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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 8 août 2017 57 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & internationalCulture, médias & sport

A l'Elysée, quel statut pour Brigitte Macron ? #cdanslair 08.08.2017

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11OuverteRéponse directe

    Une fois de plus, oui ou non, faut-il donner une existence officielle à l'épouse du président de la République ?

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Pourquoi tant de bruit autour de cette question ? Pourquoi tant de passion ?

  • 0:55OuverteRéponse directe

    Quel rôle joue Brigitte Macron ? À quoi servent les Premières Dames ?

  • 1:21OuverteRéponse directe

    Quelle différence entre un statut de première dame et une charte ?

  • 15:59OuverteRéponse directe

    Quelle a été la meilleure première dame de la 5e République ?

  • 19:17OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça aurait apporté par rapport à cette charte ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:33PrésentateurChiffre
    « Une pétition contre le fait qu'on donne un statut à la Première Dame de France a déjà recueilli près de 300 000 signatures. »
  • 0:45PrésentateurFait
    « Il promet une simple charte de la transparence qui devrait être publiée à la fin du mois ou début septembre. »
  • 2:16PrésentateurFait
    « La charte définissant le rôle public que jouera Brigitte Macron sera publiée, précise cette dépêche, à la fin du mois d'août, au début du mois de septembre. »
  • 3:27InvitéFait
    « Un, qu'est-ce que attendent les Français ? Il y a deux sujets qui les préoccupent, le chômage et la sécurité. »
  • 4:22InvitéFait
    « Bon, c'était le rêve de Bernadette Chirac, ça a pu être le rêve de Cécilia Sarkozy. D'avoir un statut officiel ? »
  • 10:00PrésentateurChiffre
    « Par recoupement, le nombre de collaborateurs donnait une masse budgétaire, disons, de l'ordre, je crois, de 30 000 euros par mois. »
  • 14:02InvitéFait
    « Je l'ai faite parce que nous sommes dans le cadre de la loi de moralisation de la vie politique française. On a interdit à des députés, à des sénateurs d'utiliser des proches et des membres de leur famille dans le cadre de leurs fonctions, même de représentations. »
  • 14:36InvitéFait
    « L'épouse du président de la République n'a et n'aura aucune rémunération pour son action. »
  • 15:44PrésentateurChiffre
    « Selon un récent sondage, 68% des Français se déclarent hostiles à un statut de première dame. »
  • 42:15InvitéFait
    « Il dit qu'elle est l'essentiel de ma vie. »
  • 43:30InvitéFait
    « Ils n'ont pas d'enfant, tout ça. »
  • 44:14InvitéFait
    « Pas de salaire, quatre personnes, les autres les avaient. »
  • 46:26InvitéFait
    « La première dame dispose même d'un compte Twitter officiel au même titre que le président américain. »
  • 51:36PrésentateurFait
    « Ils n'ont pas réussi à faire payer. Ils n'ont pas réussi à voter un salaire. »
  • 52:03PrésentateurFait
    « Si c'est pour la payer comme Pénélope, ce qui représente à peu près 0,5% des femmes salariées en France, je crois que ça soulèverait des polémiques. »
  • 52:30PrésentateurFait
    « Il n'y a pas de première dame qui en travaille. »
  • 52:48PrésentateurFait
    « Pendant 17 jours, elle est à la fois first lady et sénatrice de l'État de New York. »
  • 54:00InvitéFait
    « Emmanuel Macron veut qu'elle ait un statut pour qu'elle ne soit pas attaquable comme objet de fragilité. »
  • 55:15PrésentateurFait
    « On lirait aujourd'hui l'affaire du collier de la reine, etc. C'est des faits divers, c'est des affaires, mais comme on en vit aujourd'hui. »

Temps de parole

  • Présentateur76 %
  • Invité9 %
  • Invité 26 %
  • Invité 34 %
  • Invité 42 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
Présentateur

Bonsoir et bienvenue sur ce plateau. Une fois de plus, oui ou non, faut-il donner une existence officielle à l'épouse du président de la République ? Voilà une question qui déchaîne les passions cet été. Alors ce n'est pas forcément le sujet le plus important de France. On est très honnête, mais on est très frappé quand même par ce que ça soulève, encore une fois, de passion et de réaction. Et on le verra tout à l'heure avec vos questions SMS. Une pétition contre le fait qu'on donne un statut à la Première Dame de France a déjà recueilli près de 300 000 signatures. Le président lui-même qui avait promis ce statut, qui avait promis de mettre fin à l'hypocrisie, semble faire marche arrière.

Il promet une simple charte de la transparence qui devrait être publiée à la fin du mois ou début septembre. Pourquoi tant de bruit autour de cette question ? Pourquoi tant de passion, encore une fois ? Quel rôle joue Brigitte Macron ? À quoi servent les Premières Dames ? Quelles sont leurs influences ? Quelles ont été leurs influences respectives ? Quelle sera l'influence de Brigitte Macron ? Est-ce que c'est finalement une polémique très française ? Parce que vous verrez qu'ailleurs, ça ne déchaîne pas énormément de vibrations. Brigitte Macron, statut ou statu quo ? Voilà le titre de l'émission de ce soir.

Et on attend évidemment vos questions, vos réactions sur le SMS de l'émission, sur les réseaux sociaux. On va en parler ce soir avec Christine Clerc, journaliste et écrivain. Vous avez croqué dans un précédent ouvrage, il y a dix ans, « Ces tigres qui nous gouvernent » et « Ces tigresses qui les accompagnent ». Vous signez « J'ai vu cinq présidents faire naufrage » aux éditions Robert Laffont. Colomb Pringle, l'ancienne directrice de la rédaction de Point de vue, qui a traqué, pas traqué, mais en tout cas sondé, ces couples au pouvoir. Photographiez souvent, vous venez de publier « La vie devant moi » chez La Tess.

Laurent Valdiguier, rédacteur en chef au journal du dimanche, auteur de l'enquête Balkany chez Robert Laffont. Encore un couple, et un couple au pouvoir, même si c'est un pouvoir municipal. Et puis l'historien François Durper, spécialiste des États-Unis. D'où nous vient la notion même de première dame, puisque c'est là-bas qu'a été créée par la loi, l'idée de « First Lady ». Vous venez de publier le troisième tome de « La présidente » aux éditions Les Arènes. Je vous lis simplement le communiqué qui nous a été envoyé par une dépêche de l'agence Reuters tout à l'heure. Il était 15h.

La charte définissant le rôle public que jouera Brigitte Macron sera publiée, précise cette dépêche, à la fin du mois d'août, au début du mois de septembre. A-t-on appris dans l'entourage de la première dame ? Tiens, première dame a donc officiellement un entourage et elle communique, Laurent Valdiguier. Oui, l'entourage, donc Reuters n'a pas cité sa source. Donc ça en dit aussi long sur la façon dont l'Elysée communique aujourd'hui, un peu avec gêne manifestement sur ce sujet qui n'est pas stabilisé, qui est renvoyé à début septembre, c'est-à-dire dans très longtemps, au rythme de Twitter.

Alors, on sait déjà que Brigitte Macron a un chef de cabinet, un directeur de cabinet, qui viennent d'ailleurs tous les deux de la mairie de Paris, et qui sont déjà à côté d'une assistante en charge de toute son activité, parce que Brigitte Macron, elle a déjà une activité, elle fait des visites, qui sont souvent des visites privées, sans journaliste. Elle a accueilli Rayana sur le perron de l'Elysée. En jean, ça a été noté. Il y a quelques jours, et elle a une activité des bureaux, et un courrier abondant, comme avant elle, ont toujours eu les épouses de présidents. Mais donc, elle n'aura pas de rémunération, c'est ce que précise également l'entourage. Elle n'aura pas de rémunération.

Il n'y aura pas de budget particulier, et on comprend également qu'elle n'aura pas de statut. Christine Claire, c'est une bonne chose ? Oui, c'est-à-dire qu'on aurait pu l'envisager, mais franchement, c'est malvenu. Un, qu'est-ce que attendent les Français ? Il y a deux sujets qui les préoccupent, le chômage et la sécurité. Est-ce que vraiment, alors bien sûr que ça les amuse, le statut ou pas de la première dame, parce que c'est un indicateur république ou pas république ? On n'est pas en royauté, on est en république. Bon, quelqu'un qui n'est pas élu, doit-elle...

