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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 juin 2021 25 min

Abstention aux régionales, l’horizon de la présidentielle et Eric Zemmour… Le "8h30 franceinfo" de Marine Le Pen

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Marine Le Pen, dimanche soir Xavier Bertrand a dit qu'il avait brisé les mâchoires du Front National, est-ce que c'est le cas ?

0:10
Marine Le Pen

Quelle incroyable violence, c'est un vrai dérapage de la part de Xavier Bertrand, ça participe de cette ambiance que je trouve détestable. Je pense que dans une démocratie mature on peut parfaitement avoir des adversaires, on peut parfaitement défendre ses idées, on peut combattre les idées des autres, mais on ne peut pas tomber dans cette violence, on ne peut pas parler comme une racaille de banlieue, c'est pas possible. Ou alors après il ne faut pas se plaindre des violences que subissent les élus.

Moi je trouve cet argument inadmissible, la réalité c'est que Xavier Bertrand devrait être humble, parce qu'il fait certes un score en pourcentage important, mais il a perdu des voix, comme tout le monde d'ailleurs, car nous avons tous été victimes de l'abstention. Parfois, vous avez raison, nous plus que les autres, parce que structurellement notre électorat est un électorat qui est déjà abstentionniste, les jeunes, 15% des 18-35 ans, 15% seulement sont allés voter, et les classes populaires qui ne se sont pas déplacées pour ces élections intermédiaires.

Donc je pense que tout ça, ça devrait interpeller la classe politique française dans son ensemble, c'est une défaillance démocratique majeure, qu'est-ce qu'on peut faire les uns et les autres pour pousser les français à voter. Parce que moi je ne me réjouis pas, j'ai l'impression que les partis traditionnels, en réalité, ils s'accommodent assez bien d'être élus avec 15% des inscrits. Qu'est-ce que vous proposez ? Moi ça n'est pas le cas.

1:36
Présentateur

Qu'est-ce que vous proposez ?

1:37
Marine Le Pen

Je propose des choses depuis déjà très longtemps. D'abord je propose la proportionnelle. Les élections régionales, là, celles-ci, sont à la proportionnelle. Ça veut dire que chaque voix compte, et que plus les gens votent, plus il y a des élus qui les représentent dans les assemblées. Mais il faut la proportionnelle aux législatives. Le président de la République avait promis cette proportionnelle, il n'a pas respecté cette promesse. Or, je crois que le fait que l'Assemblée nationale ne soit pas représentative de l'ensemble des idées du peuple français est un vice majeur de notre démocratie.

2:13
Intervenant

Mais là on parle des régionales, et vous l'avez dit, c'est à la proportionnelle, et donc votre résultat, il est quand même celui-là.

2:19
Marine Le Pen

Vous avez raison. Mais en réalité, à partir du moment où les français ne se sentent pas représentés à l'Assemblée nationale, ils ont le sentiment que la politique, ça ne sert à rien. Et ça touche toutes les autres élections. C'est ce qui a fait que les gilets jaunes sont allés dans la rue aussi. C'est parce que comme ils sentaient qu'ils ne pouvaient pas, ils n'avaient pas la capacité de défendre leurs idées au sein de l'Assemblée nationale, eh bien la seule échappatoire possible, c'est de l'exprimer dans la rue. Est-ce que c'est ça qu'on veut ? Est-ce que c'est cette vision-là de la démocratie qu'on défend ?

Moi, je suis pour une démocratie représentative qui puisse être la plus parfaite possible.

2:53
Présentateur

Pardon, vous dites que les régionales sont à la proportionnelle, ce n'est pas le cas. Merci. Aujourd'hui, si on arrive en tête, on remporte 50% des conseils régionaux plus une majorité. On n'est pas sur un scrutin où si on fait 25% des voix, on a 25% des élus.

3:07
Marine Le Pen

Vous avez raison, c'est une proportionnelle avec une prime. Oui, une prime majoritaire très forte. Et c'est une proportionnelle. C'est une proportionnelle.

3:13
Présentateur

Quoi qu'on en dise. Est-ce que vous vous en voulez d'avoir engueulé vos électeurs dimanche soir ?

