 89 ou 90 sous Michel Rocard. Ça ne s'était absolument jamais vu. C'est leur souffrance, leurs problèmes, nous pouvons les vivre, ce qui crée une sorte de vrai soutien et de projection vis-à-vis de cette catégorie. Et dans cette catégorie, elle n'est pas étanche, si je puis dire, par rapport à la vie des Français. Et entre les Français et les agriculteurs, on a oublié de parler du monde rural.
24%, 25% de la population française, qui on le voit dans les enquêtes préélectorales, là on peut le dire très clairement, bascule vers un vote rassemblement national. Dans la dernière enquête, il faut fiduciale pour LCI, le Figaro et Sud Radio. 36% des ruraux seraient prêts à voter pour Jordan Bardella. 18%, deux fois moins pour la liste Renaissance.
Alors le Rassemblement national est-il finalement derrière les sifflets ou les violences que l'on a pu voir ce matin ? Emmanuel Macron a clairement désigné l'ERN, on va l'écouter.
Vous avez des gens qui sont là avec un projet politique. C'est de faire demain, après demain, qui consiste à expliquer aux gens...
Je cite la réaction de Marine Le Pen sur X. Sincèrement, il y a encore des gens qui croient à ce grossier mensonge. Chille Bornstein.
Ce qui est certain, c'est que le Rassemblement national se nourrit de ceux des gens qui se pensent victimes d'un déclassement social, c'est le cas des agriculteurs, qui se pensent victimes de la mondialisation, c'est le cas des agriculteurs, et qui souffrent d'une certaine perte de repère, et c'est le cas des agriculteurs. Il y a un autre fait objectif, c'est que le Rassemblement national est le seul des partis à avoir voté contre tous les traités de libre-change, parce que, reconnaissance, la gauche, y compris la droite républicaine, a toujours à chaque fois plutôt validé le libre-échange. Donc il y a un seul point objectif pour lequel le Rassemblement national...
Enfin, les agriculteurs sont d'accord avec le Rassemblement national, c'est cette opposition au traité de libre-échange. Mais on le voit, c'est vrai que les agriculteurs, contrairement à ce qu'on dit souvent, n'est pas du tout une population... J'ai lu qu'en 1909, dans les années 80, c'était la CSP la moins poreuse aux idées du Front National et de Jean-Marie Le Pen à l'époque.
— Je vais rappeler juste, à quelques semaines de l'élection présidentielle, la FNSEA avait testé le vote des agriculteurs, 30% en faveur d'Emmanuel Macron, et c'était 11% pour Marine Le Pen.
— L'égalité avec Zemmour et Pécresse.
— Si on revotait aujourd'hui, les résultats seraient...
— Je vais pas répondre à une question. C'est dit, mais sans doute, on voit la percée dans le monde rural, on voit la percée du Rennes dans toutes les catégories de population. Il n'y a quasiment plus, excepté des cadres et des diplômés du supérieur, de terra incognata, si je puis dire, pour le Rassemblement national. On voit quand même, oui, une vraie percée du Rennes qui devra être mesurée, notamment le 9 juin, aux élections européennes. — Mais Marine Le Pen, quand elle dit « il n'y a personne pour croire à ça », ça prouve quand même une difficulté.
C'est-à-dire que dans l'opinion publique, sous le contrôle de Frédéric, dans l'opinion publique, le Rennes est quand même considéré, est quand même associé, peut-être pas à une sortie de l'Europe, mais par une opposition forte à l'Europe. Or, comme le disait Anne Charlène, ils connaissent les choses. Ils savent, les agriculteurs, qu'ils doivent une partie, une grosse partie de leur rémunération à l'Europe et à la PAC. Donc, l'association n'est pas évidente. Emmanuel Macron, enfin, ou le Premier ministre plutôt, a habilement dit que les agriculteurs avaient aussi besoin de main-d'œuvre parfois étrangers, pour les périodes importantes.
On pense évidemment aux vendanges et qu'ils voulaient faire passer ça comme les métiers en tension pour permettre leur régularisation. On sait que ce n'est pas le cas de Marine Le Pen non plus. Donc, elle essaye de récupérer. C'est le jeu politique. Donc, le gouvernement a des arguments pour essayer de ne pas se faire manger la laine sur le dos. C'est plus compliqué pour la gauche. C'est plus compliqué pour la gauche qui, elle, souffre d'une sorte d'éloignement du monde rural qui, à mon avis, va être difficile à coubler. Jean Garreg. Oui, il ne faut pas tomber dans le complotisme et dire « Voilà, ces agriculteurs qui manifestent sont le bras armé du Rassemblement national ».
Mais, comme le disait Gilles, leur préoccupation, leur revendication, leur euroscepticisme, pour ne pas dire plus, on ne pourrait pas parler d'europhobie pour un certain nombre d'agriculteurs. Et ça se comprend. Puisque pour eux, l'ennemi, c'est l'Europe. L'ennemi, c'est l'État. Ce sont les intermédiaires. Voilà. Ils ont quelques ennemis identifiés qu'il faut combattre.
Vous dites « On ne va pas tomber dans le complotisme ». Il serait intéressant, malgré tout, d'observer demain la visite au Salon de l'agriculture de Jordan Bardella.
