"Ils sont malhonnêtes !" Thomas Porcher débunke les discours de Macron et du Figaro
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- 1:26OuverteRéponse directe
La dette publique s'est envolée. Thomas, est-ce que tu peux nous dire davantage sur ce phénomène ? Peut-on dire qu'elle est incontrôlable comme titre le Figaro ?
- 3:47OuverteRéponse directe
Les taux d'intérêt aussi, ils sont en train d'augmenter. On est aussi en période de forte inflation. Que peut-il se passer ? Quels risques, là, se dessinent un peu devant nous ?
- 5:09OuverteRéponse directe
Le problème de la dette, on l'entend constamment dans le débat public, notamment de la part des néolibéraux et libéraux, pour justifier des réformes. Qu'en penses-tu ? Est-ce que c'est le problème à résoudre en ce moment-là, celui de la dette ?
- 7:58OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il faut faire alors ?
- 9:55OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron s'est exprimé mercredi dernier par une allocution officielle à la télé. Nous devons collectivement apprendre à gouverner et légiférer différemment, dit-il. Le chef de l'État parle de compromis, d'accord, de trouver une majorité plus large. Qu'est-ce que t'as pensé de cette allocution ?
- 10:39OuverteRéponse directe
Justement, tu le dis, il commence le discours, c'est ses premiers mots. Le 24 avril, vous m'avez renouvelé votre confiance en m'élisant président de la République. Vous l'avez fait sur le fondement d'un projet clair. Première phrase du discours. Qu'est-ce que tu en penses ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11InvitéFait
« C'est une bêtise de dire ça, c'est malhonnête, c'est très malhonnête. »
- 0:59PrésentateurChiffre
« À fin mars, la dette atteignait 2902 milliards d'euros, un montant en hausse de près de 90 milliards par rapport au trimestre précédent. »
- 1:07PrésentateurChiffre
« Selon l'INSEE, la dette représente ainsi 114,5% du PIB. C'était 112,5% fin 2021. »
- 1:47InvitéFait
« Bon, la dette augmente. Très clairement, elle augmente en France. Ça, c'est indéniable, on est tous d'accord. »
- 1:51InvitéFait
« Maintenant, une dette, si on ne la compare pas aux autres pays, ça ne veut rien dire. »
- 2:54InvitéFait
« où on nous disait pareil quand Macron est arrivé au pouvoir, il nous disait, attention, la dette, elle devient incontrôlable pour les générations futures, il faut la contrôler, etc. »
- 3:36InvitéFait
« Derrière, il y a une volonté de casser, de couper la dépense publique et de casser le service public. »
- 5:42InvitéFait
« On a fait des choses horribles au nom de cette dette »
- 6:10InvitéFait
« Il faut couper dans la dépense publique, parce que moins de dépenses publiques, c'est moins de dettes, ce qui est parfaitement faux »
- 7:11InvitéChiffre
« les gens veulent faire ces économies-là. Mais ça ne dérange personne qu'on ait fait 10 milliards d'économies sur la baisse des impôts de production, dans le plan de relance »
- 7:21InvitéChiffre
« Ça n'a dérangé personne qu'on fasse 20 milliards d'économies sur les plus riches et sur les entreprises en 2018 sous Macron »
- 8:22InvitéFait
« Ce qui, dans la période que nous vivons, pourrait être catastrophique sur l'activité économique. »
- 10:58InvitéFait
« J'ai été élu démocratiquement sur un projet clair. »
- 12:30InvitéFait
« C'est malhonnête. C'est très malhonnête. »
- 13:56InvitéFait
« Ça veut dire qu'il n'y aura pas d'investissement dans les services publics. »
Temps de parole
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On a fait des choses horribles au nom de cette dette, c'est-à-dire de dire, écoutez, regardez, la dette publique devient incontrôlable, on utilise ce terme, donc en conséquence, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut couper dans la dépense publique, parce que moins de dépenses publiques, c'est moins de dettes. C'est une bêtise de dire ça, c'est malhonnête, c'est très malhonnête. S'il est empêché de faire ça et que rien ne se passe, la situation de la France sera mieux.
Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porchet, je suis ravie de vous retrouver. Comme chaque semaine, on va avoir des choses à dire, analyser et décrypter avec tous ces discours qui gravitent autour de nous, où parfois on peut s'y perdre, notre meilleur âme démocratique, connaître et comprendre. Au programme aujourd'hui, l'envolée de la dette publique française et ses conséquences, et le décryptage du discours d'Emmanuel Macron, où il faut lire entre les lignes, c'est parti, c'est l'instant porchet. L'incontrôlable envolée de la dette publique française a titré le Figaro la semaine dernière. Que se passe-t-il ? Oui, la dette française augmente.
Alors, on en entend très souvent parler dans les médias et discours politiques, vous nous connaissez, on va essayer de tout vous expliquer ici. À fin mars, la dette atteignait 2902 milliards d'euros, un montant en hausse de près de 90 milliards par rapport au trimestre précédent. Selon l'INSEE, la dette représente ainsi 114,5% du PIB. C'était 112,5% fin 2021. Cette forte hausse provient essentiellement de l'augmentation de la dette de l'État, plus 64,8 milliards d'euros, quand celle des administrations de sécurité sociale progressait plus timidement, plus 25,6 milliards d'euros, écrit le Figaro. La dette publique s'est envolée.
Thomas, est-ce que tu peux nous dire davantage sur ce phénomène ? Peut-on dire qu'elle est incontrôlable comme titre le Figaro ?
Il faut faire attention au vocabulaire qu'on emploie. Moi, je pense que sur la dette, il faut avoir une analyse plutôt technique que politique. Or, les libéraux, qui se revendiquent toujours de la technique, font une analyse très politique de la dette. Bon, la dette augmente. Très clairement, elle augmente en France. Ça, c'est indéniable, on est tous d'accord. Maintenant, une dette, si on ne la compare pas aux autres pays, ça ne veut rien dire. Parce que la dette publique augmente dans tous les autres pays. C'est ce qui s'est passé avec le quoi qu'il en coûte qui a été appliqué dans tous les pays.
Et même les plans de relance ont été moins forts en France, par exemple, qu'en Allemagne ou qu'aux États-Unis. Où est-ce qu'on en est ? Alors, si on compare que la France à l'Allemagne, quand même le faire les libéraux, c'est clair, l'Allemagne a une dette beaucoup plus faible. Et là, il y a un problème. Alors, on peut rajouter aussi l'Estonie et la Bulgarie qui ont des dettes extrêmement faibles. Et là, on peut dire, ah oui, la France a un problème, regardez. Maintenant, quand on élargit le panel, parce qu'il n'y a pas que l'Allemagne dans le monde, qu'on prend un pays comme les États-Unis, pays plutôt à économie libérale, la dette en pourcentage de PIB est plus élevée qu'en France.
Quand on regarde nos voisins, l'Italie, la dette est plus élevée qu'en France en pourcentage de PIB. L'Espagne, c'est pareil. Donc, dire que la dette est incontrôlable sans regarder les voisins, c'est faux. Et puis après, il faut voir l'évolution de la dette. Je rappelle quand même que, par exemple, dans la décennie précédente, enfin dans la décennie 2007-2016, avant Macron, où on nous disait pareil quand Macron est arrivé au pouvoir, il nous disait, attention, la dette, elle devient incontrôlable pour les générations futures, il faut la contrôler, etc. Notre dette avait augmenté moins vite qu'au Royaume-Uni, qu'aux États-Unis et qu'au Japon.
Ça veut dire que notre dette était plus sous contrôle que ces trois pays-là. Ça n'a pas empêché Macron de faire des coupes comme on n'avait jamais vu sur l'hôpital à Hollande, de faire des coupes comme on n'avait jamais vu sur les collectivités locales, au nom, justement, de cette sacro-sainte dette qu'il fallait garder sous contrôle. Donc là, pareil, les dettes ont augmenté partout. Il faut regarder ça de manière technique. Je ne dis pas qu'il ne faut pas regarder et dépenser, je ne dis pas que ça n'existe pas. Je dis qu'il faut regarder ça de manière technique, mais jusqu'à aujourd'hui, on ne peut pas utiliser le terme incontrôlable. Ça augmente partout.
Il faut surveiller ça, mais il faut arrêter d'agiter ce chiffon parce qu'on sait ce qu'il y a derrière. Derrière, il y a une volonté de casser, de couper la dépense publique et de casser le service public. C'est ça ce qu'il y a derrière. Mais pour l'instant, il faut le regarder de manière technique, sans faire de politique. Et le Figaro, là, a fait de la politique sur la dette, clairement.
