Bilan du débat & de la campagne pour E.Macron
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Il est l'heure de notre grand invité. Bienvenue à vous qui venez de nous rejoindre. C'était le point d'orgue de cette campagne présidentielle. Le débat de l'entre-deux-tours a eu lieu hier entre le président sortant Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Nous allons y revenir avec notre grand invité du matin. Bonjour Marie-Pierre Védraine.
Bonjour à vous.
Merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes députée européenne, co-présidente du groupe Rignoux au Parlement européen. C'est Rignoux, c'est La République En Marche, c'est Emmanuel Macron pour le Parlement européen. Quand vous avez rejoint pendant le premier mandat d'Emmanuel Macron, vous étiez à l'origine issue de la société civile. Quel regard, Marie-Pierre Védraine, vous portez sur le débat que vous avez vu hier comme, je pense, une bonne partie de nos auditeurs ?
Je pense que nous avons eu un débat de qualité, un débat qui a permis à chacun des candidats d'exposer sa vision, son projet pour la France et un débat qui méritait aussi de la clarification de la part de la candidate du Rassemblement national sur justement ses ambitions parce qu'on avait vu ces derniers jours aussi beaucoup de contradictions dans ses propositions et dans les interventions de ces différents lieutenants en quelque sorte. Donc ce débat hier soir a permis sur différents thèmes à chacun d'exposer sa vision.
Et ce sont bien aussi deux visions antagonistes sur certains enjeux, notamment la vue sur la question européenne, sur la question aussi de ce qu'est la France, de nos valeurs, que ce soit sur la liberté, que ce soit sur d'autres sujets. Donc c'était important qu'il puisse avoir lieu pour que les Français puissent faire le bon choix ce dimanche.
Certains spectateurs ont eu cette impression d'un Emmanuel Macron un petit peu hautain, parfois dédaigneux. Est-ce que vous comprenez cette impression qui a pu se dégager par moment ?
Je pense que, justement, j'ai regardé un petit peu, notamment sur les réseaux sociaux. Effectivement, il y avait, on voyait bien, deux camps qui se dégageaient dans les commentaires, deux qualificatifs pour chacun des candidats. Moi, en tout cas, à chaque fois que j'ai eu l'occasion de rencontrer le président de la République, de travailler à ses côtés, je n'ai jamais ressenti cela. Jamais, et vous avez raison de souligner aussi que, vous l'avez dit dans votre introduction, moi, je ne suis pas issue du serraïde politique, et j'ai toujours été en confiance et traitée avec le plus grand des respects par le président de la République.
Donc, pour moi, c'est plutôt une utilisation aussi de certains opposants, de ce qualificatif-là, qu'une réalité.
On a quand même l'impression, Marie-Pierre Védrenne, que la France est clivée plus presque que je n'ai pu l'être par le passé ces derniers mois. Est-ce que vous pensez qu'à l'issue de cette élection présidentielle, quelle que soit d'ailleurs la personne qui l'emportera, arriver à faire un pas vers l'autre et recréer du lien dans ce pays sera chose facile ? Est-ce que vous avez peut-être un regard ou une vision différente du fait de votre position d'eurodéputée ? Vous voyez aussi le regard de nos voisins européens sur cette élection ?
Je commence par la deuxième partie de votre question sur le regard de nos voisins. Et effectivement, au Parlement européen, qu'est-ce qu'on a pu voir, au-delà justement des différentes obédiences politiques, une volonté très claire de nos collègues de s'engager pour nous dire comment faire pour que le président de la République soit réélu ? Il y a un leadership du président de la République sur la scène européenne qui est très très fort. Et ça, je pense que c'est important aussi que les auditeurs en aient conscience, qu'Emmanuel Macron est vu comme le leader européen qui permet d'avancer pour défendre l'Union européenne sur la scène internationale.
Une vision claire sur les enjeux relatifs au changement climatique, à la souveraineté, aux questions de défense. Bien évidemment, un rôle essentiel du fait de la situation de la guerre en Ukraine. Donc ça, c'est un premier point. Sur la France clivée, oui, on voit parfois des difficultés qui sont aussi exacerbées par le choc du Covid, où beaucoup de peur, beaucoup de crainte. On est dans un climat négatif. Mais justement, l'ambition du président de la République a toujours été de rapprocher les Français, de porter son action pour tous les Français, porter une France unie. Et c'est ça qui va continuer de nous animer.