3:17
Marine Le Pen

Mais je n'ai pas engueulé mes électeurs dimanche soir. Ce n'est pas parce que Xavier Bertrand dit ça que c'est vrai. Vous voyez, à un moment donné, c'est un adversaire politique. C'est l'impression qu'on a une aussi. Non, ça n'est pas sévère. C'est franc. Et c'est pour ça que les électeurs m'aiment, figurez-vous. C'est pour ça qu'ils me font confiance. Parce que vous les en dire l'en dire un peu. C'est parce que moi, je leur dis les choses franchement. Et je leur dis quoi ? Je leur dis, regardez ce qu'ils sont en train de faire de votre absence. Et donc, allez voter. Regardez que chaque comportement individuel qui peut apparaître anodin.

Quelqu'un dit, ah, les sondages sont flatteurs pour mon mouvement, le Rassemblement national auquel je crois, en qui j'ai confiance. Donc, je peux m'abstenir de voter. Ce n'est pas très grave. Ça ne changera rien. Eh bien, en réalité, je viens leur dire, vous voyez, l'addition des comportements individuels peut entraîner une victoire ou une défaite. Et moi, je pense qu'il faut participer à la démocratie. Il y a trop de pays dans le monde dans lesquels on ne peut pas voter. Pour qu'en France, où on peut le faire, on se prive de le faire. Surtout quand on est en désaccord avec la politique qui est menée.

Quand on est en désaccord avec la politique qui est menée et qu'on souhaite une autre politique, eh bien, il faut le faire aussi pour les départementales et les régionales.

4:23
Intervenant

Eh bien, justement, Marine Le Pen, selon le Figaro, vous auriez déclaré dimanche soir après l'élection, devant votre garde rapprochée, se battre contre ses ennemis, c'est une chose, mais se battre contre des gens qui ne veulent pas être sauvés en est une autre.

4:35
Marine Le Pen

Est-ce que vous avez vraiment tenu ces propos ? Non, je n'ai pas tenu ces propos. Ce que j'ai dit, c'est que nous faisons tout notre possible. Nous nous battons tous les jours, dans des conditions dont chacun peut admettre qu'elles ne sont pas simples, face à un système qui use de tous les moyens, y compris les plus déloyaux, y compris les plus ignobles parfois contre nous, et que nous avons besoin d'être aidés dans cette tâche. C'est-à-dire que pour aider les Français, les Français doivent également nous aider. Nous aider à avoir le plus d'élus possible pour pouvoir précisément les défendre. Donc, c'est une forme de contrat entre un mouvement politique et ses électeurs.

Et moi, je viens leur dire, j'ai besoin de vous, j'ai besoin que vous vous déplaciez, j'ai besoin que vous fassiez élire M. Mariani, pour ça, il faut aller voter. J'ai besoin que vous renversiez les résultats du premier tour. On peut, encore une fois, avoir un rendez-vous manqué électoral. Mais nous sommes encore là. Nous sommes là dans toutes les régions. Nous sommes présents au second tour dans toutes les régions. Donc, vous pouvez corriger ce résultat, comme l'ont fait les Français, d'ailleurs, lors du second tour d'élection législative. Souvenez-vous, il y avait eu un vote LREM incroyable. Et au deuxième tour, il y a eu une rectification des résultats. Eh bien, c'est ça que je leur dis.

Vous pouvez encore rectifier les résultats. Faites-le.

5:53
Présentateur

Est-ce que le RN est devenu trop gentil ? Est-ce que vous vous êtes affadis, comme vous l'entendez depuis quelques jours ?

5:58
Marine Le Pen

Non, je n'entends cela...

6:00
Présentateur

Est-ce que ça existe un RN gentil ?

6:01
Marine Le Pen

Non, mais d'abord, je n'entends cela que de la part de certaines personnes qui, eux, sont les tenants d'une ligne extrêmement radicale dont il faudra, d'ailleurs, qu'ils nous expliquent en quoi elle consiste. Vous pensez à qui ? Moi, je ne recherche pas ni plus de radicalité ni moins de radicalité. Moi, je veux agir sans violence et sans faiblesse. C'est ma ligne de conduite. Je défends mes idées depuis, maintenant, en première ligne depuis plus de 20 ans. Et je crois, encore une fois, que de plus en plus, les Français me font confiance, précisément pour changer les choses. J'ai le courage de changer les choses. Et nos élus sur les territoires ont aussi le courage de le faire.

