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interviewBFMTV· 20 mai 2026 19 min

Bruno Le Maire veut "changer et refonder" les modèles économiques français et européen

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Bruno Le Maire. Merci de répondre à mes questions ce matin, ça faisait un petit bout de temps que je ne vous avais vu.

Vous revenez avec ce livre « Le temps d'une décision ». C'est aux éditions Jean Gallimard, vous avez évidemment été à la tête de Bercy pendant 7 ans. Et dans ce livre il y a quelque chose d'assez douloureux qui est de voir que la décision politique, qu'on y reviendra, vous apparaît de plus en plus difficile à prendre avec évidemment une question.

Dans ce cas, si c'est pas les politiques qui décident, qui décide de notre sort ? Je vous poserai évidemment la question. Mais j'ai regardé les chiffres ce matin.

La situation honnêtement est très mauvaise. La dette, vous Vous connaissez, on va y revenir. Ça vous colle à la peau cette fameuse étiquette « l'homme aux mille milliards de dettes ».

Vous vous en défendez, vous nous le direz dans un instant. Mais ce matin, les taux d'intérêt auxquels la France emprunte sur les Les marchés passent au-dessus des 4%. C'est du jamais vu depuis 2009.

Aux Etats-Unis, ces taux sont aussi au plus haut depuis 2007. Est-ce qu'on est dans une zone de danger ? On est face à un risque de choc économique et financiers majeurs dans les mois qui viennent.

Si la crise dans le détroit d'Hormuz se poursuit, cette envolée des taux est directement liée à l'augmentation des prix du pétrole, qui est liée au blocage du détroit d Hormouz. Donc, soit il y a une solution diplomatique que je souhaite dans les semaines qui viennent, et tout cela se dégonflera et s'apaisera. Soit à l'inverse, la crise se poursuit, ce qui n'est évidemment pas souhaitable.

Cela provoquera à nouveau une augmentation des prix du pétrole, une augmentation des prix de l'alimentation, un risque de crise alimentaire aussi, puisque vous avez une augmentation très forte du prix des intrants et à terme, de vraies difficultés économiques. Ça se traduit par une envolée des taux qui pèse évidemment sur la charge de la dette, ce qu'on a payé chaque année pour la charge de la dette. Ça veut dire qu'on est dans une spirale Ça veut dire que nous sommes face à un risque de choc économique et financier majeur.

Mais je pense que tous nos compatriotes ont parfaitement conscience de ça. Au-delà de ce choc économique et financier possible, vous avez aujourd'hui un risque industriel, j'en parle beaucoup dans mon livre en montrant les surcapacités chinoises, la détermination de la Chine à être le premier producteur industriel mondial et le premier producteur technologique si l'Europe ne réagit pas très rapidement pour protéger nos frontières, pour mettre en place des tarifs contre les biens industriels chinois, pour assumer une vraie préférence européenne, pas une préférence européenne qui est étendue au Canada et à tous les partenaires commerciaux de – C'est le cas aujourd'hui, il faut quand même le dire, il y a une logique totalement folle, je recevais ce matin l'un des spécialistes de cette entreprise qui ne verra pas le jour à Fos-sur-Mer, ça devait être 3000 emplois, une entreprise de panneaux solaires qui meurt notamment de ces décisions européennes, de ne pas assumer un fabriqué en Europe parce que le label fabriqué en Europe il pourrait être donné par exemple à des panneaux solaires qui sont faits au Vietnam, c'est totalement délirant. Ce qui a été décidé par la Commission européenne, cette fausse préférence européenne qui est élargie à tous les partenaires commerciaux européens.

C'est comme si la Chine ou les Etats-Unis disaient nous on défend nos produits industriels chinois ou américains mais comme on a un accord commercial avec l'Europe, l'Europe pour en bénéficier. Mais jamais la Chine, jamais les Etats-Unis ne feraient ça. Qu'est-ce qu'on attend pour se réveiller, pour assumer une vraie préférence européenne, une vraie protection à nos frontières avec des tarifs douaniers ?

Est-ce qu'il faut assumer une protection ? Bien sûr. Mais la personne que vous avez en face de vous, non seulement l'a assumé, mais l'a décidé.

Nous avons été les premiers à obtenir qu'il y ait des tarifs douaniers qui soient mis en place pour compenser les subventions que la Chine à verser aux véhicules électriques chinois. Ces tarifs sont encore insuffisants, il faut les élever, il faut assumer une vraie préférence européenne réservée à l'Europe, au continent européen et aux entreprises européennes. Il faut utiliser le levier des marchés publics pour privilégier la production européenne.