Toutes les premières dames ont toujours eu un entourage, ont toujours eu des gens pour les aider, elles reçoivent beaucoup de courriers. On leur demande de faire des actions caritatives, on leur demande d'accompagner leur mari, de leur présenter la France sur la scène internationale. Mais enfin, fallait-il donner un statut officiel pour ça ? Bon, c'était le rêve de Bernadette Chirac, ça a pu être le rêve de Cécilia Sarkozy. D'avoir un statut officiel ? Oui, à un moment donné, elles avaient besoin de considération. Il faut voir que ces femmes accompagnent...

Comme vous y allez quand même, vous dites considération, mais on parle des épouses du président de la République, des présidents de la République. Le président de la République a voulu... Elles ont un rôle officiel ? On a davantage de considération pour son épouse, et il a voulu marquer la considération qu'il avait pour elle. Mais nous sommes en république, nous ne reconnaissons que les gens qui tiennent leur pouvoir de l'élection. On n'est pas en royauté, on ne peut pas donner un statut... Alors, évidemment, on invoque toujours les États-Unis, c'est encore un autre système. Est-ce que les Français veulent avoir un système à l'américaine ? Je ne crois pas. C'était une promesse de campagne.

Je crois que tout ça est malvenu dans le climat actuel, et que le président de la République a peut-être fait une erreur d'appréciation. On va revenir sur le tempo. C'était une promesse de campagne, du candidat Macron.

5:19
Invité

C'était une promesse de campagne, donc je ne crois pas que ce soit l'erreur d'appréciation.

5:21
Présentateur

Est-ce que vraiment des gens ont voté pour ça ?

5:23
Invité

Non, je ne crois pas. Non, peut-être pas, mais ils ont voté en tous les cas pour un changement. Et il me semble que l'erreur d'appréciation, c'est cette pétition qui est lancée par cet artiste peintre de 41 ans, Thierry-Paul Vallette, ou Vallette-Paul Thierry, peu importe, qui soudain coup se revendique artiste, et qui dit, c'est pas sexiste, mais je ne vois vraiment pas pourquoi cette dame devrait avoir un rôle. Elle est là. Vous voulez un pot de fleurs sur le perron de l'Elysée ? Elle remonte le tapis rouge. Elle monte avec le président. Le président précédent l'accueille depuis des générations, c'est comme ça. Ensuite, ils ont une conversation avec la première dame.

Elle ne va s'occuper que des fleurs de la cuisine ? C'est ça ? On est retourné sous Yvonne de Gaulle ? Cette femme est là. Elle représente la France. C'était pas si mal, Yvonne de Gaulle. C'était pas si mal pour Yvonne de Gaulle, mais moi, j'en voudrais pas, comme rôle. Excusez-moi, je n'ai pas envie de m'occuper de la cuisine toute ma vie pour les dîners d'hier. C'est pas de la cuisine toute sa vie, pas du tout. Non, je trouve que c'est réactionnaire, cette réaction. Voilà, cette pétition.

6:16
Présentateur

C'est républicain.

6:17
Invité

Je ne suis pas d'accord. Ça n'a rien à voir avec le républicain. Ce qui est républicain, c'est qu'elle soit payée pour faire le job. Sinon, elle n'y va pas. On est comme Joachim Sawyer en Allemagne.

6:25
Présentateur

Elle n'y va pas. Elle n'est pas là. Mais elle peut refuser. Personne ne l'oblige. François Hollande n'avait pas de première dame. Il a eu une première dame dans un premier temps qui était Valérie Trier-Véna. Vous êtes à l'image de ce qu'on voit du débat français. C'est-à-dire que ça s'emballe. Oui, moi je m'emballe. Et en même temps, comme dirait le président, c'est quand même très annexe par rapport aux enjeux du pays. Mais c'est un débat à la française. Est-ce que vous comprenez, vous, François Durper, pourquoi ce débat français prend cette proportion, alors que vous dites... La légitimité vient du vote. François Durper, avec votre oeil.

C'est à l'image de la société française puisqu'il y a à la fois un mélange d'agacement en disant effectivement c'est une affaire insignifiante, il y a vraiment des très grands sujets, et en même temps un mélange de passion. On le voit bien, les gens en parlent dans la rue, c'est immédiatement identifié aux privilèges. Donc c'est vraiment une occasion ratée, une première crise, on peut dire vraiment un divorce. C'est une affaire de couple, mais c'est déjà un divorce entre une proposition de l'exécutif et l'opinion publique. Pour quelles raisons ? D'abord parce que, sur peut-être le fond d'abord, il y a une occasion ratée.

Pourquoi n'est-on pas passé par la loi, une loi de moralisation de la vie publique ? Parce que là du coup ça fait collusion. D'un côté on moralise la vie publique et on passe par le Parlement, et de l'autre on donne l'impression, pour une personne précisément qui n'est pas élue, de créer un statut, même si ce n'est plus la question du statut. Statut particulier, ça veut dire privilège. Alors que si on était passé par la loi, déjà on aurait pu faire de la pédagogie, dire certes elle n'est pas élue, mais est-ce que par exemple elle ne va pas être protégée, parce qu'elle est dans une situation, elle doit être protégée, ou elle doit avoir des gardes du corps, même si elle n'est pas élue.

Est-ce qu'elle ne va pas répondre aux lettres ? Elle est dans une situation, comment on peut passer de mandat à mission ? Dire elle n'a pas de mandat, mais elle peut avoir des missions. Et puis la deuxième occasion ratée, c'est peut-être le choix juridique. Le choix juridique qui avait été fait, c'était le décret. Or le décret, c'est exécutif. Donc ça donne encore plus cette impression de privilège. C'est l'exécutif lui-même, le président lui-même, même si le décret peut être passé en Conseil des ministres, mais que ce soit le Premier ministre ou le Président, ça ne va pas changer grand-chose. Qui se sert lui-même dans les caisses de l'État.

Si c'était passé par le Parlement, c'est-à-dire par les représentants des Français, par les Français eux-mêmes, là encore, il n'y aurait pas eu peut-être cette politique. Ce n'est pas déjà le cas ? Je veux dire, les Premières Dames, quelles qu'elles soient, quelles qu'elles aient été, est-ce qu'elles n'ont pas eu, non pas un budget à elles, mais en tout cas bénéficier de sommes allouées ? En fait, il y a plein de choses différentes. On revient de loin avec l'Élysée. Puisqu'avant 2007, l'Élysée n'avait quasiment pas de budget. C'était un budget fantôme, le budget de l'Élysée. C'était d'une opacité absolue. Puisqu'au fond, chaque ministère, sur ses propres crédits délégués du personnel, etc.

Donc en fait, c'était une opacité absolue. Sous Nicolas Sarkozy d'abord, il y a eu un budget alloué, la fin des délégations, et François Hollande a voulu limiter à 100 millions d'euros le budget à peu près fidèle, c'est la Cour des comptes qui le vérifie, de l'Élysée, de ses collaborateurs, de ses déplacements, parce que c'est les déplacements qui coûtent assez cher. Combien pour la première dame ? De sa cantine. Sur ces 100 millions ? Alors, on sait jusqu'à Valérie Trier-Vellaire, et avant elle, Carla Bruni, Sarkozy, qu'elles avaient l'une et l'autre tant de collaborateurs.

Et donc, par recoupement, le nombre de collaborateurs donnait une masse budgétaire, disons, de l'ordre, je crois, de 30 000 euros par mois. 37 000 euros. 37 000. Par mois, voilà. Et Valérie Trier-Vellaire... C'est la seule... On revient d'une opacité absolue sur tout à l'Élysée. Et puis, petit à petit, ce rôle. Alors, ça éclate ce sujet à chaque début de mandat depuis deux quinquennats. Parce que c'est vrai qu'Emmanuel Macron, il a vraiment fait campagne avec sa femme à ses côtés. Brigitte Macron a fait campagne avec lui. Donc, les Français n'ont pas élu un couple, mais les Français ont élu un homme avec une femme. Et ce couple, on y reviendra, mais c'est un couple... On va y revenir.

Et en fait, à chaque début de quinquennat, ce sujet vient sur la table et montre à lui tout seul la difficulté qu'il y a quand on arrive à l'Élysée à passer d'une communication de campagne électorale, où on fait grosso modo un coup chaque jour, dans une compétition, puisque les autres candidats font aussi un coup chaque jour, qui efface le coup chaque jour de l'autre, de la veille, etc., à une communication élyséenne de gouvernement, d'État.