Regardez nos municipalités. Dans nos municipalités, les habitants sont ravis de la manière dont sont dirigées les villes. La preuve en est, d'ailleurs, c'est que tous nos maires, quasiment, ont été réélus dès le premier tour.

6:51
Présentateur

Et là, les électeurs sont allés voter ?

6:53
Marine Le Pen

Non, aux dernières municipales, objectivement, il y a eu une forte abstention aussi.

6:57
Présentateur

Mais nettement plus faible qu'en régional. On va continuer.

7:00
Marine Le Pen

Mais plus faible, vous avez raison. D'ailleurs, la vraie question, c'est, est-ce qu'il n'y avait pas déjà une vague abstentionniste municipale qui nous aurait échappé, à vous, à nous, parce qu'on a mis tout ça sur le dos, en réalité, de la crise sanitaire ? Est-ce que, déjà, il n'y avait pas ce désintérêt des Français pour les élections intermédiaires ? Vous savez, moi, je rencontre beaucoup de gens, et j'en ai rencontré beaucoup depuis lundi. J'en ai eu beaucoup au téléphone. Et qu'est-ce qu'ils disent ? Ils disent, la seule chose qui peut changer, la situation du pays, c'est la présidentielle. C'est cela qu'ils pensent.

Ils sont tous, en quelque sorte, pour beaucoup focalisés sur la présidentielle.

7:36
Intervenant

Mais vous étiez sur la tenue des régionales à cette date.

7:38
Marine Le Pen

Et je viens leur expliquer, et je viens leur expliquer, ici, ce matin encore, qu'il n'y a pas que la présidentielle, qui, bien sûr, est fondamentale. Il y a aussi, dans les régions, des décisions qui sont prises et qui aggravent leur situation personnelle, ou peut les améliorer.

7:53
Présentateur

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National et l'invité de France Info. Il est 8h41. Diane Ferschit pour le Fil Info. Et on se retrouve dans un instant. Après un cluster d'une trentaine de personnes au variant Delta, détecté dans l'élan d'un deuxième foyer de contamination, détecté dans le Bas-Rhin, 13 salariés de l'entreprise Caddy, après notamment un rassemblement festif samedi dernier, indique l'agence régionale de santé. Elle appelle les autres participants à se manifester. Les syndicats n'ont pas encore été conviés.

Mais l'Elysée confirme à France Info qu'une grande conférence sociale se tiendra début juillet, parmi les sujets qui seront abordés, les réformes, dont la réforme des retraites. L'expertise ADN doit à présent confirmer si les ossements retrouvés hier à Bagnole-sur-Cesse dans le Gard correspondent bien à ceux de Lucas Tronche. Mais il y a une grande vraisemblance, affirme sur France Info le procureur de la République de Nîmes. L'adolescent avait disparu en 2015. Les nouveaux éléments ont été découverts dans un lieu difficile d'accès. Nous aurons beaucoup de mal à déterminer ce qui s'est passé, estime le procureur. Dès cet été, finit l'avantage lié au but à l'extérieur.

Décision de l'UEFA pour toutes les compétitions. Désormais, si deux adversaires ont marqué le même nombre de buts sur l'ensemble des rencontres, ils disputeront deux périodes de prolongation de 15 minutes et s'il le faut, une séance de tir au but. France Info

9:06
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

9:11
Intervenant

Toujours avec Marine Le Pen. Plus de sortie de l'UE, de l'euro, de Schengen, de la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Est-ce que vous avez poussé un peu trop loin la dédiabolisation de votre parti ?

9:21
Marine Le Pen

Non mais d'abord, la manière dont vous présentez ça est quand même relativement caricaturale, ça c'est la première chose. J'ai faux sur toute la ligne ou c'est vrai ? Nous avons modifié un certain nombre de nos positions sur l'Europe, c'est vrai. Mais ça a été validé par les électeurs. Pardon de vous le rappeler, il y a eu des élections européennes. Et ces décisions ont été prises avant les élections européennes. Et les électeurs nous ont mis en tête des élections européennes. Donc ils ont validé ce pragmatisme qui consiste à dire l'Union Européenne a changé, a changé beaucoup.

