"En dix ans", le paysage politique à droite "a été dévasté", reconnaît Olivier Marleix
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France Inter. Bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique du dimanche midi sur France Inter à la radio, sur France Info à la télé et bien sûr en partenariat avec le journal Le Monde. Notre invité en direct et jusqu'à 13h est aujourd'hui un homme qui a, comment dire, fort à faire pour maintenir l'unité de ses 62 députés. La réforme, et désormais la réforme sur la loi des retraites, pardonnez-moi, a divisé comme jamais une droite qui était depuis des mois déjà au bord du gouffre, celui creusé par la dernière élection présidentielle. Aujourd'hui, les Républicains se retrouvent face à leur destin. Doivent-ils basculer et rejoindre la Macronie ?
Ou parviendront-ils à se ressouder, à se recomposer, bref, à se ressusciter ces quelques questions ? Et d'autres, nous les poserons aux députés et présidents du groupe Les Républicains à l'Assemblée. Olivier Marlex est donc notre invité ce dimanche dans Question Politique. Mais d'abord, bonjour tout le monde. Bonjour. Bonjour Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Karine Bécart de France Inter. Bonjour Claire Gatinois. Bonjour. Du journal Le Monde. Et je me tourne également et je salue Anne Souhaitmont du service politique de France Inter. Bonjour. Alors vous avez ausculté et disséqué toute cette semaine d'actualité politique. On commence avec vous Nathalie Saint-Cricq.
Vous avez repéré cette tribune ce matin dans la presse signée Éric Ciotti, le patron du parti Les Républicains, qui aimerait bien que le président Macron tienne ses promesses en matière de droits de succession.
Il n'est peut-être pas le seul. J'ai évité de vous parler du coronement de Charles III. Donc je vais revenir sur le droit de succession. Je considère que c'est un... Enfin, on peut considérer que c'est un dossier qui est piégé depuis tout le temps. On ne peut pas se souvenir parce que personne n'était né. Mais dans les années 70, Jean-Jacques Savant-Schreiber avait lancé le débat en disant qu'il fallait augmenter massivement les taxes sur les successions, des très grosses fortunes ou des grosses fortunes. Grosse fortune, c'est un peu compliqué parce que chacun a une notion un peu différente de ce que c'est que cette grosse fortune. À partir de combien ?
Et c'est extrêmement subjectif, extrêmement différent sur les personnes. Il est vrai qu'Emmanuel Macron, dans sa campagne, avait promis de baisser les droits de succession sur les transmissions. Il avait promis de donner une franchise éventuellement plus grande. Alors, la franchise, c'est quand vous héritez, il y a une décote. On vous enlève 100 000, 150 000, 200 000 sur lesquelles vous ne payez pas d'accession. Et que là, manifestement, il s'est dit que c'était un dossier suffisamment explosif pour ne pas forcément le remettre sur le terrain. Explosif, pourquoi ? Parce que tous les rapports que l'on a disent que c'est à l'origine des inégalités sociales.
C'est-à-dire qu'en gros, ce qu'on hérite de ses parents, ce qu'on hérite de sa famille ou ce qu'on a, c'est à partir de là qu'on peut toujours faire tout ce que l'on veut dans la vie, mais que les inégalités s'offrencent. Alors, donc, mesures de droite pour certains, mesures de gauche pour les autres, qui proposent, et c'était dans le programme du Parti Socialiste, d'augmenter les droits. Ce qu'on peut se dire, c'est que c'est tellement piégeux ou piégé qu'on se voit mal comment on lancerait le débat pour l'instant et qu'on n'a que les poids à prendre, parce que finalement, les Français sont un peu paradoxaux.
Si, effectivement, à gauche, on pense qu'il faut augmenter et à droite, qu'il faut les baisser, quand on est soi-même concerné, l'affectif l'emporte sur la rationalité et on considère in fine que ce qu'on a gagné toute sa vie, c'est plutôt pour ses enfants que pour l'État.
Tout juste. Alors, ce qui est intéressant dans la séquence également, c'est aussi d'observer nos très nombreux ministres, Claire Gatinois, des ministres qui vous semblent, en tout cas pour certains, de plus en plus déconnectés. Expliquez-nous. Oui, tout à fait. Et je voulais parler d'un ministre en particulier, le ministre de l'Économie. Bruno Le Maire. Bruno Le Maire, exactement, qui a occupé l'actualité en présentant un sujet peut-être encore plus brûlant que le couronnement de Charles III ou la réforme des retraites. C'est son échappé littéraire. La fugue américaine. La fugue américaine. Le ministre de l'Économie vient publier ce livre dans la prestigieuse collection Blanche.
Le livre est épais, 470 pages et demie. Son écriture est nerveuse, souligne Libération, et c'est un roman. On a déjà beaucoup parlé de cet ouvrage pour les quelques lignes coquines, dirons-nous, qui ont fait le buzz ces dernières semaines et provoqué des sarcasmes dans les couloirs des ministères et du Palais Bourbon. L'ouvrage fait suite à une production littéraire déjà abondante du ministre depuis son arrivée à Bercy, Paul, une amitié, en 2019, L'ange et la bête, en 2021, suivi d'un éternel soleil. Bref, Bruno Le Maire dort peu et ou écrit beaucoup.
Je ne vais pas m'improviser critique littéraire, mais le livre que j'ai commencé à parcourir peut assurément figurer dans la catégorie des page-turners, comme le ministre le fait dire à son héros Oscar. Que Bruno Le Maire soit un génie littéraire, incompris ou pas, n'est pas le sujet. Et le ministre qui fait la promotion de son livre tout en vantant le panier anti-inflation a bien le droit de se détendre en écrivant. Après tout, d'autres font du footing ou de la boxe. Il ne s'agit pas de censurer le droit de rêver, comme se choque l'ancienne plume de l'Elysée, Sylvain Ford, dans l'Express. La politique, nous dit-il, ne doit pas devenir une sorte de mission tenant de la Vestal et de l'Ermite.
Alors où est le problème ? Quand Bruno Le Maire est interrogé sur son passage érotique, il sourit en suppliant de lire son livre. En lisant, on comprendra que Bruno Le Maire est un ministre, mais aussi un écrivain. C'est là qu'est le problème, finalement. Un ministre tout macroniste qu'il est, peut-il être en même temps écrivain parce que tel est son bon plaisir ? Voilà un peu plus de trois mois que la France est secouée par des manifestations contre la réforme des retraites. Des Français modestes sacrifient une partie de leur salaire pour faire grève et faire entendre leur colère face à un pouvoir qu'ils jugent déconnecté et arrogant.
Et voici que sort dans cette collection Gallimard un ouvrage qui parle de deux frères en voyage à la Havane pour assister au concert d'un pianiste de renom. Bruno Le Maire vit-il dans le même monde que les Français à qui il dirige ? Le ministre dégage avec ce livre l'étrange image d'un pouvoir presque frivole qui s'échappe de sa tâche et au fond se désintéresse du pays. Alors Bruno Le Maire veut peut-être nous montrer qu'il est un personnage plus complexe qu'on ne l'imagine, qu'il n'est pas seulement cet homme de droite qui cire ses chaussures le dimanche et se préoccupe de la rectitude des comptes publics. Certes, mais le moment est mal choisi.
Se divertir même au sens pascalien du terme en s'étourdissant dans l'activité littéraire pour un ministre de son rang n'est pas un crime, bien sûr. Pas non plus une faute, mais le faire savoir au moment où le pays traverse une grave crise politique et sociale apparaît pour le moins déplacé. Merci Claire. Et dans ce contexte compliqué justement, les députés de la majorité, et là je me tourne vers vous Anne Souhaitemont, les députés de la majorité s'autonomiseraient de plus en plus, un peu comme l'ont fait avant eux, les députés, les républicains, racontez-nous.
