La rencontre Roselyne Bachelot - Jérémy Ferrari - C à Vous - 09/09/2020
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteÉludée
Roselyne Bachelot, vous avez déclaré être la ministre des artistes qui ne vous ménagent pas. Clara Luciani vous a interpellée sur Instagram.
- 1:48RelanceRéponse directe
Expliquez-vous sur les incohérences des mesures.
- 3:14OuverteRéponse directe
Distanciation sociale annulée dans les zones vertes, maintenue dans les zones rouges.
- 5:23OuverteRéponse directe
Une date dans un casino a été annulée alors que le casino est ouvert.
- 9:45OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut parler d'un mot sur 'Anesthésie générale' ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:27InvitéPromesse
« « je vais me battre pour que les distanciations soient levées ». »
- 4:24InvitéChiffre
« « 52 sur 100 000, c'est 0,0005. » »
- 6:36InvitéFait
« « La distanciation physique, qu'est-ce que ça signifie ? En séparant les groupes jusqu'à 10 personnes. » »
- 6:44InvitéFait
« « La jauge de 70% permet la rentabilité du spectacle. » »
- 11:05InvitéFait
« « On a dû faire le confinement. Ce n'est quand même pas arrivé depuis 1720. » »
Temps de parole
- Invité55 %
- Invité 225 %
- Présentateur16 %
- Invité 33 %
≈ 4,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Rosine Bachelot, vous avez déclaré, on s'en souvient, au moment de votre arrivée à Rue de Ballois, que vous serez la ministre des artistes, des artistes qui ne vous ménagent pas. Le 17 août, la chanteuse Clara Luciani vous interpellait sur Instagram. Vous passez de bonnes vacances, Madame Bachelot, parce que nous, on a mal aux bides et au cœur et on attend des réponses qui n'arrivent pas. Et puis, il y a eu la lettre ouverte de l'humoriste Jérémy Ferrari qui pointait du doigt les incertitudes qui planent au-dessus du monde culturel et du spectacle vivant.
J'ai discuté avec la ministre, avec de tout cela, et en raccrochant, elle m'a dit « je vais me battre pour que les distanciations soient levées ». Elle a tenu parole, elle a réussi à faire lever les distanciations, donc c'est cool. Et le problème, c'est que la mesure, c'est la distanciation annulée dans les zones qui ne sont pas rouges. Au moment où ils l'annoncent, il n'y a que deux départements qui sont rouges, donc je me dis « bon, c'est chiant, mais ce n'est pas grave, on va se débrouiller ». Sauf que le lendemain, ils en rajoutent 19. Donc du coup, je ne vous cache pas qu'on est un petit peu en colère.
Bonsoir Jérémy Ferrari.
Bonsoir, il parle super bien ce jeune homme.
C'est un humoriste en colère. C'est comme ça que vous présente le Parisien. Cette vidéo, elle date du 29 août.
Un petit mot sur Clara Luciani, je trouve ça inutile, comme si je me tournais les pouces rue de Valois. Vous connaissez l'avis des ministres, c'est masquin.
Cette vidéo, elle date du 29 août. 19 départements en rouge, ça vous mettez déjà en colère. Et puis dimanche, le département du Nord s'est ajouté à la liste. Résultat, vos deux dates à Lille ont été annulées. Ça devait être hier et avant-hier, les représentations d'anesthésie générale, ce qui vous a profondément agacé. Vous dites « merci au gouvernement qui n'est jamais à court d'idées en matière d'incohérence et de mesures fantômes d'opacité suspecte et de sens de la réalité ». Expliquez-vous.
En fait, ce qui est difficile, et je crois que c'est un peu pour tout le monde, il n'y a pas que le secteur culturel, c'est l'incompréhension. C'est-à-dire que je pense qu'on est tous OK pour respecter les règles à partir du moment où on les comprend. Je pense qu'il y a énormément de gens qui ne comprennent pas une majorité des mesures qui sont prises parce qu'on ne nous explique pas. C'est-à-dire que je pense que la majorité des gens ont l'impression d'être des enfants à qui on dit « vous faites ça et vous ne faites pas ça ». Alors là, il se trouve que ma ministre est avec moi.
