"Je ne serai jamais l’homme ni d’une bande, ni d’un clan", assure Bruno Le Maire
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Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour. Carlos Ghosn, dans une vidéo diffusée il y a quelques minutes au Japon, clame son innocence. Il dénonce un complot. Comment vous recevez les dénonciations, les accusations ce matin de l'ancien PDG de Renault-Nissan ?
Il y a une affaire de justice et c'est à la justice japonaise de se prononcer. Pour le reste, Carlos Ghosn est un citoyen français. Donc il bénéficie de la protection de la France. Il a le droit à la protection consulaire. L'ambassadeur lui rend visite régulièrement, s'assure de sa bonne santé, de ses conditions de détention. Donc la protection consulaire est garantie à Carlos Ghosn comme citoyen français. Et puis comme n'importe quel autre justiciable, il a évidemment droit à la présomption d'innocence. C'est un des principes qu'il m'a guidé depuis le début de cette affaire.
Elle est respectée cette présomption d'innocence selon vous aujourd'hui ?
Au Japon, Carlos Ghosn et ses avocats prétendent que non depuis plusieurs jours ? La présomption d'innocence est respectée. Elle est respectée en tout cas par l'État français qui, dans toute cette affaire, n'a visé qu'une seule chose. Garantir la solidité du groupe Renault, une des plus grandes industries automobiles françaises, et la solidité de l'alliance entre Nissan et Renault. Mais cette protection consulaire, nous y sommes attachés et nous veillons à ce que Carlos Ghosn y ait droit.
Ces avocats ont accusé le procureur de Tokyo de torturer, c'est le mot qu'ils ont employé, Carlos Ghosn. Est-ce que vous êtes choqué, vous Bruno Le Maire, par le traitement judiciaire infligé à Carlos Ghosn ?
Je n'ai pas à me prononcer sur la justice japonaise. Qu'est-ce qu'on dirait si le ministre des Finances japonais venait expliquer ce qu'il pense de la justice française ? On trouverait que c'est une atteinte inacceptable à la souveraineté française. Je n'ai pas à me prononcer sur le cours de la justice japonaise. Nous veillons juste à ce que les droits de M. Ghosn, comme citoyen français, soient respectés.
L'épouse de Carlos Ghosn en a appelé à Emmanuel Macron. Elle a souhaité qu'il manifeste davantage de soutien ou de solidarité à l'endroit de Carlos Ghosn.
Moi, je ne suis pas certain que les interventions politiques soient la meilleure manière de défendre les intérêts de M. Ghosn. Il y a la justice, il y a le pouvoir exécutif, les deux pouvoirs sont séparés et il est bon dans toute démocratie qu'ils restent séparés.
Alors hier, lors de la conclusion, lors de la restitution plutôt du grand débat, le Premier ministre Edouard Philippe s'est exprimé au Grand Palais à Paris et il a eu une formule très forte sur le taux d'impôt dans notre pays. On l'écoute. Ah, on aurait dû l'entendre.
Notre pays a atteint aujourd'hui une sorte de tolérance fiscale zéro. Je ne sais pas si on peut l'appeler comme ça. Mais c'est souvent comme ça qu'elle est exprimée. Les débats, je le crois, nous indiquent clairement la direction à prendre. Nous devons baisser et baisser plus vite les impôts.
Baisser, baisser plus vite, lesquels et quand ? D'abord, je partage la formule du Premier ministre. Cela fait plusieurs mois que nous avons commencé la baisse des impôts. Je voudrais juste que nous comprenions pourquoi est-ce qu'il y a une tolérance fiscale zéro pour reprendre la formule du Premier ministre. C'est que depuis dix ans, on ne cesse d'augmenter précisément depuis la crise de 2008 les impôts des ménages et des entreprises.
