Réforme du bac, rentrée scolaire, créations de postes en BTS... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Michel Blanquer
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Questions et réponses
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D'abord ces mots d'Emmanuel Macron dans une interview au magazine Elle, le chef de l'État qui dit qu'il voit la société se racialiser progressivement. Ça veut dire quoi ?
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Jean-Michel Blanquer, dans cette interview dans le magazine Elle, Emmanuel Macron parle aussi des crop tops à l'école.
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Jean-Michel Blanquer, vous venez d'annoncer une réforme de votre propre réforme du BAC, qui vient tout juste d'entrer en vigueur. Ça veut dire qu'elle n'était pas parfaite ?
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Toujours avec le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, on parlait à l'instant des critiques des syndicats à votre réforme.
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Comment voulez-vous qu'un enseignant sache comment note un collègue à 600 km de chez lui ?
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Est-ce que vous allez revenir sur la numérisation des copies ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23InvitéFait
« Ça veut dire qu'il voit un risque qui existe en France comme d'ailleurs dans beaucoup de pays parce que c'est un mouvement mondial qui consiste à fourvoyer le combat pour l'égalité au travers d'un combat qui crée de la fragmentation. »
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« A l'école, je suis plutôt tenue, descente, exigée. »
- 2:38Invité politiqueFait
« Je ne suis pas un défenseur de l'uniforme. »
- 3:25InvitéFait
« Je n'ai rien eu de spécial à faire sur le sujet parce que c'était déjà l'usage, si vous voulez, que les règlements intérieurs définissent les règles qui forcément sont des règles spécifiques à l'intérieur d'une école, d'un collège ou d'un lycée. »
- 5:29InvitéFait
« Ça veut dire que j'ai fait ce que j'avais dit, c'est-à-dire un comité de suivi du baccalauréat qui tient compte des réalités de terrain. »
- 6:02InvitéFait
« Et donc, dès le début, on a fixé des grands principes qui, eux, demeurent. C'est-à-dire notamment 60% de contrôle terminal, 40% de contrôle continu. »
- 9:12InvitéFait
« Le problème préexistait parce que, bien sûr, qu'il y a du contrôle continu depuis toujours dans les établissements, que ça fait le bulletin scolaire. »
- 15:13InvitéPromesse
« nous allons prendre encore des mesures nouvelles pour aider les élèves l'année prochaine. »
- 15:31InvitéChiffre
« Je vais mettre l'équivalent de 1500 emplois supplémentaires, notamment sur le lycée, pour permettre la création de petits groupes en heures supplémentaires »
- 18:44InvitéPromesse
« nous annoncerons des créations de postes en BTS de façon à pouvoir ouvrir plus de places pour les élèves qui aujourd'hui... »
- 18:51InvitéChiffre
« nous irons au-delà de 1 000 en tout cas créations. »
- 19:29InvitéChiffre
« 1 000 enseignants en plus. »
- 20:02InvitéFait
« il va prévoir un curseur en quelque sorte. Et notamment trois niveaux d'épidémie. »
- 22:10InvitéChiffre
« On en a distribué un peu plus de 20 millions. »
- 23:20Invité politiqueChiffre
« Vous aviez annoncé, il y a un mois, une enveloppe de 700 millions d'euros. »
Temps de parole
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Bonjour Jean-Michel Blanquer. Bonjour Marc Fauvel. Avec vous on va parler bien sûr de la réforme du bac, de la situation sanitaire à l'école, en ce moment de ce qui va se passer aussi pour les élèves à la rentrée. D'abord ces mots d'Emmanuel Macron dans une interview au magazine Elle, le chef de l'État qui dit qu'il voit la société se racialiser progressivement. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'il voit un risque qui existe en France comme d'ailleurs dans beaucoup de pays parce que c'est un mouvement mondial qui consiste à fourvoyer le combat pour l'égalité au travers d'un combat qui crée de la fragmentation. C'est ce qu'on appelle la fameuse cancel culture, les woke, les intersectionnelles, vous trouvez tous les mots que vous voudrez. Et donc le combat pour l'égalité, notamment en l'occurrence le combat pour l'égalité entre les femmes et les hommes, qui est un combat si fondamental, doit l'être au nom de l'universalisme, de l'humanisme, de l'égalité entre tous tout simplement. Donc il s'agit, c'est assez simple, il s'agit d'unir plutôt que de fragmenter.
