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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 30 avril 2019 8 minFond programmatiqueEurope & internationalDéfenseSécuritéÉconomie & entreprises

Balkans occidentaux - Déclaration conjointe avec la Chancelière allemande Angela Merkel

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30A.MerkelFait
    « Il ne s'agira pas ici des négociations d'adhésion, c'est les commissions qui s'en occupent, il s'agit aujourd'hui ici de parler de la situation telle qu'elle est ressentie par les différents pays membres. »
  • 0:45A.MerkelFait
    « Avec l'évolution qui vient de se faire dans la Macédoine du Nord, nous pensons que nous avons une évolution encourageante qui permettra à long terme de résoudre les conflits. »
  • 1:00A.MerkelChiffre
    « Il a fallu 10 ans pour ce dernier problème. Il faudra donc du temps. »
  • 1:15A.MerkelFait
    « On a la question des droits de douane, qui ne va pas tout à fait dans le bon sens, c'est le moins qu'on puisse dire. »
  • 3:00E.MacronFait
    « Les derniers mois ont montré que les progrès sont possibles. Nous sommes une vingtaine d'années après des conflits qui ont profondément déchiré les Balkans. »
  • 3:30E.MacronFait
    « Avec l'accord de Prespa, nous avons vu qu'il était possible de régler des différends qui semblaient indépassables. »
  • 4:30E.MacronFait
    « Il y a eu un retrait français depuis les années 2000 et le retour de la paix. Et notre volonté, c'est de pouvoir oeuvrer ensemble à cette politique de stabilité. »
  • 5:00E.MacronChiffre
    « La France était très engagée dans la région dans les années 90, avec plus d'une centaine de soldats français qui y ont laissé leur vie. »
  • 6:00E.MacronFait
    « La prise de commandement, fin mars, de l'opération européenne de maintien de la paix en Bosnie-Herzégovine. »

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... (Propos en allemand) -A.

Merkel : Mesdames et messieurs, je suis ravie d'accueillir une fois encore Emmanuel Macron ici, à Berlin, et de le retrouver pour une occasion toute particulière, puisque nous rencontrons aujourd'hui les chefs d'Etat et de gouvernement des pays des Balkans occidentaux. Sera présente également la haute représentante de l'Union européenne, Mme Mogherini. Nous avons pris cette initiative commune parce que nous souhaitons nous occuper, donc, de la perspective d'adhésion des pays des Balkans occidentaux.

Il ne s'agira pas ici des négociations d'adhésion, c'est les commissions qui s'en occupent, il s'agit aujourd'hui ici de parler de la situation telle qu'elle est ressentie par les différents pays membres et de voir quelles sont les questions sur lesquelles nous pourrions donner une impulsion pour faire avancer les choses. L'Allemagne et la France souhaitent le faire ensemble pour montrer très clairement que nous avons une responsabilité commune face à cette évolution, et nous pensons que c'est dans l'intérêt de l'Union européenne que, dans cette région de l'Europe, les choses avancent également. Avec l'évolution qui vient de se faire dans la Macédoine du Nord, nous pensons que nous avons une évolution encourageante qui permettra à long terme de résoudre les conflits.

Je pense qu'il faut que nous remerciions Alexis Tsipras et M. Borisov, en Bulgarie, pour les efforts qu'ils ont faits pour accompagner la résolution de ce conflit. Et nous souhaitons que les discussions nous permettent d'arriver à la résolution des problèmes à venir.

Il a fallu 10 ans pour ce dernier problème. Il faudra donc du temps. Nous parlerons, bien sûr, en particulier lors du dîner, du rapprochement entre la Serbie et le Kosovo, comment nous allons pouvoir accompagner ce processus et surtout empêcher que les problèmes n'apparaissent encore plus insolubles qu'ils ne le sont déjà.

On a la question des droits de douane, qui ne va pas tout à fait dans le bon sens, c'est le moins qu'on puisse dire. Donc aujourd'hui, nous souhaitons une discussion ouverte. Il ne s'agit pas de prendre des décisions.

Il s'agit juste d'ouvrir le débat. Et ce qui nous guidera, ce sera la volonté de faire se développer toute la région. Il ne faut pas qu'il y ait d'accord adopté qui se fasse au détriment de certains pays ou de certaines régions.

Et c'est ce qui justifie le format de ce soir. C'est un format informel qui ne remplace pas le processus de Berlin, qui ne remplace pas les négociations d'adhésion, mais c'est une bonne occasion de se parler ouvertement et de voir comment les négociations bilatérales peuvent se poursuivre. C'est pour ça que je suis très heureuse qu'Emmanuel Macron soit venu ici, à Berlin.