J'aimerais bien comprendre quand même, c'est-à-dire que l'Europe s'est devenue un frein ? Mais ce n'est pas un frein, c'est un de nos outils majeurs. Ce que vous êtes en train de décrire, c'est quand même une situation — Opérer une véritable révolution idéologique.

Pour comprendre que le modèle, et c'est là aussi ce que je défends dans le livre, le modèle sur lequel nous vivons depuis 1957, le libre-échange, l l'ouverture de nos frontières, le doux commerce... — C'est fini. — C'est fini ?

C'est mort. — Mais c'est pas assumé. Et c'est d'ailleurs ce que vous dites...

Vous racontez qu'on est un peu au milieu du guet. En fait, on n'est plus dans le modèle d'avant, mais on n'a pas non plus assumé que les choses avaient changé. Et donc on est les dindons de la farce. — Vous avez tout à fait raison.

C'est la bonne expression. Et tant qu'on est au milieu du guet, en général, vous êtes au milieu des courants et vous êtes balottés de ci, de là. Le rôle d'un responsable politique aujourd'hui plus que jamais face à une inquiétude considérable de nos compatriotes, que je comprends sur l'industrie, sur l'économie, sur l'emploi.

C'est de se projeter à 25 ans et de se dire est-ce qu'on peut réussir ? Ma réponse est oui. Comment pouvons-nous réussir en changeant de modèle et en refondant complètement le modèle économique français et le modèle économique européen ?

Et la refondation du modèle européen, c'est tout simplement assumer de jouer avec les mêmes règles que les Américains et les mêmes règles que les Chinois. On défend nos intérêts économiques bec et ongles avec de la protection, de la préférence européenne et des marchés publics qui sont réservés aux produits européens. En priorité pour nous Bruno Le Maire, demain Sébastien Lecornu va tenir une conférence de presse avec notamment la question des aides ou non.

Vous le disiez, on va au-devant potentiellement d'un véritable choc économique. Il y a déjà une forme de choc pétrolier avec les prix à la pompe qui continuent à monter, qui sont repartis à la hausse. Est-ce qu'il faut aider ou est-ce qu'il faut taxer ?

Taxer, c'est un mot que j'essaye de retirer de mon vocabulaire quand j'étais ministre des finances, nous n'avons jamais augmenté les impôts. Nous avons garanti une stabilité fiscale qui est indispensable pour les ménages comme pour les entreprises. Parce que vous n'avez pas non plus beaucoup baissé les dépenses On n'a sans doute pas suffisamment baissé les dépenses, mais nous avons garanti cette stabilité fiscale qui a donné quoi comme résultat pour une Demain-Lerbe ? 2 ,5 millions d'emplois créés, 120 000 emplois industriels, de la croissance, une attractivité financière qui faisait de nous le pays le plus attractif.

Mais comment vous expliquez alors qu'on soit repartis au-dessus des 8 % Parce que nous avons changé de politique. C'est aussi simple que cela. Notre politique économique de 2017 à 2024, elle a marché.

On peut tout contester. On peut critiquer ce qui a été fait sur les finances publiques, sur la dette. Il y a plein de choses qu'on peut critiquer.

C'est la démocratie. Et la critique est toujours bonne à prendre. Mais ce que je crois profondément, c'est que la politique que nous avons engagée en matière économique en 2017, soutenir les entreprises, donner la visibilité fiscale, soutenir l'industrie, l'industrie, l'industrie, c'est-à-dire de la création de valeurs sur notre territoire.

Le bilan au bout de cinq ans, c'était de l'emploi, quasiment le plaid emploi, des usines qui rouvraient et de nouvelles filières industrielles comme les batteries électriques à Dunkerque et une France qui faisait rêver tous les investisseurs ça a été abandonné cette politique on a augmenté l'impôt sur les sociétés on a fait une surtaxe à liesse on a abandonné la baisse des impôts de production mais le résultat il est inéluctable vous changez de politique vous perdez vos résultats il il restera quoi il restera quoi du macronisme ça ce sera aux historiens de juger sur acteur politique je ne suis pas historien vous l'êtes encore vous définirait encore votre rôle aujourd'hui comme acteur bien sûr je suis un acteur de la vie public. J'essaye de porter ce que peut être demain la France, l'Europe, ouvrir des perspectives, poser des débats pour que les prochaines échéances soient réussies. Si nous voulons que les prochaines échéances électorales soient réussies, il faut pas que cette prochaine élection présidentielle soit une élection par défaut.

