François-Xavier Bellamy : "Il est inadmissible que la deuxième vague nous trouve aussi démunis"
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Bonjour, bonjour et bienvenue dans Questions Politiques. Merci d'être fidèle au rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Notre invité aujourd'hui, il était l'espoir de la droite, il était le candidat idéal aux dernières élections européennes pour le camp des Républicains. Il est eurodéputé. Beaucoup de choses ont changé depuis cette campagne-là, mais sa ligne politique, son corpus idéologique, sont peut-être en train de s'imposer dans son camp. Et si l'avenir de la droite était notamment au conservatisme, il est chargé de réfléchir à l'avenir de la droite à l'échelle de l'Europe, au PPE.
Que veut dire être de droite aujourd'hui et où en est l'Union Européenne ? Question politique est en direct jusqu'à 13h avec l'eurodéputé LR François-Xavier Bellamy pour intervenir à l'application France Inter ou les réseaux avec le hashtag QuestionPol.
France Inter. Question politique. Alibadoui.
Bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. Eurodéputé PPE, puisqu'on sait le nom de votre groupe au Parlement européen, pour vous interroger l'équipe de questions politiques, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour. Bonjour à tous. Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour Ali. Bonjour à tous. Laurence Perron de France Inter. Bonjour Laurence. Bonjour. Laurence qui a préparé votre portrait François-Xavier Bellamy et nous le découvrirons ensemble dans quelques minutes. Beaucoup de questions à vous poser, mais partons d'abord de l'épidémie, de l'épidémie de coronavirus qui accélère en France près de 27 000 nouveaux cas.
Vous l'avez entendu dans le journal. Les autorités sanitaires craignent une poursuite des hospitalisations, des décès dans les semaines à venir. Quel regard portez-vous sur la gestion de cette crise totalement inédite par le gouvernement en France ?
D'abord, la première chose qu'il faut dire, je crois, c'est que, et je le répète depuis le début de cette crise, mais c'est important de le rappeler, la critique est facile et l'art est difficile. Et évidemment, dans toute crise de cette nature, il y a une part d'imprévu, d'impondérable. Je comprends que la situation soit compliquée à gérer.
Malgré tout, une fois qu'on a dit ça, ça n'empêche pas de poser un regard aussi objectif que possible sur la situation et de s'étonner de ce qu'aujourd'hui, moi, ce qui me frappe le plus, c'est le discours moralisateur du gouvernement qui tend à faire porter sur les Français le poids de la responsabilité d'une crise que, malgré tout, il faut le dire, les autorités publiques n'arrivent pas à gérer. Au fond, il y a une sorte de contrat qui devrait s'établir entre le gouvernement et les Français. D'un côté, de la part de chacun d'entre nous, le respect des règles qui nous sont imposées et qui sont lourdes et que, je crois, les Français respectent.
Les gestes barrières, les mesures de distanciation sociale qui sont une épreuve pour beaucoup d'entre nous. Je pense en particulier à tous ceux qui sont déjà isolés. Je pense aux personnes âgées, à nos aînés qui vivent chez eux avec peu de contact et qui se trouvent encore plus fragilisés par cette situation. Aujourd'hui, les Français, dans leur immense majorité, il suffit d'aller dans la rue pour s'en rendre compte, respectent ces règles. Et de l'autre côté, le gouvernement, lui, qui devrait s'astreindre à la tâche de maintenir sa stratégie, c'est sa stratégie, celle qu'il a déterminée, testée, dépistée, isolée. Et aujourd'hui, rien ne fonctionne dans cette stratégie.
On voit très bien que nous n'arrivons plus à remonter les chaînes de contamination. Nous n'avons pas les moyens de le faire. La stratégie de test ne fonctionne pas. Elle a été mal engagée, y compris d'ailleurs dans l'été. Rien ne s'est passé pour que, face à cette seconde vague que tout le monde prédisait et dont déjà l'espace médiatique était rempli de manière un peu anxiogène, on aurait dû prendre ce temps-là pour se préparer et on n'est pas prêt. Et j'ajoute un dernier point, et c'est ce qui me frappe le plus. Que la première vague nous ait surpris, on peut le comprendre. Mais la deuxième vague, il est absolument inadmissible qu'elle nous trouve aussi démunis. Or, c'est le cas.
Le nombre de lits de réanimation n'a pas augmenté dans notre pays pendant l'été. Que s'est-il passé ? Qu'est-ce que le gouvernement a fait pour que nous soyons mieux équipés ? La situation serait infiniment moins inquiétante si nous avions pu augmenter nos capacités de réanimation. Nous avions 5 000 lits disponibles, il y en a autant aujourd'hui. En Ile-de-France, il y a même moins de lits de réanimation disponibles aujourd'hui qu'il n'y en avait en mars dernier.
C'est contestable, on va y revenir.
Non, non, c'est un fait. C'est un fait. Oui, effectivement, c'est critiquable. C'est un fait, il faut le dire. Et face à cela, je termine, aujourd'hui, on a un discours du gouvernement qui nous explique les Français ne sont pas sérieux, il faut être plus conscient des enjeux. Au fond, comme si tout le travail du gouvernement consistait à reporter sur les Français le poids de l'effort à faire qui n'est pas assumé par les autorités aujourd'hui.
Quand vous dites que c'est moralisateur, est-ce que finalement le contrat qui a été passé avec les Français n'a pas été respecté ? Vous, vous voyez des gens qui se tiennent bien dans la rue avec des masques. Et nous, on peut se dire aussi que dans les bars, on voit des gens qui parlent fort, qui n'ont pas de masque, qui se postillent à la figure et qui sont peut-être jeunes et qui sont peut-être joyeux. Et c'est peut-être une excuse. Pourquoi vous avez autant confiance en les Français ? Pourquoi vous les exonérez à ce point-là de responsabilité ?
Puisqu'on a bien vu que cet été, et que notamment dans certaines villes aussi, à la rentrée, il y a des endroits où ça explose plus que d'autres, où peut-être les gens ont fait moins attention.
D'abord, le rôle de l'État, c'est justement de faire appliquer ces consignes. Donc de moraliser de temps en temps et de dire attention. Pas de moraliser d'une manière générale. Une immense majorité des restaurateurs, des établissements qui accueillent du public, respectent les règles. Et c'est extraordinairement contraignant pour eux. Et ils le font. Alors, il faut faire croire. Moi, je suis un peu partie prenante de cette situation. Je fais, cher Ali Badou, des rencontres de philosophie qu'on a reprises dans un théâtre à Paris parce qu'on y a été autorisé par le gouvernement. Et je crois que c'est important de relancer la vie culturelle. Eh bien, on fait une place sur deux.
C'est compliqué, c'est coûteux, c'est difficile. L'État dit quoi ? Donc une immense majorité des gens respecte les règles. Certains ne les respectent pas. Il faut aller les sanctionner. Et je parle d'ailleurs du point de vue de maires. Je pense par exemple à David Lysnard à Cannes qui dit « Ça fait des mois qu'on alerte sur des établissements qui ne se comportent pas bien et personne ne va sur place pour aller relever les infractions et pour aller les sanctionner ». Il ne s'agit pas de parler de manière générale à tous les Français en disant « Ça n'est pas bien, vous vous réjouissez trop, vous n'êtes pas assez conscients du problème ».
Non, fixons des règles, faisons en sorte qu'elles soient appliquées. Aujourd'hui, je crois qu'elles le sont. Mais pour le reste, ce qui nous rend si fragiles aujourd'hui, et ce qui fait que la France est dans une situation beaucoup plus difficile que beaucoup de pays européens face à la reprise de l'épidémie, c'est quand même, encore une fois, redisons-le, que la stratégie de test, de dépistage n'est pas assumée de manière correcte.
Alors, c'est là-dessus que je vous arrête, parce qu'on voit que dans pratiquement tous les pays, l'Allemagne, le nord de la Grande-Bretagne peut-être est en instance de reconfinement. Pourquoi la France, vous dites, elle se débrouille moins bien que les autres ? Au fond, la vague, elle touche tous les pays aujourd'hui. Et moi, je voudrais vous interpeller comme parlementaire européen. Est-ce que vous avez travaillé en commun pour voir, faire du benchmarking, c'est-à-dire voir quels sont les endroits où ça marche mieux ? Et est-ce que ce n'est pas ça votre contribution, plutôt que de dire que ça ne marche pas en France parce que peut-être vous êtes en désaccord avec le gouvernement ?
