Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewyoutube.com· 11 mai 2026 30 min

Présidentielle 2022 🎙️L'interview de Gaspad G🟢Yannick Jadot face aux Jeunes

Source d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

1:35
Présentateur

Comment faites-vous aujourd'hui pour les réunir ? C'est dans notre constitution, vous savez. Yannick Jadot, est-ce que vous serez candidat à une primaire populaire ? Ah non. Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Vous êtes député européen, Europe Écologie des Verts, candidat à la présidentielle de 2022 et donc candidat à la primaire de l'écologie. Je suis ravi de vous recevoir ici, chez Intello.

Merci d'avoir accepté mon invitation à l'occasion de cet épisode de Face aux Jeunes, notre format que vous pourrez suivre pendant toute la période des présidentielles où chaque candidat est invité à venir répondre aux interrogations de jeunes de 18 à 34 ans que vous me faites parvenir sur Instagram ou par le biais de commentaires YouTube. Nous allons passer ensemble une quinzaine de minutes à explorer différentes thématiques de votre programme et recueillir votre opinion également sur des questions d'actualité. Mais avant, Yannick Jadot, j'aimerais vous laisser 30 secondes pour que vous puissiez vous présenter auprès de jeunes Français qui peut-être ne vous connaîtraient pas.

Eh bien, j'ai 53 ans, donc je suis un peu au-dessus de la tranche d'âge que vous visez. Ça fait 30 ans que je milite pour l'écologie. Après mes études à la fac d'éco, je suis parti au Burkina Faso, deux ans, travailler avec les paysans du Burkina Faso. Après, je suis parti au Bangladesh, deux autres années, travailler avec les femmes qui ont un statut extrêmement dur au Bangladesh, très opprimées. Pour les aider à sortir de la misère et à faire valoir leurs droits. Et puis, j'ai participé à ce qu'on appelle le mouvement intermondialiste qui bloquait les conférences de l'Organisation mondiale du commerce. On a organisé, c'était l'époque de la montée en puissance d'Internet aussi.

On a organisé les premiers forums sociaux mondiaux. C'était la vraie constitution d'une société civile mondiale. Et puis, je suis rentré à Greenpeace. J'ai dirigé les campagnes de Greenpeace. De 2002 à 2008, donc les combats contre le nucléaire, contre la pêche au thon rouge, sur les déchets, sur la protection de la forêt. Et puis, une fois passées ces années de militantisme en association, j'ai décidé de rejoindre le Parlement européen et mes principaux combats au Parlement européen, c'est la lutte contre les traités de libre-échange. Par exemple, il y a un traité en négociation avec le Brésil.

Un traité de libre-échange avec le Brésil, ça veut dire importer plus de soja, importer plus de viande de bœuf. Ça détruit l'Amazonie. On sait à quel point ça détruit les paysans ici. C'est la malbouffe, c'est la souffrance animale avec un Bolsonaro qui est un apprenti dictateur. Et puis, c'est les combats pour la biodiversité, pour le climat. Une riche présentation, un parcours très dense. Nous sommes d'ailleurs à quelques semaines du début de la primaire écologiste, qui débute, on le rappelle, à partir du 16 septembre. Qu'est-ce qui vous différencie très concrètement, Yannick Jadot, des quatre autres candidats ? Moi, je ne parle pas de mes concurrentes et de mes concurrents.

Ce sont des amis, on fait partie du même mouvement politique. L'écologie que je défends, c'est une écologie qui agit. Vous voyez bien, tout cet été, on a eu les feux de forêt, les inondations. J'ai été dans le Var, là où il y a eu les méga feux dans la Plaine des Morts. J'ai été en Grèce. C'est une catastrophe absolue. J'étais en Belgique où il y a eu des inondations. Donc, il nous faut absolument agir pour le climat, pour la biodiversité et pour la solidarité. Parce que ces trois combats vont de pair, sont ensemble. Et agir, c'est évidemment éviter le chaos climatique qui déstructurerait complètement nos sociétés. Mais c'est, à travers cette action, relocaliser l'économie.

