Enfant tué à Nîmes, Médine aux journées d'été EELV, taxe sur les billets d'avion... Le "8h30 franceinfo" de Marie Toussaint
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Bonjour Marie Toussaint, un enfant de 10 ans tué par balle lundi soir à Nîmes, victime collatérale dans ce qui ressemble fort à un règlement de compte dans un quartier gangréné par le trafic de drogue, que faire pour lutter contre ce fléau ?
Je veux d'abord dire que c'est une tragédie, une tragédie et je veux envoyer toutes mes pensées et mes condoléances à la famille et aux proches de cet enfant qui n'aurait jamais dû trouver la mort. Et la réalité c'est que cet enfant il est certes mort sous les balles des trafiquants de drogue, mais s'il est mort c'est à cause des politiques. C'est à cause des politiques et de la guerre que nous ne menons pas contre le trafic de drogue, contre les trafiquants de drogue, pour rétablir l'égalité et la justice sociale dans les quartiers. Et donc c'est une responsabilité des politiques et je veux le préciser, de tous les bords politiques.
Et pourtant le gouvernement prétend prendre ce problème des trafics de drogue à bras-le-corps. Gérald Darmanin a fait du démantèlement des points de deal une priorité et dans l'immédiat à court terme, il a envoyé la CRS 8 sur place, une unité spécialisée. Est-ce que ça va dans le bon sens s'il fallait cette fermeté, cette présence policière ?
Alors la fermeté on peut justement la remettre en question. Moi je veux dire deux choses. D'une part du côté de la police et de la justice, on a un vrai souci. Voilà et donc on envoie certes CRS 8, mais la réalité c'est qu'on a délaissé les quartiers. Il n'y a plus de police de proximité, il n'y a plus de moyens dans la police et dans la justice pour mener cette guerre-là. Et dans le même temps on ne mène pas la bataille contre les paradis fiscaux qui sont le lieu de blanchiment de l'argent de la drogue. Et donc la réponse elle a besoin d'être beaucoup plus ferme que ce qui nous est aujourd'hui proposé. Et la deuxième chose c'est qu'on a aujourd'hui des enfants très jeunes.
On entendait sur votre antenne un peu plus tôt des enfants parfois dès 13 ans qui sont embrigadés par les trafiquants de drogue. Et donc ce par quoi il faut répondre aussi, c'est répondre à la misère sociale, répondre au chômage. Et donc cette réponse-là, chaque mesure sociale que nous prenons pour redonner de l'avenir à ces jeunes dans ces quartiers, chaque mesure sociale que nous prenons est une réponse face au trafic de drogue et face au trafiquant de drogue. Et donc il faut mener la bataille sur les deux aspects, sur ces deux pieds. La réponse policière est celle de la répression et la réponse sociale, ces deux pieds sont inséparables.
Et pour s'attaquer au trafic de drogue en tant que tel, que proposez-vous, que faut-il faire ? – Mais écoutez, j'ai déjà donné un certain nombre de solutions et de pistes.
– Envisagez-vous la dépénalisation ? – Pour travailler, écoutez, le maire de Begle, Clément Rossignol, a proposé une expérimentation pour voir ce que ça donne. La réalité, c'est que le trafic de drogue, ce sont des milliards d'euros par an, rien que pour la France, et qu'il nous faut assécher les ressources économiques et financières de ces trafiquants de drogue. Et donc pour l'assécher, je vous ai parlé des paradis fiscaux, c'est absolument indispensable, mais il faut aussi aller aux racines et donc regarder, ouvrir la boîte de la légalisation et de savoir est-ce que ça peut permettre de couper ces ressources financières ou pas.
Mais je vous l'ai dit, les deux premières réponses, ce sont la réponse effectivement de la police, de la justice et la réponse sociale.
– Mais pour la drogue, légaliser plutôt que dépénaliser, ce serait votre choix ?
– Je vous l'ai dit, réponse police-justice, réponse sociale et des expérimentations pour voir comment nous pouvons assécher les flux d'argent qui arrivent dans la poche des trafiquants de drogue.