Alors moi je voudrais effectivement vous parler d'une image qui m'a marquée cette semaine. C'était mardi à l'Assemblée, réunion intergroupe de la majorité. Qu'est-ce que ça veut dire ? Que tous les députés Renaissance, donc du parti présidentiel, Modem et Horizon, sont ensemble. Et l'idée c'était un petit peu opération calinothérapie et on veut booster les troupes. La première ministre se déplace au troisième sous-sol, vient parler, expliciter sa feuille de route, voilà. Donc l'objectif était extrêmement clair. Et figurez-vous que la presse, tenue à l'écart, c'est normal, essayait de savoir ce qu'il était en train de se dire.
Et à ce moment-là, première image qui marque, un député quitte la réunion, ça ne fait que quelques minutes que ça a commencé, et il nous lance très simplement, ça ne sert à rien, de toute façon je ne sais plus trop ce que je fais ici. Et à quasiment au même moment, deuxième image concomitante, je vois passer derrière un autre député en vélo, un député Renaissance qui n'avait même pas pris le temps de venir, estimé que ça n'était pas nécessaire. Alors ce que je voulais vous dire, c'est qu'il n'est évidemment pas question de dire que tous les députés de la majorité sont en rupture avec l'exécutif. Ce n'est pas vrai.
Mais c'est quand même le symbole d'un 49-3, de cette décision de passer en force sur les retraites, qui a vraiment marqué un virage dans ce rapport qu'ont les députés avec la majorité. Les prises de distance, elles sont désormais quotidiennes. Alors il y a ces réunions qu'on quitte, il y a ces députés qui se mettent en apparenté. Ça a l'air un peu technique, mais il y en a quatre qui ont fait ça. Ils sont Renaissance, maintenant ils sont apparentés Renaissance. Vous avez aussi ces critiques ouvertes, par exemple, sur les 100 jours, que maintenant on dit publiquement. On crée aussi son propre agenda. Les députés s'autonomisent complètement.
Il y en a deux qui font un tour de France, de l'énergie, voilà. Et puis il y a ces consignes qui ne sont plus respectées. Exemple, cette semaine en commission, là c'est pareil, c'est un peu dans les arcanes, mais une loi sur le drapeau européen qui deviendrait peut-être obligatoire devant les mairies. Et là, bim, le modem décide de ne pas voter, c'est rejeté à la surprise générale. Bref, avant d'être un député de la majorité aujourd'hui, on est un député et en fait on est un auto-entrepreneur.
Merci à toutes les trois. Il est grand temps d'accueillir notre invité, Olivier Marlex, député d'Or et Loire et surtout le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale. France Inter. Entrez. Venez vous installer. Question politique. Karine Bécard. Prenez votre temps, asselez-vous confortablement, ça va durer une heure. Bonjour Olivier Marlex. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation en cette veille de 8 mai et en ce week-end de couronnement en Angleterre, le couronnement de Charles III évidemment. Comment est-ce que vous observez tout ça ? Tiens d'ailleurs, comment est-ce que vous observez la monarchie, ce régime politique ?
Est-ce que sa stabilité vous fait envie, vous fait rêver ?
Écoutez, moi ce qui m'a impressionné, j'ai regardé le couronnement, bon, 2 heures de messe, c'est un peu long, mais ce qui m'a impressionné, c'est que l'occasion de ce sacre, ça rappelle qu'il y a quelque chose d'un peu sacré dans la nation. Quand on voit le Premier ministre, je crois qu'il y a un doux, M. Sinac, qui va aller lire les évangiles, etc. Tout ça est un moment intéressant. Et puis il y a, c'est la cône vertébrale qui, voilà, pour ce pays, nous en France, on a eu M. Hollande, M. Macron, peut-être un truc effectivement qui nous manque. Et puis deuxième, j'ai relevé une phrase de l'archevêque de Canterbury qui dit, je crois, le service c'est l'amour en action.
C'est que le chef de l'État commence son règne, ce n'est pas un mandat lui, son règne avec cette philosophie. Il faudrait bien de s'en inspirer un petit peu en France. Je ne suis pas sûr que M. Macron considère que...
Vous trouvez que c'est commode peut-être pour les successions également, puisque c'est par ordre de première naissance.
Non, je ne sais pas ce que vous voulez dire par là.
Je ne sais pas. Qu'il n'y a pas d'élection organisée. Il n'y a pas de primaire affaire, il n'y a pas de... Mais ce qui est intéressant aussi, ce que vous soulignez tout à l'heure, c'est la façon dont Rishitsunak, hindou, a lu un texte de la Bible qui montre que par moment, il y a un esprit de concorde qui peut être nécessaire. Oui, c'est ça. C'est ça que je retiens. Et qui peut-être serait bien utile aussi aujourd'hui en France pour faire avancer le pays et oublier les divergences.
C'est effectivement ce que je retiens, ce côté de communion, ce moment un peu sacré de la nation, où tout le monde se retrouve au-delà de la personne du roi, ce côté sacré qu'on reconnaît à la nation britannique. Et puis, je vous dis quand même cette idée que le service, c'est l'amour en action. En politique, on ne parle pas comme ça. Et c'est dommage.
C'est dommage parce que c'est quand même le fondement
de notre engagement politique.
Allons, passons à la droite. Entrons dans le vif du sujet avec la droite française, dont on ne sait plus trop où elle se situe exactement en ce moment. Dans un très récent sondage, très intéressant, Odoxa qui a été publié vendredi dans le Figaro, 51% de vos sympathisants LR vous encouragent à rester indépendants. Et dans le même temps, ils sont 61% à vous pousser vers un accord avec le gouvernement. Vous vous situez où, Olivier Marlex, aujourd'hui ?
On se situe exactement au même endroit depuis 6 ans que le président de la République a été élu. Nous, nous refusons l'espèce de tripartition du pays qui a été la stratégie d'Emmanuel Macron. La stratégie d'Emmanuel Macron, c'est j'essaie de rassembler un bloc central. Je prends un bloc central et je pousse les Français de gauche dans les bras de l'extrême gauche, les Français de droite dans les bras de l'extrême droite, de Mme Le Pen. Et je suis au centre le garant de tout ça. Une espèce de bloc élitaire contre un bloc populaire qui serait fracturé.
Moi, je trouve que c'est cette fracturation du pays qui, pour moi, a été une stratégie politique de la part d'Emmanuel Macron et quelque chose d'absolument épouvantable pour notre pays, d'absolument détestable. Et donc, ça fait 6 ans que nous refusons d'entrer dans cette espèce de mécanique infernale qui ferait, au bout du compte, si on avait cédé je ne sais quelle sirène macronienne, que la seule alternative à Emmanuel Macron serait Mme Le Pen. Et on ne veut pas de ce projet politique-là. Donc, nous continuons à affirmer qu'il doit y avoir une alternative à droite à Emmanuel Macron. C'est quoi l'alternative ? Il y a une majorité relative.
Donc, pour trouver des majorités, il faut trouver des alliances. Vous pourriez être, effectivement, la jambe qui permettrait...
Il y a une majorité relative parce que les Français ont souhaité que le président de la République n'ait pas de majorité absolue. Ils ont souhaité, en quelque sorte, le mettre sous tutelle d'une assemblée nationale où toutes les forces politiques d'opposition sont présentes. La NUPES, qui est le premier groupe, le premier ensemble, on va dire, le Rassemblement National, les Républicains avec 62 députés, chacun a son rôle à jouer dans cette Assemblée Nationale. Moi, d'ailleurs, j'ai refusé dès le départ que le gouvernement... Vous savez, M. Darmanin avait fait une hiérarchisation des ennemis, des adversaires, de je ne sais pas quoi.
Non, le gouvernement, il doit parler avec toutes les forces en présence.
Ça veut dire qu'il y a une liberté de vote ? Est-ce qu'en clair, pour qu'on comprenne...