Les taux d'intérêt aussi, ils sont en train d'augmenter. On est aussi en période de forte inflation. Que peut-il se passer ? Quels risques, là, se dessinent un peu devant nous ?
Alors, pareil, les taux d'intérêt, il faut les observer. Je ne dis pas qu'il faut faire comme si ça n'existait pas, il faut les observer. Mais quand on les observe, déjà, on voit que depuis 2011, la charge de la dette en pourcentage de PIB, elle diminue. C'est-à-dire que le coût de la dette, notre coût de la dette diminue depuis 2011. Alors que depuis 2011, on nous agit, ça va remonter, ça va remonter. Ça n'a fait que diminuer. Donc là, ça remonte un petit peu, mais ça n'a fait que diminuer.
Quand on regarde par rapport aux années 90, 80-90, où il y avait plutôt des politiques libérales qui étaient mises en place, c'était le tournant un petit peu libéral, la charge de la dette, elle augmentait. À l'époque, on disait que ce n'est pas très grave puisqu'on mettait en place des politiques libérales. Vous savez, quand on met des politiques libérales et que ça augmente, il n'y a pas de problème. Eh bien, la charge de la dette a augmenté. Et aujourd'hui, on a certes des taux d'intérêt qui augmentent, mais qui sont largement en dessous de ceux des années 90. Donc pareil, ce que ça augmente un petit peu, ce n'est pas très grave puisque ça n'a fait que descendre depuis 2011.
Ce n'est pas très grave. Après, il ne faut pas que ça devienne incontrôlable parce qu'effectivement, si on passe à des taux d'intérêt très élevés, ce serait problématique. Donc il faut observer, il faut observer ça avec intelligence, mais encore une fois, pas scruter les moindres variations et dès que ça augmente un peu, agiter ce chiffon en disant « vous allez voir, vous allez voir, vous allez être punis » parce que c'est ce que font les libéraux. Et derrière, en fait, ils le font de manière à géométrie variable, je veux dire. Ils ne le font que quand il s'agit de casser le service public ou quand il s'agit d'avoir d'autres ressources. Ça, ils ne le font jamais.
Alors, le problème de la dette, on l'entend constamment dans le débat public, notamment de la part des néolibéraux et libéraux, pour justifier des réformes. Qu'en penses-tu ? Est-ce que c'est le problème à résoudre en ce moment-là, celui de la dette ?
Non, ce n'est pas le problème à résoudre. C'est pour ça que moi je dis qu'il faut garder une analyse technique. On l'observe, on regarde, on fait attention parce que ça peut effectivement prendre une tournure parfois dramatique. Ce n'est pas le cas depuis 2011. Or, depuis 2011, les gens nous disent tous les ans que ça va être dramatique. C'est pour ça qu'on doit faire des économies sur l'hôpital, c'est pour ça qu'on doit faire des économies sur les collectivités locales, c'est pour ça qu'on doit faire des économies de 5 euros sur les appels parce qu'il faut faire attention à la dépense publique par rapport à la dette.
On a fait des choses horribles au nom de cette dette, alors qu'on pouvait, et même des économistes libéraux comme Blanchard disaient finalement qu'un peu plus de déficit ne changerait rien au taux d'intérêt. C'est ça à la fin. C'est-à-dire que tout le monde rejoignait ce que beaucoup d'hétérodoxes avaient dit au départ. Donc ça ne veut pas dire être fou et faire n'importe quoi, ça veut dire avoir une analyse pragmatique. Or là, ce que font les libéraux et ce qu'a fait le Figaro, c'est de la politique. C'est-à-dire de dire, écoutez, regardez, la dette publique devient incontrôlable, on utilise ce terme, donc en conséquence, qu'est-ce qu'il faut faire ?
Il faut couper dans la dépense publique, parce que moins de dépenses publiques, c'est moins de dettes, ce qui est parfaitement faux, parce que la dépense publique des États-Unis, c'est quoi ? C'est 38 % avant crise, 38 % du PIB, nous c'est 57 %, ils ont une dette plus élevée que nous, d'accord ? Le Japon, une dépense publique plus faible que la nôtre, ils ont une dette plus élevée. Donc la dépense publique, l'Italie, l'Espagne ont une dépense publique plus faible que nous, ils ont une dette plus élevée.