Exactement, de Jordan Bardella. Et voir, s'il advenait que Jordan Bardella fasse un triomphe dans ce Salon de l'agriculture, on pourrait se dire qu'il y a quand même là une dimension politique très, très, très forte. Mais si l'on prend, effectivement, les traditions électorales du monde agricole, c'est plutôt un monde qui votait au centre droit, qui n'a jamais été attiré par les extrêmes, y compris dans les périodes extrémistes. Il y a eu les chemises vertes dans les années 30, mais ça ne représentait pas véritablement l'ADN du monde rural.
Donc là, il se passe que vous avez cette coordination rurale, vous avez une confédération paysanne, au contraire, à gauche, qui n'arrive pas, en tout cas dans ce mouvement, à véritablement émerger. Parce qu'elle est, au contraire, elle représente l'agriculture biologique, etc. Tout ce que l'autre partie du monde paysan combat. Donc on a quelque chose là de très politique, en réalité, et on va voir comment les choses vont se concrétiser, parce qu'on est quand même aussi à trois mois, un peu plus, des élections européennes.
Des élections européennes, on va en parler dans un instant. Vous évoquiez tout à l'heure l'absence de Gabriel Attal, c'est vrai qu'on ne l'a pas du tout vu, je ne sais pas s'il va se rendre sur le salon ou pas. Il avait réussi à calmer, au moins provisoirement, la colère des agriculteurs. Il est la personnalité politique préférée des Français. À 53%, il a gagné un point devant Édouard Philippe, devant François Hollande. Il était hier sur le terrain, Gabriel Attal. Est-ce qu'il est plus habile dans la gestion de cette crise agricole ?
Il est peut-être un peu moins abîmé dans sa parole publique, puisque c'est vrai qu'Emmanuel Macron, à force de gilets jaunes, de réformes des retraites, etc., a quand même eu cette image du droit dans ses bottes. Ce caractère combatif qu'on lui a reconnu, justement, est aussi un peu apporté à son discrédit, parfois, en tout cas dans l'opinion. Et évidemment, quand on a affaire à une personnalité plus neuve, eh bien, on va dire que ces angles sont encore un peu arrondis au niveau du dialogue social. Néanmoins, je pense qu'il y a un point sur lequel le RN, ici, et la venue de Jordan Bardella, peut apparaître en cohérence avec les aspirations des agriculteurs, c'est le protectionnisme.
C'est vraiment là-dessus que, alors, pas forcément véritablement dans leur programme, mais en tout cas dans leur apparence et dans leur image, ce type de parti plus nationaliste, à l'aube d'élections européennes, gagne beaucoup de points. Parce que c'est vrai que dans l'opinion, et notamment dans l'opinion de ce secteur rural, agricole, etc., eh bien, l'idée d'être protégée contre l'État, l'Europe, etc., c'est quelque chose qui imprime beaucoup dans l'opinion, et surtout au salon de l'agriculture. Ce n'est pas devant Jean Garry que je vais faire de l'histoire, mais je vais m'y essayer un petit peu quand même. C'est que le salon de l'agriculture, c'est un peu l'exception française.
C'est au départ l'idée de prouver tout ce qu'on sait faire de bien, les agriculteurs, le privé, le public, tout le monde se mêle dans une optique populaire et au bon sens du terme, c'est-à-dire essayer de montrer tout ce que la France sait faire. Et je crois que justement, dans ce champ lexical-là, le Rassemblement national récupère un petit peu des voix quand on a le sentiment que la France est justement en danger face à des ennemis étrangers, européens, etc. Et je crois que c'est là-dessus qu'il y a peut-être un capital sympathique qui est en train de se créer pour ce mouvement. Donc en tout cas, Emmanuel Macron et Gabriel Attal ont intérêt à beaucoup jouer sur cette exception-là.
Je crois que ce terme d'exception agricole qu'avait employé Gabriel Attal séduit en effet les agriculteurs parce qu'ils ont besoin de ça dans ce moment de leur vie.
Et à trois mois donc de ces élections européennes, et justement en vue de ce scrutin, chaque parti tente de rallier sur sa liste un représentant du monde paysan. La chasse à l'agriculteur est ouverte et les courtisés, eux, ne sont pas dupes. Constance Meyer avec Stéphane Lopez et Léa Demirgin. Prue nommée. C'est Lénie Imar, je suis agricultrice dans le Tarn, dans la région du Loraguet et je suis maintenant candidate aux côtés de François-Xavier Bellamy.
Pour accueillir la nouvelle colistière, ce clip aux airs de l'amour est dans le pré. C'est ça les LR à la campagne.
Enfin, en campagne. J'ai choisi la liste de François-Xavier Bellamy parce que je sais que les Républicains sont aujourd'hui dans une ligne de constance et d'engagement en faveur du monde agricole. Chouchouter la nouvelle venue, quand il parle de Céline Imar, le patron des LR, manquerait presque de qualificatifs.
Elle a une grosse exploitation, elle a repris de ses parents, elle a des enfants, c'est une mère de famille, elle est diplômée, elle est courageuse, elle a du talent.
