Ukraine, salon de l'agriculture, Julien Bayou... le "8h30 franceinfo" de Marine Tondelier
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Bonjour Marine Tondelier. Emmanuel Macron pense qu'une trêve en Ukraine est possible dans les semaines à venir. C'est ce qu'il dit après sa rencontre avec Donald Trump hier à Washington. Est-ce que vous partagez cet optimisme ?
Je pense qu'il faut être accrochée pour être optimiste en ce moment. Je ne suis même pas sûre que le président de la République le soit lui-même en réalité. Mais au moins, je dois lui reconnaître cela, il essaye dans un moment qui terrifie beaucoup de monde. Et je pense qu'il fait des efforts pour que la France, pour que l'Europe revienne sur la scène diplomatique. Parce qu'on a vu là, il y a quelques jours, que tout d'un coup, Trump discutait directement avec Poutine de l'Ukraine, sans les Ukrainiens et sans l'Europe entière. Et je précise que quand on parle de la paix en Ukraine, de la liberté en Ukraine, on débat en fait de l'avenir de la paix et de la liberté en Europe.
Donc vous soutenez le fait qu'il soit allé à Washington voir Donald Trump. Emmanuel Macron a réuni tous les chefs de partis français la semaine dernière. Vous y étiez d'ailleurs ? J'y étais, nous avons pu discuter longuement de ce qui se passait sur ce dossier, poser nos questions, avoir des informations peut-être qu'on ne peut pas donner sur les plateaux de télévision. Et je pense qu'on partageait l'essentiel des inquiétudes ensemble, tous ensemble les chefs de partis. Il y a une chose qui m'avait énormément choquée, je l'ai dit dans cette réunion, je regrette d'avoir été la seule à le dire.
C'est qu'on parlait par exemple du fait qu'y compris par les cyberattaques, par l'achat de réseaux sociaux comme X par Elon Musk et par des vice-présidents américains qui viennent carrément en Allemagne influencer les résultats des élections. Voilà, il y avait ce risque d'ingérence dans nos démocraties, ce risque pour la souveraineté, la sécurité de nos élections, ce qui devrait préoccuper tout patriote. Et je trouve que les patriotes de pacotille que nous avons dans ce pays font mine de ne pas voir qu'en fait, oui, il y a un problème d'ingérence possible dans notre pays.
Si vous parlez du Rassemblement National, certains ont dénoncé par exemple le discours de J.D. Vance à Munich.
D'accord, sauf que vous savez, Louis Alliot était à la table des discussions pour représenter Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Il est vice-président du parti ARN.
Et il était présent à l'investiture de Trump. J'avais simplement une question, Marine Pondelier, pardon. Juste pour finir là-dessus, quand on parle d'ingérence dans la sécurité de l'Europe, juste vous dire que ce n'est pas de l'ingérence globale. C'est de l'ingérence au service d'une cause et d'un parti, en l'occurrence le leur. Et donc je suis moyennement en sécurité quand je parle de ça devant eux.
Quand vous dites que vous êtes d'accord, Marine Pondelier, en partie, vous dites qu'il y a un consensus avec Emmanuel Macron, y compris sur l'envoi de troupes, on parle bien, je le précise toujours, de troupes non combattantes en Ukraine pour garantir un éventuel cessez-le-feu de soldats français, ça vous êtes d'accord avec ça ?
Il n'est pas aussi catégorique que ça. Il parle, d'ailleurs, il nous avait théorisé une ambiguïté stratégique sur le sujet en disant il faut que Trump et que Poutine pensent que nous pouvons le faire. C'est ça dont il est question de l'envie. Non, là je parle de troupes pour venir assurer un cessez-le-feu. Je pense que personne ne prend avec légèreté le sujet d'envoi de troupes en Ukraine, ni en attaque, ni quelque part en défense. Donc ça, c'est un sujet qu'il faut traiter à part. Mais juste vous dire que le sujet dont on avait beaucoup parlé à l'Élysée, c'était cette imprévisibilité de Donald Trump.