Et l'exemple grec, nous l'avons vu à deux heures de vol sous nos yeux, que quand on coupait la dépense publique, il y avait une telle chute du PIB que ça entraînait en fait une augmentation de la dette en pourcentage de PIB, ça a été vu et appliqué en Grèce. Et pourtant, les gens, ils continuent à te dire la même chose. Donc il faut faire des économies, et quand on fait des économies sur la dépense publique, c'est quoi ? C'est les services publics, c'est-à-dire les fonctionnaires, les administrations publiques, donc moins de moyens à l'hôpital, moins de moyens aux écoles, moins d'enseignants statutaires, et ainsi de suite.
Et c'est les prestations sociales, c'est-à-dire moins de retraite, moins de dépenses santé, moins de dépenses sociales. Donc voilà où on en est. Donc les gens veulent faire ces économies-là. Mais ça ne dérange personne qu'on ait fait 10 milliards d'économies sur la baisse des impôts de production, dans le plan de relance, 10 milliards d'économies, alors que normalement, les rentrées budgétaires, les rentrées fiscales permettent de rembourser la dette. Ça n'a dérangé personne qu'on fasse 20 milliards d'économies sur les plus riches et sur les entreprises en 2018 sous Macron, et ça n'a pas dérangé non plus Macron.
Pourtant, tout ça, c'est des chutes de rentrées fiscales qui empêchent de rembourser la dette. Donc les gens, les libéraux, quand ils annoncent cette dette qui est incontrôlable, derrière, ils nous balancent leur plan qui est toujours le même, qui est de casser la dépense publique et jamais de faire en sorte d'avoir des rentrées budgétaires plus élevées pour rembourser cette dette. Donc c'est un faux problème. Si c'était un vrai problème, on ferait en sorte d'avoir plus de rentrées. Là, c'est un faux problème.
C'est juste quelque chose qu'on agite pour derrière passer des réformes qui sont bien plus importantes pour eux, qui consistent à casser le secteur public et à baisser les prestations sociales.
Qu'est-ce qu'il faut faire alors ?
Rien. Ce qu'il ne faut surtout pas faire, c'est ce qu'on a fait en 2011, c'est-à-dire faire une espèce de tournant austéritaire qui fait qu'en voulant compresser trop rapidement les dépenses publiques en période de crise, on fait une politique pro-cyclique, ce qui veut dire qu'on accélère la récession. Là, il ne faut surtout pas faire ça. Et pourtant, c'est ce qui risque d'être fait, à mon avis. Là, pour des raisons politiques, on en parlera après. Ce programme est retardé. Mais quand on voit ce que disait Bruno Le Maire, qu'on voit ce qu'on disait Macron, et il a encore dit dans son discours, de faire des économies sur la dépense publique.
Ce qui, dans la période que nous vivons, pourrait être catastrophique sur l'activité économique. Ça, nous le savons tous. C'est surtout ce qu'il ne faut pas faire. Et puis après, sur la dette, sur les taux d'intérêt, la seule chose qu'il faut faire, c'est surveiller l'évolution, la surveiller en comparaison d'autres pays, parce qu'on fait partie d'un des pays les plus sûrs au monde. Les investisseurs aiment notre dette. Il faut le rappeler. Alors bien sûr, si elle commence à devenir incontrôlable, ils l'aimeront moins. Ils iront acheter de la dette allemande, qu'ils achètent déjà beaucoup, mais aussi peut-être espagnole, italienne ou autre.
Mais pour l'instant, ils l'achètent encore beaucoup. Donc il faut vérifier que l'évolution est conforme aux autres dettes, parce que tout ça est relatif. Regarder les taux d'intérêt, par rapport à leur évolution un peu sur des temps un peu plus longs aussi. Et puis c'est tout. Et ne pas s'affoler. Agiter ce chiffon aujourd'hui, c'est avoir derrière une stratégie politique. Mais pour l'instant, c'est ce qu'il faut faire. Donc il faut rester technique et pas politique. Et les libéraux font plus de politique sur ce thème-là, tout en disant toujours qu'eux, ils sont techniques et que les autres sont dans le rêve et dans l'utopisme. Ce qui est faux.
Françaises, Français, mes chers compatriotes. Le 24 avril, vous m'avez renouvelé votre confiance en m'élisant président de la République. Vous l'avez fait sur le fondement d'un projet clair et en me donnant une légitimité claire. Les 12 et 19 juin derniers, vous avez voté pour vos députés et élire notre Assemblée nationale. Je veux ici féliciter les parlementaires ayant emporté vos suffrages et j'ai aussi une pensée pour les députés sortant battus.
