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InterviewRTL (sur YouTube)· 1 août 2018 9 minAutoproduitActualité / polémiqueEnvironnement & énergieInstitutions & élections

Brune Poirson est l'invitée de RTL

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:33Invité politiqueFait
    « L'ensemble des ressources de la planète ont été consommées aujourd'hui sur la durée d'un an. »
  • 1:45Invité politiquePromesse
    « Nous soutenons avec vigueur toute une série d'autres énergies renouvelables. »
  • 2:09Invité politiquePromesse
    « Nous avons pris le problème à bras-le-corps pour changer de modèle économique et le transformer. »
  • 2:39Invité politiqueFait
    « Le 23 avril dernier, au côté du Premier ministre, a présenté une feuille de route pour une économie qui soit circulaire. »
  • 2:46Invité politiquePromesse
    « C'est-à-dire une économie dans laquelle les produits ne deviennent jamais des déchets. »
  • 4:19PrésentateurChiffre
    « Comment encourager les Français à voyager écolo par le train notamment quand se multiplient les pannes comme celle à Montparnasse il y a quelques jours ? »
  • 4:40Invité politiqueFait
    « Il y a du boulot. »

Temps de parole

  • Brune Poirson75 %
  • Présentateur25 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Vous regardez RTL.

0:04
Brune Poirson

Et ce matin, Jérôme Florin, vous recevez la secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire.

0:10
Présentateur

Bonjour Brune Poirson.

0:11
Brune Poirson

Bonjour.

0:12
Présentateur

On ne va pas y arriver. A rendre sa grandeur à la planète, make our planet great again, comme le disait Emmanuel Macron. Ce 1er août est le jour dit du dépassement, c'est-à-dire que l'humanité a déjà épuisé toutes les ressources naturelles de la Terre pour l'année. Ça n'a jamais été aussitôt, cette date recule d'année en année. Ça veut dire quoi selon vous ?

0:33
Brune Poirson

Ça veut dire, d'abord vous l'avez dit, que l'ensemble des ressources de la planète ont été consommées aujourd'hui, sur la durée d'un an. Ça veut dire que si le monde tournait plus rond, c'est sûr que cette date-là, elle serait le 31 décembre. Mais ça veut dire surtout que le modèle économique sur lequel repose notre société, eh bien, il ne fonctionne pas.

0:53
Présentateur

Et pourtant la France, Brune Poirson, multiplie les renoncements en matière d'écologie. Oui, dernière en date, cette usine de Cherbourg qui devait fabriquer des hydroliennes, à peine inaugurée, déjà fermée, l'État a jugé finalement que l'hydrolien n'était pas rentable.

1:07
Brune Poirson

Mais parce que l'État a investi pendant des années dans cette filière-là. Vous savez, il faut parfois aussi choisir les technologies qui fonctionnent le mieux. Parce que vous l'avez dit, nous sommes dans l'urgence. Et donc, nous avons décidé de ne pas mettre la priorité sur cette énergie hydrolienne. Alors que l'État avait investi, l'État possédait une partie importante de cette entreprise Naval Energy. Le problème, c'est que c'est une technologie qui n'a pas fait ses preuves, qui mettait beaucoup de temps et qui mettra beaucoup de temps à devenir mature. Et donc, nous avons fait le choix de ne pas soutenir directement l'hydrolien.

Mais ce qui n'empêche pas que nous soutenons avec vigueur toute une série d'autres énergies renouvelables, aussi bien l'éolien que l'énergie solaire ou d'autres. Mais aussi, surtout, on s'attaque à la cause du problème. On parlait tout à l'heure de la journée du dépassement. C'est cette journée-là qui fait qu'on a déjà, on vit à crédit, on a utilisé toutes les ressources que la planète peut produire en un an. Eh bien, ce que ça prouve, c'est que le modèle économique sur lequel est basée notre société, eh bien, il ne fonctionne pas. Ça, c'est le constat. Et c'est pour ça, c'est pas qu'un constat. Ça, le constat, nous l'avons fait. L'éveil de conscience, il a eu lieu.

Et des événements, des journées comme aujourd'hui, elles nous le rappellent malheureusement. Mais nous avons pris le problème à bras-le-corps pour changer de modèle économique et le transformer.

2:23
Présentateur

Le renoncement, Brune Poirson, les éoliennes offshore, on en parle depuis des années, il n'y en a pas une qui a été installée pour l'instant.