Moi, j'avais posé ouvertement la question en disant bon ben là, il y a un 180 degrés des États-Unis. Mais enfin, Trump nous a habitués à des 180 degrés à répétition. Donc 180 plus 180, ça fait 360. Et je disais à Emmanuel Macron, est-ce que vous pensez que son soutien à Poutine, parce que les États-Unis n'ont pas été négociés avec Poutine, ils se sont alignés avec ses positions, ce qui est différent. Sauf qu'il y a eu cette discussion, Washington avait des avancées. Et je disais à l'époque, est-ce que c'est définitif ? Et il me disait non, c'est très imprévisible. Et d'ailleurs, y compris Poutine le sait.
Et donc je pense qu'à l'imprévisibilité des États-Unis, l'Europe, la France, nous, devons faire preuve d'une extrême prévisibilité, d'une extrême constance. Sauf que ça a avancé depuis cette réunion. Oui, parce que l'Europe aujourd'hui est seule et au pied du mur. C'est ça qui se passe. Et donc oui, nous devons reprendre le lead sur ce dossier. C'est ce qu'Emmanuel Macron tente de faire. Et là-dessus, il a tout notre soutien.
J'ai quand même une question sur le Rassemblement national. Vous dites que vous avez été gêné par la présence de Louis Alliot. Ça veut dire qu'il ne faut jamais inclure le Rassemblement national, qui représente quand même un certain nombre d'électeurs. C'est pas ce que j'ai dit. C'est la question que je vous pose.
C'est pas ce que j'ai dit. Je dis que quand on discute d'un sujet précis, c'est-à-dire que vous avez le directeur agent des renseignements, vous avez le chef de l'état-major, qui vous livre des informations confidentielles sur les cyberattaques menées par la Russie sur nos élections européennes, sur les tentatives d'ingérence de Trump aussi sur nos élections européennes. Et qu'on doit en discuter devant celles et ceux à qui ces opérations bénéficient. Oui, je suis gênée. Je trouve ça plutôt logique. Et ce qui m'étonne, ce qui me désespère même, ce qui me déroute, c'est que je sois la seule à l'exprimer. À l'exprimer.
Et je dois discuter de ça devant quelqu'un qui était à la cérémonie d'investiture de Trump. Je ne trouve pas ça logique.
À la sortie de cette réunion entre parti et Emmanuel Macron, vous avez dit, vous avez appelé à ne compter que sur nous-mêmes. L'Europe, selon vous, va devoir être un pilier. Est-ce que, selon vous, la victoire du conservateur Friedrich Metz aux législatives allemandes peut faire bouger les lignes en Europe ?
J'ai entendu sa première prise de parole hier où il sort de l'atlantisme, clairement, pour dire maintenant, il va falloir qu'on s'occupe de la défense en Europe. Pour proposer une capacité de défense européenne autonome, c'est une bonne idée. Selon vous, c'est une bonne idée. Vous savez, c'est un sujet sur lequel les écologistes se sont beaucoup positionnés et la France aussi. Mais Emmanuel Macron le dit lui-même, il y a plusieurs pays, le Danemark par exemple aussi, qui était très, très réticent. qui disait vraiment, oui, nous, on va plutôt pour l'instant rester sous le parapluie des Etats-Unis qui a l'air bien plus protecteurs.
Il est manifeste que ces pays, le Danemark en premier lieu, en quelques jours, ont complètement changé, viré de bord et pris conscience que les Etats-Unis n'étaient plus les protecteurs qu'ils pensaient. Et donc, tout ça bouge et tout ça est amené à bouger très vite.
Et ça renforce, selon vous, cette élection-là,
renforce l'union des Européens face aux Etats-Unis ? Oui, ça rend cette construction de défense européenne plus probable. En réalité, ça donne plus de poids à celles et ceux qui la souhaitent.
Est-ce que, Marine Tondelier, on sait qu'il y a un fonds pacifiste chez les écologistes ? C'est même une ADN. Est-ce qu'augmenter les dépenses de défense, que ce soit au niveau français, au niveau européen, c'est quelque chose que vous soutenez quand même ?