Prendre acte, c'est décidément le mot d'ordre gouvernemental après ces résultats historiques des élections législatives. Emmanuel Macron s'est exprimé mercredi dernier par une allocution officielle à la télé. Nous devons collectivement apprendre à gouverner et légiférer différemment, dit-il. Le chef de l'État parle de compromis, d'accord, de trouver une majorité plus large, convaincu de la nécessité du dépassement politique depuis le premier jour, je cite. L'Union nationale, par contre, est exclue. Autre aspect évoqué, la clarté et responsabilité du projet que le gouvernement défend.
Emmanuel Macron parle, je cite, d'industrie et d'agriculture puissante, de progrès sociaux dans l'école et la santé à refondre, une planification écologique, de la sécurité et de la justice, sans oublier d'ajouter un projet responsable, crédible et financé. Le président de la République annonce des décisions dès cet été. Comment ? Pas par plus d'impôts ni de dettes, mais par, je cite, des réformes pour créer plus de richesses, plus de travail. Mais Thomas, qu'est-ce que t'as pensé de cette allocution ?
Alors, c'était étonnant parce que c'était un discours court. Alors qu'on sait que Macron aime bien faire des discours longs. Pendant le Covid, il nous a fait parfois des discours de 30 minutes. Là, c'était un discours très court. Huit minutes, je crois. Huit minutes, en fait, pour dire aux oppositions, écoutez, moi, je suis pour rien. J'ai été élu démocratiquement sur un projet clair. Il l'a dit. J'ai un programme. Maintenant, la balle est dans votre camp. Soit vous venez avec moi sur mon programme, en fait. Soit vous ne venez pas. Et vous êtes ceux qui vont bloquer la France. C'était ça, le message, en fait. Donc moi, je pars. Un peu après, je pars. Et puis, je vous laisse.
Et puis, quand je reviens, je veux que tout soit en ordre. C'était un peu ça, le message. Donc moi, j'ai vu un Macron tel qu'il est, fidèle à lui-même, c'est-à-dire assez arrogant, pensant qu'il ait été élu sur un programme, alors qu'il a été élu vraiment sur une stratégie politique qu'il a mis en place depuis 2017. Donc, il n'y a rien à redire. Il est fidèle à lui-même, quoi. Fidèle à lui-même.
Justement, tu le dis, il commence le discours, c'est ses premiers mots. Le 24 avril, vous m'avez renouvelé votre confiance en m'élisant président de la République. Vous l'avez fait sur le fondement d'un projet clair. Première phrase du discours. Qu'est-ce que tu en penses ?
Il n'a fait que dire ça, en fait, depuis qu'il est élu. Moi, je me souviens, en 2017, il a fait quand même 65 % face au FN, ce qui n'est pas un score de dingue. Cinq ans après, le FN a augmenté. Il a encore gagné encore plus. Et déjà, à l'époque, il nous disait, j'ai été élu sur mon programme, alors qu'en fait, il avait été élu contre Marine Le Pen. Il dit, j'ai été élu sur mon programme. Moi, par exemple, qui avait voté Macron en 2007 au deuxième tour, alors que j'avais écrit un livre en 2016, Introduction inquiète à la Macron-économie, pour prévenir. C'était le premier livre critique de la vision de pensée. Premier livre critique.
pour prévenir ce qu'il y avait derrière, comme fracture sociale, etc. Alors que tout le monde disait qu'il était moderne et réformateur. En 2017, j'ai voté Macron. Donc, je n'ai pas adhéré à son programme. C'est une bêtise de dire ça. C'est malhonnête. C'est très malhonnête. J'ai voté contre le FN. Et là, il nous a refait le coup. Mais il a été encore plus loin. Parce qu'en 2017, il a quand même un moment présenté un programme. Très rapidement, vers la fin, en février, à un mois et demi avant le premier tour, dans une interview des échos rapides pour rassurer tout le monde. Et après, il parlait d'autre chose. Mais il a quand même présenté un programme. Là, il n'a pas présenté de programme.
Il a tout fait pour qu'il n'y ait pas d'élection. Il a refusé de participer au débat, joué sur le conflit ukrainien pour dire, voilà, moi, je gère les affaires du monde, je gère la stabilité, etc. Et le seul programme qu'il nous a dit, mais qui est assez représentatif quand même, pour ceux qui suivent, c'était la retraite à 65 ans pour satisfaire la droite et tuer la droite. C'est tout. Mais sur le reste, il n'y a pas de programme. Même si, encore une fois, tous ceux qui ont suivi Macron depuis le 2017 savent qui il est et savent ce qu'il veut faire.