Quand on fait des énergies renouvelables, on dépend du soleil, du vent, de l'eau, plutôt que de Poutine, des pétro-monarchies du Golfe ou de la Chine sur les équipements. Quand on se bat sur ce qu'on appelle l'économie circulaire, combattre l'obsolescence programmée, le gaspillage, investir sur la réparation, la réutilisation, le recyclage, on crée des entreprises à l'échelle de nos territoires et donc de l'emploi. Donc, le combat écolo, ce n'est pas simplement éviter la catastrophe. C'est reprendre la biodiversité. C'est repenser notre modèle économique qui est assez écocidaire, très inégalitaire, ce modèle néolibéral.

Mais c'est surtout reconstruire une société où on se réconcilie les uns avec les autres. Ça nous donne en tout cas une bonne introduction de votre programme que j'aimerais un petit peu détailler. Première question peut-être sur le programme. Vous avez un regard quand même légèrement différent de certains autres candidats verts. Vous faites le pari, Yannick Jadot, de concilier développement économique, et défense de notre environnement. On a longtemps opposé ces deux termes. Comment faites-vous aujourd'hui pour les réunir ?

On a une telle urgence sur le climat, sur la biodiversité et même sur les inégalités sociales, on le voit bien sur la question des libertés et de la démocratie, qu'il va falloir emmener tout le monde, en fait, dans cette grande transition. Moi, je n'imagine pas transformer l'agriculture sans les paysans, transformer la pêche sans les pêcheurs. Et je n'imagine pas transformer l'économie. Je n'imagine pas transformer l'économie sans les entreprises. Et y compris, je vois aujourd'hui beaucoup d'entreprises qui sont en train de s'emparer de la sobriété en eau, arrêter le gaspillage, faire du bas carbone, inventer. Je vois plein de chercheurs qui s'organisent pour inventer l'économie de demain.

Je vois, parce que je tourne à la fois dans les lycées pros, dans les lycées généraux, dans les facs, dans les écoles, mais le nombre de jeunes qui aujourd'hui veulent donner un sens à leur métier, s'investir dans des entreprises, mais des entreprises qui font sens du point de vue de l'intérêt général, qui sont responsables et qui font sens pour leur activité professionnelle. Et bien, c'est ça qu'il faut accompagner. Mais pour accompagner ces entreprises qui vont dans le bon sens, il faut aussi combattre les lobbies. Moi, je combats les lobbies des pesticides, de l'agro-industrie, du pétrole, du nucléaire, de la chasse.

Parce que si on n'extire pas ces lobbies de la décision publique, on n'arrivera pas à accompagner les entreprises, compris le bon virage. Mais donc, selon vous, on peut atteindre ces objectifs climatiques que vous fixez dans votre programme sans changer de système économique ? Si, il faut changer le système économique. Bien sûr qu'il faut changer le système économique. Un système économique aujourd'hui qui est autant prédateur sur le climat, sur la biodiversité, qui crée autant d'inégalités au sein de nos sociétés comme au niveau mondial, il faut le transformer. Mais il faut le transformer avec celles et ceux qui sont dans ce système-là. Moi, encore une fois, je vois plein d'entreprises.

Vous prenez un paysan bio, ça s'appelle de l'économie régulée. Vous avez un label bio, vous avez des aides pour faire du bio, moins que si vous utilisez des pesticides. Ça, c'est le rôle des politiques de réorienter ou de favoriser ce qui va bien, et de défavoriser ce qui va mal. Et puis, vous avez un paysan bio qui vend sur un marché ou qui vend à des cantines, tout ça. C'est ça le modèle économique qu'il nous faut. Nous, on a toujours beaucoup favorisé, privilégié l'économie sociale et solidaire, cette économie où les salariés sont partie prenante de la décision des entreprises.

Moi, je veux que les salariés soient à 50% dans les conseils d'administration, que ce ne soit pas simplement la finance ou les actionnaires qui décident de l'avenir de l'entreprise. Mais que ce soit aussi les salariés. Mais c'est toute cette économie qu'il faut transformer, mais avec les acteurs de la société. Moi, je ne vais pas, si on se dit qu'on a 5 ans pour sauver le climat, je ne vais pas dire, écoutez, moi j'attends là dans mon coin, et tant que le système n'est pas totalement changé, je ne fais rien. Ça, ça serait une aberration. Vous êtes plutôt sur une transition forte, mais pas non plus la décroissance que prônent d'aucuns dans cette primaire écologiste.