Je pense aussi, ça fait de très nombreuses années qu'on entend que les Français sont divisés. Mais depuis le début du quinquennat, nous avons eu la crise des Gilets jaunes, le choc du Covid, la guerre en Ukraine maintenant, un contexte très difficile. Et on voit bien que justement, le chef de l'État, le président Emmanuel Macron, son ambition, ça a été de répondre à tous ces enjeux et de porter des solutions concrètes pour l'ensemble des Français et pour avoir une France qui soit beaucoup plus unie. Donc ça continuera d'être l'ambition qui sera portée par le président de la République et par tous ceux qui seront à ses côtés.
L'Ukraine qui a été un moment de tension dans ce débat. Emmanuel Macron en rappelant à Marine Le Pen ses engagements financiers vis-à-vis de la Russie. Est-ce que pour vous, Marie-Pierre Védraine, ce matin, il faut que l'Ukraine rentre dans l'Union Européenne ? Le président Zelensky l'a réclamé de manière assez forte. D'ailleurs, devant les eurodéputés réunis en session plénière à Bruxelles.
Oui, l'intervention du président Zelensky était une des premières devant toutes les assemblées quand il s'est adressé au Parlement européen où il a évoqué la nécessité que l'Ukraine soit considérée comme un pays candidat à l'adhésion de l'Union Européenne. Ce qui, justement, paraît logique et légitime parce qu'il faut rappeler à nos auditeurs que l'Ukraine a un destin européen et se bat non seulement parce qu'elle fait face à une attaque contraire au droit international de par la Russie. Et on voit de plus en plus une situation de plus en plus tendue.
Donc l'Union Européenne est du côté de l'Ukraine et l'apporte un soutien, que ce soit sur le plan militaire dans le sens de l'apport d'armes, que ce soit un soutien financier avec des aides macro-financières que nous avons votées au Parlement européen, que ce soit sur l'accueil des réfugiés. Donc l'Union Européenne est au côté de l'Ukraine et nous continuerons d'être au côté de l'Ukraine. Maintenant, vous le savez, un process d'adhésion à l'Union Européenne, c'est un process qui est long. Et pour adhérer à l'Union Européenne, il faudra d'abord rétablir la paix en Ukraine. Et c'est aussi tout le travail qui est mené par le Président de la République.
La question du pouvoir d'achat est une question centrale de cette campagne, qui est assez revenue dans le débat d'hier soir, forcément. Est-ce que pour vous, Marie-Pierre Védrenne, les outils d'achat en commun de l'Union Européenne, notamment sur tout ce qui touche au gaz aujourd'hui, comme on a pu le faire sur les vaccins durant le temps du Covid, ça a été une nouvelle approche, une nouvelle façon de faire de l'Union Européenne. Est-ce que ça peut être une solution qui, dans les prochains mois, pourra faire baisser la facture, notamment énergétique des Français ?
Vous avez raison de souligner que l'Union Européenne, aussi dans ce rôle-là, comme elle l'a fait au moment de l'endettement commun avec le choc du Covid, joue un rôle de protection pour l'ensemble des États membres de l'Union Européenne, et donc pour les Françaises et les Français. Et sur la hausse des prix et les conséquences de la guerre en Ukraine, et puis les conséquences des sanctions de l'Union Européenne vis-à-vis de la Russie que nous pouvons prendre, ont des conséquences sur le pouvoir d'achat.
Donc c'est important pour nous, au Parlement européen, aussi dans l'ensemble des institutions européennes, de trouver des solutions ensemble pour jouer ce rôle de protection, et vis-à-vis notamment du pouvoir d'achat et vis-à-vis d'autres conséquences. Donc c'est vrai que c'est là où on voit, et vous avez raison de dire qu'on a vu des différences, quand Marine Le Pen propose notamment de sortir du marché européen de l'électricité, ça aura des conséquences aussi sur le pouvoir d'achat. Parce que justement, avoir un marché commun, ça permet de mieux protéger l'entièreté des Européens, que ce soit sur le blocage des prix, mais aussi sur le volet de l'approvisionnement.
Donc on voit que toute la nécessité, justement, de l'Union européenne, et de cette protection, en quelque sorte, supranationale.
