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interviewÉlysée (sur YouTube)· 23 juin 2026 83 min

Marc Bloch entre au Panthéon.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

เฮ [musique] [musique] [musique] [musique] [musique] Attention [musique] Monsieur le président de la République, les honneurs militaires vous ont interromu par un détachement composé de la musique de la garde républicaine, du drapeau et une section du premier richement d'infanterie de la garde républicaine, une section de l'école militaire des aspirants de Poetan, une section de l'école des officiers de réserve spécialistes d'état-major et d'une section du service de l'énergie opérationnelle. L'ensemble étant placé sous le commandement du colonel Richard commandant le premier régiment d'infanterie de la garde républicaine. Merci.

Merci beaucoup. Merci à tous. Très bien.

C'est parti. Viens vers moi. Merci beaucoup. pas technique. [raclement de gorge] [musique] [musique] Où que je doive mourir ?

En France [musique] ou sur la terre étrangère ? Et à quelque moment que ce soit, je laisse à ma chère femme ou à son défaut [musique] à mes enfants le soin de régler mes obsèques comme ils le jugeront bon. Ce seront des obsèques purement civils.

Les miens savent bien [musique] que je n'en aurais pas voulu d'autres. Mais je souhaite que ce jour-là, un [musique] ami accepte de donner lecture des quelques mots que voici. Je n'ai point demandé que sur ma tombe fusse récité les prières hébraïques dont les cadences pourtant accompagnèrent vers leur dernier repos tant de mes ancêtres et mon père lui-même.

Je me suis toute ma vie durant et forcé de mon mieux vers une sincérité totale de l'expression et de l'esprit. Je tiens la complaisance envers le mensonge de quelque prétexte qu'elle puisse se parer pour la pire lèpre de l'âme. Comme un beaucoup plus grand que moi, je souhaiterais volontiers que pour toute devise, on grava sur ma pierre tombale ces simples mots.

Dilexite véritatem. en avant marche. eh 2 3 1 2 3 4 5 Voilà. 2 1 2 3 4 5 marche Re re [musique] euh eh [musique] h euh euh euh euh euh de Montluc Lyon 16 juin 1944.

Mark Block est là dans cette cellule [musique] entre ses murs. Lui le professeur, [musique] l'historien, le soldat des deux guerres mondiales, [musique] le résistant, lui l'époux de Simone [musique] et le père de six enfants. On l'a arrêté il y a 3 mois [musique] torturé.

Il a 57 ans et ce matin, il ne sait pas encore [musique] ce que lui réserve cette journée. Les bruits courent vite dans une prison. les listes, les camions, les noms [musique] qu'on appelle sans prévenir.

Il pense à sa vie à Simone, à la République et à [musique] cette vérité qu'il a passé sa vie à chercher. Ce sang froid, se refus de céder. Ils ne sont pas nés dans cette prison.

Ils viennent de loin. Ils ont commencé sur d'autres fronts, ceux des deux guerres mondiales. de l'horreur des étranché à la drôle de guerre.

Il apprend à faire front avec courage face à la peur, face à [musique] la mort, au cris des camarades qui tombent, aux ordres qui arrivent trop tard, à l'angoisse quotidienne. Mais il voit aussi circuler les rumeurs, [musique] les fausses nouvelles, ces mensonges qu'un pays finit parfois par se raconter à lui-même. L'historien [musique] comprend alors une chose, les victoires comme les défaites ne sont pas seulement militaires, elles sont morales.

Plus que jamais, la vérité sera sa quête et son combat. Oh [chant] ! [chant] [musique] [musique] En 1914, Mark Block a 28 ans.

Il part à la guerre, les tranchées, la boue, la peur. Il n'oubliera jamais ce que les sociétés font à ceux qui les servent. [musique] Même là, il observe, il note, il analyse comme s'il ne pouvait pas cesser d'être historien.

Blessé, il écrit ses souvenirs du front. [musique] Il réfléchit déjà à ce que la guerre fait à la mémoire, à ce qu'elle déforme, à ce qu'elle [musique] efface. [chant] [musique] Puis vient 1939, Marc BL a 54 ans.

On le dit trop vieux, il se porte [musique] volontaire quand même. Il raconte la débacle de l'intérieur. L'armée qui se défait comme une chose mal cousue. [musique] Oh. [chant] Oh. [chant] [musique] [musique] [musique] [chant] La France se rend en 6 semaines.

Ce n'est pas cette fois qu'il mourra pour la République. Avant le soldat, [musique] il y a eu un enfant. Avant le combat, il y a eu une éducation car cet engagement pour la République, c'est son héritage [musique] et celui de Simon et de leurs enfants.

Chez Block, la France se transmet d'une génération à l'autre. dans l'adversité, dans les injustices qui lui seront faites, Mark Block restera fidèle à ses valeurs. Il se souvient.