Vous trouvez que l'école elle aussi se racialise ? Non, heureusement parce que ce sont les valeurs républicaines qui dominent à l'école et que nous diffusons. Mais bien entendu on doit être extrêmement attentif parce qu'il y a des courants de pensée, et des courants d'action politique aussi qui essayent de faire passer. On voit venir ça de la part des universités américaines en particulier, qui sont un peu la matrice de ce mouvement. Mais en France il y a aussi des intellectuels, des politiques qui sont dans cette logique de ce qu'on appelle l'intersectionnalité.
Il ne faut pas sous-estimer ce phénomène qui est grave parce que c'est une vision de la société exactement à rebours de ce que nous défendons depuis la Révolution française au moins. C'est-à-dire, et même avant je dirais, par la pensée des Lumières, c'est-à-dire tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit et ne se définissent pas d'abord par leur appartenance diverse et variée. Parce que sinon c'est la course à la victimisation, c'est la course à la fragmentation. Donc on ne doit pas se tromper de logiciel.
C'est pourquoi d'ailleurs nos discours à la jeunesse, que ce soit sur le féminisme, la lutte contre les discriminations, l'écologie, doivent l'être toujours au nom de l'humanisme, au nom de l'égalité et pas au nom de l'opposition des groupes entre eux. C'est, je dirais, aussi simple que ça. Et moi je vois beaucoup de jeunes qui sont justement dans cette volonté d'avoir une approche humaniste, tout simplement. Il faut en quelque sorte régénérer l'humanisme, rénover l'humanisme pour que ce soit la valeur de référence claire et nette pour tous.
Jean-Michel Blanquer, dans cette interview dans le magazine Elle, Emmanuel Macron parle aussi des crop tops à l'école. Vous savez, c'est haut pour jeunes filles dont on voit le nombril. A l'école, je suis plutôt tenue, descente, exigée.
C'est Emmanuel Macron qui parle, c'est pas vous.
Oui, donc j'essaie de tenir le ton. A l'école, je suis plutôt tenue, descente, exigée. Je ne suis pas un défenseur de l'uniforme. Mais tout ce qui vous renvoie à une identité, à une volonté de choquer ou d'exister n'a pas sa place à l'école, dit le président de la République. Comment on fait ? Alors on mesure à l'entrée de l'école la bonne longueur du haut des jeunes filles ? Est-ce que la tenue décente, elle est appréciable différemment ?
Vous savez, ça fait des décennies que ces sujets-là sont posés et se règlent de manière assez normale dans un établissement. Il faut faire confiance au chef d'établissement. Il y a toujours un règlement intérieur qui fixe des choses qui sont en réalité de bon sens. Qui n'est pas toujours le même partout. Qui peut un peu varier. Vous avez même des règlements intérieurs qui prévoient l'uniforme. Dans l'internat d'excellence de Sourdin auquel j'ai contribué à la naissance, il y a un uniforme. Les élèves sont très heureux de l'avoir. Et un établissement a le droit de choisir ce règlement intérieur.
Vous avez transmis des consignes aux établissements ?
Je n'ai rien eu de spécial à faire sur le sujet parce que c'était déjà l'usage, si vous voulez, que les règlements intérieurs définissent les règles qui forcément sont des règles spécifiques à l'intérieur d'une école, d'un collège ou d'un lycée. C'est bien normal que l'école ne soit pas un lieu exactement comme les autres sur ce sujet comme sur les autres. Donc là, le président de la République a rappelé en réalité des règles de bon sens.
Donc la bonne hauteur, c'est sous le nombril ?
Non, écoutez, je pense qu'il ne faut jamais rentrer à l'échelle nationale dans des casuistiques de ce type. Le haut du ventre, le dessous du nombril ? Ça dépend de la température, je vous dirais. En cas de chaleur, on révise la réglise. Non, mais je pense que justement, c'est le genre de débat dans lequel il ne faut pas rentrer. Il y a du grand bon sens, des chefs d'établissement dont c'est le métier, des règlements intérieurs qui sont clairs. Et après, dans l'interview où le président, à juste titre, fait la différence entre ce qu'on a le droit de faire à la plage, dans la rue, etc.