Le sujet c'est pas d'ériger des digues contre les extrêmes, c'est d'ouvrir un chemin pour les français, ça doit pas être une élection contre, ça doit être une élection pour. Ça doit pas être une élection par défaut, ça doit être une élection d'ambition pour un peuple et pour un pays qui a tout pour réussir. Vous avez dit d'ailleurs Bruno Le Maire que vous n'étiez pas candidat à la présidentielle, que c'était pas cette logique-là.

Pourquoi vous avez écrit ce livre du coup ? Pour dire aux français voilà où nous en sommes, voilà le monde dans lequel nous sommes. Je discute beaucoup avec mes enfants, j'ai quatre enfants.

Parfois ils me posent la question mais c c'est quoi le monde actuel ? Pour le faire comprendre, j'ai voulu dans ce livre dire « Regardez le monde actuel ». Vous avez quelqu'un qui s'appelle Trump, il dirige les États-Unis d'Amérique.

Voilà comment il est, voilà comment il négocie. Vous avez Xi Jinping, le président chinois. Vous voulez savoir comment il décide, vous voulez savoir comment il se comporte lors d'un G20.

Vous voulez savoir comment est-ce qu'il discute avec un président de la République. Ouvrez mon livre et regardez comment ça se décide. – On va raconter plus Trump que Macron d'ailleurs.

C'est quoi ? C'est parce que vous vous dites « Je ne veux pas tirer sur une ambulance Les Français connaissent bien Emmanuel Macron, ils connaissent peut-être moins bien Donald Trump. Et j'ai eu l'occasion de discuter, d'échanger à plusieurs reprises avec lui.

Je pense que c'est très important que les Français comprennent la dérive des États-Unis d'Amérique, et à quel point il est devenu donc urgent maintenant de nous séparer des États-Unis d'Amérique. – Vous ménagez Emmanuel Macron, pourtant on s'en souvient, il y a eu des moments où pour vous, alors que vous estimiez que les choses allaient très mal, qu'il fallait par exemple revoir le budget, il ne vous a pas écouté. Est-ce qu'aujourd'hui, pourquoi vous le protégez ? – J'entends beaucoup de critiques sur le président de la République.

Il y a deux raisons qui font que je refuse de m'inscrire dans cette logique de critique systématique du président de la République. La première, elle est très simple. C'est que quand on a travaillé pendant sept ans comme ministre des finances avec un président de la République, la plus élémentaire des dignités, c'est de reconnaître ce qu'on lui doit.

Bien sûr que vous ne faites pas partie de ces ingrats, on reproche beaucoup à Gabriel Attal. Il y a une deuxième raison. Vous savez, j'en vois beaucoup qui veulent tuer le père.

Moi, j'ai une chance, c'est qu'Emmanuel Macron n'ait pas mon père en politique. Je suis né en politique avant Emmanuel Macron, très précisément avec Jacques Chirac. Je me suis engagé en politique pour Jacques Chirac, avec Jacques Chirac au moment de la crise en Irak en 2003.

Donc je n'ai pas besoin de tuer le père. Mon père en politique, c'est Jacques Chirac, ce n'est pas Emmanuel Macron. Mais, je le redis, il y a une question aussi de dignité.

Vous avez servi pendant sept ans. — Vous trouvez ça indigne ? Ceux qui, aujourd'hui... — Mais chacun est libre.

Nous sommes dans un pays libre. Et rien n'est plus important pour moi que la liberté. — Vous allez vous engager.

Vous l'avez dit, je suis un c'est d'éviter les critiques inutiles. Vous soutiendrez qui ? Et je rajoute un argument qui est important.

À force d'accabler un homme, on ne voit pas que le véritable problème, c'est que le modèle français est devenu un anti modèles. Ce modèle dans lequel la production est délaissée au profit de la consommation. Ce modèle dans lequel le travail est plus taxé que tout, ce qui décourage tous ceux qui travaillent, tous ceux qui ont un salaire.

Ce modèle dans lequel on ne sait plus qui dirige quoi, où il y a une confusion complète des responsabilités. Ce modèle doit être transformé, je le redis, il faut une refondation. Je vous reposerai la question de savoir qui vous soutenez mais quand vous dites on ne sait plus qui dirige quoi, on ne sait plus non plus et c'est vraiment aussi le coeur de votre livre, qui décide et comment les décisions sont prises.

Qui décide ? La réponse que j'apporte dans mon livre elle est simple, des régimes autoritaires, Donald Trump, Xi Jinping, Vladimir Poutine, les géants de la tech qui ont une influence considérable, et là aussi si l'Europe n'est pas capable de créer ses propres géants de la tech, ses propres semi-conducteurs, je travaille aujourd'hui pour une entreprise de semi-conducteurs, sa propre intelligence artificielle, ses propres stockages de données. De toute façon, nous serons une colonie numérique des États-Unis et de la Chine.

