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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 22 octobre 2025 21 minComplaisantActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Une séquence historique : Sarkozy est prison !

Source d'origine 9 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:01PrésentateurFait
    « Nicolas Sarkozy est donc en prison, vous l'avez compris. »
  • 1:08PrésentateurChiffre
    « Nicolas Sarkozy a été condamné le mois dernier à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs. »
  • 1:11PrésentateurFait
    « C'était dans l'affaire du financement libyen. »
  • 2:23PrésentateurFait
    « Même Hollywood n'aurait pas osé, si ce n'est peut-être la famille Kardashian, connue pour sa télé-réalité scénarisée de toutes parts. »
  • 3:37AuditeurFait
    « Vous avez les preuves ? Il y a des preuves ? »
  • 3:49Locuteur 7Fait
    « Mais dans le cas particulier, je ne pense pas que notre ancien président de la République soit un danger pour le pays. »
  • 4:02AuditeurFait
    « Ça va faire un précédent si Nicolas Sarkozy va en prison. »
  • 4:10AuditeurFait
    « Rien n'a été prouvé. »
  • 6:52PrésentateurChiffre
    « Selon les dernières données, 57% des peines d'emprisonnement fermes prononcées par le tribunal correctionnel envers une personne majeure sont exécutées immédiatement. »
  • 7:38PrésentateurChiffre
    « 67% des condamnés sont incarcérés immédiatement. »
  • 9:24PrésentateurFait
    « Gérald Darmanin, qui a fait ses armes politiques aux côtés de l'ex-président de la République, a déjà annoncé qu'il irait le visiter pour s'assurer de ses conditions de sécurité. »
  • 10:27Locuteur 6Fait
    « Il y a des magistrats du siège de la cour d'appel, de la chambre d'accusation qui vont prendre des décisions. »
  • 11:40PrésentateurFait
    « Ce dernier a notamment été reçu par Emmanuel Macron en personne pendant plus d'une heure. »
  • 13:40Locuteur 9Fait
    « Toute peine supérieure à six mois sera intégralement exécutée. »
  • 13:58PrésentateurFait
    « Les députés et sénateurs français, réunis en commission mixte paritaire, ont trouvé un accord pour intégrer la notion de non-consentement à la définition pénale du viol. »
  • 14:55PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron a affirmé ce matin en conférence de presse que la réforme des retraites n'était ni abrogée ni suspendue, évoquant un souci d'apaisement. »
  • 15:18PrésentateurFait
    « Le Conseil d'État a été saisi cette nuit d'une lettre rectificative pour ajouter la suspension de la réforme des retraites au budget de la Sécurité sociale. »
  • 16:07PrésentateurFait
    « Selon l'opinion, ce serait Patrice Faure, personne d'autre que l'actuel directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, qui devrait succéder à ce poste stratégique. »
  • 16:50PrésentateurChiffre
    « Plus de 7 millions d'Américains sont descendus dans les rues de 2700 villes pour manifester contre Donald Trump. »

Temps de parole

  • Présentateur74 %
  • Locuteur 55 %
  • Locuteur 65 %
  • Locuteur 24 %
  • Locuteur 13 %
  • Invité2 %
  • Invité 22 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur 9

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0:09
Présentateur

Bon bah Nicolas Sarkozy est en taule !

0:12
Auditeur

Libérez Nicolas ! Libérez Nicolas ! Libérez Nicolas ! Libérez Nicolas ! C'est si bien on aime ! Bon allez, ça dégage ! Allez !

0:22
Présentateur

Bonjour et bienvenue dans le récap ! Nous sommes le mardi 21 octobre et la France s'est réveillée dans un épisode inédit d'House of Cards à la française. Nicolas Sarkozy est donc en prison, vous l'avez compris. L'ex-président de la République est rentré ce matin à la prison de la Santé en grande pompe, à bord d'une berline aux vitres teintées, entourée d'une bonne quinzaine de motards. L'image est évidemment historique et le symbole aussi vertigineux que les murs d'enceinte. C'est la première fois qu'un chef d'État européen est envoyé derrière les barreaux. Rappel des faits, Nicolas Sarkozy a été condamné le mois dernier à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs.