Et au fond, c'est ça que, de mon point de vue, indépendamment des questions d'argent, de tout ça, c'est ça que ça pose comme question d'entrée, c'est quel rôle va jouer Brigitte Macron aux côtés de ce jeune président, le même que celui pendant la campagne ? Au fond, quelle va être sa place à ses côtés ? Oui, où on trouvait sa place au pouvoir. C'est un sujet qui se pose pour le président, pour le gouvernement, pour son parti. Indépendamment des sous, c'est une question qui est bien légitime.

En tout cas, on a vu, comme tout s'était envolé, enflammé, tout d'un coup, après la publication d'une pétition, vous le disiez tout à l'heure, d'un inconnu qui a recueilli, à l'heure où nous parlons, 285 000 signatures, ce n'est quand même pas une petite affaire, et qui s'oppose à l'idée qu'il y a un statut juridique de la première dame. L'Elysée, je vous le redis, a fait savoir, ou plus exactement l'entourage de la première dame, a fait savoir qu'il n'y aurait qu'une charte de transparence qui serait publiée à la fin du mois ou au début septembre. Regardez encore une fois cette polémique, c'est assez impressionnant, parfois dans les débordements verbaux.

Dossier préparé par Kylian Bridoux, Laurent Hirsch et Lucille Aymar. C'était il y a à peine cinq mois. Le candidat Macron rendait hommage à celle qui partage sa vie et son combat politique.

12:31
Invité

Elle a contribué à faire qui je suis.

12:33
Présentateur

En pleine campagne présidentielle, les Français découvrent Brigitte Macron. Populaire, omniprésente, l'épouse du candidat et de tous les meetings, de tous les déplacements.

12:46
Invité

Le futur président promet alors un statut pour mieux encadrer le rôle de première dame. Quand demain nous serons élus, elle aura à ce moment-là, ce rôle, cette place, cette exigence, pas cachée derrière, elle l'aura à mes côtés.

13:03
Présentateur

Mais hier soir, l'Elysée fait machine arrière. Plus de statut pour encadrer le rôle de first lady. A la place, une simple charte de transparence sur les moyens alloués à Brigitte Macron. Retour sur une polémique très française. Mi-juillet, une pétition est lancée sur Internet contre le statut de première dame. En quelques jours, près de 300 000 signatures sont récoltées. Un emballement porté par la confusion sur le rôle des conjointes des chefs de l'État, présente de fait dans le paysage politique, mais absente des textes juridiques.

Derrière cette pétition, cet homme, Thierry Paul Vallette, qui se dit artiste et citoyen engagé, a l'origine de plusieurs pétitions sur des thèmes aussi variés que l'importation de poupées sexuelles ou la lutte contre la haine sur Internet. Je l'ai faite parce que nous sommes dans le cadre de la loi de moralisation de la vie politique française. On a interdit à des députés, à des sénateurs d'utiliser des proches et des membres de leur famille dans le cadre de leurs fonctions, même de représentations. Par contre, il y aurait une exception qui serait faite pour l'épouse du chef de l'État, Brigitte Macron. Donc à savoir un statut de première dame.

Mais pour le gouvernement, il s'agit surtout de clarifier la situation. Comme celles qui l'ont précédée, Brigitte Macron dispose actuellement d'un bureau à l'Elysée, de trois collaborateurs et d'officiers de sécurité.

14:33
Invité

On ne parle pas d'emploi, on parle justement de statut. Un emploi, c'est rémunéré. L'épouse du président de la République n'a et n'aura aucune rémunération pour son action. Et pourtant, elle est omniprésente aux côtés de son conjoint. Il s'agit justement d'un exercice de transparence. Aujourd'hui, rien n'est dit. Demain, tout sera dit. C'est un débat qui surgit au cœur de l'été, à quelques jours des vacances de l'exécutif. Politiquement, ce sont les Insoumis, le parti de Jean-Luc Mélenchon, qui porte les premiers coups. Normalement, on est en République au XXIe siècle et il faut sortir de ce type de logique. Les femmes doivent avoir un autre statut que celui-là.

Mais plus profondément, on n'élit pas un couple, mais un président de la République. Et donc, il n'y a aucune raison démocratique, féministe, pour qu'il y ait un statut pour ce qu'on appelle la première dame de France. Il faut arrêter la démagogie. Je veux dire, à un moment donné, et c'est le rôle des responsables politiques, une femme de président ou une compagne de président, elle a forcément beaucoup de sollicitations. Donc, elle a besoin, ne serait-ce que parce qu'elle représente. C'est comme ça, c'est la vie, la France. Elle a besoin, effectivement, d'un minimum de moyens matériels pour pouvoir exercer ces responsabilités-là. On est content de voir quand elle rayonne.

Et je ne vois pas pourquoi on va la priver d'un certain nombre de moyens.

15:44
Présentateur

Selon un récent sondage, 68% des Français se déclarent hostiles à un statut de première dame. L'Elysée devrait préciser dans les prochains jours les détails de sa charte sur la transparence. Oui, on le disait tout à l'heure à la fin du mois ou au début du mois prochain. Question d'un téléspectateur ou d'une téléspectatrice. Quelle différence entre un statut de première dame et une charte ? Tout est dit, la charte de transparence. Dans la charte de transparence, il y a le mot charte. Charte, c'est ce qu'on appelle le soft law au sens américain du terme. C'est-à-dire qu'on est dans le droit mou. Ce n'est pas vraiment un texte juridique. Pas d'obligation, vous voulez dire ?

Une charte éthique dans une entreprise, ça n'a pas la même valeur. C'est un accord entre contractuels. Par exemple, une charte d'association, c'est simplement ceux qui contractent, qui sont engagés. Donc, si vous voulez, on passe du juridique au communicationnel. Puisqu'on va avoir, on a déjà d'ailleurs un communiqué. Vous avez le sujet du statut et on sera bien au statut quo. Voilà. Alors, ça veut dire que là, on est dans le ni statut ni statut quo. Le statut, on a bien vu qu'au bout de quelques jours, et avec cette polémique, on est arrivé. Le statut, c'est le privilège. Et le statut quo, c'est l'opacité. Donc, ni privilège, ni opacité.

Et c'est pour ça qu'on appelle ça la charte de transparence. On ne jette pas le bébé avec l'eau du bain. On garde ce qui reste positif. C'est-à-dire qu'on tient à dire, ce n'est pas un salaire. Elle n'aura pas de salaire. Il s'agit de faire fonctionner son bureau. Les Américains appellent ça l'office. Elle va faire fonctionner son bureau. Et puis, dans la communication, vous allez voir, on va répéter des choses. On va répéter qu'elle aura peut-être trois collaborateurs. Que Cécilia Sarkozy en avait huit. Que, par exemple, Valérie Théavelleur en avait peut-être cinq ou six. Enfin, en tout cas, plus. Et qu'elle coûtera moins cher. Ni 17 000 euros, ni 30 000 euros.

Mais sans doute, beaucoup moins. Dans les engagements de cette charte, on devrait trouver l'engagement de publier le coût de ce que vous appelez l'office, le bureau de la Première Dame ? Ils vont aller certainement sur le nombre de collaborateurs. Ils vont aller sur les missions, certainement. Ils vont essayer de lui définir. Parce qu'au fond, c'est aussi ça. C'est un périmètre d'intervention, une espèce de rôle. C'est très français, non ? En fait, il est un peu prisonnier de ses promesses. Et puis, il est un peu prisonnier de sa transparence. Ça tombe très mal avec la loi sur la transparence, la moralisation de la vie politique.

Et l'interdiction faite à, pas seulement les députés, mais la plupart des élus de l'exécutif, de ne plus faire travailler leur conjoint. Donc, ça vient se heurter complètement avec ça. Et puis, on sait aussi que tous les étés sont des moments... Là, ils s'apprêtent à partir en vacances, les époux Macron, sans qu'on s'achoue. C'est un peu un secret sur leurs 15 jours. Il y a un trou dans leur emploi du temps. On ne sait pas où ils vont aller. Donc, on sait bien que les jours qui viennent sont des jours extrêmement dangereux. C'est un peu fort. Ça compte. Le premier été de François Hollande avait été catastrophique.

Emmanuel Macron, il a déjà décroché un peu de 10 points dans les sondages d'un coup. Il a déjà eu un trou d'air avant ces jours de creux qui sont dangereux, justement, pour l'image. Qui sont dangereux sur ce couple qui nous gouverne. Et qu'on comprend un peu mieux, justement, dans ce pli de l'été où les Français sont, même en vacances, très attentifs aux choses. Colin Pringle, j'entendais que vous défendiez tout à l'heure le statut de la première dame. Qu'est-ce que ça aurait apporté par rapport à cette charte ?

