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interviewFrance Culture· 17 janvier 2025 27 min

Hommage à David Lynch : le cinéaste qui permet de voir et comprende le monde autrement

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] [Musique] [Musique] 12h 13h30 les midi de culture mar évidemment signé Angelo Badala menti à tous seigneurs tout honneur nous vous proposons une émission spéciale David Lynch le réalisateur nous a quitté hier soir il avait 78 ans une immense perte évidemment pour le cinéma et pour les spectateurs surtout que nous sommes on va revenir sur son œuvre son cinéma son [Musique] univers et pour évoquer David lych nos invités Bertrand Mandico cinéaste et plasticien bonjour bonjour yal Sada journaliste et critique au cahier du cinéma bonjour bonjour et Gisel Vienne metteuse en scène et plasticienne vous êtes à distance vous êtes en répétition bonjour Giselle et bonjour et bienvenue à tous les trois nous voilà donc dans un monde où David niet n'est pas Eléphant man Blue Velvet saor et loua Lost Highway mand drive chacun de ces 10 et longmétrage a été un jalon dans l'histoire du cinéma explorateur des rêves souvent des cauchemars créateur d'une esthétique unique qui désormais inspire un grand nombre d'artistes Lynch n'est plus mais il est partout alors avant d'en parler avec vous mes invités je vous propose d'écouter David Lynch la voix de David Lynch il s'exprimait en 2001 sur le fait justement de parler de ses propres films vous savez un film à partir du moment où il est achevé pour moi il n'y a plus rien à en dire et je trouve ça vraiment dommage que lorsque quelque chose est terminé on vous demande de le traduire par des mots parce que ça ne fonctionnera jamais on ne pourra jamais traduire par des mots ce qu'est le film certains films peuvent avoir des thèmes mais même s'il y a un thème ça sera un thème différent pour chacune des personnes qui aura vu le film donc c'est mieux de laisser les gens développer leurs propres idées après avoir vu le film et en avoir fait l'expérience alors voilà nous on va commencer comme ça on va parler des films à la place de David Lynch et jeis tout simplement savoir quelle expérience les uns et les autres vous avez vécu avec les films de David Lynch Bertrand mico par exemple ben c'est c'est c'est vous vous parliez tout à l'heure de de d'une filmographie qui qui a jalonné comme ça plus plusieurs époques moi j'ai eu la la chance de découvrir enfant éléphant Man en VHS donc Lynch c'est quelqu'un qui m'a qui m'a accompagné tout au long de ma vie donc pour moi c'est c'est faire faire le deuil de cet accompagnement égoïstement parce que c'était c'était très important ce phare euh du qui est David Lynch euh c'est c'est c'est c'est c'est c'était vraiment mon mon guide quoi mon mon maître alors j'ai j'ai j'ai des souvenirs incandescents parce que quand quand j'ai quand je suis allé voir Blue Velvet j'étais un peu jeune pour aller le voir dans un cinéma d'une station balnéaire où j'avais traîné mon père en lui faisant croire que c'était un film un polar voilà euh le le la la pellicule s s'est bloqué euh dans projecteur pendant une crise de dece Hopper et euh et le photogramme a brûlé euh donc donc c'est ça étit très très marquant pour moi donc pour moi Lynch c'est le feu sur la sur la pellicule voilà c'est le caste incandescent ouais il y a le Sada oui moi j'ai découvert avec meland Drive et ça a été en fait un un un choc évidemment mais qui m'a appris quelque chose sur la notion de sens c'est-à-dire que j'ai mon premier réflexe en tant que jeune cinéfile en en devenir a été de de de de décortiquer le film d'essayer de l'analyser de comprendre et cetera et puis j'ai en fait renoncé assez vite parce que ce que ce que j'ai compris que ce que faisait Lynch c'était creusé en fait un une brèche dans le dans non seulement dans le réel du film mais dans l'histoire du cinéma et dans notre compréhension de de de ce qui est la réalité et qu'il fallait simplement accepter de s'engouffrer dedans voilà et d'ailleurs bah là en disparaissant c'est une énorme enfin c'est