Et parce qu'elle a changé beaucoup, on a la capacité aujourd'hui avec nos alliés en Europe de pouvoir peser sur elle et changer les éléments néfastes de cette Union Européenne pour la transformer en alliance européenne des nations. Tout ça a été validé.

10:05
Présentateur

Vous ne pensez pas qu'une partie de vos électeurs se dit aujourd'hui, à force de renoncer à ce qu'ils faisaient, je sais que ça vous fait sourire, mais sa spécificité, c'est-à-dire d'être contre l'Europe, d'être contre l'euro et d'avoir changé sur des questions qui sont importantes. Je viens de vous répondre que... Finalement, vous faites partie du système que vous dénoncez.

10:20
Marine Le Pen

Je viens de vous répondre que cette ligne a été validée. Deuxièmement, pourquoi je souris ? Parce qu'en réalité, ça fait 20 ans que j'entends ça. Et ça fait 20 ans aussi, Marine Le Pen, que vous dites que vous luttez contre un système dont vous faites partie. Pardon, quand j'ai été candidate à la tête du Front National, vous disiez la même chose. Vous disiez le Front National, avec Marine Le Pen à sa tête, va s'effondrer. Parce qu'en réalité, le noyau dur des électeurs ne va pas la suivre, etc. C'est ce que disaient les médias. Je pense que vous avez de nos électeurs une vision caricaturale. Non mais les critiques, elles viennent de votre parti, là.

Et donc, si vous voulez, vous ne savez pas ce qu'ils souhaitent. Nos électeurs, ils souhaitent être protégés. Ils souhaitent plus de protection. Ils souhaitent plus d'ordre, notamment en matière d'insécurité. Ils souhaitent qu'on régule de manière drastique l'immigration. Ils souhaitent que nous réindustrialisions le pays. Ils souhaitent tout cela. Ils souhaitent qu'on sauve le système de protection sociale. Et c'est précisément ce que je leur dis que je vais faire. Donc, je m'engage auprès d'eux à faire cela. Et c'est la raison pour laquelle ils nous rejoignent. Et ils nous rejoignent de plus en plus, en réalité. Et ils nous font confiance de plus en plus.

Et je m'en réjouis parce que c'est cela qui va me permettre de gagner la présidentielle et de mettre en œuvre un gouvernement d'union nationale. Et de rétablir la paix civile dans un pays dans lequel, on le voit bien, la violence ne cesse de s'aggraver de jour en jour.

11:43
Présentateur

Marine Le Pen, en Ile-de-France, celui que vous souhaitiez nommer Premier ministre en cas de victoire à la dernière élection présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, a annoncé qu'il ne votera pas pour votre liste, celle de Jordan Bardella, qui est présente au second tour, mais pour Valérie Pécresse. Est-ce que vous êtes déçu de son choix ?

11:59
Marine Le Pen

C'est une très grande preuve d'affaiblissement, en réalité, de la part de Nicolas Dupont-Aignan, qui n'a même pas réussi à faire une liste en Ile-de-France. Il est lui-même élu d'Ile-de-France. Il est maire en Ile-de-France. Il est député d'Ile-de-France. Il n'a même pas réussi à constituer une liste avec son mouvement en Ile-de-France. Donc, comme il est très faible et qu'une grande partie de ses troupes l'ont quitté pour rejoindre, d'ailleurs, le Rassemblement national, il se raccroche à Valérie Pécresse. Bon, ce n'est pas glorieux. Ce n'est pas non plus un fait politique majeur.

12:27
Intervenant

Il ne se raccroche pas à vous ? Ça veut dire que les contacts sont rompus ?

12:30
Marine Le Pen

Les contacts sont rompus de son fait, d'ailleurs. Je ne sais pas pourquoi, mais de son fait. Moi, ce n'est pas ma responsabilité. Il peut encore changer d'avis et revenir participer à la dynamique de la présidentielle, s'il le souhaite.