Peut-être les [musique] personnes qui s'opposeront à mon témoignage chercheront-elles à le ruiner en me traitant de [musique] mtec ? Je leur répondrai sans plus que mon arrière-gr-père fut soldat en 93. Que mon père [musique] en 1870 servi dans Strasbourg assiégé.

Que mes deux [musique] oncles et lui quittèrent volontairement leur Alsace natal après son annexion au deuxième riche. que j'ai été élevé dans le culte de ces traditions [musique] patriotiques. Mark Block est né en 1886 dans une famille juive alsacienne des opt comme on dit.

Quand l'Alsace passe sous domination allemande, ils choisissent. Ce sera la [musique] France, sa République, ses esprits libres. Ce geste là [musique] Marc Bloque là dans le corps.

La France n'est pas une évidence, c'est une volonté, un [musique] engagement de tous les jours. Il n'est aussi dans une famille où le savoir est une manière de vivre. Son grand-père dirige une école.

Son père [musique] Gustave Bloc est professeur d'histoire à l'école normale supérieure puis à la Sorbonne. J'ai dû à mon père le meilleur de ma formation d'historien. Ces leçons commençaient dès l'enfance et qui depuis n'avait [musique] jamais cessé m'ont marqué d'une empreinte que je voudrais ineffaçable. [musique] Il marche dans ces pas là ceux de son grand-père. de son père à sa manière.

Il étudie au lycée Louis le Grand puis est admis à l'École normale supérieure. Professeur d'histoire, universitaire. Plus loin encore, il s'intéresse à tout ce qui permet de comprendre comment les sociétés se font et se défont.

Il lit Durkaim Alvax Berkson. Il se dit historien le matin, philosophe le soir. Bientôt il ne sera plus seul.

En 1919, il épouse Simone. Ensemble, il baptisent plus qu'un foyer, une manière d'être au monde à la France. D'abord à Strasbourg [musique] où Mark Block enseigne à l'université pendant 15 ans, puis à Paris à la Sorbonne dès 1936.

Ce qui différencie Mark Block, c'est que pour lui l'histoire est plus [musique] qu'une accumulation de dates et de faits. C'est une invitation perpétuelle à poser des questions, à chercher la vérité. au passé, [musique] au présent, au futur.

Il appelle ça métier [musique] d'historien. Ce mot compte, il change tout. métier, quelque chose qui s'exerce, qui oblige [musique] et qui inspire encore aujourd'hui.

J'aimerais que [musique] parmi les historiens de profession, les jeunes en particulier, s'habituent à réfléchir sur ses hésitations, [musique] ses perpétuels repentir de notre métier. Je n'ai personnellement aucun respect pour l'âge. Je crois aux jeunes.

Je crois que les [musique] vieux ou demivieux ont très besoin des jeunes. J'étudie à l'université. Mark Block m'a appris à me méfier des belles certitudes, à commencer par les miennes.

Une belle idée ne vaut rien si elle ne résiste pas aux preuve. Chez lui, l'histoire commence toujours par une exigence. Comme il l'écrit lui-même, une affirmation n'a le droit de se produire qu'à la condition de pouvoir être vérifié.

Je prépare une thèse d'histoire et quand on commence une thèse, on croit qu'il faut déjà savoir. Mark Block m'a appris l'inverse. Chercher, c'est accepter d'hésiter. [musique] Lui-même écrivait "Les causes en histoire pas plus qu'ailleurs ne se postulent pas.

Elles se cherchent. Je suis sociologue et chez Mark Block, je retrouve quelque chose de précieux. [musique] Cette conviction, comme il l'écrit lui-même, que pour bien comprendre son chez soi [musique] et en saisir jusqu'aux originalités, le mieux est quelquefois de se résigner [musique] à en sortir.

Il faut comparer, déplacer son regard, accepter l'étrangeté pour mieux comprendre le monde. Moi, je suis lycéenne. J'ai découvert Mark Block grâce à l'annonce de son entrée au pantthéon.

Avant, je pensais que l'histoire c'était simplement une suite de date qu'il fallait apprendre [musique] par cœur. Et puis un jour, je suis tombée sur cette phrase de Mark Block. L'histoire c'est la [musique] science des hommes dans le temps.

Grâce à lui, j'ai compris que l'histoire ne parlait surtout des gens et c'est le plus important. J'enseigne l'histoire dans le secondaire et souvent dans ma classe, je pense à une phrase de Mark Block. L'historien a passé longtemps pour une manière de juge des enfers chargé de distribuer au héros morts [musique] les loges ou le blâ.

