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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 4 avril 2024 59 min

Gaza : la logistique du secours

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] près de 6 mois après le début de l'offensive israélienne la famine s'étend dans la bande de Gaza selon l'ONU plus d'un million de personnes devrai être confronté à des niveaux d'insécurité alimentaire catastrophiqu d'ici au mois de juillet soit un habitant sur deux pourtant les camions transportant de l'ED continuent de passer au contegoutte à Rafa et Kerem Chalom jeudi dernier la Cour internationale de Justice a sommet Israël de faciliter de toute urgence l'entrée de l'aide humanitaire dans un territoire où selon le mass plus de 32000 personnes ont déjà perdu la vie Gaza la logistique du secours c'est notre sujet aujourd'hui et pour en parler nous recevons trois invités Charlotte schneeder directrice des opérations et des programmes d'Action contre la Faim Philippe Bonet en duplexe de tour directeur des urgences pour solidarité internationale et Pascal Davin maître de conférence en sciences politique à l'Université Paris saclais spécialiste des questions humanitaires une émission préparée par Léa Sabourin Diane devanceet Anou laopold a plus de nourriture ni de boissons il nous donne du fourage pour les anes au lie de la farine les enfants n' rien à manger il MEUR de faim en ce qui concerne l'aide des plus grandes erreur que lesis sont jet dans endroit comme la mer car cela conduit à la noyade pour ceux qui vont chercher de l'aide la situation est tragique pas de nourriture pas d'eau c'est la famine que pouvons-nous faire il a une pénurie de tout ce qui a trait à l'alimentation ce qui entraîne de graves problèmes de santé pour les enfants les maladies de la famille qui sont l'anémie chez les enfants les femmes enceintes et les personnes âgéesi maladies qui affectent les personnes en raison de la malnutrition tels que les maladies rénales et les faibles niveau de sel dans le sang sont des maladies graves bonjour à tous les trois bonjour bonjour merci beaucoup d'être avec nous alors après un premier convoi mi-mars un deuxè navire humanitaire a quitté samedi l'île de Chypre pour se rendre à Gaza c'est une aide déterminante pour une population qui souffre toujours plus de la faim comme on l'a entendu dans ces témoignages recueillis par des journalistes de l'AFP ces dernières semaine Charlotte Schneider tout à fait la la transition entre cette énorme question politique de l'accès à l'aide et donc de l'ouverture des frontières terrestres vers des solutions qu'on appelle nous dans le milieu humanitaire des solutions dégradées de d'affritement par air ou par bateau et bien encore un phénomène autour de de l'enjeu politique que représente l'ouverture des frontières terrestres pour rappel en moyenne 24 camions peuvent passer les points fr frontière toutes les semaines alors que le besoin serait au moins de 10 fois plus pour répondre à une situation humanitaire catastrophique sur toute tout Gaza et des centaines de milliers de personnes souffrent déjà de la fin dans l'amand de Gaza Philippe bonnet et ce chiffre devrait encore augmenter al c'est en tout cas les les prévisions hein la situation est catastrophique euh et elle va pas s'améliorer vous avez mentionné cette cette assistance par bateau mais en réalité c'est pas du tout un acte d'approvisionnement humanitaire c'est un acte politique c'est-à-dire que ce ce bateau va arrivé euh avec l'équivalent de 40 tonnes c'était le cas la dernière fois 40 tonnes c'est 5 camions or il y a des milliers de camions euh qui attendent au point de passage euh de Karem Shalom euh et de et de Rafa et et donc finalement euh si on arrive à avoir un levier politique euh pour que Israël accepte qu'un bateau arrive sur les côtes ayons-le pour ouvrir ses points de passage les ouvrir plus largement et faire en sorte que les les centaines VO les milliers de camions qui attendent au point de passage puissent rentrer donc il a il y a il y a quand même un un c un certain flux qui se fait hein dans les TR dans les trois derniers mois euh on est à à 280000 tonnes qui sont passé euh la plupart par Rafha 220000 tonnes par Rafha et à peu à peu près 50000 tonnes par Karim Chalom ce qui représente effectivement comme l'a dit Charlotte un nombre limité de camions il faudrait beaucoup plus et nous on veut vraiment continuer à faire un pldoyer euh pour ouvrir largement ses points ces points terrestres parce que finalement le que ce soit les parachutages de vivre ou l'ouverture de ce flux maritime à à c'est pas ça qui permettront de de régler les problèmes de famille des problèmes d'accès à l'eau ça ce sont évidemment des des actes politiques des États concernés pour montrer à Israël qui vont qui qui qui qui veulent intervenir à tout prix enfin en tout cas qui mais mais mais le secours aux population le fait que les gens estent à manger dans leur assiette et de l'eau potable on est quand même aujourd'hui à 3 l par jour je sais pas ce que si vous imaginez 3 l par jour c'est même pas ce qu'on utilise pour faire chauffer des pâes person par personne oui euh c'est pas c'est pas par la mer que ça va arriver donc il faut absolument rouvrir ces points de passage voir en ouvrir d'autres hein il faut expliquer hein Philippe bonnet qu'à l'heure actuelle il y a deux corridors humanitaires l'un qui va vers Rafa et l'autre qui a été ouvert au mois de décembre et qui passe par Kerem Chalom et les deux sont situés dans le sud de la bande de Gaza alors même que là où la situation humanitaire est sans doute le plus dramatique c'est dans le nord de ce territoire Philippe Bonet alors oui c'est là c'est là effectivement où alors il y a le plus de destruction hein c'est un champruine euh euh il y a il y a quasiment plus de vivres euh les les les vivres donc arrivent plus difficilement pour des raisons de sécurité et évidemment aussi de restriction des autorités israéliennes qui qui laissent passer au congoutte encore plus que sur le ce qui arrive par les points de Karem Shalom et Rafa et une fois Karem Shalom et Rafa bah ces camions toi va arriver jusqu'au nord il y en a très peu qui arrivent euh et donc c'est évidemment là et c'est là où il y a eu les les combats depuis le depuis le début depuis le 27 octobre euh c'est là où il y a les combats les plus feroues et le plus haut niveau de destruction on l'a dit ce qu'il manque c'est la nourriture c'est l'eau ce sont aussi des des kits médicaux alors même que les les hôpitaux largement détruits dans la bande de Gaza ont de moins en moins les les moyens de porter secours à la population Gazaoui Charl Schneider tout à fait les la situation pour nos équipes toutes les équipes présentes sur place qu'ell soit d'ONG humanitaire qu'elle soit d'agence un et donc là vraiment je je repointe très fortement le rôle central de l'agence unra et