Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 23 janvier 2024 25 min

Mort d'une agricultrice sur un point de blocage, IVG dans la Constitution... Le "8h30 franceinfo" de Gérard Larcher

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Gérard Larcher, on l'a appris il y a quelques minutes, une femme est décédée dans un accident routier sur un point de blocage d'agriculteur à Pamier en Ariège, son mari et sa fille sont dans un état compliqué selon Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, il s'agit de trois adhérents du syndicat agricole, on n'a pas encore toutes les circonstances de l'accident, mais selon le procureur de foi, une voiture a foncé dans le barrage, les trois occupants de cette voiture d'ailleurs sont en garde à vue au moment où l'on parle, est-ce que c'est le drame qu'on craignait tous ?

0:37
Gérard Larcher

C'est un drame, c'est un drame et mes pensées vont d'abord à ceux qui aujourd'hui sont en train de se battre pour la vie et à cette femme qui est décédée, et face à ce drame, il importe que les réponses soient très vite apportées au monde agricole. Vous savez, il y a longtemps que nous sentions la montée de cette tension. Au Sénat, nous avions voté une proposition de loi sur la compétitivité de la Ferme France, nous avions fait des rapports, nous attirions l'attention du gouvernement.

A l'époque d'Elisabeth Borne, maintenant nous disons qu'il y a urgence, voilà pourquoi le Premier ministre s'est engagé à apporter d'ici la fin de la semaine des réponses concrètes aux agriculteurs, c'est essentiel.

1:21
Invité

Ces réponses, on va évidemment en parler, mais il y a un sujet d'ordre public, on le voit bien ce matin avec le drame qu'on évoquait à l'instant. Pour le moment, il n'est pas question d'évacuer l'autoroute A64 qui est bloquée par les agriculteurs, c'est ce qu'a dit hier le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Est-ce que c'est quelque chose qui est nécessaire de laisser finalement ce mouvement pour éviter justement les risques ?

1:47
Gérard Larcher

Il y a une profonde colère, il y a un ras-le-bol du monde agricole, il y a une espèce d'overdose de complexité, une volonté de sortir quelque part. Regardez certains titres, y compris de vos confrères il y a quelque temps vis-à-vis des éleveurs, d'être en quelque sorte des formes de paria de l'environnement.

2:06
Invité

Mais est-ce que le rôle de l'État, ce n'est pas justement d'assurer l'ordre et d'éviter, notamment peut-être pour éviter ce type de drame, d'éviter que les manifestations durent ?

2:14
Gérard Larcher

Naturellement, il faut prendre les précautions nécessaires, notamment pour éviter qu'un véhicule qui veut forcer un barrage et qui en quelque sorte agit comme un bélier, il y a un moyen d'éviter ça, c'est au ministère de l'Intérieur d'y réfléchir. Mais ne pensez pas que c'est en écartant et en gommant la colère des agriculteurs qu'on réglera la situation.

2:36
Invité

Si on vous pose la question, c'est parce que dans d'autres cas, notamment quand il y a des manifestations écologistes, on l'a vu encore ce week-end près de Toulouse, là il y a des évacuations.

2:46
Gérard Larcher

Écoutez, en tous les cas, ce n'est pas le souvenir que j'en ai à Sainte-Solide. Personnellement, face à ce drame d'abord, inclinons-nous devant le drame et devant la douleur. Deuxième des choses, indispensable de porter les réponses au monde agricole.

3:00
Présentateur

Pour la sécurité, pardon d'insister Gérard Larcher, mais pour la sécurité des agriculteurs eux-mêmes en priorité, est-ce qu'il ne faut pas justement évacuer tous ces blocages ?

3:09
Gérard Larcher

Écoutez, il appartient aux responsables agricoles d'avoir avec le ministre de l'Intérieur les échanges qui sont nécessaires. Ce sont des hommes et des femmes responsables dans ces organisations. Il y a un ministre, eh bien, qu'ils échangent.

3:21
Invité

Alors, il faut qu'on parle justement de ces échanges qui ont lieu entre la FNSEA, donc le principal syndicat agricole, Matignon. Quelle est l'urgence ? On a du mal à hiérarchiser les priorités dans les demandes des agriculteurs.

3:32
Gérard Larcher

Je dirais la première urgence, il faut que l'exécutif cesse d'avoir un double langage.