Où là, bien entendu, une très grande liberté prévaut, elle aussi avec des limites d'ailleurs, et puis ce qui se passe à l'école, au collège et au lycée. De façon générale, on retrouve un peu le sujet intérieur. Il est assez bon que les questions vestimentaires ne soient pas un sujet de trop grande différenciation entre les enfants et les adolescents. Sinon, c'est le règne de la marque, c'est le règne des clans, parce que tu es habillé comme ci ou comme ça. Je pense que c'est vers d'autres valeurs qu'on doit orienter les enfants. Les marques, c'est trop tard. Pourquoi ? Parce qu'il y en a partout. Ah oui, bien justement, il faut justement remonter cette pente.
Moi, je pense qu'il y a beaucoup trop de consumérisme, beaucoup trop de matérialisme qui est mis dans la tête des enfants, dès le plus jeune âge, par les logiques de marque en particulier, en effet. Et que d'ailleurs, les grands professionnels de ces sujets savent jouer avec ça. À nous d'avoir justement des principes républicains face à cela, qui sont des principes d'égalité, et notamment d'égalité sociale. Parce qu'on voit des enfants qui parfois sont même, par exemple, harcelés parce qu'ils ne sont pas, ils ne réussissent pas à suivre la mode des autres. Et ça, je trouve ça très grave. Et bien entendu, c'est aussi ce qu'on combat au travers de règlements intérieurs.
Jean-Michel Blanquer, vous venez d'annoncer une réforme de votre propre réforme du BAC, qui vient tout juste d'entrer en vigueur. On va rentrer dans le détail. Ça veut dire qu'elle n'était pas parfaite ?
Ça veut dire que j'ai fait ce que j'avais dit, c'est-à-dire un comité de suivi du baccalauréat qui tient compte des réalités de terrain. C'est une forme de mea culpa de votre part ? Je vais appeler ça comme... Non, encore une fois, c'est l'accomplissement de ce qu'on avait dit. Si je n'avais pas fait ça, on dirait, ce qu'on a parfois dit d'ailleurs, que j'étais vertical, autoritaire, sans écoute. C'est tout le contraire. Et vous n'êtes pas vertical et sans écoute ? Je ne crois pas. Je crois qu'il faut une part de verticalité, une part d'horizontalité.
En l'occurrence, depuis le début, nous avons installé un comité de suivi de la réforme du baccalauréat, avec les organisations syndicales, des lycéens, etc. Et nous regardons ce qui se passe. Et donc, dès le début, on a fixé des grands principes qui, eux, demeurent. C'est-à-dire notamment 60% de contrôle terminal, 40% de contrôle continu. Ça va rester ainsi. Et là, ce qui est en train d'évoluer, c'est ce qui se passe à l'intérieur du 40% de contrôle continu. Dans un premier temps, on avait envisagé ce qu'on appelait des épreuves communes. C'est-à-dire qu'on voulait un peu objectiver le contrôle continu.
Et puis, il y a eu beaucoup de critiques, souvent d'ailleurs de la part des mêmes, qui sont en ce moment en train de critiquer le nouveau changement, de critiques de ces épreuves communes considérées comme trop lourdes, trop bureaucratiques, trop pesantes. Ils avaient sans doute un peu raison, d'autant plus qu'on vient de voir dans la période actuelle, celle de la crise épidémique, que finalement, le contrôle continu, était parfois réclamé par tous. Donc, on tient compte de cela. Je tiens à rappeler d'ailleurs que toutes les organisations syndicales ne disent pas la même chose sur le même sujet. C'est 50-50, si je puis dire.
Et donc, on va tout simplement aller vers la simplicité, mais surtout ce que chacun doit retenir, c'est que nous cherchons la vertu des deux systèmes. C'est-à-dire le contrôle terminal qui reste dominant et qui garantit une forme d'objectivité et de moments de passage, mais aussi du contrôle continu pour encourager le travail permanent de l'élève et donc éviter le bachotage.
On va voir dans un instant les critiques qui sont émises contre cette réforme de la réforme du bac. D'abord, le fil info à 8h40 avec Mélanie Delaunay.
Pour renforcer les liens avec leur bébé, les pères ou second parents vont pouvoir passer plus de temps à la maison après la naissance. Le congé passe de 14 à 28 jours, dont une semaine obligatoire. Les trois autres semaines peuvent être prises jusqu'aux six mois de l'enfant. Après Sandrine Rousseau et Éric Piolle, Yannick Jadot se déclare à son tour candidat à la primaire des Verts en vue de l'élection présidentielle. L'eurodéputé écologiste qui se dit convaincu qu'un projet écologiste social républicain peut gagner en 2022. Leur tir était-il justifié ? Les agents de la sûreté ferroviaire sont en garde à vue.