une béance tragique et très difficile pour pour les gens qui qui aiment son cinéma et pour beaucoup de gens donc mais c'est ce que son cinéma a toujours fait creuser des béances creuser des brèches comme ça Giselle Vienne votre expérience avec les les films de David Lynch mon expérience c'est que voilà c'est il fait partie des artistes qui sont qui inventent vraiment des des langages qui nous permettent de de parler le monde autrement de le comprendre autrement c'està-dire qu' fait partie de ces artistes que je chéris immensément qui qui déplace les qui questionne et déplace les cadres perceptifs h et et effectivement quand quand j'ai découvert les films de Lynch je su ben le monde ressemble de mon point de vue le monde ressemble plus au film de Lynch que au reste de l'industrie hollywoodienne et au film de clintood et effectivement c'est un rapport au réel et à la réalité et qui définit ce qui fait réel et réalité et bien sûr c'est un rapport c'est un rapport au doutes c'est un rapport au aux différents types de perception c'est il y aussi des clashes formelles dans ces films donc voilà pour moi c'est effectivement une une manière de de questionner la perception du monde et qu'effectivement il est il est il est mêlé de choses que que l'on comprend plus ou moins de différentes manières plutôt que enfin moi ça me fait penser vraiment à l'histoire du roman euh critiqué notamment par robgrier c'est que je pense que l'industrie hollywoodienne et le cinéma mainstream reste reste dans des formes de narration qui ressemblent au romans de Balzac du 19e siècle est très très très vieux normatif et réactionnaire dans sa manière de raconter et Ling fait partie de ces de ces quelques réalisateurs qui vont effectivement chambouler comme par exemple on pu le faire les auteurs du Nouveau Roman d'un point de vue formel vont questionner déplacer nos cadres perceptifs et c'est révolutionnaire h s'il y a un film le premier film que vous avez vu par exemple de David Lynch euh je pense c'est je pense c'est je sa plus en fait je crois c'est soit c'est Sor et Loula soit c'est era the head ah le tout premier ouis je crois que c'est era the head et que en fait j'étais avec mon frère et lui voulait voir genre je sais pas comment s'appelait genre je sais pas une espèce de comédie avec je sais plus qui une espèce de comédie française absolument rebutante et moi je voulais voir ça et je obligé aller voir Head et et on s'est super fâché après ça et moi j'étais hyper heureuse d'avoir vu ce film cé un petit peu violent peut-être pour lui euh Bertrand Mandico quand on dit aujourd'hui qu'une œuvre est ligne chienne c'est c'est c'est devenu vraiment un adjectif maintenant euh qu'est-ce que ça peut vouloir dire à votre sens il y a il y a la notion d'étrangeté et de et de et de part dans l'œuvre qu'on ne peut pas euh comprendre vraiment ou euh ou pouvoir analyser justement qui qui qui qui qui ne qui n'a pas pas pas de prise avec avec l'analyse ce qui est ce qui est fascinant avec avec Lynch c'est que c'est c'est quelqu'un qui dans l'intuition quand il fait ses film il n'intellectualise pas ce qu'il est en train de faire il ressent le monde et il va nous donner à voir le monde tel qu'il reçoit tel qu'il le tel qu'il le tel qu'il le reçoit en mettant en scène ses doutes ses peurs et en ouvrant une porte vers un autre monde et donc l'œuvre lin chien c'est ça c'est c'est c'est c'est l'œuvre qui qui qui qui s'ouvre un autre monde et qui gardera sa sa sa part de mystère après c'est c'est devenu aussi un petit un adjectif un peu Fourtout euh mais mais mais l'œuvre linchen pour moi c'est c'est c'est il n'y a que lych qui puisse faire des œuvres linchen en réalité alors bon 10 10 films c'est pas énorme en vrai 10 films finalement il a il il en a pas il a pas inondé le monde de ses films mais effectivement on vient de citer herazered son premier film c'est 76 je crois de herazered à Inland Empire qu sont bon les grands thèmes qu'on retrouve dans le dans le cinéma de Lynch yalsada bah je parlais de d'ouvrir une brèche dans le réel et c'est vrai que que je sais