Marie-Pierre Védraine est avec nous ce matin. Je rappelle que vous êtes eurodéputée du groupe Renew, La République En Marche, au sein du Parlement européen, co-présidente du groupe français Renew. Justement, Marie-Pierre Védraine, vu qu'on parle de l'implication de l'Union européenne, est-ce que vous comprenez l'inquiétude de ces Françaises, qui se disent que, petit à petit, l'Union européenne est en train de voler à la France des parties de sa souveraineté nationale ?
Vous savez, vous l'avez dit, avant d'être au Parlement européen, j'étais directrice de la Maison de l'Europe, et même maintenant, en tant que députée européenne, je continue d'être présente éminemment sur le territoire, à échanger avec nos concitoyens. Ce n'est pas nécessairement dit dans cet ordre-là.
Je pense que beaucoup de Françaises et de Français ont conscience qu'une protection de l'Union européenne, notamment quand on est face au choc du Covid, comme on l'a abordé tout à l'heure, ou notamment quand on doit faire face à de la concurrence déloyale, qu'elle vienne des États-Unis ou de la Chine, on a conscience que ce n'est pas la seule France qui peut agir sur la scène internationale, et que l'Union européenne joue ce rôle de protection, et que sur certains sujets, il est effectivement important de passer à un échelon supérieur pour pouvoir agir. Mais tout l'enjeu, parce qu'il ne faut pas nier les problèmes non plus, c'est que l'Union européenne agisse sur les bonnes choses.
Et c'est ce qu'elle fait, parce que là, par contre, on entend parfois que l'Union européenne se mêle de tout, et ce n'est pas le cas. Il y a vraiment un principe de répartition des compétences qui est souvent, là, par contre, très difficile dans la compréhension de nos concitoyens. Donc on doit continuer à expliquer ce que fait réellement l'Union européenne, là où elle doit agir pour être le plus efficace possible.
Et c'est sur ces grandes priorités en commune que peuvent être le changement climatique, que sont bien sûr là la guerre en Ukraine, que ce soit sur les questions économiques aussi, parce que face à des puissances continentales telles que les États-Unis et la Chine, c'est bien l'Union européenne et une souveraineté européenne qui peut agir. On le voit aussi sur le plan de l'alimentation. Je viens de Bretagne. En Bretagne, on sait bien à quel point la politique agricole commune ou la politique des pêches a joué un rôle essentiel pour le développement de nos économies.
Dans les 40 secondes qui nous restent, Marie-Pierre Védrenne, vous parliez il y a quelques instants d'écologie. Faut-il craindre, comme Marine Le Pen a pu le dire, une écologie punitive, si Emmanuel Macron revient en pouvoir pour un deuxième mandat ?
Non, pas du tout. Je pense que c'est de l'ordre de la punchline, cette phrase prononcée par Marine Le Pen. Non, ce n'est pas du tout comme ça que nous nous inscrivons dans notre combat contre la lutte contre le dérèglement climatique. Et à l'inverse, justement, on voit une Marine Le Pen qui peut nier, justement, l'urgence de ces enjeux. Alors qu'on a vu à la fois les ambitions que nous avons dans l'accord de Paris ou dans l'urgence avec le rapport du GIEC. Donc, il nous faut véritablement agir. Et le président de la République l'a très bien décrit, que ce soit au niveau européen, que ce soit au niveau national, il faut accompagner les transitions.
Il faut les accélérer, mais il faut aussi les accompagner, que ce soit pour des politiques d'investissement. Il faut à la fois faire de la recherche. Et puis, il faut accompagner tout le monde. Parce que la transition écologique, elle peut faire peur aussi, que ce soit une partie de nos industries, que ce soit une partie de nos agriculteurs, que ce soit nos concitoyens. Donc, quand on travaille, par exemple, sur MaPrimeRénov', sur les logements, la rénovation thermique, c'est là où, justement, on répond à la fois aux enjeux de lutte contre le règlement climatique et à l'ambition de ne laisser personne de côté.
Au final, Marie-Pierre Védrenne, juste en deux mots, l'essentiel ce week-end, c'est d'aller voter ?
C'est d'aller voter, bien évidemment. La démocratie est un bien précieux. Et il faut absolument aller voter.
Merci beaucoup, Marie-Pierre Védrenne, d'avoir été avec nous ce matin, en direct dans la Matinale-RCEF. Je rappelle que vous êtes députée européenne, coprésidente du groupe Renew au Parlement européen. Renew, c'est la République en marche.
Marie-pierre Vedrenne