Alors, déjà, le pacifisme, c'est notre ADN. Mais nous n'avons jamais été dans un pacifisme B.A. Un pacifisme en Ukraine, quand vous avez Poutine, la Russie, qui envahit l'Ukraine et qui réclame, à l'époque, qui envahit quand même un quart de son territoire en le réclamant, nous ne pouvons pas dire, la paix, c'est on arrête tout de suite et puis qu'il prenne ce qu'il a envahi et puis nous, on gardera le reste. Ce n'est pas comme ça que ça se passe, le pacifisme. Deuxièmement, il faut se dire qu'on ne fait pas la guerre qu'avec des armes dans ce monde. Aujourd'hui, il se trouve que la France est le premier importateur, le premier importateur de GNL russe, de gaz russe.
C'est-à-dire qu'on donne plus d'argent à Poutine en achetant son gaz.
Quel réexport le plus souvent ?
Ok, on donne plus d'argent à Poutine en achetant son gaz qu'à l'Ukraine en aide militaire.
Oui, mais moi, je parle de l'effort de défense français. Est-ce qu'il est nécessaire ?
Oui, ce que je vous dis.
Augmenter la part de la défense dans le PIB.
Oui, mais je ne veux pas qu'on ait une vision restrictive de comment ça marche une guerre. Une guerre, ça marche avec de l'argent et la plupart de l'argent de Poutine vient de son gaz que nous lui achetons en masse. Quand je vois qu'en France, nous réduisons, par exemple, les dépenses de MaPrimeRénov' pour isoler nos maisons, vous pouvez dire quel est le rapport ?
La part du gaz dans l'énergie consommée en France, c'est beaucoup l'Allemagne qui consomme du gaz.
Pour chauffer les maisons, si.
Oui, mais nous, on n'a pas de central à gaz.
Je vous parle de l'importation de gaz russe. C'est un sujet. Nous avons fait l'année dernière une grande campagne avec les Verts européens qui s'appelait « Isolons nos maisons, isolons Poutine ». Parce que la réalité, c'est que les guerres, ça se finance. Et que Poutine finance une grande partie de sa guerre par le gaz que nous consommons en France et partout en Europe et que la France en est le premier importateur. C'est un sujet. Là, on parle de budget militaire. Ensuite, sur ce qui est des armes, il faut quand même dire que nous avons prêté beaucoup d'armes à l'Ukraine, que nous avons bien fait de le faire, mais que nos stocks d'armes du coup ne sont pas au plus haut.
Et ça, Trump et Poutine le savent. Ils se serviront de la moindre faille potentielle dans nos dispositifs pour nous menacer, pour nous mettre en danger, pour mettre la pression.
Donc, il faut augmenter le budget, augmenter les moyens militaires.
Ensuite, nous sommes dans un moment d'austérité dans ce pays. On voit bien quel budget a été voté, à quel point ce sont les plus vulnérables qui en seront en première ligne qui sont faites. Et puis, les plus riches qu'on aurait pu mettre à contribution fortement ne l'ont pas été. Même si on s'est battu à l'Assemblée et qu'on a fait adopter une proposition de loi pour taxer le patrimoine de 2% de celles et ceux qui ont plus de 100 millions d'euros, peut-être que c'est là qu'il faudra aller chercher l'argent s'il faut mettre plus d'argent dans la dépense.
Mais si c'est pour prendre sur les services publics des Français, si c'est pour que ça pèse encore plus sur le plus vulnérable, ça ne pourra pas nous aller. Cet effort de le rappeler sur celles et ceux qui ont les moyens de le payer. On le verra lors du prochain budget.
Est-ce qu'il faut aller aussi Et puis, la part de cet effort, évidemment, sera un débat. Jusqu'à discuter d'une dissuasion européenne. Là, on parle de l'arme nucléaire.
C'est ce que l'Allemagne commence à demander en disant puisqu'on ne veut plus être sous le parapluie atomique des États-Unis, on va se tourner vers la France et vers les États-Unis. Je pense que c'est un débat...
On doit partager notre arme nucléaire d'une certaine façon.
