Comment Yann Barthès et Quotidien s'acharnent sur Le Média | Thomas Dietrich
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:02OuverteRéponse partielle
C'est quoi Bangumi ?
- 3:15OuverteRéponse directe
Est-ce que tu peux nous donner quelques exemples pour qu'on comprenne bien ?
- 7:59OuverteRéponse directe
Mais du coup, est-ce que c'est un problème général avec les algorithmes qu'on retrouve sur YouTube et ailleurs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38Invité politiqueFait
« En réalité, il s'agissait d'extraits d'une interview accordée à France 2 par le président Macron. »
- 0:43Invité politiqueFait
« La parole présidentielle relève dans le droit français de l'exception aux droits d'auteur, ce que le service public de l'information mine de ne pas comprendre. »
- 3:20PrésentateurChiffre
« un seul numéro de cette émission, c'est plus de... En fait, c'est l'équivalent d'un mois de notre budget. »
- 3:28PrésentateurChiffre
« C'est-à-dire qu'ils ont une émission qui coûte à peu près 100 000 euros chez eux. »
- 4:39PrésentateurFait
« Ils appartiennent à LCP. »
- 4:44PrésentateurFait
« le Code de la propriété intellectuelle stipule que les discours prononcés dans des enceintes politiques ne sont pas soumises à des questions de droit d'auteur. »
- 6:39PrésentateurFait
« parce que ce n'est pas seulement réclamer des droits, c'est bloquer cette vidéo, l'enlever carrément du tube. »
- 8:38PrésentateurFait
« une vidéo que j'avais faite sur la situation au Tchad. »
- 9:12PrésentateurFait
« On a demandé à un expert qui connaît les algorithmes, qui a travaillé pour ces grandes sociétés, de nous dire si cette vidéo avait bien été déréférencée. »
- 10:42PrésentateurFait
« ces grands médias-là, comme TF1, comme TMC, comme l'émission Quotidien, sont financés et sous perfusion d'un groupe de BTP, du groupe de la famille Buick, qui a des milliards et des milliards. »
Temps de parole
- Présentateur89 %
- Invité politique11 %
≈ 0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Quotidien et donc Bangumi réclament des droits sur des images qui ne leur appartiennent pas. C'est des pratiques qui relèvent très clairement de sortes d'acharnement, de censure.
Qui veut pourrir la vie des médias indépendants et en particulier du média dans notre paysage audiovisuel français contrôlé majoritairement par une poignée milliardaire et l'appareil d'État ? Notre président du directoire et journaliste Thomas Dietrich est déjà passé sur ce plateau pour évoquer aux côtés de Théophile Cuomo la censure dont nous avons fait l'objet de la part de France 2 qui avait bloqué une de nos émissions en direct sur YouTube parce qu'on avait soi-disant enfreint leurs droits d'auteur. En réalité, il s'agissait d'extraits d'une interview accordée à France 2 par le président Macron.
La parole présidentielle relève dans le droit français de l'exception aux droits d'auteur, ce que le service public de l'information mine de ne pas comprendre. Aujourd'hui, Thomas revient sur le sujet, mais pour nous parler de l'acharnement dont nous sommes victimes de la part de la société de production Bangumi. Bonsoir, toi. Salut, Jemil. Comment tu vas ? Ça va très bien et toi ? Super, très bien. Alors, première question, j'ai prononcé un mot, on ne sait pas ce que c'est.
C'est quoi Bangumi ? Alors oui, c'est vrai que ça ne parle pas trop au commun des mortels, mais il faut savoir que cette société de production qui a été créée en 2011 par deux journalistes, Laurent Bon et un autre qu'on connaît très bien qui s'appelle Yann Barthès, produit notamment une des plus fameuses émissions du PAF qui est l'émission quotidien qui est diffusée quasiment tous les soirs sur TMC et donc a produit aussi également le petit journal. donc c'est une société de production qui brasse énormément d'argent et qui travaille aujourd'hui pour le groupe Buick, puisque c'est le groupe Buick qui détient TF1.
On parle beaucoup de Bolloré en ce moment, mais il y a d'autres milliardaires qui ont construit des empires, notamment Buick C dans le BTP, en France, mais aussi à l'étranger, notamment en Afrique, dans des affaires pas toujours très nettes. Buick détient TF1 et fait travailler cette société de production. Il faut savoir aussi que Buick est une famille concurrente de Bolloré, malgré le fait que le fils de Vincent Bolloré, Yannick Bolloré, est marié avec la nièce de Martin Buick. Enfin, tout ça montre l'entre-soi de ces grands médias, ce panier de crabes duquel nous essayons modestement de nous démarquer, mais on est quand même un peu embêtés.