– Est-ce que le modèle allemand qui est en train de se dessiner avec le gouvernement qui propose que toute personne à partir de 18 ans puisse acheter et posséder jusqu'à 25 grammes de cannabis et même cultiver des plans pour son propre usage, ça peut être un modèle à suivre d'après vous ?
– Je suis députée européenne et le fléau de la drogue, vous savez, il est mondial. Il est mondial et c'est à tous les niveaux qu'il faut se battre contre ce fléau-là. Au niveau européen, il y a des solutions qui sont imaginées. Je pense qu'on en reparlera tout à l'heure quand on parlera de la vague de la canicule et de ce que ça crée pour les populations. Il y a des solutions qui sont testées, je pense qu'il faut les regarder avec attention, voir ce qui marche, ce qui ne marche pas.
En tout cas, ce que je constate, c'est qu'en France, il y a une immobilité totale sur ce sujet-là qui n'a d'égal finalement que la façon, je parlais tout à l'heure de tous les bords politiques, que la façon dont on a depuis des décennies délaissé les quartiers populaires et qu'on les a finalement envoyées entre les mains des trafiquants de drogue.
Mais l'égaliser le cannabis, est-ce que le risque ne serait pas que les trafiquants, par exemple, se rabattent sur les drogues dures ? J'ai dit, il faut expérimenter, il faut tester. Vous n'en avez pas sûr.
L'urgence de toutes les urgences. Vous savez, c'est à la fois une guerre sociale, une guerre policière, une guerre contre les paradis fiscaux, une guerre sanitaire aussi. C'est un problème de santé publique qu'il faut prendre avec un très extrême sérieux. Voilà, donc il faut regarder, il faut regarder ce qui marche. Et on doit, on a le devoir et la responsabilité de gagner cette bataille contre la drogue.
Vous avez évolué chez les Verts en termes de questions de sécurité. Vous étiez sujet à un procès en laxisme régulièrement. Je crois qu'on a, par exemple, sur la police de proximité,
toujours défendu le fait de ne pas retirer la police de proximité, de la remettre dans les villes, que nos maires font un travail important sur ce sujet-là. Et je pense, par exemple, à Grégory Doucet, qui appelle régulièrement à avoir plus de policiers dans la ville de Lyon. Voilà, donc on n'a pas évolué. La réalité, c'est que la sécurité des citoyennes et des citoyens, sous tous ces aspects, est absolument primordiale pour nous.
Le rappeur Medine, que vous avez invité aux journées d'été des Verts, se défend dans la presse ce matin, notamment dans Paris-Dormandie. « Cela me broie que l'on me taxe d'antisémitisme », dit-il. Il dit que son tweet sur l'essayiste Rachel Kahn n'était pas antisémite. Est-ce que c'est suffisant pour vous ? Vous appelez maintenant à tourner la page, vous acceptez ces excuses ?
Écoutez, vous savez ce que disait Simone Veil ? Elle disait « Quand on fait une erreur, on ne la regrette pas, on l'assume ». Eh bien, je veux dire calmement et nettement que, sur ce coup-là, nous assumons, et j'assume que nous ayons fait une erreur.
C'était une erreur de l'invité.
C'est vrai que nous ayons fait une erreur, et je veux vous dire, le problème, ce n'est pas Medine, c'est nous. Alors pourquoi vous avez fait une erreur ? Je le répète, ce n'est pas Medine, c'est nous. On a cherché le buzz, on l'a lu, de la pire des manières possibles. On ne badine pas avec l'antisémitisme. Voilà, c'est un sujet qui est trop important, trop sérieux,
pour qu'on fasse des coups politiques. Mais Marie Toussaint, vous êtes assez minoritaire dans votre parti. Certains, comme vous, sont sur la même ligne, le maire de Bordeaux, la maire de Strasbourg, par exemple, qui ont annulé leur présence, mais la majorité des cadres du parti ont assumé de l'inviter. C'est un problème pour vous ? Ça aura des conséquences ?