Moi, je suis pour la décroissance du carbone, des pesticides. On a un système de consommation, regardez le textile qui est totalement dingue. Donc, il faut aussi une forme de décroissance de notre consumérisme. Mais il faut investir aujourd'hui. Je me balade souvent dans les quartiers populaires. Si vous voulez, si j'arrive en disant décroissance dans les quartiers populaires, les gens ne comprennent rien, ils n'écoutent pas. On ne va pas avoir un débat théorique. Moi, ça fait 30 ans que je suis écolo. Ça fait 30 ans qu'au sein des écolos, il y a le débat sur la décroissance.

Mais y compris quand je vais discuter avec les salariés d'une entreprise, ils attendent qu'on les accompagne dans l'innovation. Ils attendent qu'on les accompagne dans leur transformation, dans la création de débouchés. Ils n'attendent pas un débat théorique des écolos. J'aimerais rappeler tout de même certains grands changements de votre programme et puis vous faire réagir dessus. À partir de 2030, si vous êtes élu, les voitures diesel et thermiques classiques seront interdites à la vente. Les fermes utilisant toujours les pesticides ne bénéficieront plus d'aucun soutien public. Le glyphosate sera interdit dès 2022.

Vous voulez sortir de l'élevage intensif et annuler la TVA pour les produits bio et locaux quand ce fortement... Baisser la TVA. Baisser la TVA. Dans le programme, on voit quand même une TVA à 0%. Oui, pour le bio. Et baisser la TVA pour tout ce qui est réparable, par exemple. Et on augmente la TVA pour les produits qui sont à obsolescence programmée. Et fortement polluants. Voilà. Et est-ce que, Yannick Jadot, sans réponse européenne, tout cela est voué à l'échec ? Non. Bien sûr. Vous savez, toute ma vie, je vous l'ai raconté. C'est sur les questions internationales. Je suis très actif sur ces questions-là. Et je crois dans l'Europe. La France, c'est notre maison.

L'Europe, c'est notre village. Donc, il faut que la France soit un leader, y compris pour emmener l'Europe sur ce chemin du leadership, sur le climat, contre les inégalités, contre la démocratie. Et donc, il faut travailler dans le cadre européen. Mais on a aussi des marges dans ce cadre européen. La France, et c'est une de mes propositions, c'est qu'il n'y ait pas un euro d'argent public qui ne soit pas conditionné au climat, à la justice sociale et à l'égalité femmes-hommes dans les entreprises. Aujourd'hui, ce gouvernement déverse des milliards et des milliards sans conditionnalité. Donc, on est dans la perpétuation du monde d'avant.

Ce monde prédateur, pour les femmes, les hommes, comme pour l'environnement. Donc, on a une responsabilité politique. C'est une responsabilité politique d'agir. Mais aujourd'hui, la France peut, c'est une de mes propositions, interdire l'élevage en cage. Interdire et sortir de cet élevage où les animaux ne voient pas l'extérieur. On peut parfaitement conditionner les aides publiques au fait qu'il y ait une égalité entre les femmes et les hommes dans l'entreprise. C'est quand même le minimum qu'on doit faire. Et puis, il y a l'Europe. Mais pour changer l'Europe, il faut que la France soit un leader. Et moi, je me bats, y compris avec mes collègues allemands.

Imaginez demain, c'est une chancelière verte en Allemagne, c'est un président à la fin septembre, c'est un président écolo en France en avril 2022. Vous imaginez cette Europe qui, à la fois, remettrait les valeurs de l'Europe sur l'accueil des réfugiés, le combat contre l'homophobie et le sexisme en Pologne ou en Hongrie, mettrait le climat et de nouvelles politiques économiques et de recherches au service de ce qui nous fait du bien. Eh bien, ce serait et la France et l'Europe qui iraient dans le bon sens.