Mais l'histoire ce n'est pas ça. Cela c'est ce que j'essaie de transmettre [musique] à mes élèves. C'est Mark Block qui m'a donné envie de devenir chercheuse en histoire. [musique] Cette phrase raisonne souvent en moi.

L'ignorance du passé ne se borne pas à nuire à la connaissance du présent. Elle compromet [musique] dans le présent l'action même. La responsabilité de l'historien [musique] et de l'historienne porte autant sur le passé que sur le présent.

Mark Block ne veut pas seulement transmettre l'histoire, il veut la transformer. avec Lucien Fèvre rencontré à Strasbourg, né l'une des amitiés intellectuelles les plus fécondes de leur génération. Ensemble, ils refusent une histoire enfermée dans le passé.

Alors, ils écrivent un manifeste aux accents de déclaration de guerre aux vieilles écritures de l'histoire. Tandis qu'au documents du passé, les historiens appliquent leur bonne vieille méthode, [musique] des hommes de plus en plus nombreux consacrent leur activité à l'étude des sociétés contemporaines. C'est contre ces chismes redoutables que nous entendons nous élever.

Non pas à coup d'article de méthode de dissertation théorique par l'exemple et par [musique] le fait. L'avenir de l'histoire économique est à ce prix. et aussi la juste intelligence des faits qui demain seront l'histoire. [musique] [musique] En 1929, Mark Block et Lucien Fèvre font une revue qui va révolutionner l'histoire, les anales d'histoire économique et sociale. [musique] Une autre manière d'écrire l'histoire est en train de naître.

Depuis des siècles, [musique] ce qui entre dans l'histoire, ce sont les rois, les batailles, les traités signé entre hommes de pouvoir. Mark Block dit non [musique] ou plutôt pas seulement. Comme Joris avant lui dans histoire [musique] socialiste de la révolution française, il est convaincu que l'histoire appartient aux sociétés [musique] entières, aux paysans, aux marchands, aux femmes qui travaillent, aux enfants qui meurent trop tôt. [musique] L'histoire, c'est la vie des hommes [musique] dans le temps long.

Pour lui, l'historien n'a rien d'un homme libre. [musique] Du passé, il sait seulement ce que ce passé même veut bien lui confier. Alors, [musique] il passe son temps à chercher partout. sans relâche.

Il lit les économistes, les sociologues, [musique] les géographes. Il compare les archives, [musique] les langues, les paysages. Un champ labouré, [musique] une coutume oubliée, une légende populaire peuvent parfois en dire autant qu'un traité signé par un roi.

Et il écrit des rois tomaturges à la société féodale [musique] jusqu'à l'étrange des fête. Ils cherchent ce qui lit les hommes entre eux, les croyances qu'ils partagent, les dépendances qui les [musique] attachent d'un siècle à l'autre, d'un pays à l'autre. Et au cœur de cette vie de labeur et de recherche, il y a Simone.

Les manuscrit relu, recopiés, annotés. À ses côtés, elle veille sur la rigueur du chercheur, sur ce refus des vérités trop simples, celles qui transforme le passé en destinée, en fatalité. Mark Block regarde chaque [musique] époque du passé comme un présent en train de se faire.

Pour lui, l'histoire est par essence science du changement [musique] où rien n'est jamais écrit d'avance. Partout de tout temps, du Moyen-âge à son siècle, de la France à l'Europe. Chez Mar Glock, cette exigence a un nom. dit l'excite véritatem.

Il a chéri la vérité, une éthique de la vigilance plus encore qu'une devise, celle qui fera de lui un des plus grands historiens du 20e siècle. [musique] Mais en octobre 1940, [musique] la France bascule et sa vie avec. Le régime de Vichi promulgue le statut [musique] des juifs.

Son appartement est réquisitionné. Sa bibliothèque envoyée en Allemagne. Face à l'antisémitisme, [musique] il refuse qu'on parle à sa place. lui qui n'a jamais cru que les origines déterminent à elles seules [musique] un homme et son histoire.

Je suis juif sinon par la religion que je ne pratique point non plus que nul autre, du moins par la [musique] naissance. Je n'en tire ni orgueil ni honte étant je l'espère à ces bonnes historiens pour n'ignorer point que les prédispositions [musique] raciales sont un mythe et la notion même de race pure une absurdité [musique] particulièrement flagrante. Je ne revendique jamais mon origine [musique] que dans un cas en face d'un antisémite. reste une question.

Que faire lorsque le pays qu'on aime renonce à ce qu'il est ? [musique] [chant] H [musique] [musique] [chant] [musique] Mark Block se d'abord français, pas historien d'abord, pas juif d'abord français. Il sait ce qu'il risque, que cette fois il [musique] pourrait ne pas revenir, mourir pour cette idée de la France qui l'accompagne depuis l'enfance, qu'il a servi dans ses combats, dans ses livres, dans sa vie.

