Conseil de défense Covid-19 | Introduction par le Président Emmanuel Macron
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« nous avons dépassé en début de semaine les 9 200 hospitalisations pour Covid, un niveau que nous n'avions pas atteint depuis le mois de juin »
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« la barre des 1 600 patients en réanimation a également été franchie »
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« nous avons plus de 45 millions de Françaises et de Français, 45,3 exactement à date, qui ont reçu au moins une dose »
- 1:55Emmanuel MacronChiffre
« nous avons près de 38 millions (37,8 pour être précis) qui ont ce qu'on appelle un schéma vaccinal complet »
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« 231 soignants et 70 pompiers sont partis mardi après-midi vers nos Antilles pour augmenter nos capacités »
- 3:05Emmanuel MacronPromesse
« tenir au moins la cible de 50 millions de primo injections à la fin du mois d'août »
- 4:35Emmanuel MacronFait
« tous les vaccins disponibles en France sont efficaces. D'abord ils évitent les formes graves »
- 4:45Emmanuel MacronFait
« ils réduisent très fortement la contagiosité et donc les contaminations »
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Monsieur le Premier ministre, Mesdames, Messieurs les ministres. Heureux de vous retrouver et je vous remercie de vous être rendus disponibles. Je retrouve les uns et les autres autour de l'écran pour ce Conseil de défense sanitaire du 11 août qui sera suivi d'un Conseil des ministres, pour prendre en particulier des dispositions relatives aux Outre-mer qui s'imposent.
J'y reviendrai. Et, en effet, je tenais à ce que nous puissions réunir ce Conseil sanitaire car, sous l'effet du variant dit Delta, et le ministre de la Solidarité et de la Santé y reviendra dans un instant, la situation sanitaire est plus que délicate et impose notre mobilisation. En effet, pour la caractériser en deux mots, nous avons dépassé en début de semaine les 9 200 hospitalisations pour Covid, un niveau que nous n'avions pas atteint depuis le mois de juin.
La barre des 1 600 patients en réanimation a également été franchie et cela n'est bien souvent pas sans conséquence sur les autres pathologies, c'est-à-dire que l'on retrouve plusieurs établissements hospitaliers qui sont en train de déprogrammer des soins, comme nous ne pensions pas avoir à le revivre. L'état des lieux est encore plus préoccupant dans plusieurs régions : Provence-Alpes-Côte d'Azur, Occitanie, Corse, territoires touristiques où les taux d'incidence sont très élevés, à plus de 500, ce qui fait craindre une augmentation là aussi de la pression hospitalière. Et d'ailleurs les évacuations sanitaires ont repris, venant de Corse ou d'Occitanie, vers des territoires qui sont aujourd'hui moins sous pression.
Et donc, d'ores et déjà, nous sommes confrontés dans plusieurs territoires à des déprogrammations et à nouveau nous revivons des évacuations sanitaires et, dans les trois régions que j'évoquais, les plans blancs ont été activés par le ministre et le DGS. Plus encore, ce sont les territoires d'Outre-mer où un scénario d'urgence est aujourd'hui devant nous. S'il fallait faire la démonstration que la vaccination est le moyen le plus efficace de répondre à ce variant Delta, malheureusement nos Antilles en délivrent, si je puis dire, une démonstration cruelle.
En effet, sur ces territoires, la vaccination est encore à un niveau très bas, un tiers du niveau de la France hexagonale. Environ 20 % des personnes de plus de 12 ans sont complètement vaccinées, contre près de 66 % en métropole. Aux Antilles françaises, l'augmentation des contaminations se traduit en effet par une explosion des formes graves.
Les capacités hospitalières sont, qui plus est, contraintes par le caractère insulaire, avec un risque de saturation important. Nous sommes donc aujourd'hui, en Guadeloupe et en Martinique en particulier, devant une situation dramatique qui implique une solidarité inconditionnelle de la nation tout entière. En Guadeloupe et en Martinique, où se trouve actuellement le ministre Sébastien Lecornu, et je sais qu'il est tôt pour lui, il est arrivé il y a quelques heures et je le remercie de sa présence, il sera rejoint dans quelques heures par le ministre des Solidarités et de la Santé, les hôpitaux sont déjà saturés, ce qui nous a conduits à reprendre des évacuations sanitaires, à faire appel à nos armées, et je remercie une fois encore la mobilisation du Service de santé des armées, et également à l'envoi de soignants et de pompiers volontaires depuis l'Hexagone. 231 soignants et 70 pompiers sont partis mardi après-midi vers nos Antilles pour augmenter nos capacités.