Également, j'aimerais vous entendre sur le sujet de la sécurité parce que, contrairement à la grande tendance actuelle, vous n'en faites pas réellement votre figure de proue au sein de votre pays. Vous souhaitez en revanche, c'est ce qu'on peut lire dans votre programme, la création d'un ministère de la protection républicaine en remplacement donc du ministère de l'Intérieur. À part le nom Yannick Jadot, qu'est-ce qui change vraiment ? On voit bien que l'État n'est plus exemplaire vis-à-vis du service public de la police et que, souvent d'ailleurs, la police n'est plus exemplaire vis-à-vis des citoyens.

Moi, ce que je veux, c'est qu'on redéfinisse les missions des policières et des policiers. Il faut plus de prévention. Il faut qu'ils soient mieux formés. Mieux formés, évidemment, sur leurs missions d'investigation, d'enquête. Mieux formés aussi sur la lutte, aujourd'hui, contre les crimes environnementaux, les délits environnementaux. Mieux formés sur la protection contre les violences faites aux femmes, contre les violences intrafamiliales. Il y a plein de nouveaux défis sur lesquels les policières et les policiers ne sont pas formés aujourd'hui. Ils sont souvent mal rémunérés et sous-équipés. Pourquoi un ministère de la protection républicaine ?

Parce que moi, l'asile, la question des migrants, ça ne doit plus être au ministère de l'Intérieur. Ça doit être dans un grand ministère des solidarités et de l'intégration. La question des religions, tout ça, ça doit être au ministère de la justice. Et je veux qu'on ait une police qui soit exemplaire et pas une police où les instructions en permanence, c'est de faire du chiffre. Donc du coup, on colle des PV sur la consommation de cannabis, sur les migrants. Du coup, ce sont les contrôles au faciès. Moi, je veux une police qui retrouve sa place, y compris par sa proximité, dans toute la société, où les policières et les policiers ne se sentent pas en danger.

Et du coup, on peut avoir une exigence d'exemplarité de la part des policières et des policiers. Je veux aussi que l'inspection de la police, ce qu'on appelle l'IGPN, ne soit plus, soit indépendante, soit mise au niveau du défenseur des droits pour qu'il y ait une vraie indépendance. Je veux la légalisation du cannabis parce que c'est un enjeu de santé publique, parce que c'est un enjeu de sécurité, parce que ça détourne les policières et les policiers de ce qui doit être l'essentiel de leur travail, qui doit redevenir aussi un travail de proximité et un travail de prévention. Alors évidemment, on ne peut pas faire une interview en cette période sans vous parler de la police.

C'est la pandémie que nous traversons tous depuis un an et demi. La gestion de l'épidémie par le gouvernement actuel fait pas mal débat. Les manifestations contre le pass sanitaire se poursuivent, mais la France devrait tout de même très bientôt atteindre les 50 millions de primo-vaccinés. Alors ma question est directe. Êtes-vous pour, Yannick Jadot, la vaccination obligatoire ? Moi, je suis pour la vaccination. C'est aujourd'hui la seule sortie de la pandémie. Pour qu'on arrête d'avoir des familles, des étudiantes et des étudiants, qui font la queue pour avoir des colis alimentaires.

Pour qu'on arrête d'avoir cette société où l'accès à la culture, le fait d'être ensemble reste très compliqué. Donc je suis pour la solution à cette pandémie qui est la vaccination. Aujourd'hui, ce qu'il faut, c'est pas contraindre encore. Pour moi, c'est vraiment le truc en dernier recours. Mais quand vous voyez que dans les quartiers populaires et dans les zones rurales, c'est là qu'on a le moins de vaccination. Eh bien, il faut, à travers les associations, à travers l'État, qu'on aille convaincre celles et ceux qui ne se sont pas vaccinés parce qu'ils ont moins accès à la santé de manière générale ou parce que ces personnes-là ont des doutes. Eh bien, c'est ça l'enjeu aujourd'hui.