Et on a fait payer aux ménages français et aux entreprises françaises la crise de 2008 avec une augmentation massive d'impôts qui s'est interrompu à partir de 2014 pour les entreprises avec le CICE, mais qui a poursuivi de manière vertigineuse jusqu'en 2017 pour les ménages. Cela explique cette tolérance zéro. Je donne juste des ordres d'idées. C'est de l'ordre de dix milliards d'euros supplémentaires en plus par an pour les ménages et pour les entreprises. Donc là, il faut baisser lesquels ? L'impôt sur le revenu ?
D'abord, je vais le redire pour nos délits parce qu'avant de se précipiter sur les nouvelles baisses, je voudrais quand même rappeler que nous avons, avec le Président de la République, engagé cette baisse des impôts, que nous avons engagé la baisse de la taxe d'habitation. Que nous avons mis en place les ordres supplémentaires défiscalisées. Que nous avons supprimé les cotisations assurance maladie, assurance chômage. Et que cette année, ce sont les chiffres de l'FCE, deux tiers des ménages français en 2019 vont voir leur impôt baisser de 440 euros en moyenne. Donc nous avons engagé cette décrue des impôts.
Vous dites Bruno Le Maire, c'est un mouvement qu'on a constaté depuis longtemps, mais il a fallu le mouvement des gilets jaunes et deux mois de grand débat pour qu'Edouard Philippe emploie cette expression de tolérance fiscale zéro.
Et depuis des mois, nous sommes engagés dans cette baisse des impôts. Donc nous étions lucides sur la nécessité de baisser les impôts des Français. Alors je vais répondre à la question de Renaud Delis, si on va me reprocher à juste titre de ne pas répondre à cette question. Oui, ce que je souhaite, mais je partage cette idée-là. Je voudrais juste peut-être définir deux ou trois principes pour accompagner cette idée. Le premier, c'est qu'il y ait une cohérence entre la politique fiscale et la politique économique. Et comme ministre de l'Économie et des Finances, je suis très attaché à ce que nos baisses d'impôts soient cohérentes avec notre politique économique.
Notre politique économique, c'est le travail. Le travail et le travail. Du travail pour tous les Français et du travail qui paye. Et de ce point de vue-là, il me paraît très cohérent que les baisses d'impôts prioritaires soient les baisses d'impôts pour les personnes qui travaillent. Pour les personnes qui reprennent un emploi et qui peuvent se trouver soumises à l'impôt sur le revenu. Je rappelle que l'entrée dans l'impôt sur le revenu, elle est très brutale en France. Vous pouvez avoir des effets de seuil qui font que vous touchez 100 euros supplémentaires, on va vous en prendre 40. C'est beaucoup trop brutal.
Donc vous souhaitez baisser le barème des premières tranches de l'impôt sur le revenu ?
À mes yeux, la cohérence entre politique fiscale et politique économique pourrait nous amener à baisser en priorité l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire l'impôt de ceux qui travaillent, la rémunération de ceux qui travaillent, en commençant par ceux qui ont les niveaux de revenu les plus modestes, qui rentrent dans l'impôt sur le revenu et qui y rentrent de manière plus brutale. Est-ce qu'il faudra aller encore plus loin ?
La première tranche, les deux premières tranches, Bruno Leblanc ?
Je ne vais pas rentrer dans plus de précisions, je donne juste la cohérence. Est-ce qu'il faudra aller ensuite plus loin ? Moi, j'ai discuté avec Gérald Darmanin, les députés de la majorité. Ils souhaitent que progressivement, on aille plus loin dans cette baisse de l'impôt sur le revenu. Ce sera au président de la République de trancher. Mais garantir aux Français la cohérence entre notre politique fiscale et notre politique économique autour du travail, je pense que c'est un élément de stabilité, c'est un élément de confiance solide pour nos compatriotes. Le deuxième point important, c'est que ces baisses d'impôts doivent être financées par des baisses de dépenses publiques.