Il s'appelle Narbon, parfois chevreuse ou bien [musique] blanchard. Plusieurs noms pour un seul homme. Ses mains qui ont tenu des stylos, tournages, rempl des carnets à la lumière des bibliothèques, plie [musique] maintenant des tractes, transporte des messages, coordonne des raisons.

Il entre dans le mouvement de résistance fran tireur et on devient [musique] l'un des responsables. Puis dans les mouvements unis de résistance, son savoir devient un mode d'action. 1944 commencera pour la plupart d'entre nous dans les soucis.

Mais je crois vraiment que plus véridiquement que jamais, on peut à condition de s'élever au-dessus des hasards individuels, se dire avec assurance bonne année. Tous ceux qui l'auront mérité ne verront pas la grande récompense. Elle n'en sera pas moins celle qu'ils ont souhaité et préparé.

Le 8 mars 1944, Mark Block est arrêté par la Guestapo à Lyon. Pont de la boucle. Klaus Barbie dirige les opérations.

On le menote, on l'emmène, on le passe à [musique] la torture encore et encore. Les coups répétés, les poignets brisés, la baignoire cette fois. Une double pneumonie s'ajoute aux contusions.

Le corps [musique] cède peu à peu. Lui non. On raconte que dans sa cellule, l'historien demeure.

Il parle encore d'histoire, des hommes, des questions. Jusqu'au bout, le métier d'historien l'habite. pour la France, pour les siens.

La France demeurera quoi qu'il arrive, la patrie dont je ne saurai déraciner mon cœur. J'y suis né, j'ai bu aux sources de sa culture. J'ai fait son passé.

Je ne respire bien que sous son ciel. Et je me suis efforcé [musique] à mon tour de la défendre de mon mieux. Il s'y efforcera jusqu'à la fin et au cœur de tout.

Simone toujours. Oh. [musique] [musique] [musique] [musique] [musique] [musique] Mon amour hélas, mon cher amour, me faudra-t-il partir cette année pour le long voyage sans retour et te laisser seul, mon aimer ? [musique] Mon amour hélas, mon pauvre amour.

La route parfois fut malaisée. [musique] Le fardeau par moment nous fut lourd mais nous étions deux. Oh mon aimé !

Mon amour hélas, mon cher amour, [musique] me faudra-t-il partir cette année ? pour le grand voyage [musique] sans retour et te laisser seul mon aimé. [musique] Mon amour hl [chant] pauvre amour [musique] la route parfois fut malaisé le fardeau [musique] par un moment nous fut l' mais nous étions deux au monde aimé Mon amour hélas, mon tendre amour.

Après la joie que tu m'as donné, ne m'en [musique] veuille pas si ce beau jour finit avant le soir. Mon aimé, mon amour hélas, [musique] mon seul amour. Quand pour moi l'heure sera sonnée, que tout mortel entend à son tour, tiens-toi bien près de moi, mon aimé.

Tiens-toi [musique] près de moi, mon [chant] amour, tu as joué contre la mienne appuyée et souris-moi [musique] très doucement pour que je m'endorme. mon aimé [chant] Montluc Lyon 16 juin 1944 Mark Block est là on appelle son nom sans prévenir [musique] avec 29 autres résistants. Le jour décline. [musique] J'ai peur.

Tu n'as pas avoir peur. Regarde. Bon. marche. poser lever en avant marche March épaulé on marche.

Étranger à tout formalisme confessionnel comme à toute solidarité et prétendument raciale, je me suis sentie durant ma vie entière avant tout et très simplement français. Attaché à ma patrie par une tradition familiale déjà longue, nourrie de son héritage spirituel et de son histoire, incapable en vérité d'en concevoir un autre où je puisse respirer à l'aise. Je l'ai beaucoup aimé et servi de toutes mes forces.

Je n'ai jamais éprouvé que ma qualité de juif mit à ses sentiments le moindre obstacle. Au cours de deux guerres, il ne m'a jamais été donné de mourir pour la France. Du moins, puis-je en toute sincérité me rendre ce témoignage : "Je meurs comme j'ai vécu en bon français." Il sera ensuite, s'il a été possible, de s'en procurer le texte, donner lecture de mes cinq citations. [musique] [musique] [musique] Oh. [musique] Oh. [musique] [musique] [applaudissements] [applaudissements] [musique] [applaudissements] [musique] [musique] [musique] [chant] [musique] [musique] [musique] [musique] [applaudissements] [musique] [musique] [musique] [applaudissements] [musique] [applaudissements] [applaudissements] [musique] [musique] [musique] Oh. [musique] [musique] Voilà, marche.