Non, le gouvernement doit parler avec toutes les forces politiques présentes à l'Assemblée Nationale. C'est le projet politique, c'est le souhait politique qu'ont exprimé les Français en votant. Il faut respecter cette Assemblée Nationale.
Mais vous, vous êtes quand même à la tête d'un groupe. Comment vous appréhendez les futurs textes à venir ? Il reste quand même un certain temps.
Comme nous l'avons fait depuis bientôt...
Et d'abord, est-ce que vous êtes capable de dominer ça ?
Comme nous l'avons fait depuis bientôt un an, où, en réalité, on a été très unis, au-delà des commentaires, etc., sur la quasi-totalité des textes. Je vous invite à regarder le vote des Républicains à chaque fois qu'on a pu voter. Il y a des fois où on n'a pas pu voter, comme sur la réforme de retraite, avec le 49-3. Mais on a été extrêmement unis. Il a parfois eu 5 voix différentes, 5-6 voix sur 62. On a été, en réalité, extrêmement unis. C'est la Macronie qui aime bien dire qu'on serait divisés, etc. Non, on a été extrêmement unis dans nos votes. On vote en fonction de nos convictions, de ce qui nous paraît utile à l'intérêt national, utile aux Français.
Et j'ai envie de dire, même, d'où ça vienne ? Je vais vous surprendre, mais d'où ça vienne ?
C'est ça ? Vous avez juste été très désunis sur la réforme de retraite ? C'est le seul texte où ça a été compliqué ? Vous avez juste été très désunis sur la réforme de retraite ?
La réforme de retraite, c'est plus compliqué parce que, quand vous êtes dans l'opposition, aller voter une réforme qui est impopulaire dans le pays, c'est plus compliqué. Moi, je suis de ceux qui considéraient qu'on n'avait pas d'état d'âme à avoir, étant donné qu'on avait combattu la réforme de 2018 qui cassait la sécurité sociale, que celle-ci, en revanche, nous paraissait totalement, totalement inévitable. Il faut faire une confidence, je suis allé passer quatre jours en Espagne. En Espagne, ils viennent de faire, exactement en même temps que nous, une réforme de retraite. Savez-vous qui est au pouvoir en Espagne ? Un socialiste. La gauche. La gauche, soutenue par l'extrême gauche.
Ils ont fait une réforme de retraite qui a consisté à augmenter la progressivité des cotisations sur les salaires. Très bien, c'est quelque chose d'assez courant. Aucun problème là-dessus. Mais croyez-vous qu'à l'occasion, ils ont touché à l'âge de la réforme, qu'ils sont revenus sur la réforme imposée par l'Union européenne, le FMI, au moment de la crise de l'euro ? Non. La gauche au pouvoir en Espagne a maintenu la retraite, l'âge de départ à 67 ans. Donc, ils sont certains que la droite française soit plus à gauche que la gauche espagnole. Évidemment, tout ça n'est pas sérieux.
Mais on ne va peut-être pas refaire le marge des retraites. Est-ce que vous avez tiré les leçons de la séquence retraite dans votre président du groupe ?
La séquence retraite, je vous dis, pour nous, c'est un moment, je pense, qui a été un moment de tension un peu particulière parce que porter une réforme, assumer une réforme un peu populaire quand vous êtes dans l'opposition, ce n'est jamais évident. Ça demande un peu de courage. Ah oui, c'est pas mal. Nous l'avons fait. Et après, notre ouverture d'esprit, une fois encore, le fait que notre seul curseur soit à l'intérêt national, ça vaut quand c'est un texte qui est proposé par la majorité qui propose le retour au nucléaire. Ça fait dix ans que je me bats pour qu'on revienne au nucléaire, qui a été une faute absolue. Tout le monde est un peu d'accord là-dessus, sauf ?
De mon groupe pour créer une commission d'enquête pour mesurer à quel point tout ça avait été tragique, à quel point les Français ont subi une explosion du coût de l'électricité, cet hiver, à cause de ce renoncement au nucléaire. Le gouvernement propose, a fait un virage à 180 degrés pour revenir au nucléaire. On n'allait quand même pas combattre ce texte. Donc, on l'a soutenu et sous notre impulsion, il a été adopté. Il a même été plus largement, parce que je crois que le Rassemblement national l'a voté. Les communistes l'ont voté, donc très largement. Mais on a voté aussi un texte venant, il y a cette semaine, venant, je crois, de la gauche, pour s'opposer au démantèlement d'EDF.
Moi, je suis farouchement attaché à l'intégrité d'EDF, qui est un trésor national, qui nous a permis longtemps d'être le premier producteur d'électricité dans le monde, le premier exportateur d'électricité au monde, avec l'intégrité, c'est quoi ? C'est que ce soit la même entreprise qui fasse la production avec le nucléaire, le stockage avec l'idéal. On ne va pas faire le catalogue de tous les textes. Non, non, monsieur Macron, vous lui cassez tout ça, on s'est opposé. Donc, tout ça pour dire qu'on vote en fonction de l'intérêt national. La question, c'est,
après la réforme des retraites, ça a quand même été compliqué. Là, vous nous expliquez qu'aujourd'hui, tout va bien entre les différentes lignes au sein de votre parti. On se demande pourquoi vous avez organisé cette semaine un séminaire, si tout va bien.
Pourquoi est-ce qu'il fallait la calinothérapie ? On n'a pas compris, alors ? C'est une réalité assez banale de la vie d'un groupe parlementaire. Cette assemblée, elle vit à un rythme assez effréné. Je crois qu'on a besoin de se retrouver régulièrement entre nous, faire des pauses, reprendre un peu de hauteur, évoquer les débats qui vont arriver. Voilà, c'est quelque chose d'assez...
Une petite précision tout à l'heure. Vous disiez que vous êtes contre ce schéma politique que veut imposer, selon vous, Emmanuel Macron, avec ses trois blocs, le bloc central et les deux extrêmes. La fracturation du pays. Donc, vous voulez que la droite se fasse entendre. Aujourd'hui, c'est quoi la droite ? C'est la ligne droite sociale d'Aurélien Pradier ? C'est la ligne plus souverainiste de Bruno Retailleau ? Ou c'est la ligne plus libérale que vous défendez vous-même ?
Je ne sais pas. J'ai toujours détesté, récusé ces débats sur les lignes. Je les faisais à une époque où nous étions très forts. Mais c'est important d'avoir une idéologie quand on est un parti. C'est ce que vous reprochez à Emmanuel Macron, en même temps. Non, ce n'est pas ça que je reproche à Emmanuel Macron. C'est la stratégie de fracturation du pays. C'est toute autre chose. Nous, au contraire, on a cette ambition à vouloir rassembler, à vouloir échapper à cette fracturation qui fait qu'aujourd'hui, vous avez des électeurs de droite qui sont partis chez M. Macron, des électeurs de droite qui sont partis chez Mme Le Pen.
Nous, on considère qu'effectivement, encore faut-il avoir des convictions à défendre, mais que ces convictions, elles doivent permettre un large rassemblement, que les Français prennent un sujet comme l'immigration, un sujet qu'on a mis sur la table. Le gouvernement est incapable d'avancer sur l'immigration.
On va en parler un peu plus tard, si vous le voulez bien.
Non, mais bon, on en parlera quand on voudrait, mais en réalité, je pense qu'on est tout à fait prêts à se rassembler.
La question, c'est que, pour reprendre ce que disait Claire, c'est qu'on voit clairement, malgré tout, qu'il y a trois lignes et on se demande qui est encore écouté au sein du Parti des Républicains. Est-ce qu'Éric Ciotti, quand il parle, il est écouté par la totalité des élus du Parti des Républicains et est-ce que quand vous avez une décision à prendre, est-ce que votre groupe est en capacité de vous suivre ? Ça, c'est intéressant.
Je ne vais pas être langue de bois. C'est vrai que, je dirais qu'il y a eu un renouvellement très profond du leadership à droite. Pour l'instant, un renouvellement un peu par l'élimination, malheureusement. Regardez en dix ans comme le paysage a été...