C'était dans l'affaire du financement libyen. Il a fait appel de sa condamnation, mais le tribunal a ordonné l'exécution provisoire de sa peine. Il n'a donc pas été en mesure d'éviter la case prison avant l'épuisement des recours judiciaires à sa disposition. Celui qui, en 2007, appelait de ses voeux à une république irréprochable, aura dû attendre presque 20 ans pour toucher son rêve du doigt, mais à ses dépens. Juste avant sa mise sous écrou et la fouille intégrale qui va avec, Nicolas Sarkozy s'est offert un dernier bain de foule théâtrale à son domicile, au pied de la villa Montmorency, cette résidence privée huppée dans le 16e arrondissement de Paris.

Il est apparu en compagnie de sa femme, Carla Bruni, face à un parterre de fans transis. Ce grand moment de communication a été orchestré par son fils, Louis Sarkozy, qui avait appelé à un rassemblement de soutien sur les réseaux sociaux. Dernière apparition du père, donc, millimétrée. Descendre de l'allée au rythme de la Marseillaise, acclamation en arrière-plan, Nicolas en thème. Même Hollywood n'aurait pas osé, si ce n'est peut-être la famille Kardashian, connue pour sa télé-réalité scénarisée de toutes parts. Ne vous étonnez pas si Netflix est déjà sur le coup. Alors, vous commencez à nous connaître aux médias. Nous n'avons pas résisté à l'envie de traîner nos caméras dans le 16e.

C'est assez rare pour le dire. Notre journaliste Suzy Bernard s'y est donc collée. Et pas que pour le meilleur. Visiblement, les soutiens de Sarko étaient un peu sur les dents ce matin. Alors, Mediapart avait prévenu. D'après nos confrères, certains pro-Sarko ouvraient l'œil pour identifier la bonnette rouge si détestée par Carla Bruni. Aurait même été entendue dans les rangs. Cassez-leur la gueule s'ils se montrent. Ambiance. Pas vraiment dans les standards du 16e, mais parfaitement à l'image de leur conception toute personnelle de la démocratie. Alors, pas de chance pour le média. Notre bonnette de micro est elle aussi rouge.

Une couleur vraisemblablement aussi irritante dans les beaux quartiers que dans les arènes de Nîmes. Résultat, notre journaliste a eu le droit à quelques noms d'oiseaux dans la foule. Alors, entre deux pouilleuses et autres salles gauchistes lancées par les plus bas du front, Suzy Bernard a quand même réussi à faire son travail. Elle a recueilli quelques témoignages. Dans l'Assemblée, personne ne croit à la culpabilité de l'ex-président Bling Bling. On écoute. Vous avez les preuves ? Il y a des preuves ?

3:40
Locuteur 1

C'est la justice, après moi je le suis.

3:41
Locuteur 7

Vous êtes sûre ? Ah, vous n'êtes pas le juge, moi non plus. Les coupables ne vont pas toujours tout de suite en prison. Les coupables peuvent faire appel. Dans certains cas, on les met en prison s'ils sont un danger pour la société ou pour le pays. Mais dans le cas particulier, je ne pense pas que notre ancien président de la République soit un danger pour le pays. Oui, mais ça je ne me prononce pas.

4:02
Auditeur

Ça va faire un précédent si Nicolas Sarkozy va en prison. Tous les prochains présidents de la République iront en prison parce qu'ils auraient détourné de l'argent public. Rien n'a été prouvé. Comment condamner un homme sans preuve ?

4:14
Présentateur

Cette ligne de défense des pro-Sarko ne sort évidemment pas de nulle part. Le multirécidiviste du 16e l'a travaillé, peaufiné, martelé depuis plus d'une décennie maintenant. Il clame inlassablement son innocence, s'arrangeant largement avec les faits révélés par une enquête tentaculaire. Et ce matin encore, Nicolas Sarkozy a publié sur ses réseaux sociaux les derniers mots du condamné. Et il termine sur cela. Vous reconnaîtrez évidemment le narratif autour du complot des juges déjà bien usé par Marine Le Pen. Et alors le seul humilié dans cette affaire, si vous voulez notre avis, c'est Sarkozy. La France, elle, a simplement fait respecter la loi.