19:23
Invité

D'abord, je crois qu'il faut... Ça aurait apporté que c'était officiel, légal, voté, passé, obligé, j'en sais rien, mais enfin, en tous les cas, existant. Mais ce n'est pas un emploi familial. Alors, parce que je suis la femme de quelqu'un, j'ai un emploi familial ? Ah non, mais attendez, on y va. Je ne suis pas Pénélope Fillon, dont mon mari touchait... Enfin, peu importe, il ne faut pas dire son nom. Qui touche le blé de l'autre sans qu'elle y aille, parce qu'elle va juste à la mairie. Ce n'est pas ça. C'est un rôle national et international, par ailleurs. C'est-à-dire, c'est une histoire d'image pour la France.

Alors, soit elle ne monte pas le tapis rouge le jour de l'élection ou de l'institution, et elle disparaît, soit si elle est sur le tapis rouge, et qu'ensuite elle est là et qu'elle accueille en robe du soir les chefs d'État, cette femme existe non pas en employé familial, mais en ayant un rôle. À partir du moment où elle a un rôle, elle a besoin d'une équipe. Et surtout que là, elle n'aurait pas eu de salaire. Mais elle n'a pas de salaire. Là, c'est américaine, elle n'aurait pas de salaire.

20:17
Présentateur

Obama, elle n'a pas de salaire. Et à ce moment-là, on va changer de statut à chaque président. Parce qu'on peut imaginer une présidente. Faudra-t-il donner un statut à son mari qui serait le même que pour une femme ? Le rôle de représentant d'un mari ne sera pas le même. On ne lui demandera pas d'avoir des robes de grand couturier, de vendre la couture française. Bon, imaginons un couple homosexuel, ça peut arriver. Ça existe en Luxembourg, le Premier ministre. Est-ce qu'on va donner le... Je crois qu'il faudra un statut différent. Donc pourquoi un statut ? On s'en est très bien accommodé jusqu'à présent. Certaines premières dames ont souffert.

Elles auraient voulu être davantage considérées. Elles auraient voulu, par exemple, Bernadette Chirac, qui voulait que son nom soit dans l'organigramme de l'Élysée. Voilà, elles ne sont pas... C'est important ce que vous dites. Elles ne sont pas l'organigramme ? Non, alors on pourrait mettre... La Première dame ? Mais il y a aussi le problème d'argent. Je crois que les Français sont très sensibles au problème d'argent. Les dépenses, elles seront égales, qu'il y ait une Première dame ou pas. Il y a du courrier. Vous avez parlé de 200 lettres par jour. Ça peut être davantage suivant les... Bon, il faut bien que quelqu'un y réponde. Si ce n'est pas la Première dame, c'est son secrétariat.

S'il n'y a pas de Première dame. S'il n'y a qu'un premier homme qui a un autre boulot. Bon, quelqu'un y répondra. De toute façon, ce budget doit être alloué à ça. J'allais dire à la plainte, au caritatif. Vous savez, autrefois, le roi de France guérissait les écruels. Et puis le président de la République, il a dévolu cette fonction à sa femme. Donc sa femme, elle fait le caritatif. Elle répond aux gens qui se plaignent, qui vivent un drame. Mais enfin, de toute façon... Comme on dit, c'est la dame de cœur du président, c'est ça ? Oui, c'est la dame de cœur. C'est le rôle caritatif, le rôle humain. Mais si elle n'est pas là, est-ce que ça sera un monsieur de cœur ?

Est-ce que ça sera des secrétaires ? On sait très bien que ce sont des secrétaires qui sont derrière et qui remplissent ce rôle. Il ne faut pas s'imaginer qu'une première dame va répondre à trois... Il y a la first lady, mais il y a aussi le premier homme. Par exemple, les gouverneurs aux États-Unis. Il y a beaucoup de gouverneurs femmes. Et du coup, ce sont les hommes qui ont ce rôle de first man ou de first gentleman. Alors, on attend de voir, oui, si j'en voudrais... Qui occupent ce poste de représentation. Avec un statut. Avec un statut. Parce qu'ils peuvent, oui, également accompagner la gouverneure dans des cérémonies. Et du coup, c'est eux qui sont en position de représentation.

Je voudrais que vous me disiez... Je voudrais que vous me disiez si c'est codifié à ce point. J'entends statut ou pas statut. Visite d'État, Messines-Claire, d'un haut dirigeant international. Le président est marié, ou la présidente est mariée. Mais en l'occurrence, nous, c'est un président. Est-ce que la première dame, protocolairement parlant, doit être là ? Oui, on lui demande d'être là. Mais on peut imaginer qu'une première dame refuserait d'être là, que ça ne lui plairait pas, qu'elle aurait un métier, qu'elle aurait... C'est à la carte, donc. Jusqu'à présent, c'est à la carte.

Jusqu'à présent, il s'est trouvé qu'on avait des femmes qui étaient dans un rôle très traditionnel et qui avaient consacré toute leur vie à soutenir leur mari. Bon, elles toutes, que ce soit Yvonne de Gaulle, Anne-Émolle Giscard d'Estaing, Claude Pompidou, toute leur vie était consacrée à leur mari. Mais on peut avoir quand même un jour des femmes qui auront leur propre responsabilité, leur propre métier. Je suis désolée, ce jour-là, j'ai un congrès au bout du monde. Est-ce que je dois abandonner mon boulot pour venir faire de la représentation sur le perron de l'Élysée ? Ça peut se discuter. Et si c'est un premier monsieur aussi. Donc, il n'y a pas d'obligation. Il y a un souhait.

C'est une image face au monde. Et puis, si en plus, elle porte bien la haute couture française, bon, ça fait un peu de publicité à la haute couture française. C'est le cas, en l'occurrence, pour Brigitte Macron. Mais ce n'est pas une obligation. Qui a toujours son contrat, d'ailleurs. Elle avait pendant la campagne un contrat avec Louis Vuitton. Elle semble être toujours habillée par Louis Vuitton, Nicolas Vuitton. Qui est rémunéré ? Lui ? Non, je ne pense pas. Les vêtements sont prêtés. Donc, par le prêt de vêtements. Elle est l'icône de la marque.

24:06
Invité

Mais Claude Pompidou était habillé en Courrèges et en Chanel. Bernadette Chirac était habillée en Chanel toujours. Et ce n'était pas des tailleurs qu'elle s'achetait non plus. Dior aussi. Et Dior. Représenter le talent de la France, je suis d'accord avec vous sur le fait que si elle avait un autre job. Je suis d'accord qu'il n'y a pas d'obligation. Ce qui est intéressant, c'est que depuis Sarkozy, ça a changé. Parce que les femmes, Sarkozy a monté Cécilia très haut. Et d'ailleurs, elle a beaucoup participé à sa campagne. Ensuite, elle s'est barrée. Carla est arrivée. Tout le monde a regardé Carla Bruni. Qui arrivait à l'Elysée. Donc ça a joué aussi sur comment Carla va diriger tout ça.

Comment elle va aller discrète. Elle n'est pas discrète. Arrive Valérie Traivillère. La première qui n'est pas mariée. Sarkozy fait encore un base autour de cette femme qui d'ailleurs dit « Je n'arrêterai pas de travailler. » À juste titre, elle a eu raison. On ne devrait jamais quitter son job. Aux États-Unis, la première dame doit arrêter son job si jamais...

25:01
Présentateur

Et les Français ne souhaitent pas, dans leur majorité, aller vers une démocratie à l'américaine. C'est d'un mot, c'est très important. Même si on en reparlera tout à l'heure. On préfère notre pays républicain. Oui, effectivement. C'est peut-être la goutte d'eau américaine de trop. Parce que ce n'est pas Emmanuel Macron qui a inventé l'américanisation de la vie politique française. On a importé les primaires et Emmanuel Macron n'était pas encore en politique. On a réduit le mandat à l'américaine, même si ce n'est pas 4 ans, c'est 5 ans. Et Emmanuel Macron n'est pas responsable de ça.

