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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 31 janvier 2018 8 minComplaisantFond programmatiqueTransportsÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Pierre Bédier : "Faisons un grand échelon régional du Grand Paris"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:33OuverteÉludée

    Est-ce que vous pouvez nous aider, Pierre Bédier ?

  • 2:08FerméeRéponse partielle

    Vous êtes d'accord avec votre confrère socialiste ?

  • 2:38RelanceRéponse directe

    Il faut y être dedans ? Il ne faut pas être dedans ?

  • 3:39OuverteRéponse directe

    Pourquoi changer pour changer ?

  • 4:36OuverteRéponse directe

    Le but du Grand Paris, c'est de réduire les inégalités sociales, territoriales.

  • 6:49FerméeRéponse directe

    Ça vous inquiète ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:49Invité politiqueFait
    « Il ne peut pas y avoir les riches, ceux qu'on mettrait au centre, qui auraient toutes les infrastructures, tous les investissements, et puis ceux qui sont à la périphérie. »
  • 3:24Invité politiqueChiffre
    « Plus d'un tiers de la richesse française est produite par 20% de la population. »
  • 4:56Invité politiqueChiffre
    « Nous les Yvelines, qui dépensons le moins d'argent en dépense de fonctionnement par habitant. »
  • 5:13Invité politiqueFait
    « Tout se passe à l'Est, Marne-la-Vallée, Disney, des infrastructures importantes. »

Temps de parole

  • Pierre BEDIER75 %
  • Présentateur25 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h21, nous parlons ce matin du Grand Paris. Il y a une réunion publique ce soir avec tous les élus à Boulogne. Vous en serez, Pierre Bédier, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin pour en parler. Vous êtes président Les Républicains du Conseil départemental des Yvelines. Alors le Grand Paris, tout le monde en a entendu parler. On sait qu'il y a une question de transport, on va y revenir. Mais c'est aussi une volonté de simplifier l'organisation de la région avec ses 12 millions d'habitants. En réalité, avec les communautés de communes remplacées par des établissements publics territoriaux et la création de la métropole, c'est devenu un mécano-technocratique.

Franchement, c'est plus compliqué que simple. Est-ce que vous pouvez nous aider, Pierre Bédier ?

0:34
Pierre BEDIER

À 6h20, comme ça, je n'en suis pas sûr. En fait, le combat qui est le nôtre, c'est de dire qu'il ne peut pas y avoir deux catégories d'habitants de la région parisienne. Il ne peut pas y avoir les riches, ceux qu'on mettrait au centre, qui auraient toutes les infrastructures, tous les investissements, et puis ceux qui sont à la périphérie, qui, eux, pourraient éventuellement venir travailler dans cette métropole. Alors, on ne leur demanderait peut-être pas quand même un laissé-passer. Mais enfin, tout juste, voilà. C'est contre cette métropole à deux vitesses que se battent les élus.

Et les élus disent ensuite au président de la République, en espérant qu'il soit matinal et qu'il nous entende, eh bien, laissez-nous nous organiser. Nous, on sait comment ça marche. L'administration, elle, sait comment ne pas faire marcher les choses. Et en particulier, le projet du préfet de région, qui est surréaliste, puisque plutôt que d'écouter les élus, ils préfèrent dire, on va casser les départements, on va émietter tout ça. Alors, casser les départements pour émietter dans des intercommunalités, pour essayer de prendre une image claire. Vous êtes dans votre garage, vous avez deux voitures. Une voiture qui marche, ça s'appelle le département.

Une voiture qui ne marche pas, ça s'appelle l'EPT, l'établissement public territorial. Eh bien, pour aller chez France Inter le matin, vous avez tendance, vous, parce que vous avez du bon sens, à prendre la voiture qui marche. Eh bien, le préfet de région, lui, il dit, on va démonter la voiture qui marche et on va essayer de faire marcher la voiture qui ne marche pas. Je ne suis pas sûr qu'il soit à l'heure à votre émission.