En tout cas, le nouveau détenu de la santé peut compter sur ses fidèles pour reprendre en cœur la rengaine sur tous les plateaux télé. A commencer par ses avocats à grand renfort de trémolo dans la voix. On écoute.

5:23
Invité

C'est un jour funeste pour lui, pour la France et pour nos institutions. Car cette incarcération est une honte. Et ce que nous espérons, avec mon confrère Christophe Ingrin, c'est que la Cour d'appel rétablira la justice française dans la dignité qu'elle mérite.

5:52
Présentateur

D'ailleurs, depuis ce matin, les chaînes d'infos tournent en boucle sur l'incarcération de Sarko. Toute la droite défilent. Et pour une fois, ce n'est pas pour demander une justice plus dure ou pour comparer les prisons françaises insalubres à des club-med. Bien au contraire, les éditorialistes y vont aussi de leur indignation. Pascal Praud a carrément réclamé que Sarkozy soit libéré demain matin sur CNews. Pourquoi lui faire subir cela, demande-t-il ? C'est de la torture. Alors, on est ravis de voir que les conditions de détention soucient enfin les relais de Bolloré.

C'est bien la première fois, alors même que la France est pourtant régulièrement condamnée pour ne pas respecter les droits de l'homme les plus élémentaires. D'ailleurs, Nicolas Sarkozy n'est pas un détenu comme les autres. Pas parce qu'il serait incarcéré alors qu'il est encore présumé innocent, comme le répètent sans cesse ses soutiens. Non, ça, c'est la norme. Il suffit de jeter un coup d'œil aux statistiques officielles du ministère de la Justice pour s'en convaincre. Selon les dernières données, 57% des peines d'emprisonnement fermes prononcées par le tribunal correctionnel envers une personne majeure sont exécutées immédiatement.

Et pour 2024, ce chiffre a encore grimpé de 14 points depuis 2020. Autrement dit, l'exécution provisoire est devenue la norme, la majorité en tout cas, pas l'exception. Et le taux de mise à exécution immédiate atteint même 86% en comparution immédiate. Un mode de jugement particulièrement expéditif et générateur de peine de prison, rappelle Mediapart. Pour Nicolas Sarkozy, la situation est différente. Sa condamnation découle d'une information judiciaire conduite par des juges d'instruction dans des affaires comparables à la sienne. 67% des condamnés sont incarcérés immédiatement. Là où Sarkozy se distingue, c'est dans l'expérience carcérale justement.

Mais pour ça, il a pu bénéficier des bons conseils de ses copains des Républicains, le parti des honnêtes gens qui vont de temps en temps en prison. Fort de son expérience personnelle, Patrick Balkany lui a même fait bénéficier de ses bons conseils sur RTL. On l'écoute, ça peut toujours servir.

8:03
Locuteur 2

Déjà, il y a des choses qu'il faut savoir. On ne peut pas porter de bleu marine. Ah oui ? Ah oui. Oui, parce que c'est la couleur des gardiens. D'accord. Donc si quelqu'un vous amène un pantalon ou un pull bleu marine, il ne passera pas. Donc déjà pas de bleu marine, quoi d'autre ? Voilà. Les livres, il ne faut pas qu'ils aient de couverture, de couverture rigide. Vous n'avez pas de... Vous ne pouvez pas rentrer avec... Il y a beaucoup de choses qui sont interdites. Tout ce qui est alcool, même l'eau de colonne, etc. Les médicaments, vous ne pouvez pas avoir vos médicaments. Ça doit passer par l'infirmerie. Enfin, il y a des tas de choses comme ça qu'on apprend au fur et à mesure.

Et le plus dur, c'est quand vous arrivez dans votre cellule. Bon ben, ça fait un choc.