En réalité, c'est déjà un peu le cas. Donc, je pense que c'est un débat qui va occuper beaucoup. Moi, je souhaite que ces débats aient lieu en toute transparence à l'Assemblée nationale qui est un débat parlementaire sur le sujet. Et chez les Verts, nous aurons une discussion interne pour fixer notre position. Puis, nous la relayerons évidemment à l'Assemblée nationale.
Autre sujet, l'agriculture qui est aussi un sujet européen. Vous serez avec Oupette dans une heure. C'est la vache égérie du Salon de l'agriculture. Sans transition. Sans transition. Avant une déambulation, vous y allez en ayant perdu la bataille, non, vous écologistes ?
Ah non, je ne pense pas.
Un an après la crise agricole.
Nous avons perdu peut-être des batailles parlementaires et on sait pourquoi. On en discutera. Mais sur la bataille culturelle, je vais vous citer deux sondages. Le premier sondage, il est sorti il y a pile un an. Février 2024. C'est un sondage qui dit que 85% des agriculteurs sont prêts à mener la transition écologique. Il n'y en a que 15 qui l'ont rejeté. Il y a un an. En pleine crise agricole. Il y a... Là, en février, il y a quelques jours, cette année, il y a un deuxième sondage. Odoxa qui sort et qui dit, c'est un sondage sur tous les Français qui disent, quelle partie, trouvez-vous, défend le mieux des agriculteurs ? Les écologistes arrivent en deuxième position.
Ce n'est jamais satisfaisant d'arriver deuxième derrière le Rassemblement national. Mais j'entends beaucoup de parties vociférées, gesticulées, être assez hypocrites sur le sujet. Les agriculteurs ne vous accueillent pas les bras ouverts au sein de l'agriculture. Ce n'est pas vrai, madame. J'y suis allée hier au sein de l'agriculture sans caméra. Vous savez, ce qui agace aussi dans l'agriculture, c'est la horde caméra qui pousse tout le monde et les gens disent « Qu'est-ce que c'est que ça ? Je ne peux pas me promener.
» Hier, j'y suis allée toute seule avec Benoît Biteau qui est, vous savez, notre éleveur paysan en polyculture en Charente bio qui était au Parlement européen qui est maintenant à l'Assemblée. On a été accueillis à bras ouverts. Je n'ai jamais autant eu de demandes de selfies. Nous sommes allés sur le stand de la coordination urale, de la FNSEA mais aussi de l'INRA et on a discuté avec l'OFB, avec tout le monde et nous avons un bon accueil, un très bon accueil. Et donc, je pense que ce sera la même chose aujourd'hui et après, on a des désaccords.
Moi, quand je vois que dans la loi d'orientation agricole, on a mis ce fameux principe de « Il ne faut pas d'interdiction sans solution pour les pesticides. » Oui, pour les pesticides. Bon, ça, qu'est-ce que ça veut dire ? Que si un jour, on trouve qu'un pesticide qui est actuellement utilisé est mortel, a des dangers très graves sur la santé, on ne pourra pas l'interdire sans solution. C'est un peu l'argument qui a été utilisé aux Antilles, voyez-vous, sur le chlordécone. Il ne fallait pas arrêter parce qu'on en avait besoin.
Résultat, pour des centaines d'années, le territoire là-bas est empoisonné, l'eau qu'il boit est empoisonnée, ce qu'il mange est empoisonné car les sols sont empoisonnés, les poissons qu'il pêche sont empoisonnés et on retrouve même le chlordécone dans le lait des mamans. Oui, on a plus de capacités d'évaluation mais si vous dites « Pas d'interdiction sans solution, à quoi vous servent vos capacités d'évaluation ? » Il faut des capacités de recherche d'alternatives et je pense que les budgets entre ce qui est mis dans la recherche-développement sur ces phytos et ce qui est mis dans la recherche-développement sur les alternatives n'est pas le même.
Et puis, ce que je vous dis aussi, c'est que dans ce texte, vous savez, sur le ZAN, ce zéro artificialisation net qui est pour garder la planète habitable qui est indispensable, par exemple, il y a eu des dérogations qui font qu'aujourd'hui, si vous voulez construire un poulailler industriel et je ne pense pas que les Français soient favorables au poulailler industriel et aux fermes d'usines,
On voit que c'est une importation qui explose aujourd'hui.