Ce matin, ils ont abattu un homme de 36 ans près de la gare d'Hermon-Hombonne dans le Val-d'Oise hier. Armé d'un couteau, il a menacé des voyageurs et des enfants. Pas d'annulation a priori, mais des retards à prévoir dans les aéroports parisiens d'Orly et Roissy. Trois syndicats appellent à la grève jusqu'à lundi pour protester contre des baisses de rémunération. Pour les voyages hors de France, le pass sanitaire européen s'applique depuis ce matin. Et puis, si vous avez eu les yeux plus gros que le ventre, vous pourrez rapporter les restes de votre repas à la maison. Les restaurateurs sont désormais tenus de vous fournir un doggy bag.
Toujours avec le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, on parlait à l'instant des critiques des syndicats à votre réforme.
De certains syndicats.
De certains syndicats, on va être plus précis. L'une des principales critiques qui émanent d'eux, c'est la création d'un bac local, en quelque sorte, avec votre réforme. Ça ne risque pas de créer ce contrôle continu de 40% de la note finale. Ça ne risque pas de créer des inégalités entre les établissements parce que les professeurs ne notent pas de la même manière partout.
Je pense que c'est exactement le contraire. Et que sur ce sujet comme sur d'autres, pour la première fois, finalement, on prend à bras le corps un problème qui préexistait. Et aujourd'hui, on cherche à souligner ce problème qui préexistait et auquel on essaye d'apporter une solution. Le problème préexistait parce que, bien sûr, qu'il y a du contrôle continu depuis toujours dans les établissements, que ça fait le bulletin scolaire. Et c'est ce bulletin scolaire qui sert à l'admission dans l'enseignement supérieur, même avant Parcoursup, vers janvier-février. Par exemple, si vous voulez faire une classe préparatoire ou une filière sélective à l'université, vous envoyez votre bulletin.
Ça comptait pour les dossiers, mais ça ne comptait pas pour le bac.
Oui, mais le dossier pour l'enseignement supérieur, c'est absolument fondamental. Et donc, cette inégalité, si inégalité il y a, c'est à ce moment-là qu'elle est la plus forte. Ce que nous sommes en train de faire, c'est qu'en valorisant le contrôle continu, non seulement on a cette première vertu que je mentionnais tout à l'heure, c'est-à-dire avoir un élève qui travaille en continu et on valorise cela. C'est très important. Vous avez des élèves qui sont meilleurs dans cet exercice-là que dans l'exercice terminal. Mais surtout, ce que nous faisons aussi, c'est que nous poussons l'ensemble des établissements à une réflexion plus collective sur l'objectivité de la notation.
Par ailleurs, nous serons en mesure de comparer...
Comment voulez-vous qu'un enseignant sache comment note un collègue à 600 km de chez lui ?
Non, mais on a déjà développé des méthodes qui vont aller en s'améliorant, d'harmonisation. Par exemple, on a des commissions d'harmonisation entre établissements sur les notations qu'on a développées d'ailleurs fortement ces deux dernières années. On a donné aussi aux professeurs des documents, des points de repère. Et puis, dans le futur, on pourra regarder la comparaison entre les notes de contrôle continu d'un établissement et celles que les mêmes élèves ont obtenues au contrôle terminal. Donc, on va pouvoir travailler avec les établissements sur la manière de noter.
Vous comprenez bien qu'un professeur ne note pas de la même manière un élève qu'il connaît, puisque là, la notation ne sera plus anonyme. Et donc, il y a un risque de vouloir encourager un élève, justement, en lui donnant de meilleures notes que ce qu'il devrait avoir.
C'est des sujets dont les professeurs parlent en conseil de classe. C'est des sujets qui sont le moins individuels possible, si vous voulez. On doit avoir une vision entre plusieurs matières sur un élève. On doit discuter de son niveau, y compris avec ses parents, quand c'est possible. Donc, on va arriver à un nouveau niveau de maturité dans la notation. C'est un vrai sujet. Vous savez, on appelle ça la dosimologie. Il y a des bibliothèques entières sur cette question. C'est un sujet complexe qui va être amélioré à l'occasion de cette réforme. Et encore une fois, n'oublions pas qu'il y a 60% de contrôle terminal.