8:51
Présentateur

Alors justement, puisqu'on parle de la cellule, c'est là où l'expérience varie. En raison de son statut, pour le moins particulier, Nicolas Sarkozy sera incarcéré à l'isolement. Il sera donc seul dans 9 mètres carrés avec une télé, un téléphone et un cabinet de toilettes séparés. Des luxes dans le milieu carcéral, surpeuplé et insalubre. En revanche, du côté des visites, la règle est la même pour toutes et tous. Deux parloirs de 45 minutes par semaine. Seule différence notable, Sarko devrait recevoir la visite du garde des Sceaux en personne.

Gérald Darmanin, qui a fait ses armes politiques aux côtés de l'ex-président de la République, a déjà annoncé qu'il irait le visiter pour s'assurer de ses conditions de sécurité. Mais n'allez surtout pas croire qu'il s'agit d'un traitement de faveur. Ce n'est pas du tout le cas.

9:37
Invité

J'ai appelé moi-même publiquement et individuellement les magistrats qui ont été menacés par cette décision. J'ai été voir Nicolas Sarkozy. Vous savez quoi ? J'irai le voir d'ailleurs en prison. Comme garde des Sceaux, j'irai m'inquiéter. Vous irez voir Nicolas Sarkozy en prison ? Je m'inquiéterai de ses conditions de sécurité. Si Nicolas Sarkozy demain... Est-ce que vous irez le voir au parloir pour discuter avec lui comme vous êtes allé dans son bureau ? Le ministre de la Justice peut aller voir n'importe quel de prison et n'importe quel détenu quand il le souhaite. C'est-à-dire parce qu'il doit garantir le bon fonctionnement du service public comme je le fais.

Vous n'y allez pas spécialement pour d'autres ? J'y vais trois fois par semaine.

10:06
Présentateur

Une annonce du ministre de la Justice qui n'a pas manqué de faire réagir à tous les niveaux. Mais notamment ce matin, le procureur général près la cour de cassation qui y voit un risque pour l'indépendance de la justice. On l'écoute, c'était sur France Info.

10:27
Locuteur 6

Il y a des magistrats du siège de la cour d'appel, de la chambre d'accusation qui vont prendre des décisions. Il faut qu'ils puissent le faire à l'abri de toute pression. Et un ministre qui va voir un prévenu en prison, ça ne peut pas être une forme de pression pour les magistrats ? Ce que je dis, c'est qu'il y a un risque, en effet, qu'une telle visite soit ressentie par les magistrats. Et soit, et c'est important, soit perçu par l'opinion comme une forme d'obstacle finalement à cette sérénité recherchée. Et de désaveu de la décision des magistrats ? Je ne parle pas de désaveu, je parle de risque d'obstacle à la sérénité et de risque donc d'atteinte à l'indépendance des magistrats.

Encore une fois, ce doit être notre objectif à tous, préserver la sérénité, préserver l'indépendance. Je le dis en ma qualité de procureur général après la Cour de cassation, je le dis aussi en ma qualité de président du conseil supérieur de la magistrature pour les magistrats du parquet. Il faut véritablement préserver de toute influence l'intervention des magistrats dans un dossier aussi sensible.

11:32
Présentateur

La visite programmée de Darmanin n'est pas le premier passe-droit qui a fait réagir dans les jours qui ont précédé l'incarcération de Nicolas Sarkozy. Ce dernier a notamment été reçu par Emmanuel Macron en personne pendant plus d'une heure. Cette rencontre s'est évidemment faite dans la plus grande discrétion, mais elle a fuité dans les colonnes du Figaro. Alors l'Elysée n'a eu d'autre choix que de confirmer. Macron a même dû s'en défendre lui-même. Alors il ne voit pas le problème évidemment. Il rappelle qu'il a eu des propos publics toujours très clairs sur l'indépendance de la justice.