Mais il est quand même responsable de l'annualisation du discours sur l'État de l'Union, enfin du discours au Congrès, du fameux « spoil system » qui est l'américaine. Et là, on aurait la première dame qui est vraiment une traduction de l'américain. Et beaucoup de gens disent « Nous ne sommes pas américains. Nous sommes français. Nous avons nos particularités françaises. » Ils ont fait une révolte contre l'américanisation de la politique française, autrement dit. Et franchement, ce n'est pas ce qu'on a attendu de lui en premier. Ce qu'on a attendu de lui, c'est l'emploi, le travail. Je voudrais qu'on se pose la question, on va le faire en images ensemble.

Ou pas où le statut de la première dame crée des emplois. Je voudrais qu'on se pose la question de savoir ce qu'on attend d'elle, maintenant. Quel est le rôle d'une première dame ? Quelle est son influence aussi ? C'est évidemment une question qu'on se pose aujourd'hui pour Brigitte Macron, mais qu'on s'est posée précédemment, de Tante Yvonne à Valérie Trier-Vélaire. Vous me permettrez de dire Tante Yvonne pour la femme du général de Gaulle. En passant par Bernadette Chirac, Cécilia Sarkozy ou Carla Bruni-Sarkozy. Petit retour donc sur ses compagnes, ses épouses de présidents, que l'on a beaucoup aimées ou détestées parfois, et à qui l'on prête souvent beaucoup aussi.

Marie-Charlotte Duluc, Georges Ladric et Arnaud Forat.

26:43
Invité

Sur le perron de l'Elysée, Brigitte Macron reçoit le rockeur Bono, puis la chanteuse Rihanna. Une première dame tout sourire aux côtés des people pour parler pauvreté et éducation. Un style qui s'affirme déjà, 60 ans après l'arrivée de la toute première dame de la Vème République, aux portes du palais. 1958, Yvonne de Gaulle, une femme discrète, toujours derrière son mari. A lui la politique, elle se contente des pigeons et des bouquets de fleurs. Époque vieille France. Tout aussi réservée, Claude Pompidou, amatrice d'art, en tailleur d'Ior ou Saint-Laurent, la reine Claude au goût de luxe redécore et modernise l'Elysée, mais s'ennuie dans sa cage dorée.

27:41
Présentateur

Tout ce monde vous entoure, fait tout à votre place, alors c'est pas la peine de... On a donc pratiquement rien à faire. Vous n'avez pas de bons souvenirs de cette maison ? Ah non, c'était une vie que je n'aimais pas.

27:53
Invité

Ni elle, ni plus tard, Anne et Mone Giscard d'Estaing ne s'épanouissent dans le rôle de première dame, cantonnée aux mondanités et autres obligations. Comme ces voeux télévisés de 1975. Pour la première fois, la femme du président est à ses côtés, poussée par son mari à prendre la parole.

28:15
Locuteur non identifié

Je crois qu'Anne et Mone veut aussi vous adresser ses voeux. À tous et à toutes, j'exprime mes voeux très chaleureux pour cette nouvelle année.

28:28
Invité

Il faut attendre six ans et l'arrivée d'une femme de gauche pour briser les codes. Daniel Mitterrand, la rebelle, capable d'un fou rire en pleine cérémonie officielle. Daniel Mitterrand, la militante, engagée aux côtés des opprimés, des Kurdes aux Indiens du Tchapas et qui reçoit le Dalaï Lama contre l'avis du président. Souvent décrite comme la conscience de gauche de son mari. Pas une femme politique, mais presque. La femme du président de la République n'a pas de rôle. Elle a celui qu'elle veut bien se donner. Moi, c'était celui-là. Bernadette Chirac, elle, saute le pas. Cette réunion, vous vous en souvenez, messieurs les maires, vous étiez présents.

D'abord conseillère municipale à Saran. Elle est élue six fois conseillère générale de la Corrèze alors que son mari préside la France. Élue donc, mais aussi maîtresse de maison. Étuvée de giroles, fromage. Ou encore présidente de l'opération pièce jaune. Bernadette Chirac est populaire. Une façon d'exister dans le sillage de son mari. Aussi, la dernière incarnation d'un style à l'ancienne. Balayée par l'arrivée de la famille Sarkozy. Une crise conjugale, un divorce et tant pis pour le protocole. Cécilia Sarkozy est la plus éphémère des premières dames. Reste de son passage à l'Elysée, son implication dans la libération des infirmières bulgares.

Elle est remplacée quelques mois plus tard par Carla Bruni Sarkozy, la nouvelle épouse du chef de l'État. Une star à l'Elysée. Un atout charme souvent mis en valeur par le président.

30:22
Présentateur

C'était parfaitement prévu.

30:25
Invité

Avec la présidence Hollande, le feuilleton People continue. Aux côtés du président, sa nouvelle compagne réclame un baiser le soir de la victoire. à quelques mètres de Ségolène Royal. Valérie Trierweiler, une première dame mal aimée des Français. Son engagement humanitaire n'efface pas ses maladresses. La dame de cœur du président reste dame de pique. Autant de modèles pour la 9e première dame de l'Elysée, Brigitte Macron, très impliquée aux côtés de son mari. Brigitte Macron reçoit de nombreuses lettres chaque jour que lui envoient les Français. Ils ont bien compris qu'elle pouvait être un passeur, un passeur d'informations, qu'elle pouvait passer des messages à son mari.

C'est quelqu'un de moderne, Brigitte Macron. C'est quelqu'un qui ne rentre pas dans une case, qui ne se laisse pas enfermer dans des codes, qui a son franc-parler. Elle fait très attention depuis que son mari a été élu. Mais on ne peut pas compter sur elle pour s'occuper des jardins de l'Elysée ou de jouer les simples hôtesses à l'Elysée. L'autisme, l'illettrisme ou l'éducation, autant de causes que compte bien défendre l'ancienne professeure de français devenue première dame, avec ou sans statut.

31:43
Présentateur

Je vous pose la question SMS, Christine Claire, parce qu'elle vous revient de droit. Quelle a été la meilleure première dame de la 5e République ? Celle qui a le bilan le plus positif de votre point de vue. D'ailleurs, c'est quoi un bilan de première dame ? Je ne sais pas, parce que la première dame complète le premier homme, si je peux dire, et va avec. Je crois que Bernadette Chirac a fait énormément. D'abord, elle a été là très longtemps. C'est elle qui a été là le plus longtemps, parce que Daniel Mitterrand était là un peu au début. Puis finalement, elle a été marginalisée par la double vie de François Mitterrand.

Parce que Bernadette a été davantage là, mais elle n'a été pas populaire dans un premier temps, plus populaire, puis beaucoup moins populaire à la fin. Je crois que chacune a rempli son rôle, vous savez. Et le rôle principal, le rôle principal, on ne le dit pas assez, ça a été d'être là dans les moments les plus difficiles. Parce que ces hommes en connaissent des moments de déprime, tous en ont connu, y compris le général de Gaulle, y compris Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand, tous. Et ils ont eu des femmes qui étaient entièrement vouées à leur ambition, à leur carrière, et à eux, tout simplement. Et qui ont tout fait pour les aider pour les secondaires.

Évidemment, ce rôle a été différent. Yvonne était là toujours pour recueillir Charles de Gaulle quand il rentrait à Colombais, complètement dégoûté des Français. Claude Pompidou était là pour tenir cette place de, j'allais dire, de ministre de la Culture bi, c'est-à-dire qu'elle avait ce grand rêve culturel, ce centre Pompidou avec son mari. C'est intéressant, ça c'est un rôle politique. Daniel Mitterrand a apporté la connotation tiers-mondiste et on dit qu'il était gêné, François Mitterrand, il n'était pas gêné du tout. Ça a ajouté à son éventail de couleurs quand il allait chez Bush en disant « Vous savez que ma femme revient de Cuba ». Évidemment, il était très content de ça.

Il faisait semblant de ne pas être d'accord, mais finalement, ça a ajouté une note. Bon, Valérie Giscard d'Estaing a voulu essayer d'avoir une première dame qui soit davantage active. La pauvre Anémone était morte de timidité. Il faut savoir que parler sous l'œil de Giscard d'Estaing, il y a de quoi être morte de timidité. Et les temps n'étaient pas venus, on ne l'acceptait pas. Le canard enchaîné l'a critiqué férocement. Après ça, Bernadette Chirac a fait beaucoup de caritatifs, les pièces jaunes, etc. C'est dans ce rôle-là que les premières dames plaisent le plus. On peut considérer que c'est ringard. Valérie est très revêlère à qui j'avais écrit qu'elle, tôt ou tard, devrait faire...