Flattée, courtisée, chaque partie veut son agriculteur, une figure à mettre en avant pour les Européennes. Jérôme Bell, leader de la contestation, dit avoir reçu quelques coups de fil. Le téléphone de Véronique Lefloc, présidente de la coordination rurale, a lui aussi sonné pour lui proposer de lancer son propre parti.
L'ancienne présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a été approchée par les LR et Renaissance.
A chaque fois, elle a décliné. Alors les partis politiques, opportunistes ou pas ?
Je ne sais pas si c'est de l'opportunisme, peut-être un peu, mais en tout cas c'est très important qu'ils s'intéressent enfin un peu plus à l'agriculture. J'ai vu quand même des documents des partis politiques où l'agriculture était dans le chapitre environnement, je ne vous dirai pas quel parti, qui est pourtant très en vue au niveau français, il sous-considérait l'agriculture. Qu'il la considère plus aujourd'hui, il est temps, il a fallu sortir les tracteurs pour ça. Les couloirs du Parlement européen, Benoît Biteau les arpente chaque semaine. L'agriculteur de Charente a été élu eurodéputé vert en 2019 et il a même acquis une petite célébrité dans son groupe. On peut faire la bise.
Comment ça va, le meilleur député de l'agriculture de Parlement ? Merci. Merci pour tout le soutenir d'Anglice aussi. Oui, mais il n'y a pas de souci. Là, on est sur une logique où c'est tous les agriculteurs qu'il faut qu'on soutienne. Je crois que ça force une forme de respect. C'est-à-dire qu'on ne conteste pas, même si on n'est pas toujours d'accord, même si mes collègues ne sont pas toujours d'accord avec moi, on ne conteste pas la légitimité que je peux avoir à m'exprimer sur ce que j'ai vécu. Parce qu'on ne peut pas me dire que je suis dans le concept, que je suis dans l'abstrait. Je suis concrètement moi-même agriculteur et toujours responsable de ma structure.
À l'aise dans ce rôle, Benoît Biteau passe même de la 11e à la 6e place sur la liste des Verts.
Lui est déjà prêt à batailler avec d'autres agriculteurs dans l'hémicycle.
Je ne suis pas du tout sur le même répertoire. C'est-à-dire que la majorité des agriculteurs qu'on voit apparaître sur les autres listes sont sur des approches corporatistes. Moi, je parle d'une agriculture qui est conforme aux attentes sociétales et citoyennes. C'est la grande différence. C'est une agriculture qui s'est reculée sur l'utilisation des pesticides, sur l'utilisation des engrais de synthèse. C'est une agriculture qui n'a pas honte de dire que l'agriculture biologique, c'est l'agriculture qui va cocher les cases du climat, de la santé, de la biodiversité. C'est ça qui fait qu'on va soutenir une solidarité de la société en direction des agriculteurs.
Et ce n'est pas tout à fait le logiciel des Républicains ou de la République en marche, encore moins du Rassemblement national. Chacun son logiciel et chacun son agriculteur. Presque un impératif électoral quand 91% des Français soutiennent la contestation des agriculteurs.
Question d'Alain qui nous dit, pour revenir au Salon aujourd'hui, quel est le message envoyé par cette destruction partielle du stand de l'Union européenne aujourd'hui ?
C'est très clair. Je veux dire que pour une grande partie du monde agricole, c'est vrai, en tout cas dans la perception, même si on est loin de la réalité, mais la politique agricole commune, l'Union européenne, c'est l'adversaire. Bruxelles, c'est le grand Satan, ce qui permet justement au Rassemblement national de surfer sur cette vague d'europhobie, en tout cas. L'impression qui est donnée, et là c'est un combat idéologique aussi qui a été gagné, c'est que l'Europe, elle était néfaste au monde agricole.
Alors que la réalité, l'histoire des relations entre le monde agricole français et l'Europe, elle est très différente et on voit bien qu'il y a aussi beaucoup de choses positives qui sont venues de l'Europe. Mais l'impression que ça donne pour les agriculteurs, comme pour une grande partie des Français, c'est qu'on est quand même dans quelque chose de négatif. C'est vrai que c'est très intéressant parce qu'on se souvient de présidents de la République qui se sont fait casser les dents pour essayer de montrer à des agriculteurs que la PAC, c'était utile pour eux.
François Mitterrand, lors de la fameuse grande émission de la Sorbonne avant le référendum de Maastricht, Jacques Chirac en 2005, lorsqu'il ferraillait pour le oui au vote du 29 mai, quand on dit « je ne vous comprends pas », il y avait des éléments objectifs. Maintenant, c'est vrai que quand on interroge les Français sur « la France gagne plus qu'elle ne perd par rapport à l'Union européenne », il n'y a qu'une famille politique où on a le sentiment que la France a plus perdu que gagné, c'est les sympathisants frontistes, c'est les électeurs du Rassemblement national.
Alors même qu'il y a un vrai mouvement dans l'opinion publique de bienveillance beaucoup plus forte vis-à-vis de l'Union européenne, parce que nous l'avons vu, on l'a vu lors du Covid, on la voit lors de la guerre en Ukraine, elle est maintenant plus ou moins incarnée.