Le président a jugé normal, sur le plan humain, je le cite, dans ce contexte, de recevoir un de ses prédécesseurs. Et ce matin, s'il a refusé de commenter l'incarcération de Sarkozy, il est cependant revenu sur la question de l'exécution provisoire. Et le lobbying a eu l'air de fonctionner, puisque le chef de l'État s'est dit favorable à un débat ouvrant la voie à une évolution de la justice, comme quoi ça sert de susurrer à l'oreille des puissants directement. En attendant, Nicolas Sarkozy patiente à l'ombre, troquant le Fouquet's pour la cantine de la santé. Ses avocats ont évidemment immédiatement déposé sa demande de remise en liberté, sous contrôle judiciaire et bracelet électronique.

Un bijou qu'il a déjà arboré en début d'année dans une autre affaire. La Cour d'appel de Paris dispose de deux mois pour l'étudier, ce qui nous emmène donc au plus tard, au 21 décembre prochain. D'ici le premier trimestre 2026, un nouveau procès en appel donc pourrait se tenir dans ce dossier. Mais en attendant, Sarkozy va devoir dormir la tête haute derrière les barreaux. Mais l'ex-président n'en a toujours pas terminé avec les démêlés judiciaires.

Il attend aussi la décision de la Cour de cassation dans l'affaire Big Malion, qui pourrait entraîner un nouveau procès, ou rendre au contraire définitive sa condamnation à un an d'emprisonnement, dont six mois ferme, pour financement illégal de sa campagne électorale en 2012. Et dans ce cas, vous l'avez compris, Nicolas Sarkozy repassera donc par la case prison. Ça commence à faire beaucoup pour un éternel innocent.

13:40
Locuteur 9

Toute peine supérieure à six mois sera intégralement exécutée. Voilà la politique pénale que nous proposons au pays.

13:50
Présentateur

On continue avec un point sur l'actualité politique française. Ce matin, les députés et sénateurs français, réunis en commission mixte paritaire, ont trouvé un accord pour intégrer la notion de non-consentement à la définition pénale du viol. L'ensemble des agressions sexuelles dans le code pénal seront désormais définies comme tout acte sexuel non consenti. Jusqu'ici, la législation française reposait sur des notions comme la violence, la menace, la surprise ou encore la contrainte, ce qui laissait de nombreuses zones dites grises. En clair, en l'État, l'absence de non ne suffisait pas à prouver l'absence de oui.

Le vote du texte est prévu jeudi à l'Assemblée nationale, puis au Sénat la semaine prochaine. On poursuit avec une question presque rhétorique à ce stade. « Le parti socialiste se serait-il fait avoir ? » Emmanuel Macron a affirmé ce matin en conférence de presse que la réforme des retraites n'était ni abrogée ni suspendue, évoquant un souci d'apaisement. Or, cette déclaration présidentielle entre en contradiction avec les propos tenus quelques jours plus tôt par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Lors de sa déclaration de politique générale à l'Assemblée le 14 octobre dernier, il avait pourtant annoncé la suspension officielle de la réforme des retraites.

Et il le réaffirme à nouveau cet après-midi dans l'hémicycle. Je le cite, « Le Conseil d'État a été saisi cette nuit d'une lettre rectificative pour ajouter la suspension de la réforme des retraites au budget de la Sécurité sociale et un conseil des ministres aura lieu jeudi matin pour l'adopter. » De son côté, le parti socialiste préfère voir cette suspension comme un signe d'ouverture et une avancée. Mais pour Manuel Bompard, coordinateur national de la France insoumise, le piège se referme sur le PS. Je le cite, « Le parti de gauche qualifie cette suspension d'enfumage politique.

» Quant au président de la République, il ne ferme pas la porte à un référendum sur la question des retraites comme il l'a déclaré dans son intervention de ce matin. Nous devrions bientôt connaître le nom du nouveau préfet de police de Paris en remplacement, vous le savez, de Laurent Nunez, récemment promu ministre de l'Intérieur. Selon l'opinion, ce serait Patrice Faure, personne d'autre que l'actuel directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, qui devrait succéder à ce poste stratégique. Alors, Faure a notamment été préfet de Guyane et haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.