Donc, l'élève, s'il n'est pas bon en contrôle terminal, ça va se voir et ça ne l'empêchera d'avoir le baccalauréat. Donc, vous n'aurez pas d'artificialité sur le contrôle continu, ne serait-ce que par cet élément de comparaison. Et donc, encore une fois, on critiquait énormément le bac précédent. On disait qu'il était à bout de souffle. Et aujourd'hui, ce que nous sommes en train de faire, c'est de le régénérer. Regardez l'oral, toutes les critiques qu'il y avait il y a encore deux semaines avant qu'il ne commence. Le grand oral.
Puis là, chacun comprend que ce grand oral est en train de régénérer le baccalauréat parce qu'il porte sur des enseignements de spécialité que les élèves ont choisis. Donc, on approfondit davantage qu'ils valorisent les compétences orales. Donc, cette modernisation et rénovation du baccalauréat, elle est en train de se réaliser. Mais je suis habitué à ce qu'il y ait des critiques qui essayent à tout prix de mettre sous une gangue cette rénovation. Néanmoins, pas à pas, nous démontrons que c'est une renaissance.
Je vais vous demander, parce qu'on entend les auditeurs s'en rendre peut-être compte que ça grésille en ce moment, de faire comme au collège, Jean-Michel Blanquer, de bien vouloir, si c'est le cas, sortir votre portable et de l'éloigner du micro. On va appliquer dans le studio de France Info. Voilà, on vous laisse quelques instants pour éloigner le portable. On va le ranger dans un casier. Et c'est promis, on va vous le rendre à la fin des cours. Un mot encore sur l'épreuve de philo. Cette année, elle avait une particularité puisqu'on prenait soit la note finale, celle de l'épreuve écrite qui a eu lieu il y a quelques jours, soit la note de l'année.
Est-ce que vous savez s'il y a beaucoup de candidats au bac qui ont séché la fin de l'épreuve et qui sont partis après une heure ?
Non, il y a eu très peu. C'était le temps minimum qui leur a été demandé. Vous voulez dire ceux qui ont fait vraiment le service minimum et qui ont quand même fait le service, si je puis dire. Oui, parce que s'ils venaient pas, c'était zéro. Non, on n'a pas encore le retour de toutes les copies. Donc, on n'a pas encore ce chiffre, mais on pourra l'établir.
Est-ce que vous allez revenir sur la numérisation des copies ? Ça a posé beaucoup de problèmes aux professeurs de philosophie, notamment, qui n'ont pas pu corriger correctement les copies parce qu'elles étaient mélangées ou elles étaient numérisées. Il n'y avait pas toutes les pages. Est-ce que vous allez revenir là-dessus ?
Non, parce que c'est un progrès incontestable. La numérisation des copies, c'est d'abord une sécurisation des copies. N'oublions pas que chaque année, on pouvait avoir des problèmes de perte de paquets de copies. La numérisation des copies, c'est la conservation réussie des copies. Et puis, il y a des vertus.
Et là, on voit que c'est compliqué quand même.
Vous savez, chaque innovation présente des avantages et des inconvénients.
Les enseignants disent qu'on a besoin de comparer les copies. Vous savez, parfois, on met un 14 et une copie, et puis on en lit une dizaine d'autres. On se rend compte qu'on a sous-noté la première. Et tout ça, à la fin, on fait une pile avec les meilleurs sur le dessus et les moins bonnes sur le dessous. Et d'avoir toutes les copies sur son écran, ça ne permet plus ça. J'ai l'impression d'avoir corrigé des copies comme ça.
Moi, j'en ai corrigé un paquet, je peux vous dire. Je vois très bien et je comprends. J'entends cette critique. Certains, d'ailleurs, impriment les copies. Ce n'est pas forcément ce qu'on peut encourager d'un point de vue écologique. Mais je peux comprendre que le rapport aux papiers soit nécessaire. Mais c'est faisable. Les copies ne sont pas brûlées après qu'elles soient numérisées. Et par ailleurs, quand on les a numérisées, on peut les imprimer. Mais ce qui est important, c'est que d'abord, certains s'en trouvent très bien d'avoir à corriger sur l'ordinateur. Et là encore, c'est non seulement un sujet de sécurisation, mais c'est un sujet aussi de plus grande rapidité de la transmission.
Et puis, quand vous corrigez sur l'écran, il faudrait que chacun voit comment ça se passe. Mais ça permet aussi des choses qu'on ne peut pas faire sur papier.
