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Présentation du premier film de Juan Branco

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bienvenue dans le massacre de Gilles Doré. Celui-ci a fait un tour du monde extraordinaire, du Brésil jusqu'à la Chine, où il a été présenté dans le festival du grand maître Jason Keu, en compétition parmi 11 autres longs-métrages. Bon, on a fait un film avec 20 000 euros, là où ça coûte 4,5 millions normalement à faire en France.

Donc on a décidé de faire un doigt d'honneur au système...

Quoi, c'est pas bien le doigt d'honneur ? On a décidé de rendre hommage au système de financement du cinéma français en faisant l'exact inverse de ce qu'ils font habituellement. Dix jours de tournage, des acteurs extraordinaires, une langue portugaise qui travaille un sujet français fondamental, le massacre de Gilles Doré.

Cet homme qui a été héros, qui a permis à la France de se sauver des Anglais, puisque c'était le compagnon de Jeanne d'Arc, maréchal de France, celui qui menait les troupes au moment où elle incarnait notre pays. Et en même temps, qui soudain se voit accusé d'avoir tué, violé, 140 enfants dans un grand procès-spectacle, un des premiers à avoir été organisé par l'inquisition, où le règne de la rumeur va s'installer. La quasi-totalité des historiens considèrent qu'il était innocent.

Mais il reste qu'il inspirait la figure de Barbe Bleue, et qui, dans la légende populaire, il continuait à incarner le mal absolu. Alors on a voulu s'intéresser à ce serial killer, mais surtout à ce qui peut nous amener à devenir complices des appareils de pouvoir, pour détruire des individus qui gênent un certain nombre d'intérêts. On a voulu surtout s'intéresser à notre rapport à la vérité, au complot, et à la façon dont à l'ère contemporaine ressurgisse ce règne de la rumeur, de l'inquisition, de la volonté de détruire, mais aussi de lutter contre une impunité qui est réelle, et qui amène à la commission de crimes atroces pour satisfaire à nos dominants.

Notre époque a décidé de remettre au goût du jour l'inquisition, la rumeur et le fait de juger les personnes, et non les faits. Alors, que faire face à des situations comme celle-ci ? Faut-il accepter l'impunité de nos dirigeants parce qu'il risquerait d'y avoir des instrumentalisations ?

Faut-il lutter contre celle-ci au risque de l'erreur ? Ce film pénètre cette question et, à l'heure de MeToo, essaye justement, non pas tant d'offrir des réponses, des conclusions, mais d'amener chacun à réfléchir et surtout à se réfléchir à un moment crucial pour les destinées de notre pays. Laissez-vous dérouter, laissez-vous perdre par une exigence de ne pas oublier au sein de notre société, en particulier du cinéma français.

Découvrez cet autre rapport à l'image et à la parole, et n'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé.

Présentation du premier film de Juan Branco — Juan Branco · Pourquijevote