Alors, quelles dépenses ? Sinon, c'est la dette qui va augmenter, elle approche déjà les 100%. Il serait déraisonnable de faire des baisses d'impôts sans baisser d'autant la dépense publique.
Lesquelles ? Moins de dépenses publiques, ça veut dire quoi ? Moins de services publics, y compris moins de services publics dans les territoires. Et on a vu à l'occasion du mouvement des Gilets jaunes qu'il y avait des réunions fortes.
Pas nécessairement. On voit bien qu'il y a parfois une multiplication de compétences entre les mains de divers services publics ou de divers organismes publics qui peuvent être mieux organisés. Mais je vous donne un exemple de choses que nous avons faites. Parce que j'entends beaucoup de propositions, notamment de l'opposition, pour dire qu'il faut baisser les dépenses publiques. Mais ils n'en votent pas une seule. Regardez le soutien aux entreprises, à notre économie, aux PME. Vous avez les régions qui interviennent. Vous avez l'État qui intervient. Vous avez les chambres de commerce et d'industrie qui interviennent.
Nous, nous avons eu le courage de dire, nous allons réformer en profondeur les chambres de commerce et d'industrie pour que chacun ne se marche pas sur les pieds. Elles ne seront plus financées par une taxe. Elles seront financées par des prestations qu'elles devront vendre aux entreprises pour montrer l'utilité de ce qu'elles font. Les CCI ont joué le jeu. Et nous allons économiser, grâce à cela, presque un demi milliard d'euros. L'opposition, au passage, n'a pas voté cette baisse de dépenses publiques.
Mais vous voyez que l'on peut très bien baisser la dépense publique sans affecter le fonctionnement des services publics, uniquement par la réduction des dépenses de fonctionnement et une meilleure organisation.
Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances. Notre invité ce matin sur France Info jusqu'à 9h, 9h moins 20. Toute l'info avec vous, Romain Deshecs.
La Société Générale confirme à l'instant la suppression de 750 postes en France, des départs volontaires qui seront effectués sous forme de rupture conventionnelle collective selon les syndicats. Au terme d'une campagne axée sur la sécurité, les Israéliens votent. Aujourd'hui, les bureaux sont ouverts. Deux favoris, le général Benny Gantz et Benjamin Netanyahou qui briguent un cinquième mandat. En tout cas, ils étaient au coude à coude selon les derniers sondages. 6 millions d'électeurs sont appelés aux urnes. Theresa May est en visite à Berlin avant de se rendre à Paris. Aujourd'hui, elle va plaider un nouveau report du Brexit.
Son gouvernement a validé hier la tenue d'élections européennes le 23 mai afin de rassurer les chefs d'États européens. Troisième victoire consécutive de l'équipe de France de foot féminin 4-0 face au Danemark à deux mois du Mondial à domicile. Et puis ce soir, début des quarts de finale de la Ligue des champions. Tottenham, Manchester City et Liverpool face à Porto. Coup d'envoi 21h.
Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, notre invité ce matin sur France Info. Bruno Le Maire, c'est une mesure qui est plébiscitée par les Français, le rétablissement de l'impôt sur la fortune. Il n'en est toujours pas question.
Elle n'est pas plébiscitée par le ministre des Finances. Parce que je considère que nous avons fait des choix fiscaux, qui étaient d'ailleurs ceux annoncés par le Président de la République dans sa campagne, qui consistaient à baisser la fiscalité sur le capital. C'est la suppression de l'ISF, c'est le prélèvement forfait de terre unique, c'est-à-dire un ensemble de mesures. Ce n'est pas une mesure isolée que nous aurions pris comme cela de manière symbolique. C'est la volonté de baisser la fiscalité sur le capital pour que nos entreprises, en particulier nos entreprises industrielles, puissent mieux se financer, investir et innover. Et je crois à cette politique.