Donc si nous voulons décider par nous-mêmes, il faut mener la bataille technologique. Écoutez ce qu'a dit Arthur Mensch, le patron de Mistral, à la commission des affaires économiques. Il a fait un constat désastreux sur la situation et les bâtons dans les roues qu'on met en France et en Europe.

Si je pouvais prendre maintenant mon rôle de le conseiller de l'entreprise ASML, la plus grande entreprise de tech en Europe, par laquelle je travaille depuis deux ans. Je reprendrai mot pour mot ce qu'a dit Arthur Mensch. Nous faisons tout pour torpiller les technologies européennes et françaises en étant incapables de mettre l'innovation avant la régulation, en ne prenant pas les risques nécessaires et en n'ayant pas le courage d'investir de la dette en commun.

J'ai fait de la dette en commun pour protéger nos compatriotes face à la crise du Covid. Il est indispensable de faire de la dette en commun demain pour financer l'innovation, la lutte contre le changement climatique et la défense. — Mais avouez que c'est assez cocasse de l'entendre de votre part. — C'est pas cocasse.

Je l'ai fait. — Vous avez fait ? — Non mais abonnez-vous de malherbe.

C'est pas cocasse. Je — Je l'ai fait. Mais le choix fondamental de la dette en commun, il faut changer d'organisation.

Mais ça, vous ne l'avez pas fait. — Mais j'étais ministre des Finances. J'étais dit Premier ministre et président de la République.

Mon rôle n'est pas. — Non mais moi, ça, c'était pas moi. C'était Macron. — Mais j'assume toutes mes responsabilités sur la dette, toutes mes responsabilités sur les choix économiques que nous avons faits et sur les résultats qu'ils ont donnés. — Vous avez entendu le constat de François Villeroy-de-Galot.

François Villeroy-de-Galot qui, juste avant de quitter son poste de gouverneur de la Banque de France dit au fond le drame aussi de notre pays c'est que par exemple on n'a jamais osé faire les vrais choix parce que c'est une gérontocratie qu'on a choisi toujours de protéger les plus âgés, la retraite, qu'on n'a pas fait le choix d'innovation, qu'on n'a pas fait le choix des jeunes, ça vous étiez aux manettes là-dessus ? Mais nous avons fait des choix fondamentaux. Quand en 2017 on fait les choix fiscaux qui ont été les nôtres, baisser l'impôt sur la société, faire une flat tax à 30%, baisser l'impôt sur les ménages c'est des choix fondamentaux.

Quand nous décidons de réformer l'assurance chômage, c'est un choix absolument fondamental. Quand nous relançons la profissale, c'est un choix fondamental. Quand nous mettons en place le produit d'épargne retraite, c'est moi qui les ai créés. 13 millions aujourd'hui de souscripteurs, 150 milliards d'économies qui ont été faites.

C'est le début d'une retraite par capitalisation. C'est un choix que j'ai fait. Donc nous avons fait des choix fondamentaux.

Est-ce qu'ils sont suffisants ? Non. Parce que maintenant, nous devons passer à une véritable refondation sur des bases qui soient plus saines de notre modèle éducatif, de santé, de production et économie.

Je mentionnais la Banque de France à l'instant. Un mot parce que c'est aujourd'hui qu'Emmanuel Moulin devra convaincre aussi notamment les parlementaires de pouvoir devenir le futur gouverneur de la Banque de France. Dans votre livre, vous en parlez comme d'un ami.

C C'était l'ancien secrétaire général de l'Elysée. Mais il a d'abord travaillé dans votre cabinet, Bruno Le Maire. Vous trouvez que c'est un bon choix ?

Vous trouvez que c'est le bon moment ? Je trouve que c'est un très bon choix. C'est le bon moment.

De toute façon, il s'impose à nous puisque le gouverneur actuel, François Ville-Loire de Gallo, à qui je rend hommage et qui a fait un super job, a décidé de servir dans le domaine social. C'est tout à son honneur. Il faut le remplacer.

Auprès des orphelins d'Auteuil. Et Emmanuel Moulin est à mes yeux un homme qui a rempli toutes les conditions pour être un très bon gouverneur de la Banque Emmanuel Moulin à la Banque de France. Mais c'est les parlementaires qui le décident.

Oui, enfin il décide, il valide ou il ne valide pas ? Il décide quand même. Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, Emmanuel Moulin à la Banque de France.