12:44
Intervenant

En PACA, c'est la région de tous vos espoirs, la région PACA, qui pourrait basculer de votre côté, entre les mains de votre candidat Thierry Mariani. Mais Renaud Muselier a eu un soutien hier, le candidat des Républicains. Il a reçu le soutien de Nicolas Sarkozy. Est-ce que vous craignez encore plus la défaite en PACA ?

13:03
Marine Le Pen

Non, parce que, permettez-moi de vous dire que Nicolas Sarkozy, qui, je trouve, devrait être discret. Je vous le dis franchement, parce que je pense que la situation de la droite, aujourd'hui, elle le fait en grande partie des promesses non tenues de Nicolas Sarkozy. Si Nicolas Sarkozy avait sorti le Karcher, comme il l'a promis, plutôt que de sortir Kouchner comme ministre, probablement la droite ne serait pas dans la situation dans laquelle elle est. Cette droite, elle nous fait porter à nous, au Rassemblement national, la responsabilité de son affaiblissement progressif. On n'y est pour rien, nous.

On n'y est pour rien si Nicolas Sarkozy a supprimé la double peine qui permet d'expulser du territoire des gens qui ont commis des crimes, des assassinats, des viols sur notre territoire. On n'y est pour rien s'il y avait plus d'immigration avec Nicolas Sarkozy que sous Lionel Jospin. On n'y est pour rien si Mme Pécresse distribue gratuitement des seringues aux drogués qui sont en train de pourrir la vie des habitants de plusieurs quartiers en Ile-de-France. On n'y est pour rien. C'est leur responsabilité. Et c'est la raison pour laquelle une partie de leur électorat les ont quittés et continuent, je crois, à les quitter.

14:04
Intervenant

Si vous n'avez aucune région dimanche soir, si vous ne prenez aucune région dimanche soir, c'est votre échec ?

14:10
Marine Le Pen

Non mais moi, si vous voulez que ça le soit, ça le sera. Je vais vous dire, j'assume tout. Moi, si j'ai aucun problème avec ça. Vous savez ce qu'on dit ? On dit la victoire est collective et la défaite est orpheline. Bon, la défaite n'a pas de paire. Moi, je suis la dirigeante du mouvement. J'assume mes responsabilités comme dirigeante du mouvement. Ça ne me pose encore une fois aucune difficulté. Mais je voudrais quand même attirer votre attention sur une chose. C'est qu'il faut décorréler ces élections régionales des élections présidentielles. Ça n'est pas le même périmètre électoral.

14:37
Intervenant

Sauf que c'est compliqué. Si vous ne gagnez pas les régionales, vous manquez d'ancrage territorial pour la présidentielle. Et ça va être compliqué de faire campagne.

14:44
Marine Le Pen

Non, parce qu'il y a un ancrage territorial du RN depuis longtemps. Il sera moins puissant. Et effectivement, je le regretterai. Je l'ai déjà dit. Il faudra probablement recréer une dynamique qui aura été quasi automatique avec des très bons résultats au régional du RN. Mais on la recréera. Et je note d'ailleurs qu'un sondage est intervenu le lendemain des élections, du premier tour des élections régionales, qui ne montre aucun changement dans les rapports de force pour la présidentielle. Ce n'est pas le même périmètre électoral. Ce n'est pas non plus, évidemment, vous le comprenez, le même enjeu.

15:21
Présentateur

Vous parliez de l'élection présidentielle, Marine Le Pen. On a appris cette semaine qu'elle devrait avoir lieu les 10 et 24 avril prochains. Ce sont les dates qui sont pour l'instant privilégiées par le gouvernement. La décision va tomber dans quelques jours au Conseil des ministres. Vous demandez à ce que ces dates soient changées. Pourquoi ?

15:36
Marine Le Pen

Le premier tour intervient pendant les vacances Hauts-de-France et PACA. Je suis sûre que ça doit relever du hasard. Et surtout, le deuxième tour est un dimanche de vacances de l'intégralité de la France. Je pense que quand un pays est confronté à une forte abstention, et c'est le cas de la France, ça ne me paraît pas être une bonne solution que de mettre un second tour au moment où l'intégralité des gens sont en vacances.

15:57
Présentateur

Mais si on choisit l'autre option, ça fait tomber le second tour le dimanche 1er mai, jour férié, avec les manifestations ?