3:38
Présentateur

Ça veut dire quoi ?

3:38
Gérard Larcher

Un langage qui, à Bruxelles, soutient les positions de M. Canfin, par exemple, ou du Green Deal, et qui, à Paris, dit qu'il faut simplifier, simplifier. Quand la première ministre Elisabeth Borne, au dernier salon de l'agriculture, a dit « Nous n'interdirons pas aucun produit à caractère phytosanitaire si nous n'avons pas la molécule de substitution », eh bien, nous voyons que ça n'est pas le cas. Donc, il faut tenir parole et avoir le même langage, avoir le même langage.

Je m'adresse directement aux députés européens de Renaissance, qui n'ont pas soutenu au Parlement européen, celles et ceux qui, par exemple, sur les affaires de ce qu'on appelle l'IDE, soutenaient qu'il n'était pas question de réduire, par exemple, l'effectif d'un poulailler. Je suis un peu technique, mais je suis vétérinaire. Alors qu'à 21 500 poules, alors qu'arrivent d'Ukraine et du Brésil, 50% des poulets qui sont consommés en France, qui viennent d'immenses poulaillers.

4:37
Présentateur

Il faut mettre de côté toutes les normes à visée écologique, en fait ?

4:39
Gérard Larcher

Non, il ne faut pas les mettre toutes de côté. Il faut conjuguer la souveraineté alimentaire de l'Europe, la souveraineté alimentaire de la France, avec une transition, une transition écologique. Et je pense qu'on a besoin les uns des autres pour le faire. Mais on a besoin de normes pour ça, pardon, mais pour préserver l'environnement, par exemple. Mais on est en surnorme, en permanence. Je vais prendre un exemple, parce qu'il faut parler de choses concrètes. Dans mes départements normands, où je suis originaire, voilà qu'on impose de ressemer en herbe des terrains qui ont été labourés depuis des années, alors que les agriculteurs n'ont plus d'animaux. Alors, il faut qu'on soit logique.

Comment voulez-vous que les agriculteurs comprennent qu'il faille ressemer en prairie, au nom d'ailleurs de la capture de carbone ? Alors qu'en même temps, on dit que les animaux, par la météorisation, produisent du méthane.

5:33
Invité

Mais qu'est-ce que vous répondez du coup à ceux qui disent, mais à ce train-là, en fait, on ne fera jamais rien pour améliorer l'efficacité écologique ?

5:41
Gérard Larcher

L'écologie ne doit pas être punitive. L'écologie doit être un dialogue entre ceux qui ont la responsabilité de produire pour nous nourrir, pour nous nourrir, et un nécessaire équilibre qu'ils fassent trouver. Je crois que c'est dans ce conflit-là qu'on a fait naître ce ras-le-bol, cette overdose de réglementation.

6:01
Présentateur

Il y a la question des réglementations, il y a la question aussi des rémunérations. Sortir l'agriculture des accords de libre-échange, c'est ce que propose Jordan Bardella, le président du Rassemblement National. Vous en dites quoi, vous ?

6:13
Gérard Larcher

C'est ce que propose tout simplement le Sénat quand il s'oppose au Mercosur. Pardonnez-moi, on ne se pose pas beaucoup de questions environnementales. Quand on s'oppose, par exemple, à l'accord en catimini de l'Union Européenne avec la Nouvelle-Zélande, est-ce qu'on mesure dans ce pays, ce pays, qu'en 2027, nous serons des importateurs nets de lait pour les besoins des Français ? La droite en France a longtemps défendu le libre-échange. Pardon ?

6:41
Invité

La droite en France a longtemps défendu le libre-échange. Ce n'est plus le cas.

6:43
Gérard Larcher

Mais ce n'est pas l'enfermement ou le repli sur nous-mêmes. Il faut des accords équilibrés. Des accords équilibrés, notamment avec des contreparties d'équilibre environnemental. Nous importons aujourd'hui 7 fruits sur 10. Nous importons plus d'un poulet sur 2. Nous importons 25% de la viande bovine.

7:06
Présentateur

Parlons concret, Gérard Larcher, parce que vous connaissez l'une des craintes majeures des agriculteurs aujourd'hui, c'est l'entrée dans l'Union Européenne de l'Ukraine. Parce que pour eux, l'agriculture ukrainienne, elle ne joue pas avec les mêmes règles que les nôtres. Donc l'Ukraine dans l'Europe, vous vous dites non ?