C'est ce qui explique aussi que les critiques du RN, du FN d'avant, qui étaient extrêmement europhobes, on parlait de Frexit en 2017-2018, se sont très fortement atténuées, elles sont réactivées dans le cadre de cette crise agricole, mais c'est quand même un élément de convergence entre ce monde agricole qui voit effectivement l'Union européenne comme le grand Satan, les tracas, on n'arrive pas à vivre l'application concrète de ce que peut dire un président français, et ce magma de l'électorat RN. – Gilles Bornstein. – Il y a eu le Green Deal entre-temps, c'est-à-dire que c'est vrai qu'il y a toute cette histoire qu'ils ont rappelée de, bon, la PAC qui fonctionnait, mais une méfiance.
Il y a un élément objectif qui a embêté les agriculteurs, c'est ce vote par le Parlement européen, accepté par la Commission, de ce Green Deal qui avait quand même des effets concrets sur les jachères.
On a vu que donc Emmanuel Macron et d'autres leaders européens ont demandé à Ursula von der Leyen et au Parlement de revenir dessus, donc il y a les jachères, il y a la réduction des volumes, à la fois la réduction des volumes et la réduction des surfaces cultivées, il y a le plan phytosanitaire, tout ça à la demande de l'Europe, parce que c'est vrai que les priorités changent, là l'opinion publique, et on parle tous de ce qu'il faut faire pour les agriculteurs, il y a six mois c'était le climat, et il y a six mois, il fallait absolument que l'Europe s'empare du climat, que les responsables gouvernementaux de tous les pays s'emparent du climat, pour les mêmes raisons électorales, parce que les agriculteurs s'apaisent, mais les jeunes et Greta Thunberg de tous les pays qui se soucient du climat, s'apaisent aussi, donc il y a tout le temps un mouvement de balancier, et là ils avaient subi ce vote du Green Deal, et là ils essayent plutôt avec succès de grignoter tous les progrès, enfin ce que les écologistes appelleraient des progrès, tous les progrès qui avaient été faits grâce à ce vote, et bien ils essayent de les faire retourner, de les grignoter, et ça marche, et ça marche parce qu'on a une Europe qui va basculer à droite, Ursula von der Leyen a besoin de la droite pour être conduite à la tête de la Commission européenne, et qu'on voit qu'elle accède assez facilement aux demandes d'Emmanuel Macron, mais aussi des autres leaders européens, pour du moins dix ans environnemental.
Pour les derniers scrutins de Charlene Bézina, il fallait des gilets jaunes dans les listes. Cette fois-ci, pour revenir à notre reportage, on disait que la chasse aux agriculteurs est lancée. Ça sert à quoi ? En quoi c'est utile d'avoir un agriculteur dans une liste ?
C'est une vieille ancienne, ça, d'aller chercher des portefeuilles un peu représentatifs comme ça, notamment pour reconnecter la population avec ses représentants, en ayant le sentiment finalement qu'il y a une forme d'homothésie, d'identification qui peut se faire, et donc quand on a une crise sociale avec des gilets jaunes, on va mettre des gilets jaunes, quand on a une crise agricole, on va mettre des agriculteurs. Je ne suis pas sûre néanmoins que ce soit ça qui amène ensuite au succès de la liste. Un mot sur la politique agricole commune. C'est vrai que ce pourquoi l'Union européenne est assez mal vue, c'est parce qu'elle amène à deux évolutions. La première, c'est la norme.
On en a beaucoup parlé de la norme. C'est-à-dire que l'Union européenne, parce qu'elle veut imprimer un système commun, va forcément amener à ce qui est plus de réglementation et pas forcément qui s'applique aux produits extérieurs. C'est vraiment là que les agriculteurs sont en rogne. C'est-à-dire qu'on leur imprime beaucoup de normes que des produits extérieurs n'auront pas et qui pourtant peuvent être importés. Il y a aussi autre chose, c'est l'environnement. Vous l'avez dit, c'est que l'Union européenne, avec la PAC, a subi cinq ou six réformes depuis qu'elle existe dans les années 60. Et au départ, elle était très pro-agriculteur, cette PAC.
Et elle était très bien vue parce que c'est vrai que l'idée, on était après-guerre, c'était d'arriver à relancer un petit peu, à aider les agriculteurs. Et petit à petit, elle est sensibilisée aux questions environnementales. Et donc, en fait, la PAC va connaître beaucoup d'évolutions pour amener les agriculteurs à encadrer leurs produits, leurs profits, leur production par rapport à cet enjeu environnemental. Et donc, les agriculteurs vous disent, oui, nous, on peut faire des efforts, mais finalement, l'Union européenne va plus vite que nous. Et c'est là, en fait, qu'il y a un vrai problème avec ce Green Deal, justement.
Et il faut savoir que les agriculteurs en ont marre d'être consultés parce que l'Union européenne, elle aussi, les consulte sans arrêt. La Commission européenne avait à nouveau fait un grand plan l'année dernière au moment du renouvellement de la PAC. Elle a dit qu'après les élections européennes, il y aurait à nouveau une reprise des piliers de la PAC en consultant les agriculteurs. Mais ce qu'ils veulent, finalement, c'est des résultats de l'effectivité de toutes ces consultations.