C'est-à-dire par défaut ?
A été dévasté. Non, non, non. Mais en tout cas, totalement dévasté. J'ai évidemment le retrait de la vie politique de Nicolas Sarkozy, le retrait de François Fillon, le départ d'Alain Juppé, toute une génération qui est partie. La génération suivante, elle est souvent dans ces régions avec le non-cumul des mandats. Donc, elle n'est pas dans le quotidien de la vie politique des Français. Et donc, oui, il faut apprendre à trouver une autre organisation. Il y a un président qui a été élu et très bien élu républicain qui est Eric Ciotti. Moi, je ne souhaite pas que certains continuent à faire le match de l'élection interne. Et donc, quand il parle,
il est écouté ?
C'est Eric le patron du parti. Oui, je pense qu'il est évidemment écouté. Voilà, je suis président du groupe à l'Assemblée nationale. Il y a un président du groupe au Sénat. Mais vous comprenez qu'il peut y avoir un trouble entre les électeurs ? Ils ne comprennent plus qui est LR, finalement. Non, mais si vous me dites que les leaders des Républicains qui parlent au nom des Républicains, comme je le fais aujourd'hui dans la vie politique française, ont un déficit de notoriété par rapport à Mme Le Pen, je ferai très humblement...
On ne parle pas de notoriété, on parle de conviction. Comment voulez-vous que les électeurs comprennent qu'un parti qui a toujours défendu la retraite à 65 ans soit dans les rangs de l'opposition au projet qui est un petit peu plus doux que défend ?
Il y a visiblement 19 députés qui ne voulaient pas voter et qui ont voté la réforme et qui ont voté la motion de censure. Voilà, c'est 19 sur 62 députés. Donc il y avait quand même une grosse majorité. Le Sénat a voté de manière encore plus massive. Donc il n'y a pas d'état d'âme. Notre projet politique, il est toujours aussi clair, c'est le redressement de ce pays, le redressement de ce pays en mettant de l'ordre dans les comptes. M. Macron laissera un pays au bord de la ruine. Enfin, on est aujourd'hui au bord de la faillite avec 3 000 milliards de dettes et ton intérêt qui augmente et qui vont continuer à augmenter avec la dégradation de la note de la France.
Deux, on a besoin d'un redressement régalien. C'est évident. Il y a eu, depuis que M. Macron est au pouvoir, vous n'avez eu aucune loi pénale digne de ce nom pour remettre à niveau la réponse pénale dont nous avons besoin dans ce pays. Vous n'avez eu aucune loi durcissant les règles en matière d'immigration. Donc, c'est une désertion totale de la part de M. Macron en matière sur les sujets régaliens. Une désertion totale. On est diamétralement en opposition avec ce qu'a fait M. Macron sur ces sujets-là. Voilà. Sur le troisième sujet qui m'est cher, moi, je pense qu'on redressera ce pays qu'avec une réindustrialisation forte, M.
Macron a ouvert le pays à tous les vents de la mondialisation de manière caricaturale et totalement anachronique. À un moment où tous les autres pays avaient compris qu'il fallait faire un peu marche arrière sur ces excès de la mondialisation. Mais est-ce que justement,
pour imprimer la marque LR, est-ce que vous n'auriez pas intérêt à ce qu'un Gérard Larcher devienne Premier ministre ? Auquel cas, ça vous donne,
son nom est absolument partout.
Ça vous donnerait le leadership, finalement ?
Non, mais nous n'avons pas le même projet politique qu'Emmanuel Macron. Je viens de vous le dire à l'instant. Je peux continuer. On va parler d'industrie, on pourrait parler d'agriculture. Vous restez encore Sarkozy ?
Parce que Nicolas Sarkozy est favorable à cette alliance entre votre parti et les macronistes. Vous êtes encore un Sarkozy ? Écoutez, moi,
je n'ai pas entendu Nicolas Sarkozy dire ça récemment. J'ai entendu la dernière fois qu'il s'est exprimé dire qu'il faut que M. Macron, le Président Macron se tourne vers la droite, se tourne vers des idées de droite. C'est ce qu'il essaye de faire de temps en temps.
C'est favorable à l'idée d'un contrat de gouvernement comme Rachid Haddati comme Jean-Claude Copé.
Ça ne va pas parler Nicolas Sarkozy.
Clairement, on va refaire la clé de la question. Gérard Larcher dit pas aujourd'hui. Il n'a pas eu la réaction que vous avez... Il aurait pu bondir en disant une dernière question.
Non, non, il n'a pas dit ça du tout. On lui pose la question et il dit non, c'est pas... Il laisse la porte ouverte. Et après, je crois que la journaliste a pas une de malheur qui l'interroge. Il redit clairement non à cette proposition. Donc c'est impensable. Et je vous dis tout aussi clairement non. Nous n'avons pas le même projet politique que M. Macron. Il est même assez diamétralement opposé sur tous les sujets que je viens d'évoquer. Le laisser aller en matière de dépenses publiques, l'effondrement de nos services publics, l'effondrement de l'État régalien, de la justice... Ça veut dire que
pour les quatre années qui viennent, vous allez être dans une opposition permanente ou est-ce qu'au nom de l'intégration de la nation, vous imaginez voter le projet de loi justice, vous imaginez voter
le projet de loi immigration ? Les Français ont mis, ont souhaité, je pense qu'il y a d'ailleurs une certaine cohérence, ils ont réélu le président de la République par défaut. Je pense qu'il est difficile de soutenir autre chose. Il a été réélu par défaut au second tour de cette élection présidentielle. Ça entache le fait qu'il ait refusé, qu'il ait fui l'élection présidentielle, qu'il ait fui le débat présidentiel. Souvenez-vous quand même de ce qui se disait à l'époque, qu'on le dénonçait, le fait que le président de la République refuse d'entrer en campagne. Il est rentré en campagne plus tardivement que... Nicolas Sarkozy aussi pour le deuxième. Nicolas Sarkozy notamment.
Non, mais Nicolas Sarkozy
était entré en campagne
plus tôt. Et lui, par ruse, par ruse, par calcul, il s'est dit plus tard j'entrerai en campagne, plus j'aurai de chances d'être réélu. Voilà ce qu'il en coûte aujourd'hui. Il a refusé cette occasion de construire un pacte avec les Français. Et donc, oui, ça porte atteinte, non pas à sa... à la dimension évidemment totalement légale de cette élection mais au fond à sa légitimité populaire dans le pays. Et les Français, par cohérence, ont voulu le priver d'une majorité absolue et donc l'obligent à essayer à l'Assemblée nationale finalement de construire un tout petit peu de concorde nationale que lui n'est pas capable de produire.
Et donc, pour clore ce sujet, il n'y aura pas de débauchage des Républicains qui pourraient entrer dans le prochain gouvernement ?
Visiblement, ils sont arrivés un peu au bout de cette démarche. Moi, très sincèrement,
ce serait la pire
des façons de faire ce petit jeu de débauchage qui consiste à quoi ? Soyons très francs et très honnêtes, ça consiste à essayer de discréditer les Républicains. Depuis le début, c'est ça. Ce fait pour dire mais vous, de toute façon, vous avez été dévendus, on vous achète, on vous offre un portefeuille ministériel et vous y allez, vous n'êtes plus crédible, etc. C'est fait pour tuer un parti d'opposition parce que M. Macron ne veut pas avoir d'autre opposition que Mme Le Pen qui est son opposante choisie. Regardez la publicité que ce gouvernement fait matin, midi et soir pour Mme Le Pen. Quand M.