Et alors, qu'est-ce que le média, qu'est-ce qu'on reproche en fait, nous, à Bangumi ? Alors, c'est des pratiques qui relèvent très clairement de sortes d'acharnement, de censure. Ça veut dire qu'en fait, les grandes chaînes peuvent réclamer sur les images que nous diffusons, parce que parfois, on prend des extraits d'autres médias, des droits d'auteur. Alors, des fois, c'est justifié, même si en droit français, dans le Code de la propriété intellectuelle, il y a ce qu'on appelle le droit de courte citation. Il y a des paroles, par exemple, de personnalité politique qui sont prononcées sur d'autres chaînes et on a le droit de les reprendre parce que c'est le débat public.
On se souvient qu'on avait eu le problème avec l'interview d'Emmanuel Macron. France 2 avait censuré les images qu'avait reprises le média, alors que c'était quand même la parole présidentielle, la parole du président qu'on n'aime pas de tous les Français. Mais ce qui est encore plus dramatique dans cette histoire et grave, c'est que là, au quotidien, et donc Bangumi réclament des droits sur des images qui ne leur appartiennent pas. Et c'est là tout l'absurde de la situation. Ils ne l'ont pas produite. C'est complètement kafkaïen. Est-ce que tu peux nous donner quelques exemples pour qu'on comprenne bien ?
Alors, il faut savoir que, quand même, l'émission quotidien, un seul numéro de cette émission, c'est plus de... En fait, c'est l'équivalent d'un mois de notre budget. C'est-à-dire qu'ils ont une émission qui coûte à peu près 100 000 euros chez eux. C'est un mois de notre budget. Donc, c'est vraiment... On est face à David contre Goliath. Et en une semaine, à trois reprises, ce qui fait dire que ce n'est pas un hasard, cette émission quotidienne a réclamé des droits sur notre vidéo. Tu te souviens de cette fameuse séquence à l'Assemblée nationale où le député Carl Martens Bilongo est victime d'un jeu raciste.
Donc, quelques minutes après l'incident et l'injure raciste dans l'hémicycle, il réagit à ça. Donc, c'est des images qui sont captées par la chaîne de l'Assemblée nationale et diffusées et que, bien sûr, nous, on reprend dans notre émission Toujours debout du 3 novembre. Et quelques minutes après avoir fini le direct, on se rend compte que l'émission est bloquée sur YouTube, donc n'est plus accessible aux téléspectateurs, aux milieux de téléspectateurs qui regardent en replay nos émissions. Et donc, on va sur la page de gestion de YouTube et on va savoir ce qui se passe. Et on se rend compte que c'est l'émission quotidienne qui réclame des droits.
Alors qu'en fait, ces images de la réaction de Carl Martens Bilongo ne leur appartiennent pas. Ils appartiennent à LCP. Et de toute façon, il y a un droit de courte citation et aussi le fait que le Code de la propriété intellectuelle stipule que les discours prononcés dans des enceintes politiques ne sont pas soumises à des questions de droit d'auteur. Donc, bien évidemment, il y a un de nos journalistes, Nicolas Maillard, qui fait un tweet en s'assurgeant, en disant que voilà, on a un préjudice parce que vous bloquez notre direct en prétendant posséder des images, réclamer les droits d'auteur sur des images qui ne vous appartiennent pas.
Alors ce qui se passe, c'est que bon, quotidien, voyant ça, fait une manipulation humaine le lendemain matin et libère notre direct. Mais il n'en reste pas moins que pendant une dizaine d'heures, notre direct a été bloqué et des dizaines de milliers de personnes n'ont pas pu avoir accès. On pourrait se dire, moi j'ai fait un mail en ce sens-là, j'ai appelé Bangoumi, je leur ai fait part de mon mécontentement, j'ai fait un mail auquel ils n'ont jamais jugé bon de répondre. Et non seulement ils n'ont pas répondu à ça, mais ils ont continué à censurer nos émissions.
Le 9 novembre, on a de nouveau, notre direct a de nouveau été bloqué, alors qu'on a utilisé une très courte séquence où on voyait la socialiste Carole Delga passer dans l'émission quotidienne. Donc de nouveau, le droit de courte citation a été bafoué. Et on se rend compte que c'est vraiment un acharnement, puisque, faut-il le rappeler, tout ça, ce n'est pas un robot qui agit,
ce sont des manifestations qui sont prises par des humains.