Je vous l'ai dit, j'assume que nous ayons fait une erreur. Voilà. Et sur le sujet, on a eu tout faux, de A à Z. Et vous savez, on se fait accuser à la fois par les amis de Medine et par les ennemis de Medine. Ça prouve bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Et par contre, ce que j'aimerais dire aussi, c'est qu'on a d'un côté les amis de M. Macron qui disent que nous sommes des anti-républicains. Puis M. Mélenchon qui dit que nous sommes des soumis. C'est très charitable. Mais la réalité, c'est que nous sommes des républicains et nous ne sommes soumis à personne. Et certainement pas à M. Mélenchon. Après, je me moque de ce qu'il pense de nous. Mais ce que je veux dire à M.
Mélenchon, c'est que quand on a un allié qui est dans la difficulté, on n'en profite pas pour lui mettre la tête sous l'eau.
Oui, parce qu'il dit que vous êtes soumis au candidaton des hypocrites. Mais quand Marine Tandouillier, par exemple, antisémitisme insidieux lié à l'ignorance, quand Médine dit « je ne savais pas que la guenelle était antisémite », ça, ce n'est pas convaincant pour vous avec un sujet aussi grave ? Écoutez, quand on invite quelqu'un,
on ne lui demande pas pourquoi on l'a invité. Voilà. Donc, non, on a tout faux. Moi, je veux dire deux choses vraiment importantes. Un, je refuse et je combats toutes les formes d'antisémitisme. Et deux, je combats aussi les amalgames. Les amalgames qui reviennent à dire banlieue égale rap, rap égale antisémitisme, parce que je pense que les quartiers populaires n'ont vraiment pas besoin qu'on leur jette l'opprobre.
Est-ce que vous appelez les insoumis, pardon, juste à clarifier leur position vis-à-vis de l'antisémitisme ? Parce que Clémence Guettet, hier, elle disait « non, Médine n'est pas antisémite, il est victime d'une polémique montée par l'extrême droite et on s'en prend à lui parce qu'il vient des quartiers ». Est-ce que vous comprenez ce genre de justification des insoumis ?
Écoutez, les insoumis sont face à leur responsabilité. Ils expliqueront, ils expliquent déjà, ils expliqueront quelle est leur position. Mais ils sont ambigus ? Moi, je le répète, je n'ai pas à juger de ce que disent les insoumis. Je le répète, notre priorité, ça doit être de parler d'écologie et, en l'occurrence, là, nous avons été pris au piège. Nous nous sommes tendus à nous-mêmes un piège. Il faut absolument qu'on réussisse à passer à autre chose.
C'est-à-dire que vous dites aujourd'hui « On assume l'erreur de l'invité au départ » et désormais, vous, puisqu'il sera demain aux journées d'été, Marie Toussaint, vous irez l'écouter, le rappeur Médine ?
Pendant les journées d'été, on a un certain nombre d'activités. Moi, il se trouve que je serai ailleurs à ce moment-là. Ceux qui veulent l'écouter, iront l'écouter.
Pourquoi vous n'annulez pas, dans ce cas-là, sa présence et son invitation ? Je vous ai dit,
on n'invite pas quelqu'un pour lui demander pourquoi est-ce qu'on l'a invité. Voilà. Donc, c'est de votre faute. C'est trop tard. Voilà. Le problème, ce n'est pas Médine, c'est nous. C'est ce que j'ai dit au départ. Et vous savez, Médine, il nous dit « J'ai eu tort dans le passé et maintenant, j'ai changé. » Mais comment est-ce que vous voulez que je vous dise ce qui se passe dans sa tête et dans son cœur ? On n'est pas les agents de probation de Médine. On ne peut pas juger de ça. Moi, ce que je sais, c'est que les quenalières et les jeux de mots pourris aujourd'hui, ce n'est pas ce dont a besoin le pays. Et le pays n'a pas besoin qu'on jette de l'huile sur le feu.