Bien sûr qu'on travaille sur le sujet. On travaille sur tous les sujets qui relèvent de la compétence du Parlement européen. D'abord sur le fonctionnement de l'espace Schengen, parce que, vous l'avez dit, aujourd'hui, le grand danger, ce serait qu'on se retrouve de nouveau dans une situation de confinement. Donc, tout ce qu'on peut faire pour éviter que cette pandémie ne monte au plan européen, il faut évidemment le faire. On travaille sur la stratégie en matière de vaccins, en matière de tests, de dépistages. Nathalie Colin-Osterlet, qui est députée de notre délégation, vient de présenter et de faire voter un rapport sur la prévention des pénuries de médicaments en Europe.
C'est un sujet majeur pour faire face à cette deuxième vague. Donc, évidemment, on travaille. Vous me demandez quel est mon avis sur la gestion de cette crise. Je ne peux que vous répondre. Pourquoi la France se débrouillerait plus mal que les autres ? Je reviens de Grèce. J'ai été rencontrer plusieurs... Le Premier ministre, le ministre de la Défense, celui de l'immigration,
des affaires européennes.
On a eu l'occasion, on y reviendra peut-être, d'aller voir nos amis grecs sur les sujets auxquels ils font face aujourd'hui. Quand je suis arrivé à l'aéroport d'Athènes, nous avons tous été testés. Tout l'avion. Tout le monde qui sortait de cet avion a été testé. Alors que je reviens en France, et pour le coup, il ne se passe absolument rien. Je ne peux pas ne pas constater qu'aujourd'hui, des pays, y compris la Grèce, qui ont des systèmes de santé qui sont moins performants que le nôtre à bien des égards, se sont donnés les moyens d'éviter que la reprise de l'épidémie ne frappe autant qu'elle le fait aujourd'hui en France. Et aujourd'hui, en Grèce, il n'est pas question de reconfinement.
Et la vie fonctionne correctement, y compris la vie économique. En France non plus, il n'est pas question de reconfinement. Non, mais on voit bien qu'effectivement, si on continue sur cette tendance, on va se retrouver demain dans la même impasse qu'en mars dernier. Et moi, je dis encore une fois que je suis obligé de le reconnaître. Malheureusement, je répète que ça n'est pas facile, mais il faut bien reconnaître, puisque vous me demandez mon avis, ce qui ne fonctionne pas, que lorsque la première vague nous a frappés, nous étions démunis, on peut le comprendre, il est moins compréhensible que nous le soyons autant lorsque la deuxième vague arrive.
Pourquoi on est moins bon que les autres ? Pourquoi ? C'est quoi ? C'est de l'incompétence qui a eu le point cette semaine ? Pourquoi ?
Je vais le redire. Comment expliquer, par exemple, qu'il y ait moins de lits de réanimation disponibles en Ile-de-France aujourd'hui que nous n'en avions en mars ? Ça, c'est contesté.
Comment ? C'est contesté. Vous le dites, mais c'est contesté.
Non, c'est un fait. C'est un fait reporté par les personnels hospitaliers, les directeurs hospitaliers. Je pense à Philippe Juvin, par exemple.
Non, mais il y a une hypothèse que ça pourrait monter à 12 000 limées. De toute façon, le compte est compliqué à faire. Comment se fait-il, par exemple ?
Revenons sur un élément très simple. Le gouvernement s'était engagé à commander 10 000 respirateurs supplémentaires. En réalité, seuls 1 600 sont utilisables en réanimation. C'est un fait. C'est un fait objectif. Ce qui fait qu'aujourd'hui, nous n'avons pas les équipements, même les équipements nécessaires pour faire face. Comment se fait-il que nous n'ayons pas trouvé plus de personnel ? Parce qu'il faut les former et que ça prend du temps. Que, par exemple, au plan européen, nous n'ayons pas organisé une mutualisation des personnels. Ça, c'est ce que le gouvernement seul peut faire. Nous voulons bien y contribuer.
Mais c'est au gouvernement de prendre l'initiative, de se tourner vers nos voisins européens qui sont aujourd'hui moins touchés, pour faire en sorte, effectivement, de partager l'effort en allant chacun à son tour au front dans les pays les plus en difficulté. Encore un mot.
Justement, le président de la République doit s'exprimer dans les prochains jours sur cette question. Qu'est-ce que vous attendez de lui ?
On attend d'abord un cap clair. On attend des décisions fermes. Et je crois qu'encore une fois, moi, ce qui me marque le plus, c'est qu'on attend d'abord qu'on arrête de faire la morale aux Français, qu'on leur indique les règles indispensables.
Parce qu'il y a des règles, et on les connaît tous, et vous dites qu'elles sont largement appliquées. Elles sont largement appliquées, je vous le dis. Mais alors, dans ces cas-là, pourquoi vous plaindre du discours
du président de la République ou du gouvernement ? Parce qu'on entend sans cesse, les Français ne sont pas assez responsables. Vous le redisiez à l'instant, les jeunes sont trop joyeux, ils font la fête dans les bars, ils font n'importe quoi. Je crois qu'aujourd'hui, la plupart des gens sont très responsables. Il faut maintenant que l'État...
Il n'y a pas eu de relâchement. Il n'y a pas eu de relâchement de la part d'un certain nombre de Français, et notamment des jeunes, effectivement, des jeunes qui ont pu faire la fête, de gens qui ont été s'amuser en vacances cet été, et aujourd'hui, donc, les conséquences.
Mais dans leur immense majorité, les gens respectent les règles. Elles sont très difficiles à respecter. Mais que diriez-vous aux Français, vous, là ? Au bar, au restaurant, je pense au théâtre, je pense à tous les lieux qui sont aujourd'hui en très grande difficulté, y compris économiques, et qui font tout ce qu'ils peuvent pour assumer les règles qui leur sont fixées. Très bien, ils font leur part du travail. Que l'État fasse sa part aussi, en assumant enfin une stratégie de test qui fonctionne efficacement pour permettre de remonter les chaînes de contamination. Il n'y a pas de fatalité à ce que nous revenions dans la situation dans laquelle nous étions en mars dernier.
Mais pour ça, encore une fois, c'est à l'État de faire sa part du travail. Et j'ajoute une dernière chose. D'un mot. On attend aussi que le Président de la République, même si la situation est infiniment difficile, nous propose aussi de réfléchir ou nous montre que l'État réfléchit sur la préservation de nos libertés fondamentales. Bien sûr que nous sommes dans une situation difficile. Bien sûr qu'il faut accepter de faire des efforts pour éviter la propagation de ce virus.
Mais il est aussi absolument crucial que nous rappelions sans cesse, et c'est, je crois, le rôle du Président de la République comme garant de la Constitution, que nous rappelions sans cesse que les libertés fondamentales ne sont pas faites uniquement pour les périodes de tranquillité, mais qu'elles sont faites aussi pour garantir les droits des citoyens.
Puisque nous sommes en état d'urgence sanitaire, quelles sont les libertés qui sont menacées, selon vous, et qui devraient être à tout prix protégées ? Qu'est-ce qui est allé trop loin dans les règles décrétées par l'état d'urgence sanitaire ?
Je crois que beaucoup de libertés ont été mises en cause, et d'ailleurs d'une manière inutile. Revenons sur le fiasco, et ça, pour le coup, c'est un point très important de l'application StopCovid, cette application de traçage. On sait qu'aujourd'hui, après quelques mois d'utilisation dans lesquels, en fait, elle n'a pas servi à lutter contre la pandémie, elle a, en revanche, chez ceux qui ont téléchargé cette application, capté des données personnelles que le gouvernement lui-même s'était engagé à ne pas conserver.
Là, il y a quelque chose de grave parce que nous regardons avec trop de négligence ces violations de nos libertés fondamentales, du droit à la vie privée, par exemple, lorsque certains nous expliquent qu'au fond, il faudrait renoncer à ces droits fondamentaux pour lutter contre l'épidémie. Je crois que c'est une entorse grave à des principes qui ne sont pas faits, je le répète, pour des périodes de tranquillité, mais qui sont faits pour préserver précisément ce qu'il y a de l'essentiel.
Françoise Fresseuse.