Vous lui avez écrit pour ça ? J'avais écrit une lettre publique dans Marianne. Elle m'avait répondu que c'était une question de génération. Bon, six mois après, je la retrouve. Un déjeuner, c'était à Angers. Elle allait dans une fondation. On préparait une soupe. Il y avait une table avec trois vieillards, cinq handicapés, enfin bon, l'échantillon nécessaire. Et elle faisait une soupe aux légumes qu'on a bâclé en dix minutes parce qu'elle n'avait pas beaucoup de temps. Elle m'a dit, vous voyez que j'ai suivi vos conseils. Je lui ai dit, oui, mais trop tard.

Bon, le rôle de la première dame, tel que le reconçoivent les Français, ils ont peut-être tort, ils ont peut-être raison, mais c'est comme ça qu'ils le conçoivent. C'est quand même le caritatif. Mais le vrai rôle, le vrai rôle, c'est de soutenir un individu qui est un président de la République, qui est fragile et qui doit avoir l'air fort. Et pour qu'il ait l'air fort, eh bien, de temps en temps, il faut le soigner. Il faut penser ses blessures. Il faut être à ses côtés. Et s'il y a une personne qui est à ses côtés, quand tout le monde le lâche et quand tout le monde le critique, eh bien, généralement, c'est sa femme.

Alors, ça va peut-être changer, mais pour le moment, juste à présent, c'est comme ça. Comment vous dessineriez, d'ailleurs, le style Macron dans la... Je crois qu'elle est... À la fois, elle a été son... Il ne faut pas oublier qu'elle a été quand même son professeur. Oui, de théâtre. Donc, je pense qu'elle juge les choses avec beaucoup de lucidité. Je pense qu'elle doit être très embêtée par ce débat que nous avons en ce moment, qu'elle n'a pas du tout tenu à être sur le devant de la scène. Elle est tout à fait consciente que ce n'est pas le moment, c'est tout à fait inopportun, que les Français ont d'autres préoccupations. En même temps, elle a une popularité.

Je crois qu'il y a beaucoup de sympathie qui va vers elle. Et je pense qu'elle doit l'aider à prendre la mesure des choses et peut-être à l'empêcher de se prendre pour un roi. Il faudrait faire attention. Il est président de la République. Il n'est pas roi de France. Donc, l'influence que vous lui donnez, c'est sur son mari. De modératrice. Ce n'est pas sur le gouvernement, ce n'est pas sur le pouvoir, ce n'est pas sur le pays. Non, mais de modératrice. Et je pense qu'elle a des bons capteurs, qu'elle est tout à fait capable de sentir l'opinion, les sentiments. Vous savez, une première dame reçoit énormément de courriers. Et partout où elle va, les femmes viennent vers elle.

Les hommes aussi, mais les femmes. Et des femmes qui ont des problèmes personnels, qui ont des problèmes de parents, d'enfants et qui lui confient ça. Et donc, elle reçoit beaucoup plus de... Elle capte des sensations, des plaintes, des situations que ne capte pas forcément son mari. Puisque partout où il va, il a des préfets au garde-à-vous, il a des gens qui viennent le flatter ou éventuellement lui demander l'argent. Elle peut être attaquée pour lui, pour le bouger lui, pour le mettre en difficulté lui.

C'est vrai que quand on voit le reportage de ces femmes successives, même si on ne les a pas toutes vues, puisqu'il y a deux absentes dans ce rôle que disait Christine Clair, c'est Julie Gaillet et Anne Pinjot. Oui, parce qu'ils n'ont jamais été première dame, ils n'ont jamais habité à l'Église. Ils ont joué ce rôle de protection, effectivement, aux côtés du président, mais dans l'ombre, dans le cachet. Mais ce qui est quand même assez frappant dans le cas de Brigitte Macron, c'est qu'elle le connaît depuis toujours. Il avait 16 ans, elle a 24 ans de plus que lui. On voit bien qu'elle joue, dans cette trajectoire politique rapide, récente, elle joue un rôle considérable.

C'est-à-dire qu'elle a toujours été là, dans la campagne, elle l'a même assumé, ce rôle, puisqu'ils n'ont pas hésité tous les deux à faire des couvertures de magazines de presse People à un moment donné, où c'était presque un peu risqué. Donc, ils ont assumé ce rôle à deux. Emmanuel Macron le revendique même, puisque dans votre reportage précédent, on l'a vu aussi. Donc, au fond, on voit bien que c'est... Même si on n'a pas... Bien sûr, les Français n'ont pas voté pour un couple, mais on voit bien que c'est quand même un couple aux commandes.

On sent bien dans tous les reportages qu'il y a eu de coulisses, on a toujours vu qu'elle avait son mot à dire, qu'elle était présente au moment important, apparemment, de la campagne, des décisions. Et donc, au fond, à la différence d'une Bernadette Chirac... Bernadette Chirac... Tous les élus sont des couples. Oui, mais même si Bernadette Chirac était la plus politique de toutes les Premières Dames, Cécilia Sarkozy aussi était une Première Dame politique. Oui. Si on fait une typologie... Elle a même été la conseillère de son mari au ministère de l'Intérieur avant qu'il ne soit réalisé. Voilà. Donc, on voit bien qu'il y a des politiques et des potiches pour faire une typologie en deux.

Les potiches. Mais Jacques Chirac aurait eu une carrière politique sans Bernadette Chirac. Pas sûr. Christine Clare n'en est pas sûre. Je m'en doutais. Non. Dans la typologie, on voit que par contre le terme de politique, on peut dire qu'on est effacés. Mais pourquoi il y aurait-il coup le conseil et le président de la République ? Il y a les Premières Dames. Et c'est vrai, Christine Clare a raison, ce n'est pas une question générationnelle. Vous pouvez avoir des Premières Dames effacées. Alors, évidemment, on pense à Anne Emonne, mais on peut penser à Mélania Trump aujourd'hui. Tout à fait... On est au XXIe siècle. C'est une Première Dame effacée.

Dans les Premières Dames engagées, on peut penser évidemment à Daniel Mitterrand. Pierre Mazot avait fait une tribune qui veut faire taire Daniel au moment où elle critiquait... On était en pleine cohabitation. Elle disait ce que le président ne pouvait pas dire. Elle critiquait la politique d'immigration de Charles Pasqua. Mais dans les engagés, il y a aussi Eleonore Roosevelt. On est en plein dans les années 30. et elle s'engage pour la cause noire dans les années 30. Qui est pourtant présentée comme la tante Yvonne américaine. Oui, mais elle n'est pas vraiment une femme de président français. Il y a cette... Oui, mais la typologie... On voit que dans les deux pays, il y a la caritative.

La troisième typologie, c'est la Première Dame caritative. Et là, pour le coup, la différence États-Unis-France ne marche pas si bien que cela. On peut faire des comparatifs. D'ailleurs, c'est assez étonnant parce que Michelle Obama, son exemple, ce n'est pas Eleonore Roosevelt, c'est Laura Bush. On peut trouver ça extrêmement... assez extraordinaire. Mais parce qu'elle dit, elle a trouvé évidemment sa cause. et elle est dans cet équilibre entre l'effacement et l'engagement. Quelle sera la position de Brigitte Macron dans cet éventail que vous avez tous ouvert devant nous ? De votre point de vue, on a entendu son engagement aux côtés des enfants atteints d'autisme, notamment. On l'a entendu.

Mais elle est aussi ancienne professeure. Elle peut très bien se mêler d'éducation ou pas ? Elle peut se mêler d'éducation nationale, de réforme de l'éducation nationale ou pas ? Laurent Valdiguet. C'est qu'est-ce qu'on met derrière le mot pour se mêler ? Intervenir dans le débat public sur les questions d'éducation ? On peut être une femme d'influence ? C'est beaucoup trop risqué, l'éducation. Et même la question de l'autisme est trop risquée. Quand on choisit une cause, ce n'est pas simplement une cause qui est aimée des Français. Évidemment, on peut se dire que l'autisme, personne ne va dire qu'on est contre le fait de se mobiliser sur cette cause-là.

Mais il faut que cette cause soit consensuelle au sein même, par exemple, des scientifiques, au sein même des associatifs. Ce qui était, par exemple, le cas de la cause de l'obésité infantile pour Michel Obama. Évidemment, est-ce qu'il faut manger des carottes ou des pommes de... On sait très bien qu'il faut manger des légumes. De quelle manière il faut bouger ? On sait très bien qu'il faut faire du sport. L'autisme, la question de la scolarisation de l'autisme, la question de la manière de traiter cette question-là, elle n'est pas si... Ce n'est pas une cause si consensuelle que ça. Ma question est plus précise que ça.