Et le programme qu'il veut faire et qu'il va mettre en place assez rapidement, à un moment, c'est un programme, et il en a parlé, d'équilibre budgétaire et de réformes structurelles. Donc, ce qui reste à réformer, c'est les retraites. Il n'y a pas grand-chose à réformer parce qu'il a tellement réformé de choses déjà qu'on sait à peu près où il va en venir. Mais il n'a pas été élu sur un projet clair. Le projet n'a pas été énoncé, même si on sait ce qu'il est. Et il a tout fait pour ne pas discuter de son projet, justement, et pour éviter qu'il y ait une élection. Et il a fait la même chose pour la législative. Ça a moins bien marché et ça, ça doit l'embêter.
Financer les nouvelles décisions, je cite, par des réformes pour créer plus de richesses, plus de travail, sans toucher ni aux impôts ni à la dette. Sa vision, elle est quand même plutôt claire quand on lit entre les lignes. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu ?
Ça veut dire qu'il n'y aura pas d'investissement dans les services publics. Grosso modo, c'est ça puisque dans la tête de Macron, dépense publique égale dette publique. Il est toujours sur les mêmes solutions. réorganisation, enfin, toutes ces solutions un peu du new management public qui fait que le public ne fonctionne pas parce qu'il y a moins de moyens, il fonctionne parce qu'il est mal organisé. Donc, il faut le réorganiser, etc., sans lui donner plus de moyens parce qu'on lui en donne déjà trop. C'est un près sale histoire. Or, tous les gens de terrain, de la base, les enseignants, les infirmières, tout ça, depuis le début, ce qu'ils demandent, c'est plus de moyens à être personnel.
Voilà, ils le disent. Il y a peut-être des problèmes d'organisation, c'est sûr, mais il y a un problème de moyens à être personnel. Deuxièmement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si tu baisses les impôts et que tu ne donnes pas plus de moyens aux services publics, ce que tu vas donner en baisse d'impôt, tu vas aller devoir le couper, le chercher en économie ailleurs. Donc, il va y avoir encore des économies sur certains secteurs, peut-être au ministère de l'Écologie puisque c'était le deuxième là où il y avait le plus d'économies avant, peut-être à Bercy qui doit lutter contre l'évasion fiscale. Enfin, il va y avoir un certain nombre d'économies.
Et puis après, c'est les réformes structurelles qu'il a promis à Bruxelles en échange du plan de relance. Alors, les réformes structurelles, c'est quoi ? C'est des réformes sur l'assurance maladie qui vont être faites, des réformes sur l'assurance chômage qui ont déjà été faites mais peut-être qui vont aller plus loin, les retraites qui sont un gros montant quand même, 300 milliards. Là, on peut réformer là-dessus pour faire des économies et puis les aides sociales. Donc voilà, c'est là qu'il va taper. Donc, il va taper sur l'État social en fait. Il va taper là-dessus.
Donc là, il confirme, moi, ce que je pense, c'est que là, bon, on est dans une semi-crise politique donc il doit encore faire quelques chèques mais très rapidement, s'il gagne cette crise politique, c'est des budgets qui vont être assez austéritaires et qui vont passer facilement comme on l'a dit parce que la droite va les voter et même, je suis persuadé que le RN les votera parce que le RN n'aime pas le service public.
Emmanuel Macron, il dit vouloir faire avancer le pays. Il a redit son projet en une phrase comme je l'ai dit en intro tout à l'heure. Qu'est-ce que ça t'évoque ?
Moi, je pense que s'il ne faisait rien, la situation serait mieux. Quand il dit faire avancer le pays, c'est-à-dire repasser des réformes, passer des réformes, assainir les budgets selon lui mais qui ne s'assainissent pas parce que quand on regarde Macron de 2017 à aujourd'hui, certes, il y a eu la crise sanitaire, etc. Mais il a fait des budgets très austéritaires, qu'on va faire des économies à l'hôpital, il a fait des baisses d'impôts mais ça n'a pas eu les effets qu'il avait promis en termes de création d'emplois, etc. On en est très loin. Donc, il a fait des cadeaux à une certaine partie de la population.