et ça seul la seule agence étant en capacité de justement déployer et de coordonner l'aide humanitaire dans la bande de Gaza aujourd'hui notre personnel dans toutes les structures qui travaillent sur place sont également des bénéficiaires de l'aide tous les jours ils cherchent à maintenir envie leur famille à accéder à de la nourriture accéder aux médicaments accéder aux produits d'hygiène accéder à l'eau accéder à des conditions suffisantes d'hygiène ce qu'on voit nous c'est qu'effectivement malgré ces très très fortes restriction encore sur les frontières terrestres on a des camions qui rendent comme le disait Philippe on a la capacité de travailler mais sur de la toute petite échelle avec nous ACF par exemple sur depuis le début de la crise 1 million de litres d'eau distribué et de la désobstruction sur les eaux usées de la désobstruction en terme de déchets qui s'accumule dans la bande de Gaza le fait de pouvoir faire de la réhabilitation de pipeline qui amène l'eau c'est ça représente une aide totale entre l'hygiène les distributions de kit d'hygiène les distributions de kit alimentaires les la l'appui aux hôpitaux en médicament un appui à 430000 personnes pour environ donc une population de 2,3 millions d'habitants qui est totalement enfermé dans la bande acheminé de l'aide humanitaire Pascal Davin c'est un casse-tête logistique on le comprend c'est aussi un casse-tête diplomatique puisque si l'on compare Gaza avec aujourd'hui un autre grand théâtre de guerre qui est l'Ukraine on voit que il a été possible dès le début de la guerre en Ukraine d'acheminer l'aide là où c'est extrêmement compliqué du côté de Gaza alorsis revenir d'abord sur le petit reportage que vous avez diffusé en début d'émission euh euh si l'humanitaire c'est essayer de mettre c'est pas seulement ça mais au moins essayer de mettre un peu d'ordre dans du désordre il est clair au regard des témoignages que vous avez diffusé que le compte n'y est pas et que les dispositifs humanitaires un certain nombre de dispositifs notamment les parachutages euh sont une solution qui paradoxalement crée peut-être davantage de désordre que d'ordre et donc des situations pour utiliser un terme un peu fort quasi obésienne quasi obésienne ça veut dire que vous distribuez de l'aide et que cette distribution elle se termine avec des coups de feu et des morts donc la solution provoque plus de dégâts qu'elle ne permet de résoudre des solutions et ce qui a été dit et je pense que c'est vraiment très important par Charlotte et Philippe c'est que au-delà de ces dispositifs qui créent finalement parfois plus de mal qu'elle ne provoque de bien les dispositifs possibles ceux qui ont été ou qui viennent d'être évoqués sont des dispositifs de bricolage parce que on peut pas faire autrement et on peut pas aller au-delà du bricolage pour une raison très simple qui a très bien été dite par les deux intervenants précédemment c'est que la logistique elle n'existe que si les conditions de la logistique existe et ces conditions h elles sont d'abord des conditions po politique alors vous dites entre ce qui se passe en Ukraine et ce qui se passe à Gaza ce qui se passe en Ukraine du point de vue de l'aide humanitaire est dans une configuration se situe dans une configuration différente du point de vue diplomatiques parce que les intérêts de ceux qui financent et qui organisent cette aide ne sont pas les mêmes ou en tout cas les positionnements diplomatiques ne sont pas les mêmes donc ça explique que c'est moi ça veut pas dire que c'est simple mais c'est moi compliqué en Ukraine de mettre en œuvre une politique logistique que ça allait en tout cas à Gaza Philipp Bonet sur la comparaison entre l'Ukraine et et Gaza dans la mise en œuvre de la logistique humanitaire alors dans les deux cas il y avait pas de problème logistique le problème il est pas logistique le problème les camions ils sont là ils sont pleins ils sont ils attendent le problème c'est les autorisations pour les faire rentrer et et donc en Ukraine nous on est intervenu dès le 28 février on était face à un un état ukrainien et des états frontaliers polonais ou autrre qui facilitaent l'entrée et qui nous ont laissé rentrer opérer sans entrave là le problème dans la bande sur la bande de Gaza la bande de Gaza elle est sous blocus elle est sous blocus tous les biens ne peu pas peuvent pas rentrer notamment parce que certains sont soupçonnés de pouvoir être utilisés de façon illicite Philip Bonet c'est le principe du double usage si si tu un bien peut avoir un double usage il ne peut pas rentrer et il y a pas de de liste fixe par exemple dans nos kits d'hygiène qu'on qu'on distribue normalement il y a des coupongles les coupongles c'est de l'acier ça peut se fondre et être réutilisé donc si dans votre kit il y a un coupongble l'ensemble de votre camion est rejeté à la frontière pour nous qui qui faisons de de l'accès à haut et de la réhabilitation d'infrastructure notamment dans la bande de Gazin un tuyau un tuyau peut être servir euh à réparer un un réseau d'eau mais il peut servir euh putativement à à faire un une roquette euh et et et ça va tellement loin que quand on a envoyé voulu envoyer des camions avec des dates fraîches euh on nous a dit que c'était pas possible parce qu'il y avait des noyaux dedans et que c'était interdit donc c'est un c'est un casse-tête euh pour arriver à faire passer ses biens donc les blocages la frontière n'est pas n'est pas toujours fermé le flux n'est pas suffisant la liste de ce qui ne peut pas rentrer et et euh et enfin le scanner c'est-à-dire que tout ce qui rentre doit être scanné euh et le M même quand il y a pas de blocage spécifiques les flux qui permettent de rentrer sont limités par le le temps de le nombre de scanners et le temps pour scanner les les camion qui rentre donc le blocage est politique diplomatique bien plus que logistique pour vous aussi à char ch tout à fait tout à fait je enfin je plus so ce que ce qui vient d'être dit par solidarité internationale chez Action Contre la fin on a aujourd'hui un un un comment dire un un un temps passé absolument phénoménal sur le remplissage de tous les formulaires pour autoriser les camions à passer on a des refus qui sont souvent très importants hein vraiment un taux élevé de refus avec une difficulté de comprendre la raison des refus donc là Philippe a cité quelques cas nous on peut on peut avoir des refus sur des par exemple des kits d'hygiène sur des saut et cetera et puis le camion d'après ça va passer donc une espèce d' d'instabilité qui est très très compliqué pour nous en tant qu'opérateur on va dire de savoir comment est-ce que on ajuste le le comment dire le le le volume qui est mis dans les camions comment est-ce que on peut faire face à ces inspections qui sont extrêmement longues des allersretour permanent et qu'évidemment on ne peut pas ne pas considérer comme politique nous sommes