1:58
Présentateur

Il est question donc de supprimer, on l'a compris, les départements de la Petite Couronne, de faire de ceux de la Grande Couronne des districts. Il y a le vice-président socialiste du Val-de-Marne qui dénonce un retour à la région parisienne des années 60. Vous êtes d'accord avec votre confrère socialiste ?

2:10
Pierre BEDIER

Alors, d'abord, notre mouvement est un mouvement qui est compétent transpartisan parce que nous sommes tous, avec nos différences, au service de nos populations. Je ne sais pas si c'est le retour des années 60, des années 50. En tout cas, si on veut revenir dans les années 60, ça serait, selon une expression chère au général de Gaulle, la chien-lit.

2:29
Présentateur

Alors, vous êtes contre le fait de supprimer les départements de Petite Couronne et en même temps, vous dénoncez le fait que la Grande Couronne, elle ne participe pas, soit exclue de ce Grand Paris. Alors, il faut y être dedans ? Il ne faut pas être dedans ? Il ne faut pas être dedans, on ne comprends plus très bien.

2:41
Pierre BEDIER

Il faut être dedans parce que cette métropole, sa fonction première, c'est de créer de la richesse dans la compétition mondiale. Et donc, ceux qui ne seront pas dedans, ils auront tous les inconvénients, les inconvénients en termes de longueur de transport, les inconvénients en termes d'éloignement, mais ils n'auront aucun des avantages. Aujourd'hui, soyons honnêtes, quand on habite la région parisienne, peut-être que vos auditeurs entendent ma petite pointe d'accent. On ne le fait pas sans une certaine nostalgie de nos origines, on ne le fait pas que par plaisir. On est tous venus là, surtout parce que c'est là qu'il y a du travail, c'est là qu'il y a l'économie.

Et donc, si on n'a aucun agrément et qu'on ne participe pas en plus à la croissance économique, c'est assurément la mort de la région parisienne et donc un drame national, parce que la région parisienne produit la richesse de la France. Plus d'un tiers de la richesse française est produite par 20% de la population.

3:28
Présentateur

Alors, si on fait un grand pari avec toute la banlieue, puisque c'est ce que vous voulez, si je comprends bien, on ne change rien finalement, c'est la région parisienne d'aujourd'hui. Mais c'est ce qu'on dit, nous on dit,

3:39
Pierre BEDIER

pourquoi changer pour changer ? Le problème des Parisiens, le problème de la région parisienne, c'est un problème d'emploi, moins qu'en province, mais un problème d'emploi. C'est surtout un problème de transport et un problème de logement. Quelle est la bonne échelle ? Vous n'allez pas me dire qu'en matière de transport, il n'y a pas de problème en grande couronne, en banlieue, mais il y aurait des problèmes à l'intérieur de la métropole, à l'intérieur de la région parisienne, dans la partie la plus dense. C'est au contraire à la partie la plus dense que ça marche le mieux. Donc ça serait absurde d'exclure la banlieue. Même chose en matière de logement.

En matière de logement, il faut de l'espace. Il faut pouvoir reconstruire la ville sur la ville. Et si on recroqueville la métropole, on manque d'espace. C'est pour ça, par rapport au plaid de la région parisienne, l'organisation à l'échelon régional, en fusionnant la métropole et la région, il ne s'agit pas d'avoir deux structures, bien entendu. Il faut quelque chose d'efficace et de ne pas trop coûteux. En utilisant les départements qui sont à la bonne échelle et les communes. Les communes, c'est la base. Les communes, c'est la porte d'entrée. Et c'est ça que nous voulons protéger.

4:36
Présentateur

Le but du Grand Paris, on l'entend, c'est de réduire les inégalités sociales, territoriales. Est-ce que finalement, vous qui proposez de fusionner avec les Hauts-de-Seine, qui est un département très riche, comme les Yvelines d'ailleurs, ce n'est pas un peu inégal ?