7:20
Gérard Larcher

Non, je n'ai pas dit ça. Je dis l'Ukraine dans l'Europe avec des règles qui permettent cette transition entre une économie agricole ukrainienne, qui n'a pas du tout les mêmes règles que nous, et les règles de l'Union Européenne.

7:31
Invité

Gérard Larcher, le président du Sénat, était avec nous jusqu'à 9h. On laisse passer le fil info, 8h41. On vous retrouve dans une minute, le fil info, Sophie Echenne. 3 personnes sont en garde à vue ce matin après un accident de la route sur un point de blocage des agriculteurs en Ariège. Une voiture a foncé sur le barrage. Une femme est morte. Son mari et sa fille sont blessés. Ils ont été hospitalisés. Les actions, elles se poursuivent, notamment sur la 64 au sud de Toulouse ou encore sur la 7 entre l'Isère et la Drôme. L'inflation sur les produits alimentaires a augmenté de près de 12%.

L'an dernier, c'est le résultat du rapport annuel de l'Association de défense des consommateurs famille rurale. Selon cette étude, une famille de 4 personnes doit débourser au moins 539 euros par mois pour manger correctement, contre 477 euros l'année dernière. En Ukraine, les nouvelles frappes russes sur Kiev et Kharkiv ont fait au moins 2 morts. Il y a aussi des dizaines de blessés. Et puis les handballeurs français déjà qualifiés en demi-finale de l'Euro grâce à leur victoire contre l'Autriche hier soir. Le match contre la Hongrie, demain, contrat pour du beurre. Les Bleus affronteront la Suède vendredi pour une place en finale.

Et le président du Sénat, Gérard Larcher, lors de vos voeux la semaine dernière, vous avez mis en garde, attention à l'abus des procédures accélérées ou à la convocation de commissions mixtes paritaires en urgence, c'est-à-dire les parlementaires des deux assemblées. Comme en décembre, vous faisiez clairement allusion à la loi immigration ?

9:02
Gérard Larcher

Oui, parce que nous avions demandé, et d'ailleurs la présidente de l'Assemblée nationale était sur la même longueur, les deux présidents de groupe de la majorité, le président de la commission des lois du Sénat, nous pensions qu'il fallait nous donner du temps pour, j'allais dire, bâtir le texte définitif, d'autant que l'Assemblée nationale n'avait pas débattu en séance plénière. Le président de la République en a décidé autrement, manifestement il voulait se débarrasser de ce texte avant Noël. Nous nous avions prôné, j'ai rappelé le principe, ça se prépare une commission mixte paritaire, ça se prépare et ça nécessite un travail et un dialogue.

C'est, je pense, une bonne manière de faire la loi.

9:42
Invité

Ça veut dire que ce texte n'est pas satisfaisant pour vous ? Il aurait été meilleur si vous aviez pris plus de temps ?

9:46
Gérard Larcher

Je pense que le texte aurait été, même s'il y a eu un travail exceptionnel, notamment du président de la commission des lois du Sénat, nous aurions eu quelques jours de plus, je pense qu'on aurait eu un texte encore amélioré.

10:01
Présentateur

Gérard Larcher, le Conseil constitutionnel, qui doit rendre sa décision jeudi sur la loi immigration, quand vous avez entendu devant les parlementaires Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, dire qu'il y a des dispositions de la loi immigration qui sont manifestement anti-constitutionnelles, vous n'êtes pas dit qu'il y avait un problème ?

10:16
Gérard Larcher

Je me suis dit qu'il y avait parfois deux langages, de M. Darmanin devant le Sénat, puis devant la commission à l'Assemblée nationale, puisque le texte qui sortait du Sénat était un texte quasi parfait, et je n'aurais pas, j'allais dire, à la cruauté de rappeler d'autres propos. Mais sur ce principe-là... Écoutez, le Conseil constitutionnel va rendre, c'est son rôle, son avis sur la constitutionnalité de toute ou partie du texte. Mais vous-même vous êtes conscient qu'il y a des mesures anti-constitutionnels ? sur la décision du Conseil constitutionnel.

