La France doit-elle reconnaître un État palestinien?
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Questions et réponses
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Pourquoi ce sujet revient une nouvelle fois sur la table ? Est-ce que les choses avancent ?
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Qu'est-ce que ça changerait pour l'autorité palestinienne si la France reconnaissait un État palestinien ?
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Est-ce que c'est finalement un peu le seul moyen de pression qu'on a les Français dans ce conflit aujourd'hui ?
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Est-ce que même les Américains disposent des clés pour tordre le bras à Benjamin Netanyahou ?
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La France est déterminée à reconnaître un état palestinien. Voici les mots de Jean-Noel Barreau, le ministre des affaires étrangères lors d'une interview cette semaine des propos qui arrivent 2 mois après les prises position en ce sens d'Emmanuel Macron lors d'une visite lorsqu'il était en Égypte. Et alors, on vous demande aujourd'hui la France doit-elle reconnaître l'État palestinien ?
C'est la question qu'on vous pose sur le site du Figaro. Et pour y répondre, je suis avec George Malbruno. Bonjour George.
Bonjour. Merci d'être avec nous euh aujourd'hui. Euh première question, pourquoi ce sujet revient une nouvelle fois sur la table ?
Est-ce que les choses avancent ? Alors, il revient parce qu'Emmanuel Macron et le prince héritier saoudien Mohamed Bin Salman ont décidé il y a quelques mois de d'organiser une conférence internationale h h du 17 au 20 juin prochain à New York à l'ONU qui est consacré justement à l'urgence de la solution à deux États. Un état palestinien à créé vivant au côté d'Israël.
Donc c'est la raison pour laquelle euh et bien euh il y a cet activisme en particulier français. On voit Emmanuel Macron, j'étais avec lui à à riche là et qui à ce moment-là avait dit "On va vers une reconnaissance, Jean- Noël Barre l'a répété il y a une semaine, il y a quelques jours. Toute la question c'est de savoir quand est-ce qu'on va reconnaître.
Quand est-ce qu'on va reconnaître ? Euh alors il y a il y a c'est un il y a un débat hein. Il y a un débat comme vous le savez en France.
Il y a ceux qui considèrent que la reconnaissance par la France et même par d'autres pays euh occidentaux euh de l'État de Palestine ne changerait rien la situation sur place. L'occupation militaire continuerait, la guerre à Gaza continuerait. Par conséquent, ça ne sert à rien.
Il ne faut pas le faire. Et puis il y a ceux qui disent et bien si compte tenu du fait que il y a une situation catastrophique à Gaza, compte tenu du fait que ça fait plus de 20 ans qu'on appelle à une une reconnaissance, il faut inscrire dans le marbre cette reconnaissance par la France, par un État important, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et qui disent surtout une chose qui qui me semble intéressante, c'est que disent ceux qui sont opposés disent reconnaître l'État de Palestine aujourd'hui, c'est reconnaître un état à masse après le 7 octobre. Or, c'est tout le contraire.
Justement, reconnaître un état de Palestine aujourd'hui, c'est la meilleure façon de lutter contre le Hamas euh et donc d'aider l'autorité palestinienne, hein, euh de qui est basée à Ramalla avec Mahmoud Abbas de lutter contre le Hamas et et ils disent à juste titre que Benjamin Netaniaou qui ne veut pas d'un état palestinien l'avait carrément dit il y a quelques années, je ne veux pas d'un état palestinien. Donc pour affaiblir l'autorité palestinienne, je vais favoriser laisser monter le hag. Donc voilà.
Donc je crois qu'en plus il y a une trad. C'est la France a été pionnière dans ce domaine-là depuis depuis euh 40 ans maintenant. Donc euh donc euh il me semble que ce serait le bon moment parce que après justement avoir un petit peu monté une espèce d'usine à gaz fait, si vous me permettez l'expression, beaucoup de Ramdam depuis le début mai euh qu'on a vu Emmanuel Macron qu'on voit en Égypte sur cette question, euh brandir la menace, j'ai l'impression et ça n'est pas qu'une impression, on a le sentiment que Emmanuel Macron finalement renoncera en tout cas le 18 juin à reconnaître l'État de Palestine. que cette la menace qu'il a brandi risque de se transformer en un sabre de bois et par conséquent et il risque d'être assez critiqué.