Et là, quotidien a bloqué un vieux contenu qui datait de 2020. Et on regarde à nouveau à qui appartiennent les images qui sont réclamées par quotidien. Et on se rend compte que ces images n'appartiennent pas au quotidien. Elles appartiennent à un petit média indépendant que beaucoup connaissent ici, qui s'appelle AB7 Media, avec qui on travaille. Donc on salue d'ailleurs la qualité de son travail. Alors moi, j'ai contacté AB7 Media pour savoir s'ils avaient vendu en exclusivité ces images de violences policières à Bordeaux d'une interpellation très dure. Et ils nous ont répondu que oui, ils avaient vendu ces images à quotidien, mais il n'y avait pas du tout d'exclusivité.
Donc le fait que quotidien réclame des droits et bloque cette vidéo, parce que ce n'est pas seulement réclamer des droits, c'est bloquer cette vidéo, l'enlever carrément du tube. Il y a des milliers de personnes qui ne peuvent plus y avoir accès. Donc il y a vraiment un acharnement qu'il y a contre nous de la part de cette grande émission. Moi, je leur ai fait des mails, je leur ai fait des mises en demeure, puisqu'il y a un préjudice. Mais visiblement, ça ne s'arrête pas. Il y a vraiment une volonté de censure des petits médias indépendants et de faire toute la place pour ces grands médias qui finalement s'affranchissent du droit. Parce que ce qu'ils font, c'est complètement illégal.
Et ça va à l'encontre de toutes les règles du code de la propriété intellectuelle. Mais à ce stade-là, est-ce qu'on peut parler d'une malveillance quand même ? C'est ce que je te disais. C'est que ce n'est pas des robots. Il faut connaître un peu comment ça fonctionne YouTube. Ça veut dire que l'algo de YouTube établit des correspondances de droits d'auteur. Il vous dit qu'à un moment, il y a un autre média qui utilise les mêmes images que vous avez passées lors d'une émission que vous diffusez sur YouTube. Donc vous avez plusieurs choix.
Si vous vous rendez compte que ces images, elles sont dans le domaine public, comme un discours à l'Assemblée nationale ou un discours du président, vous pouvez dire « bon ben, moi, je ne réclame pas de droits d'auteur ». C'est logique. Mais là, ce qui se passe, c'est que Quotidien, sur des images qui ne leur appartiennent pas, décide de réclamer des droits d'auteur. Et là, c'est une manipulation humaine. Donc on aurait pu se dire une fois que c'est une erreur. Une deuxième fois, on va dire que c'est une coïncidence un peu troublante. Mais là, ça fait trois fois en une semaine, on se rend compte que c'est un peu fort de café.
Mais du coup, est-ce que c'est un problème général avec les algorithmes qu'on retrouve sur YouTube et ailleurs ? C'est vrai qu'il y a toujours eu aux médias des formes de censure de la part des grands médias. Mais c'est vrai que ça s'accélère quand même depuis un certain temps. On a été bloqué au début de l'année par TF1. On a été bloqué, tout à l'heure, j'en parlais, par France 2, qui réclamait des droits d'auteur sur la parole présidentielle. Il y a eu aussi des droits qui ont été réclamés sur notre page Facebook. Il y a eu quand même un événement que moi, je trouve assez scandaleux, même s'il est passé un peu sur le radar. C'est le déréférencement de certaines de nos vidéos YouTube.
Et notamment une vidéo que j'avais faite sur la situation au Tchad. Le Tchad, qui est une dictature alliée de la France, très soutenue de la France, où on s'interrogeait sur la complicité du président français Emmanuel Macron dans la répression qui se passait au Tchad, puisque la France soutient très clairement la dictature en place et le coup d'État qui s'est déroulé en 2021 et qui perdure aujourd'hui avec le fils de l'ancien président qui est au pouvoir. Et YouTube, à un moment, a décidé de déréférencer cette vidéo de ses moteurs de recherche. Et ça, on ne l'a pas inventé. Ce n'est pas du tout de la parano.
On a demandé à un expert qui connaît les algorithmes, qui a travaillé pour ces grandes sociétés, de nous dire si cette vidéo avait bien été déréférencée. Et on s'est trouvé que cette vidéo a été déréférencée. On a enlevé des yeux du public un sujet déjà qui n'est pas du tout évoqué dans les médias mainstream, mais aussi un sujet qui est grave, puisque notre président français peut être accusé de complicité, de crimes contre l'humanité dans un pays étranger, puisqu'il soutient un régime qui tue des centaines et des centaines de manifestants pacifiques. Donc il y a... Comment vous dire ? Il y a une répétition de ces censures, de cette volonté de diminuer notre audience. C'est insidieux.