Fidèle proche au chef de l'État, il incarne une fois de plus le choix de la continuité macroniste dans l'appareil répressif. Sa nomination pourrait être officialisée dès demain à l'issue du Conseil des ministres. On passe à l'international et samedi dernier, c'était le knocking day aux États-Unis. Plus de 7 millions d'Américains sont descendus dans les rues de 2700 villes pour manifester contre Donald Trump. Une démonstration de force populaire qui se déroule à quelques mois de l'élection présidentielle de mi-mandat. En juin dernier, une journée knocking day avait déjà eu lieu, regroupant plusieurs millions de personnes.

Ces cortèges massifs dénoncent l'autoritarisme et le fascisme du président des États-Unis, montée du suprémacisme blanc, criminalisation des luttes sociales, attaques contre les droits des femmes et des minorités au menu des réjouissances. À ce sujet, je vous invite à retrouver sur notre chaîne YouTube l'émission de mon collègue Erwin Magy avec l'historien Tristan Cabello et la militante démocrate Claire Rabès. On en regarde un extrait.

17:39
Locuteur 5

Il y a une résistance qui est en marche, c'est une résistance qui n'est pas forcément visible. C'est une résistance qui ne défile peut-être pas dans la rue, mais en tout cas, tu vois partout des groupes qui s'organisent, encore une fois, qui ne sont pas visibles, qui ne sont pas médiatisés, mais qui s'organisent au niveau local, dans leur petite école, dans leur organisation locale, dans leur université, pour essayer de contrer l'autoritarisme de Trump. C'est important. Bon, ça revient là, le 18.

Ce qui est très surprenant, c'est que moi, j'ai reçu un e-mail il n'y a pas très longtemps, la semaine dernière, pour me présenter dans une manifestation, et j'ai remarqué que beaucoup de gens autour de moi ne savaient même pas qu'il y avait une manifestation de 18. Et ça, c'est très surprenant, parce que moi, je suis entouré vraiment de gens qui sont assez politisés, plutôt de gauche, et qui devraient être présents dans ces manifestations.

Mais on voit que vraiment, du côté de l'opposition à Donald Trump, on a une opposition qui est en fait très fragmentée, qui est faite de chapitres locaux, de gens qui sont des démocrates centristes, et puis de gens qui ne sont pas du tout estampillés, plus déçus de Trump aussi.

18:52
Locuteur 1

En fait, les gens, par la peur aussi qu'ils les habitent, on voit de plus en plus qu'ils ont du mal à sortir, qu'ils ont du mal à s'exprimer en public. Qu'est-ce que ça crée à chaque fois ? Ça crée des réseaux parallèles. Donc, en fait, on va entrer dans une forme, et ils le disent eux-mêmes dans certains témoignages, des réseaux de résistance. Et donc, en fait, ceux-là, ils ne vont pas être visibles, ils vont être évidemment très isolés, très polarisés également. Et sur le terrain, on va avoir du mal à jauger de leurs forces, encore une fois, mais ça va se traduire évidemment, à un moment donné, par les urnes.

19:25
Présentateur

Et en réponse à cette vague de protestations de samedi, Donald Trump a publié sur son réseau social, Trousse Social, une vidéo générée par l'IA de lui-même, en train de larguer des excréments sur les manifestants depuis un avion de guerre portant une couronne. Bref, une réaction qui illustre une fois de plus le mépris du président envers ses contestataires. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du Récap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou via email si vous nous regardez à la télé. Et souvenez-vous, il y a un peu plus d'un an, le média a été auditionné par l'Arcom pour investir la TNT.

Mais plutôt qu'une chaîne libre et indépendante comme la nôtre, l'Arcom a préféré le projet du milliardaire Daniel Kretinsky. Mais aujourd'hui, de nouveaux canaux se libèrent sur la TNT nationale et la TNT francilienne avec ses quelques 12 millions de téléspectateurs potentiels. Et le média compte bien y candidater si l'Arcom en décide ainsi. Et comme toujours, nous porterons un projet commun avec nos camarades médias indépendants qui le désirent. Alors si ce projet vous intéresse et que vous voulez nous soutenir, signez et faites signer notre pétition sur tntdesindés.fr pour une TNT libre, ouverte et démocratique.

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