Darmanin dans un exercice pas très malin s'en prend à Mme Mélanie en essayant de faire croire une comparaison qui est d'ailleurs excessivement flatteuse pour Mme Le Pen en la comparant à Mme Mélanie en disant que c'est un échec. Quand M. Véran va au Danemark pour dire regardez le projet quand on écoute trop l'extrême droite ce que ça donne, ils sont en permanence dans cette recherche donc ce projet qui consiste à vouloir casser la seule opposition à la seule autre alternative que M. Le Pen évidemment est un projet détestable et donc je ne les invite pas à poursuivre sur ce chemin.
On peut considérer aussi qu'il prenne ce qu'il y a de mieux à droite et à gauche et on peut considérer aussi que Gérald Darmanin parce que là vous le prenez sur Mélanie mais si vous le prenez sur l'immigration sur la sécurité et tout on peut considérer qu'il durcit la position du gouvernement pour pas que ce soit Marine Le Pen
qu'il récupère. Je ne crois pas qu'il est durci en gros qu'il dit les morts mais regardez Gérald Darmanin dans l'hypercommunication pour donner l'illusion d'une action la réalité c'est que est-ce que M. Darmanin a fait un texte sur l'immigration depuis qu'il mise à l'intérieur quels sont les résultats M.
Darmanin je vais vous donner un chiffre on arrive aujourd'hui à 500 000 étrangers accueillis légalement en France chaque année 500 000 c'est de grandeur on n'est pas tout à fait on est à 340 000 plus 140 000 de modeurs d'asile mais presque 500 000 c'est une ville comme Toulouse chaque année reprenez les chiffres sous Nicolas Sarkozy sous la droite au pouvoir on était quasiment à la moitié de ces chiffres à la moitié donc c'est la politique de M. Darmanin
Est-ce que vous ne voulez pas discuter avec le gouvernement justement sur ce projet de loi immigration ?
Parce que ce qu'on sait du projet de loi immigration du gouvernement c'est un projet de loi en même temps c'est un projet de loi où M. Darmanin faisait croire qu'il allait être ferme et que de l'autre côté on ouvrait les vannes de l'immigration en inventant un nouveau titre de séjour professionnel un nouvel appel d'air en réalité on n'a pas besoin de ce titre de séjour on a déjà un titre de séjour compétence et talent qui permet tout à fait de recruter des gens quand on en a quand on en a besoin donc c'était un texte en réalité en même temps au milieu de la communication au pire l'ouverture des vannes une nouvelle fois et donc votre proposition de loi nous déposerons notre propre texte
elle sera meilleure en quoi celle-là alors ? Qu'est-ce qu'il y aura d'autre dans cette loi différente de celle que propose
le gouvernement ? La question de l'immigration elle est infiniment plus large que ce que propose le gouvernement déjà c'est...
Parce que Gérald Darmanin avait travaillé avec vous quand même avait travaillé largement avec les élus de droite pour fabriquer son texte
une fois une réunion avant la loi d'orientation sécurité intérieure et ce texte-là non le premier sujet c'est c'est être lucide aujourd'hui sur les causes de l'immigration dans les causes de l'immigration
Prenez le temps de boire je vous en prie prenez le temps de boire je vous en prie prenez le temps de boire
Dans les textes pardon dans les causes de l'immigration en France il y a un phénomène nouveau depuis 10 ans 10-15 ans c'est vraiment une immigration sociale c'est-à-dire qu'aujourd'hui la façon dont les droits sociaux sont ouverts aux étrangers arrivant sur notre territoire est beaucoup trop lâche trop souple et donc fait qu'il y a un vrai appel d'air alors qu'il faut avoir le courage de commencer par ça dans les nouvelles causes de l'immigration vous savez qu'en France pour bénéficier du minimum vieillesse il suffit de 3 ans de séjour en France c'est-à-dire que quelqu'un qui qui n'a jamais cotisé pour un euro de retraite en France a droit au bout de 3 ans de séjour et donc vous voulez
passer à 5 c'est ça ? vous voulez le passer à 5 ans c'est ça ?
je pense qu'il faut il faut être beaucoup plus beaucoup plus beaucoup plus dur et restrictif sur ces mesures-là est-ce que c'est 5 ans est-ce que c'est 10 ans mais la solidarité nationale on ne peut pas en bénéficier sans avoir jamais payé ni un euro d'impôt ou de cotisation idem sur le RMI sur le RSA pardon aujourd'hui sur le RSA c'est vous avez pardon je reviens sur le minimum vieillesse c'est un tiers des bénéficiaires en France aujourd'hui qui sont étrangers un tiers des bénéficiaires qui sont étrangers et qui ont 940 euros par mois sans jamais avoir cotisé vous savez moi je me souviens dans ma circonscription il y a il y a quelques années il y a 4 ou 5 ans quand il y a eu la crise du gaz en Algérie j'ai reçu plusieurs personnes plusieurs personnes âgées retraitées algériennes venues me voir qui avaient été faits en France en me disant au bout de combien de temps j'ai droit au minimum vieillesse si je reste en France donc oui c'est un appel d'air le RSA le RSA vous avez une quinzaine de pays où les gens ont droit au RSA au bout c'est pareil non pardon c'est beaucoup plus une quinzaine les quinzaines c'est pour le minimum vieillesse excusez-moi sur on y a droit au bout de 3 ans pour une quinzaine de pays les pays du Maghreb et les pays d'Afrique subsaharienne sur le RSA vous avez droit aujourd'hui au bout de 3 ans il faut durcir aussi considérablement
mais le volet répressif du projet de loi de Gérald Darmanin il n'était pas suffisant
donc non mais pardon le volet répressif il n'y avait pas grand chose dans ce volet répressif il y avait une réforme du contentieux des OQTF donc pardon d'abord être lucide sur ce qui est aujourd'hui devenu une nouvelle cause de l'immigration dans notre pays qui est cette immigration sociale sur le RSA là aussi c'est de la pure solidarité c'est à dire que c'est ce qu'on appelle un minima non contributif une solidarité non contributive c'est à dire les gens n'ont jamais cotisé qu'un étranger qui a été autorisé à séjourner qui est résident qui a une carte de résident de 10 ans puisse bénéficier s'il a un accident de parcours un accident de la vie du RSA ça peut se comprendre mais que quelqu'un qui n'a jamais qui est venu avec un titre de séjour temporaire parce qu'il avait un travail ou parce qu'il était étudiant puisse après bénéficier de la solidarité ça n'a aucun sens en réalité ça n'a aucun sens donc il faut remettre tout ça à plat c'est le premier volet ensuite effectivement on est d'une totale inefficacité sur les expulsions mais là aussi ce n'est pas que du contentieux sur les OQTF c'est un sujet beaucoup plus large
il n'y a pas de laissé-passer consulaire et Éric Ciotti s'est rendu au Maroc récemment est-ce que vous pensez que vous au pouvoir ou Éric Ciotti au ministère de l'Intérieur les Marocains et les Algériens nous donneraient des laissés-passer consulaires en masse de manière à pouvoir renvoyer leurs ressortissants
ce que j'observe c'est quand la droite était au pouvoir la droite un peu plus
Patrick Stéphanini qui n'est pas un gauchiste explique que les OQTF obligation de quitter les territoires français c'est un casse-tête épouvantable de renvoyer les gens qui disent qui n'ont pas de papier d'identité les pays d'origine ne veulent pas les reprendre surtout c'est il y a deux choses
il y a déjà des questions très techniques sur la durée de rétention c'est-à-dire que si vous gardez les gens que vous devez expulser que 48 heures vous n'avez pas beaucoup le temps d'avoir le temps de faire c'est consulnaire
on est sur les OQTF
pardon sur les OQTF
oui mais là je dis vous changez de sujet le centre de rétention c'est encore autre chose on parle des OQTF effectivement aujourd'hui il y en a 3% qui sont impliqués
pourquoi ? il y a deux choses il y a en réalité deux choses il y a la question il y a le temps que vous gardez les gens sous la main si je puis dire pour pouvoir les expulser ça c'est un délai de traitement des cas
et de recours
donc ça effectivement il y a un sujet à traiter de manière beaucoup plus efficace et ensuite il y a obtenir le laisser passer consulaire là ça passe par la voie par la voie diplomatique la droite au pouvoir était infiniment plus efficace