Ordre général numéro 2 19 janvier 1915. Le colonel Hirdman commandant lae brigade d'infanterie cite à l'ordre de la brigade l'adjud Mark Block du 72e régime eninfanterie a conduit sa section de façon très énergique et a montré le plus grand mépris du danger. Ordre de la division numéro 15 du 3 avril 1916.

Le général commandant la 125e division d'infanterie cite à l'ordre de la division l'adjudant Marc Bloc, excellent chef de section, est toujours prêt à marcher volontairement lorsqu'il s'agit de remplir une mission dangereuse. dans la nuit du 24 au 25 mars 1916, pendant que la compagnie voisine de la sienne exécutait un coup de main sur une tranchée et à dirigé avec beaucoup d'intelligence et de sang-froid, un détachement de grenadier chargé d'attirer l'attention de l'ennemi dans une fausse direction. Ordre de la division numéro 47 du 17 novembre 1917.

Le généralos, commandant la 87e division d'infanterie, cite à l'ordre de la division le lieutenant Marc Bloc, excellent officier de renseignement, au cours des dernières opérations d'octobre 1917, a assuré avec intelligence, avec une inlassable activité et une très grande bravoure, le service d'observation dans le secteur de la division. Son observatoire ayant été renversé par un projectile ennemi et soumis à un tir de buts spéciaux a continuer néanmoins son service en se tenant à découvert dans la tranchée donnant ainsi à son personnel un bel exemple de courage et de sang froid à fourni au commandement des renseignements précieux sur la physionomie du combat. Ordre de la division numéro 115 du 6 juillet 1918.

Le général d'ERS commandant la 87e division d'infanterie cite à l'ordre de la division le lieutenant Marc Bloc. Officier remarquable tant par les sentiments élevés qu'il anime que par la haute compétence dont il fait preuve dans ses fonctions d'officier de renseignement. sa très grande activité et son mépris absolu du danger.

Dans la période des attaques a fait plusieurs reconnaissances périlleuses au cours desquelles il dû parcourir à plusieurs reprises des zones violemment bombardées a pu rapporter ainsi à son chef de corps des renseignements précieux qui ont aidé à la réussite des opérations. a donné en outre un bel exemple de crânnerie et de froide résolutions dans l'accomplissement de ces missions. Ordre général numéro 7 du 29 juin 1940, le général d'armée Blanchard commandant le groupe d'armée numéro 1, cite à l'ordre du corps d'armée le capitaine Marc Bloc du 4e bureau de l'État-major au cours des opérations en Belgique a assumé la lourde tâche de l'organisation et de l'exécution des ravitaillements en carburant a fait preuve dans des conditions toujours difficile d'un sens avisé, d'une méthode sûre, d'une énergie tenace et a permis l'exécution des mouvements fixés par le commandement.

Mémoire de proposition pour la médaille de la résistance française. Attribution par décret du 24 avril 1946. À l'âge de 56 ans, étant entré dans la résistance, le capitaine Marc Bloc a commencé par occuper des postes extrêmement modestes, ne craignant pas de payer de sa personne, faisant lui-même ses lésions, les liaisons vivant avec une grande modestie et passé chef de la région de Lyon sous le nom de Narbon. arrêté à la suite de dénonciation en même temps que plusieurs membres du directoire de Lyon a été fusillé par les Allemands après avoir subi d'affreuses tortures.

Ce 16 juin 1944, au crépuscule, dans un champ de la région lyonnaise, les nazis exécutent leurs prisonniers. 30 hommes de toutes conditions, confession. opinion, un menuisier, un syndicaliste, un chemineau, des Polonais, des résistants, des communistes et parmi eux un professeur d'histoire, Marc Bloc.

De la Sorbonne à ce champ où il tomba, Mark Block vécut ainsi parmi les hommes, guidé par la volonté de comprendre leur vie et de partager leurs idéaux. Mort héroïque parce que stoïque mort à laquelle il s'était préparé pour la France comme soldat déjà blessé au front 29 ans plus tôt. Mort dont son ami Lucien Fèvre dira qu'elle fut une sainte mort.

Mort infligée parce que Mark Block a résisté à la barbarie nazie et à son complice le gouvernement de Vichi. Quand l'ennemi occupe la France à partir de juin 1940, quand le gouvernement de l'État français aux mains de Pétin et Laval entre dans la voie de la collaboration, le destin de Markblok bascule comme celui de tous les juifs. de cœur et de raison authentiquement républicain, défenseur ardent et inlaassable de la laïcité, Marc Block endure les conséquences de l'antisémitisme d'État initié par le gouvernement du maréchal Pétin.