pas si on peut parler de réellement de thème parce que même David Lynch lui-même ne ne n'évoquait pas ne parlait pas de son cinéma en terme de sujet particulier par exemple pour meland drive il dit je j'ai simplement eu la vision d'une femme qui qui qui était égarée dans Los Angeles j'ai compris plus tard que c'était un film sur Hollywood on pourrait dire que c'est des des d'abord des paysages comme ça des situations et notamment ce paysage américain cette banalité américaine qui qui revient sans cesse et qu'on a appris à voir autrement avec ces films parce que on ne peut plus du tout la regarder comme quelque chose justement de de de banal cette espèce de trivialité vous savez des des des resto routes des endroits à la Twin peak évidemment parce qu'on a parlé des films mais' aussi les séries il y a plusieurs projets télévisuel il y a plein de choses chez Linch c'est très c'est très multiforme mais effectivement dans Twin Peaks ou ou autrees on a cette ou Blue Velvet cette américanité qu'on qu'on qui tout à coup euh euh nous paraît à la fois extrêmement familière et extrêmement inquiétante on a parlé effectivement d'étrangeté Bertran c'est ça c'est l'idée de de d'une étrangeté euh euh familière c'est même pas c'est l'inquiétante étrangeté mais c'est aussi le bonheur d'être inquiet en regardant une passe de café ou bien en s'émerveillant comme dans twin peak saison 3 de l'électricité qui tout à coup le personnage redécouvre l'électricité enfin on a l'impression que Lynch s'émerveille et s'inquiète de la même de la possibilité qu'on puisse vivre dans un monde connecté enfin c'est voilà c'est des idées très libres comme ça qui qui nous font voilà qui nous font revoir l'Amérique autrement alors on va écouter un extrait de d'éléphantman qui est sans doute le film qui où Linch a rencontré on va dire le grand public c'est un film de 1980 notez je vous prie l'extrême hypertrophie du crâne l'invalidité complète du bras droit et la cambrure inquiétante de la colonne vertébrale tournez-le s'il vous plaît tournez-vous s'il vous plaît la peau est flasque et présente des tumeurs fibreuses qui recouvrent le corps à 90 %. à détail intéressant en dépit de toutes les diffformités mentionnées les parties génitales du patient sont intactes et normal ainsi cher confrères et on regarde des fait observés exostose congénital de la boîte cranienne papillome géant hypertrophie marquée du membre supérieur droit et de son ossature importante distorsion de la tête disproportion du corps recouvert de papillaume géant on a surnommé le sujet l'homme éléphant éléphantman David Lynch 1980 Bertrand mico ce film en noir et blanc je l'ai dit c'est là qu'il rencontre le le grand public est-ce qu'en germe il y a dedans le David Lynch de Blue Velvet et des suivants ben c'est c'est cette l'histoire du film est très particulière parce qu'il a il fait juste avant herazered qui est un un long métrage expérimental qu'il fait dans dans le cadre de de son école il est étudiant en cinéma expérimental et et razeret devient un film culte il rentre dans dans les séances de minuit les gens ont vu le film ont été marqués par ce qu'ils ont vu et entendu c'est un film qui qui qui c'est une proposition esthétique absolument délirante par rapport à l'époque on est en même temps il y a Star Wars qui sort enfin pour pour pour faire comme ça un parallèle et il y a un homme qui s'appelle Mel Brook qui est qui est connu pour ses films burlesques qui a le très bon goût d'aller chercher David Lynch et de lui proposer de réaliser éléphant man donc c'est un film de commande il comprend euh donc Mel Brook qui est toujours vivant qui a 98 ans en ce moment euh à à à cette idée géniale de d'aller chercher ce ce cinéaste expérimental et lui proposer de faire un film grand public avec sa sensibilité et euh et donc Lynch va va va va déployer tout son univers et en même temps s'adapter au sujet dans cette Angleterre victorienne avec ce personnage qui est FRC qui est un monstre mais qui va qu' va rendre extrêmement tendre extrêmement doux enfin on est vraiment dans un film ultra sensible