Donc là, on va parler de la culture, mais très sincèrement, je suis presque gêné parce que je ne suis pas forcément habitué à venir attaquer des sujets sur lesquels je suis directement concerné. Mais bon, là, il faut le faire. Mais j'entends qu'une partie des téléspectateurs vont se dire « qu'est-ce qui vient nous emmerder avec ces théâtres ? » Et j'entends très bien cela. Mais il n'y a pas que les théâtres. Évidemment, et pour revenir sur ce qu'a dit Luciani, il y a une colère. Il y a une colère des artistes, il y a une vraie colère. On est triste, on a de la peine de ne pas monter sur scène, etc. Ça, c'est une chose. Très sincèrement, on ne va pas se mentir.
Je veux dire, moi, si ça ne réouvre pas tout de suite, je ne vais pas perdre ma maison. En revanche, mes employés, eux, oui.
Parce que vous êtes producteur, par ailleurs.
C'est ça. C'est qu'en fait, il n'y a pas que des artistes. C'est-à-dire que j'entends que certaines personnes peuvent se dire, puissent se dire « mais qui sont ces artistes qui ont gagné des centaines de milliers d'euros, qui continuent de gueuler ? » Oui, mais ce n'est pas ça. Et puis, encore une fois, c'est l'incompréhension. C'est-à-dire que si on revient sur les mesures vertes et rouges, parce que ça, c'est quand même très important, et d'autant que là, je le vis en ce moment. Donc là, je peux vous donner des exemples.
Distanciation sociale annulée dans les zones vertes, maintenue dans les zones rouges, avec le masque.
Alors, le problème des zones rouges, c'est qu'encore faut-il comprendre quand est-ce qu'on passe en zone rouge. C'est-à-dire que les mesures ont été échangées au courant de l'été, donc on part plus maintenant sur le taux d'incidence, si j'ai bien compris. Le problème, c'est tout ce qui est autour de ces mesures. Je vais vous donner un exemple. Donc effectivement, l'île passe en rouge la veille de mes dates. Donc évidemment, c'est un coup au moral, mais je le savais. Ce que je veux dire, c'est que quand j'ai pris la décision de maintenir la tournée, il y a plein d'artistes qui ont dit « on ne prend pas le risque d'arriver dans une région et qu'elle passe en rouge, donc on annule tout ».
Moi, je me suis dit « allez, je les maintiens, j'ai la chance d'avoir des dates qui sont pleines pendant un an, les gens ne me demandent pas de remboursement, donc je suis un privilégié. » Donc je me dis « je maintiens la tournée, on va jouer dans les zones vertes, et tant pis, si ça passe en rouge, on décalera. » Mais le problème, c'est comment est-ce que ça passe en rouge ? Je vais vous donner un exemple. Le barin passe en rouge alors qu'on est en dessous du seuil, juste parce qu'on décide que quand on est proche du seuil, on peut aussi passer en rouge. Dans ce cas, sur quoi on se base ?
Parce que même si quand on est proche du seuil, on peut quand même passer en rouge, on ne peut pas jouer. Je vais vous donner un autre exemple. Là, par exemple, ce matin, j'ai appris que Nantes allait certainement passer en rouge parce qu'ils sont passés à 52 sur 100 000 cas. Ce qu'il faut rappeler quand même aux gens, parce que les chiffres, c'est pareil, j'en veux beaucoup à la presse sur la manipulation des chiffres. 52 sur 100 000, c'est 0,0005. Il ne faut pas l'oublier non plus parce que je trouve qu'on terrorise énormément la population. Donc Nantes va donc passer en rouge.
La Baule, dans laquelle je dois jouer à La Baule, qui est donc à 78 km de Nantes, va très certainement passer en rouge. Alors ce qui se passe avec Nantes, parce qu'on n'est pas encore sûr, si ça doit passer en rouge, ce sera peut-être la semaine prochaine. Mais le préfet peut, par prévoyance, d'anticiper. D'anticiper. Oui, c'est la dynamique de l'OFP2, oui. Enfin, je l'ai expliqué. Donc la problématique, c'est que donc, même si le seuil n'est pas atteint, on peut quand même passer en rouge. Si on joue à 78 ou 100 km d'une ville qui est en rouge ou qui n'est pas encore passée en rouge, le préfet peut décider, même si vous n'êtes pas concerné, d'annuler la ville.
Donc en fait, même moi, qui ai décidé au départ d'être combatif et de dire, allez, on va jouer en zone verte, on y va, tant pis. On tente le coup, on prend le pari. En fait, c'est pratiquement infaisable, en fait.
Et il y a aussi une date dans un casino qui a été annulée, alors que le casino, lui, est ouvert, je crois, à tout le monde.