Il n'a pas besoin d'invectives, il n'a pas besoin de violences verbales, il n'a pas besoin d'insultes. Ce dont il a besoin, c'est de respect. C'est de dialogue entre des gens qui ne sont pas nécessairement d'accord et c'est de s'aimer un peu plus les uns les autres. Voilà ce que je crois.
Marie Toussaint, eurodéputée Europe Écologie Les Verts, vous restez avec nous à 8h42. Elia Bergel pour le Fil Info.
Les fournitures scolaires plus chères cette année, une hausse de 6% selon le panier France Info, spéciale rentrée des classes avec notamment l'augmentation des prix des stylos à cause de la hausse des coûts du plastique. À Nîmes, la CRS 8 est arrivée en renfort. Une vingtaine de policiers au total de cette unité spécialisée dans le maintien de l'ordre en zone urbaine après la mort de Fayette disant tuer dans une fusillade à côté d'un point de deal la voiture de son oncle dans laquelle il se trouvait visée par des tirs. Les premières explications après les épreuves de natation annulées dans la Seine à Paris le week-end dernier.
Selon la mairie, un défaut sur une vanne du réseau d'assainissement est en cause. Des épreuves de GIO de Paris sont prévues dans la Seine l'été prochain. Pas de médaille pour la France au Mondial d'athlétisme de Budapest en Hongrie. Hier, Mélina Robert-Michon termine à la 9e place du lancé de disques au programme aujourd'hui. Les séries du 800 mètres femmes, les qualifications du saut à la perche avec trois tricolores en lice dans chaque discipline. France Info
Le 8.30 France Info Agathe Lambré Agathe Mahuet
Toujours avec Marie Toussaint, eurodéputée Europe Écologie Les Verts, future tête de lice des Verts pour les européennes. On va parler de la canicule. 19 départements sont aujourd'hui en vigilance rouge à la canicule. Lundi a été la journée la plus chaude jamais mesurée après un 15 août. Face à cet épisode de chaleur, est-ce qu'il y a des mesures prises par le gouvernement que vous saluez ? Écoutez, le gouvernement,
aujourd'hui, il se déplace beaucoup. Il sensibilise. Il y a ce numéro vert. Donc, on voit Christophe Béchut et Sarah Elagri à Lyon pour saluer justement le travail des écologistes. On voit Marc Fénaud en Saône-et-Loire, il me semble, pour aller visiter des agriculteurs. Et puis, on voit M. Dussopt aller visiter des chantiers de BTP. Bon, la réalité, c'est que la sensibilisation, c'est bien, mais c'est largement insuffisant. Et que la canicule, ce sont des impacts extrêmement concrets sur les gens, sur les Français, sur les Français, les Européennes, les Européens, d'ailleurs, et partout autour du monde. Et on voit bien, je vous donne un exemple. Qu'est-ce qu'il faut faire alors ?
Alors, je veux vous donner quelques exemples d'abord parce qu'au CHU de Bordeaux, chez moi, on a compté des températures à 42 degrés. Et on comprend bien que des personnes vulnérables, des personnes malades, des personnes parfois âgées, sont sujettes à ces énormes chaleurs et qu'il faut agir. On a aussi ce qu'on appelle en hiver des passoires thermiques. Mais vous savez, en été, ce sont aussi des bouilloires thermiques. Donc, on a des personnes qui vivent dans des logements dont ils n'arrivent pas à faire descendre la température.
Et bien évidemment, les travailleurs, et à fortiori ceux qui travaillent à l'extérieur, donc les salariés du secteur agricole ou alors les salariés du BTP, sont soumis à des chaleurs qui peuvent parfois être mortelles. Vous voulez modifier le code du travail à ce sujet
pour empêcher que certains travaillent au-delà de 33 degrés, par exemple ? Oui, et vous savez,
c'est une demande des syndicats et en particulier des syndicats européens depuis quelques années déjà. Et malheureusement, rien n'est fait. Mais c'est une évidence. Vous savez, en Belgique, on se dit qu'au-delà de 22 degrés, les travaux pénibles doivent être arrêtés. En Slovénie, il y a une limite de travail à la température de 28 degrés. Mais on dépasse régulièrement dans le sud de la France les 30 degrés. Incitation, oui. En France, on a des incitations et puis rien. Mais vous savez, ce que vous dites, ça montre quoi ? Ça montre qu'aujourd'hui, on entre dans un nouveau régime climatique. Et que ce régime climatique, il nécessite quoi ?