C'est ça, plus être consulté, pas forcément entrer dans des listes électorales. Et d'ailleurs, avant de penser à avoir un agriculteur dans sa liste, la majorité présidentielle, par exemple, on a peut-être déjà qu'elle pense avoir une tête de liste. Il y en a toujours pas. Personne ne veut y aller.
On a bien l'impression qu'il y a eu beaucoup de refus, y compris celui d'un ancien ministre de l'Agriculture, Julien de Normandie, et d'autres. On pense à quelques eurodéputés, notamment la présidente du groupe Régnou. Qui est fille d'agricultrice, d'ailleurs. Qui est fille d'agricultrice, d'ailleurs. Voilà. Valérie Ayers. Valérie Ayers. Bon, il y a des noms comme ça qui circulent. Il y a une famille politique qui a de tradition qui a été très proche du monde rural, du monde agricole, notamment. C'est le modem partenaire important, et dont on a vu les démêler avec le pouvoir, en la personne de François Bayrou.
Il y aurait eu, me semble-t-il, politiquement, un intérêt à faire monter, justement... Alors, le ministre de l'Agriculture, Marc Chénaud, Marc Chénaud, pardon, est lui-même quelqu'un qui est issu du modem, et qui est issu des territoires, justement. Il y aurait eu un intérêt à faire émerger une figure de ce type, et de s'appuyer sur le potentiel électoral que représente le modem, même si ça reste une force de second plan. Bon, le problème, c'est qu'on ne voit pas émerger, à part François Bayrou, qui avait d'autres ambitions, on ne voit pas émerger une figure susceptible de porter, comme ça, ce potentiel politique. Et donc, on est, effectivement, dans une difficulté.
Et c'est vrai que, par rapport à la sociologie que représentent les élus de Renaissance, les élus macronistes, on est quand même assez loin, justement, de ce monde paysan et de ce monde rural. Oui, c'est vrai que c'est très embêtant. L'offre électorale est quasiment figée, sauf la tête de liste de la majorité Renaissance, modem, horizon. Alors, on aurait pu dire, dans des élections précédentes, ce n'est pas si grave que cela. Le 9 juin, c'est loin. La campagne pour les élections européennes, on sait qu'elle commence de manière très tardive.
Mais il ne faut pas oublier, c'est le seul scrutin national du quinquennat d'Emmanuel Macron, sauf, bien sûr, dissolution et donc législative que personne ne peut prévoir autour de cette table. Le vote traditionnel d'étiquette aux élections européennes, c'est-à-dire, je vais voter pour l'étiquette Europe Écologie, pour l'étiquette de droite, l'étiquette de gauche, elle est toujours là, mais elle peut être aussi balayée par un vote d'incarnation. Jordan Bardella incarne énormément. Il y a également beaucoup de sortants. François-Xavier Bellamy, Manon Aubry, Raphaël Glucksmann.
Donc, comment dire, ce retard à l'annumage de la majorité peut être gênant dans un contexte où les enquêtes prélectorales donnent, selon les instituts, une avance de 10 à 12 points pour la liste Rassemblement national.
Qui, elle a commencé sa campagne de très bon moment.
Oui, et qui peine, et on peine à imaginer un reversement, un resserrement, d'autant plus qu'il n'y a pas de tête de liste. Plusieurs choses. D'abord, Emmanuel Macron, comment tout considère que la tête de liste, c'est lui. De toute façon, il a nommé un Premier ministre qui avait pour but, pour être tête de liste en second, si je puis dire, qui avait pour but de lutter contre Jordan Bardella, le choc des jeunes, et pour essayer de pousser la liste de la majorité.
Deuxièmement, lors des dernières élections européennes, on a eu une tête de liste qui n'était pas non plus une star interplanétaire qui s'appelait Nathalie Loiseau, qui n'a pas fait une campagne exceptionnelle et qui a fait 22% des voix, c'est ça ? Et qui est arrivé à 1% de la liste Rassemblement National. Ce qu'ils font d'Emmanuel Macron à dire, de toute façon, le patron c'est moi, les gens votent pour ou contre moi. Ce qui n'est peut-être pas totalement faux, d'ailleurs. Et donc, la tête de liste, franchement, ça n'a aucune importance. Il y a un autre point important, c'est que cette crise a sonné, a douché les espoirs de tous les élus parisiens.
Parce qu'il y en a un qui, lui, Olivier Véran, parmi les ministres qui ont été remerciés, Olivier Véran n'est pas candidat. Clément Beaune est candidat. Je pense que si on propose la tête de liste à Clément Beaune, il la prendra. Clément Beaune est un élu parisien, venu de la gauche, tous les parisiens, ça a été pareil pour le remaniement.
On sait qu'il y a un certain nombre de gens qui avaient été pressentis avant la crise de l'agriculture et qui, finalement, sont restés au Parlement parce qu'ils étaient parisiens et que cette crise a montré qu'il fallait, faute de Cécile, Céline, Cécile Himer, eh bien, il fallait des têtes de liste ou des députés ou des ministres qui soient issus du monde rural. Donc, voilà, il y a cette crise à enlever un candidat qui a été ministre des Affaires européennes et avant conseiller à l'Europe du président de la République et qui connaît très bien l'Europe qui est Clément Beaune.