et c'est ça qui est qui qui est merveilleux avec ééphantement c'est à la fois la sensib l'ultra sensibilité de Lynch et toujours l'inquiétude le mal qui rode voilà ce ce film contient contient comme tous les films de Lynch ces obsession il a le Sada oui c'est vrai que la la la la notion de la question du mal est présente c'estàd que il y a une lutte effectivement c'est pas même si lui se garde bien se gardait bien de parler de de de ses films en terme politique il y a il y a un affrontement comme ça une lutte parfois même au sein d'un d'un même personnage le dédoublement du encore une fois dans Twin Peaks le personnage de de l'agent Cooper qui va qui va se dédoubler le le le fait d'in de de se voir autre et de de s'entendre parler à l'EN ver ce qui est un motif qui revient qui revient chez lui et je pense que voilà c'est c'est il y a une conflictualité mais elle est jamais politique jamais facilement on peut jamais l'établir comme comme en terme de polarisation de de conflit ou voilà Giselle vien pour parler de l'univers et de l'esthétique de de David Lynch est-ce qu'il a pu vous d'une certaine façon vous inspirer vous marquer vous influencer oui moi je j'ai envie de dire en fait c'est enfin ce que j'essayé de dire tout à l'heure c'est le fait que ce soit fasse partie euh des gens qui inventent vraiment des langages qui a un travail formel très spécifique effectivement qui va parler faire parler écouter le monde autrement ça c'est super politique en fait il y a et et et ça passe par pour moi des choses qui sont enfin oui évidemment j'ai une grande passion pour Dale Cooper et Dale Cooper Dale Cooper il fait quand même trois saisons plus un firewalk With Me et pour moi il y a quand même des choses qui sont enfin très claires qui croisent certainement aussi la pratique de de David Linch de la méditation c'est-à-dire c'est quoi l'expérience du réel c'est quoi l'expérience du présent et quand Dale Cooper arrive dans Twin Peaks il interroge les évidences il arrive comme un étranger et il a effectivement c'est vraiment cette cette autre personne qui arrive dans le monde et qui va remettre en question toutes les évidences qui va les interroger et qui va qui va retourner les habitudes perceptives et les évidences perceptives donc ça ça me semble être extrêmement fort et et oui c'est ça se traduit aussi par j'ai envie de dire des collages formels avec des passages qui ont on a l'impression qu'on est dans un site com ensuite on est dans une scène qui est complètement l'impression d'être dans le rêve ou dans le cauchemar on est donc on a comme ça des clashes formelles et ces clashes formelles il me sembleent très spécifiques à son cinéma et effectivement permettent de de déplier ce qui fait l'expérience du réel qui n'est pas une esthétique en fait l'expérience du réel c'est différents types c'est c'est le présent le passé le le futur anticipé c'est l'imagination c'est le rêve c'est quoi toutes ces strates qui font l'expérience du présent et du réel et toutes ces strates n'ont pas une esthétique et une forme et c'est ces clashes formelles euh qui sont effectivement de de l'image de la matière du son des manières de jouer et que je trouve dans la saison 3 twin peak absolument réjouissante qui remettent en question effectivement la manière dont va être défini le réel par le cinéma mainstream après après voilà je trouve que c'est comment dire on parle de oui il y a quand même des choses qu' qui sont en il y a 1000 il y a quand même beaucoup de thématiques mais quand on parle twin peak et fire kzmi c'est quand même trois saisons plus un long métrage au cœur duquel est une euh comment dire et mener une enquête sur une fille incestée h donc c'est quand même un vrai sujet et il le traite il le traite donc c'est pour ça des fois jeen dire oui mystérieux et des fois non pas mystérieux justement l'inceste serait toujours si mystérieux ben il l' pas du tout et je trouve qu'il l'a qu'il a déplié de manière extrêmement pertinente et précise et ce que je voulais je voulais rebondir aussi sur la phrase de tout à l'heure j'ai envie de