2:29
Brune Poirson

Mais regardez, d'abord, nous avons lancé des mesures de simplification. Mais regardez aussi, ce que nous voulons, c'est des transformations qui sont profondes. Je vous parlais de notre modèle économique. Eh bien, le 23 avril dernier, au côté du Premier ministre, a présenté une feuille de route pour une économie qui soit circulaire. C'est-à-dire une économie dans laquelle les produits ne deviennent jamais des déchets. Parce que cette économie sur laquelle repose le système capitaliste, comme aujourd'hui, on extrait toujours plus de ressources de la planète pour produire toujours plus de produits qui finalement finissent eux-mêmes généralement au fond d'un trou.

Eh bien, ce n'est plus le modèle économique qui convient et qui faut. Et nous voulons rentrer de plein pied dans une économie qui soit circulaire.

3:10
Présentateur

Il y a un autre renoncement qui, il y a quelques mois déjà, c'est la volte-face sur le nucléaire. Qu'est-ce que vous en avez pensé, vous, personnellement, l'objectif de ramener la part du nucléaire de 75 à 50% dans la production électrique française ? Nicolas Hulot a dit, bon, ce ne sera pas 2025, ce n'est pas réaliste.

3:25
Brune Poirson

Mais justement, c'est comme ça qu'on travaille dans ce gouvernement-là. Nous, ce qu'on veut, c'est avoir des vrais résultats, des impacts concrets dans la vie des gens. Et donc, on sort des postures, on sort de la communication. Et par exemple, sur le nucléaire, ça aurait été très confortable de dire, bien oui, on sera à 50% de nucléaire en 2025. De toute façon, c'est après la fin du quinquennat. Mais au contraire, on veut le faire sérieusement. Et donc, on s'attaque au problème.

Et c'est pour ça qu'on travaille sur une programmation pluriannuelle de l'énergie, actuellement, où avec l'ensemble des parties prenantes, entreprises privées, citoyens, États, tous autour de la table, pour dessiner et tracer un chemin réaliste, pour rééquilibrer notre mix énergétique. Et baisser la part du nucléaire à 50%. Nous n'avons pas changé cet objectif-là. Nous voulons simplement l'atteindre. Et c'est pour cette raison-là que nous travaillons sur les meilleurs moyens de l'atteindre le plus rapidement possible.

4:18
Présentateur

Soyons très concrets. Comment encourager les Français à voyager écolo par le train, notamment quand se multiplient les pannes comme celle à Montparnasse il y a quelques jours ? Et celle plus récente, hier soir, dans le métro parisien, ligne 1, je sais que ce n'est pas dans vos attributions, mais la ligne 1 qui est restée bloquée pendant deux heures, il y a eu cinq malaises, des centaines de passagers évacués. On n'a pas un problème avec nos infrastructures en France ?

4:40
Brune Poirson

Mais c'est aussi à ça qu'on s'attaque. Par exemple, la réforme de la SNCF... Il y a du boulot. Bien sûr, mais c'est pour ça que c'est un des premiers dossiers que le gouvernement a pris et qu'il a pris à bras-le-corps. Est-ce que la RTP doit s'expliquer ? Je rappelle que pendant des années, tous les gouvernements précédents, comme le Premier ministre l'a rappelé, étaient tétanisés. Tétanisés à l'idée de toucher à ce mastodonte qu'était la SNCF. Nous, là encore, on veut dépasser la communication et avoir un impact dans la vie des Français. Et donc, on s'attaque de plein pied à la réforme de la SNCF. Elle est passée, vous savez qu'elle a été débattue à l'Assemblée et qu'elle a été adoptée.

Et ça, ça devrait nous permettre de mettre en place une organisation qui soit compétitive et qui soit en mesure d'être adaptée à l'ouverture à la concurrence.

5:21
Présentateur

Brune Poirson, vous êtes donc, on l'entend toujours, ministre ce matin, ou secrétaire d'État. Le gouvernement n'a pas été renversé hier par l'opposition remontée en pleine affaire Benalla. Tout va bien, donc ? On continue comme avant ? Ou est-ce qu'il y a des leçons à tirer de cette crise ?

5:36
Brune Poirson

Une leçon à tirer ? Une leçon surtout... Pour vous ? Pour nous ? Pas pour l'opposition. Pour nous, bien sûr, soyons honnêtes, ce qu'Alexandre Benalla a fait, les actes et les gestes qu'il a eus sont intolérables. Et d'ailleurs, c'est pour ça que le président de la République a tout de suite pris ses responsabilités, dit qu'il assumait et demandait à Alexis Collère, secrétaire général de l'Élysée, de faire un audit de ces dysfonctionnements-là et de s'y attaquer à bras-le-corps et dès la rentrée de présenter un plan.