nés pour l'urgence la grande catastrophe spectaculaire don tout le M parou trement de terre Liban ou tremblement de terre alors pour le Liban comme vous le saz avvez peut-être ça a bien marché si j'ose dire c'est-à-dire que nous sommes vraiment intervenus pendant un an dans un quartier palestinien et musulman encerclé par les chrétiens à Beyrou ça a posé les problèmes que vous pouvez imaginer vis-à-vis des chrétiens vis-à-vis de tout le monde et nous avons travaillé donc dans ce dans ce quartier de Naba pendant presque un an et une cinquantaine de médecins chirurgiens infirmières français Médecin sans Frontières sont passés là donc là personne ne nous aide de la concurrence n'est-ce pas les médecins étaient plutôt partis du Liban et seule la Croix-Rouge internationale intervenait ailleurs à côté de nous là pas de difficulté au contraire nous sommes fait une une sinistre spécialité de cette chirurgie de guerre et ça ça continue à être opérationnel et on nous appellera encore ou en tout cas nous irons même si on nous appelle pas par ailleurs la grande catastrophe tremblement de terre ouragan Fifi au Honduras tremblement de terre du Pérou tremblement de terre du Nicaragua trembl et ce nous avons évidemment pas renoncé à ce genre de pratique mais c'est toujours très difficile il faut être sur place très très vite dans les 24 heures dans les quelques heures avec des équipes extraordinairement prte parlant la langue du pays et à l'appel des autorités locales car sinon on désorganise plus que on aide on devient une charge plus que on vient prêter la main vous écoutez France Culture entendez-vous l'ch Gaza la logistique du secours nous en parlons aujourd'hui avec Charlotte ner Philippe Bonet et Pascal Dauvin on vient d'entendre Bernard couchner l'un des fondateurs de Médecin sans Frontières dans une archive du 11 octobre 1977 alors nous nous interons toute cette semaine à l'économie de l'aide humanitaire ce qui distingue l'humanitaire de l'aide au développement par exemple c'est justement le fait d'intervenir dans l'urgence Pascal dovin alors vous avez une archive de 77 la naissance de MSF c'est 71 dans un contexte assez particulier dans lequel en gros l'idée c'est à la fois d'intervenir sur des situations qui sont principalement des situations d'urgence avec un autre volet dont on a déjà parlé tout à l'heure qui est le volet de la nécessaire prise de parole sur les atteintes notamment au droits de l'homme dans les situations de dans les situations de conflit mais là ce ce dont parle Bernard couchner c'est la possibilité qui est donnée à un moment donné à des organisations qui sont des organisations non gouvernementales d'intervenir d'intervenir à l'appel des des des des gouvernements ou à l'appelle des populations locales dans lesquelles se posent les les les problèmes mais on a une époque qui est pas encore l'humanitaire d'état ou en tout cas à une époque où l'humanitaire n'a pas encore été prise en compte par l'État à la fois du point de vue des instrumentalisations diplomatiques et politiques possible et aussi du point de vue des financements 77 les ONG elles interviennent sur des fonds qui sont des fond propres le N de non gouvernemental a un sens qui est pas exactement le même que celui d'aujourd'hui les systèmes d'emboîement notamment en terme de déploiement de l'aide sont pas du tout les mêmes que ceux d'aujourd'hui on n pas d'encastrement en cascade de différentes organisations qui vont de la volonté des bailleurs en passant par les un par les organisations les ONG internationales et les ONG locales on a des ONG internationales qui partent alors qui partent làard couchner le dit peut-être avec beaucoup d'optimistes elles partent aussi sans avoir véritablement d'organisation sans avoir véritablement d'autorisation à cette époque et sans savoir toujours ce qu'elles vont faire parce que les missions exploratoires sont pas ce qu'elles sont aujourd'hui et parce que les méthodologies action contre la fin le sais bien sont pas les mêmes non plus que celles d'aujourd'hui on va parler de la question de la professionnalisation de l'aide humanitaire et également on reviendra demain sur la question des financement mais je parlais de l'urgence Philippe bonnet parce que peut-être que c'est ce qui caractérise l'aide humanitaire même si ce dont on se rend compte c'est que les ONG qui souhaitent intervenir de façon ponctuel ont parfois tendance à rester on l'observe par exemple en République démocratique du Congo alors est-ce qu'il n'y a pas une tension justement entre cette notion d'urgence de de d'aide ponctuelle et puis cette en réalité cette durée de l'aide qui tend à se perpétuer Philippe Bonet alors je pense que chaque dans chaque contexte il y a des situations particulières nous solidarité internationale on est une organisation d'urgence euh mais mais en réalité même si la majeure partie de nos interventions sont des interventions d'urgence on on a aussi des activités qui consiste en poste urgence à à à rétablir la résilience des personnes qui ont été victimes des crises voire parfois aller jusqu'à du développement même si c'est pas le le principal de notre portfolio donc finalement quand on a une crise hein on a une population qui vivait à un niveau et qui se retrouve en en risque vital qui se qui qui voit son niveau de vie et son niveau de vie et son son ses capacité de subvenir à ses besoins les plus primaires chuter et et dans l'urgence on on va venir euh les rétablir à la situation où ils étaient avant on va les empêcher de de mourir euh mais le le le le second step ça va être évidemment de de la résilience les rendre euh plus résistants à une prochaine crise afin qu'il puisse mieux résister puis finalement le step suivant ça c'est le développement euh ça sera de de de les amener plus dans une situation meilleure que celle qui à laquelle ils étaient avant la crise euh donc il y a il y a rien d'antinomique on a plus enfin plusieurs départements on a on a on a toute une gamme d'activités de projets et de programmes qui qui qui dépendent de la situation même si l'essentiel des activités de solidarité internationale sont tourné vers l'urgence et euh dans les zones difficilement accessibles euh de conflit ou de catastrophes naturelles Pascal dovin oui je voudrais revenir sur la question que vous posiez précédemment et sur peut-être ce qui différencie au moins au départ l'idée de l'humanitaire d'urgence du développement c'est que dans la pensée des sans frontiériste euh le développement il est considéré comme néocolonialiste et la naissance du sans-frontiérisme c'est l'idée d'aller dans une situation qui nécessite une intervention rapide sans devoir se substituer c'est-à-dire on part on va on témoigne et on ne reste pas il se trouve que la professionnalisation dont vous avez parlé et qui est l'état de l'humanitaire aujourd'hui a conduit à faire sauter finalement la dichotomie qui