Je l'en remercie, et je pense que nous aurons des discussions très importantes aujourd'hui et que ce n'est qu'un petit pas sur une longue route, et non pas un processus qui va déboucher tout de suite sur des résultats. -E.Macron : Merci beaucoup, merci, madame la chancelière, chère Angela.

Et je suis très heureux, en effet, d'être aujourd'hui à Berlin et de poursuivre les initiatives communes que nous menons sur plusieurs sujets. Il y a quelques semaines, vous étiez à Paris pour qu'ensemble, nous puissions discuter avec la Chine. Aujourd'hui, nous traitons ensemble d'un sujet européen en 1er chef, et je pense que c'est aussi comme ça que nous concevons l'efficacité de la relation franco-allemande et notre volonté de faire ensemble.

Je n'ai rien à retirer à ce que vient de dire à l'instant madame la chancelière. La volonté, ce que nous avons voulu, c'est pouvoir, dans un cadre informel, réunir en effet les Balkans occidentaux et avoir une discussion ouverte sur les cas, évidemment, les plus sensibles et plus largement sur la stabilité de la région. Parce que nous considérons que c'est au 1er chef une affaire européenne, il y a beaucoup de partenaires concernés.

Mais c'est aussi, de facto, notre stabilité qui en dépend. Et à ce titre, les derniers mois ont montré que les progrès sont possibles. Nous sommes une vingtaine d'années après des conflits qui ont profondément déchiré les Balkans et cette région.

Conflits, comme vous le savez, où la France a eu un rôle tout particulier. Et avec l'accord de Prespa, nous avons vu qu'il était possible de régler des différends qui semblaient indépassables. Et quand les dirigeants décident de s'impliquer, et il faut là en effet remercier MM.

Borisov, Tsipras et Zaev, eh bien on arrive à trouver une solution très concrète et à passer outre. Et donc, moi, je vois 2 priorités principales dans nos discussions d'aujourd'hui. La première, c'est évidemment de parler du cas très concret de la Serbie et du Kosovo, avec la volonté qui est la nôtre que des discussions puissent reprendre.

Nous n'avons pas l'intention de prescrire une solution à Belgrade et Pristina mais bien la volonté d'oeuvrer d'abord à regarder toutes les options possibles, à essayer de dépassionner le débat et à permettre d'avancer sans tabou et sans qu'il y ait de crispations régionales qui ne naissent de quelque solution que ce soit. Mais la responsabilité que nous avons tous est de travailler ensemble pour que les 2 parties reprennent le dialogue. Et puis, le 2e enjeu, c'est de travailler ensemble, Allemagne et France, pour apporter une contribution concrète à la stabilité de la région.

L'actualité n'est pas, comme l'a dit à l'instant Angela Merkel, à l'élargissement et à la politique d'élargissement de l'Union européenne mais bien à une politique de stabilité que nous voulons avoir dans la région. Ce qui implique pour la France, aussi, une stratégie de réengagement que je veux pouvoir présenter aujourd'hui à nos partenaires. En effet, alors que la France était très engagée dans la région dans les années 90, avec plus d'une centaine de soldats français qui y ont laissé leur vie, il y a eu un retrait français depuis les années 2000 et le retour de la paix.

Et notre volonté, c'est de pouvoir oeuvrer ensemble à cette politique de stabilité autour de 4 axes principaux : le développement économique et social, la sécurité avec l'initiative que nous avons lancée il y a 18 mois de lutte contre les trafics de petites armes, et d'autres initiatives pour renforcer notre action commune contre le terrorisme, la criminalité organisée ou les migrations irrégulières. Un 3e axe qui est la défense, avec la prise de commandement, fin mars, de l'opération européenne de maintien de la paix en Bosnie-Herzégovine et le renforcement de nos coopérations. Et un 4e axe, avec la justice et le renforcement de notre coopération pour lutter contre la criminalité économique et financière.

Ces 4 axes, ce sont des axes où nous souhaitons nous réengager largement aux côtés de l'Allemagne, dans les Balkans, pour oeuvrer à leur stabilité, indépendamment de tout autre agenda et parce que nous sommes aussi convaincus que cette stabilité passe par un agenda régional et une plus grande intégration et coopération entre les pays-membres des Balkans. Et c'est aussi ce dont nous allons discuter ce soir, là où, parfois, des tensions se sont créées entre les uns et les autres, qui ne bénéficient, au fond, à personne. Voilà, à mes yeux, les priorités de cet agenda, et je remercie à nouveau Mme la chancelière, chère Angela, pour son invitation et la réunion que nous allons avoir. (Propos en allemand) -A.Merkel : Et maintenant, allons travailler.