donc vous comptez juste sur le fait d'être la droite au pouvoir éventuellement un jour pour y arriver ou parce que vous allez faire comment c'est quoi la rétention
il faut aller plus loin ça fait un exemple un exemple
de la part du gouvernement
un exemple et un seul de l'absence de volonté politique réelle du gouvernement sur ce sujet là nous avons proposé lors de la dernière loi de finances lors du dernier budget que les aides au développement aux pays qui ont versé les aides au développement soient soumises à l'acceptation de la délivrance de ces laissés-passer consulaires le gouvernement a refusé de faire un lien entre les deux donc le gouvernement en réalité ne se donne pas tous les moyens d'être efficace
d'énergie et de négociation qu'il y avait entre un certain nombre de pays qui faisaient que ces réponses
que de leur prédire de leur couper l'aide vous n'aurez zéro de l'aide au développement croyez-moi qu'ils comprendraient assez vite le message
M. Marlex sur cette loi immigration que vous êtes en train de préparer est-ce que tout le monde est d'accord au sein de LR on voit bien que sur les quotas Eric Ciotti dit oui d'autres disent non c'est inefficace sur le référendum d'initiative populaire proposé par Aurélien Pradié et Dumont aujourd'hui dans le journal du dimanche est-ce que c'est la position du parti vous êtes tous d'accord ou comme sur les retraites
on a annoncé avec Eric Ciotti Bruno Rataillot qu'on allait faire une proposition de loi qu'on mettrait sur la table d'ici la fin je pense d'ici la fin du printemps fin mai début juin on aurait un projet sur la table en réalité des mesures ça fait 10 ans qu'on dit ce qu'il faut faire ça fait 10 ans vous avez un texte
au Sénat
contre le gouvernement non le texte au Sénat il est uniquement relatif aux OQTF c'est les propositions c'est les conclusions une fois encore je viens de vous dire que le sujet je pense qu'il est infiniment plus large que ça il y a le volet des étrangers délinquants moi je ne
c'était pas la question d'Anne Svetemont pardonnez-moi il y a une tribune aujourd'hui qui est signée effectivement de deux députés Pradié et Dumont qui vous disent ce serait bien de faire plutôt un référendum d'initiative partagée vous dites quoi pour quoi
on n'a pas le droit de faire de référendum d'initiative partagée de RIP en matière d'immigration parce que le RIP c'est dans le champ de l'article 11 l'article 11 c'est les questions environnementales économiques sociales et la jurisprudence dit qu'on ne peut pas faire de RIP en matière donc je n'ai pas vu leur projet mais on n'a pas le droit sur l'immigration et puis on peut aller plus vite on peut aller directement moi ce que je crois il y a deux choses il faut sans doute pour être tout à fait complet sur l'immigration il y a deux choses il y a aujourd'hui ce qu'on a les moyens de faire sans doute dans le cadre dans le cadre législatif regardez ce qu'ont fait les Danois les Danois ont réduit considérablement les sociodémocrates c'est la gauche au pouvoir qui a réduit considérablement l'appel d'air en matière d'immigration avec les mêmes les mêmes contingences que nous la même Union Européenne la même Courte de Justice et la même CEDH
et ce que vous soulignez tout à l'heure et ce que soulignait aussi Olivier Véran c'est que de ça résulte un problème de main d'oeuvre aujourd'hui
donc monsieur Véran nous explique qui veut plus d'immigrants en France donc j'ai bien fait de m'opposer au projet de loi d'immigration de ce gouvernement
qu'est-ce que vous répondez au BTP bâtiment à travaux publics qu'est-ce que vous répondez au restaurateur qu'est-ce que vous répondez aux petites et moyennes entreprises ou au MEDEF qui eux n'ont pas une position à un certain nombre de députés qui eux considèrent notamment qu'il y a des domaines on peut parler de la vieillesse de l'aide de tous les domaines du CAIR où on n'a personne où personne ne veut le faire qu'est-ce que vous leur répondez quand ils disent
il y a parfois des questions de rémunération de salaire il faut quand même que les employeurs s'interrogent quand ils n'arrivent pas à trouver de main d'oeuvre il y a ensuite beaucoup de gens qui ne peuvent pas avoir 2 millions de personnes au RSA et ce plan qu'on n'a pas assez de monde donc oui tout ça est sur la table mais on ne peut pas dire durablement comme l'ont fait certains que l'immigration est absolument nécessaire je pense que on a totalement de quoi faire pour remettre tout le monde
est-ce que ce n'est pas une position très idéologique et qui manque un peu de pragmatisme pardon pour la question non mais ça ne manque pas de pragmatisme vous avez des députés de votre groupe qui disent dans des régions rurales moi pour aller faire du fromage je vois dans les fermes qu'il n'y a que des migrants qui arrivent du chat qui veulent travailler et qui sont favorables
je n'ai pas vu beaucoup de migrants dans le Cantal faire du Saint-Nectaire ou du Cantal donc non on a des sujets de main d'oeuvre sur certains métiers dans l'agriculture mais plutôt sur les fruits sur les fruits et légumes ou sur le ramassage des pommes de terre etc donc parfois
c'est nécessaire
je pense qu'il y a d'autres moyens une fois encore dans un pays où il y a encore un certain nombre de chômeurs d'allocataires du RSA je pense qu'il y a quelque chose à faire pour remettre tout le monde au travail avant d'avoir recours à cette facilité j'ai rencontré le président du MEDEF qui m'a dit d'ailleurs de dire ne laissez jamais dire ne laissez jamais dire que c'est à la demande du patronat que le gouvernement que ça demande des employeurs que le gouvernement veut enfin c'est nous qui avons demandé l'assouplissement des règles ne laissez pas dire ça voilà donc en réponse à votre question ça ne peut pas être ça la réponse
le durcissement de l'assurance chômage en revanche c'est-à-dire le fait de rendre plus difficile l'indemnisation est moins longue et moins élevée ça vous trouvez que ça va dans le bon sens pour essayer justement de remettre des gens dans le travail et de dire qu'on est besoin de main-d'oeuvre étrangère
bien sûr regardez aujourd'hui on va voir le sujet la question du RSA qui pour le coup faut traiter de manière pragmatique parce que c'est un peu plus compliqué que semble dire parfois le gouvernement mais on ne peut pas accepter dans ce pays d'avoir 1,8 million je crois de gens qu'on laisserait sur le côté d'ailleurs c'est une philosophie c'est chez certains de dire bon on ne s'en occupe pas c'est des gens pas très employables etc pour moi la question du RSA c'est à la fois une question d'équité on ne peut pas imaginer aujourd'hui une personne seule avec deux enfants au RSA la totalité des aides c'est 1400 euros par mois je ne dis pas qu'on vit bien avec 1400 euros mais c'est 1400 euros la totalité des aides le RSA pour les enfants le supplément familial les allocations familiales c'est 1400 euros vous êtes au SMIC ou un tout petit peu plus que le SMIC en réalité vous ne gagnez quand même pas beaucoup plus à la fin du mois justement
je vous parlais de la réforme du RSA
qui oblige à faire quelque chose qui oblige à avoir une formation sur le RSA deux choses donc oui je pense qu'il y a une question d'abord d'équité qu'on ne peut pas tolérer ça il faut faire le maximum pour ramener tout le monde vers le travail et c'est une question à la fois d'équité et vis-à-vis de la France qui fait l'effort de se lever tôt et c'est une question il y a aussi 30% qui ne touche pas le RSA c'est une question aussi d'ailleurs de dignité parce que moi je refuse une société dans laquelle on accepterait définitivement que X% de la situation de la population ne serait pas mais il y a justement une obligation
en échange du RSA pour la dignité et le sens du travail donc ça ça va dans le bon sens
oui j'ai proposé je crois que c'est nous les républicains qui avons mis ce sujet sur la table dans le projet des républicains de dire qu'il faut 15 heures d'activité en face