C'est d'aller chercher les femmes, les hommes, les jeunes qui doutent. Mais pour ça, il faut aussi que ce soit plutôt que Emmanuel Macron, qui cristallise quand même beaucoup de détestation, qui se met beaucoup enceinte du point de vue de la communication là-dessus. Vous critiquez quand même la cristallisation d'Emmanuel Macron, du chef de l'État, sur le sujet de la vaccination. Ne pensez-vous pas que la classe politique a aussi son rôle à jouer à travers le flou, parfois l'ambiguïté aussi, qu'elle a laissé planer sur cette question de la vaccination ? On m'a beaucoup reproché. J'étais l'un des premiers, au tout début de la pandémie, à dire qu'il va falloir vacciner, vacciner, vacciner.

Donc moi, je n'ai aucune ambiguïté. Mais vous avez raison, il y a des responsables politiques qui jouent de l'ambiguïté. Et c'est pour ça qu'il nous faut des scientifiques qui disent quels sont les effets collatéraux de la vaccination, qu'on ait des chiffres. Combien de thromboses dans notre pays, en Europe, du fait de la vaccination ? Ce sont des cas qui arrivent. Est-ce que c'est beaucoup ? Pas beaucoup ? Très peu. Ce que disent les scientifiques, c'est très peu. Beaucoup moins d'ailleurs que d'autres médicaments.

Donc il faut que ces chiffres-là soient disponibles et que les responsables politiques qui instrumentalisent le doute, qui instrumentalisent la peur et qui en font du complotisme, ceux-là sont disqualifiés pour diriger ce pays. Ils sont disqualifiés pour diriger ce pays. Franchement, se vacciner en ce moment, ce n'est pas soutenir ou être contre Emmanuel Macron en 2022. La campagne présidentielle va avoir lieu. Se vacciner aujourd'hui, c'est protéger ses proches, c'est se protéger soi-même. On est quand même un pays incroyable. Si on tombe malade, l'hôpital va nous prendre en charge à 100%. Mais on aura beaucoup plus de dégâts en étant malade que de risques à se faire vacciner.

J'aimerais vous entendre maintenant peut-être aussi sur la situation actuelle en Afghanistan, qui au fond est liée à de vraies questions de campagne, dont celle de l'immigration. Très simplement, Yannick Jadot, est-ce le rôle de la France d'accueillir les réfugiés afghans qui souhaiteraient fuir le régime taliban ? Bien sûr, on doit prendre notre part. Mais c'est dans notre constitution, vous savez. C'est toute la construction d'une démocratie. C'est toute la construction d'une société, d'une société qui repose sur notre humanité, sur notre solidarité. Mais ce n'est pas la France qui va accueillir 40 millions d'Afghans. On parle de quelques dizaines de milliers de personnes.

C'est à l'Europe, c'est à l'Amérique du Nord. Mais vous savez, où vont aller les réfugiés afghans ? Ils vont où ? Ces femmes et ces hommes qui fuient la tyrannie talibane pour ne pas se faire lapider, pour ne pas se faire tuer parce qu'on est homosexuels, pour ne pas se faire tuer, pour ne pas se faire tuer parce qu'on défend les droits de l'homme ou les droits de la femme, parce que pour que ces filles puissent aller à l'école. Ils vont aller où, ces Afghanes et ces Afghans ? Ils vont aller en Iran, ils vont aller au Pakistan, au Tadjikistan. Ça va être là qu'il va falloir, y compris aider ces pays, à accueillir ces réfugiés.

Mais si on a quelques dizaines de milliers qui viennent dans notre pays, vous savez combien on a de communes dans notre pays ? On a 38 000 communes dans notre pays. On parle de quelques dizaines de milliers d'Afghans, même pas une Afghane ou un Afghan par commune en France. On ne peut pas avoir ce devoir de solidarité ? Pourquoi est-ce que ce gouvernement veut faire croire que, parce qu'il méprise les classes populaires dans notre pays, qu'il a contribué à l'accroissement des inégalités, on a 60 % de croissance des dividendes des pays, des dividendes des actionnaires et du CAC 40 ? On ne peut pas redistribuer un peu et être juste et solidaire ?