En fait, le mec, il dit qu'il va continuer ça en attaquant les retraites et les aides sociales. Moi, je pense que s'il est empêché de faire ça et que rien ne se passe, la situation de la France sera mieux. Alors, elle ne s'améliorera pas. Elle sera mieux que s'il fait ses réformes. Si on veut améliorer la France, il faut un programme de relance, un programme industriel, relocalisation de l'emploi, de remise à niveau des services publics. Mais ça, on aurait pu le faire que s'il y avait notamment la NUPES qui défendait ça au pouvoir. Ce n'est pas le cas. Donc là, les choses étant ce qu'elles sont, il vaut mieux.
Moi, je pense que Macron soit empêché qui ne fait pas avancer la France en fait, pas du tout.
Alors, c'est tombé hier matin. Un futur projet de loi se dessine chez Bruno Le Maire et chez Emmanuel Macron. Le projet de loi Pouvoir d'achat. Concrètement, selon les premières infos de 20 minutes, il propose une augmentation de 4% des prestations sociales et d'ouvrir un dispositif d'intéressement par l'employeur pour reverser aux salariés. Qu'est-ce que tu en penses ?
C'est très bien que les prestations sociales suivent l'inflation. Ce n'était pas le cas avant. C'est-à-dire que là, il y a encore quelques temps, ils les ont augmentées d'un pour cent. Là, ils les augmentent de 4%. Très bien. Alors moi, j'y vois quand même aussi une manœuvre politique parce que quand on a dit que les aides sociales, c'est un pognon de dingue, il y a un peu d'efficacité. Quand on a un projet quand même où on veut taper sur les prestations sociales, notamment les prestations chômage, qu'on va diminuer un certain nombre d'individus, du jour au lendemain se rendent compte que les prestations sont importantes, on est obligé quand même d'y voir une possible manœuvre politique.
Et qu'est-ce qui s'est passé en fait ? Comme Macron n'a pas fait de campagne, il a juste donné des gages à la droite avec sa retraite en 65 ans. Mais il n'a pas fait de campagne. Et il a fait des chèques. Il a fait quelques chèques à droite, à gauche, en urgence comme ça, beaucoup avant le premier tour et puis beaucoup aux législatives. Mais il n'a pas vraiment fait de campagne. Il ne nous a pas dit ce qu'il allait faire pour le pouvoir d'achat. On ne sait pas ce qu'il va faire pour le pouvoir d'achat. Là, on le découvre ce matin. Il va faire ça, c'est très bien. Mais on ne savait pas. Ce n'était pas dans son programme. Pourquoi il attaque le pouvoir d'achat ?
Tout simplement parce que là, c'est très difficile pour lui de gouverner maintenant. Donc, il faut décrédibiliser les deux oppositions majeures. Les deux oppositions majeures, c'est la NUPES et le RN. Il faut les décrédibiliser. Marine Le Pen a fait son programme, en partie, pour contrebalancer Zemmour sur le pouvoir d'achat. Elle a fait un programme qu'elle a intitulé sur le pouvoir d'achat, qu'on a critiqué ici, par ailleurs. Mélenchon aussi avait des grosses mesures sur le pouvoir d'achat. Le SMIC à 1500, et ainsi de suite. Donc, on a deux groupes politiques qui représentent deux blocs dans la France, deux blocs politiques, qui ont fait leur campagne sur le pouvoir d'achat.
Comment tu fais pour décrédibiliser ces blocs qui sont à l'Assemblée et qui ont envie de tout bloquer, d'être contre Macron ? Tu fais une loi sur le pouvoir d'achat. Et tu dis, j'augmente les prestations à 4 %, s'ils votent contre les autres. Là-dedans, tu vas faire ça, tu vas mettre d'autres choses. S'ils votent contre les autres, on va toujours leur dire, vous êtes ceux qui avaient voté contre l'augmentation des prestations sociales à 4 %. Vous êtes ridiculisés. Et si vous votez pour, les choses avancent, vous voyez. Les oppositions ne sont pas vraiment des oppositions, elles sont soumises, et ainsi de suite. Donc, c'est pour moi une manœuvre politique. Alors, bien sûr, c'est profitable.