Je pense que si nous avons eu depuis 10 ans une véritable hémorragie industrielle, 1 million d'emplois industriels en moins, 100 entreprises industrielles qui ferment par an, si nous avons réussi à stopper enfin cette hémorragie et à réindustrialiser, au moins commencer, le mouvement de réindustrialisation du pays, c'est parce que nous avons réussi à abaisser la fiscalité sur le capital, donc permis aux entreprises de mieux se financer. Cette politique sera évaluée, je l'ai promis, évaluée à partir de septembre-octobre. Donc vous pourriez changer d'avis ? Mais attendons l'évaluation indépendante qui sera faite en septembre-octobre. Personnellement, je crois à cette politique.
Je pense qu'il faut que l'entreprise puisse mieux se financer et que la réindustrialisation du pays, qui est à mes yeux une priorité absolue, ça passe par un accès plus facile au capital.
On a vu une conséquence quand même de la suppression de l'ISF, c'est la chute pour la première fois depuis plus de dix ans des dons aux associations et aux fondations, parce que des contributeurs, des donateurs aisés le font moins, parce qu'ils ne bénéficient plus évidemment de la déduction fiscale et qu'il y a moins de contributeurs assujettis à l'IFI, l'impôt sur la fortune immobilière, qu'à l'ISF.
Il y a beaucoup de déductions fiscales, on ne peut pas nous reprocher à la fois.
Une chute des dons de près de 10% pour la première fois.
Trop de niches fiscales. Et puis de l'autre côté, quand nous en supprimons une ou quand nous en limitons une, nous dire que c'est dommage que vous ayez supprimé ou réduit cette niche fiscale. Qu'est-ce que vous dites aux associations qui nous écoutent ? Moi je dis surtout aux personnes qui payent l'ISF, donc qui ont les moyens de donner aux associations, vous ne devriez pas avoir besoin d'une déduction fiscale à l'ISF pour donner aux associations.
Alors il y a un autre débat qui est en cours autour évidemment de la réforme des retraites, la réforme de la retraite par points. Et puis il y a une ouverture qui a été tentée ces dernières semaines par le gouvernement, c'est la question du report éventuel de l'âge légal du départ en retraite qui est aujourd'hui fixé à 62 ans. Laurent Berger, le patron de la CFDT, était l'invité hier de France à Terre et voici ce qu'il répond à l'hypothèse formulée par le gouvernement.
Le 10 octobre dernier, M. Delevoye et Mme Buzyn ont dit devant tous les partenaires sociaux qu'il n'y aura pas de remise en cause de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans. Et c'est là-dessus qu'on discute pour une réforme qualitative. C'est pour une réforme qui soit plus juste, plus lisible, et des systèmes de retraite qui soient plus justes, plus lisibles. Et là, depuis quelque temps, on nous dit qu'il faut augmenter l'âge légal de retraite. Il faut être très clair sur est-ce qu'on va vers cette réforme systémique et dans le cadre de la concertation engagée par M. Delevoye. Si c'est le cas, on continue. S'il y a le report de l'âge légal, fin de la concertation.
Faut-il reporter l'âge légal ? Il faut déjà, comme le dit Laurent Berger, aller au bout de cette réforme de simplification des retraites. C'est la première chose, c'est ce que fait Jean-Paul Delevoye. Je l'ai vu longuement hier pour en discuter à nouveau avec lui. Je l'avais vu la semaine passée autour du Premier ministre. Donc nous discutons avec Jean-Paul Delevoye et je tiens à saluer le travail remarquable qu'il fait.
Jean-Paul Delevoye, il a dit, pas question de toucher à l'âge légal de retraite.
Vous l'avez vu hier. Est-ce que vous avez rassuré Jean-Paul Delevoye ? Je l'ai rassuré. Je lui dis d'abord, bravo pour ce que tu fais sur la simplification du système parce qu'avoir un système par points qui sera plus lisible où chacun saura exactement ce qu'il va toucher comme retraite, c'est une question d'unité de la nation française. Et c'est un élément fondamental, la retraite par répartition, qui sera consolidée par les propositions de Jean-Paul Delevoye en application du programme du Président de la République. Et puis il y a un autre sujet qui n'est pas le report de l'âge légal. Ce n'est pas ça le sujet. Le sujet, c'est la durée de travail des Français.