L'épidémie dure et donc, je voulais, là, vous interrogez le philosophe. Est-ce que vous pensez, est-ce que vous avez une réflexion sur toutes les conséquences que peut créer sur les mentalités, le fonctionnement de l'économie, le fonctionnement de la société, le fait qu'on soit confronté à quelque chose d'aussi long et d'aussi difficile ?
Vous avez raison, je crois que c'est un sujet préoccupant sur lequel il faut qu'on se concentre tous, quel que soit nos champs disciplinaires. Je crois que le grand risque, c'est que cette période de crise épidémique nous fasse faire un pas de plus dans ce que Pierre Rosanvalon appelait la société de la défiance, une société de la distance qui nous met à l'écart les uns des autres.
Quand j'entends les spots du gouvernement, et encore une fois, je ne remets pas en cause la nécessité des mesures qui sont prises aujourd'hui, mais quand on entend dire que quand on aime ses proches, on ne s'en approche pas, au fond, je me dis que ça ne peut pas ne pas avoir d'impact sur la manière dont nous vivons et je pense en particulier aux plus jeunes. Je pense aux enfants, aux adolescents qui grandissent dans ce monde où nous apprenons que la première nécessité sociale, c'est la distance.
Il y a quelque chose là qui appellera, je crois, une réflexion sur la manière dont nous devrons sortir non seulement de cette épidémie et j'espère que nous en sortirons le plus vite possible, mais aussi des conséquences psychologiques, des conséquences anthropologiques. Vous êtes sur la ligne Nicolas Bedos
pour le dire vite puisqu'il avait fait un post qui a été très largement relayé. Nicolas Bedos qui écrivait « Arrêtez tous les masques, les confinements, excepté face à vos parents très fragiles. Quand ils le souhaitent, vivez à fond, tombez malade, allez au restaurant, engueulez les flicaillons, contredisez vos patrons et les lâches directives gouvernementales. Nous devons désormais vivre quitte à mourir.
Je reviens sur ce que je disais. On n'est pas très loin de ce que vous disiez. Il est nécessaire de protéger évidemment ceux qui nous entourent et je pense en particulier à nos aînés qui sont plus fragiles. Je ne voudrais pas d'une société irresponsable qui considère qu'aimer les autres c'est faire n'importe quoi. En revanche, ce qui est clair, c'est que ce texte de Nicolas Bedos a le mérite d'alerter sur ce que produira en nous et vous avez raison de poser cette question, l'expérience de cette épidémie et des mesures qui nous sont imposées aujourd'hui.
Sur ce que cela pourrait produire dans le long terme de notre relation aux autres et je crois et ça c'est une question philosophique majeure. Je reviens sur le travail par exemple remarquable qu'a fait Olivier Rey dans un petit tract paru chez Gallimard qui s'appelle L'idolâtrie de la vie. Je crois qu'il y a un danger qui consisterait à croire que la préservation de la vie physique en quelque sorte de la vie du corps vaudrait plus que toute autre exigence ou devrait être seule considérée indépendamment de toute autre exigence.
Je pense en partie aux personnes qui sont en EHPAD et à qui on a pu expliquer dans les dernières semaines qu'il allait falloir les confiner pendant peut-être des mois, peut-être même des années. Lorsque vous êtes en EHPAD et que vous êtes condamné à la solitude absolue alors que ce sont les années de votre fin de vie, il y a quelque chose qui crée dans notre société le spectre d'une vie qui n'en est plus tout à fait une parce qu'une vie qui est réduite à la simple préservation de nos fonctions organiques n'est plus tout à fait une vie humaine. Et ça engage d'ailleurs une expression de grande peur sur ce que c'est une vie humaine. Vous laissez une liberté ?
Si une personne âgée disait je souhaite être visitée en EHPAD même si ça peut susciter une mort plus précoce, vous seriez favorable à ça vous ?
Non, ça veut dire encore une fois je ne dis pas qu'il faut être irresponsable. Ça veut dire d'abord je pense que...
Non mais vous n'êtes pas loin de dire jouissez sans entrave comme on le disait en mai 68.
On est devant une épidémie qui est réelle un virus qui est réel et qui peut réellement faire du mal en particulier à nos aînés. On est aussi contraint d'inventer les réponses à cette épidémie et je crois que ce qui compte c'est que toujours nous devons trouver dans ces réponses une forme d'équilibre. Le grand danger ce serait de tomber dans le déséquilibre et oui il y a une forme de déséquilibre qui consisterait par un réflexe purement hygiéniste et ce serait un déséquilibre évidemment à préserver une vie qui soit tellement isolée qu'elle soit dépourvue de ce qui la rend vraiment humaine.
Mais je ne dis pas non plus évidemment qu'il faille sombrer dans le déséquilibre inverse qui consisterait à être totalement irresponsable et à mettre en danger des gens. Ce que je dis La vie n'est pas une fête. La vie devrait le redevenir et j'espère qu'on pourra sortir le plus vite possible de cette pandémie. A votre avis
qui a cette responsabilité cette espèce de principe de précaution généralisée est-ce que ce sont les français qui sont en demande de ça on a l'impression ou est-ce que ce sont leurs dirigeants qui ont peur de se faire rattraper en cas de défaillance ?
Il y a, j'allais dire les deux il y a évidemment un piège qui est celui de l'excès de juridisme qui fait que nos dirigeants ont plus peur de la poursuite pénale que d'échouer dans la bonne gestion de l'épidémie et ça je pense que c'est dangereux et que c'est un sujet là aussi qui doit tous nous alerter.
Ça crée d'ailleurs pas seulement chez nos dirigeants mais dans toute la chaîne hiérarchique je pense en particulier aux administrations je pense aux ARS ça crée une sorte de réflexe de l'ouverture du parapluie on cherche plus à se protéger qu'à apporter des réponses je suis professeur je vois dans l'éducation nationale mes collègues me racontent quand vous recevez des règlements qui font 58 pages remplis de règles sanitaires vous savez très bien que le but n'est pas de garantir le bon accueil des élèves mais que le but c'est que ceux qui ont écrit ces règlements montrent qu'ils se sont en quelque sorte protégés de toute critique potentielle il y a aussi évidemment le risque que fait peser sur nous la spirale et je dis ça non pas pour critiquer les médias mais pour que nous ayons ensemble une réflexion sur ce sujet la spirale de l'information en continu et de la montée d'informations très anxiogènes si on publiait tous les jours à la télévision le nombre de morts sur les routes si on publiait tous les jours à la télévision le nombre de morts du cancer ou du tabac
donc il ne faudrait pas informer au quotidien
sur l'évolution de la pandémie je crois qu'il est important d'informer mais je pense qu'il y a le risque d'une surenchère le risque d'une spirale le risque d'une surenchère qui est lié aussi à une forme de mimétisme entre les médias d'une course en avant d'une fuite en avant vous le savez tous comment moi ça m'a beaucoup frappé quand j'ai découvert les coulisses des chaînes d'information continue que dans les chaînes d'information continue chacun publie dans les régies les écrans de télévision des chaînes concurrentes et donc au fond tout le monde s'imite et tout le monde veut être sur les mêmes médias c'est le cas dans toutes les régies de télévision on a toutes les chaînes en général dans les écrans c'est normal et c'est naturel mais ce réflexe là fait peser aussi le risque d'une forme de mimétisme et je pense vous parliez de relâchement que pendant cet été moi j'ai été très frappé du climat très anxiogène qui a été maintenu dans les médias alors qu'objectivement nous n'étions pas face à une seconde vague et ce qui fait que peut-être certaines personnes ont plus de mal à réagir aujourd'hui alors que les chiffres sont vraiment en train de monter c'est que cet été on nous parlait de clusters à Quiberon quand il y avait en réalité trois personnes qui avaient été dépistées positives au coronavirus il me semble qu'il y a une réflexion globale à partager ensemble sur la question de la manière dont nous gardons la proportion et la mesure et c'est très difficile parce que vous voudriez sans doute que j'ai des réponses très tranchées dans un sens non pas du tout la vertu est sans doute du côté du juste milieu et cette question de la mesure mesure dans les réponses sanitaires mesure dans la manière d'informer cette question de la mesure et de l'équilibre je pense que c'est une question cruciale pour nos sociétés aujourd'hui encore une question sur le sujet
vous dites que les médias sont anxiogènes mais en fait ce qui pèse avec l'épidémie c'est qu'au fond ça bouge complètement l'avenir c'est à dire qu'on ne peut on se projette dans rien les entreprises ne se projettent dans rien l'état a du mal à se projeter nous aussi donc en fait c'est cette imprévisibilité qui est aussi je pense un challenge pour tous les hommes politiques aujourd'hui comment vous réagissez à ça ?