Très rapidement, Jean Garrigue.
Oui, juste pour dire qu'on pourrait imaginer un attelage avec Clément Beaune comme tête de liste et Gabriel Attal parce que pour mener la campagne, pour l'instant, moi, je ne vois pas meilleur, comment dirais-je, porte-parole que Gabriel Attal même s'il le ferait au titre de Premier ministre, mais il peut très bien entrer dans la campagne et je pense que, pour l'instant, en tout cas, il apparaît comme un soutien important.
Si je vous dis maintenant que ce ne sont pas des bovins, c'est des chefs-d'œuvre. Si je vous dis, ce n'est pas en tapant le cul des vaches qu'on défend l'agriculture ou encore le fameux castot-pauve-court. Vous aurez évidemment reconnu quelques phrases cultes de politique au sein de l'agriculture. Passage obligé, on disait, des présidents, des candidats. Lui, il en a suivi plusieurs en tant que ministre de Jacques Chirac. Dominique Bussereau en a usé des semelles et géré des crises, pas seulement des crises de foie. Il se souvient devant la caméra de Juliette Perrault et Diane Cacciarella. Ce sont trois années dont Dominique Bussereau se souvient comme si c'était hier.
Trois ans au ministère de l'agriculture, sous les ordres d'un certain Jacques Chirac, président de cœur des agriculteurs. Alors forcément, il fallait être à la hauteur.
Jacques Chirac est passionné, amoureux de l'agriculture, de la ruralité, des productions agricoles. Il les connaît par cœur. Il vous pose des cols sans arrêt, y compris en conseil des ministres. On le sentait par exemple au moment du salon. Sa visite était un long fleuve tranquille, fait de dégustations, de milliers et de milliers de photos avec les agriculteurs, les familles de visiteurs, les enfants. Il faut que t'appelles plus longtemps. Tout dans une bonne humeur, une grande jovialité. Donc on sentait que les agriculteurs ressentaient qu'ils l'aimaient. Du coup, le courant était parfait.
Le salon, un moment convivial, politique aussi.
Sur l'agriculture, je m'y installais pendant huit jours. Au lieu de faire des allers-retours avec le ministère, j'installais mes bureaux dans le stand du ministère de l'Agriculture, les principaux membres de mon cabinet. J'y prenais mon petit déjeuner, j'y déjeunais, j'y dînais. Je me promenais toute la journée pour aller à telle ou telle manifestation dans le salon et les gens m'interrompaient dans ma marche dans le salon pour me dire ce qu'ils avaient sur le cœur gentiment ou parfois un peu plus sèchement s'il y avait quelque chose qui les choquait.
En trois ans, Dominique Bussereau n'a pas connu de grandes crises avec les syndicats. Mais en octobre 2005, le virus de la grippe aviaire sème la panique en France. S'il inquiète aujourd'hui, c'est parce que sous la forme H5N1, il est non seulement transmissible de l'animal
à l'homme mais qu'il pourrait muter, devenir transmissible
d'homme à homme. Le ministre tente de rassurer.
Aucune raison pour nos concitoyens d'arrêter de manger du poulet ou des viandes blanches.
Les producteurs sont désespérés.
Je me rappelle d'être allé voir des éleveurs. Il fallait s'habiller tout en combinaisons masquées, gants, chaussures pour entrer dans des élevages vides où ils avaient dû tuer toute leur production. Donc, il y avait une vraie détresse, bien sûr. C'est quelqu'un qui doit détruire son outil de travail dans sa totalité.
20 ans plus tard, c'est un autre cri de détresse que pousse le monde agricole. Mais l'ancien ministre appelle à ne pas se tromper de combat. Moins de normes, oui, mais surtout pas moins d'Europe.
Si la politique agricole commune n'existait pas, mettez-vous bien en tête qu'il n'y aurait pas d'agriculteurs français aujourd'hui. Il y aurait plutôt des énormes exploitations sur le modèle américain ou russe de la grande époque des sauf-causes et des col-causes. Mais il n'y aurait pas d'agriculteurs françaises. Donc l'Europe, en créant un marché intérieur, une libre circulation, en donnant des aides en faveur de certaines productions, a sauvé l'agriculteur français.
Un message adressé aux agriculteurs et un avertissement lancé à la classe politique.
Il faut plus être au contact des agriculteurs. Dans une commune rurale, les agriculteurs aujourd'hui sont très minoritaires en nombre d'habitants. Et donc, il y a beaucoup moins de maires agriculteurs. Il y a beaucoup moins de conseillers départementaux, de conseillers régionaux, de députés et sénateurs, de parlementaires européens agriculteurs. Et il y a donc aussi parfois des instances où la voix de nos agriculteurs, qui a été historiquement très forte depuis le 19e siècle, n'est plus suffisamment tendue dans nos instances démocratiques.
Un lien à renouer pour être à la hauteur d'un enjeu qui reste le même 20 ans après, la préservation du modèle agricole français. Question de Chantal. Jacques Chirac était proche des agriculteurs, mais qu'a-t-il fait pour eux hormis manger des tranches de saucissons ?