existait entre d'un côté la question de l'urgence et de l'autre la question du développement et que à cette dichotomie on a substituer un autre cadre cognitif qui a été d'ailleurs utilisé par Philip bonnet tout de suite qui est le terme de crise c'estàdire que le terme de crise il permet finalement à des organisations qui avaient vocation à faire seulement de l'urgence d'être à la fois là avant l'urgence pendant l'urgence et après l'urgence Charlotte Scher oui et pour compléter ça effectivement 77 c'est il y a 47 ans et entre-temps le monde a énormément changé et ce que moi je voudrais peut-être apporter en plus de ce qui a été dit c'est action contre la fin on fait face dans plusieurs de nos terrains d'intervention à des urgences qui dur d'où le fait de parler maintenant de crise durable et donc il y a à la fois un volet développer la capacité des populations local à faire face elle-même aujourd'hui nous sur nos terrains d'intervention vous citiez le Congo à l'instant je pourrais vous citer le Yémen une guerre qui dure depuis 9 ans on appelle ça toujours une urgence la situation en terme de d'accès aux ressources pour juste rester en vie pour les populations est la la même depuis 9 ans c'est-à-dire extrêmement complexe et donc on on a à la fois un volet où on cherche à à à rendre les populations plus résilientes face à ces chocs et à pouvoir elle-même répondre en grande partie à des chocs qui se surjoutent à des chocs par exemple la crise desm23 en ce moment sur l'est du Congo c'est à 97 % des Congolais qui répondent qu'il soit d'action contre la fin qu'il soit d'ONG local qu'il soit et cetera d'autres d'autres acteurs et on cherche évidemment à pouvoir être à côté des populations quand le choc dépasse leur capacité de réponse et donc ça veut dire effectivement ce ce cercle là qui qui aujourd'hui est le cœur du métier il n'empêche que il y a évidemment des très fort débat et là-dessus je rejoins la question des financements ce qu'on appelle la confusion des lignes les agendas humanitaires doivent rester autour de la stricte réponse à des besoins de base c'est-à-dire une quantité en eau une quantité en nourriture et des soins pour des personnes qui sinon mourraient et le reste la résilience le développement peuvent être et le sont déjà en terme de anoncement lié à des politiques plus globales des gouvernements mais cette cette muraille de Chine qu'il faut garder entre l'humanitaire et le reste des des réponses apportées pour augmenter la capacité de résistance la capacité de réponse au choc doit rester on le voit bien les les ONG humanitaires répondent avec une aide d'urgence aux différentes crises mais ces ONG sont souvent là avant la crise c'est en effet l'un des enjeux pour les humanitaires c'est de réussir à anticiper Charlot schneeder alors oui tout à fait après voilà si je prends l'exemple d'action contre la fin la plupart de nos terrains d'intervention encore aujourd'hui on est sur des réponses qu'on appelle des réponses d'urgence des réponses humanitaires sont des terrains sur lesquels la présence d'ACF date de quasiment sa création je pense au Yémen je pense à l'Afghanistan je pense à au Congo je pense au nigerria au Pakistan pendant les inondations 202ist exactement et donc on est sur ce ce cette espèce de paradoxe total mais qui est celui de notre monde je veux dire la déclaration de date de 77 regardez comment le monde a changé en 50 ans qui est d'être en volonté sans arrêt de pouvoir partir mais de ne pas le pouvoir parce que la résistance au choc des populations continue à être un sujet extrêmement complexe que ce soit lié à des facteurs humains type conflit ou que ce soit lié aussi au dérèglements climatiques les terres arbles se réduisent l'accès à l'eau devient plus complexe donc provoque des tensions entre les ulation et puis le fait d'accompagner des institutions ce que fait aujourd'hui action contre la fin sur la sous-nutrition c'est d'accompagner des ministère de la Santé d'être un acteur technique pour développer leurs capacités leur outillage leurs procédures et cetera sur cette capacité des ONG à anticiper Philippe Bonet j'imagine que c'est plus ou moins possible il y a des chocs qui surviennent aussi par surprise alors c'est pour ça qu'on a des qu'on a une direction des urgences chez solidarité euh et que on est en capacité euh avec des des moyens prè avec des moyens prépositionné avec des équipes prépositionnées d'intervenir rapidement euh partout vous mentionnez vous mentionnez le la CR l'inondation au Pakistan solidarité n'était plus au Pakistan on est on est allé on a réouvert la mission pour intervenir euh solidarité n'était pas présent à Gaza avant la crise euh on on a des équipes qui ont travaillé pour pouvoir rentrer et qui sont maintenant en train de travailler à Gaza alors qu'on était pas présent donc nous en tant que que direction des urgences on est spécialisé et et ça fait des années qu'on fait ce travail d'intervenir et c'est notre mandat d'intervenir là où l'organisation n'est pas parce que comme on a une organisation d'urgence si on est présent nos missions qui sont présentes dans les pays sont capacité de réponse oui il faut intervenir le plus vite possible mais il faut ensuite réussir à évaluer la situation sur place l'ampleur de la crise la réalité des besoins quels sont les outils dont dispose les ONG pour cela Charlotte schneeder alors il y a énormément d'outils donc Philippe pourrait très bien répondre on a je pense quand même un gros effort de coordination en particulier via toute la coordination faite par les Nations-Unies on a énormément d'outils de de d'assessement de pardon d'évaluation rapide qui peuvent du coup nous permettre en particulier dans des crises entre guillemets classiques col inondation cyclone donc plutôt provoqué par épidémie et ou catastrophe naturelle a déployé extrêmement rapidement à évaluer de manière extrêmement rapide vous disiez tout à l'heure ça peut être complexe d'évaluer oui toujours d'autant plus qu'on on a un sujet autour des des des barrières à l'accès c'est-à-dire parfois ça peut être des barrières géographiques on prend le Pakistan au moment des grandes inondation il y a 2 ans on est sur un sur un pays où il y a des milliers de kilomètres carrés non accessibles donc là le fait d'avoir pu anticiper le fait d'avoir des populations qui ont des réflexes des stocks euh des des lieux de rassemblement aide à sauver des vies de manière immédiate oui il ne faut oublier personne Pascal Davin ce qui est visé c'est la couverture complète d'une zone donnée je sais pas si on peut viser la couverture complète d'une zone donnée en tout cas les méthodologies qui sont à l'œuvre elle vise à être au moins éloigné possible de cet objectif c'est pour ça qu'il y a dans le process ou dans le processus de managerialisation de l'aide humanitaire des standards qui ont été établis à la fois par les les Nations unies