Oui, parce que ça va arriver tôt juste parce que vous avez pas parlé d'une chose très intéressante. Qu'est-ce que qu'est-ce que ça changerait pour l'autorité palestinienne si la France reconnaissait un état palestinien ? Ce que ça change que ça change rien sur le terrain fait en terme d'aide, je veux dire en terme voà mais ce que ça change, c'est que si vous voulez Emmanuel Macron et Mohamed Bin Salman ont quand même réussi à obtenir un engagement de Mahmou à base pour revitaliser, régénérer, lutter contre la corruption, une meilleure gouvernance pour permettre à Abbas d'aller s'installer à Gaza lorsque la guerre sera terminée et donc préparer cette échéance d'un futur état palestinien.
Donc voilà, l'objectif de New York, c'est effectivement alors les autorités françaises sont en train de changer de discours après nous avoir dit pendant plusieurs semaines, on va vers une reconnaissance, on va et cetera. Là aujourd'hui, non mais la rencontre de New York, ça n'est plus centré sur la reconnaissance, c'est centré sur les les conditions de création d'un état palestinien. Donc c'est pour ça qu'il y a beaucoup de de groupes de travail qu'il y a effectivement il y a un un travail préparatoire qui qui va être fait.
Euh voilà mais euh mais je je crois que ce voilà sur le terrain ça ne changera rien et il faut amener du monde euh avec soi si on reconnaît un état palestinien. C'est c'est c'est aussi le but convaincre des pays euh le Royaume-Uni, l'Italie, l'Allemagne à faire de même. Exactement.
Ça a été le travail qui a été fait par la diplomatie française. L'Italie et l'Allemagne, non, ils ne reconnaîtront pas. Euh la diplomatie française s'est surtout activée pour convaincre le Canada, la Grande-Bretagne de reconnaître le Portugal, la Belgique, éventuellement le Japon sur d'avoir pour dire voilà, nous reconnaissons mais derrière il y a d'autres pays et on a bien vu que Israël depuis un mois, un mois et demi euh redoutait cette reconnaissance parce qu'il y a eu des il y a eu des menaces qui ont été proférées par Israël dire en cas de reconnaissance par un certain nombre de pays et bien nous allons annexer les colonies, nous allons annexer la 6 Jordan Jordanie et cetera.
Donc la menace était prise au sérieuse. Il y a eu des pressions américaines exercées sur la France, des pressions israéliennes. On va voir si ces pressions finalement vont faire que Emmanuel Macron sa main va trembler le 18 juin à New York.
Est-ce que c'est finalement un peu le seul moyen de pression qu'on les Français dans ce conflit aujourd'hui ? C'est un des rares moyennes de pression puisque les ceux qui ont les moyennes pressions sont les Américains et que effectivement on en est réduit à une à une décision symbolique qui est quand même qui aussi approuvait. Il y avait un sondage doa il y a quelques semaines qui qui montrait que plus de 60 % des Français sont pour une reconnaissance de l'État palestinien avec d'ailleurs une proportion importante chez les hecteurs par exemple du Rassemblement national qui lui y est opposé.
Donc voilà, à un moment donné, je crois que c'est les les tenants des partisans de cette reconnaissance, c'està-dire de toute façon euh il faut inscrire dans le marbre euh cette reconnaissance par quasiment l'ensemble de la communauté internationale pour forcer Israël à un moment ou un ou un autre d'aller vers cet état palestinien qui permettrait justement au pays arabes de reconnaître à ce moment-là l'État hébreu. Oui. Et ça et et ça aussi c'est quelque chose, je me rappelle, on en avait parlé justement de moi, c'est quelque chose qui semble très loin.
C'est très loin parce que parce que Mohamed bin Salman comme les pays arabes disent à Israël via les États-Unis ou d'autres nous sommes prêts à reconnaître l'État hébreu, à normaliser nos relations mais vous Israël vous devez d'abord vous engager vers la création d'un état palestinien. Or, ni Benjamin Netania, ni son gouvernement extrémiste, ni laet ne veulent d'une solution à deux états. Donc il n'y aura pas de reconnaissance d'Israël par les pays arabes.