16:03
Marine Le Pen

Non mais d'accord, le dimanche 1er mai, c'est un dimanche où les gens ne travaillent pas. Si je puis me permettre, tant mieux, ce n'est pas un grand week-end, donc si je puis me permettre, tant mieux que chacun puisse bénéficier de ce jour férié pour aller voter.

16:13
Présentateur

Le 21 avril 2002, votre père s'était qualifié pour le second tour avec deux zones en vacances déjà, ça ne l'avait pas empêché ?

16:18
Marine Le Pen

Oui, non mais je ne dis pas que ça a une influence majeure. Mais si vous voulez, je pense que, encore une fois, je vous dis, ce second tour est, à mon avis, la date du second tour est plus problématique qu'à la date du premier. Parce que, pour le coup, tout le monde est en vacances. Bon, écoutez, on verra ça. De toute façon, je ne suis pas sûre que le gouvernement ait encore fait son choix. C'est pour l'instant une rumeur. Il faut parfois se méfier des rumeurs.

16:38
Présentateur

Effectivement. Il est 8h50. Le fil d'info avec Diane Ferchité. On vous retrouve dans un instant, Marine Le Pen. Chute accidentelle, geste suicidaire ou encore intervention d'un tiers. Le procureur de la République de Nîmes affirme travailler sur toutes les hypothèses après la découverte d'ossements, de vêtements et d'un sac similaire à celui de Lucatronge, dans une zone escarpée à Bagnole-sur-16 dans le Gard. L'adolescent a disparu il y a 6 ans alors qu'il se rendait à un cours de natation. 66% d'abstention la semaine dernière. Et quand sera-t-il dimanche pour le second tour des régionales et des départementales ?

Selon le sondage d'Oxabagban Consulting pour France Info et Le Figaro, la moitié des abstentionnistes expliquent leur non-vote par un manque d'intérêt ou une défiance envers la politique. 16% d'entre eux disent aussi avoir manqué d'informations sur le scrutin. Plus de 100 000 citoyens hongrois ont déjà signé une pétition contre la loi jugée homophobe adoptée par Budapest. C'est une loi contre les pédophiles, insiste le gouvernement hongrois. Le texte mêle pédophilie et homosexualité. Les dirigeants de l'Union Européenne demandent au Premier ministre Victor Orban de s'expliquer. Les secours recherchent une centaine de personnes à Miami en Floride.

Après l'effondrement d'un immeuble, au moins une personne est morte dans cette catastrophe. Une centaine d'autres misent à l'abri pour l'heure. On ignore l'origine du drame. France Info

17:53
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

17:58
Intervenant

Toujours avec la présidente du Rassemblement National, Marine Le Pen. La réforme des retraites, c'est l'un des sujets qui va revenir sur la table dans quelques mois. La réforme n'est pas enterrée, dit le président de la République, mais elle ne sera pas reprise en l'état. Vous, au Rassemblement National, vous êtes toujours sur la retraite à 60 ans ?

18:15
Marine Le Pen

Avec 40 annuités. C'est très important ces 40 annuités parce que ça change évidemment beaucoup de choses. Et ça veut dire que pas grand monde ne pourra partir à 60 ans ? Si vous avez 40 annuités, sinon vous avez commencé à travailler à 20 ans et que vous avez pu valider vos trimestres, vous pouvez prendre la retraite. C'est évidemment un avantage pour les travailleurs manuels. Bon, aujourd'hui, la date d'un premier emploi fixe en France, c'est 27 ans. Vous vous rendez compte ? Donc d'ores et déjà, pour obtenir 40 annuités, c'est évidemment plus compliqué. Mais que va proposer très certainement Emmanuel Macron ? Soutenu par LR, soutenu par LR, c'est la retraite à 65 ans.

Ils sont d'accord sur ce sujet. Ils sont d'ailleurs d'accord sur beaucoup d'autres sujets. Vous savez, si Nicolas Sarkozy appelle à voter pour M. Muselier, qui est le candidat d'En Marche, de LR, d'En Marche, mais aussi du PC, du PS, des Verts, c'est parce qu'ils ont des points communs et qu'il y a un rapprochement aujourd'hui entre Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron. Chacun le sait. Et sur ces sujets-là, par exemple, sur le sujet de la protection sociale, LR et En Marche sont parfaitement d'accord.

