Le congrès calédonien demande la poursuite du dialogue, il faut le respecter - Patrick Kanner
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La parole de l'État engage. Le vote du budget astreint et l'urgence en Nouvelle-Calédonie oblige. Des crédits ont été votés.
Il doivent être maintenant débloqués. Chaque jour d'attente aggrave l'urgence économique et sociale. La reconstruction de la Nouvelle-Calédonie après les émeutes de 2024 exige transparence et sens de l'État.
Ni l'une ni l'autre ne sont au rendez-vous. La représentation nationale ne dispose d'aucune information précise sur l'avancement des travaux de la mission du Parlement est tenu en marge d'un dossier qui engage pourtant la paix civile et l'avenir d'un territoire de la République. Par ailleurs, le refus de notre proposition de débat 50-1 n'est pas une bonne nouvelle, encore une occasion manquée.
Alors cette opacité s'ajoute à l'abandon de l'impartialité de l'État qui animait pourtant les esprits des accords de Matignon et de Numéa. L'État se doit de rester un arbitre, un garant du dialogue, un protecteur de l'équilibre fragile entre les partis. Un rejet du projet de loi constitutionnel par le Parlement anéantirait le travail patient de concession réciproque et d'esprit de consensus porté par ceux qui ont permis la signature de Bougival.
Cet accord sans être sanctuarisé reste le socle de référence pour les discussions à venir. Mais au lieu de renouer avec la recherche de compromis, vous vous êtes enfermé dans un calendrier intenable qui repousse les élections provinciales pour la 4e fois et va jusqu'à prévoir la tenue d'un congrès à Versailles le 13 avril. Alors madame la ministre, vous ne pouvez pas mettre en péril la construction d'un accord politique en imposant votre calendrier.
On ne décrète pas la confiance, on ne force pas le consensus. Le Congrès calédonien demande encore et toujours la poursuite du dialogue. Il faut le respecter.
Madame la ministre, dans l'intérêt supérieur de la Nouvelle-Calédonie, comment comptez-vous sortir de l'impasse désespérante qui est en train de se profiler ? Le débat va évidemment se poursuivre à partir de la semaine prochaine. La première brique a été posée avec l'adoption ce matin aux commission des lois du projet de loi constitutionnelle.
Je serai dans une méthode d'écoute attentive. Moi, je souhaite qu'on puisse continuer à progresser et je serai notamment à l'écoute des amendements qui viendront sécuriser les dispositifs ou qui viendront rassurer ceux qui ont encore des doutes sur la question. Sur le report des provinciales, reporter des élections n'est jamais une solution satisfaisante, mais c'est une nécessité.
Je crains que d'organiser des élections au mois de juin prochain ne raviv des tensions. Nous serions en plein milieu d'un d'un procédé institutionnel qui ne serait pas abouti, qui pourrait fragiliser le territoire, raviver des clivages. La perspective du mois de décembre, elle est intéressante parce qu'elle permet au processus d'aller jusqu'au bout et elle permet aussi d'avoir un cadre politique qui soit clarifié.
Mais nous continuerons à avoir ces débats à partir de mardi prochain. Le premier ministre, monsieur le président Caner, sera présent. il sera là dans la discussion et il pourra répondre.
Patrick Kanner