Il nécessite d'une part de nouveaux droits sociaux pour protéger les salariés des fortes chaleurs, des conditions difficiles de travail, je vous l'ai dit, parfois même mortelles. Donc c'est indispensable que nous mettions en place. Mais concrètement,
ça veut dire que les entreprises s'arrêtent en cas de forte chaleur comme ça ?
Parce que le code du travail prévoit déjà un droit de retrait. Donc là, vous voulez aller plus loin, fixer un seuil à 33 degrés. Mais pour les employeurs, ça veut dire quoi ? Ça veut dire des journées sans salariés ? Est-ce que ça concerne l'extérieur, l'intérieur ? Expliquez-nous.
C'est ce que vous soulignez. On a besoin de nouveaux droits sociaux et on a besoin de nouvelles protections sociales pour les entreprises. Et vous savez, ça ne se décrète pas. Ce n'est pas d'un claquement de doigts. Il faut qu'il y ait un travail entre les partenaires sociaux à ce sujet-là. C'est une évidence. On prend l'exemple de la restauration. Je vous ai parlé du secteur agricole ou du BTP.
Quand on a besoin de rénover en profondeur les logements, quand on a besoin de mettre des volets, par exemple, sur ces bouilloires thermiques et que rien n'est fait aujourd'hui, quand on a besoin de repeindre les toits en blanc, quand on a besoin de rénover pour consommer moins d'énergie, on a besoin de ces travailleurs. Et donc, il faut trouver des solutions. Ces solutions, elles doivent être construites avec les partenaires sociaux.
Voilà. Vous n'avez pas répondu clairement sur concrètement comment cette proposition pourrait être mise en œuvre ? On met des limites
de travail avec effectivement des discussions avec le patronat, avec les forces sociales pour déterminer qu'est-ce qui est de l'ordre de l'arrêt de travail pur et qu'est-ce qui est de l'ordre des protections sociales qui soient mises en œuvre. Mais je vous l'ai dit, le nouveau régime climatique dans lequel on entre, il faut bien comprendre que ce dérèglement climatique, il va continuer à s'accélérer. Que les vagues de canicule, que les vagues de chaleur qu'on connaît aujourd'hui où on dit c'est la semaine la plus chaude, le jour la plus chaud, le mois le plus chaud, tout ça, ça va s'accroître. Tous les ans, on va entendre cette rengaine-là.
Et donc, il est temps qu'on mette vraiment à plat tout notre système de protection sociale pour pouvoir s'adapter
à ce nouveau régime climatique. Vous parliez tout à l'heure de la climatisation qui manque dans certains hôpitaux actuellement, qui est un peu un pansement en cette période de canicule, mais qui à terme finalement contribue aussi au réchauffement climatique. Qu'est-ce que vous prônez d'encadrer, de limiter l'usage de la climatisation ?
Alors, la première chose, c'est quand il fait 42 degrés dans un hôpital, on a besoin de climatiseurs. C'est une évidence. Voilà. Donc, je veux le dire très clairement, il est hors de question qu'on coupe la clim pour les personnes qui sont en situation de vulnérabilité. Maintenant, une fois que j'ai dit ça, on a aussi des clims qui servent soit à des fins purement commerciales, soit à des fins d'agrément pour son intérieur, pour sa maison, qu'on peut remplacer par des ventilateurs. Les gaz qui sont issus des climatiseurs, ce sont des gaz qui sont bien plus réchauffants que le CO2. Mais donc, il faut réguler la vente des climatiseurs aux particuliers ?