Qu'importe aux yeux des hommes de Vichi, la vie et l'œuvre de Mark Block. Pour eux, rien ne compte plus que sa judéité. Il était pourtant de ceux de 14, croix de guerre, chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire, vétéran de la campagne de France de 3940, très réengagé à plus de 50 ans pour défendre sa patrie, historien, normalien, professeur à l'université de Strasbourg puis à la Sorbonne, fondateur avec Lucien Fèvre de l'école des anales, auteur des rois tomaturges ou de la société féodale, Qu'importe cette vie de grandeur et de laur ?

Les hommes au service de l'État français ne voient en marque bloc que le juif. Le juif malfaisant, funeste, nocif, coupable parce que juif, à exclure, persécuté et effacé parce que juif. Dès la fin de 1940, Mark Block subit comme tant de nos compatriotes les conséquences de cette politique mené au nom de la France et sa famille avec lui.

Infernal enchaînement. Il est exclu de l'université au bout d'un processus bureaucratique inique. Ses traitements et pensions sont supprimés, ses comptes bancaires bloqués, son appartement parisien réquisitionné.

Il est alors obligé de quitter avec les siens la zone nord occupée par les nazis. Ne pouvons plus partir pour l'Amérique, tous se réfugi en zone sud qui n'a de libre que le nom. De là Mark Block qui se proclame juif qui ne se cache pas, se bat comme il peut contre ce régime où l'antisémitisme est d'état après l'adoption des deux statut des Juifs et la loi de juillet 1941.

Et Marc Block mène alors une première bataille contre Vichi et les nazis. Devenu nomade entre sa maison de fougère Montpelier et Lyon, il lui faut sauver sa bibliothèque. Oui, sa bibliothèque.

Que le gouvernement de Vichi comme l'occupant veulent lui confisquer 5000 livres. Patiemment rassemblé par Mark Block tout au long de sa vie. livre de l'étudiant, du professeur, du républicain. 5000 livres qui disent la vérité d'un homme, son amour de la littérature, son appétit de savoir, sa soif de transmettre.

Alors Mark Block résiste à cette persécution inepte, ne veut pas rencer à ses livres, à sa vie, à ce qui donne sens à son existence, alors il se bat. demande à Lucien Fèvre d'activer tous les réseaux possibles. Sollicite Fernand de Brinon, représentant de Vichi en zone occupée.

Écrit à Jérôme Carcopino, ancien élève de son père, désormais au service de Pétin. On lui a tout pris, mais au moins qu'on lui laisse ses livres. Il ne demande rien d'autre pour lui, pour ses enfants.

Mais non, rien n'y fait. La lâcheté des uns et la méchanceté des autres se conjuguent. L'antisémitisme lui a volé son métier, son appartement, son argent.

Il faut qu'il lui vole aussi ses livres. Ces derniers sont expédiés en Allemagne, dispersés et pour beaucoup perdus. Dans la France de la collaboration à vide de prendre sa revanche sur l'affaire de Refus, le cas de Mark Block montre que dès qu'il faut s'en prendre à un juif, il se trouve toujours un préfet pour réquisitionner, un policier pour perquisitionner, un juge pour condamner, un universitaire pour justifier, un journaliste pour approuver, un voisin pour dénoncer et tant d'autres pour détourner le regard.

Ne l'oublions jamais, tout cela s'est passé et s'est mise en place une mécanique idéologique de haine conjugué à une épidémie de l'acheter. Et dans le même temps, ils furent quelques-uns pour rallumer les braises de ce que nous sommes et sauver l'honneur et l'âme de la France avant d'en hâter la victoire. Oui, quelques-uns auxquels nous nous raccrochons.

Un préfet Jean Moulin organise l'armée secrète au nom de De Gaulle, un policier. Achil Peretti fonde le réseau Ajax, un juge. Paul Didier refuse de prêter serment à Pétin.

Un professeur agrégé de droit, Pierre Henry Tedjen entre dans le réseau qui va devenir combat. Un journaliste Pierre Dac moque les collaborateurs sur les ondes de Radio Londres. Une psychiatre Adéï Oval est déporté à Hvitz pour avoir défendu des juifs molestés dans la rue et deviendra juste parmi les nations.

Et 1038 garçons sans attaches choisissent de rejoindre la France libre pour y gagner le plus beau des titres de noblesse en République. Compagnon de la libération. Marc Block s'inscrit dans cette chaîne humaine salutaire.

Lui, l'héritier des lumières, ancien combattant des deux guerres, choisit à son tour l'armée des ombres. Le voici à Lyon, réseau fran tireur recruté à 57 ans par Maurice Spécie, un gamin de 20 ans. C'est moi le poulin de Maurice, lâche-t-il dès la première rencontre avec ses camarades fidèles à cet humour pince sans rire dont il ne s'est jamais départi.