Ce ne sera pas sujet aux ZAN. Mais pardon,
sur ce sujet, je suis désolée Marine Pondelier, mais on voit que les importations de poulailler ont explosé cette dernière année.
Ce que nous voulons, c'est de la viande consommée en moins de grandes quantités mais de meilleure qualité. Je pense que personne ne souhaite de fermes d'usines. Quand vous offrez à Noël une ferme à vos enfants, à vos neveux nièces, personne n'offre une ferme qui ressemble à une ferme d'usines. On offre des vraies fermes avec quelques animaux, etc.
Ce projet de loi satisfait les agriculteurs. On voit que la colère est retombée.
Vous ne pouvez pas nier ça. La colère est retombée aussi parce que les élections professionnelles sont passées. Mais je ne pense pas que ce projet de loi qui répond à une forme de populisme anti-écologie réponde aux agriculteurs. Je n'ai rien vu dans ce projet de loi sur leurs revenus. Nous, écologistes, nous avons fait, adopté à l'Assemblée nationale, une proposition de loi sur justement des revenus planchers. Il n'y a pas ça dans la loi. Et c'est quand même leur principale demande. Donc nous, nous lançons aujourd'hui une grande enquête sur l'écologie auprès des agriculteurs que nous allons faire nous-mêmes.
Et elle se retrouve sur lesécologistes.fr pour toutes celles et ceux qui sont agriculteurs ou qui tiennent l'agriculture. Venez nous répondre. Ça nous intéresse.
Et vous, on vous retrouve dans une minute juste après le fil info de 9h moins le quart. Morine Suignard.
Les habitants de la région de Kiev appelés à rester dans les abris ce matin. Les autorités locales ukrainiennes affirment que des missiles russes se dirigent vers la capitale. Une attaque à col alors que les efforts diplomatiques se poursuivent. Emmanuel Macron a rencontré le président américain et estime qu'une trêve est possible dans les semaines à venir. Les Européens sont prêts à aller jusqu'à l'envoi de troupes pour vérifier que la paix est bien respectée, dit aussi le chef d'État français. Par ailleurs, Donald Trump invite le président ukrainien à la Maison-Blanche dans les prochains jours pour conclure un accord sur les minerais.
Le président américain réclame un accès privilégié à ces terres rares ukrainiennes en échange de l'aide versée pendant trois ans. Plusieurs centaines de personnes réunies à Mulhouse hier soir pour rendre hommage aux victimes de l'attaque qui a eu lieu samedi. Un mort, plusieurs blessés. La garde à vue du principal suspect, un algérien de 37 ans en situation irrégulière, est prolongé. Le stade de Cannes sera plein ce soir. Le club de National 2 reçoit Guingamp à 21h, un match de quart de finale de la Coupe de France de football. Cannes en demi-finale, ce serait une première depuis 1992. Et à 21h aussi ce soir, Angers à France-Rince. France Info
Le 8.30 France Info Victoria Coussard Adrien Bec
Et nous sommes avec Marine Tondelier, secrétaire nationale du parti Les Écologistes, invitée du 8.30 France Info. Plus globalement, on parlait du Salon de l'agriculture. Comment vous expliquez la disparition de l'écologie, du débat politique en France ? On a l'impression qu'on n'en parle plus, que c'est disparu.
Je pense que l'écologie est le bouc émissaire en ce moment. C'est arrivé dans l'histoire avec d'autres sujets, avec d'autres groupes de personnes. Et la réalité, c'est que souvent, il y a une constante. Quand on cherche un bouc émissaire, quand on est politique, c'est parce qu'on ne sait plus quoi dire. Et donc sur l'agriculture, en particulier, il y a un an, moi j'ai vu Gabriel Attal complètement démuni sur le sujet. Ne pas savoir quoi répondre pour garantir des meilleurs revenus aux agriculteurs. On vous reproche aussi à vous de ne plus en parler. La solution, ça a été dire, ah, et bien voilà, on va dire que c'est de la faute des écologistes.
Je rappelle que dans l'histoire de l'humanité, le bouc émissaire par principe est toujours innocent.