Puisqu'on parle d'élections, je vais vous parler du premier parti de France au dernier régional, l'abstention. Depuis quelques années, on assiste à un réveil écologique. Les jeunes générations se sentent de plus en plus concernées par la protection de l'environnement. Elles sont de plus en plus engagées dans la rue, mais restent désengagées dans les urnes. C'est vrai. Comment expliquez-vous ce décalage et comment on fait pour que les jeunes reprennent durablement ? Moi, j'ai été dans les associations. Je vous l'ai dit, avant d'être parlementaire européen, je dirigeais les campagnes de Greenpeace.

Et c'est vrai que ça me fait toujours drôle d'entendre, y compris des jeunes qui ont participé à l'organisation des manifs pour le climat, dire au fond, moi, je ne vais pas voter. C'est-à-dire que ces manifestations, l'un des grands messages, c'est quand même que les gouvernements fassent leur boulot, que les élus fassent leur boulot. Ce n'est pas simplement qu'on ne manifeste pas pour se faire plaisir, mais c'est que pour, au-delà des citoyens, des entreprises, les politiques publiques changent. Et c'est toujours assez étonnant d'avoir des personnes qui me disent au fond, j'organise ma mobilisation contre le racisme, pour le féminisme, pour le climat.

Et peu importe, au fond, la personne que j'ai en face de moi, qui soit élue à l'Assemblée nationale ou au niveau local ou au niveau européen, ou évidemment les responsables politiques qui sont au gouvernement. Donc ça nous interpelle quand ça arrive. Moi, j'ai vu en Grande-Bretagne, quand il y a eu le référendum sur le Brexit, les jeunes ne sont pas allés voter. Et les parents ont décidé pour les jeunes, alors que les jeunes sont plutôt pro-européens, ont décidé à la place des jeunes de fermer les portes du continent, de fermer toutes les coopérations universitaires, au fond, de fermer aux jeunes, le monde. Eh bien, aujourd'hui, cette jeunesse, elle le regrette.

Quand en Pologne ou en Hongrie, les gouvernements qui sont élus, ils organisent des zones sans LGBT, quand ils remettent en cause l'accès ou le droit à l'avortement, tout ça, ce sont des politiques publiques, ce sont des décisions. Donc à nous de convaincre, à nous de convaincre, mais que l'action publique, l'action publique, ce n'est pas un éco-geste. Voter, ce n'est pas un éco-geste. Ce n'est pas un petit geste comme on éteint l'eau quand on se lève les dents. C'est un geste essentiel aujourd'hui parce que globalement, les deux tiers de l'action qui peuvent sauver le climat, qui peuvent réduire les inégalités, elles viennent des politiques publiques.

Donc à nous de convaincre, mais surtout quand on est au pouvoir, et c'est notre objectif pour 2022, de démontrer que nous allons agir comme nous l'avons promis, en fonction de nos engagements et qu'on va agir utilement pour tout le monde. J'aimerais quand même vous parler de stratégie politique juste avant de terminer cette entrevue. On le voit, Yannick Jadot est le candidat capable de faire gagner l'écologie. C'est un de vos messages de campagne. Mais Yannick Jadot, celui capable de faire gagner l'écologie, n'est-il pas plutôt le candidat qui saura s'unir avec d'autres partis ? Et moi, je veux rassembler, mais je veux rassembler derrière l'écologie.

Aujourd'hui, chez les progressistes, chez les humanistes, et évidemment chez les écologistes, tout le monde dit l'écologie, l'écologie, l'écologie. Il ne vous a pas échappé que la droite dit on est écologiste, mais en fait, leur seul truc, c'est de stopper toutes les politiques environnementales. Il ne vous a pas échappé que Emmanuel Macron a à peu près renoncé sur tout, sur le climat. Et qu'une partie de la gauche, dès qu'elle peut dire, oh là là, regardez, c'est génial, on arrive à gagner des élections sans les écologistes, comme ça, on oublie l'écologie. Ils préfèrent renouer avec les lobbys plutôt que de travailler avec les écologistes.