Moi, je suis très content. Ceux qui vont voir leur 4 %, c'est ce qu'on demande depuis longtemps. Avant, on dit que ce n'est pas possible, ce qu'on demande, c'est possible. D'accord ? Donc, je suis très content. Mais politiquement, là, il va y avoir une vraie stratégie qui va se mettre en place. Et la position des oppositions va être très difficile. Parce que voter le programme du pouvoir d'achat de Macron, ça va être voter un package. Dans ce package, il y aura des choses positives comme cela, puis d'autres choses très négatives. Sauf qu'on vous sortira toujours, vous avez refusé ça, vous êtes contre le pouvoir d'achat. En fait, vous êtes contre les Français les plus précaires.
Donc, ça va être intéressant à suivre. Mais il y a de la manœuvre politique. Macron, il ne fait que de la politique. Voilà. Donc là, je pense qu'il y a une vraie manœuvre politique pour décrédibiliser les oppositions. Et notamment l'opposition qui sera la plus virulente, qui est l'opposition de Nupes, de gauche.
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Au mois de mars, le Média était au bord du gouffre et il s'en est fallu de peu pour qu'il disparaisse. Mais grâce à votre mobilisation, nous avons tenu bon. Merci à vous. Grâce à vous, nous avons pu produire 150 matinales avec 200 invités qui ont réuni près de 30 millions de vues. Nous avons respecté l'engagement du manifeste du Média. Malgré nos modestes moyens, nous avons combattu la haine de l'extrême droite la violence de la Macronie mais aussi les mensonges des grands médias. Que la manifestation soit déclarée ou non, on a le droit de dire stop, de dire non dans la rue. C'est un droit, c'est légal et voici la réponse.
Quand j'entends le mot violence policière, moi, personnellement, je m'étouffe. Je n'ai pas besoin de vérifier que la France soit prête. La France est prête. Et elle est prête parce que nous avons un système de santé extrêmement solide. Depuis trois ans, rien n'a été fait pour l'hôpital. Moins de lits, moins de personnel qu'en janvier 2020. Est-ce que c'est un scandale que l'État, des ministères, puissent avoir recours à des cabinets de conseil ? Je ne vois pas comment on ne peut pas parler de détournement d'argent public puisque notre argent public de contribuable n'a servi à rien. Comme vous le voyez, le média a toujours remis l'église au centre du village.
Il a donné de la voix aux engagés, aux révoltés, à tous les combats oubliés d'une presse mainstream qui ne donne la parole qu'aux puissants et aux prêcheurs de haine. Au moment où Emmanuel Macron commence son second quinquennat, et même si les législatives peuvent le freiner, nous n'avons plus que jamais besoin de médias de résistance libres et gratuits.
À la rentrée, nous allons revenir encore plus fort, encore plus impertinent. Après avoir fait éruption dans le monde merveilleux des matinales mainstream, nous vous proposons un tout nouveau projet, plus décapant encore, nous incrusté dans la case de 18-20 heures.
C'est le fameux soir où elle vous accuse de viol ? Il ne s'est rien passé. Il ne s'est rien passé, cher Yann. On a l'impression que vous avez quand même un mental d'acier. C'est sûr que c'est
un parcours pas commun. Est-ce une bonne chose ? Non, à 80% ! Voilà, les gars, et je le vois sur les réseaux, c'est un truc de vous. Vous avez envie de voir autre chose le soir en rentrant à la maison ? Eh bien, nous aussi. C'est pourquoi nous vous proposerons dès la rentrée une émission à 18 heures qui s'appellera Toujours debout. Alors non, ce n'est pas une reprise de la chanson de Renaud. Ce n'est pas non plus un hommage à Valérie Pécresse. Debout !
Toujours debout sera un tout nouveau terrain de débat, de critique de l'actualité politique sans détour, avec un regard neuf, un ton décalé, à contre-courant de ce que l'espace médiatique nous sert jusqu'ici, avec des reportages de terrain et des chroniques sans concession.
Cette émission, nous allons la construire avec vous. Car le Média, ce n'est pas seulement une équipe de journalistes professionnels, ce sont 4 500 sociétaires appartenant à la plus grande coopérative médiatique de France. Une coopérative engagée qui ne sera jamais sous le joug d'un milliardaire qui dicterait notre ligne éditoriale.
Mais vous le savez, si nos contenus vidéo sont proposés gratuitement, leur production coûte cher, très cher. On met un bonnet au dame. Et un format de l'ambition de Toujours debout mobilisera des moyens inédits. Ainsi, pour que cette ambitieuse saison 6 du Média puisse voir le jour, notre objectif est d'atteindre le prochain palier des 15 000 abonnés. Pour être une véritable alternative médiatique.
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