Sortira-t-elle de ce rôle caritatif que vous êtes un peu tous en train de lui dessiner ? Est-ce que vous l'imaginez manifester une personnalité qui aille jusqu'à la politique ? Politique, je ne pense pas.

42:08
Invité

Je crois que c'est vraiment la femme d'Emmanuel Macron et que c'est en ça qu'il veut lui donner un statut. Il le dit dans votre sujet. Il dit qu'elle est l'essentiel de ma vie. Donc c'est pour ça. Il veut lui donner ce statut. Il lui tient la main. Je veux dire, on n'a pas eu de président précédemment qui tenait la main de leur femme. Et c'est sa femme, il veut qu'elle ait un statut qui ne soit pas celui de femme de, mais ma femme. Donc ma femme va avoir un statut. C'est pour ça qu'il n'y a pas de salaire.

42:34
Présentateur

Je revendique un statut pour toutes les femmes de députés, de sénateurs, de maires. Mais pourquoi pas ? Elles aussi sont ma femme. Ah non, je ne vois pas. Alors il faudrait franchir un certain niveau pour avoir le droit d'être ma femme. Vous avez un désaccord de fond. On a un désaccord de fond. Mais celui-là a été exprimé déjà.

42:51
Invité

Colomb Trignol. Oui. Je ne vous dis pas que si ça m'arrivait, je voudrais être ma femme. Et je ne vous dis pas non plus que si je trouvais un prince, je voudrais être princesse. Bon, ceux qui épousent des princes ou des rois sont obligés d'avoir un rôle. Par exemple, en Angleterre, Theresa May, son mari disparaît parce que les princes consorts et tout le machin, c'est là-haut à Buckingham.

Bon, à partir du moment où ce président de 39 ans veut changer des choses, dont cette chose-là, de cette femme qui a 24 ans de plus que lui, dans ce couple dit particulier, où tout le monde s'est posé des questions, vaguement sur son homosexualité, ce que c'est bizarre, ils n'ont pas d'enfant, tout ça, il veut statifier sa femme, instituer sa femme pour dire c'est ma femme et je travaille avec elle et je vis avec elle. Voilà. Alors après, on peut trouver que...

43:38
Présentateur

Son père, on l'est.

43:40
Invité

Vous avez parfaitement raison, je vous ai écouté passionnément dans tout ce que vous racontiez. Je suis tout à fait d'accord avec vous sur toutes les autres femmes. Là, ça ne c'est pas les autres femmes. Elle n'a pas aimé ce mari qui voulait faire de la politique. Elle l'a aimée quand il voulait faire du théâtre. Elle n'a pas pu l'aimer pendant un certain nombre d'années et elle avait trois enfants. Elle a quitté son mari pour aimer cet homme et ils ont été mal vus à Amiens et au-delà d'Amiens, bien après la confiserie. Ils sont aimés, ils n'ont pas d'enfants, ils ont des petits-enfants ensemble. Les petits-enfants sont montés sur la scène pour montrer qu'ils étaient quand même une famille.

Cette femme est ma femme. Point. Pas de salaire, quatre personnes, les autres les avaient. Arrêtez ! Elles touchaient tous des sacs, des machins, des trucs. On n'en a rien contre. Deux officiers de sécurité, deux chauffeurs. J'ai vu Bernadette Chirac très longtemps.

44:26
Présentateur

Tout le monde l'avait. Mais personne ne prétend enlever les chauffeurs, les secrétiens. Je suis d'accord avec vous, ce n'est pas le sujet. Ce qui est dommage, c'est qu'il ait reculé. Là, je vous arrête. Je dois faire preuve d'un minimum d'autorité dans cette affaire, même si la parole est libre et que c'est bien qu'elle s'exprime. C'est tout le jeu du débat. J'ai dit tout à l'heure que ça soulevait les passions. Vous en êtes, la démonstration ce soir, c'est magnifique. Mais il faut aller voir comment ça se passe à dire. Vous l'avez d'ailleurs un peu évoqué les uns et les autres. Il n'y a pas de statut de première dame ou de premier monsieur de first gentleman en Europe.

À l'inverse des Etats-Unis, d'où nous vient, on le disait tout à l'heure directement ce mot, par la base de first lady. Le rôle est défini, parfaitement défini, légalement, juridiquement défini. La loi a été votée il y a 40 ans exactement. Et là-bas, elles sont aux avant-postes de la politique nationale. Ça n'a échappé évidemment à personne. Laure Herpeux, Georges Ladric et Arnaud Faura en témoignent.

45:30
Invité

Avec Michelle Obama, en effet, rien d'impossible. La chouchoute des Américains peut tout se permettre sans jamais tomber dans le ridicule. Comme toutes les premières dames des Etats-Unis, la reine de la communication défend une cause. Elle a choisi la lutte contre l'obésité. avec un slogan « Let's move », comprenez, bougeons. Pour défendre leur mission, les premières dames américaines peuvent s'appuyer sur un statut qui s'est officialisé en 1978 sous la présidence de Jimmy Carter. Depuis, la first lady bénéficie d'une équipe d'une dizaine de personnes. Chaque année, le Congrès vote un budget pour les projets qu'elle souhaite défendre.

La première dame dispose même d'un compte Twitter officiel au même titre que le président américain. Aux Etats-Unis, les first ladies font des discours, parfois politiques, comme ici, lors de ses adieux à la Maison-Blanche. Michelle Obama lance un message direct au nouveau président Donald Trump. « Nos diversités de foi, de couleurs, de credos ne représentent pas une menace. Elles font de nous ce que nous sommes. N'ayez pas peur. Vous m'entendez, les jeunes ? N'ayez pas peur. Donnez l'exemple avec espoir, jamais dans la peur. » Une première dame engagée, mais elle l'assure, malgré de nombreuses attentes, loin d'elle, l'idée d'une carrière politique. Hillary Clinton, elle, a franchi le pas.

Passionnée de politique depuis les bancs de l'université, c'est elle qui a en partie porté son mari aux commandes de la Maison-Blanche. Hillary Clinton aura toujours cherché à peser politiquement, jusqu'à postuler deux fois à la candidature suprême. « Tous les jours, les Américains ont besoin d'un champion et je veux être ce champion. Je me présente à l'élection présidentielle. » Au Royaume-Uni, comme dans le reste de l'Europe, pas de statut officiel pour les Premières Dames. Cette absence de protocole donne parfois lieu à des situations cocasses, comme en mai 1997.

Quelques jours après leur arrivée au Diz Downing Street, l'épouse de Tony Blair se fait remarquer en ouvrant la porte en chemise de nuit. Aujourd'hui, la Première Dame britannique est un homme, Philippe May, pilier de son épouse, et il a bien compris le jeu de la communication. « Comme dans tous les mariages, j'ai le droit de choisir quand je sors les poubelles

48:23
Présentateur

et pas si je sors les poubelles. »

48:26
Invité

Contrairement à son homologue britannique, le mari d'Angela Merkel, lui, fuit la lumière. Surnommé le fantôme de l'opéra, le chercheur en chimie n'accompagne que rarement son épouse en déplacement. Joachim Sauer ne bénéficie d'aucun titre, pas d'officier de sécurité ni d'avantage. Il va même au travail en transport en commun.

48:48
Présentateur

« En Allemagne, c'est tout simple, il n'y a pas de statut. La France, c'est une république monarchique. Il n'y a qu'à voir tous les décorums, pour les étrangers, pour les Allemands. Quand on voit les images de l'Elysée, on est toujours époustouflés. Et puis alors, je crois que ça vient avec cette position du président qu'automatiquement on attend qu'à cette figure presque royale. Donc, il y a une reine à côté. »

49:15
Invité

Hommes ou femmes, les conjoints des chefs d'État suscitent un vif intérêt du public. À tel point qu'aujourd'hui, lors des rassemblements des leaders du monde, ils ont droit eux aussi à leurs propres photos de famille.