19:21
Intervenant

Sauf que si on revient à votre proposition, vous dites 40 annuités, les personnes commencent en moyenne à 27 ans. On fait le calcul simple, ça nous amène à 67 ans. Et donc, c'est beaucoup plus que ce que propose Emmanuel Macron.

19:33
Marine Le Pen

C'est une moyenne. C'est une moyenne. Mais c'est encore pire, excusez-moi. Mais alors là, pour le coup, avec la réforme qui va être faite, ils n'auront pas de retraite. Du tout, voilà. C'est-à-dire qu'ils l'obtiendront à une date, peut-être 70 ans, 72 ans, 73 ans. Je ne sais pas, on attend de voir les détails, mais moi, je suis encore une fois opposé à cela. C'était la situation ontérieure, je vous signale.

19:55
Présentateur

Le maire de Bézis, Robert Ménard, dit que votre projet de retraite à 60 ans, même avec les 40 années de cotisation, il devrait figurer dans le projet de la France insoumise et pas dans le vôtre.

20:03
Marine Le Pen

Oui, mais on peut être en désaccord sur un sujet. Et qu'il figure d'ailleurs dans le projet de la France insoumise. On peut être en désaccord sur un sujet. Je suis en désaccord avec Robert Ménard, que j'apprécie par ailleurs, mais je suis en désaccord sur ce sujet avec lui.

20:15
Présentateur

Vous ne changerez pas d'avis sur cette question avant la présidentielle ?

20:18
Marine Le Pen

Vous n'avez pas d'avis sur la retraite à 60 ans, avec 40 annuités, parce que je pense que c'est un élément essentiel.

20:23
Présentateur

Y compris si ça fait fuir des électeurs de droite aujourd'hui.

20:26
Marine Le Pen

Pardon ?

20:26
Présentateur

Y compris si ça fait fuir des électeurs de droite aujourd'hui.

20:29
Marine Le Pen

Mais je ne crois pas du tout que ça fasse fuir des électeurs de droite. Je pense que chacun est attaché à notre système de protection sociale. Et qu'aujourd'hui, beaucoup de Français prennent conscience qu'effondrer notre système de protection sociale n'est pas la réponse à nos problèmes. La réponse à nos problèmes, c'est recréer de la richesse. C'est de recréer du travail dans notre pays. Car encore une fois, pour sauver le système de retraite, il y a quelque chose qui est très simple. C'est faire baisser le chômage. Voilà. Parce que c'est ça qui permet de sauver le système de retraite. C'est faire baisser le chômage. C'est-à-dire recréer de l'emploi, recréer de la richesse.

Et donc, changer un modèle économique qui est un modèle économique qui a entraîné la concurrence déloyale, la désindustrialisation et l'affaiblissement de notre tissu entrepreneurial.

21:10
Intervenant

Marine Le Pen, est-ce qu'Éric Zemmour vous fait peur ? Non. Il ne vous fait pas peur ?

21:15
Marine Le Pen

Non, mais je n'ai pas peur. D'abord, je n'ai pas peur parce que je considère qu'Éric Zemmour n'est pas un de mes concurrents. Ce n'est pas un adversaire politique ? Il est le concurrent de LR. Il est le concurrent de Nicolas Dupont-Aignan qui pourrait éventuellement avoir peur. C'est ce que disent d'ailleurs les études d'opinion. Il a le droit de se présenter. Ça ne me pose aucune difficulté, moi. Je suis, encore une fois, attachée à la démocratie. Tout le monde peut se présenter s'il a quelque chose à dire de sérieux à la présidentielle. Il n'y a pas de difficulté. Nous débattrons si tant est qu'il soit candidat parce que pour l'instant, c'est de la politique fiction.

Donc, attendons de savoir...

21:51
Présentateur

Vous l'entendez faire des petits pas semaine après semaine en disant, je suis de moins en moins spectateur.

21:56
Marine Le Pen

J'ai une longue expérience, moi. J'ai vu des dizaines de personnes faire des petits pas en avant. Et puis, trois grands pas en arrière.