C'est évidemment un vrai défi nous le vivons nous aussi dans l'organisation de notre propre travail je le vois je le redisais à travers cette expérience au théâtre c'est très difficile aujourd'hui de s'engager c'est très difficile de prévoir et je pense que ce sera en particulier un très grand problème pour l'économie et c'est pour tant le travail des politiques
et notamment les politiques qui sont chargées de réfléchir à l'avenir à l'avenir idéologique mais aussi à l'avenir de notre société comme c'est votre cas c'est la raison pour laquelle
je pense que sur le terrain de l'épidémie on aurait besoin d'indicateurs plus clairs pour déterminer les décisions à prendre ça a été beaucoup souligné mais on a changé tellement de fois d'indicateurs de couleurs sur les cartes de critères pour les attribuer qu'aujourd'hui il est très difficile y compris pour des acteurs du monde économique par exemple de choisir de s'engager dans telle ou telle direction et puis j'ajoute un dernier point on a besoin d'aller très vite sur la question de la relance économique et du plan de relance en particulier on y travaille aujourd'hui au Parlement européen c'est un sujet majeur il faut donner de la visibilité et de la lisibilité aux acteurs économiques sur la manière d'engager ce plan de relance et moi je suis préoccupé du fait que nous avons beaucoup de mal politiquement à faire ce travail là c'est ce que j'essaye de faire comme rapporteur du plan de relance au Parlement européen offrir cette lisibilité à travers des critères clairs et stables pour permettre justement une relance plus la situation est incertaine et anxiogène plus les politiques devraient offrir aux acteurs de la société cette lisibilité cette clarté
vous considérez qu'on a traîné qu'on a du retard par rapport à nos autres pays européens
on a du retard d'abord au plan global et c'est la première chose qu'il faut dire aujourd'hui le grand paradoxe c'est cette crise qui vient de Chine on peut s'accorder sur le fait que le virus nous est arrivé de la Chine elle va bénéficier d'abord à la Chine qui en est sortie aujourd'hui et qui elle pour le coup va subir l'impact économique le plus faible or c'est très important parce que il faut regarder je crois l'image la plus large au plan géopolitique cette crise aura des conséquences et si nous ne savons pas nous engager rapidement dans la relance de nos économies nous allons aussi accentuer encore cette dépendance très dangereuse au plan politique que nous avons déjà avec par exemple la Chine ou les Etats-Unis
et on va en parler l'eurodéputé les républicains François-Xavier Bellamy et l'invité de questions politiques jusqu'à 13h
France Inter Alibadou question politique
votre portrait par Laurence Perron
joyeux anniversaire d'abord puisque vous êtes née aujourd'hui un 11 octobre il y a 35 ans
très heureux de le fêter avec vous
est-ce que vous vous imaginez après avoir fait Normale Sub décroché l'agrégation de philosophie à 23 ans qu'un 11 octobre 2020 vous seriez là sur un plateau de radio-télévision à commenter les vicissitudes de la vie politique les guerres de tranchées dans le parti que vous avez finalement épousé enfin vous écoutez jeudi dernier lors du séminaire des parlementaires de la droite LR on est limite dans une phase conciliation avant divorce
je suis assez affligé de voir que notre famille politique se livre depuis quelques semaines à une sorte de guerre de tranchées qui ressemble plus à une guerre des boutons qu'à un vrai débat de fond pour avoir je n'ai jamais répondu à cette petite stratégie de harcèlement de petite phrase médiocre je pense que ça suffit j'ai fait la route toute la nuit pour arriver ce matin je tombe sur la dernière livraison de la presse et de nouveau Bellamy c'est 10% je veux vous dire ça ne me fait plus du tout sourire
monsieur 10% en réalité c'est même pas 10% c'est 8,48 le score de votre liste aux européennes alors certes vous êtes désormais député européen mais on s'interroge tout de même pourquoi vous êtes engagé sur cette galère quand vous auriez pu continuer à enseigner à donner ces cafés philo qui ont fait votre notoriété écrire ce que vous faites encore d'ailleurs un dernier essai surprenant demeure pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel que j'en suis sûr Jean-Luc Mélenchon a lu ou pour le moins il boirait ses lignes sur la liquéfaction de la politique je vous cite tout enfin passa dans le commerce Marx avait annoncé ce temps de la corruption générale de la vénalité universelle ce temps où tout ce qui était solide devrait être littéralement corrompu rendu liquide pour pouvoir être disponible à la puissance de l'argent et puis vous poursuivez bien des esprits qui se réclament souvent en cela d'une tradition politique de gauche en sont réduits à applaudir au triomphe d'une économie de marché qui a réussi l'exploit de vendre même des enfants j'imagine là comme ça Aurélien Pradier Nicolas Sarkozy Christian Jacob relire avec vous parce que vous le citez Marx et la misère de la philosophie en vrai j'ai du mal à imaginer alors je vous repose ma question pourquoi faire de la politique au sein de la guerre des boutons d'une droite médiocre lorsqu'une carrière de Finkielkraut de gauche boutant les bras
François-Xavier Bellamy
c'est une question qu'on m'a souvent posée faire de la politique d'abord ça ne faisait effectivement pas partie du tout de mes projets vous demandiez si j'aurais pu m'imaginer être là aujourd'hui la réponse est non moi j'ai toujours voulu enseigner la philosophie j'ai enseigné la philosophie pendant plus de 10 ans et c'est un métier qui m'a comblé j'ai eu l'occasion d'écrire aussi de m'engager sur le terrain des idées et lorsque cette famille politique m'a proposé de m'engager pour l'élection européenne j'ai accepté de relever le défi elle était à l'époque donnée à 7 ou 8% dans les sondages c'est la raison pour laquelle j'ai rappelé face à l'un de nos amis qui m'avait surnommé monsieur 10% que je crois à l'échec
C'était à l'Assemblée nationale devant l'ensemble des parlementaires les républicains et vous avez cogné vous avez tapé fort
Non j'ai simplement répondu parce que c'est vrai que je crois que c'est un peu absurde d'entretenir des divisions inutiles d'autant plus inutiles que notre famille politique aujourd'hui je crois n'est pas fracturée idéologiquement Alors c'est justement En tous les cas on a un travail de fond à faire tout ça pour vous répondre qu'effectivement je n'aurais pas pensé être là aujourd'hui Votre famille politique n'est pas fracturée
intellectuellement idéologiquement Laurence Perron venait de citer les propos que vous avez tenus écrits sur l'économie de marché ça paraît très impensable d'entendre Nicolas Sarkozy par exemple Non attention
ces propos ne condamnaient pas l'économie de marché il faut faire attention à un extrait trop Oui mais enfin
il est quand même question de la vitesse et de ralentir ce qui n'est pas exactement la pensée de Nicolas Sarkozy
Ce que je voulais dire dans ce passage c'est que et ça pour le coup j'en suis convaincu l'une des folies de notre époque c'est que le marché voudrait se saisir de tout je crois que le marché est nécessaire sinon je ne serais pas engagé dans cette famille politique je crois que l'économie de marché est ce qui permet à l'économie de fonctionner de la manière la plus efficace possible lorsque ces mécanismes sont garantis et lorsqu'elle assure à chacun et elle assure aujourd'hui à chacun l'accès au plus grand nombre de ressources possible Mais pour le dire rapidement la droite c'est l'Etat maintenant Pas du tout le grand danger encore une fois c'est l'extension indéfinie du domaine du marché et ce passage il avait pour vocation de rappeler y compris par exemple à Jean-Luc Mélenchon qu'il est assez curieux de considérer qu'aujourd'hui le progrès consiste à laisser entrer dans le domaine du marché y compris la vie humaine par exemple à travers les dernières révisions des lois de bioéthique et ça pour le coup je le maintiens absolument je crois que nous devons garantir que le marché fonctionne de manière juste mais nous devons aussi garantir que le marché n'absorbe pas tous les aspects de notre existence et c'est ce que à travers la toute puissance de la technologie aujourd'hui un certain modèle voudrait nous imposer c'est contre ce modèle-là aussi que je suis engagé C'était donc un essai
qui s'appelait Demeure et ça en dit dans Nathalie Saint-Cric
Les Républicains c'est pas uniquement un club de philosophes ou alors il y a quelque chose qui m'a échappé il y a un certain nombre de personnes qui font des fictions genre François Baroin il y a Nicolas Sarkozy qui est censé être à la retraite vous avez Bertrand qui est dedans dehors Bruno Retailleau qui voudrait être candidat vous travaillez avec qui ? alors vous allez me dire que c'est d'abord le programme et pas les candidats qu'on refusez de choisir quiconque c'est ça ?