Déjà, il a très fortement gouverné avec les syndicats d'agriculteurs, nommant même François-Guillaume, je crois en 1986, ministre de l'Agriculture, qui était le patron de la FNSEA de l'époque, qui est entré au gouvernement. Mais la question est tout à fait pertinente. On ne se souvient pas de choses faites particulières. Il y a eu la politique avec la commune, mais il y a aussi l'homme Chirac. Cette proximité identificatoire, lui, la déconnexion dont je parlais, s'agissant du rapport entre beaucoup de Français et Emmanuel Macron, n'existait pas.
Pour lui, qui pourtant n'est pas né à la campagne, il est dans le cinquième arrondissement de Paris, Jacques Chirac, mai, son attachement à la Corrèze, son ancrage local pompidolien, a fait qu'il y a eu une relation de confiance extrêmement forte qui s'est quand même cassée au moment du référendum du 29 mai 2005, où, j'ai rappelé tout à l'heure, cet échange tendu entre lui et des jeunes agriculteurs sur le mode « je ne vous comprends pas, l'Europe est notre avenir », il y a cette déconnexion là aussi qui est arrivée.
C'est vrai que l'effet d'image est essentiel parce qu'au fond, le seul président de la République qui a vraiment, je dirais, marqué l'histoire de la défense du monde agricole, au fond, c'est le général de Gaulle. Quand il y a eu cette fameuse politique de la chaise vide qui était faite pour justement affirmer les intérêts français par rapport à l'Europe. On est dans les années 60. Depuis, bon, ils ont géré tant bien que mal et Chirac comme les autres.
Mais Chirac avait cette capacité d'identification avec le monde agricole qui en partie reposait, je l'ai dit tout à l'heure, sur une forme de superchorie puisque c'était un homme qui était vraiment du sérail de l'énergie comme François Hollande d'ailleurs en fait, mais qui insistait beaucoup, François Hollande lui aussi sur ses origines normandes, etc. C'est présenté contre Chirac dans la même s'est-elle aussi. Sur son lien avec la Corrèze, voilà. Donc c'est très compliqué mais c'est très important aussi parce qu'on est tellement dans quelque chose de symbolique en parlant de la ruralité, du monde paysan comme une identité française depuis la Troisième République.
Ce sont les hommes de la Troisième République qui ont construit cette adéquation entre la République et le monde rural, le monde paysan. Et donc le président qui arrive à incarner cette adéquation, il a gagné le cœur des paysans.
Oui, mais pourtant le poids électoral des agriculteurs aujourd'hui, il est considérablement réduit. Il est très faible. En même temps que la démographie et les départs à la retraite... Vous avez raison,
mais il y a les 25% de Français vivant en commune rurale qui sont en lien, en osmose, en symbiose avec le monde agricole. Donc parler aux agriculteurs, c'est parler à ce monde rural et j'ai envie de dire parler à cette catégorie de la population raine. Je parlais du sondage tout à l'heure. C'est aussi parler aux Français qui trouvent également que le travail paie le mal, qui sont moins... qui s'identifient à cette population agricole. Donc ce n'est pas du... Oui, on ne peut pas être sur une logique stalinienne. Le Vatican, combien de divisions ? On n'est pas sur cette logique-là. C'est disant du poids des agriculteurs.
Moi, j'avais lu, comme tout le monde, que le monde agricole, c'était en gros 2% de la population active. Et j'ai un petit peu travaillé pour l'émission. En fait, si vous rajoutez les ouvriers agricoles et les retraités de l'agriculture qui votent, on sait que les retraités votent beaucoup, c'est quand même 8% sous le contrôle de Frédéric. C'est 8% du corps électoral. 8% du corps électoral, ça commence à... C'est une différence. Voilà. Ça commence... Ce n'est pas 2%. Ça commence à compter.
On va passer à vos questions SMS. Oui, vous demandez, avait-on déjà vu autant de CRS à l'ouverture du salon de l'agriculture pour sécuriser la visite d'un président ? Jean Garry.
Non, je vous dis, il y a eu des chahuts, cette tension, elle est complètement inédite. Et avant même que ne commence le salon, le fait de différer l'inauguration d'une heure et demie comme ça, reporter l'inauguration, non, c'est quelque chose d'unique, mais qui est à l'aune aussi de ce qui se passe dans les rapports entre les citoyens aujourd'hui, les groupes constitués et le pouvoir. Il y a une sorte de désacralisation aussi qui fait que des choses qui, il y a 20 ans, nous paraissaient impossibles le sont devenues. C'est-il ? Je pense qu'il va y avoir une querelle ce soir et demain sur est-ce que c'est un fiasco de sécurité ou pas. Et on peut dire les deux.
D'un côté, c'est vrai qu'il y avait 300... Tout à l'heure, on disait, voilà, il y a eu de la défiance. Il ne faut pas oublier que c'était 300 personnes. Ce n'est pas énorme. Mais enfin, c'est quand même 300 personnes, on l'a vu avant que ça ouvre, qui ont forcé une porte qui franchement n'était... Il se trouve que je regardais la télé à ce moment-là, qui franchement n'était pas protégée. C'est-à-dire qu'à un moment, on a laissé rentrer 300 personnes sans les fouiller, sans les fouiller, dont on savait qu'elles avaient plutôt des intentions belliqueuses et dont on savait qu'elles allaient être au contact plus ou moins rapproché du président de la République.