par les bailleurs et qui sont mis en œuvre par les ONG qui sont financés par ces organisations après il y a des standards qui sont aussi des standards qui sont liés à un secteur d'activité ou à une compétence particulière des des ONG donc les ONG action contre la finim notamment c'est parfement bien développer des méthodologies qui sont des méthodologies propre euh donc une standardisation de l'aide humanitaire et en même temps Philippe Bonet chaque agence a aussi ses propres savoir-faire alors chaque agence ça c'est un savoir-faire la standardisation elle a quand même ses limites hein chaque crise est différente euh et demande une réponse différente euh alors oui il a ass CZ tendance à la standardisation et finalement ça ça peut avoir des avantages mais on essaie quand même à chaque fois d'évaluer les besoins et d'avoir une réponse euh qui correspond exactement au aux besoins des des populations est-ce que vous pouvez nous donner des exemples Philippe bonnet de cette standardisation qu'on comprenne bien oh par exemple ça va être en ce qui concerne l' alimentaire un un nombre de calories par personne et par jour qui qui euh qui qui répond aux standards urgence ça va être les les stand par rapport à la qualité de l'eau euh qui doit avoir certains certaines certaines qualité mais et et qui et qui permett de de de de mettre un cap pour les interventions euh voilà si on prend par exemple l'accès à l'eau on a selon les selon les les les agences des Nations Unies où les donneurs il y a des standards de 15 à 20 l d'eau évidemment il y a il y a des tas de cas où on narrive pas à atteindre ces standards parce que la ressource n'est pas suffisante où c'est le cas au aujourd'hui dans la dans dans la la bande de Gaza mais on va arriver à avoir un un des des minimums euh qui qui seront pas des standards on appelle ça des standards spè par écho mais qui qui sont des standards qui qui que nous savons suffisant à la survie des populations donc il faut des standards qui sont des indicateurs même si on narrive pas toujours à les atteindre Charlotte schneeder tout à fait tout à fait ça si je peux citer un exemple aussi c'est lesquit d'hygiène on a heureusement des standards qui permettent d'avoir d'abord une adaptation au contexte local euh tout tout à l'heure Philippe citait l'exemple du coupongle euh je me rappelle au niveau de la réponse d'urgence a Yan le super typhon sur les Philippines il y a quelques années euh il y avait eu un un très gros débat autour de la constitution du kit d'hygiène pour qu'il soit justement adapté au aux habitudes locales et donc il n'est pas de euh de de contreutilisation ou de voilà de de d'effets néfastes hein tout cette question du fameux douo arme pour justement euh convenir aux besoins des populations d'autre part il y a une question de coût quand on fait du très gros volume au niveau de ces ces ces kit d'hygiène bah ça permet de réduire les coûts et d' et enfin une coordination entre agences dans des lieux comme le Congo si les les kits sont très différenciés ça fait un appel d'air et du coup des Terrats forte tension et parfois des risques sécuritaires élevés lors des moments de distribution si l'agence avec le logo rouge distribue un super kit et que l'agence à côté distribue un kit standard minimaliste ça peut provoquer des des incidences sécuritaire important donc on revient à la question de produire plus de dégâts que on cherche à nen résoudre Pascal dovin euh oui je voula la standardisation finalement ça apparaît un peu comme un lieu de tension au double sens du terme c'est d'abord un lieu de tension parce que on chercheer au plus près de la vérité d'une situation si tantit qu'on puisse l'approcher au plus près et et pour ça il faut essayer d'objectiver dans des catégories qui sont crédibles en tout cas pour ceux qui mettent en place l'aide et ceux qui qui la finance c'est-à-dire des catégories rationnelles d'où l'usage de méthodologie qui sont fondé sur des rhtoriques qui sont des rétoriques et des protocoles de scientificité et c'est un lieu de tension aussi parce que on voit bien comment parfois les humanitaires font de la résistance par rapport au standard et par par rapport à un humanitaire qu'il considèrent comme celui des guidelines donc la la question c'est aussi quelle est la marge de manœuvre et quel est l'usage qu'on peut faire en fonction des situations finalement de de l'acteur lui-même quel est l'usage que l'acteur peut faire lui-même de ces standards et comment il y est pas soumis en 1984 avec 12 Christmas les Britanniques de banded inventent un nouveau genre la chanson humanitaire le chanteur Renault s'inscrit dans leur pas avec son titre Éthiopie [Musique] écoutez V de be [Musique] l'Éthiopie peu peu à peu rien qu'une chanson pour eux pour ne plus fermer les yeux c'est beaucoup et c'est bien peu c'est bien [Musique] peu mais à chaque enfant qui tombe qui meurt loin des yeux de l'Occident notre cel devient plus sombre et notre avenir moins grand sur cette terre de sècheress ne fleurissent que les tombes malgré toutes nos richesses leur soleil nous fait [Musique] l'ombre du cur et ro des yeux des V deop à vous écoutez franceult rendez-vous l'cogaza la logistique du secours c'est notre sujet aujourd'hui le politiste Pascal Dauvin le directeur des urgences pour solidarité international Philippe Bonet et la directrice des opérations d'action contre la fin Charlotte schneeller sont toujours avec nous dans cette émission réalisée par François lefoc est mise en onde par dal une réaction peut-être Pascal dovin à cette chanson de Renault qu'on VI d'entendre alors oui une réaction un peu amusée mais vous auriez pu mettre la chanson de Renault en comparaison avec avec celle de Michael Jackson alors on aurait pu faire une comparaison musicale mais on peut aussi faire une comparaison en terme d'approche de l'Éthiopie de ce qui s'y passe pour les Américains et d'ailleurs c'est beaucoup de chanteurs afro-américains c'est peut-être pas complètement non plus un hasard on est dans un message qui a une portée plutôt universaliste alors que là on est dans un message où on distingue bien d'un côté l'Éthiopie et de l'autre ce qu'il y a ici alors après cette chanson elle est aussi tout à fait révélatrice d'un moment qui est un peu un moment charnière dans l'histoire de l'humanitaire avec le développement du du f rising l'Éthiopie enfin c'est une des crises ou un des conflits qui a mobilisé le plus dans le même temps enfin c'est une mobilisation qui ira pas s'ansoser un certain nombre de problèmes et de discussions puisque on sait que l'aide humanitaire a été détournée qu'elle a été détournée instrumentalisée à des fins politiques et que elle a ça fini par susciter ENF une prise de parole dans le sens sans frontiériste des des origines qui a conduit à l'expulsion de Médecins sans frontières donc c'est pour ça aussi que derrière cette chanson et derrière