mais Olivier Marlex pardonnez-moi mais toutes ces idées on les entend depuis très longtemps dans la bouche les 15 heures d'activité
c'est des républicains qui les ont mis dans le projet législatif oui Laurent Wauquiez
le défend cette idée-là depuis très très longtemps ce qui est intéressant dans la tribune dont on parlait tout à l'heure dans le JDD signé donc Dumont et Pradié qui sont donc des élus les républicains ils disent voilà il est grand temps que la droite ait des idées neuves et crédibles est-ce que là dans tout ce que vous nous dites sur l'immigration sur le RSA est-ce qu'on est dans des idées neuves
et crédibles ça fait 10 ans qu'on est dans l'opposition donc effectivement ça fait 10 ans qu'on radote je crois que c'était leur expression oui mais moi j'assume de radoter j'assume d'avoir raison sur le fait que nous allons dans le mur avec des politiques de gauche en matière d'immigration
donc vous assumez vraiment des divisions au sein des républicains
il n'y a pas de division je travaille quotidiennement avec Pierre-Henri Dumont sur les sujets d'immigration il n'y a pas de division entre nous sur ces sujets-là et donc pour terminer sur la question de l'immigration en réalité il y a deux niveaux il faut aller au maximum de ce qu'on peut faire dans le cadre des traités internationaux aujourd'hui mais on a des marges de manœuvre sur le regroupement familial en réalité on est en deçà de ce que permet de faire la Cour européenne des droits de l'homme donc on peut durcir on a des marges et puis il y a un moment effectivement où il faut sans doute aller plus loin c'est modifier notre constitution et ça suppose de modifier notre constitution et c'est peut-être effectivement notamment de nous redonner un moyen de tenir à distance cette jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme
vous avez le sentiment que ça c'est la priorité des français en ce moment de lutter contre l'immigration on sent que la France est fracturée je ne dis pas
que c'est le seul sujet je ne dis pas que c'est le seul sujet je ne dis pas que c'est le seul sujet pendant la campagne présidentielle l'Assemblée c'est le seul sujet je ne dis pas que c'est le seul sujet mais je dis que c'est un sujet c'est un sujet aujourd'hui essentiel essentiel dans notre pays et qu'évidemment il faut agir et que depuis dix ans une fois encore on n'a rien fait je vais vous donner trois chiffres le nombre de parce que c'est une façon de montrer aussi que la droite et la gauche ce n'est pas la même chose quand Nicolas Sarkozy est élu président de la République il y a 2,9 millions de titres de séjour autorisant des gens à séjourner en France quand il s'en va en 2012 il n'y en a plus que 2,6 on passe de 2,9 à 2,6
donc 300 000 en moins
il y a une baisse du nombre de titres de séjour autorisés dans notre pays François Hollande arrive on remonte à 2,9 millions ce qu'on avait réussi pour la première fois dans notre histoire récente de réduire l'immigration légale M. Hollande le piétine et on annule les efforts de Nicolas Sarkozy savez-vous à combien on est aujourd'hui ? on est à 3,7 millions c'est-à-dire que le quinquennat
de M. Macron
a réussi en matière migratoire avec M. Darmanin à ses côtés à faire pire à faire pire que François Hollande avec des crises internationales qui ont fait aussi qu'il y avait un petit peu et vous savez même quelqu'un je reviens sur sur le fait qu'il faut arriver à reprendre nos distances par rapport à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme quelqu'un d'aussi raisonnable d'aussi sérieux que Michel Barnier avait dans son projet présidentiel proposé un bouclier constitutionnel pour tenir à distance pourquoi ? parce que je ne vais pas rentrer dans le détail juridique
c'est trop
un tollé de mauvaise foi parce qu'on parle essentiellement de la CEDH qui n'a rien à voir avec les instances européennes mais en clair aujourd'hui en Allemagne ils ne gèrent pas la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme comme nous ils ne gèrent pas comme nous ils ont une Cour constitutionnelle qui fait le filtre et qui réserve qui dit non ça on ne l'appliquera pas nous on applique tout et c'est le juge de première instance qui dit non pas la loi française mais parfois le contraire de la loi française la jurisprudence de la Cour européenne on ne peut plus tolérer ça
Olivier Marlex le temps file vous êtes avec nous jusqu'à 13h mais il est déjà 12h50 presque depuis le début de cette émission on sent que le thème dont vous voulez parler c'est l'immigration qu'est-ce qui se passe avec la droite vous courez à ce point-là derrière Marine Le Pen
écoutez soyons sérieux ça fait pour le coup ça fait 20 ans qu'on entend cette rengaine sur les questions d'immigration la droite au pouvoir une fois encore je vous ai redonné les chiffres a été extrêmement efficace et on n'a aucune leçon à recevoir de Marine Le Pen c'est un sujet moi ce que je regarde d'ailleurs et je ne veux pas je pourrais vous parler d'industrie pendant des heures si vous le voulez et du patriotisme économique je ne veux pas m'éloigner mais sur cette question de l'immigration on ne va pas abandonner ce sujet Nicolas Sarkozy l'avait traité de manière extrêmement énergique quand il était président de la République on ne va pas aujourd'hui abandonner ce sujet-là au Rassemblement National après on a beaucoup d'autres sujets on parlera du logement avec les Républicains on va organiser une convention sur le logement à la fin du mois parce qu'on est en train de créer dans ce pays une crise du logement sans précédent une crise du logement terrible on arrive on construit on met en chantier environ 100 000 logements de moins que dans les années mais au final
ce qu'on ne comprend pas c'est comment est-ce que vous envisagez votre stratégie pour vous réinstaller dans la cour de 2027 et espérer l'emporter tout simplement en raffirmant
nos convictions en montrant qu'il y a une politique alternative à celle d'Emmanuel Macron et qu'elle passe par beaucoup de sujets pas seulement par la question
alors le 8 juin on va tout de suite être confronté à quelque chose il y a une proposition de loi Liot pardon du groupe Liot du groupe Liot qui est présenté comme une deuxième occasion de faire battre la majorité actuelle cette fois-ci tout le monde personne ne vote
Aurélie Aprelia a déjà dit qu'il la voterait on peut même l'écouter si vous voulez
j'ai pas encore interrogé chacun des vous les connaissez il n'y en a pas suffisamment pour que vous soyez dans terre inconnue je pensais que vous étiez écouté vous avez expliqué que vous étiez écouté par les députés je reviens
pardon de me répéter mais je reviens regardons quand même regardons ce qui s'est passé autour de nous il y a eu cette réforme de retraite une comment dire enfin beaucoup de beaucoup de crispations de crispations inutiles je pense que le président de la république par sa stratégie de clivage permanente par la verticalité du pouvoir par une forme d'arrogance du pouvoir je dirais n'a pas permis de poser le sujet comme il aurait fallu d'accord maintenant pour l'avenir parce que c'était mal présenté du coup moi je suis convaincu moi je suis convaincu qu'on ne redresse une conviction profonde qu'on ne redressera pas ce pays si on ne produit pas un peu plus on peut pas être le pays de l'Union Européenne mais un des pays du monde qui travaillerait le moins
si vous ne parvenez pas à convaincre Aurélien Pradier
qui fait partie de votre groupe c'est pas mon sujet de convaincre Aurélien Pradier
il est quand même dans votre parti
non non mais c'est pas mon sujet Aurélien dit ce qu'il veut vous sanctionnerez si certains les 19 qui ont voté la motion si ça revient
on a un pays