Oui, mais c'est assez incompréhensible. Ce n'est pas une fermeture administrative. Alors, je vais expliquer peut-être ce qui... D'abord, sur des jauges de moins de 5 000, on peut ouvrir, il y a simplement des mesures de distanciation physique qui sont là, qui font que, quand on est en zone rouge, vous avez rappelé l'incidence, l'incidence s'exprime non seulement avec un chiffre brut, mais aussi avec une dynamique. On regarde, les autorités sanitaires regardent si la dynamique fait que... La vitesse de progression. Que la vitesse de progression fait qu'on passe en zone rouge. Il n'y a pas une sorte de coup près. Il faut aussi que ça s'apprécie de cette façon-là.
Alors, moi, ce que j'avais obtenu, c'est que dans les zones vertes, où le virus ne circule pas ou circule peu, qu'on pouvait supprimer la distanciation physique. Dans les zones rouges, la distanciation physique subsiste dans les... On peut ouvrir, on peut tenir les spectacles. La distanciation physique, qu'est-ce que ça signifie ? En séparant les groupes jusqu'à 10 personnes. Ce qui équivaut à une jauge de 70%. Il est vrai que dans les théâtres habituels, très souvent, la jauge de 70% permet la rentabilité du spectacle. Mais il est vrai que dans les tournées, les frais fixes sont beaucoup plus importants que dans les théâtres habituels et qu'on n'atteint pas le seuil de rentabilité.
J'espère que je ne dis pas de bêtise, Jérémy. Non, non, je ne dis pas de bêtise. En revanche... Si tu es d'accord avec moi, si on n'atteint pas ce seuil de rentabilité... Pardon ? Non, non, vous vous connaissez. On n'atteint pas ce seuil de rentabilité. On n'atteint pas ce seuil de rentabilité à 70%, mais plutôt entre 80 et 90%. Et c'est ça le véritable problème de ce genre de spectacle. Mais vraiment, Jérémy, je le dis de façon forte, ce n'est pas une sorte... Ah bah tiens, on va embêter les gens. Il y avait trois zones vertes. Ah bah tiens, on va les passer en zone rouge. On est d'accord, je ne doute bien que je ne comprenais pas.
Nous, on ne fait pas pour les Français, on fait ça pour leur santé. Mais on est totalement d'accord avec cela, mais on est aussi des Français. Ah bah oui, bien sûr. Et on est tous des gens qui devront aussi être respectés. Ce que je veux dire, c'est que la rentabilité, effectivement, à 70 ou à 80%, elle est pratiquement impossible. D'ailleurs, même les théâtres parisiens, parce qu'on en avait parlé ensemble, parce que j'expliquais qu'effectivement, un théâtre parisien peut peut-être se rentabiliser à 70 à 80%.
Je dis peut-être, mais en même temps, ce n'est même pas totalement vrai, puisque une lettre ouverte a été faite aussi de directeurs du théâtre parisien qui disent que non, non plus à 70 ou 80%, on ne rentabilise pas. Si tous les théâtres parisiens atteignaient 70% dans leurs spectacles... Oui, mais c'est grâce au succès qu'ils arrivent à perdre de l'argent sur d'autres. C'est le même principe que la trésorerie. Et puis surtout, la question, c'est pourquoi les spectacles ? Dans les zones rouges, on ne rétablit pas la distanciation sociale dans les transports en commun ou dans les autres lieux. C'est vrai, ça c'est la première... Et ça, c'est une immense injustice.
Ce que je veux dire, c'est que... Ou alors, on considère que les théâtres sont plus dangereux mais je n'ose pas croire que vous puissiez penser ça. Non. Alors, il y a d'autres... Il y a une station qui est moins importante. Il y a par exemple dans les TGV qu'on cite souvent une aération, un renouvellement de l'air tous les 10 minutes. Moi, je me suis posé la question, je me suis dit... Parce que je me suis battu pour que la distanciation physique soit supprimée dans les zones vertes. Et je me suis dit finalement, est-ce qu'il n'aurait pas été plus simple de mettre tout le monde au même... à la même équerre ? Et comme ça, il n'y aurait plus eu de débat.
Donc, de la conserver pour tout le monde ?
De la conserver pour tout le monde.
Et pas de la supprimer pour tout le monde.