d'abord je travaille je travaille avec tout le monde je vais dire par là non mais abandonnez la langue de bois on avait bien commencé l'émission mais non vous ne travaillez pas vous travaillez
vous pensez vous réfléchissez avec qui et qui est le plus à même d'incarner cette pensée qui est certes très claire mais pas forcément
d'abord le point de départ et vous allez m'objecter que c'est une manière de ne pas répondre mais c'est pourtant absolument crucial le point de départ c'est qu'on parle beaucoup de primaire en ce moment on parle beaucoup de départager des candidats le plus important c'est d'abord d'identifier notre ligne je ne vois pas je le redis de fracture idéologique profonde à droite en tous les cas je crois qu'il faut organiser une conversation de fond pour savoir quelle sera la ligne que nous défendrons à l'élection présidentielle alors laissez Françoise parce que si vous vous ne voyez pas les lignes de fracture
Françoise les voit en fait ce qui est très troublant dans la période actuelle c'est qu'avec le Covid on voit tout d'un coup des milliards se déverser sur l'économie on voit des thématiques qui avaient disparu la souveraineté qui reviennent et au fond on se dit Macron essaye de saisir toutes ces thématiques en même temps qu'est-ce qui reste pour la droite dans ce contexte là et quel effort intellectuel elle doit faire pour montrer qu'en fond elle a une voix différente et qui s'affirme
Macron saisit tout l'espace de la communication mais où est l'action où est la réalité de l'action ça c'est un slogan non pas du tout si Emmanuel Macron faisait la politique que j'espère pour mon pays je serais heureux de le soutenir
c'est quoi cette politique de droite différente de ce qui
vous évoquiez la question de la souveraineté effectivement on a vu pendant la crise du coronavirus que notre pays en était réduit à aller mendier des masques en Chine comme tous les pays européens pour pouvoir simplement protéger ses citoyens aujourd'hui il est très clair que nous avons un travail majeur à faire pour reconstruire une base industrielle dans notre pays pour réapprendre à produire ce dont nous avons besoin et en Europe évidemment parce que c'est nécessairement un défi européen mais je me permets de le dire c'est exactement ce que nous avions mis au coeur de notre campagne européenne et c'est exactement ce qu'Emmanuel Macron n'a jamais défendu en 2017 il disait le protectionnisme c'est la guerre c'est-à-dire l'idée qu'il faut retrouver une stratégie industrielle qui nous permette de protéger les citoyens de nos pays lui paraissait déjà un acte conflictuel et ça n'a pas changé moi comme rapporteur du plan de relance je travaille pour faire en sorte que justement ce plan de relance soit l'occasion de réinvestir dans la reconstruction de notre base industrielle mes adversaires politiques aujourd'hui sont dans le groupe Rigno auquel appartient Emmanuel Macron qui m'explique que cette idée est protectionniste que cette idée est protectionniste et qu'il faut au lieu de reconstruire notre capacité de production multiplier les chaînes d'approvisionnement avec le commerce mondial en signant des traités avec le Mercosur en signant avec des pays africains pour aller se fournir partout de telle sorte que nous ayons toujours un fournisseur disponible ça c'est exactement la vision du monde que j'essaye de contredire parce que je crois que concrètement nous sommes devant un défi absolument historique quand vous dites
que votre famille politique n'est pas fracturée j'aimerais y revenir quand même quand on regarde ce gouvernement il est constitué en partie d'hommes de droite que Emmanuel Macron est allé chercher avec sans doute aussi l'assentiment de Nicolas Sarkozy quand on voit que Christian Estrosi est prêt aujourd'hui à partir en Macronie que Renaud Muselier a priori pourrait garder sa région avec l'aide de la République en marche vous ne trouvez pas que votre famille est quand même un petit peu enfoncée par Emmanuel Macron
Christian Estrosi quand il a dit qu'il fallait s'allier avec Emmanuel Macron je crois n'a pas dit quelque chose qui représente ce que pense l'immense majorité de ceux qui je pense aux groupes parlementaires je pense aux élus locaux qui ont été fidèles à leur famille politique et qui ne sont pas prêts de céder et de se dissoudre dans le grand bain macroniste aujourd'hui les stratégies individuelles ne m'intéressent pas ce qui m'intéresse c'est la réalité des faits aujourd'hui un commissariat a été attaqué il l'avait déjà été plusieurs fois au cours des dernières années à Champigny à coups de mortier par 40 personnes armées de barres de fer proler le drame deux policiers qui étaient devant ce commissariat en train de faire leur pause ont eu tout juste le temps de se réfugier à l'intérieur le ministre de la justice nous parle depuis des semaines du sentiment d'insécurité est-ce que ces policiers qui ont sauvé leur vie à la dernière minute éprouvent un sentiment d'insécurité est-ce qu'ils ont ressenti un sentiment de mortier sur leur commissariat non notre pays est en train de se déliter face à la montée de la violence et on a un gouvernement qui continue à commenter le ministre de l'intérieur mais vous disiez qu'il vient de la droite publie sur twitter un message en disant les petits caïds ne nous impressionneront pas mais ce ne sont pas des petits caïds et on ne leur parle pas comme à des enfants qui désobéissent nous sommes devant un défi majeur qui est celui du rétablissement de l'autorité et ça n'est pas artificiel si Emmanuel Macron et son gouvernement faisaient le travail je le redis je serais heureux de m'en satisfaire mais ça n'est pas le cas et je crois que c'est une nécessité de le redire non pas pour que la droite soit dans l'opposition systématique mais pour que la droite prenne la mesure de sa responsabilité si certains pensent que 2022 peut être pour la droite une occasion de jouer la substitution à Emmanuel Macron c'est une erreur il faut jouer il faut jouer pour la France le rôle que la droite doit remplir c'est à dire celui d'incarner une authentique alternance alors justement cette alternance sur aucun des sujets majeurs notre pays n'est en train de progresser aujourd'hui je ne suis pas obsédé par les gens
par les noms mais qui peut incarner cette alternance parce qu'il faut bien s'y mettre c'est bientôt quand même enfin il faut s'y mettre c'est un conseil que je vous donne vous se sentez proche de qui et comment de Robert Ménard je ne sais pas qui a le droit
la première des choses à faire c'est de déterminer une méthode retour de l'autorité c'est à dire de se mettre d'accord sur la manière dont nous allons trancher ce débat et encore une fois je crois que ça ne doit pas être un débat de personne et c'est important parce qu'un débat de personne ça peut se jouer dans un bureau politique derrière des portes clous est-ce qu'on fait une primaire
par exemple
mais je crois qu'il faut partager ce débat avec tous ceux qui dans notre électorat attendent que la droite les représente qu'est-ce que ça veut dire
partager ce débat ça veut dire quoi
ça veut dire que ça peut passer par une primaire ça ne doit pas être un tabou je ne comprends pas pourquoi ça le serait une primaire ouverte pourquoi pas on n'est pas obligé de faire la même chose qu'en 2017 il y a certainement des évolutions à apporter au système de 2017 mais une chose est sûre ça n'est pas en 2017 la primaire qui a empêché le candidat de la droite d'être élu à la présidence de la République c'est faux et je suis heureux que vous partagiez ce diagnostic cette primaire a été l'occasion d'un vrai débat de fond elle a suscité une immense mobilisation vous avez choisi François Fillon à ce candidat
et sa campagne on en connait évidemment le destin et ce qu'il est devenu mais en l'occurrence c'était intéressant parce que le choix de François Fillon est-ce qu'aujourd'hui ce serait la même ligne qui incarnerait qui représenterait l'avenir de la droite est-ce que l'avenir de la droite au fond pour vous aujourd'hui c'est le conservatisme
alors d'abord je pense qu'il faut réussir à renouveler le vocabulaire et que le mot de conservatisme de toute façon ne peut rien dire à la France d'aujourd'hui pourquoi ?
