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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 13 janvier 2026 7 minContradictoireActualité / polémiqueSanté

Les réseaux sociaux nuisent gravement à la santé des ados, alerte Thomas Bayeux, de l'Anses

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    C'est quoi par exemple ?

  • 2:53ComplaisanteRéponse directe

    Et tout ça, évidemment, dans le but de vendre des espaces publicitaires et des données personnelles.

  • 3:27OuverteRéponse directe

    Mais tout ça, ça vaut aussi pour les adultes, non ? Est-ce que les ados sont plus vulnérables que nous ?

  • 4:05OuverteRéponse directe

    Et parmi vos conclusions, vous dites aussi que les filles sont plus exposées. Pourquoi ? Pourquoi plus que les garçons ?

  • 4:53OuverteRéponse directe

    Les effets sur la santé, on en parle souvent.

  • 5:05RelanceRéponse directe

    Ça peut venir vite, quand même, tous ces dangers que je viens de lister ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00InvitéFait
    « Les réseaux sociaux utilisent des dispositifs techniques au niveau de la conception du réseau social, du design du réseau social pour capter l'attention. »
  • 2:38InvitéPromesse
    « À titre d'illustration, ça peut être les notifications. »
  • 3:27InvitéFait
    « Le fait de pouvoir capter l'attention de l'utilisateur, le rendre captif sur le réseau social participe de cette stratégie et de ce modèle économique. »
  • 4:25InvitéFait
    « Elles utilisent davantage des réseaux sociaux qu'on qualifie d'autement visuels, fondés sur l'échange et le partage d'images sur la mise en scène de soi. »
  • 4:44InvitéFait
    « Elles subissent davantage de pression sociale liées aux stéréotypes de genre, notamment, ou encore qu'elles sont plus souvent cyberharcelées que les garçons. »
  • 5:21InvitéPromesse
    « La rapidité d'intervention, de l'arrivée de l'effet, on sera en incapacité de donner des données très précises, des résultats très précis à ce sujet. »
  • 5:41InvitéChiffre
    « Ce qu'on constate, c'est quand même qu'il y a des effets majeurs qui sont identifiés au travers de l'usage des réseaux sociaux par les adolescents. »
  • 6:09InvitéPromesse
    « L'ANSES recommande que les moins de 18 ans puissent accéder à des réseaux sociaux qui soient conçus, paramétrés, pour ne pas avoir d'impact sur la santé de l'adolescent. »
  • 6:32InvitéChiffre
    « Au niveau européen, il y a eu le règlement autour des services numériques, le Digital Service Act, qui est applicable depuis le 17 février 2024. »

Temps de parole

  • Invité65 %
  • Présentateur35 %

7,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h21, vous avez l'impression d'avoir déjà tout entendu sur les méfaits des réseaux sociaux, sur la façon dont ils affectent la santé des adolescents, la santé mentale notamment. Sachez que l'ANSES complète ces informations dans un très volumineux rapport publié ce matin, rapport que vous avez coordonné, Thomas Bayeux, bonjour.

0:26
Invité

Oui, bonjour.

0:27
Présentateur

Vous deviez être avec nous en studio, mais vous êtes coincé par des tracteurs sur le périphérique, vous êtes donc au téléphone, j'espère que la liaison sera bonne avec peut-être éventuellement des klaxons en bruit de fond.

Thomas Bayeux, vous êtes chef des projets socio-économiques de cette Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, vous avez travaillé avec plein de scientifiques, des épidémiologistes, des biologistes, des pédopsychiatres, des psychologues, des chercheurs en sciences de l'information, vous avez compilé plus d'un millier d'études sur le sujet, c'est un travail colossal, et votre expertise va bien plus loin que le nombre d'heures passées devant les écrans, ça c'est évidemment que c'est le point de départ, mais vous analysez par exemple les dispositifs de captation de l'attention, donc comment les réseaux s'y prennent pour capter l'attention des jeunes, c'est quoi les mécanismes utilisés ?

1:12
Invité

Alors, merci déjà pour votre invitation. Comme vous l'avez indiqué, l'expertise qu'on a engagée au niveau de l'ANCE, c'est un travail inédit de par son ampleur, plus de mille articles analysés, étudiés dans le cadre d'un groupe de travail, qui s'y réunit régulièrement durant un laps de temps assez conséquent.

1:33
Présentateur

Je suis désolée, c'est très impoli, je vais être obligée de vous couper, Thomas Bayeux, on n'a vraiment pas beaucoup de temps, donc si on pouvait aller à l'essentiel, sur la façon dont les réseaux s'y prennent pour capter l'attention des jeunes.

1:43
Invité

Concernant la captation de l'attention, plusieurs stratégies sont mises en place par les réseaux sociaux. Il faut comprendre que la captation de l'attention, c'est vraiment la base du modèle économique des réseaux sociaux. En conséquence, ils ont développé plusieurs leviers pour capter cette attention. Ça passe notamment par des dispositifs au niveau de l'algorithme, qui sont de plus en plus puissants, de plus en plus précis, et qui enferment l'adolescent et l'utilisateur du réseau social dans un ensemble d'informations. C'est des bulles d'informations. Ça, c'est un premier point.

Et le deuxième point, c'est que les réseaux sociaux utilisent des dispositifs techniques au niveau de la conception du réseau social, du design du réseau social, pour capter l'attention.

2:28
Présentateur

C'est ça ce que vous appelez des interfaces manipulatrices ?