Emmanuel Moulin à la Banque de France. Vous n'avez pas voulu, vous n'avez pas souhaité ou vous n'avez pas pu ? Qu'est-ce que vous en pensez, vous, de cette idée de basculer à la tête de grandes institutions ?

Vous n'auriez pas voulu, vous ? – Non. Moi, je suis attaché plus que tout à ma liberté.

Et je considère que quand vous avez servi à un moment donné, il est bon d'aller voir autre chose. J'ai démissionné de la haute fonction publique. Je dis dans mon livre qu'il faut mettre fin à la monarchie technocratique, c'est-à-dire tous ces gens qui pensent savoir mieux que personne ce qui est bon pour le pays, mais qui refusent d'écouter le peuple français.

La La refondation, c'est aussi une refondation politique dont le principe de base sera d'écouter et de consulter les Français. Ça fait 20 ans à Pauline de Malherbe. Consulter les Français, ça veut dire quoi ?

Ça fait 20 ans qu'il n'y a pas eu un référendum en france et si nous avions des résultats extraordinaires sous le plein emploi je suis pour une pratique très régulière du référendum au niveau national comme au niveau local y compris avec l'initiative citoyenne pour que le peuple puisse participer à la définition de son destin, la logique sur laquelle nous vivons depuis des décennies. Il y a des gens qui vous disent je sais mieux que vous ce qui est bon pour vous. Je vais décider.

Je suis la raison et vous, vous êtes l'ignorance. C C'est devenu insupportable et ça crée une fracture morale entre les dirigeants politiques et le peuple français. Le premier enjeu des années qui viennent va être de résorber cette fracture morale entre le peuple français et ses dirigeants politiques.

Et pour moi, la seule façon de la résorber, c'est de redonner la parole au peuple, de les consulter. Parce que le peuple sait ce qui est bon, sait ce qui est nécessaire. Il faut parier toujours sur son intelligence.

Il faut beaucoup aimer les Français et il faut leur faire beaucoup confiance. Vous êtes finalement quand même assez optimiste. Certains disent que le deuxième tour ce sera RN, LFI, les deux extrêmes.

Est ce que c'est le même péril ? Est-ce que vous imaginez ça, cette situation ? – D'abord je ne crois pas du tout.

Ensuite pour moi il n'y a pas de moindre mal. Ce sont deux mots. Je rappelle qu'en 2024 quand il y a eu une action législative, tout le monde s'est précipité pour dire il faut voter LFI contre le Moi, j'ai refusé ce choix.

J'ai dit qu'on ne fait pas le choix du moindre mal. Quand on aime profondément son pays, quand on aime profondément les Français, ce qui est mon cas. Les deux sont des périls à égalité.

Bien sûr, les deux sont des dangers. Donc j'ai refusé en 2024 et j Il assume cette position politique d'avoir refusé d'appeler à voter pour la France insoumise. Car c'est un danger pour le pays, c'est le communautarisme, c'est la division et c'est un antisémitisme larvé qui est contraire à notre culture nationale.

Mais j'ai la conviction profonde que si nous savons changer totalement nos pratiques politiques, refonder ce qu'est la démocratie française sur la base du peuple, d'une simplification de l'organisation, tout est possible en bien pour le Vous avez commencé, comme vous le dites, avec Jacques Chirac. Vous savez aussi que c'est une question d'incarnation. Qui vous soutiendrait ?

C'est beaucoup trop tôt pour savoir qui soutenir. Vous voyez bien que les idées ne sont même pas posées. Qui aujourd'hui défend, comme je le fais, une refondation complète de notre modèle politique.

Simplifier l'organisation, supprimer le département pour qu'il fusionne avec les régions, savoir qui fait quoi et qui est responsable de quoi, avoir un président qui préside et un Premier ministre qui gouverne, avoir 10 ministres, définir la Constitution et pas un de plus, avoir un Parlement qui pour 50 % vote des lois et qui pour 50 % contrôle, parce que ce que je constate c'est qu'on a dit qu 'on allait mettre fin à l'inflation normative. Regardez les derniers chiffres qui sont tombés, il n'y a jamais eu autant de normes, donc là aussi consultons le peuple français. Prenons le code de la construction, le code de l'environnement, le code du travail, simplifions-les en 6 mois et les nouveaux codes simplifiés vous les soumettez à référendum des français.

C'est comme ça que vous refondez Alpine. Ça fait un programme. Merci Bruno Le Maire d'avoir répondu à mes questions ce matin.

Le temps d'une décision, votre récit et vos solutions, c'est chez Gallimard. Il est 8h47 sur AMC BFM TV. Et à la veille, à la veille, à la veille de la conférence de presse