Tout ça n'est pas clair. Ça, c'est dans l'ombre. Voilà. On parle de déréférencement, de réclamation de droits d'auteur. Alors ça peut être pas très clair pour le grand public. Mais en fait, il faut savoir que ça nuit à notre visibilité et ça nuit au message qu'on veut porter et à la contre-information qu'on veut développer. C'est-à-dire quand on veut parler de sujets que forcément les médias mainstream n'abordent pas, quand on veut les aborder sous un autre angle... Ou les aborder tout court, comme le sujet que tu viens de le souvenir. Ou les aborder tout court, ben on est empêchés de manière insidieuse.
Et on a beau envoyer des demandes d'explications à YouTube, à France, à Bangumi, on a l'impression qu'on est face à un mur et qu'on ne nous répond pas et qu'on nous traite par le mépris. Alors bien sûr, nous, on va continuer à faire notre travail en dépit de toutes les censures, en dépit de tous les obstacles. Mais c'est peut-être aussi pour ça que c'est très important de soutenir les médias indépendants. Parce que je le rappelais tout à l'heure, ces grands médias-là, comme TF1, comme TMC, comme l'émission Quotidien, sont financés et sous perfusion d'un groupe de BTP, du groupe de la famille Buick, qui a des milliards et des milliards. Alors que nous, c'est pas la même chose.
Alors que nous, c'est pas la même chose. On n'a pas de milliardaires, on n'a pas d'oligarres, qu'on va pas prendre des mallettes d'argent sales en Afrique. On n'est financés que par nos abonnés, que par nos sociaux, qui nous soutiennent avec leurs modestes revenus. Et c'est vrai que souvent, on est impressionnés de tout l'amour et du soutien qu'on reçoit. Mais c'est vrai que c'est difficile de vivre au quotidien. C'est pour ça qu'on a lancé cette cagnotte de fin d'année. Parce que si on veut arriver avec nos très faibles moyens, nos moyens lilliputiens, par rapport à ceux des grands médias sur les box Internet et sur la TNT, il nous faut réunir plus d'argent.
Un soutien populaire très fort derrière, déjà. Parce que c'est pas que quand tu dis soutien, les preuves d'amour, etc. Les gens nous soutiennent à la fois, c'est important qu'ils l'entendent. L'argent, c'est très important. La différence que tu viens de noter, 100 000 euros, c'est notre budget mensuel. Eux, c'est une émission. Alors, je pense que ça parle. Mais en même temps, parce que les gens sont aussi là à parler de nous autour d'eux. Et ça permet de faire boule de neige. C'est aussi important, ça, d'augmenter la visibilité des émissions aussi comme ça, j'imagine. Ça nous donne la force de continuer.
Parce que quand on est confronté à ce type de censure, quand on est confronté à des procédures baillons, à des violences policières contre nos journalistes en manif, quand on est confronté à des procédures baillons, en justice, en diffamation suite aux enquêtes qu'on fait, pourtant des enquêtes qui sont d'intérêt public, des fois, on est comme tous les êtres humains, on a envie de laisser tomber parce que c'est dur, parce que c'est difficile de se battre dans ce monde si méchant. Et face à ces puissances de l'argent qui, on a l'impression, engouffrent tout et engloutissent tout.
Mais c'est vrai que le soutien qu'on reçoit, l'amour qu'on reçoit, les mots d'encouragement, même que les gens mettent sous YouTube en commentaire, ça nous donne la force de continuer.
Ça ne suffira pas, mais ça nous permet de...
Ça nous permet de continuer, ça nous permet de nous battre. Et c'est vrai que c'est pour ça que, fort de ce soutien, on a décidé de lancer cette cagnotte de 200 000 euros. Et surtout, de poursuivre ce rêve, vraiment, ça paraît incroyable pour une petite télé comme la nôtre, d'arriver sur les box internet, sur la TNT, de concurrencer les chaînes de Drahi, de Bolloré, de Buig. Mais c'est quelque chose qui devient réalisable. Mark Twain disait, il ne savait pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.
Alors peut-être qu'on a cette naïveté-là ou cette folie-là, mais en tout cas, on va essayer avec le soutien de tous des dizaines de milliers de sociaux et d'abonnés qui sont là tous les jours et on le remercie.
On les remercie. Merci aussi à toi, Thomas. Merci.