Est-ce que nous devons travailler plus longtemps à cause de l'allongement de la durée de vie ? Parce que le fait qu'il y ait beaucoup de chômage en France et que nous partions plus tôt à la retraite que beaucoup de nos partenaires européens a conduit à un appauvrissement des Français. Est-ce que donc il faut que nous travaillions plus longtemps ? J'estime que cette question doit rester ouverte parce que derrière, c'est le financement de notre système de protection sociale et c'est la prospérité des Français qui est en jeu.
Travailler plus longtemps sans reporter l'âge légal de départ à la retraite.
Vous m'avez parfaitement entendu, Renaud Déni. Ça ne veut pas nécessairement dire reporter l'âge légal de départ à la retraite. Il peut y avoir des incitations à travailler plus longtemps. Il peut y avoir des bonifications de points.
Des suppressions de Jean-Ferrier ?
Il peut y avoir beaucoup d'options différentes qui permettent de travailler plus longtemps pour avoir un objectif. Financer un modèle de protection sociale auquel je suis profondément attaché. Les retraites, nos hôpitaux, tout ce qui permet de garantir la cohésion sociale de notre pays et garantir la prospérité des Français. C'est-à-dire un enrichissement des Français alors que depuis plusieurs années, quand on regarde le niveau de vie moyen des Français par rapport à celui des Allemands, il a diminué en raison du manque de travail global de la France. Je ne dis pas du manque de travail de chaque Français.
Chaque Français qui travaille travaille beaucoup et très productif et réussit remarquablement. Mais quand on regarde globalement ce qui s'est passé en France depuis 10 ans, parce qu'il y a un niveau de chômage très élevé, parce que nous partons plutôt à la retraite, parce qu'il y a des problèmes de formation et de qualification, eh bien chaque Français s'est appauvri par rapport à certains de nos voisins, notamment nos voisins allemands. Est-ce que ce constat est justifié aussi de toucher aux 35 heures ? Ce n'est pas du tout dans l'ordre du jour et ce n'est pas du tout dans les débats actuels. Donc ne soulevons pas des débats nouveaux.
Il y en a déjà suffisamment, qui sont d'ailleurs très intéressants. Mais je souhaite que ce débat sur faut-il travailler plus longtemps ? Comment travailler plus longtemps ? Comment inciter les Français à travailler plus longtemps ? Tout simplement pour préserver notre système social et la prospérité de chaque Français. Moi je souhaite que nous ayons ce débat là-dessus. Et je considère, à la suite des discussions que j'ai eues avec Jean-Paul Delevoye, que c'est un sujet qui ne devrait pas susciter des réactions de posture des uns ou des autres. Sur l'âge légal, c'est un autre sujet.
Mais sur le fait de travailler plus longtemps pour financer notre système de protection sociale, j'estime que c'est un débat légitime et un beau débat que nous devons avoir.
Sur ces incitations, justement, ces bonifications à travailler plus longtemps, quelles formes pourraient-elles prendre ? Ce sera à Jean-Paul Delevoye de faire des propositions.
Je ne veux pas anticiper sur une réforme qui est d'abord dans les mains de Jean-Paul Delevoye, sur laquelle Agnès Buzyn travaille, sur laquelle nous discutons avec le Premier ministre régulièrement. Mais je voudrais simplement, quand les Français se disent, mais comment se fait-il qu'on ne vive pas mieux ? Comment se fait-il qu'on ait tant de mal à la fin du mois ? Comment se fait-il que nous ayons le sentiment de nous être appauvris depuis plusieurs années ? Il y a effectivement l'augmentation des impôts. Nous allons traiter ce sujet.