Le voici rebaptisé Maurice Blanchard, monsieur Rolin, ou de ses allices de résistance chevreuse ou Narbon. Le voici siégeant dans le comité des experts créés par Jean-Moulin aux côté d'Henry Freé, François de Menton, Alexandre Parodi, Michel de Bré et tant d'autres. Ensemble, il pense le destin de la France libérée.

Le voici. Dirigeant régional des mouvements unis de résistance, le voici conscient des risques qu'il prend en s'exposant de la sorte, mais aussi sa famille, son épouse Simone et leurs enfants. Le voici arrêté ce 8 mars 1944 sur le pont de la boucle à Lyon par des Français membres de cette guestapo dont le chef Claus Barbie et le voici enfermé à Montluc comme Jean Moulin avant lui. prisonnier de Francis André d'agle tordu et de sa bande de collaborateurs, voleurs et torsionnaires.

Torturés, passé cette fois au supplice de la baignoire, ne donnant que des noms connus pour être déjà à Londres en sécurité, préservant la vie de tous les autres. Professeur d'espoir aussi encore et toujours. Dans la prison de Monluc, Marc Bloc, frappé, torturé, supplicieré et ce prisonnier qui demeure calme, souriant et quai.

Oui, Gay. Il nous encourageait, raconte l'un de ses compagnons de captivité. Il nous ranimait, nous parler de la France de son passé et ne désespérait jamais.

Livré au nazi et assassiné avec ses compagnons au soir du 16 juin 1944. Mark Block est présenté par la propagande de Vichi comme terroriste parce que juif. Sa mort est même revendiquée par le chef de la milice Joseph d'Arnand. terrible aveu qui marque alors la volonté des derniers fidèles de Vichi d'entraîner le pays dans la guerre civile alors même que la défaite du nazisme et la chute du gouvernement de Vichi est inéluctable.

Disons-le ici. Voilà où mène inévitablement l'antisémitisme dès lors que quiconque s'engage sur ce chemin de ténèbres. Confronté à ce cauchemar, la grandeur de Mark Block est cependant de n'avoir jamais désespéré de la France et du peuple français.

La résistance de Mark Block est aussi de pensée et d'écriture. Puisqu'il est historien et que l'histoire est un combat, puisque Vichi lui a volé ses livres, le voici qui en écrit de nouveau. Deux livres de combat, de livres de résistance.

Apologie pour l'histoire et l'étrange défête. Mark Block dédicace ainsi à Lucien Fèvre son apologie de l'histoire. Nous sommes les vaincus provisoires d'une injuste défaite.

Tout Mark Block est là dans ces quelques mots. L'historien n'a pas vocation à contempler le passé pour déplorer ce qui n'est plus. Son devoir est au contraire d'entrer dans l'action au nom du passé.

Je croyais à l'avenir parce que je l'écrivais moi-même, dira-t-il plus tard. Inciner l'étrange défête et c'est d'histoire du temps présent pour tous les lendemains à venir. Il y osculte les plaies de la patrie vaincue et les multiples causes politiques, militaires, morales de l'humiliation de 1940.

Bloc prodigent des enseignements qui nous obligent encore et point les raisons qui ont mené la France heureuse du Front populaire de l'été 36. Au désastre du printemps 40. La perte de toute force morale de la nation a commencé par ces élites qui cédèrent à l'esprit de défaite par détestation des élans du peuple français.

Mark Block est sévère avec les dirigeants des gouvernements Bloom qui n'ont pas vu le pirate venir, mais il l' encore plus et surtout avec ses français d'influence et de pouvoir qui de fait préférait admirer Hitler plutôt que le Front populaire, qui doutent de la France, la voyait déjà décadente au fond, n'y croyez plus. L'esprit de défaite sans cesse entretenu par ceux qui se proclament plus français que vous. Ce sont toujours les premiers à sacrifier la France aux intérêts de puissance hostiles.

Les premiers à la renier, les premiers à la trahir, premiers à sacrifier à leurs intérêts un peuple libre, peuple qu'au plus profond de même il n'aiment pas. Ainsi persiste encore et toujours cet esprit de défaite indissociable de l'esprit de Vichi, poison lent de notre vie publique et qu'il faut combattre inlassablement. Esprit qui prétend sauver la France en l'écartant de nos principes de liberté, d'égalité, de fraternité, fascination pour la force brute d'esprit faible qui s'était fatigué de la complexité du monde, manquait de caractère et ne croyait plus dans le peuple français.

Intellectuel intranquille, Marc Bloc est pour nous ce testament permanent. Testament de vie. Carc Block est inséparable de Simone.

Son amour, son éternelle victoire sans qu'il n'aurait pu accomplir son œuvre. Inséparable de la bravoure des siens. Alice engagé dans le secours aux enfants, Étienne, Louis et Daniel entré en résistance quand les deux cadés, Jean-Paul et Suzanne vivent les épreuves du temps.