Si à l'issue des conclusions des travaux du Conseil constitutionnel, nous constatons que nous ne pouvons pas exercer de manière souveraine la mise en place d'une politique migratoire. Alors, il faudra tout simplement revenir à la proposition qui était la nôtre. Donc, si le Conseil constitutionnel n'est pas d'accord, il faut changer la constitution.

11:14
Présentateur

Ça veut dire que pour vous, le problème, ce n'est pas la loi, c'est le Conseil constitutionnel ?

11:17
Gérard Larcher

Ce n'est pas le problème. J'ai dit le contraire. J'ai dit que le Conseil constitutionnel est dans son rôle de dire si c'est ou non conforme à la constitution telle qu'elle est aujourd'hui.

11:28
Présentateur

Il y a la préférence nationale dans ce texte ?

11:31
Gérard Larcher

Il n'y a pas la préférence nationale, puisque cette théorie, je vous rappelle que sur le RSA, par exemple, et sur les indemnités de solidarité vieillesse, il y a des délais de présence dans le pays. De l'inscrire dans la loi ? Il est possible de l'inscrire dans la loi. D'ailleurs, en 2011, le Conseil constitutionnel avait jugé que pour le RSA, c'était possible.

11:54
Présentateur

Je vous pose la question parce que Jacques Toubon, ancien défenseur des droits et ancien ministre, lui, pense que vous avez inscrit la préférence nationale dans ce texte, préférence nationale inspirée directement du Front National. Jacques Toubon, vous connaissez bien, il était au RPR avec vous. Aujourd'hui, il a des gros doutes sur la ligne des Républicains. Écoutez, il était l'invité de France Info il y a quelques jours.

12:15
Invité

Le vrai sujet, c'est est-ce que la droite, en l'occurrence LR, se laisse tenter par aller vers l'extrême droite ? Et je pense que c'est mortel pour la droite parce qu'il est absolument évident que, d'un point de vue démagogique, d'un point de vue populiste, l'extrême droite gagnera toujours par rapport à la droite.

12:44
Gérard Larcher

Votre réponse ? Réponse est simple. Les députés de la majorité relative ont voté le texte. Et donc, il y a eu une majorité. Avec l'appui du Rassemblement National. C'est pas parce que le Rassemblement National souligne qu'il y a un problème migratoire qu'il ne faut pas se pencher sur la réalité des flux migratoires. Jamais, nous n'aurons eu autant de demandes d'asile. Je rappelle, 160 000 cette année attendue. C'était il y a 15 ans, 50 000. S'il n'y a pas un problème de politique migratoire, alors je ne sais pas ce que veulent dire.

13:15
Présentateur

Reste que vous, Gérard Larcher, comme l'extrême droite, comme le Rassemblement National, vous demandez une réforme de l'AME, l'aide médicale d'État. Elisabeth Borne, ancienne première ministre, vous avez promis une réforme de l'AME. Est-ce que le nouveau Premier ministre, Gabriel Attal, vous l'a promis aussi ?

13:32
Gérard Larcher

Mais pas comme l'extrême droite. Depuis des années, au Sénat, rapport de Roger Carucci, qui n'est pas d'extrême droite, souligne le problème posé par l'aide médicale d'État. Son ampleur, pas loin de 500 000 personnes, son coût, mais aussi, est-ce qu'il ne faut pas redéfinir qui est-ce qu'avec nos valeurs ? Or, ce qui a été proposé au Sénat, prévoit la prophylaxie, les soins urgents, les vaccinations, l'accompagnement des femmes. Mais il a servi à quoi, le rapport ? Des femmes enceintes et au-delà de la naissance. C'est exactement ce qui se passe en Allemagne. Si c'était un tel recul des droits.

14:14
Présentateur

Le rapport de Claude Évent, de Patrick Stéphanini, qui dit que l'AME est un dispositif utile, globalement maîtrisé, qui ne constitue pas un facteur d'incitation à l'immigration régulière, Il sert à quoi ce rapport ? Vous ne lisez même pas ?

14:27
Gérard Larcher

Il souligne beaucoup d'interrogations. Regardez un tableau, notamment sur le recours aux radiothérapies, aux chimiothérapies. Nous voyons bien que c'est une aide médicale qui sert, j'allais dire, à effectuer des soins qui pourraient être effectués dans les pays d'origine.