alors dites néo-conservateur
conserver j'ai toujours dit que je ne me reconnaissais pas dans ce terme néo-conservateur conserver ça voudrait dire maintenir les choses dans l'état où elles sont oui vous avez écrit un livre qui s'appelle
Demeure
on n'est pas très loin
du conservatisme
évidemment que dans la tradition intellectuelle du conservatisme il y a beaucoup de choses dont je me sens familier mais je crois que le conservatisme en tant que tel et Demeure voulait justement apporter une réponse à cette question dans le conservatisme en tant que tel quelque chose est insuffisant pour répondre aux problèmes d'aujourd'hui je pense d'ailleurs que nous ne sommes pas dans une période où il reste quoi que ce soit à conserver nous sommes dans un moment de crise majeure dans lequel tout est ébranlé et effectivement il est nécessaire de reconstruire de relever ce qui doit l'être pour que la vie reste possible pour qu'une vie en société vous n'êtes pas progressiste je ne suis pas progressiste au sens où je crois
au sens où je ne crois pas vous n'êtes pas conservateur non plus réactionnaire ce serait plus juste pas du tout je ne suis pas puisqu'il y a des situations que vous aimeriez retrouver des situations du passé que vous regrettez
je pense que le progressisme fait la très grande erreur de penser que tout ce qui est nouveau est forcément meilleur et je pense que le progressisme fait la très grande erreur de penser que tout ce qui est ancien est forcément périmé c'est faux et beaucoup de français une très grande majorité de français sont capables de de manière très concrète de retrouver dans notre histoire des éléments de stabilité qui méritent de durer pour pouvoir reconstruire le lien qui nous est des éléments de stabilité
qui méritent de durer c'est une très belle définition du conservatisme François-Xavier Bellamy mais le conservatisme en tant que tel
est un mot qui piège le débat
parce que
mais parce qu'encore une fois les gens entendent regardez les américains
l'assument parfaitement ils parlent même de grands conservateurs de néo-conservateurs et ils n'ont pas honte de se dire conservateurs contrairement à la droite française
c'est pas une question de honte du tout comme vous le savez il y a une tradition conservatrice qui est beaucoup plus ancrée dans le paysage politique anglo-saxon aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni qu'elle ne l'est en France il n'y a jamais eu de tradition conservatrice en France en revanche et je pense que par ailleurs elle ne peut pas parler à notre époque aujourd'hui d'une manière aussi pertinente parce que nous vivons une période de crise globale vous vous rappeliez dans ce texte tout à l'heure le fait que j'avais cité Marx effectivement je pense qu'on peut s'appuyer aujourd'hui sur des travaux d'auteurs très variés pour exprimer ce qui est aussi au coeur de mon engagement politique une forme de révolte contre les injustices de notre temps j'en prends une soyons concrets plutôt que de rester dans un concept très théorique prenons la question éducative bientôt vous allez nous dire
qu'il faut la révolution
la question de l'école peut-être que la révolution c'est le fait de réapprendre dans notre histoire ce qui mérite d'être partagé de nouveau aujourd'hui prenons la question de l'école aujourd'hui c'est là l'injustice pour moi la plus révoltante de notre époque et la plus dangereuse pour notre avenir le système éducatif français est le plus inégalitaire de tous les pays européens nous sommes le système qui produit le plus de différence entre ceux qui échouent et ceux qui réussissent et surtout le système dans lequel le parcours scolaire d'un élève est le plus directement corrélé à son milieu social d'origine nous sommes le pays dans lequel un jeune français sur cinq à sa majorité a du mal à lire correctement le français et aujourd'hui cela porte en germe tout ce qu'on appelle les séparatismes tout ce qui sépare tout ce qui fracture notre société parce qu'évidemment nous devenons une communauté un archipel différent le rapport c'est que précisément pour remédier à cette fracture et je crois que nous devons être révoltés par cette injustice aujourd'hui et qu'elle devrait nous empêcher de dormir pour remédier à cette fracture il n'y a pas d'autre solution que de transmettre de nouveau notre culture de transmettre notre langue de réapprendre à transmettre ce dont nous avons hérité aux générations à venir et le progressisme a fait l'immense erreur de croire qu'on allait pouvoir construire l'avenir en se défaisant du passé et que vous avez arrêté
et que vous avez arrêté de parler français c'est quand même assez curieux parce que d'un côté vous allez vers Jérôme Fourquet et l'archipel français de l'autre on sent que vous penchez plutôt vers un discours à la Finkelkraut voire à la Zemmour aujourd'hui on a du mal en fait à cerner exactement
Pourquoi c'est parfaitement clair ? Effectivement aujourd'hui quand le président de la République fait un discours sur les séparatistes il nous explique que la meilleure manière de remédier à ce problème c'est d'enseigner l'arabe je crois que c'est C'est un élément mineur
enfin c'est un élément parmi plein d'autres du discours
N'empêche que c'est un élément sur lequel il a beaucoup insisté On peut enseigner l'arabe à l'école mais le vrai remède au séparatisme et le vrai remède qui devrait trouver sa place dans un discours sur le séparatisme ça n'est pas augmenter l'enseignement de l'arabe et expliquer qu'on doit enseigner une langue étrangère
qui est l'une des langues de l'ONU par exemple poserait un problème pour la société française Mais quelle est la place
de cet enseignement dans un discours sur le séparatisme islamiste ? La vraie réponse à ce séparatisme c'est de nouveau d'enseigner efficacement le français à tous les enfants de France parce que c'est leur langue et de leur redire que c'est leur langue et je crois que vous voyez qu'on est là au coeur d'un débat magique
Les jeunes gamins en France parlent français alors peut-être pas le français
que vous parlez quand vous avez un jeune Xavier Bellamy Quand vous avez un jeune français sur 5
Personne n'utilise l'imparfait du subjonctif comme vous mais on peut parler français différemment
Quand vous avez un jeune français sur 5 à 18 ans qui est c'est la statistique officielle celle qui est réalisée à l'occasion de la journée de défense et de citoyenneté un jeune français sur 5 qui a du mal à déchiffrer un programme de cinéma je suis désolé c'est un drame majeur et c'est le tort des progressistes d'avoir considéré que tout va bien parce que par définition le niveau montait on nous a expliqué ça pendant des années qui a voulu remplacer les savoir-faire pédagogiques hérités de notre histoire par une espèce de construction aberrante qui n'a jamais produit ses fruits aujourd'hui nous sommes encore dans le déni de réalité je suis obligé de le reconnaître de caricaturale de ce système scolaire mais c'est un défi tellement important qu'il nous explosera à la figure si nous n'y prenons pas garde dans d'actes Nathalie Saint-Cré
ce qu'il s'agissait dans le discours d'Emmanuel Macron de considérer qu'il fallait mieux maîtriser l'enseignement de l'arabe plutôt que de les laisser faire à l'extérieur par des gens plus ou moins douteux et plus ou moins dangereux il y a eu un discours général sur le séparatisme vous avez répondu dans une interview à Valeurs Actuelles que vous trouviez qu'il n'y avait rien en gros pas grand chose dans ce discours et qu'en tout cas ce n'était pas les réponses face à la montée de l'islamisme radical je voulais juste vous demander est-ce que vous considérez que rescolariser les tout petits il y a à peu près 50 000 personnes qui sont hors du système scolaire de manière à s'assurer que c'est plutôt au sein de l'école de la République qu'on les enseigne tout ça est-ce que vous trouvez que ça n'est rien d'envisager toute cette batterie pour contrôler un certain nombre de mosquées est-ce que vous trouvez juste que c'est de l'air
je crois qu'il y a quelque chose de très grave je parlais tout à l'heure des libertés fondamentales il y a quelque chose de très grave dans la réponse que le président de la République apporte à cette question aujourd'hui dans notre pays l'instruction est obligatoire mais le fait d'envoyer ses enfants dans l'éducation nationale ou à l'école n'est pas pour le coup un impératif et beaucoup de familles de toute sensibilité ont choisi d'enseigner eux-mêmes à leurs enfants quitte à ce qu'on enseigne n'importe quoi non parce que pour le coup l'instruction est obligatoire et l'état peut contrôler la qualité de l'instruction on peut faire le CNED mais on peut aussi faire complètement autre chose le problème que se passe-t-il ?