toute la bonne volonté et toute la bonne conscience il y a des enjeux qui se jouent et qui sont qui se nouent qui sont extrêmement complexes des enjeux complexes en effet on a parlé on a commencé à parler de la professionnalisation des ONG humanitaires cela intervient Pascal Davin en particulier à partir des années 90 pourquoi à ce moment-là et et comment se déroule cette professionnalisation bon on pourrait essayer de prendre la réponse à la question par deux côtés euh le premier côté c'est finalement les ONG vont devoir se soumettre à la pression de le environnement et la pression de l'environnement c'est la la la structuration et la montée en puissance de bailleurs qui sont à la fois des bailleurs étatique les les un ou un certain nombre d'agences qui sont travaillés par des modes de fonctionnement qui sont des modes de fonctionnement managériaux qui correspondent à des standards et à des cadres cognitifs des démocraties libérales de de l'époque et et donc pour être éligible à tous ces financements pour être éligible éligible à l'offre de ces bailleurs les ONG vont devoir entrer dans ces catégories cognitives et elles vont devoir envoyer des signaux de managerialisation ça ouais c'est là que la division du travail intervient c'est là que s'opère une division qu'on va recruter par exemple de plus en plus de sciencespistes des gens qui viennent des écoles de commerce et qu'on aura de plus en plus de spécialistes du remplissage de dossier et du fichier excel même si je dis ça de manière un peu provocatrice et caricaturale et la logistique à ce moment-là prend une place de plus en plus importante pour en revenir à notre sujet du jour alors la logistique elle prend une place de plus en plus importante mais c'est lié aussi à un deuxième facteur qui est la dynamique ou une dynamique propre aux organisations elles-mêmes puisque à mesure que le travail se complexifie à mesure que les secteurs émergent différentses fonctions support émerg chacun va essayer de consolider son périmètre à la fois en terme de recrutement en terme de budget parfois en entrant en concurrence avec d'autres secteurs de l'ONG la conjugaison ces deux facteurs a largement contribué à la professionnalisation des ONG cette professionnalisation se faisant sur un mode particulier qui est celui de la managerialisation la logistique c'est l'acheminement mais c'est aussi la distribution vous l'avez dit à Pascal devvin une distribution d'aide alimentaire a de nouveau fait des morts à Gaza des tirs et une bousculade ont entraîné la mort de de cinq personnes et fait 30 blessés samedi dernier c'est donc on le voit extrêmement compliqué Charlot Schneider à la fois d'acheminer la nourriture mais aussi de la distribuer oui pour toutes les distributions dans toutes les situations de crise et d'urgence que ce soit lié à un conflit que ce soit lié à une catastrophe naturelle il y a une très forte tension et donc ça nécessite de l'organisation ça nécessite de l'ancrage local le plus possible et ça nécessite effectivement des vrais professionnels en terme de travailleurs humanitaires sur les sujets de la logistique mais également de la distribution et donc de la connaissance des des communautés des interactions des dynamiques locales et cetera vous vous rappelez aussi au Yémen c'était l'année dernière pendant une distribution pendant le Ramadan qui avait abouti à la mort de de plus d'une centaines de personnes parce que un un attroupement s'était formé dans une rue trop étroite ça ce sont des dynamiques qu'il faut évidemment mesurer à chaque fois qu'on fait une distribution là à Gaza on on est on en revient quand même vraiment à cette question de de ce tuyau qui ne s'ouvre pas aux frontières hein de de Rafa et et et et kerchalom et qui et qui du coup forcément entraîne une extrême tension de l'autre côté surtout que la plupart des acteurs et action contre la fin on fait partie ne veut ne souhait pas recourir à des gardes armées pour sécuriser les les distributions donc ça veut dire s'ancrer localement et effectivement aujourd'hui pour le prendreun point de vue plus macro sur la logistique humanitaire euh la la la tension à la fois sur le nombre de crisees le nombre de zones en en demande d'appui la baisse des financements qu'il soit privé ou public euh amène à des réflexion j'ai envie de dire de de professionnalisation mais aussi de de d'adaptation d'agilité par exemple la mutualisation de ressources euh je pense à une coopérative comme hullo qui est une coopérative humanitaire de logistique créée par plusieurs plusieurs organisations dont action contre la fin je pense à toutes ces démarches qui permettent de dire on va vers un coup efficacité de la logistique qui augmente oui et puis la fourniture de kit alimentair de kit hygiène demande une logistique importante mais l'aide médicale demande une logistique encore plus conséquente Philippe bonnet alors alors sur l'aide médicale moi je je me me garderai bien de ot oui sur les sur les médicaments juste pour effectivement compléter il y a il y a des des problématiques bien bien spécifique de température de de conditions et de ne pas non exposition à la lumière et cetera qui rendent la la logistique sur la pro en médicament encore plus complexe j'ajouterai aussi que la pro et le fait de pouvoir faire entrer que ce soit à Gaza ou au Yémen ou en RDC c'est aussi lié aux autorisations que vous avez et l'import de médicaments est un sujet extrêmement complexe qui demande beaucoup de professionnalisme et donc ça veut dire des équipes avec les coûts associés à ces équipes pour pouvoir le faire dans les règles de l'art la distribution on l'a vu pose des problèmes de sécurité pour les populations qui sont secour mais également pour les les travailleurs humanitaires cette question de la sécurité des des travailleurs prend de plus en plus de place aujourd'hui dans les interventions humanitaires Pascal dovin oui alors peut-être qu'il faudrait aussi là repartir un peu de l'esprit des origines et et et repartir sur les déclarations couchneriennes ou l'ambiance dans laquelle le sans-frontiérisme est né qui était fondé aussi sur une forme de romantisme sur une façon de faire de sa vie un roman sur une forme d'héroïsme qui est un peu passé voir dépassé aujourd'hui et il était assez fréquent enfin dans les années 70 les années 80 d'avoir des récits qu'on continue d'ailleurs à voir notamment dans les fictions et dans les films d'un humanitaire qui est un peu addicte à une forme d'adrénaline qui est liée au conflit et que finalement agir c'est aussi mettre sa propre personne en risque il y a une mise en risque de sa propre vie dans l'action humanitaire c'est quelque chose aujourd'hui qui n'existe pas d'ailleurs les les ONG dans la mesure du possible et de leur moyens elles essaient de faire en sorte que ceux qui partent ne partent pas pour des raisons de ce type ou seulement pour des raisons de ce