14:45
Invité

Gérard Larcher, les associations de consommateurs sont vent debout. Depuis l'annonce d'une augmentation du prix de l'électricité, la semaine prochaine, un peu moins de 10% de plus au 1er février, du seul fait de la hausse des taxes. Est-ce que, si vous étiez en responsabilité, vous auriez fait la même chose ?

15:00
Gérard Larcher

Oui, et nous l'avons dit. Et c'est un point de différence avec nos amis de l'Assemblée nationale. Quant au Sénat, nous avons dit programmation des finances publiques, nous avons dit que ce pays ne pouvait plus rester dans l'état dans lequel il était financièrement. Plus de 160 milliards de déficit budgétaire. Même le ministre de l'Économie et des Finances dit qu'il faut trouver très très vite 12 milliards. Je rappelle que c'est 9 milliards le fait d'avoir abaissé de 31 à 1 euro la taxe sur l'électricité. Mais ça va représenter 18 euros de plus par mois pour une famille avec deux enfants, par exemple.

On la remette en place, c'est tout simplement indispensable pour retrouver nos équilibres financiers. Ce n'est pas le bon moment, disent les associations. Ce n'est pas ça, ça n'est jamais le bon moment. Ça n'est jamais le bon moment. Il y en est à 3 000 milliards de dettes et nous serons le dernier pays européen à retrouver un équilibre financier. Nous, nous avons fait d'autres propositions pendant le débat budgétaire. Nous avons fait des propositions d'économie de 7 milliards. Nous avons pointé du doigt les 1 300 agences publiques qui représentent 400 000 emplois et 80 milliards de dépenses publiques. Le gouvernement fait un autre choix. C'est qu'elles, les agences publiques ?

Eh bien, nous, nous sommes dans notre logique programmation pluriannuelle des finances publiques. Objectif, en 2025, retrouver un déficit qui n'excelle pas.

16:20
Présentateur

Vous dites quoi ? Il faut tailler dans les fonctionnaires, c'est ça ? Pardon ? Il faut tailler chez les fonctionnaires ?

16:23
Gérard Larcher

Non, je vous parle des agences.

16:24
Présentateur

Ah, les agences publiques, c'est lesquelles ?

16:26
Gérard Larcher

Mais il faut maîtriser la dépendance. Nous avons 58%.

16:29
Présentateur

Non, mais d'accord, mais c'est lesquelles ?

16:31
Gérard Larcher

Non, nous avons 58%. Je vais prendre les agences très, très nombreuses. Rien que dans le secteur de l'alimentation et de l'agriculture, est-ce que c'est nécessaire d'avoir ces agences ?

16:40
Invité

Mais à un moment, on dit justement qu'il faut plus de contrôle. Est-ce que c'est le moment de supprimer ce type d'emploi ? Oui, mais c'est aussi les fabricants de normes.

16:49
Présentateur

Mais parce qu'il y a l'électricité qui augmente, mais il y a aussi les franchises médicales qui vont être doublées au mois de mars. C'est l'annonce de la ministre de la Santé. Là aussi, vous validez ?

16:57
Gérard Larcher

Je ne valide pas. Je voudrais savoir ce qu'il en est et que nous procédions à une évaluation. C'est le rôle, j'allais dire, du Parlement.

17:04
Invité

Ça va représenter 17 euros par an pour un Français en moyenne.

17:07
Gérard Larcher

L'électricité va représenter, pour ceux qui ne se chauffent pas à l'électricité, 5 euros par mois et pour ceux qui chauffent à l'électricité, 18 euros par mois. Plus donc, par exemple, 17 euros par an pour chaque Français. Ça n'est pas modeste, mais nous n'avons plus les moyens. C'est tout.

17:24
Invité

Gérard Larcher est avec nous jusqu'à 9h sur France Info. On vous retrouve juste après le fil infos, 8h50, Sophie Echen. La mobilisation des agriculteurs entachés par un drame. Ce matin, une femme a été tuée en Ariège après qu'une voiture a foncé sur un point de blocage. Ses trois occupants ont été placés en garde à vue. C'est un drame difficile à vivre, dit ce matin le président de la FNSEA, le syndicat majoritaire dans la profession.