Il n'y aura pas donc de dynamique arabe, c'est le terme utilisé par l'Élysée pour pour dire "Nous allons avancer vers la reconnaissance d'un État palestinien à condition qu'il y ait une dynamique arabe pour reconnaître Israël. Donc, sachant qu'il n'y aura pas de dynamique arabe vers une reconnaissance d'Israël le 18 juin à New York, j'ai envie de dire la messe est dite. Il n'y aura donc pas de reconnaissance française à moins à moins d'une surprise justement qu'il y a une une dynamique qui soit créée lors de cette conférence qui va durer 3 jours et que finalement Emmanuel Macron et bien décide infiné de conformément à ce qu'a été la position française depuis 40 ans enfin et finalement de reconnaître l'État palestinien.
Donc on s'attend plutôt à une déception de sur au niveau de sommet sauf surprise comme vous le dites. On s plutôt une déception. Je voulais juste vous montrer quand même aussi la la réponse à la question du jour.
La France doit-elle reconnaître un état palestinien ? Euh 65 % des euh s'opposent justement à à cette reconnaissance euh d'un état palestinien. On on a parlé aussi des Américains, c'est eux aujourd'hui qui disposent de de toutes les clés.
Est-ce que même eux disposent des clés pour tordre le bras quelque part à Benjamin Netu ? Bah il dispose des clés. Oui.
Si Trump, c'est ce qu'a dit l'ancien premier ministre israélien Houd Mert il y a quelques jours à Paris. Si Trump convoque Benjamin Netaniaou Bibi comme il l'appelle dans le bureau oval et lui dire assez c'est assez nous cessons de vous fournir en arme la guerre s'arrête mais Trump ne l'a pas fait et je ne pense pas qu'il le fasse dans les semaines qui viennent. Les Américains justement sont opposés à cette conférence.
Ils ont envoyé des messages très clairs à France en particulier des pressions hein pour dire nous ne voulons pas reconnaissez et cetera. Donc il y a des pressions qui sont exercées. Donc voilà, encore une fois, on revient.
La le seul acteur capable de faire pression sur Israël pour qu'Israël arrête sa guerre à Gaza. Ce sont les États-Unis. Et mais pour l'instant, l'administration de Trump reste un très fidèle allié de Benjamin Netaniao.
Pourquoi juste ? Pourquoi ? Parce que c'est un choix c'est un choix stratégique.
Euh les États-Unis historiquement sont l'allié numéro 1 d'Israël. Euh et donc euh et donc Israël dispose d'appui considérabl au Congrès euh et l'administration Trump et Trump lui-même euh alors est assez partagé parce que il est euh Trump n'a pas vraiment d'amis comme vous le savez et donc euh il a été capable de négocier avec le Hamas qui a ulcéré Israël. il est il engage des négociations avec l'Iran, ce qui a un peu ulcéré Israël, mais euh il a autour de lui des évangélistes dont son ambassadeur à à Tel Aviv qui sont encore plus, je dirais, favorables à Israël que les que les que les que les rad que que les que les que les que les Israéliens eux-mêmes.
Mais il a aussi des noninterventionnistes autour de lui qui disent "Bon ben, on veut pas de guerre donc il faut arrêter ce soutien." Mais lui jusqu'à maintenant est reste sur une ligne de soutien de soutien ferme à l'égard de l'État hébreu. Cela étant, comme je vous le disais, ces derniers mois ont été marqués par des crises entre lui-même et Benjamin Netahu.
Il y a eu la euh le le je dirais l'arrêt des hostilités entre les États-Unis et les rebelles yéménites aussi sans que cet arrêt des hostilités se traduis par un arrêt des des tirs de requêes yéénides sur Israël. Il y a eu aussi les négociations avec l'Iran. Donc la relation n'est pas apaisée mais au jour d'aujourd'hui on reste sur une sur une sur la constante historique savoir un soutien très ferme des États-Unis envers Israël.
Effectivement, merci beaucoup George Malbruno d'avoir été avec nous aujourd'hui. Euh je rappelle internaut la question du jour, la France doit-elle reconnaître un état palestinien ? Vous pouvez continuer de voter pour cette question du jour et moi je vous dis à bientôt pour nouveau live sur Figaro Live et n'hésitez pas si vous nous suivez sur YouTube à vous abonner à notre chaîne.
À bientôt. Oui, c'est toujours bien. Merci beaucoup
Emmanuel Macron