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interviewCNEWS (sur Dailymotion)· 17 juillet 2026 4 min

L'édito d'Alexis Delafontaine : «Fontainebleau : Emmanuel Macron en pompier-pyromane»

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Oui, Emmanuel Macron enflait son costume fétiche, celui de l'homme d'État au cœur des crises, remotivant ses troupes, un véritable chef des armées, entouré de ses généraux à képi, lunettes de soleil sur le nez et micro à la main. Ses paroles, elles sont élogieuses pour les sapeurs-pompiers qui luttent depuis cinq jours contre les flammes, malgré un manque de moyens indiscutable. Mais derrière cette mise en scène, il y a une contradiction, car le véritable pompier pyromane de Fontainebleau, c'est bien Emmanuel Macron.

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Locuteur non identifié

On y revient en pompier pyromane. Vous nous dites qu'il en est en partie responsable de cette situation ?

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Présentateur

Oui, après les méga-feux qui ont ravagé la Gironde en 2022, Emmanuel Macron promet l'achat de 16 canadaires avant la fin 2027, c'est-à-dire remplacer 12 avions vieillissants, plus 4 appareils neufs, livraison prévue 2028. Mais voilà, patatras, début 2024, à son arrivée à Matignon, Gabriel Attal doit faire 10 milliards d'euros d'économie sur ordre du président. Résultat, 52 millions d'euros de crédits dédiés à la sécurité civile sont supprimés et les canadaires passent à la trappe. La promesse était solennelle, chiffrée, datée, mais évidemment jamais réalisée. En catastrophe, le gouvernement de Sébastien Locornu commande en juin dernier deux nouveaux canadaires.

Problème, ils ne seront pas livrés avant 2032. Cinq ans de perdus à cause des revirements politiques d'Emmanuel Macron. Jean de La Fontaine aurait sûrement tiré comme morale de cette histoire. Un avion promis n'est pas un avion qui vole.

1:25
Locuteur non identifié

Autre promesse, le président veut rebâtir Fontainebleau avec la méthode Notre-Dame.

1:30
Présentateur

Oui, sur place, le président annonce la création d'un guichet unique confié à la Fondation du Patrimoine. Objectif, recueillir 200 000 euros de dons. Le parallèle avec Notre-Dame est évident, mais il révèle surtout deux défaillances. La première, celle d'un État obèse qui prélève 610 milliards d'euros par an sans être capable de financer seule la reconstruction d'un patrimoine national. La seconde, elle est encore plus frappante. Reconstruire Notre-Dame fut possible uniquement grâce à la suspension des normes qui paralysent les chantiers en général.

Or, à Fontainebleau, ces mêmes normes freinent depuis des années l'ouverture des pare-feux, le débroussaillage ou encore la création de pistes forestières pour faciliter l'accès des pompiers. Autrement dit, on répare ce que l'on n'a pas voulu prévenir.

2:13
Locuteur non identifié

Et finalement, cette gestion jour le jour coûte beaucoup plus cher.

2:16
Présentateur

Oui, énormément plus cher. Emmanuel Macron retenait lui-même que cette saison des feux est le pire épisode depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et tout démontre qu'investir en prévention aurait coûté beaucoup moins cher que réparer dans l'urgence. Les Canadiens, tiens, par exemple, faute d'avoir renouvelé sa flotte, la France est aujourd'hui contrainte de louer six avions à ses voisins européens. Les autres investissent, nous, eh bien, nous payons. Même constat pour les drones de surveillance. Plusieurs pays les utilisent déjà. En France, les députés ont voté contre.

Ajouté à cela les sinistrés et la fermeture de l'autoroute A6, en plein départ de vaincance, la préparation finit toujours par coûter plus cher que la prévention.

2:54
Locuteur non identifié

Et alors, sur place, Emmanuel Macron a lancé, semble-t-il, une nouvelle promesse.

2:58
Présentateur

Oui, le président promet désormais une tolérance zéro contre les pyromanes. Mais les Français, eh bien, ils connaissent la chanson par cœur.

3:04
Locuteur non identifié

De la tolérance zéro, oui, sur les sujets.

3:06
Présentateur

Oui, après chaque drame, chaque émeute, chaque fête d'hiver, le même refrain. Fermeté, tolérance zéro, réponse implacable. Puis l'émotion retombe, les semaines passent. Et bien souvent, les décisions de justice donnent le sentiment inverse. Et des animateurs périscolaires aux meurtriers de Shem Sedin, en passant par les émeutes après la victoire du PSG, tous finissent en liberté. À force de répéter les mêmes promesses sans les expliquer, la parole présidentielle finit par perdre sa valeur. Sous-titrage Société Radio-Canada