On vous reproche à vous de ne plus en parler. Par exemple, certains soulignent que dans votre niche écolo à l'Assemblée, cette journée pour faire passer des textes, il n'y avait que trois sur cette proposition. Nous avons fait adopter
lors de cette niche, après des heures de débat et des années en réalité de travail, une interdiction des polluants éternels que l'on retrouve aujourd'hui jusque dans la Grèce des ours polaires dans les pôles. Donc oui, nous avons fait adopter ce texte et nous avons fait adopter un autre texte, un texte qui permet de taxer à 2% les personnes qui ont plus de 100 millions d'euros de patrimoine et cet argent doit servir à quoi ? À la transition écologique. Alors, celles et ceux qui pensent que l'écologie, c'est juste l'environnement se trompent, c'est plus large que ça.
Il faut aller chercher des financements, il faut un modèle de société globale respectueux des écosystèmes et respectueux entre êtres humains, il n'y a pas de problème. Mais ne me reprochez pas à moi, enfin, de ne pas parler d'écologie. Je pense me battre suffisamment pour le faire, y compris sur vos plateaux quand les sujets ne sont pas leurs jours.
Marine Tandelier, votre partie est aussi également dans la tourmente. Il n'y a pas de problème,
je vais en parler. Mais vous me reprochez de ne pas beaucoup parler d'environnement et on va parler là dix minutes d'autre chose. Je vais répondre à vos questions mais je ne veux pas qu'on me dise après que c'est de mon fait.
On a beaucoup parlé d'actualité internationale, ce qui nous paraissait aussi important de faire ce matin. Et l'environnement, c'est important. On connaît donc maintenant la réponse judiciaire à ce qu'on a appelé pendant deux ans l'affaire Julien Bayou, la plainte pour harcèlement moral, abus de faiblesse contre celui qui était à votre place, l'ex numéro un des Verts déposé par son ex-compagne et donc classé sans suite pour absence d'infraction. Est-ce qu'aujourd'hui vous avez des regrets ?
Oh oui, je les ai exprimés. Je pense faire partie des gens qui pensent beaucoup y compris l'ennemi si vous voulez tout savoir. Regret de quoi exactement ? Je vous remercie tout d'abord de me donner la parole sur le sujet, de me donner l'occasion de m'exprimer parce que je l'ai peu fait, voyez-vous, depuis le début de cette affaire. Vous ne m'avez pas vu commenter ce sujet de manière intempestive dans les médias et pour cause j'ai été horrifiée à chaque fois que ça a été le cas et dans les quelques tempêtes médiatiques successives auxquelles cette affaire a donné lieu.
J'ai même trouvé ça dangereux et vous pouvez retrouver mes déclarations constantes sur le sujet y compris avant que je sois secrétaire nationale. Quand il y avait eu cette prise de parole de Sandrine Rousseau et cette tempête médiatique, j'avais dit que cette affaire devait être traitée mais qu'elle ne pouvait pas l'être médiatiquement avant de l'être de manière saine et sereine dans une procédure. Il se trouve à l'époque que la procédure que nous avions en place chez les écologistes qui avait été mise en place d'ailleurs par Julien Bayou lui-même en tant que secrétaire national avec sa direction dont je faisais partie donc je ne me soustrais de rien n'était pas adaptée.
Cette cellule n'avait pas prévu cette procédure n'avait pas prévu qu'un jour l'ex-compagne d'un secrétaire national qu'elle avait rencontré en tant que militante de ce parti donc ça nous concernait saisisse la cellule tout en disant je ne me sens pas en sécurité parce que si je parle est-ce qu'il n'aura pas le mail etc. Mais qu'est-ce que vous regrettez exactement Marine Tondelier ce matin ?