type parce que la société a aussi changé entre les années 70 80 et aujourd'hui les démocraties libérales sont devenus aussi des systèmes politiques du principe de précaution de la gestion des risques de la gestion des incertitudes et donc la sécurité des humanitaires est devenue primordiale mais c'est aussi l'expérience de de problèmes très graves notamment des problèmes de kidnapping d'humanitaires qui sont morts et donc la la question est devenue centrale sur l'agenda des travailleurs humanitaires qui mettent leur vie en danger et qui peuvent aussi faire l'objet d'accusation extrêmement grav selon Israël 12 employés de lunroit à l'office de secours et de travaux des nations- Unies pour les réfugiés de Palestine dans le proche orient aurait eu partie lié dans l'attaque du 7 octobre perpétré par le Hamas écouter la réaction du commissaire général de lunroi Philippe Lazarini invité de la RTS le 13 février dernier nous avons reçu ces allégation euh nous avons immédiatement mis en place une enquête interne j'ai parlé avec les États-membres aujourd'hui à Genève et je leur ai dit qu'il fallait faire attention à ces appels du démantellement de l'organisation cela va affaiblir la réponse humanitaire et certainement à un moment où la Cour internationale de Justice a demandé à la communauté internationale d'augmenter l'aide humanitaire et bien on verra un affaiblissement qui est déjà en train de se réaliser et il faut pas oublier que depuis le début de la guerre plusieurs centaines de personnes ont été tuées dans les bâtiments des Nations Unies alors que ces bâtiments normalement devraient protéger les civils et nous avons eu plus de 1000 personnes qui ont été blessé Charlotte schneeder que vous inspire ces propos de Philippe Lazarini le patron de lunroit oui une très grande clarté c'est-à-dire que nous savons tous sur le terrain que l'unra a rapidement pris des mesures à l'encontre des personnes incriminées nous savons tous également et nous le vivons au quotidien que la présence et le rôle de l'unra à Gaza ne peuvent pas être remplacé par d'autres agences et qu'il s'agit du coup d'un acteur clé dans le soutien aux opérations d'autres agences donc la la décision de de plus de 12 pays de suspendre le financement de l'unra se traduira forcément par une diminution de la nourriture de l'eau et des abris pour les personnes déplacées à Gaza qu' est Vidal que les gouvernements donateur continue à soutenir financièrement l'unra Philipp Bonet pour vous aussi il est de plus en plus difficile d'assurer la sécurité des des travailleurs humanitaires on a parlé de Gaza on peut également évoquer Haïti alors il c'est aussi des points qui vont avec des éléments qu'on a auquels on a on a on a parlé avant la la la profinisation ça ça va aussi dans cet objectif hein de d'assurer d'avoir des professionnels pour assurer la sécurité euh des employés des professionnel pour éviter euh qu'il y ait des morts pendant les les distributions et et vous l'évoquiez sur Gaza euh les les violences qu' ont eu lieu en marge de distribution c'est des distributions qui n'étaient pas organisées par des par des organisations euh et et pour donc pour revenir sur sur Haïti euh sur sur laquelle nous d'curgence on on n'intervient pas mais solidarité est présent oui il y a un moment il y a un niveau de risque qui ne permet plus de qui ne permet plus de travailler et dans ces cas-là on va pas fermer on va pas en tout cas on va réduire les équipes euh pour qu'il ait adéquation entre le niveau d'activité qu'on peut avoir sur le terrain et les équipes qui restent qu'ell soient d'ailleurs expatrié ou local parce qu'il faut pas oublier que la plupart des victimes des des des la plupart des victimes dans les les travailleurs humanitaires c'est pas les expatriés hein c'est c'est les nos nos collègues nationaux euh qui qui sont les plus nombreux et alors justement comment les travailleurs humanitaires réagissent-il face d'une part à ce danger ces danger bien réel sur le terrain Charlotte schneeder et puis face à ces accusations qui semble de plus en plus importante selon laquelle ces travailleurs seraient en réalité des acteurs politiques alors la première chose c'est effectivement dans le cadre de la professionnalisation la plupart des agences aujourd'hui humanitaires un acteur comme action contre la fin à tout un panel d'appuis à ces salariés qu'ils soient nationaux ou internationaux pour faire face à des situations de très grand stress donc d'abord c'est de l'appui ce qu'on appelle le staffc l'appui pour de la des premiers soins psychologiques quand on est face à une situation qui peut provoquer des très forts décompensations des très fortes décompensations ça peut être des situations qu'on a dont on a été témoin ou dont on a été victime personnellement on a en en centraafrique eu régulière ement des des arrêts des arrestations à des checkpoints de nos véhicules par des groupes armés non étatiques et des groupes armées privés venant de Russie dont je ne citerai pas le nom qui qui peuvent amener à des très fortes situations de stress hein en ayant une arme pointée sur soi et cetera pour des salariés qui sont des experts en eau higienne assaainissement des personnels de santé et cetera donc ça on a tout un bagage qui permet d'accompagner les personnes avec du suivi psychologique on a évidemment aussi toutes nos procédures en terme de sécurité et d'accès qui passe énormément par une connaissance des contextes donc une professionnalisation d'équipes locales qui permettent de de de d'ancrer l'acceptance de l'organisation et l'acceptance c'est vraiment ce mot clé qui permet aux populations et donc aux salariés de bien avoir la compréhension de leurs périmètres quels sont les principes d'action d'action contre la fin quels sont les principes humanitaires qui président à sa présence sur le terrain le fait que le le le bénéficiaire d'une assistance soit jaune vert ou noir ne nous intéresse pas c'est l'entré par les besoins que ce ces aspectsl soient bien connus des populations et des partenaires sur le terrain sont des éléments clés de réponse après d'un point de vue plus global il y a le respect du droit international humanitaire le respect du droit de la guerre le respect des résolutions des nations- Unies là on parle beaucoup de la 2417 pour Gaza utilisation de la famig comme arme de guerre est interdite dans le droit et dans les les les résolutions des Nations Unies et donc c'est aussi de plaider de faire un fort plidoyer pour que ces cadres là soient respectés Pascal Dauvin sur les menaces qui pèse sur ces travailleurs on l'a dit menace physique mais peut-être parfois allégation dont une partie peut constituer de la désinformation alment là on est un peu au cœur de ce que vous dites avec que l'actualité de Gaza mais c'est une question qui est née bien avant Gaza et toutes les ONG savent bien quels sont aussi les enjeux qui existent a