Oui, on le fait au niveau européen d'ailleurs. On est en train de négocier sur un texte pour sortir des gaz qui sont ceux des climatiseurs et pour trouver de nouvelles solutions. Alors, ça n'existe pas aujourd'hui. Là, je ne peux pas vous dire qu'on peut remplacer tout de suite un climatiseur par autre chose. Mais la réalité, c'est que c'est possible et qu'on travaille beaucoup pour qu'on fasse ce saut, ce saut technologique et d'autres solutions qui soient proposées aux uns et aux autres.
Parmi les autres solutions, aussi, le gouvernement a commandé un rapport sur l'intérêt de peindre certains toits en blanc. Vous vous félicitez que cette piste soit retenue ?
Ah bah oui, évidemment. Il était temps. Il y a des solutions extrêmement simples pour lutter contre le dérèglement climatique ou en tout cas s'en protéger, s'y adapter. Voilà. Et l'adaptation, c'est absolument crucial. Et donc, peindre les toits en blanc, ça fait partie de ces solutions qu'il faut absolument déployer à grande échelle, végétaliser, naturaliser les villes. Mais ça ne règle pas
totalement la question de la chaleur dans les bâtiments.
Non, mais vous savez, ce qui pourrait régler la question de la chaleur dans les bâtiments, c'est le fait qu'on lutte véritablement contre le dérèglement climatique. Voilà. Et la réalité, c'est que le gouvernement a été sanctionné, condamné deux fois pour une action dans la lutte contre le dérèglement climatique, qu'on a une forme de focalisation sur la décarbonation et que dans le même temps, le gouvernement laisse les forêts se dessécher, laisse les sols s'assécher aussi. Et donc, ça veut dire qu'on empêche la biodiversité, la nature, le vivant, d'absorber le CO2.
Et donc, on fait trop peu pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais en plus, on détruit la capacité de la nature à l'absorber. Et donc là, on a besoin d'une action. Donc moi, j'entends que M. Macron, il se prétende le leader de la planète, mec de Planète Great Again, etc. Mais dans la réalité, quand on regarde ce qui se passe sur le terrain, la réalité, c'est que la France est en retard, la France est en retard sur l'air renouvelable, la France perd de son puits de carbone, donc ses forêts, ses sols, cette eau qui absorbe le CO2 et c'est ça qu'on a absolument besoin de faire, en plus de gérer les situations d'urgence.
Et le gouvernement qui prépare un décret pour faciliter la réutilisation des eaux usées, ça c'est une bonne chose aussi ? Bien sûr,
mais vous savez, tout ce qui est fait est bon à prendre. Voilà, tout ce qui est fait est bon à prendre. Moi, ce que je souligne, c'est le fait que nos objectifs soient trop bas pour tenir les objectifs de l'accord de Paris qui a pourtant été signé dans notre capitale sous présidence française. Les objectifs dans la loi française aujourd'hui, comme dans la loi européenne d'ailleurs, sont trop bas et que par ailleurs, les actes ne suivent pas. Ne suivent pas. Voilà. Et donc, à un moment, il faut agir, agir plus, agir mieux, contrôle des règlements climatiques, agir à l'intérieur de notre territoire, agir à l'extérieur de nos frontières.
Quand une entreprise comme Total, dont on est extrêmement fier, c'est un fleuron français, continue à investir dans des puits de gaz et de pétrole, continue à ouvrir des terminaux métaniers de gaz. Vous savez, le gaz, on est en train de trouver que c'est presque aussi polluant, voire aussi polluant que le charbon. Voilà. La réalité, c'est qu'on doit sortir du pétrole, on doit sortir du gaz, on doit le faire pour nous et on doit inciter, voire contraindre, les entreprises françaises et européennes à sortir du gaz et du pétrole également à l'étranger. C'est une nécessité vitale si nous voulons préserver une planète vivable pour l'humanité.
Vous restez avec nous, Marie Toussaint, tête de liste Europe Écologie Les Verts aux élections européennes. Le fil info d'abord à 8h50 avec Elia Bergel.