Sur papier. Jean-Michel Blanquer, chaque année, c'est un calvaire pour les bacheliers pour trouver leur orientation, le bon établissement au niveau supérieur, à la fac ou au niveau des écoles. Qu'est-ce que vous avez prévu pour la rentrée ? Est-ce que vous avez prévu plus de place ? Est-ce que vous avez prévu d'essayer de contenter tout le monde ?
Alors, il y a plusieurs questions dans votre question sur la rentrée, puisqu'il y a à la fois tous les sujets des élèves, des collégiens, des lycéens, et de ce qui va leur arriver à la rentrée, notamment ceux qui vont avoir éventuellement des difficultés du fait de ce qui s'est passé pendant cette période particulière. Et puis, il y a le sujet de l'accès à l'enseignement supérieur. Sur le premier point, et je vous l'annonce ce matin, nous allons prendre encore des mesures nouvelles pour aider les élèves l'année prochaine.
Concrètement, vous savez qu'on a développé un système d'évaluation assez poussé, que ce soit notamment en début de CP, en début de CE1, mais aussi en début de 6e et en début de seconde. Et puis, des outils d'évaluation pour tous les niveaux, de l'école élémentaire jusqu'au lycée. Ces outils vont être utilisés pour définir de l'aide personnalisée pour tous les élèves qui en ont besoin. Je vais mettre l'équivalent de 1500 emplois supplémentaires, notamment sur le lycée, pour permettre la création de petits groupes en heures supplémentaires, donc par rapport aux cours normaux, pour avoir des petits groupes qui aident...
Qui sont des embauches ou des redéploiements ?
C'est des heures supplémentaires. Des heures supplémentaires. C'est des heures qui sont données à des professeurs pour créer des petits groupes, de façon à ce qu'en début d'année, lorsqu'on constate que le niveau n'est pas suffisant pour un élève, c'est particulièrement vrai pour les élèves de seconde et de première qui ont pu pâtir de ce qui s'est passé l'année dernière, permettre le rattrapage nécessaire. Ceci s'ajoute à des mesures que nous avons déjà prises, notamment au collège, où la mesure de devoir fait touche désormais un collégien sur trois, et on va encore amplifier cela à la rentrée.
Je pense en particulier aux élèves de sixième, pour lesquels je souhaite vraiment que nous vérifions en début d'année où ils en sont sur les savoirs fondamentaux, c'est-à-dire français et mathématiques, et quand ils ne sont pas là où ils doivent être, notamment sur l'orthographe, le calcul, en début d'année, petits groupes, inscription d'office à devoir fait pour ceux qui en ont le plus besoin.
C'est une obligation, les petits groupes ?
Ça le deviendra pour les élèves de sixième au titre de devoir fait, c'est-à-dire si on se rend compte au titre de l'évaluation de sixième en septembre qu'on n'est pas au niveau en français et en maths, alors on fera une inscription d'office à devoir fait. Et pour les lycéens ? Pour les autres élèves de cinquième, quatrième, troisième, on reste sur le volontariat. Pour les lycéens, l'objectif c'est tout simplement d'avoir des petits groupes ad hoc, définis par l'établissement. Vous savez, on tient beaucoup à l'autonomie de l'établissement qui définit sa politique de personnalisation de l'aide aux élèves et donc nous y mettons les moyens pour que chaque établissement puisse développer cela.
Une toute petite pause et on va parler de la situation sanitaire d'aujourd'hui et de ce qui attend les élèves à la rentrée de septembre. Le fil info à 8h50. Mélanie Delaunay.
La réforme de l'assurance chômage entre en vigueur aujourd'hui. Pas le nouveau mode de calcul de l'allocation suspendu par le Conseil d'État. En revanche, la dégressivité des allocations chômage pour les hauts revenus s'applique bien et le gouvernement va aussi commencer à observer 21 000 entreprises avant de sanctionner l'an prochain celles qui abusent des contrats courts. Cette avancée sociétale majeure s'attaque aux inégalités les plus difficiles à toucher, celles qui se nichent à la maison, explique Emmanuel Macron à propos de l'allongement du congé paternité. Il passe aujourd'hui de 14 à 28 jours pour les pères ou les seconds parents.