autour du recrutement du personnel local euh parce que évidemment vous êtes ils sont plus ou moins dans le dispositif et dans la boîte noire et et on peut difficilement empêcher euh la politisation de son personnel local même si on peut essayer de le contrôler mais ce que je voulais ajouter enfin sur les les les questions de sécurité puceque vous étiez parti des questions de de sécurité c'est que aujourd'hui là comme l'a dit Charlotte enfin on a essentiellement du personnel qui est du personnel local enfin c'est à la fois une façon de protéger les expatriés mais c'est aussi une façon d'être plus proche des besoins locaux et c'est très important parce que ça renvoie aussi à la transformation ou à la volonté de transformer l' image de l'humanitaire qui a pas toujours été aussi positive et l'image d'expatriés qui ont pas toujours renvoyé localement des images très positive je parlais tout à l'heure de de de la matrice du Sauveur blanc à propos des années 70 80 aujourd'hui les ONG même les plus internationales ont parfois tendance à se qualifier d'ONG local parce que il y a un concept qui est devenu un peu un concept incontournable qui est celui de la localisation qui entend en gros faire en sorte que l'aide humanitaire soit au plus près des bénéficiaires et mise en œuvre par du personnel qui est du personnel euh local pour éviter les les de colonalisme voilà et et de l'impérialisme ce qui explique d'ailleurs aussifin en terme de communication que toutes tout l'imaginaire qui consistait à mettre un médecin blanc avec un bébé noir correspond pas du tout déjà à la situation il correspond ne correspond plus du tout à la situation d'aujourd'hui rien qu'au cours des derniers jours on a organisé 10 convois vers des villes proche de la ligne de front donc à la fois à l'est et au sud 20 km jusqu'à 12 km de la ligne de front pour apporter vraiment une aide avec des biens de première nécessité aux personnes des couvertures thermiques des sacs de couchage des lampes solaires pour faire face en fait à l'absence de chauffage à l'absence d'électricité mais aussi des moyens de se chauffer donc des petits radiateurs et et lorsqu'on apporte de l'aide les personnes nous disent qu'elles vivent en fait sous des bombardements quotidiens très souvent dans leur cave rien que le fait d'entendre les alarmes les les sirènes en fait de façon très très régulière de devoir se mettre à l'abri tout ça sur la longue durée effectivement créer un un état de stress on les aide à continuer une vie malgré la guerre Céline schmidth du Haut commissariat au réfugié à Kiev dans un reportage en Ukraine du 24 février 2023 sur France Inter alors on l'a dit les ONG se sont professionnalisés et il y a aussi de plus en plus d'innovations qui permettent de prêter assistance plus efficacement aux populations en détresse Charlotte schneeder alors écoutez ce qui est certain c'est que là on entendant céine Schmidt on pourrait vraiment copier-coller les mécanismes qui sont utilisés et les outils qui sont utilisés pour pour faire face à des situation de grand stress dans plusieurs plusieurs thématiques aujourd'hui sur les innovations on a en par particulier les aspects qui peuvent aider pour revenir aussi au sujet de la logistique c'est la mutualisation c'est la professionnalisation des équipes et l'acceptance toujours renouvelée auprès des populations c'est le fait d'avoir les moyens de faire aussi quand il n'y a pas encore la focale médiatique je pense là on on évoquait l'Ukraine à l'instant et Gaza qui ont eu beaucoup beaucoup d'attention médiatique et donc des bailleurs de fonds mais on a beaucoup de crises en cours sur lesquelles nos équipes essayent de répondre et où là tout tout ce qui est fait avant d'avoir la focale médiatique est aussi extrêmement puissant comme capacité de réponse de la part des populations donc cette question de l'anticipation et et et je prends un exemple on va avoir bientôt un un un un des chiffres beaucoup plus nets sur ce qui se passe au darrefour et ses conséquences sur le Tchad il y a ça va ça va à un moment donné être dans l'actualité les acteurs humanitaires avant que ça devienne aussi important travaille à outiller les populations et donc un chiffre qu'il faut peut-être renir c'est 1 € investi avant la la crise permet d'économiser 7 € pendant la crise donc tout ce qui est l'anticipation et la préparation et l'outillage pour les populations est aussi quelque chose sur lequel les ONG vont beaucoup plus aujourd'hui oui et puis on parlait d'évaluation des besoins mais de plus en plus on évalue l'efficacité de la réponse de la logistique humanitaire Pascal dovin euh oui puisque l'évaluation c'est un des volets de la managerialisation que j'évoqu tout à l'heure donc l'idée c'est d'entrer dans la réalité par la gestion de projet qui suppose d'évaluer avant déévaluer pendant et d'évaluer après ce qui explique aussi pourquoi les les humanitaires ont parfois le sentiment de passer beaucoup de temps à remplir des dossiers parce que il faut évaluer et l'évaluation c'est à la fois essayer de connaître la réalité essayer de l'objectiver au peu au plus près possible de ce qu'elle est mais c'est aussi une façon de légitimer l'action là encore par rapport à des critères qui sont les critères des démocraties libéral puisque dans le système de valeur qui fait consensus il faut être transparent et l'action humanitaire elle se doit aussi elle-même d'être transparente à la fois dans ce qu'elle fait et dans les résultats qu'elle obtient et dans la manière dont les opérateurs contagie et on va continuer toute cette semaine à parler de l'économie des ONG humanitaires d'autant plus importantes que les les catastrophes climatiques risquent de se multiplier dans les prochaines années merci beaucoup à tous les trois Charlotte schneeder Philippe Bonet et Pascal Dauvin de nous avoir éclairé sur ces enjeux extrêmement importants merci beaucoup à Thomas néolier Pradel également de France Bleue Touren qui a assuré ce duplexe [Musique] take [Musique] my my friend [Musique] back atmosere for million [Musique] disc this is no [Applaudissements] [Musique] way this is [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] [Musique] no [Musique] [Applaudissements] [Musique] [Musique] g tell my [Musique] baby when I get to c'est la fin d'entendez-vous l' un grand merci à tous d'avoir été avec nous comme chaque jour on se quitte avec une découverte musicale aujourd'hui c'est this is noere le nouveau single des Black Kys qui seront en concert aux éit de Paris les 12 et 13 mai prochain demain les ONG humanitaires sont-elles des acteurs économi nous en parlerons avec Nathalie Ferrier et Philippe Rifman en attendant vous pouvez retrouver toutes nos émissions sur franceculture.fr et sur l'appli Radio France on vous attend également sur X sur le compte d'entendez-vous les cours

Gaza : la logistique du secours — Arnaud Bonnet · Pourquijevote