6:08
Présentateur

Il y aura des changements qui iront au-delà des portes de l'Élysée, a dit le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Qu'est-ce qui doit changer ?

6:14
Brune Poirson

Il y a plusieurs choses. Déjà, je ne suis pas en charge de ces réformes-là, mais surtout, au-delà de ça, en ce moment, il y a trois enquêtes qui sont en cours, parlementaires, judiciaires et administratives. C'est important de le répéter. Il faut qu'ils fassent laisser la justice faire son travail pour que nous, on puisse faire le nôtre. Parce que je crois qu'une des leçons principales de cette asphère Benalla, c'est surtout, je crois qu'on a vu à quel point les oppositions n'avaient presque rien à proposer. En tout cas, rien à proposer sur le fond. Mais faisons un petit exercice tous les deux.

Imaginez, vous partez en congé pendant 15 jours et vous décidez de décrocher totalement de l'actualité. Totalement. Et puis, vous revenez de congé et là, vous vous dites, bon, tiens, par hasard, je vais écouter RTL pour savoir où est-ce qu'on en est. Et là, vous apprenez qu'il y a deux motions de censure. Deux motions de censure contre le gouvernement. C'est jamais arrivé depuis 1980. Mais vous vous dites deux motions de censure contre le gouvernement. Et puisque c'est jamais arrivé depuis 1980, vous vous dites, mais c'est parce qu'il y avait un différent sur le plan économique, un différent sur le plan... La gauche et la droite part de crise institutionnelle.

Un différent sur le plan, par exemple, de la politique de la justice. Eh bien, pas du tout. On parle d'une affaire qui a été montée en épingle, qui part d'une dérive individuelle d'un chargé de mission de 26 ans. Je ne vous dis pas, attendez, je ne vous dis pas que ce qu'il a fait n'est pas condamnable. Mais de là à bloquer les institutions, à bloquer le travail du Parlement pendant deux semaines, et ensuite à mobiliser tout un gouvernement pour des motions de censure, Christian Jacob, le président des LR à l'Assemblée nationale, avant même de déposer la motion de censure, il a dit qu'il savait qu'elle ne passerait pas. Mais alors pourquoi ? Quelle est cette mascarade ?

7:55
Présentateur

Ce n'est pas le symptôme d'une pratique solitaire du pouvoir, d'une dérive monarchique. Ce n'est pas en dix jours, ce n'est pas la longue grève à la SNCF qui vous a fait du mal, ce ne sont pas les réformes et les polémiques qui allaient avec toute l'année. Non, c'est ce fait divers, un peu ridicule d'ailleurs.

8:09
Brune Poirson

Il a été monté, vous l'avez dit vous-même, un peu ridicule. Est-ce que vous ne croyez pas que les Français méritent plus que des partis politiques qui sont tous obsédés et qui font tout simplement de l'instruction, pardon, de l'obstruction parlementaire ?

8:26
Présentateur

L'absusse, beau l'absusse, on le gardera. Vous serez ce soir au dîner à l'Élysée, le petit dîner de fin d'année. Oui, avec mon conjoint. Qu'est-ce que vous retenez de cette première année en politique ? Pour vous, vous êtes une jeune ministre, vous avez 35 ans. Qu'est-ce que vous retenez de la politique pour l'instant et de la pratique du pouvoir ? Le nouveau monde.

8:44
Brune Poirson

Je suis très fière et très heureuse de faire partie du gouvernement qui est mené par Édouard Fill parce que c'est un gouvernement qui a fait énormément de choses. Énormément de choses. Le Premier ministre l'a rappelé hier, 41 textes sont passés et on va en faire encore beaucoup, beaucoup. Et je crois qu'on a été clair là-dessus hier, le Premier ministre l'a dit. Et moi, c'est ça qui me rend fière. C'est faire partie d'un gouvernement qui veut toujours faire plus et le plus rapidement possible.

9:09
Présentateur

Merci Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot. C'est long à dire. Bonne journée. Johan Rioux, juste après ça, Rioux en liberté, c'est bien ce qui nous inquiète.

Brune Poirson est l'invitée de RTL — Brune Poirson · Pourquijevote