Il y a le fait aussi que globalement, par rapport à ses partenaires européens, la France, en raison de son taux de chômage, en raison d'un départ à la retraite plus tôt, à un niveau de prospérité qui est plus faible que celui de ses grands voisins.
Est-ce qu'il y a aujourd'hui, Bruno Le Maire, une bande, comme on l'entend parler, dont vous feriez partie, une bande de ministres de droite, menée d'ailleurs par le premier d'entre eux, Édouard Philippe, qui feraient pression sur l'Elysée pour éviter une éventuelle inflexion sociale à la sortie du grand débat, une inflexion qui pourrait être coûteuse pour les finances publiques ? C'est une fable, Renaud Delis.
Vous l'avez entendu, cette fable ? Oui, je l'ai entendu, j'aime beaucoup les fables de La Fontaine, mais je n'aime pas cette fable-là. Je n'ai jamais été l'homme d'aucune bande, jamais été l'homme d'aucun clan, et je ne serai jamais l'homme ni d'une bande, ni d'un clan. Je suis membre d'une équipe autour du président de la République. Je l'ai rejoint avant le second tour de l'élection présidentielle. J'ai été élu député sous l'étiquette de la majorité présidentielle. Et je l'ai rejoint notamment parce que Emmanuel Macron proposait qu'on dépasse ces clivages gauche-droite qui ont fait tellement de torts à la France.
Ce n'est pas de gauche ou de droite de savoir s'il faut travailler plus longtemps ou pas, c'est juste savoir si on veut financer ou non notre système de protection sociale. Et je m'opposerai à chaque fois à tous ceux qui voudront revenir en arrière et rétablir des clivages gauche-droite qui ont tellement nuit à la France parce qu'ils nous ont empêchés de construire des solutions sur le chômage, sur le financement de notre système de protection, sur la croissance française, sur la réindustrialisation du pays. Et je trouve que les débats aujourd'hui devraient dépasser ce clivage pour nous permettre de trouver des solutions pour les Français.
Il y en a au sein de la majorité qui sont tentés de restaurer ce clivage. Eh bien, j'y suis totalement opposé. Et je ne me suis pas engagé derrière le président de la République avec la volonté que Emmanuel Macron réussisse ce quinquennat. Parce qu'on sait sinon ce qui se passera derrière. Je ne me suis pas engagé là-dedans pour voir revenir des bandes, des clans. Je suis dans une équipe. Alors qu'on est des amis dans une équipe. Bien sûr que Sébastien Lecornu ou Gérald Darmanin soient des amis. Évidemment, j'ai travaillé avec eux depuis des années et nous nous entendons très bien. Voilà, c'est comme ça. Ça ne suffit pas à faire une bande.
Je ne serai jamais l'homme ni d'une bande, ni d'un clan. Je suis membre d'une équipe.
Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances. Notre invité ce matin sur France Info, 9h moins 10, Romain Desec.
Je suis innocent. Carlos Ghosn rejette les accusations de malversation financière. Il le dit dans une vidéo diffusée ce matin par ses avocats japonais. L'ancien patron de Renault dénonce la trahison de certains dirigeants de Nissan. Nous veillons à ce que ces droits soient respectés, vient de déclarer Bruno Le Maire, invité de France Info. Après avoir présenté la synthèse, Édouard Philippe s'exprime cet après-midi devant les députés au sujet du grand débat national. Il doit poser les enjeux, mais toujours pas d'annonce concrète. C'est donc inutile, jugent certains élus de l'opposition. La circulation différenciée a instauré dans 12 villes de la métropole lilloise jusqu'à minuit.