Le chef de l'État dans une interview au magazine Elle qui estime par ailleurs que la société se racialise progressivement. Emmanuel Macron souligne que les difficultés sociales ne sont pas uniquement structurées par la couleur de peau ou le genre, mais aussi par l'inégalité sociale. Au début du mouvement MeToo, il avait été le premier condamné pour agression sexuelle aux États-Unis. Le comédien Bill Cosby a été libéré. Sa condamnation est annulée à cause d'une question de procédure. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Toujours avec Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale. Ma question juste avant le fil info, portée sur l'enseignement supérieur et la difficulté pour certains bacheliers de trouver le bon établissement. Qu'avez-vous prévu pour cette rentrée ?
Alors là où on sent une pression assez forte, c'est en BTS. Sujet que d'ailleurs que j'ai en partage avec Frédéric Vidal, puisque là on parle de sujets d'enseignement supérieur. Donc cet après-midi, nous annoncerons des créations de postes en BTS de façon à pouvoir ouvrir plus de places pour les élèves qui aujourd'hui... Alors nous le préciserons, mais nous irons au-delà de 1 000 en tout cas créations. Et donc nous le préciserons cet après-midi avec Frédéric Vidal.
Plus de 1 000 places en BTS en plus.
Oui, plus de 1 000 créations pour arriver à avoir beaucoup plus de places en BTS. Mais surtout, de façon générale, dans cette période-là, vous savez, il y a déjà une bonne partie des élèves qui ont obtenu leurs vœux sur Parcoursup. Mais il y a maintenant la nouvelle session qui s'ouvre. Et puis les commissions rectorales qui sont là pour pouvoir donner une place à chaque élève qui fait la demande. C'est notre objectif. C'est que chacun, à la fin du processus, ait une place. Ce sont des places en plus pour les élèves ou ce sont des enseignants en plus ? Les deux. C'est-à-dire des enseignants en plus. 1 000 enseignants en plus. Pour arriver à ce que les élèves puissent avoir des places en BTS.
Jean-Michel Blanquer, est-ce que vous savez aujourd'hui à quoi va ressembler la rentrée scolaire fin août, début septembre ?
À certains égards, oui. À d'autres, non. En termes de préparation de rentrée. Point de vue sanitaire. La question était sur le sanitaire. Est-ce que par exemple on portera le masque à la rentrée dans les... C'est impossible de vous le dire. Dans quelques jours, nous allons publier le protocole sanitaire 2021-2022 que nous élaborons en lien avec les autorités sanitaires.
Vous pensez qu'il sera toujours à jour dans deux mois ?
Eh bien alors, si vous voulez, comme l'année dernière, il va prévoir un curseur en quelque sorte. Et notamment trois niveaux d'épidémie. On espère tous que ce sera le niveau le plus bas qui s'appliquera. C'est-à-dire un niveau où, justement, il n'est pas nécessaire de porter le masque et où toute une série de précautions deviennent moins nécessaires. Mais c'est impossible de dire dans quelle situation on sera à la fin du mois d'août. Et c'est donc à la fin du mois d'août que nous déciderons à quel endroit nous mettons le curseur. Est-ce qu'on va vacciner au collège et au lycée à la rentrée ?
Alors surtout, ce qui est très important, et je vous remercie de me poser cette question, c'est que les vaccins aient lieu en ce moment même. Donc nous lançons une vaste campagne avec le ministère de la Santé pour inciter les adolescents et puis aussi tous les adultes qui travaillent à l'école. De façon générale, d'ailleurs, je crois que tous les adultes de France doivent entendre ce message pour qu'il y ait vaccination en juillet et août. Les moyens sont mis sur les lieux de vacances, les propositions sont faites. Et donc plus tout le monde arrivera à vacciner à la rentrée, plus évidemment cela permettra d'avoir une année scolaire sereine.
Et pour en revenir à la question posée, est-ce qu'on vaccinera dans les collèges et les lycées ? Alors nous ne l'excluons pas, mais ce n'est évidemment pas mon souhait principal parce que ça crée une charge de plus d'organisation et ça peut donc troubler le cours normal de l'organisation des établissements. Mais c'est quelque chose qui n'est pas exclu. Nous travaillons de manière très étroite avec le ministère de la Santé pour qu'il y ait toujours un travail conjoint entre nos équipes médicales scolaires et puis le reste des médecins.
Est-ce que les élèves non vaccinés, à la rentrée, quel que soit votre scénario, pourront faire exactement la même chose que les élèves vaccinés ?
Oui, normalement oui. Il n'y a pas un passeport vaccinal scolaire, si c'est ça votre question.