4:47
Pierre BEDIER

Alors, on nous fait toujours ce procès. La richesse, c'est d'abord la bonne gestion. Donc nous sommes deux départements très bien gérés. Nous sommes le département, nous les Yvelines, qui dépensons le moins d'argent en dépense de fonctionnement par habitant. Et on en est fiers, donc nous faisons attention à nos sous. Nous, ce qu'on veut, en fusionnant nos deux départements, c'est faire du développement économique une priorité. On considère que l'Ouest parisien a été oublié des politiques publiques depuis 40 ans. Tout se passe à l'Est, Marne-la-Vallée, Disney, des infrastructures importantes.

Eh bien, nous nous souhaitons un rééquilibrage à l'Ouest, mais nous disons à l'État, laissez-nous faire. On est conscient aujourd'hui en France que pour que les entreprises créent de la richesse, ces entreprises doivent avoir la liberté. C'est pareil pour les collectivités locales. Laissez-nous libre, laissez-nous libre de nous organiser, laissez-nous libre d'investir. Et comprenez bien que nous sommes contrôlés par mieux qu'un conseil d'administration. On est contrôlés directement par le peuple. On va devant les électeurs. Alors que les préfets, eux, ne sont contrôlés par personne, sinon par le gouvernement.

5:52
Présentateur

Donc, Pierre Bédier, qu'est-ce qu'on fait ? Alors, on garde la région parisienne, on jette la métropole ?

5:57
Pierre BEDIER

Alors, on fusionne l'actuelle métropole du Grand Paris, qui comprend Paris et les trois départements de Petite-Couronne, Haute-Seine, Seine-Ny et Valdemain. On les fusionne avec la région, donc on fait un grand échelon régional qui est responsable des transports et de la stratégie du logement et, naturellement, du développement économique. Cette région donne ensuite contractuellement, librement, des pouvoirs au département pour que sa politique, la politique de cette métropole soit déclinée à l'échelon départemental. L'État continue à nous confier ses politiques sociales, parce que qui fera les politiques sociales ?

Et nous, nous sommes en partenariat avec les intercommunalités, qu'on laisse se créer librement, et avec les communes qui sont pour nous les partenaires essentiels, parce que qui dit commune, dit maire, c'est-à-dire celui, cet élu qui est le plus proche des Français.

6:44
Présentateur

Le Grand Paris, c'est aussi le Grand Paris Express, les transports, les nouvelles lignes de métro, une facture beaucoup plus lourde qu'annoncée. Certaines lignes ne verront sans doute pas le jour comme prévu. Ça vous inquiète ?

6:52
Pierre BEDIER

Oui, oui. Et surtout, encore une fois, pour la Grande Couronne, et en particulier pour le département des Yvelines, on nous a vendus, et c'est là que l'État est inconséquent, on nous survend depuis des décennies la création de l'université qui va concentrer l'intelligence française, le plateau de Saclay. On prévoit un métro pour rejoindre ce plateau de Saclay qui est très mal desservi, et puis maintenant, on dit, on ne le fera peut-être pas. Si nous, les élus, on avait fait ça, mais que ne dirait-on ? Donc, si on veut, nous, les élus, laissons-nous libres, et on fera la desserte du plateau de Saclay.

7:22
Présentateur

On termine avec une question qui n'a rien à voir, mais qui est à la une, Pierre Bédier. Votre partie derrière Laurent Wauquiez a appelé hier à la démission du ministre Gérald Darmanin, mis en cause pour viol. Plusieurs responsables et républicains ont aussi exprimé l'avis exactement contraire. Vous, Pierre Bédier, vous êtes dans quel camp ?

7:35
Pierre BEDIER

Moi, je pense que tant que la justice n'a pas tranché, c'est valable pour un élu, c'est valable pour un président de société publique. Tant que la justice n'a pas tranché, on ne demande rien, et on espère que les faits dénoncés sont faux, parce que ce serait dramatique.

7:53
Présentateur

Donc, là-dessus, vous n'êtes pas d'accord avec Laurent Wauquiez. Pierre Bédier, président LR des Yvelines, merci beaucoup d'avoir été avec nous sur France Inter ce matin. Au revoir, bonne journée à vous. Merci à vous. Le 5-7, la suite après les infos, la table ronde du petit déjeuner.