Seuls les véhicules avec des vignettes de 0 à 3 sont autorisés à circuler. La faute à un épisode de pollution aux particules fines, les autoroutes ne sont pas concernées. Grosse inquiétude pour le père d'une enfant de 4 ans. Elle devait arriver à la gare de Strasbourg avec un accompagnant SNCF. Il ne l'a jamais vue. On a perdu votre fille. Il lui a-t-on dit par téléphone. En fait, la fille était descendue à la mauvaise gare. La SNCF reconnaît une erreur.
France Info.
Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, notre invité ce matin sur France Info. La loi que vous défendez, Bruno Le Maire, la loi Pacte arrive en débat en deuxième lecture au Sénat aujourd'hui et demain. Elle prévoit notamment la privatisation d'aéroports de Paris. Pourquoi la défendre, Bruno Le Maire ?
D'abord parce qu'elle prévoit beaucoup de mesures pour les PME qui sont très attendues. La simplification des seuils, un meilleur accès au financement. Elle prévoit des mesures pour les salariés, pour qu'ils puissent être mieux associés aux décisions de l'entreprise, faire partie du conseil d'administration, devenir actionnaire de leur entreprise. Elle prévoit la modification du système d'épargne-retraite qui sera largement simplifié. Et sur l'aéroport de Paris,
cette entreprise si rentable ?
Mais moi, j'estime que c'est une nécessité économique, la privatisation d'aéroports de Paris. Et je la défends parce que je considère que si nous voulons que demain, l'aéroport de Paris soit le premier hub en Europe devant Londres, si nous voulons que l'aéroport de Paris soit l'un des premiers hubs mondiaux, il faut donner les moyens à cette entreprise de se développer. Et elle se développera mieux, à mon sens, avec un actionnariat privé. J'estime que ce n'est pas le rôle de l'État de s'occuper de la gestion de boutiques, de parkings ou d'hôtels qui représentent, je le rappelle, près de 75%. C'est que ça, l'aéroport de Paris ? C'est principalement ça en termes de résultats.
Ensuite, c'est une frontière, bien entendu. Mais je veux dire à tous nos auditeurs que les frontières seront défendues avec la même protection, avec le même moyen de puissance publique que c'était le cas avant. La vraie question, c'est voulons-nous, oui ou non, le développement d'aéroports de Paris ? Je le souhaite. Et j'estime qu'un actionnaire privé pourra le faire aussi bien si c'était mieux que l'État. Et l'État, de son côté, garantira la protection des frontières, le contrôle des personnes, le contrôle des biens,
comme il le faisait au paradis. Il n'empêche que l'État est en train de se délester d'une entreprise extrêmement rentable qui rapportait énormément d'argent à l'État. Est-ce que vous n'êtes pas en train de renouveler la même erreur que celle qui a été commise lors de la privatisation des autoroutes en 2005 ? À l'époque, vous étiez d'ailleurs directeur de cabinet du Premier ministre Dominique de Villepin qui a décidé cette privatisation. D'abord,
l'État ne se déleste pas, il investit pour l'avenir. Et il finance avec cet argent un fonds de 10 milliards d'euros pour financer les innovations de rupture, notamment sur l'intelligence artificielle, dont dépendront demain notre souveraineté. Parce que vous n'aurez pas de souveraineté politique si vous ne gardez pas votre souveraineté technologique et si votre intelligence artificielle est entre les mains des Chinois et des Américains. Donc la souveraineté, ce n'est pas uniquement les frontières des reports de Paris, c'est aussi la maîtrise des technologies. Et vous avez tiré des leçons des erreurs commises lors de la privatisation des autoroutes ?
Je vais être encore plus clair avec vous, il y a eu des erreurs qui ont été commises. Je le reconnais bien volontiers, je prends toutes mes responsabilités. Mais j'essaye de tirer les leçons de cette erreur. Quelle est l'erreur qui a été commise ? C'est qu'il n'y a pas eu de contrôle sur les tarifs quand il y a eu la cession des autoroutes. Eh bien, nous avons tiré les leçons de cette erreur et il y aura un contrôle par l'État des tarifs négociés tous les 5 ans entre Aéroports de Paris et l'État. S'il n'y a pas d'accord entre Aéroports de Paris et l'État sur le niveau des tarifs aéroportuaires, c'est l'État qui les fixera librement.