49:28
Présentateur

« Et il en fait usage avec grande modération, l'époux d'Angela Merkel. Question SMS d'un téléspectateur ou d'une téléspectatrice. Pourquoi vouloir copier les États-Unis ? Ça n'est pas notre culture de donner de l'importance à l'épouse du président qui n'est pas élu ? » « Mais d'ailleurs, aux États-Unis, ça ne s'est pas fait un jour. D'abord, l'épouse du premier président, George Washington, on l'appelait Lady Washington, on ne l'appelait pas la First Lady. Il a fallu attendre 1849, l'épouse de Madison. D'ailleurs, elle ne l'a jamais entendu de son vivant, c'était son éloge funèbre. Pour qu'on l'appelle la First Lady, le mot vient de l'enterrement de l'épouse de Madison.

C'était Lady Madison et c'est son éloge funèbre. Il ne s'est même pas rentré dans les mœurs tout de suite. Il a fallu attendre la fin du XIXe siècle. Alors, 1901, on dit souvent, c'est cette loi de 1978 qui a tout changé. Ce n'est pas tout à fait exact. Dès 1901, il y a des fonds fédéraux qui financent l'entourage, comme on dit en France, en tout cas les collaborateurs, de la première dame. Et puis, cette première dame, elle augmente un petit peu son cabinet. Donc, l'attaché de presse au moment où la communication commence à être plus importante, etc. Donc, évidemment, sous Jimmy Carter, il y a nécessité d'une loi en 1978 et on transforme ça en office, c'est-à-dire en bureau.

Aujourd'hui, tous les Américains sont habitués. D'ailleurs, on sait même exactement combien ça coûte. Je peux vous donner le coût de Michel Obama. C'est 1 273 969 $ en 2016. Voilà, ce qui a coûté Michel Obama. C'est cher ça, c'est beaucoup d'argent ? C'est 2-3 fois plus cher qu'une valérite vierge et l'heure et c'est 2 fois une carla brunie, si j'ai bien compris ce que vous avez dit tout à l'heure. Il y a une polémique sous Barack Obama, c'est qu'elle n'est pas payée. Là, ce n'est pas évidemment dans sa poche, le 1 million. c'est les 15 collaborateurs. Ce qu'elle coûte à l'État fédéral en l'occurrence.

Et ce que Barack Obama voulait faire, c'était qu'elle ait un salaire en disant « mais ce n'est pas normal ». Et d'ailleurs, un petit peu l'erreur qu'a commis Macron en disant « il faut qu'elle soit à mes côtés ». En disant « c'est une sorte presque du féminisme qu'elle soit à mes côtés qu'elle ait un salaire ». Lui a dit « mais il n'est pas normal que moi je touche plus de 400 000 $ par an » et elle ne touche rien du tout. D'ailleurs, ils avaient fait évaluer son rôle à à peu près 270 000 $. Vous avez vu ? C'est quand même très très actif. Je rappelle qu'elle a touché plus de 200 000 $ lorsqu'elle dirigeait l'hôpital de Chicago.

Vous imaginez deux secondes qu'on paye la première dame française ? Ça n'avait pas été le cas. Ils n'ont pas réussi à faire payer. Ils n'ont pas réussi à voter un salaire. Ils n'ont pas du salaire. Si c'est pour la payer comme Pénélope, ce qui représente à peu près 0,5% des femmes salariées en France, je crois que ça soulèverait des polémiques. Les Américains ont dit qu'elle n'est pas élue, elle n'a pas à être payée. C'est exactement ce que disent les banques. Ça, c'est les interdictions. Elle n'est pas payée ? Il y a d'autres interdictions ? Elle a le droit de travailler, par exemple ? Non. Elle n'en travaille pas. Il n'y a pas de première dame qui en travaille.

Il y a une exception assez intéressante soulevée dans votre reportage, c'est Hillary Clinton. Dans la typologie, on n'a pas abordé les femmes, non pas seulement engagées, mais politiques. Elle devient sénatrice de l'État de New York. Là, il ne s'agit pas du Conseil Général, etc. Sénatrice de l'État de New York. Pendant 17 jours, elle est à la fois first lady et sénatrice de l'État de New York. Elle se retire. Son staff, il y a confusion des genres, donc on appelle ça conflit d'intérêt aux États-Unis. En France aussi. Exactement. On l'applique moins. Son staff n'a pas été financé pendant sa campagne électorale, donc elle a eu une campagne sénatoriale.

Et quand elle est devenue sénatrice de l'État de New York, elle est redevenue première dame et pendant 17 jours, elle a cumulé les deux fonctions de sénatrice de l'État de New York et de first lady. Ça, c'est quand même un système qu'on n'imagine pas deux secondes en France. On est d'accord là-dessus ? Oui. L'histoire française est très différente. Quand on voit que le simple fait d'encadrer par un décret le rôle de la première dame fait signer 300 000 personnes, c'est quand même étonnant. Oui, mais n'oubliez pas d'où nous venons. Nous venons d'une monarchie. Exactement. C'est la vieille méfiance monarchie sur les maîtresses du roi ou les femmes du roi.

Et depuis Marie-Antoinette, quand on veut affaiblir le roi, on commence par attaquer sa femme. On n'est pas très courageux, on n'a pas forcément envie d'attaquer le roi et d'être marginalisé. On commence insidieusement par attaquer sa femme. Elles ont toutes connu ça. Toutes.

53:58
Invité

C'est d'ailleurs pour ça qu'Emmanuel Macron veut qu'elle ait un statut

54:01
Présentateur

pour qu'elle ne soit pas attaquable comme objet de fragilité. Ça ne la mettra pas à l'abri des attaques du canard enchaîné. Au contraire. Mais Marie-Antoinette, pour rester sur... Ça me fascine assez la profondeur historique que vous venez de donner à ce débat. Marie-Antoinette était accusée de rouler pour son pays, en l'occurrence pour son... Pour l'Autriche. On peut les accuser de tout. On peut les accuser de rouler pour des intérêts privés. On peut les attirer d'être trop à droite alors que le président se veut plus centriste, d'être trop à gauche comme était Daniel Mitterrand alors qu'elles ne sont là que pour compléter la gamme de couleurs, on l'a compris, de leur mari.

Il y a des conseillers politiques à l'Élysée pour éviter aux premières dames de faire des erreurs ? Le surnom de Marie-Antoinette, c'était Madame Déficit. En fait, quand la révolution commence, une des premières décisions est de réduire les dépenses de la cour. Louis XVI et Marie-Antoinette perdent un dauphin en plein état généraux et le roi, pour faire des économies et montrer qu'on fait des économies, renonce au protocole de l'enterrement royal à Reims de leur dauphin. Et Marie-Antoinette, on lirait aujourd'hui l'affaire du collier de la reine, etc. C'est des faits divers, c'est des affaires, mais comme on en vit aujourd'hui. Tout le monde est au courant de tout un tas de...

Le trianon, on le reproche à Marie-Antoinette, les dépenses de la cour, le trianon... Les robes, les tissus... Mais avant la frivolité et avant... Pardonnez-moi, ça me facile. On est en train de reprocher... Attendez, deux secondes. On est en train de reprocher ses jupes courtes à Mme Macron. Oui. Ça, c'est pour une autre raison. C'est qu'on considère qu'à son âge, elle devrait cacher ses genoux. Oui. Oui, mais il y a encore une autre convention. Et au fond, c'est cette vieille cicatrice que Laurent Maldigui vous termine.

À ceci près, il faut juste ajouter ce détail, c'est que la reine, qui était la première dame de la monarchie, jouait quand même un rôle magistral, qui était celui de donner un héritier au régime. Sauf que... Et donc ça, au fond, c'était un rôle physique. Sauf que d'un mot... Et au-delà de physique, c'était un rôle politique majeur. Sauf que d'un mot, si vous voulez, de la profondeur historique, remontée au IVe siècle, la loi Salique. La loi Salique fait qu'il n'y a pas de chef d'État femme dans cette monarchie française. La femme dans la monarchie française, elle ne peut être que l'épouse du roi. Et ça, c'est quand même une profondeur historique.

Et la deuxième profondeur, c'est la République française, qui n'est pas une république américaine présidentielle, qui est une république parlementaire. Toutes les femmes dont on a parlé tout à l'heure, depuis Yvonne de Gaulle, c'est la Ve République. Vous ne connaissez pas la femme d'Alexandre Milleron ni de Paul Deschanel parce qu'on est dans un régime de présidence parlementaire. Et donc la femme ne joue pas de rôle. Mais pas de fonction d'incarnation. Exactement. Dans la Ve République, le président est un monarque. Il incarne. Vous avez tout dit. il me reste à passer aux questions SMS.

57:00
Locuteur

Merci. Sous-titrage Société Radio-Canada.