on revient exactement à la même situation le problème c'est que parce que l'état n'arrive pas à remplir son rôle il en quelque sorte il rogne sur les libertés fondamentales des français pour pouvoir éviter la catastrophe qu'il n'arrive pas à gérer vous êtes hostile à cette mesure ? oui je suis hostile à cette mesure donc vous considérez qu'on peut laisser
une petite fille chez elle dans un certain nombre de religions en ne lui enseignant rien
mais attendez
pour pouvoir que les catholiques puissent faire la même chose
bien sûr que non que l'état fasse son rôle c'est à dire contrôler la qualité de l'instruction mais comment il va faire ?
il va rentrer chez les familles et là excusez-moi atteinte à la liberté
mais il ne s'agit pas de rentrer chez les familles il s'agit de contrôler le résultat de l'instruction et on peut le faire et on doit le faire et on doit le faire c'est déjà une règle
aujourd'hui vous dites que l'égalité entre les enfants peut se faire par l'enseignement public pour évidemment pallier les différences de milieux sociaux c'est à dire des gens qui ne savent pas lire des gens qui ne sont pas cultivés et que l'école peut servir à ça si vous les laissez jusqu'à un certain âge c'est à dire jusqu'où ça doit être 6 ou 7 ans où on doit retourner à l'école on prend un sérieux retard vous savez très bien que l'enseignement des langues des mots du vocabulaire ça se fait très tôt
mais je suis entièrement d'accord avec ça et je reconnais qu'aujourd'hui le drame c'est que c'est l'éducation nationale qui manque à cette mission dans beaucoup de quartiers mais attendez vous ne pouvez pas
les laisser chez eux et en plus vouloir
vous avez beaucoup de gens y compris prenez votre confrère Mathieu Béliard qui a écrit j'ai lu récemment un texte sur ce sujet il a choisi l'enseignement à domicile pour ses enfants je crois que ses enfants aujourd'hui ils savent parler ils savent écrire ils connaissent le vocabulaire vous voyez ce que je veux dire mais c'est une liberté fondamentale et c'est absolument crucial que cette liberté fondamentale soit préservée charge à l'état de garantir que ce travail est effectivement fait et sinon effectivement de reprendre aux parents la responsabilité qu'ils n'assument pas correctement mais je reviens sur ce discours sur le séparatisme d'amour oui aujourd'hui on ne fera rien contre le séparatisme tant qu'on n'aura pas d'abord remédié à la question répondue sur le terrain migratoire ça ne sert à rien et Christophe Guillou le dit dans un livre qui va paraître bientôt sur les gens ordinaires ça ne sert à rien d'espérer que dans les quartiers ordinaires de notre pays on va réussir à intégrer les gens à réussir ce défi de l'intégration dans lequel nous sommes en échec si on continue de maintenir une immigration massive qui de fait rend la solution impossible premier problème et moi je dis que le président de la république quand il nous parle de lutte contre le séparatisme mais qu'il continue de délivrer autant de titres de séjour l'année dernière c'est l'équivalent de la ville de Bordeaux qui est entrée légalement en France avec des titres de séjour je dis que le président de la république qui prétend lutter contre le séparatisme en nous rendant impossible le fait de répondre aux défis de l'intégration
vous n'employez pas les mots qu'on emploie dans les conventions de la droite autour de Marion Maréchal Le Pen mais si on traduit si on met les sous-titres c'est effectivement des discours qui sont très directement liés à ce que peuvent prononcer Éric Zemmour Robert Ménard pardon
une invasion c'est quand vos frontières sont violées par des gens qui rentrent illégalement sur votre sol il y a un sujet d'immigration illégale en France mais là je ne parle que de l'immigration légale ça n'est pas une invasion c'est le délire pardon il n'y a pas d'autre mot c'est le délire de nos dirigeants qui ne voient pas qu'ils sont en train d'alimenter la fracturation de la société française c'est-à-dire que vous êtes
complètement contre le pacte européen sur le droit d'asile et l'immigration que la commission européenne est en train de proposer
c'est même pas un sujet européen je parle de l'immigration légale décidée par le gouvernement français mais le pacte on a plus de campagne
de ces gens véritablement
le pacte européen sur l'immigration c'est un pacte qui je crois par certains aspects va dans le bon sens parce que justement il affirme enfin qu'il ne doit pas être question de gérer le poids de l'immigration illégale que l'Europe reçoit mais enfin de se donner les moyens de mettre fin à cette immigration illégale et c'est fondamental dire qu'on a besoin de ces personnes pardon mais ça me paraît relevé aussi
d'une forme sans immigration d'une certaine manière enfin à un moment donné il faut aussi qu'il y ait des brassages de population on a besoin aussi de faire venir des gens
ça me paraît relevé d'une forme de cynisme qui consisterait à utiliser des personnes qui viennent de l'extérieur
chacun se fera son idée mais c'est vrai que ce qui est étonnant c'est le glissement on part d'une crise inédite et absolument redoutable à laquelle nous devons faire face et une demi heure après on est en train de parler de l'islam et de l'immigration
vous avez en France toutes les études le montrent y compris celles que l'Institut Montaigne a publiées récemment justement sur la communauté musulmane beaucoup de gens qui disent le glissement est fascinant mais c'est hyper important mais bien sûr qu'il y a un lien vous avez beaucoup de gens qui en France grandissent beaucoup de jeunes en particulier je l'ai vu comme enseignants qui grandissent sans se reconnaître français si vous voulez que ce défi de l'intégration soit réussi et je pense qu'il doit l'être et je pense qu'il peut l'être et que nous pouvons réussir à reconstituer une communauté nationale à faire que chacun se sente lié par cette communauté de destin c'est possible mais pour le faire il faut déjà que nous puissions parler à ceux qui sont là et qui grandissent dans notre pays si vous continuez de faire entrer en France chaque année plus de 300 000 personnes vous ne pouvez pas réussir ce défi et vous créez des îlots communautaires comment ne pas le voir ça n'est pas scandaleux de le dire je le dis précisément pour que nous puissions reparler de nouveau à ces jeunes qui grandissent en France et qui ne se sentent pas partie prenante de la communauté nationale c'est le premier sujet le deuxième sujet c'est la construction de l'autorité
avec des moyens et des accès à d'excellentes études peut-être que ce serait différent
mais vous avez totalement raison ce débat et justement je parle moi pour les élèves que j'ai été voir quand j'ai commencé à enseigner dans le nord
vous parlez aussi
du séparatisme des plus aisés des plus riches mais pardon eux ils se reconnaissent dans la communauté nationale ils se savent français ils ont tous les moyens de l'être je parle pour les jeunes qui grandissent dans le nord de l'île de France où j'ai été enseigné quand j'ai commencé mon travail et qui eux pour le coup n'avaient pas les moyens de se sentir liés à cette communauté de destin parce que justement ils grandissent entre eux qu'on les a enfermés dans des ghettos et que c'est dans ces ghettos qu'arrive cette immigration que nous continuons d'accueillir aujourd'hui évidemment que c'est pour eux qu'il faut parler évidemment que c'est cette injustice là qui doit nous révolter évidemment aussi que c'est dans ces endroits là dans ces communautés que se préparent les fracturations qui nous menaceront demain bien sûr
vous avez une thématique qui n'est pas si éloignée de ce qu'on a pu entendre du côté de Marine Le Pen notamment après le discours sur le séparatisme d'Emmanuel Macron je voulais un peu savoir qu'est-ce qui dans le corpus de la droite devait être une ligne jaune rouge je ne sais pas comment on doit dire entre vous et la façon dont le Rassemblement National pense où je reviens à mon Robert Ménard enfin mon Robert Ménard la vision de Robert Ménard ou de ce qu'il a pu en dire quelles sont les différences profondes qu'il y a entre les républicains ou des gens comme vous et ce que peut dire le Rassemblement National
François-Xavier Bellamy
il me semble que le très grand danger ce serait de rentrer dans une rhétorique de confrontation de communautés justement dans une rhétorique de guerre civile je crois que nous devons tout faire pour éviter cette confrontation tout et je le dis comme un enseignant qui justement et c'est pour ça que je suis frappé que vous réagissiez ainsi comme un enseignant qui a été tenté de relever ce pari de l'intégration bien sûr que nous devons le relever bien sûr qu'il faut que la France je reviens sur ce que je disais se montre absolument intraitable quand ces lois ne sont pas respectées aujourd'hui ça n'est pas le cas et ça ne sert à rien et ça ne sert à rien d'ajouter de nouvelles lois ça ne sert à rien d'ajouter de nouvelles lois sur le séparatisme si celles qui existent déjà aujourd'hui sont violées dans de nombreux territoires de France qu'est-ce qui vous rendrait
irréconciliable que nous devons sortir
d'une idéalité mais ensuite mais ensuite nous devons pouvoir tenter ce pari de l'intégration et faire en sorte que chaque jeune qui grandit en France adhère à cette passion à cet amour commun d'un héritage partagé c'est possible bien sûr et par exemple je me refuse absolument
Donc vous ne savez pas ce qui vous distingue aujourd'hui de certains ORL Si je termine ma phrase
si vous me permettez je me refuse absolument aujourd'hui à cette perspective d'opposition de communauté qui est celle qu'entretient le Rassemblement National à tout point de vue y compris dans un logiciel pour le coup post-marxiste d'une manière aberrante du point de vue sociologique comme s'il y avait d'un côté les riches et les pauvres d'un côté les français des villes et de l'autre les français des champs comme si on pouvait les opposer Quand j'ai été désigné candidat à l'élection européenne Marine Le Pen a dit au moins c'est très clair un peu ce que vous disiez à l'instant cher Ali Badou il y a François-Xavier Bellamy c'est Versailles et de l'autre côté Jordan Bardella c'est la Seine-Saint-Denis et c'est le combat entre les deux Au fond c'est comme si on pouvait réduire la politique et la sociologie comme si on pouvait réduire le travail que nous devons faire ensemble pour servir le bien commun à une confrontation entre des classes dont les intérêts s'opposent Et ça pour le coup c'est une opposition absolue qui donne de manière très concrète des traductions sur le plan des réponses politiques sur le terrain économique Est-ce que vous étiez vous hier par exemple
dans les manifestations contre les lois bioéthiques contre la PMA et contre la prolongation de l'avortement ?