Je veux ici saluer le courage et le dévouement de nos compatriotes qui combattent la maladie, le dévouement aussi de nos soignants qui, très clairement, sauvent des vies dans un contexte extrêmement difficile. Mais nous ne céderons rien et la solidarité sera complète. Les autres départements et territoires d'Outre-mer ne sont pas épargnés.
Nous reviendrons tout à l'heure sur le cas de la Polynésie française, qui connaît une même trajectoire et qui justifie de devoir prendre, sous une forme de Conseil des ministres, des décisions importantes. Nous sommes aussi extrêmement vigilants pour ce qui est de la situation en Guyane, Réunion et Mayotte, où l'augmentation est là. Tous nos territoires ultramarins sont confrontés, en raison de leur insularité et des capacités limitées sur le plan hospitalier, évidemment à ce risque d'augmentation.
Face à cette situation, notre volonté est toujours la même : protéger les Françaises et les Français, par-delà toutes les polémiques, par-delà toutes les manipulations et toutes les facilités. C'est le seul devoir du gouvernement et le mien. Nous l'avons fait par le passé en décidant des mesures de restriction et de fermeture comme le couvre-feu ou le confinement et c'est d'ailleurs cette voie que nous avons dû continuer à choisir dans les territoires d'Outre-mer, en raison de la faiblesse du taux de vaccination et de la saturation hospitalière.
Et je veux ici remercier, au-delà des ministres que je citais à l'instant, nos préfets, les élus qui ont manifesté l'esprit de responsabilité et l'ensemble des services qui ont su se mobiliser. Nous pouvons encore éviter ce scénario dans l'Hexagone, grâce à une arme que notre pays détient et que nombre de pays dans le monde n'ont pas la chance d'avoir à ce stade, je le rappelle, c'est le vaccin. Je le redis, tous les vaccins disponibles en France sont efficaces.
D'abord ils évitent les formes graves, et cela a été maintenant démontré, le ministre convoquait dans le dossier que nous allons parcourir des études très claires, mais tous les pays européens le montrent de la même manière. Quels que soient les variants, les vaccins sont une assurance tous risques contre la réanimation, comme le montre l'expérience des soignants sur le terrain, comme les études menées partout dans le monde. Et, deuxièmement, ils réduisent très fortement la contagiosité et donc les contaminations.
Notre objectif et l'objectif que je vous fixe est donc très simple, c'est la vaccination de tous les Français qui peuvent être vaccinés. Nous sommes à cet égard en bonne voie. Nous avons, ces dernières semaines, marqué une très forte accélération de notre vaccination.
Nous avons plus de 45 millions de Françaises et de Français, 45,3 exactement à date, qui ont reçu au moins une dose, autant de témoins qu'il s'agit de solutions parfaitement sûres, et nous avons près de 38 millions ( 37,8 pour être précis ) qui ont ce qu'on appelle un schéma vaccinal complet. Cependant, on observe ces derniers jours un ralentissement dans les prises de rendez-vous et l'enjeu est donc d'accélérer. Je veux que nous puissions, là aussi durant ce Conseil, prendre des décisions claires en la matière, tenir au moins la cible de 50 millions de primo injections à la fin du mois d'août.
Les doses sont là. Les personnels sont mobilisés et il nous faut maintenant inciter le plus grand nombre à franchir le pas et en particulier continuer la politique du " aller vers " les personnes les plus âgées ou les plus vulnérables qui ne sont pas encore vaccinées. Grâce au vaccin nous pouvons, malgré la forte progression du virus, éviter des restrictions et des fermetures.
Grâce au vaccin et au pass sanitaire étendu depuis le début de cette semaine, les établissements recevant du public comme les lieux de culture, les salles de sport, les cafés, les restaurants, les grands centres commerciaux, tous ces lieux où se rassemble un large public, peuvent demeurer ouverts. Et nous allons également faire le point sur la mise en oeuvre du pass durant ce Conseil, qui a conduit d'ailleurs à ce que plusieurs pays suivent l'exemple que le Danemark avait donné un peu avant nous, que nous avons imprimé par un texte de loi et qui est maintenant pleinement déployé en France et suivi par plusieurs États américains, par d'autres États européens. Mais, dans ce moment, je veux ici dire que l'ensemble des responsables de ces lieux, qu'il s'agisse des lieux de culture comme des gérants d'établissements, qu'il s'agisse de cafés, d'hôtels, restaurants, de boîtes de nuit, l'ensemble de ces professionnels savent d'abord que le gouvernement, l'État, ont été là lorsque les temps difficiles étaient présents.