C'est ça qu'on veut savoir surtout Ce que je peux vous dire c'est que quand je suis devenue secrétaire nationale en décembre 2022 j'ai hérité de cette affaire cette affaire elle avait commencé depuis 6 mois et je pense que pas grand monde n'aurait aimé être à ma place pour la traiter et nous l'avons fait en sachant que nous étions sous le coup de deux plaintes l'une de son ex-compagne pour mise en danger pour non-assistante à personne en danger et l'une de Julien Bayou ensuite pour harcèlement Et les deux sont classés sans suite aujourd'hui Non c'est pas vrai Si vous le savez j'en suis ravie je n'ai pas cette information C'est ce que nous disent en tout cas l'une des parties L'une des parties peut peut-être parler pour son affaire mais l'autre non Et donc j'ai attendu la fin du rapport que nous avons mené en interne et la fin de l'enquête pénale pour faire ça Ensuite si votre question c'est mes regrets Moi que le traitement de cette affaire n'ait pas été satisfaisant était la cause de souffrances très très fortes très très fortes que Julien Bayou en ait souffert lui-même au premier plan j'en suis tout à fait consciente Est-ce qu'il est innocent aujourd'hui ?
Est-ce que vous pouvez dire qu'il est innocent ? Attendez je suis sincèrement désolée de ça mais je suis aussi sincèrement désolée du fait que les plaignantes ont été souffert tout le long de la procédure et comme Julien Bayou souffrent aussi manifestement aujourd'hui
Il faut qu'on puisse vous poser des questions parce que vous ne pouvez pas faire trois minutes sans qu'on puisse vous poser des questions Est-ce que Marine Tondelier il faut qu'on puisse vous poser des questions je suis désolé Est-ce que vous considérez aujourd'hui que Julien Bayou est innocent ?
Mais ce n'est pas à moi de faire justice la justice a tranché dans un cas d'espace précis absence d'infraction c'est pour ça que la plainte est classée et donc il n'est pas coupable il n'y a pas de problème avec ça c'est la justice qui le dit nous avions dit que nous nous rangerons à la décision de la justice Pourquoi vous n'utilisez pas le mot innocent ?
C'est ce que vous réclame plusieurs centaines de militants Oui d'accord et vous savez je reçois beaucoup de messages de toutes parts sur cette affaire pas que de celles et ceux qui parlent dans la presse et donc il faut savoir que oui notre mouvement a vécu un préjudice de cette affaire aussi parce qu'elle s'est jouée essentiellement dans les médias au lieu de se jouer là où elle devait se jouer et quand elle est ressortie une énième fois dans les médias au mois de février 2024 oui nous avons dû prendre nos dispositions et nous avons été amenés à externaliser cette enquête ce que nous aurions dû faire depuis le début ce que j'avais préconisé à la première réunion du bureau exécutif en juillet 2022 externalisation
Pour Julien Bayou c'était une volonté d'ouvrir la parole et surtout d'inciter à la délation parce que c'était un questionnaire non pas sur
les faits mais sur les agissements de Julien Bayou C'était une enquête à charge et à décharge respectant le contradictoire menée par un cabinet d'avocats qui a d'ailleurs donné des conclusions dont je pense Julien Bayou ne les conteste pas Oui parce qu'elles vont dans le sens de la justice Je n'ai pas été dans un rôle simple et la direction d'Europe Écologie des Verts non plus Nous avons hérité de ce dossier Nous avons fait comme nous pouvons dans un dossier où il était impossible de bien faire et d'être où tout le monde aurait dit c'est très très bien géré merci ces affaires ne se traitent pas bien Est-ce que vous ne vous dites pas Marine Tondelier
avec le recul que peut-être essayez non pas de se faire justice soi-même mais que les procédures internes peut-être mieux vous faire confiance à la justice
Si je n'avais pas fait cette enquête externalisée on aurait continué comme c'était le cas avec des rumeurs des gens qui essayaient de mener l'enquête
Pas à ce moment-là
et pas sur tous les cas qui lui étaient reprochés Je dois vous dire aussi que MeToo est un mouvement révolutionnaire révolutionnaire et que le patriarcat c'est une des pires dominations systémiques de notre société mais que dans toute révolution il y a deux écueils Le premier écueil c'est un moment de renoncer de laisser de revenir au statu quo parce que c'est trop dur ou pour des tas de raisons Nous le refusons Le deuxième écueil c'est l'arbitraire et les écologistes ils sont également extrêmement sensibles et mobilisés sur ce sujet Et donc vous voyez notre combat écologiste c'est d'être sur cette ligne de crête permanente qui oui soutient un mouvement historique d'émancipation mais qui respecte l'état de droit Est-ce que ça n'a pas fait
du tort justement à ce mouvement ?