En tout cas, ça aurait rendu les décisions plus compréhensibles. Il y a de moins en moins de départements verts. Il y a de moins en moins de départements verts. Ce qui nous attend, Jérémy, c'est aussi des décisions qui vont être difficiles. La situation n'est pas bonne. C'est pour ça qu'il va falloir nous expliquer pourquoi on laisse les théâtres fermés et pas les autres. Alors, vous allez me dire qu'il n'est pas fermé. On ne laisse pas les théâtres fermés. Oui, mais sauf que vous savez très bien qu'à 70%, ça n'est pas faisable. Sinon, on ne serait pas tous... Je veux dire, très sincèrement, si je pouvais faire mes tournées à 70%, j'irais les faire à 70%.
Si on ne les fait pas à 70%, c'est parce que ce n'est pas faisable.
Est-ce que vous acceptez qu'on dise un mot sur anesthésie générale ?
Oui, bien sûr.
Parce que c'est ce spectacle qui est entourné.
C'est votre troisième. Et il traitait justement, vous le savez, Roselyne Bachelot, il traitait de la santé, la vôtre, le système de santé et la santé publique en général. Est-ce que vous accusiez les pouvoirs publics de laisser l'hôpital public crever ? Est-ce que vous avez été amené, avec tout ce qui s'est passé depuis l'ouverture de votre spectacle avant la pandémie, est-ce que vous avez réécrit en partie ? Je me suis évidemment... Alors, j'ai pu le jouer qu'une fois pour l'instant. Parce que sur cinq dates prévues, on en a mis les quatre. Et on croise les doigts pour la boule samedi. Oui, bien sûr, j'ai réécrit. Je me suis amusé, évidemment.
Bon, alors, évidemment, à chaque fois que j'écris un spectacle, c'est ce que j'explique aussi dans le spectacle, j'écris un spectacle sur la religion, il y a une crise communautaire, un changement de pape. J'écris un spectacle sur les attentats, il y a des attentats partout. J'écris un spectacle sur la santé, pandémie, crise des urgences, etc. Jérémy, porte la poisse.
Oui, c'est ça, la réouverture de tous les spectacles, sur les jauneux, peut-être.
Oui, parce que le prochain, c'est sur l'écologie. Alors, j'espère que ça ne va pas faire disparaître l'espèce humaine. Non, mais disons que... Il y aura plus de personne. Évidemment, j'ai adapté le spectacle. Après, ce qui, entre guillemets, est tristement bien, c'est que du coup, il était déjà d'actualité. Puisque moi, j'accusais déjà les gouvernements de laisser mourir le système de santé. Et on voit quand même qu'on a dû faire le confinement. Ce n'est quand même pas arrivé depuis 1720. Donc, a priori, quand même, c'est qu'on a bien, bien laissé mourir le système de santé. Pas le seul au monde à avoir fait un confinement.
Non, on n'est pas le seul au monde à laisser mourir le système de santé.
Merci, Jérémy Ferrari. Oui, malheureusement, on ne peut pas entamer de débats ce soir. Oui, c'est ça, voilà. Mais merci d'être venu ce soir sur le plateau. C'est à vous parce qu'on voit la passion avec laquelle vous défendez votre métier et surtout l'envie de maintenir ces spectacles, de jouer. Et beaucoup, beaucoup de téléspectateurs témoignaient sur le Twitter de C'est à vous pour dire qu'ils étaient heureux de vous entendre et heureux que vous continuiez à essayer d'aller les voir et les divertir.
Je les remercie, j'en prie quand même pour remercier les gens parce que j'ai quand même fait une date avec des gens masqués. Ça n'a pas cassé l'ambiance. Les gens étaient tous là. Les gens étaient très sages. Et je remercie de manière générale tous les gens aussi du milieu culturel. Vous savez, c'est très difficile pour mes employés. J'ai ma tourneuse ce matin qui m'a appelée en larmes parce que pour elle, c'est son travail et qu'elle ne dort pas parce qu'on annule les dates.
Ce que je veux dire, c'est que vraiment ça, je le dis aux téléspectateurs ne voyez pas que l'artiste qui vient parler vraiment, si je me bats et si je viens là c'est pour parler de tous les gens qui travaillent et aussi des spectateurs qui sont perpétuellement déçus quand un spectateur doit annuler sa nounou, etc. Alors, ce n'est pas très grave mais c'est énormément d'incidence sur beaucoup, beaucoup de gens, le spectacle.
Merci beaucoup Jérémy Ferrari d'être venu ce soir dialoguer avec Rosine Bachelot qui accepte toujours le dialogue et franchement, c'est tout à votre honneur. C'est l'heure du 5 sur 5 d'Emilie Tralinguyenne. Merci.