Et je veux, au moment où des tensions réapparaissent, que chacun se souvienne que, quand il n'y avait plus de chiffre d'affaires du tout à cause de l'épidémie, c'est bien l'argent public qui a permis de rémunérer les responsables de ces lieux comme leurs salariés. Il est donc légitime, comme on le fait d'ailleurs pour beaucoup d'autres risques, de demander une part de responsabilité à ces gestionnaires. Et je sais que, dans leur quasi totalité, ils considèrent qu'il n'y a même pas de débat à avoir.
C'est leur responsabilité. Personne ne veut qu'en allant au spectacle, en allant à un évènement sportif, en allant au restaurant ou au café, on prenne un risque. Nous sommes tous responsables collectivement, là où nous sommes, de cette lutte contre l'épidémie.
Et il n'y a aucun secteur qui pourrait agir comme si rien ne se passait et comme s'il n'y avait pas d'épidémie qui tournait. Je veux donc les remercier pour leur esprit de responsabilité, leur contribution à cet effort de la nation dans ces temps difficiles et leur dire aussi que, si nous mesurons les contraintes, nous n'avions pas d'autre choix car c'était cela ou la fermeture du pays. C'était cela ou de nouveaux couvre-feux, de nouveaux confinements, de nouvelles fermetures, comme on commence à le faire aux Antilles, comme d'autres territoires d'ailleurs commencent aujourd'hui à le faire.
Nous agissons toujours avec le même esprit : être proportionnés et compter sur la responsabilité de chacun au sein de la nation. Nous mettrons également en place dès la rentrée, dans l'ensemble des établissements scolaires, de grandes campagnes de vaccination. Nombre de jeunes Français ont spontanément pris rendez-vous ces dernières semaines et, pour les collégiens, lycéens et étudiants, il sera donc possible de se faire vacciner sur les lieux des cours et nous allons y revenir également pour mettre en place cette grande campagne de vaccination.
Et, enfin, nous engageons les préparatifs pour les rappels de vaccination pour les personnes âgées de plus de 80 ans et particulièrement vulnérables dès la rentrée. Et là aussi, pour les rappels vaccinaux, nous aurons l'occasion de décliner les décisions qui devront sortir de ce Conseil. Voilà Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, ce qu'en préambule de ce Conseil je voulais partager avec vous.
La crise sanitaire n'est pas derrière nous, très clairement. Et, j'ai eu l'occasion de le rappeler à plusieurs reprises, nous allons vivre pour encore plusieurs mois, nous le savons, avec ce virus. Voilà pourquoi j'attends de nous tous concentration, vigilance quant au bon déploiement de la vaccination et la réactivité.
Je remercie les ministres et les services de l'État et l'ensemble des responsables ici présents de leur réactivité et leur engagement, quelle que soit la période. Je souhaite également que nous continuions à faire preuve d'une transparence totale sur les chiffres et les études, comme nous le faisons depuis le début de l'épidémie. Loin de ce qu'affirment certains et qui font commerce de cette pandémie pour gagner des parts de marché politique, jamais dans notre histoire une crise d'une telle ampleur n'a été combattue de manière aussi démocratique.
Nous avons rendu publiques toutes les données dont nous disposions, sur lesquelles nous fondions nos décisions. Nous avons pris des décisions et c'est ce qui est attendu de celles et ceux qui président et gouvernent. Ces décisions ont ensuite suivi un chemin démocratique normal, avec des débats parlementaires nourris et des dizaines d'heures de débats, de jour comme de nuit.
Elles ont ensuite donné lieu à un contrôle constitutionnel comme il se doit et des décisions du Conseil constitutionnel qui s'est mobilisé lui aussi dans cette période. Nos institutions fonctionnent (gouvernement, Parlement, Conseil constitutionnel) et nous devons poursuivre sur cette voie, celle de la confiance sans cesse renouvelée dans nos institutions, comme celle de la mobilisation des savoirs scientifiques qui seuls doivent prévaloir quand il s'agit d'une épidémie, je crois que nous en conviendrons tous autour de cette table, celle enfin de l'appel au civisme et au sens du devoir de nos concitoyens. Clarté et transparence, fonctionnement démocratique des institutions, confiance éclairée dans la science et manifestation du civisme et de l'esprit de responsabilité de nos citoyens c'est, je crois pouvoir le dire, la boussole qui est la nôtre et qui continuera de l'être, quoi qu'on en dise et quoi que certains pensent.
Il nous faut protéger et agir. C'est notre rôle et nous le tiendrons.
Emmanuel Macron