La vigilance rouge canicule est tendue à 19 départements sur une large diagonale qui va de l'1 au Gers. 37 départements restent en vigilance orange canicule dans les deux tiers sud du pays. Quasiment un demi-million d'euros d'amende pour SNCF Réseau pour complicité d'atteinte à l'environnement. La décision hier du tribunal correctionnel d'Angers à cause de travaux d'élagage menés en bord des voies en 2019 dans le Maine-et-Loire pendant la nidification des oiseaux. Trois personnes ont été tuées aujourd'hui dans une attaque de drones ukrainiennes dans la région russe de Belgorod, région frontalière de l'Ukraine.
Par ailleurs, des infrastructures sérialières de la région d'Odessa endommagées cette nuit par une attaque de drones russes. Le chanteur Toto Kutugno est mort à 80 ans. Vous connaissez peut-être son tube l'Italiano dans les années 80. Entre autres, il a aussi remporté l'Eurovision en 1990. France Info
Le 830 France Info Agathe Lambret Agathe Mahuet
Bonjour avec Marie Toussaint, eurodéputée Europe Écologie Les Verts. L'exécutif planche sur le budget 2024 et revendique d'ailleurs sa tonalité verte. Il cherche des économies pour financer la transition écologique, notamment le gouvernement qui envisage notamment une taxe sur certains billets d'avion. Est-ce que ça va dans le bon sens Marie Toussaint ?
Là aussi, oui. Et je ne peux pas dire que le fait de taxer plus les billets d'avion soit une mauvaise chose. La taxe sur les billets d'avion, on la demande depuis longtemps. On demande une taxe ambitieuse pour réduire notamment les écarts de prix entre le train qui est non polluant et l'avion qui est extrêmement polluant qui ne bénéficie qu'à quelques-uns.
Donc, il faut absolument aller dans cette direction. En l'occurrence, ça concernerait a priori selon le ministre des Transports seulement les billets de première classe et de classe à faire. Est-ce que c'est suffisant où il faut une taxe sur tous les billets d'avion ?
Alors, c'est largement insuffisant mais pas seulement en termes de taxes sur les billets d'avion. Moi, ce que je veux dire, c'est qu'on parle de taxes sur les premières classes et sur la classe à faire. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, on a d'un côté Bruno Le Maire qui nous dit qu'il faut réduire drastiquement les dépenses de plusieurs dizaines de milliards d'euros pour pouvoir rattraper nos objectifs sur le déficit et la dette. On a de l'autre côté Elisabeth Borne qui nous dit mais il faut trouver des sous pour lutter contre le dérèglement climatique et donc au-delà de la fiscalité, il faut qu'on investisse. Les sommes sont dérisoires par rapport à ce dont on a besoin.
Elisabeth Borne nous parle d'environ 6 milliards pour cette année alors que le rapport Pisaniféri commandé par le gouvernement nous parle d'au moins 30 milliards par an nécessaires sur la décennie qui vient. Donc, il y a encore énormément de travail à faire et moi, ce que je constate... Donc, vous avez passé aussi la classe éco ? Non, ce n'est pas ce que je dis. Je reviens dessus. Je reviens dessus.
Mais ce que je constate, c'est qu'aujourd'hui, les pistes qui sont mises sur la table par le gouvernement, elles contournent l'objectif de fiscaliser les plus riches et qu'on prenne du côté des entreprises et des plus grandes entreprises ou qu'on prenne du côté des individus, on se refuse à aller taxer là où est l'argent, là où est le patrimoine pour financer des dépenses qui sont pourtant des dépenses pour le bien commun de toutes et de tous. Donc, il faudrait un ISF vert, c'est ça ? Il faudrait un ISF vert, bien sûr. Il y a des tas d'autres solutions qu'on peut trouver, qu'on peut mobiliser pour répondre à ce défi-là au niveau européen également.
des solutions monétaires par la Banque Centrale, etc. Je reviens sur cette question des billets d'avion puisque vous me l'avez posé. Aujourd'hui, l'avion est moins cher, pourquoi ? Parce que le kérosène n'est pas taxé, voilà, et que le kérosène est extrêmement polluant. Et donc, oui, on a besoin d'envoyer des signes au prix. Maintenant, je veux pointer une chose, c'est que ces signes au prix, cette fiscalité qui s'applique à tout le monde de manière égalitaire, eh bien, ce sont des politiques injustes, voilà.