Donc de ce point de vue-là, je trouve que ce n'est pas terrible. Après... Et la question se posera de plus que les JO approchent. Exactement. Et après, ce qu'on m'a dit quand même, c'est que finalement, il ne s'est rien passé. Jamais le président de la République n'a été en danger. Il n'y a pas eu le moindre blessé. Il y a eu 3 ou 4 arrestations et les gens ont été relâchés. Que finalement, ça s'est bien passé. On a quand même vu dans le sujet tout à l'heure qu'il y a eu des CRS qui ont été piétinés. Ça s'est bien passé. Ça aurait pu mal se passer. Ça aurait pu mal se passer.
Alain nous dit Emmanuel Macron peut-il se féliciter d'avoir pu échanger au plus près
avec les agriculteurs ? C'est en tout cas, a priori, ce qui en ressort. C'est-à-dire qu'on a pu penser à un moment dans la matinée que le contact direct serait carrément impossible. Ce qui romperait quand même, il faut le dire, avec la tradition du salon, ce qu'on appelle la déambulation pour un président. C'est vraiment cette idée d'aller dans la plus grande proximité possible au contact de la population et surtout dans le moment du salon où c'est vraiment un moment de rencontre. On parlait de Jacques Chirac tout à l'heure.
Ça aurait été particulièrement gênant pour lui de ne pas y aller avec aussi le point de vue un peu inverse des agriculteurs qui disaient nous, on a envie de le laisser y aller, déambuler pour qu'il se rende compte aussi du niveau de colère de l'ensemble des représentants. Donc, oui, c'est une forme de victoire mais comme on l'a dit, il y a quand même tout un staff de sécurité, quelque chose d'un peu cassé dans ce dialogue et j'ajoute qu'Emmanuel Macron a au départ été assez aimé là-bas, aimait aller au salon de l'agriculture. C'est un des présidents qui est resté le plus longtemps. On avait une querelle tout à l'heure sur le point de savoir s'il était 14 ou 18 heures à Mickal, évidemment.
Mais voilà, aidez-nous si jamais vous savez c'est 14 ou 18 heures mais il est resté très longuement et voilà, on s'emmène dans le discours du président de la République qu'il ne comprend pas forcément pourquoi d'année en année il y a eu autant de désamour à l'égard de sa personne parce que lui a l'impression de faire beaucoup et il y a presque une rencontre qui ne se fait plus qui est vraiment symptomatique de tout ce staff autour de lui. Question de Patrick.
Est-ce utile pour les agriculteurs de saboter le salon d'agriculture qui est leur vitrine ?
C'est toujours pareil sur la revendication. On a l'impression vu de l'extérieur on a l'impression que ce n'est pas utile parce que comme vous l'avez dit c'est une vitrine comme on l'a dit ils sont populaires pourquoi sont-ils populaires ?
C'est parce que aussi j'y suis allé avec mes parents quand j'étais petit je suis un urbain je suis né à Paris mais enfin voilà on emmène on emmène les familles viennent on emmène c'est vraiment une vitrine donc de casser son jouet enfin on pourra me reprocher cette émission de casser son jouet ce n'est pas terrible en même temps ça a été en direct sur toutes les chaînes d'info toute la journée s'il n'y avait pas eu cette volonté d'y aller coûte que coûte peut-être qu'on n'en aurait pas fait autant donc c'est toujours ambivalent Oui mais quand même quand on entend le témoignage qu'on a écouté lors de votre reportage de cet agriculteur qui ne s'est pas payé depuis 3 ans en travaillant 100 heures par semaine qui a failli s'est suicidé il le dit l'été dernier est-ce qu'on est si je puis dire audible à la raison c'est quand même le nombre d'exploitations agricoles a diminué d'un tiers à environ 30 ans la disparition du monde agricole peut se poser et donc dans ce cadre là effectivement ça prête le flanc à ces actions tout à fait radicales et qui n'enlève rien au soutien des français
question on a encore quelques secondes Marine Le Pen et Jordan Bardella iront-ils au salon de l'agriculture ? Oui
et ça sera plus facile on se demandait ça sera plus facile parce qu'ils n'ont pas à répondre d'une politique et donc c'est toujours plus facile d'y aller quand vous êtes dans l'opposition que quand vous êtes dans la majorité
les agriculteurs ne sont-ils pas la partie émergée de l'iceberg du malaise social français voire européen demande Michèle et vous avez 10 secondes pour répondre j'ai 10 secondes
et je dirais un peu ce qu'on a dit c'est-à-dire qu'il y a une capacité d'identification qui est très forte oui l'agriculture compte notamment par ce capital sympathie beaucoup des revendications sont celles des français
c'est une réunion beaucoup à tous les quatre d'avoir participé à ceci dans l'air bravo pour la réponse courte tout de suite c'est l'hebdo Aurélie Cass et toute sa bande lundi vous retrouvez Caroline Roux en direct pour ceci dans l'air très bonne soirée et bon week-end