2:32
Invité

Exactement.

2:33
Présentateur

Alors c'est quoi par exemple ?

2:34
Invité

À titre d'illustration, ça peut être les notifications. C'est quelque chose d'assez emblématique. Ça peut être le scroll infini. Ça peut être l'enchaînement de vidéos de manière automatique. Ça peut être aussi encore des notifications pour indiquer que l'utilisateur est en train d'écrire, est en train de regarder un message.

2:53
Présentateur

Et tout ça, évidemment, dans le but de vendre des espaces publicitaires et des données personnelles. Ça me fait penser quand même au temps de cerveau disponible à l'époque. C'était l'expression de l'ancien PDG TF1, Patrick Lelay, qui disait que ces émissions télé, c'était justement ça pour préparer le cerveau des téléspectateurs à être réceptifs à la pub. C'est pareil pour les réseaux ?

3:11
Invité

Effectivement, les réseaux sociaux, en tout cas, basent vraiment leur modèle sur le fait de capter de la donnée, comme vous l'avez indiqué, de pouvoir vendre de l'espace publicitaire de manière optimisée. Et le fait de pouvoir capter l'attention de l'utilisateur, le rendre captif sur le réseau social, participe de cette stratégie et de ce modèle économique.

3:30
Présentateur

Mais tout ça, ça vaut aussi pour les adultes, non ? Est-ce que les ados sont plus vulnérables que nous ?

3:35
Invité

Alors, l'expertise de l'ANSES a bien mis en avant des enjeux de santé pour les adolescents. Ils ont des spécificités liées à cette tranche d'âge, que ce soit au travers de constructions d'ordre social. C'est un moment où on se construit soi-même, où on se confronte à autrui. Il y a des enjeux de maturation du cerveau, d'enjeux d'ordre biologique. Notre expertise n'a pas traité la question des adultes ou des publics plus jeunes que les adolescents, les enfants. Donc, nous, notre propos restera bien centré sur les adolescents.

4:05
Présentateur

Et parmi vos conclusions, vous dites aussi que les filles sont plus exposées. Pourquoi ? Pourquoi plus que les garçons ?

4:10
Invité

Alors, effectivement, ça, c'est un enjeu. Enfin, c'est un résultat assez majeur de l'expertise. C'est que les filles sont plus impactées que les garçons. Alors, il y a plusieurs raisons qui peuvent expliquer ce constat. Les filles utilisent plus les réseaux sociaux que les garçons. Elles utilisent davantage des réseaux sociaux qu'on qualifie d'autement visuels, fondés sur l'échange et le partage d'images sur la mise en scène de soi. Donc ça, c'est des facteurs qui peuvent expliquer une exposition accrue.

Mais ce qui est vraiment notable, c'est qu'elles subissent davantage de pression sociale liées aux stéréotypes de genre, notamment, ou encore qu'elles sont plus souvent cyberharcelées que les garçons. Et donc, ça peut engendrer des enjeux en matière de santé, notamment de santé mentale.

4:53
Présentateur

Les effets sur la santé, on en parle souvent. Altération du sommeil, dévalorisation de soi, comportement à risque, comme les troubles alimentaires, le cyberharcèlement, évidemment aussi. Des conséquences qui peuvent arriver vite ? Ça peut venir vite, quand même, tous ces dangers que je viens de lister ?

5:09
Invité

Alors, la rapidité d'intervention, de l'arrivée de l'effet, on sera en incapacité de donner des données très précises, des résultats très précis à ce sujet. Ça pourra dépendre d'un certain nombre de facteurs, du contexte social, de la capacité à avoir des soutiens, de la vulnérabilité propre de l'adolescent. Donc, sur ce point, je serai en difficulté pour vous donner des éléments concrets. Pour autant, ce qu'on constate, c'est quand même qu'il y a des effets majeurs qui sont identifiés au travers de l'usage des réseaux sociaux par les adolescents.

5:45
Présentateur

Thomas Bayeux, ce qu'il faut souligner, tout de même, c'est que vous n'êtes pas contre les réseaux sociaux. Vous dites qu'il faut des réseaux sociaux adaptés, conçus, paramétrés, pour protéger la santé des adolescents. Ça existe aujourd'hui ?

5:55
Invité

Alors, on n'a pas étudié des réseaux sociaux en particulier. Donc, je ne serai pas en capacité de vous dire si des réseaux sociaux virtueux existent. En tout cas, je confirme ce que vous indiquez, c'est que l'ANSES recommande que les moins de 18 ans puissent accéder à des réseaux sociaux qui soient conçus, paramétrés, pour ne pas avoir d'impact sur la santé de l'adolescent.

Cette recommandation qui est majeure, qui est centrale dans l'expertise, elle s'inscrit aussi dans un cadre réglementaire plus large, au-delà de ce qu'avance l'ANSES, puisque, au niveau européen, il y a eu le règlement autour des services numériques, le Digital Service Act, qui est applicable depuis le 17 février 2024, et qui souligne, au travers de plusieurs de ses articles, la nécessité de garantir des services de réseaux sociaux qui préservent la santé des utilisateurs mineurs. Donc, la recommandation de l'ANSES s'inscrit dans cette ligne-là.

6:49
Présentateur

S'inscrit dans cette ligne-là.

6:49
Invité

S'inscrit dans l'application le Digital Service Act.

6:51
Présentateur

Merci beaucoup Thomas Bayeux, merci, vous étiez l'invité du 5-7.