Certaines activités sportives en cas de reprise de l'épidémie, on pourrait dire attention.
On n'est pas sur ce scénario. Le sujet n'est pas le même en milieu scolaire qu'en milieu hospitalier quand même. Mais évidemment, il faut surtout que dans cette phase actuelle, tout le monde ait bien conscience que se vacciner, c'est à la fois se protéger et protéger le collectif.
Jean-Michel Blanquer, vous aviez prévu de distribuer 64 millions d'autotests entre mai et juillet. Est-ce qu'ils sont vraiment arrivés, ces autotests ?
Alors, finalement, on en a distribué moins parce qu'il y en a eu moins de nécessaires. On en a distribué un peu plus de 20 millions.
Est-ce qu'il n'y a pas eu d'adhésion ?
L'adhésion a été lente. Vous savez, à chaque génération de tests, on a eu d'abord les tests antigéniques, on a ensuite eu les tests salivaires. Ça a marché, mais ça a marché sous une forme diesel, si je peux dire. C'est-à-dire que vous avez un temps de latence. Puis ensuite, ça se fait. Si, on faisait à la fin, chaque semaine, plus de 500 000 tests salivaires.
Donc, c'est un retour à l'échelle de l'Europe sur 12 millions d'élèves, 20 millions d'enseignants. Ça veut dire qu'en moyenne, il y a eu un test et demi par personne.
Non, les autotests concernaient uniquement les lycéens et éventuellement un peu les collégiens. Donc, non, on a pu, grâce à ça, encore rompre des chaînes de contamination et surtout créer des habitudes. Vous savez, c'est comme quand en mai-juin 2020, on avait pris des mesures assez fortes en matière de protocole sanitaire qui, ensuite, nous ont été très utiles au mois de septembre pour faire revenir tout le monde parce que des réflexes avaient été acquis par les uns et les autres. Là, c'est un peu pareil pour les autotests. Si, à la rentrée prochaine, ils étaient nécessaires, ce qu'évidemment, je n'espère pas, mais si ça devait être nécessaire, on est tout à fait capable d'assurer, bien sûr.
Un mot sur la revalorisation des salaires des enseignants. Vous aviez annoncé, il y a un mois, une enveloppe de 700 millions d'euros. C'est ce que vous aviez annoncé à l'issue du Cournel de l'éducation nationale. Comment sera réparti cet argent parce que les syndicats ne le savent pas eux-mêmes ?
C'est normal parce qu'ils sont encore en train de discuter avec nous. Ils savent pourquoi aussi parce qu'ils sont encore en train de discuter avec nous sur la façon de le faire. On le rendra public dans quelques jours lorsque nous arriverons au bout de ces négociations. Mais c'est de l'injection de pouvoir d'achat pour l'ensemble des acteurs de l'éducation nationale.
Et votre volonté, c'est quoi ?
Ma volonté, c'est d'être attentif, toujours être attentif au début de carrière, puisque vous savez, on se fixe l'objectif d'avoir un début de carrière attractif. Et donc, on a déjà actuellement remonté de 100 euros par mois les plus jeunes. Et en 2022, on va poursuivre ce mouvement. Mais je veux maintenant toucher un peu les milieux de carrière, de façon à ce qu'il y ait une bonne partie des professeurs qui soient concernés par cette augmentation dès janvier 2022. Et puis, on a aussi d'autres métiers ou d'autres fonctions. Je pense aux directeurs d'école, je pense aux AESH, vous savez, ceux qui accompagnent les élèves en situation de handicap, pour lesquels nous devons faire aussi un effort.
Donc, c'est cette manière de répartir nos moyens pour améliorer le pouvoir d'achat de ceux pour lesquels c'est le plus urgent, qui est en train de se réaliser. Nous le rendrons public dans quelques jours, et ce sera concret dès janvier prochain. Mais je rappelle que les premières augmentations ont eu lieu dès la fin du mois de mai dernier. Merci à vous, Jean-Michel Blanquer.
C'est lors de la cloche, vous l'entendez, peut-être, à la petite musique qui est derrière nous. Vous allez pouvoir récupérer votre téléphone portable. Vous l'allumez uniquement en sortant de l'établissement. Je ne sais pas si c'était vraiment le mien. Je crois que c'était le vôtre. Merci beaucoup, Jean-Michel Blanquer.
Merci. Bonne journée à vous tous. Bonne journée.