En plein dry January, cette étude de santé publique France qui révèle que les Français boivent toujours trop d'alcool, mais moins qu'avant, presque trois fois moins de consommateurs quotidiens qu'il y a 20 ans, les femmes ont tendance à rattraper les hommes lorsqu'il s'agit d'excès ponctuel. Aux Etats-Unis, les électeurs républicains votent ce soir à la primaire du New Hampshire. Donald Trump, grand favori, face à son ancienne ambassadrice à l'ONU, Nikki Haley, le gouverneur de Floridone de Santis, s'est retiré ce week-end appelant à soutenir l'ancien président américain.

Amazon, condamné à payer 32 millions d'euros d'amende par la CNIL, le gendarme des données numériques, pour une surveillance trop intrusive de ses salariés via notamment des scanners qui enregistrent les temps d'inactivité.

18:33
Locuteur non identifié

Et toujours avec Gérard Larcher,

18:39
Invité

le président du Sénat, on voudrait avoir votre commentaire sur ce rapport d'une commission d'enquête parlementaire sur les fédérations sportives qui a rendu ses conclusions ce matin. On rappelle que 17 millions de Français sont adhérents à des fédérations sportives. Et si on vous pose la question, c'est que ça concerne une fois de plus la ministre de l'Éducation et des Sports, Amélie Oudea-Castera, parce que d'abord, c'est son dossier, mais parce qu'elle était également, il n'y a pas si longtemps que ça, directrice générale de la Fédération française de tennis. Il y a beaucoup de demandes dans ce rapport. Question très simple.

Compte tenu de ses anciennes fonctions, est-ce que la ministre des Sports est la mieux placée pour mettre en œuvre les très nombreuses demandes qui sont contenues dans ce rapport ?

19:21
Gérard Larcher

Première des choses, je n'ai pas lu ce rapport qui doit sortir ce matin. Et comme président d'Assemblée, quand il s'agit des commissions d'enquête, il y a des règles. On ne commande pas des rapports dont on n'a pas eu, j'allais dire, une connaissance approfondie.

19:32
Invité

Il y a des choses qui sont déjà publiques et notamment les déclarations que la ministre a faites au cours de ses auditions.

19:39
Gérard Larcher

Sur ce sujet, ce qui me préoccupe particulièrement, c'est est-ce que les fédérations, au sens large, ont fait, j'allais dire, suffisamment de transparence sur les principes éthiques de protection des jeunes ? Ça, c'est un vrai, vrai sujet qui est posé. Nous verrons les recommandations de la commission d'enquête. C'est, je crois, un point d'exigence qu'il faut avoir. Et si la ministre venait à avoir manqué à cette exigence de transparence dans sa vie antérieure, alors le problème serait posé. Mais moi, je ne pratique pas la chasse à l'homme ou à la femme avant d'avoir les faits tels qu'ils sont et tels qu'ils seront objectivement annoncés dans un rapport de commission d'enquête.

Je rappelle qu'un rapport de commission d'enquête peut avoir des conséquences judiciaires. Ce n'est pas le président du Sénat, ça vous rappellera quelques commissions d'enquête qui ont été faites au Sénat qui vous dira autrement donc je respecte le principe de la commission d'enquête.

20:40
Présentateur

Demain, c'est le début de l'examen de loi qui doit garantir la liberté d'interruption volontaire de grossesse dans la Constitution. Si le texte va à son terme, vous présiderez le Congrès à Versailles parce qu'il faut une adoption à la majorité qualifiée par les députés et les sénateurs. C'est important de sécuriser l'IVG dans la Constitution ?

20:56
Gérard Larcher

D'abord, c'est la présidente de l'Assemblée nationale qui préside le Congrès dans notre système institutionnel. Moi, je suis toujours été très favorable à l'IVG et la première des préoccupations qui est la mienne, c'est les conditions dans lesquelles on pratique l'interruption volontaire de grossesse. On a fermé en plus de 10 ans 130 centres qui se consacraient à cette interruption volontaire de grossesse.

Le premier des sujets, ce qui nous a d'ailleurs amené à allonger les délais, c'est la très mauvaise réponse que nous donnons à ces femmes qui, à un moment, font le choix d'aller, car c'est toujours un choix très très difficile et je pense déchirant parfois et nous sommes dans une faiblesse de l'accompagnement post-IVG. Mais vous faites

21:45
Présentateur

pour que ce soit inscrit dans la Constitution ? Non.