Et tant qu'il n'y aura pas d'accord entre l'État et Aéroports de Paris sur le niveau de ces tarifs, l'État pourra dire il n'y a pas d'accord, c'est nous qui décidons. Donc vous voyez que nous avons donné toutes les protections nécessaires aux consommateurs et que j'ai tiré personnellement les leçons des erreurs qui ont pu être commises dans le passé avec les autoroutes pour que dans le cadre de cette cession elles ne se renouvellent pas.
La loi Pacte est donc débattue au Sénat aujourd'hui Bruno Le Maire. L'une des figures du mouvement des Gilets jaunes, Éric Drouet, annonce qu'il va être reçu entendu aujourd'hui par la commission spéciale sur ce projet de loi par le Sénat. Il est opposé avec d'autres Gilets jaunes à la privatisation d'Aéroports de Paris. Est-ce que sa contribution peut être intéressante au point qu'il soit invité par le Sénat ?
Pourquoi Éric Drouet ? Je ne vous cache pas ma surprise, mon étonnement de voir que le Sénat interroge Éric Drouet pour savoir quel est son avis sur l'Aéroport de Paris. Il est spécialiste du sujet, il est membre d'Aéroports de Paris, il est salarié d'Aéroports de Paris. A quel titre est-ce qu'on l'interroge ? Le Sénat veut se faire remarquer ou il veut faire avancer le débat politique sur la question des privatisations que nous avons déjà débattu très longuement au Sénat ? Je ne trouve pas cette invitation responsable et ça n'est pas ma conception de la politique. C'est une faute ?
Je dis que cette invitation n'est pas responsable, que ce n'est pas ça qui fera avancer le débat et que ce n'est pas les remarques de M. Éric Drouet sur la privatisation d'Aéroports de Paris qui permettront de faire avancer ce débat. On peut être pour cette privatisation et on peut être contre. Il y a de très bons arguments dans un sens comme dans l'autre. Moi, je crois profondément qu'elle est nécessaire économiquement et qu'elle va permettre le développement d'ADP, le financement de l'innovation de rupture, tout cela avec des garanties pour nos citoyens. Mais je ne vois pas en quoi M.
Drouet est plus qualifié qu'un autre et pourquoi le Sénat, sinon pour se faire remarquer, l'invite à débattre de ce sujet.
Le Brexit, normalement, Bruno Le Maire, devrait avoir lieu vendredi, 12 avril, mais Theresa May sollicite un nouveau report jusqu'au 30 juin. Faut-il lui accorder ce nouveau report ? Est-ce que le sommet de Bruxelles de demain doit le décider ?
Si elle apporte au président de la République et à travers lui et à tous nos compatriotes des explications claires sur les raisons pour lesquelles elle veut ce report. Parce que derrière ce report, il faut bien voir ce qui peut se passer, une situation totalement ubuesque où un État qui a décidé de sortir de l'Union Européenne participerait malgré tout aux élections européennes du 26 mai prochain. Vous voyez bien l'aspect totalement
surréaliste
de cette décision. Donc elle doit nous apporter, elle doit apporter au président de la République aujourd'hui tous les éclaircissements sur les raisons pour lesquelles elle demande ce report et en quoi ça faciliterait au bout du compte un accord entre la Grande-Bretagne et l'Union Européenne. Sinon, allons-y pour un Brexit sans accord vendredi soir. Je préfère bien entendu qu'il y ait un accord mais il faut que Theresa May nous apporte les raisons pour lesquelles elle demande ce report et que ce soit des raisons qui soient crédibles.
Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances était l'invité de France Info ce matin. Excellente journée à tous.
Bruno Le Maire