Et que ce qu'on doit et le pas qu'on doit faire pour protéger la planète et agir pour la justice les deux en même temps, c'est de dégager des solutions qui soient à la fois bonnes pour la planète et justes socialement. Sur l'avion, le problème est un peu différent puisque, je l'ai dit, ce n'est pas tout le monde qui prend l'avion. La réalité, c'est que la majeure partie des Français ne prend pas l'avion, voilà.
La majorité d'entre eux, que beaucoup des trajets en avion en interne à la France sont constitués par des voyages d'entreprises et donc, il faut faire attention à la manière dont on s'y prend mais en tout cas, cette affaire des vols low cost, par exemple, est éminemment problématique et donc, il faut répondre à cette question-là tout en veillant, pas seulement sur les avions mais sur l'ensemble des mesures que nous adoptons à ce que ce soit à la fois bon pour la planète
et juste socialement. Le problème, c'est que sur le kérosène, par exemple, le gouvernement estime que la France ne peut pas être seule à taxer le kérosène. Vous qui êtes eurodéputé, le gouvernement français veut attendre le reste de l'Europe. C'est une erreur, ça ? Oui, c'est une erreur, bien sûr.
C'est une erreur, d'abord parce que quand on montre l'exemple, on peut parfois emmener ses partenaires avec soi et c'est comme ça que ça fonctionne au niveau de l'Union européenne. Parfois, un pays, un État, prend une initiative et emmène avec lui les autres États membres de l'Union. Et puis, la deuxième chose, c'est qu'on ne peut pas attendre, en matière de dérèglement climatique, on ne peut pas attendre que les autres agissent en se disant nous, on n'agit pas. Pourquoi ? Parce qu'on est en train de faire exploser les budgets de CO2 autour de la planète. Donc, on ne peut pas se dire on va rejeter la faute sur la Chine, sur la Russie.
Pourtant, l'empreinte CO2 par tête, par personne, est inférieure à la nôtre et se dire on va laisser couler ça et puis on verra bien ce qui se passe. Non, on ne verra pas ce qui se passe. En matière de lutte contre le dérèglement climatique, tout le monde doit s'y mettre. Tout le monde doit s'y mettre avec ambition et à hauteur de ses responsabilités. Encore une fois, nous n'y sommes pas.
Marie Toussaint, on parlait de vos divergences avec les Insoumis sur Médine tout à l'heure. À peine rentrée, la NUPES se déchire à nouveau. Est-ce qu'elle a encore une raison d'être, cette alliance ? Bien sûr. Vous savez, la NUPES a constitué un espoir pour des millions
de citoyennes et citoyens de ce pays. C'est aussi un bloc de résistance face à la montrée de l'extrême droite qu'on voit en France comme d'ailleurs au niveau européen. Voilà. Donc moi, je dis juste à Manuel Bompard, il ne faut pas céder au défaitisme. Le fait qu'on parte séparément aux élections européennes, il se justifie par la force de l'histoire, par le type d'élection et la proportionnelle que c'est, puis par le fait que nous, les écologistes, on est les plus européens, les plus fédéralistes, que ce n'est pas négociable. Donc, il ne faut pas céder au défaitisme. Il faut respecter la souveraineté politique de chacun. Mon parti a voté à 80% pour présenter une liste autonome.
Est-ce que ça veut dire que c'est la fin de l'histoire ? Absolument pas.
Et c'est vous, donc, qui avez été élue tête de liste par les militants, tête de liste écologiste pour ces européennes. Marie Toussaint, eurodéputée Europe Écologie Les Verts, merci d'avoir accepté ce matin. Merci à vous. Très bonne journée.
Marie Toussaint