21:47
Gérard Larcher

Parce que je pense que la Constitution n'est pas, je pense que l'IVG n'est pas menacée dans notre pays. Il y a déjà un certain nombre de décisions du Conseil constitutionnel qui garantit l'IVG. Si l'IVG était menacée, croyez-moi, je me battrai pour qu'il soit maintenu. Mais je pense que la Constitution n'est pas un catalogue de droits sociaux et sociétaux. Et donc, je verrai quels sont les débats. Par tradition, je ne vote pas. Mais je vous donne un avis très personnel, en conscience, je ne pense que la Constitution ce n'est pas ce catalogue-là.

22:23
Invité

Vous avez une date, la ministre Orberger avait évoqué publiquement le 5 mars pour ce congrès.

22:26
Gérard Larcher

Nous verrons en fonction des débats tels qu'ils auront lieu au Sénat. Je voudrais simplement rappeler un principe de la loi Veil et notamment dans l'affaire des délais de l'IVG. C'est d'abord le droit des femmes qui est préservé dans la loi Veil. Puis ensuite, après un certain délai, c'est le droit de l'enfant et le droit de l'enfant à naître. C'est cet équilibre-là qu'il ne faudrait pas bouleverser.

22:50
Invité

J'ai relâché l'une des vôtres, Rachida Dati a rejoint le gouvernement. J'ai dit l'une des vôtres parce qu'il n'y a pas si longtemps que ça encore, elle était responsable de la Fédération des Républicains à Paris. Ça vous a fait mal ?

23:00
Gérard Larcher

Ça m'a fait un peu de peine que la présidente du Conseil national des Républicains fasse ce choix. Elle en a décidé. Je ne suis pas certain que ça soit pour l'image des politiques la meilleure des choses, mais bon, c'est ainsi. Ce que j'attends d'elle...

23:19
Présentateur

Est-ce que c'est une traître à vos yeux ?

23:21
Gérard Larcher

Je n'utilise pas ces mots-là. Elle, elle les utilisait. Elle l'avait utilisée en 2021. Je n'utilise pas ces mots-là. Mais elle va avoir un relevé de sacrés défis. Quid demain de l'audiovisuel public ? Vous savez qu'au-delà de 2025, il faudra qu'on trouve des voies de financement. Quid de la régulation des plateformes numériques ? Comment on finance le cinéma ? Quand on parle de culture populaire, comment on soutient ? Parce que la culture populaire, c'est essentiellement les collectivités locales qui l'assurent. Ça va être ça, ces défis. Nous verrons aux actes. Et quid de la mairie de Paris puisqu'elle est déjà candidate ?

Écoutez, il appartiendra à l'air de prendre le moment venu la décision. Nous avons gardé une ligne autonome. Mais elle peut porter vos couleurs ? Elle peut porter les couleurs des Républicains à Paris en 2026 ? Non, elle n'appartient plus aux Républicains.

24:13
Présentateur

Gérard Larcher, une tribune de plus de 1200 personnalités de la culture regrette que Sylvain Tesson soit nommé parrain du printemps des poètes en 2024. Pour eux, l'auteur est devenu une icône réactionnaire, figure de proue de l'extrême droite littéraire. Rachid Adati, Bruno Le Maire lui ont apporté leur soutien à Sylvain Tesson. Et vous ?

24:31
Gérard Larcher

Sylvain Tesson, c'est le beau. Et on lui a fait une espèce de procès d'avoir fait une préface d'un ouvrage de Jean Raspail qui parle de la Patagonie. Moi, j'en ai marre de penser qu'il y aurait une forme de cancel culture, qu'il y aurait une interdiction pour ceux qui ne seraient pas à gauche de participer au mouvement culturel. Au fond, Baudelaire n'aurait jamais dû être poète.

24:55
Invité

Le camp des saints, pour rappeler quand même l'ouvrage de Jean Raspail, c'est aussi un ouvrage qui est souvent mis en avant par l'extrême droite. Écoutez,

25:02
Gérard Larcher

la Patagonie, ce n'est pas un ouvrage, préfacez la Patagonie, un lieu du beau, du rêve, pour un poète, c'est excellent.

25:11
Invité

Bon, Gérard Larcher, président du Sénat, vous étiez l'invité de France Info ce matin.