La flamme aussi de la République chez ses petits enfants et arrière petits enfants, Marc Block, affaire de famille, famille de devoirs, de pensée et d'action. Testament de savoir et de science aussi. Sa bibliothèque a été dispersée par les nazis, mais ce sont bien les graines de son génie européen qui ont été essaimé et enfanté d'autres savants comme lui attaché à notre civilisation de liberté jusqu'à Carlo Ginsbourg disparu voilà quelques jours.

Testament pour l'historien aussi. Papa, à quoi sert l'histoire selon la phrase qu'il place au début de son apologie pour Marblock ? L'histoire sert à chercher la vérité et à trouver la liberté.

Inspiré par son père, lui-même professeur d'histoire antique et son frère médecin, Marc Block a placé la méthode scientifique au cœur de sa discipline. Le rapport au fait, la construction de la vérité, mais aussi l'étude des sociétés humaines dans les rapports sociaux et religieux comme dans les imaginaires. L'histoire et la science des hommes dans le temps, écrit-il.

Elle n'est pas une succession d'événements bruts initié par des individus aussi exceptionnels soi-ils parfois, mais une construction de temps long. Mark Block entend lire le passé aussi dans les mentalités des peuples. Pour ce médiévist, les croyances du paysan de la France féodale comptent autant que les gestes du roi de France.

S'il est des rois tomaturges qui guérissent par miracle et que le peuple accepte de croire à cette légende, il est indispensable de comprendre les ressorts de cette relation entre roi et peuple. Le métier de l'historien est de configurer, contextualiser, interpréter ce qui doit devenir vérité scientifiquement éprouvé. C'est là dans les façons de sentir et penser de chacun, dans l'exploration de ce que Lucien Fèvre nomme l'outillage mental, que se trouve le chemin qui mène à la vérité dans l'histoire.

Vérité bâtie sur les traces, les faits, les analyses. Vérité qui se polie dans l'historiographie excite véritatem il achérit la vérité. Épitaf et boussole.

Idéal démocratique qui rejoint le métier de l'historien. Ainsi Marc Bloc lit-il France et histoire, République et science, gouvernement et raison. Cette méthode et ce lien sont aujourd'hui encore les meilleurs antidotes contre les poisons de la révision historique qu'un peu partout nous revoyons poindre.

Oui, pour Marc Bloc, adolescent au temps de l'affaire de Refus, la République organise la confrontation respectueuse des faits, des idées, donne sa place à la science et à la justice, libère de la dépendance aux croyances faciles et de la crédulité aux fausses nouvelles. Et l'intégrité intellectuelle ne va jamais sans force morale ni sans courage physique. Deux front d'une même guerre pour la vérité, science et résistance.

Testament d'un professeur. Enfin, fils de professeur, Mark Block ne cessa jamais d'enseigner n'importe où, à l'université de Strasbourg comme dans la prison de Montluc. C'est comme s'il montait sur l'estrade, donnant à tous un cours simple, sans jargon, à hauteur d'intelligence, optimiste toujours. "Je crois aux jeunes," disait-il. "Oui, être professeur d'histoire et se publicite de chaque jour à notre jeunesse et à la force d'un nouveau printemps." Testament permanent. qu'il ne finit pas de nous léguer.

Ainsi Marc Bloque entre-t-il au panthéon vivant là devant nous et son leg devient nutre formulé avec ses propres mots. La France demeurera quoi qu'il arrive. La patrie dont je ne saurai déraciner mon cœur, j'y suis né.

J'ai bu aux sources de sa culture. J'ai fait son passé. Je ne respire bien que sous son ciel.

Et je me suis efforcé à mon tour de la défendre de mon mieux. Vive Marc Bloc, vive Simon Bloc, vive la République, vive la France. Ax enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé contre nous de [chant] la tyran semblant élevé là à semblant élevé Entendez-vous [chant] cette féroces soldat il jusque dans nos danger [chant] nos fils nos compagnos aux hommes au bataillon marchon marchon marchon marchon marchon que [chant] s amour sacré de [chant] la patrie conduit soutient l'avangeur liberté liberté chéri avec desurs des sous drapeau Que la victoire à tes males accents que [chant] le expirant triompé notre gloire aux hommes bataillons marchon marchon [musique][chant] Nous entrerons dans la [chant][musique] carrière quand nos seront [chant] plus. [musique] Nous y trouverons leur poussière et la trace de leur vertu.

Et la trace de leur vertu. Bien moins jaloux [chant] de leur survivre que de partager leur sac. Nous aurons le suppliment bien de les manger [chant] ou de les suivre. [musique] march march march [chant] Sion [applaudissements] [applaudissements] Ah.

Merci les copains. Merci beaucoup. Courage.