qui est en train de décrocher on a fait un similaire il y a quelques jours il avait fait venir qui sent cet Étienne grand économiste qui rappelait que l'Union Européenne il y a ne serait-ce que 15 ans c'était 20% du PIB mondial on est à 15% aujourd'hui donc on va à ce rythme là nous allons disparaître de l'histoire moi je ne veux pas que la France disparaisse de l'histoire et pour ne pas disparaître de l'histoire il faut que ce pays accepte de travailler un peu plus si ce pays veut garder son haut niveau de redistribution son haut niveau de vie sociale il faut qu'il accepte de produire un peu plus de richesse
vous ne soutenez pas sachant qu'elle peut être adoptée à une majorité relative
si la Grande-Bretagne travaille à 67 ans si les Pays-Bas travaillent à 67 ans si l'Italie Madame Mélanie n'est pas revenue sur les 67 ans les socialistes la gauche au pouvoir ne sont pas revenue sur les 67 ans en Espagne à qui peut-on faire croire que la France pourrait être le seul pays du monde où on travaille jusqu'à 62 ans si je prenne un pari si demain Madame Le Pen était présidente de la République si Monsieur Mélenchon était Premier ministre personne personne ne reviendrait sur cette réforme parce que c'est malheureusement du bon sens alors après qu'on l'améliore que demain on réfléchisse à des solutions pour remettre un petit peu plus de liberté vous savez par exemple qu'aujourd'hui vous avez une décote si vous partez avant les 43 ans 43 annuités mais vous n'avez pas de décote sur l'âge
la question elle n'est pas là Olivier Marlex la question très justement posée par Anne Souhaitement c'était il va y avoir encore un certain nombre de députés chez vous qui va voter cette loi Liot qui veut supprimer l'article 7 de l'ancienne réforme
comment voulez-vous qu'on soit audible si je passe mon temps à répondre à la question de savoir qu'est-ce que je fais par rapport à ce que vous les sanctionnez ou pas vous les sanctionnez
et ferme en disant si aujourd'hui on est de droite on ne peut pas voter
c'est ce que je fais je préfère commencer par là être ferme sur les convictions que doit porter la droite faire sans rougir je ne me suis pas caché pendant ce débat je l'assume je sais ce qu'il y a d'un populaire je regrette qu'on n'ait pas pu aller au fond du débat sur des sujets comme la question de la pénibilité vous n'avez que 11 000 personnes 11 ou 12 000 qui partent en retraite par an alors que vous avez 2 millions de comptes pénibilité donc oui ça ne marche pas le texte va améliorer les choses en multipliant par 2 normalement les points et donc le nombre de personnes qui vont pouvoir partir plus tôt mais ça ne marche pas bien il y a plein d'autres sujets je regrette qu'on n'ait pas pu les évoquer dans ce débat mais sur le fond sur le fond ne racontons pas d'histoire aux français
je voudrais qu'on aborde pour finir quelques points d'actualité Olivier Marlex est-ce que vous redoutez la cérémonie du 8 mai qui doit avoir lieu demain présidée évidemment par Emmanuel Macron sur l'avenue des Champs-Elysées est-ce que vous avez peur que ce soit une cérémonie chahutée ?
non j'espère pas écoutez sans être dans la au même niveau que les anglais de respect de la nation je pense qu'il y a quand même des des symboles
qu'il faut pas toucher il faut être capable
de commémorer on commémore la paix on voit à quel point aujourd'hui d'ailleurs cette paix y compris en Europe est redevenue fragile on pense évidemment à l'Ukraine à la violation du droit international déclenché par décidé par monsieur par monsieur Poutine on voit qu'aujourd'hui on a de nouveau une espèce d'axe qui se dessine dans le monde entre les démocraties et des régimes d'une nature différente qui eux je pense à la Chine je pense à la Russie qui eux considèrent que tout ça on peut s'assurer
au niveau de tension sociale aujourd'hui en France est-ce qu'on dépasse les bornes est-ce que les bornes ont été dépassées par les français ou certains politiques et est-ce qu'il va falloir une loi anticasseur comme le réclame votre collègue Bruno Retailleau au Sénat
on va avoir une commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur le sujet il y a déjà une loi anticasseur le conseil constitutionnel l'avait en partie censuré je pense qu'effectivement il faut peut-être la réactualiser mais enfin voilà je vous imaginez demain si un 8 mai les manifestations étaient les manifestations des commémorations étaient perturbées par des casseurs ce serait évidemment insupportable je pense que personne ne sera irresponsable
est-ce que vous trouvez quand vous regardez la télévision et que vous voyez bien sûr il y a des groupes de casseurs
bien sûr on dépasse les bornes parce que un il y a des groupes de casseurs des black blocs qui sont parfois d'ailleurs qui viennent de l'étranger etc et deux on dépasse les bornes quand toutes les forces politiques en France ne condamnent pas ces casseurs je vous rappelle qu'il y a eu plus de 400 policiers blessés le 1er mai c'est absolument inacceptable que certains hommes politiques refusent dans notre pays de condamner ces casseurs
je suis attaché
évidemment à la liberté de manifester qui est une liberté constitutionnelle mais tout ça doit se faire dans le respect évidemment des forces de l'ordre
et qu'est-ce que vous pensez globalement de cette stratégie qu'a Emmanuel Macron d'aller au contact des français d'arpenter le pays du nord au sud et d'est en ouest pour essayer de se réconcilier avec lui c'est la seule méthode à suivre c'est la bonne stratégie
il ne faut pas que tout ça tourne non plus au spectacle je pense que ce que les français attendent c'est de la sincérité je ne sais pas si Emmanuel Macron est capable de sincérité parce que pour être sincère il faut avoir des convictions or malheureusement je n'ai toujours pas compris qu'elles étaient profondément les convictions d'Emmanuel Macron
vous pensez que il faut remanier et qu'Elisabeth Borne c'est plus possible comme certains disent tout ça s'est cramé
je pense que tout ça est assez secondaire voilà c'est pour faire la même politique moi je pense que le président de la république doit élargir je ne sais pas non non non il doit changer de comportement c'est sans doute un peu pieux mais les français attendent de sa part sans doute un peu d'humilité voilà et son espèce de cinéma qui est bien créé sur les 100 jours enfin on le voit bien c'est un mauvais film Anne Soutemont
j'ai une toute petite dernière question vont être lancées des consultations cette semaine par la présidente de l'assemblée sur la réforme des institutions il nous reste très peu de temps mais vous devez discuter avec elle en tant que président de groupe est-ce que vous vous êtes favorable retour sur le droit d'amendement limitation du 49.3 par exemple cumul des sur le travail parlementaire
je pense qu'il y a un certain nombre de choses à faire pour redonner un peu plus de liberté de poids au parlement dans le précédent quinquennat monsieur Macron et le règlement intérieur qui a été de l'assemblée a tendance à restreindre la liberté d'initiative des parlementaires la liberté d'expression aussi des parlementaires dans l'hémicycle ce qui me paraît évidemment extrêmement fâcheux extrêmement grave après il y a d'autres sujets de révision constitutionnelle qui a annoncé la présidente de l'assemblée vouloir soutenir notamment sur la question de la proportionnelle ce qu'elle dit ce matin dans le journal du dimanche est absolument édifiant c'est à dire qu'elle dit aujourd'hui il n'y a pas de majorité absolue c'est très bien mettons la proportionnelle pour que ça continue toujours bon c'est à dire moi je pense que l'ingouvernabilité du pays ne doit pas redevenir la règle on a connu ça sous la quatrième république là on est dans un moment particulier où les français ont fait ce choix parce qu'ils ont réélu un président de la république qui avait fui le débat de ne pas lui donner une majorité ça ne doit pas devenir la règle dans notre pays
merci beaucoup Olivier Marlex d'être venu ce dimanche sur le plateau de questions politiques merci à toutes les trois merci à toute l'équipe je salue évidemment mon ami Thomas Négaroff qui sera de retour dimanche prochain en attendant bonne semaine à tous merci à tous
merci à tous merci à tous merci à tous
Alain Marleix