Mais évidemment évidemment que nous en avons un préjudice pour une histoire ou un moment de toute façon il faut regarder dans les médias parce que moi je veux bien avoir tous les regrets que vous voulez j'en ai pas dormi la nuit pendant des nuits parce que moi j'ai reçu des signalements de qui ne savait pas comment faire donc je ne savais pas non plus quoi faire nous avons lancé cette enquête nous avons fait ce que nous avions à faire est-ce qu'on devait le faire à une autre date d'une autre manière on pourra toujours en débattre et ce débat aura lieu chez les Verts je n'ai pas de problème là-dessus mais ce que je sais aussi c'est qu'il n'y a pas de bonne manière de faire ces affaires elles percutent la société y compris au sein des Verts il n'y a pas de bonne manière de faire mais Julien Bayou aujourd'hui
il n'a plus de responsabilité politique il n'a plus d'emploi
il a payé un tri ou tribut de cette affaire mais je dois dire est-ce qu'il y aura réparation vous posez des questions je ne peux pas répondre à une que vous en posez une autre sur la souffrance que Julien Bayou a pu avoir et sur le préjudice qu'il a eu de cette affaire je tiens à signaler que les médias ont joué un lourd rôle là-dedans moi je vous le dis je lisais les articles puisqu'on me les envoyait
il y a des personnes qui sont allées parler dans les médias on pense à Sandrine Rousseau par exemple
de toutes parts et donc certains articles en tant que secrétaire nationale des Verts je dois vous le dire certains articles nous reprochaient de trop en faire quand d'autres articles nous reprochaient de ne pas assez en faire tout le monde avait un avis et d'ailleurs nos militants étaient plus informés par la presse qui s'est fait aussi le juge qui s'est fait aussi enquêteur à la place de la justice et c'est leur travail mais ce que je veux juste que chacun comprenne c'est que quiconque aurait été à ma place aurait été confronté à la même chose vous auriez fait quoi que ce soit ça n'aurait pas été pour tout le monde certains trouvaient qu'on en faisait trop d'autres passaient en même temps j'avais à la fois une plainte de l'ex-compagne de Julien Bayou pour non-assistance passe en danger et une plainte de Julien Bayou pour harcèlement que vouliez-vous que je fasse
d'un point de vue politique est-ce qu'aujourd'hui c'est possible d'essayer de réparer quelque chose avec Julien Bayou
c'est un vrai sujet le sujet de la réparation de la réhabilitation et c'est un débat qui sera mené mais pas juste dans notre parti c'est un débat qui doit être mené donc je vous dis ligne de crête peut-être dans votre parti
pour commencer
on va mener ce débat dans notre parti mais on me dit est-ce que vous faites quoi si Julien Bayou réadhère on a des procédures pour tout adhérent qui seront appliqués les mêmes mais j'ai aussi cru comprendre et je le comprends tout à fait que Julien Bayou ait dit dans sa conférence de presse qu'il n'avait pas envie forcément de réadhérer qu'il ne voulait plus rien à faire avec nous donc c'est des questions qui se posent en théorie ce que j'ai entendu aussi je réponds à Julien Bayou est-ce qu'il est le bienvenu Julien Bayou il n'a pas envie de venir donc vous voyez vous faites des questions de politique fiction ce que je dois vous dire c'est que moi j'ai écouté sa conférence de presse avec une grande attention et il a dit une chose qui est importante pour moi pour beaucoup de militants de militantes et de femmes aussi il a dit que beaucoup d'hommes s'étaient remis en question après MeToo et que c'était son cas et je pense que ça aussi beaucoup de personnes avaient envie de l'entendre donc voilà on n'a sûrement pas tout résolu sur ce plateau ce matin mais je pense qu'on continuera d'en discuter sereinement
Merci beaucoup Marine Tondelier secrétaire nationale du parti Les Ecologistes d'avoir été l'invité du 830 France Info
Marine Tondelier