Oui j'y étais j'étais dans cette manifestation contre les lois de bioéthique parce que cette opposition aux lois de bioéthique qui ont été votées cet été elle est connue de ma part je l'ai partagée depuis longtemps je remarque d'ailleurs que le Rassemblement National a été totalement absent de ce débat preuve que vous voyez ça nous fait aussi une différence alors que les républicains et les groupes parlementaires à l'Assemblée et au Sénat ont mené ce débat avec beaucoup d'exigences aujourd'hui nous sommes dans un moment d'une particulière gravité parce que ce quinquennat est celui de manière évidente des reculades successives sur le terrain de la bioéthique dans le respect de l'être humain de la dignité humaine et c'est ce que j'ai été dire avec beaucoup d'ailleurs de manifestants très paisibles très respectueux mais très constants dans leur conviction dans cette manifestation sur l'avortement aussi il s'agit d'ailleurs pas de l'avortement mais de l'augmentation du délai de l'avortement et j'observe d'ailleurs que beaucoup de voix qui viennent de milieux très divers se sont élevées contre la loi qui a été votée dans une niche parlementaire dans des conditions absurdes beaucoup de voix se sont élevées contre ce vote c'était d'ailleurs frappant d'entendre par exemple le professeur Israël Nizan gynécologue de renom qui n'est pas un opposant à l'IVG et qui alertait sur la dérive très grave que cela représentait y compris pour le bien des femmes moi j'ai été très marqué par le signal d'alarme très fort qu'il a lancé nous sommes là devant une majorité qui n'ayant pas peur de le dire est en proie à une forme de dérive idéologique il ne s'agit pas de servir les droits des femmes en l'occurrence il s'agit uniquement de poursuivre un agenda idéologique et quand j'entends le planning familial pardonnez-moi de le dire qui se réjouit d'une victoire d'abord ce sont des sujets d'une telle gravité que je trouve puéril de prétendre que quelqu'un aurait gagné quand j'entends le planning familial se réjouit d'une victoire
se réjouit d'une victoire
et dire que son combat et le combat qu'il mène c'est de supprimer tout délai pour l'accès à l'IVG je crois que nous sommes là devant un glissement extrêmement grave et que chacun peut le reconnaître lucidement et honnêtement c'est un débat qui mérite mieux que la crispation idéologique dans laquelle on voudrait l'enfermer et quand j'entends des voix différentes comme celle de François-Olivier Gisbert celle de Michel Onfray qui s'alerte de ce qui est en train de se produire de ce qui s'est passé cet été aussi sur la question de l'IMG je crois qu'aujourd'hui nous sommes en passe enfin d'avoir une conversation plus ouverte sur ce sujet si important
il nous reste très peu de temps Françoise
votre regard sur la campagne américaine et sur l'évolution de Donald Trump sur l'évolution de la droite française et européenne où vous dites au fond on peut aller vers ce type de droite républicaine un peu populiste
moi je suis très préoccupé je dois le dire comme un citoyen français mais j'ai regardé peut-être comme vous le débat qui opposait les deux candidats à la Maison Blanche il y a quelques jours de cela et c'est très préoccupant de se dire que la première puissance mondiale est exposée à un débat politique d'une telle pauvreté bien sûr et je reviens sur cette question vous allez penser que c'est une obsession mais je crois qu'elle est cruciale l'échec éducatif dans lequel nous sommes aujourd'hui il ne peut pas ne pas avoir aussi des conséquences démocratiques moi je me refuse absolument à sombrer vous pensez que l'évolution américaine
c'est l'échec de l'éducation
il y a un vrai sujet éducatif aux Etats-Unis bien sûr pour ceux qui connaissent ce très grand pays il y a une question majeure qui est celle de la manière dont ils forment ses citoyens à une culture générale qui leur permette de comprendre les grands enjeux du monde et c'est pas une question de camp politique quand on voit le degré de tension auquel est arrivé les Etats-Unis quand on voit la manière justement dont l'université américaine a été prise en otage depuis des décennies maintenant par une vision paradoxalement racialiste qui revient derrière les discours qui sont tenus par une gauche radicale américaine au fond on en arrive à cette situation aussi parce qu'on n'a pas su cultiver dès l'éducation le sens de ce que nous avons en commun au lieu de chercher à fracturer les gens en les enfermant dans leur communauté d'origine et cet échec éducatif que nous connaissons aussi en France il ne peut pas ne pas avoir de conséquences démocratiques si nous n'y prenons pas garde
dernière question et elle concerne moins les hommes pour le coup que nos amis les bêtes est-ce que vous seriez favorable à un référendum pour le bien-être animal
je crois qu'il faut travailler sur cette question du bien-être animal mais pas dans le sens qui nous est proposé à travers ce référendum pourquoi ? pour une raison très simple c'est que ce référendum en fait cherche moins à préserver le bien-être animal qu'à stigmatiser ceux qui aujourd'hui font l'élevage c'est très contestable
en l'occurrence non c'est un fait non c'est un fait c'est la souffrance animale et c'est l'élevage intensif il faut bien sûr lutter contre la souffrance animale il faut non seulement lutter contre la souffrance animale
mais même lutter contre le développement d'une agriculture et surtout d'un type d'élevage industriel qui traite l'animal comme un objet comme un pur objet mais cela étant dit on ne fera rien on ne fera rien pour lutter sur ce sujet là si on détruit nos propres capacités agricoles et nos propres élevages français qui comptent parmi les modèles les plus vertueux au monde dans la matière parce que ce sera uniquement pour importer des produits qui viendront d'ailleurs dans des conditions infiniment moins exigeantes donc je crois qu'il faut regarder plus large l'émission se termine
merci François Xavier Benhamy bon dimanche on aurait eu encore beaucoup de questions à vous poser merci à toutes les trois merci à Alexandre Gilardi et Mathilde Clatte et à toute l'équipe technique de Questions Paul on vous donne rendez-vous la semaine prochaine
François-Xavier Bellamy