22:02
Présentateur

La politique est peuplée de candidats potentiels qui ne sont jamais devenus.

22:05
Marine Le Pen

Donc, attendons, avant de perdre, si je puis me permettre, un peu de temps sur des éléments essentiels. Attendons de savoir ce qu'il compte véritablement faire.

22:13
Présentateur

Vous diriez qu'il est d'extrême droite ?

22:15
Marine Le Pen

Non. Je ne sais pas d'où sort d'ailleurs cette... Non, mais moi, cette accusation d'extrême droite, je vais vous dire, je la trouve. Franchement, ça devient pénible. Aujourd'hui, tout le monde, tous ceux qui sont à la droite de Mélenchon sont considérés comme d'extrême droite, en quelque sorte. C'est l'accusation que j'ai appelée l'accusation de feignant, parce que cette accusation-là, qui vise à invalider quelqu'un, n'est jamais appuyée sur des arguments qui sont des arguments précisés. Le grand remplacement, par exemple ? Non, mais est-ce qu'il y a des gens, aujourd'hui, qui sont contre le pluralisme des partis politiques ?

Est-ce qu'il y a des gens qui sont contre le pouvoir de l'Assemblée nationale ? Est-ce qu'il y a des gens qui sont pour la violence ? Et contre la démocratie ? Non, il n'y en a pas. Il y a des gens qui ont des idées différentes.

23:01
Présentateur

Dans le cas d'Éric Zemmour, condamnés plusieurs fois également par la justice.

23:04
Marine Le Pen

Il y a aussi des gens de gauche qui ont été condamnés pour tel ou tel propos. Il y a aussi des journalistes qui ont été condamnés, vous le savez.

23:11
Présentateur

Le grand remplacement, ce n'est pas une idée d'extrême droite. Dire qu'il y a aujourd'hui un complot pour remplacer les Blancs par des vagues migratoires, par exemple, en Europe, ce n'est pas une idée d'extrême droite.

23:21
Marine Le Pen

Non, mais objectivement, moi, cette accusation d'extrême droite, elle m'insupporte, elle m'excède, je vous le dis. Voilà, je vous le dis. Donc, il y a des gens qui ont une vision plus radicale que d'autres sur tel ou tel sujet. On peut avoir des divergences. Avec Éric Zemmour, on a une divergence, par exemple, sur l'islam comme religion. Moi, je lutte contre l'islamisme, c'est-à-dire contre une idéologie que je considère totalitaire. Mais je ne lutte pas contre une religion. Je considère que la religion, les religions sont libres dans notre pays et peuvent parfaitement être exercées toutes de manière pacifique. On a une divergence sur ce sujet.

23:58
Intervenant

Il vous recentre, Éric Zemmour ? C'est bon pour vous ou pas ? Mais encore une fois... Sur l'échiquier politique, vous voyez bien que les positions, elles sont évidemment différentes en fonction des partis. Lui, il va un peu plus loin que vous sur les questions des religions, par exemple.

24:14
Marine Le Pen

Mais il a une forme de radicalité sur ce sujet qui, encore une fois, n'est pas la mienne.

24:19
Présentateur

Vous pourriez participer à une primaire éventuellement avec lui ou cet ordre de questions ?

24:23
Marine Le Pen

Pourquoi voulez-vous que je participe à une primaire ?

24:26
Présentateur

Pour pouvoir réunir vos forces pour le second tour ?

24:28
Marine Le Pen

Non mais pardon, mais d'abord, je trouve que la primaire, c'est une très, très mauvaise idée. D'ailleurs, c'est une si mauvaise idée que même les LR, qui s'en étaient réjouis la dernière fois, ont abandonné l'idée. Moi, je considère qu'un mouvement soutient une candidature à la présidentielle. Et c'est le week-end prochain, pendant le congrès du Rassemblement national, que le Rassemblement national décidera de soutenir la présidente du mouvement que je représente. C'est cela, vous voyez ? Donc, je suis contre les primaires et par conséquent, je ne vais pas aller participer à une primaire. Je n'ai aucune raison de le faire.

25:06
Présentateur

Merci Marine Le Pen.

25:07
Marine Le Pen

Merci à vous de votre invitation.

25:08
Présentateur

Et bonne journée à vous.