Voix de droite : Mélenchon, une gauche contre-productive - 08/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, Apolline Matin, voix de gauche, voix de droite. Nouvelle France, le slogan hier crié par les participants, 26 000 d'après les organisateurs. Jean-Luc Mélenchon, son meeting hier à Saint-Denis. Le leader insoumis qui a déroulé une partie de son programme, SMIC à 1 700 euros, retour de la retraite à 60 ans, 6e République, indépendance de la Nouvelle-Calédonie et Nouvelle-France. Donc pour vous Charles, Charles Consigny, voix de droite ce matin, Jean-Luc Mélenchon et les insoumis sont contre-productifs pour la gauche. Ça veut dire quoi ?
Pas pour la gauche, pour la France. Moi je constate comme tout le monde que le camarade Mélenchon nous a offert hier un magnifique meeting. Et ça fait du bien de voir une foule comme ça engagée et animée par une certaine ferveur militante. Néanmoins je regarde le fond et sur le fond, au fond, je suis même un peu déçu parce que je regarde les propositions qui sont extrêmement classiques, pas originales et qui à mon sens sont extrêmement mauvaises pour le pays. Je pense notamment à la retraite à 60 ans. Il n'y a pas un économiste sérieux, pas un, qui défend l'idée de la retraite à 60 ans en France. Tout le monde dit que c'est une connerie sans nom et que ça n'est pas finançable, par exemple.
Mais ça n'est qu'un exemple.
Ça veut dire que vous êtes presque déçu que Mélenchon fasse de la gauche quoi ?
Non, je suis déçu qu'il manque de créativité, si vous voulez. Autant j'ai été surpris, enfin pas surpris d'ailleurs, mais il a réussi à attirer Annie Ernaud, qui à mes yeux est une très grande écrivain dans ses filets, et à lui faire s'exprimer au pupitre. Alors je savais qu'elle était aussi mauvaise femme politique que bonne écrivain, donc je ne suis pas très étonné. En revanche, j'attendais plus de créativité sur le plan des propositions. Et là, bon, on est sur...
Donc sur le SMIC à 1700, sur la retraite à 60 ans, sur la 6ème République, en effet, vous vous y attendiez. Qu'est-ce que vous pensez aussi de l'autonomie plus grande des différents territoires ? Pour la Corse notamment, une autonomie étendue. Et alors pour la Nouvelle-Calédonie, l'indépendance.
Carrément l'indépendance. Je pense que c'est en réalité l'affaiblissement de notre pays. Et en fait, c'est très frappant de voir à quel point, à l'extrême gauche, on se fiche complètement d'avoir une France puissante, d'avoir une France qui compte dans le monde. Sachez par exemple que la France est le pays dans le monde devant les Etats-Unis qui dispose du plus grand domaine public maritime, des plus importantes, au territorial. Notamment grâce à la Nouvelle-Calédonie, grâce à tout un tas de territoires qui font partie de notre puissance, qui font partie de notre capacité à nous déployer à l'international. Ça, ça n'intéresse pas du tout Mélenchon.
De même que plus d'autonomie pour la Corse, etc. Tout ça, c'est de la démagogie pour essayer de racoler quelques votes corse. Tout ça, à mon sens, va contre la puissance française et donc, in fine, contre les classes populaires. Puisque si vous appauvrissez le pays, vous appauvrissez ces classes populaires.
Un mot aussi de ce slogan qu'on a entendu. Écoutez les cris de la foule. Ce que vous distinguez, là, dans la foule, c'est le cri « On est chez nous ». Un cri qu'on entend d'habitude du côté du RN, voire même du Front National d'avant. Ce « On est chez nous », mais qui se veut évidemment, à l'inverse, le côté « On est chez nous, Nouvelle-France ». Comment vous réalisez à ça ?
Alors, je ne veux pas le diaboliser. Je suis sûr que beaucoup de gens se précipiteraient pour dire « Ah voilà, ça veut dire qu'ils font du séparatisme territorial. » « Ça veut dire qu'ils sont, dans je ne sais quelle conquête, etc. » Je pense qu'effectivement, c'est une espèce d'écho au slogan du RN, qui, en tout cas, est scandé dans certains meetings du RN. Moi, je pense, pour le coup, je vais vous dire, je vais reconnaître une chose à Mélenchon, même s'il le fait par le clientélisme le plus affreux et parfois par des allusions antisémites ou autres dont tout le monde a compris le sens et la portée.
Je pense quand même qu'il fait l'effort de parler à toute la France, si vous voulez, à la plus large partie de la France possible. Et là-dessus, je lui reconnais ça et je pense que les autres parties devraient faire, eux aussi, l'effort...
Vous voyez, vous avez été surpris, finalement, alors ?
Non, mais bien sûr, par la marée humaine, etc. Ça, tout le monde le voit. Mais je pense que, sur ce plan-là, les autres parties pourraient faire aussi cet effort d'aller retrouver un peu le peuple dans toute sa diversité.
Charles Consigny, la voix de droite, demain, ce sera la voix de gauche, Cécile Dufault.