Donc moi, je veux que ce soit un grand projet écologiste, cette écologie sociale, féministe, démocratique, innovante, qui gagne. Et pour moi, c'est derrière la candidature écologiste. Vous parliez quand même d'union de la gauche. L'union de la gauche, là, aujourd'hui, ça semble très important. Vous avez même initié des discussions en pluripartie. Alors, si vous gagnez cette première écolo, Yannick Jadot, est-ce que vous serez candidat à une primaire populaire comme le ferait Sandrine Rousseau, par exemple ? Ah non. Donc, vous irez seul ? Non, je rassemblerai derrière l'écologie.

Mais je suis en capacité, vous voyez bien, y compris dans l'opinion publique, je suis en capacité de rassembler derrière. Écoutez, là, on fait une primaire des écologistes. Après, on va faire une primaire populaire. OK. Et après, on ferait une primaire de qui ? Et on est prêt en 2027 ? Moi, mon sujet, c'est quand même que, une fois qu'on a fait la primaire des écologistes, elles servent de rampe de lancement. Donc, il faut que celles et ceux qui nous regardent s'inscrivent sur lesécologistes.fr. Ils s'inscrivent à cette primaire des écologistes pour que ça soit aussi une rampe de lancement pour l'élection présidentielle.

Dans la primaire populaire aujourd'hui, celles et ceux qui sont les plus hauts ne sont pas candidates ou candidats à l'élection présidentielle. On parle de quoi, là ? À un moment donné, il faut quand même qu'on soit sérieux. Si on veut, si on est cohérent avec l'urgence climatique, l'urgence sociale, l'urgence démocratique, il faut qu'à un moment donné, le boulot, ce soit de convaincre les Françaises et les Français et non pas d'organiser un, deux, trois débats au sein de la sphère politique. Merci Yannick Jadot. Alors, pour conclure cet entretien, vous le savez, vous vous adressez sur cette chaîne YouTube, aux 18-34 ans. Alors, ma question est simple. Vous êtes face aux jeunes.

Pourquoi les jeunes devraient-ils voter pour vous ?

Les jeunes doivent voter à cette primaire écologiste et j'espère pour moi, parce qu'on n'a plus le temps, parce qu'on ne peut pas s'offrir cinq années de Macron en plus, on n'imaginait pas ce que pourrait être un quinquennat de Marine Le Pen, parce que vous êtes l'avenir, parce que c'est vous, aujourd'hui, qui vous engagez sur le climat, contre le racisme, contre les violences faites aux femmes, pour la solidarité, parce que le monde de demain, il existe déjà en partie, les fermes bio, les entreprises qui travaillent bien, les associations, les centres de recherche, les collectivités locales, les administrations, il y a plein de choses qui existent.

Mais c'est vous, demain, qui serez aux responsabilités. Et vous ne le savez pas. Et vous ne pouvez pas vous désengager du monde de demain. Et le seul, le seul logiciel politique, la seule force politique qui pense sérieusement, rationnellement, de manière responsable au monde de demain, c'est l'écologie, en protégeant le vivant et en reconstruisant de la solidarité dans notre pays. Merci Yannick Jadot. La primaire, quand même, on le rappelle une dernière fois, se déroulera en deux tours, du 16 au 19 septembre, puis du 25 au 28 septembre. Il est possible de s'inscrire sur le site primaire.néovote.com. Vous parlez d'Ecologie.fr, vous ? Lesécologistes.fr. Lesécologistes.fr.

C'est avant le 12 septembre. Fin des inscriptions, le 12 septembre. Donc, si vous voulez participer à la primaire, inscrivez-vous, inscrivez-vous. Tout le monde peut y participer. Et donc, engagez-vous pour l'écologie. Engagez-vous pour vous. Le message est passé. Petit rappel pour vous, chers abonnés. Face aux Jeunes accueillera tous les bords politiques, tous les candidats dans cette course électorale. La suite se passe en commentaire. Abonnez-vous pour ne rater aucun épisode. Même l'extrême droite ? Ici, on accueille tous les candidats.

Si Marine Le Pen ou Jordan Bardella du Parlement européen souhaitent venir s'exprimer sur ce canapé, on les accueille parce qu'on veut faire vivre toute la démocratie sur cette chaîne YouTube. Merci Yannick Jadot. Merci.