dire oui c'est ressenti et c'est comme ce soir je vais présenter un film d'Akerman ou aussi j'entends Akerman Estelle intellectuel ou sensible ben non le ressentir c'est intellectuel en fait c'est dire qu'effectivement on réfléchit à partir de la matière cinéma on réfléchit à partir de la maière artistique c'est une on pense pas on pense pas abstraitement en fait on on pense à partir du corps et des sentiments donc pour moi Lynch Akerman apichapon Veret cool enfin tout ces gens-là sont des grands intellectuels parce qu'ils travaillent avec une extrême finesse la question du vécu qu'est-ce qui est vécu en fait et c'est très enthousiasm de savoir que ces personnes-l ces intellectuels là comme vous le dites eu ont rencontré un grand public c'est-à-dire que Twin Peaks les deux premières saisons au moins enfin la première saison plus bah tout ce qui est autour ça a rencontré et ça a parlé aux gens oui mais c'est c'est c'est vrai que parce que il y a il y a une forme au départ c'est ça qui est qui est assez troublant c'est que il se moule presque dans la la dans dans une forme de feuilleton télé qu'on avait l'habitude de voir il y a beaucoup de gens qui à l'époque se sont se sont laissés her par la série parce qu'il y avait cette familiarité encore une fois euh formelle et il y a un grand respect je pense de de de Lynch pour des formes classiques c'est pas un cinéaste cinéphile c'est le contraire de Martin scorsz d'ailleurs il le disait voilà moi je suis pas quelqu'un qui stock des films chez moi euh j'aime les grands noms euh voilà j'aime h j'aime mitchcock je sais tout ce que je j'aime John Ford qui l'a joué d'ailleurs c'est son dernier rôle au cinéma pour Steven Spielberg où il joue John Ford dans fabelm donc c'est quelqu'un qui a des références très classiques et qui ne se méfie jamais qui qui qui qui qui cherche jamais l'hermétisme donc c'est je pense que c'est pour ça qu'il a rencontré sans problème le public h Bertrand Mandico Vienne évoquer la façon de jouer he ça ça passe voilà c'est une des choses intéressantes dans le travail de de lych quel quel directeur d'acteur c'était ben c'est c'est c'est enfin ce qu'on a pu voir he ce qui a été documenté c'est c'est un c'est un directeur d'acteur qui qui qui qui va employer des termes extrêmement poétiques décalés pour arriver à ses fins il est vraiment dans dans le ressenti du dans le ressenti du jeu et donc c'est c'est c'est c'est très c'est très énigmatique he sa direction sa direction d'acteur il il va comme ça guider les les acteurs et les actrices mais qui sont toujours extrêmement justes ça aussi c'est quel quelque chose qui est qui est frappant dans dans dans son travail il y a jamais de fauses notes en terme de direction d'acteur mais lui va les amener sur le chemin grâce à à son texte grâce à ses dialogues mais comme ça avec avec des des mots qui vont être donnés qui V qui peuvent paraître abstraits mais qui vont réussir à à à à à guider acteurs et actrices alors par par rapport à ce que disait y al Sadat effectivement il y a c'est c'est c'est quelqu'un qui qui est qui est très pudi par rapport à sa à sa culture cinématographique alors il citait aussi beaucoup Bergman et Fellini he il y avait tout toute la part européenne et il y avait aussi euh parf une façon de ne pas vouloir aussi trop raconter sa cuisine interne et et parler de ses influence mais par exemple il a il a fini par par dire que une de ces influences était le jour du Féo du fléo de de Schlesinger qui qui est un film qui est qui est enfin à revoir aujourd'hui avec Hollywood en feu euh qui qui est un film qui fait vraiment écho au cinéma de Lynch donc à la fois il y a cette pudeur par rapport à sa sa culture cinématographique mais en même temps il y a il y a une connaissance artistique globale hein que ce soit musical art plastique et cetera qui est qui est très très très forte chez Lynch alors Lynch c'est aussi on l'a dit he plusieurs fois que c'était celui qui savait mettre en scène Lestrange qui provoque le sentiment d'angoisse voir de peur véritable comme dans cet extrait de Lost Highway que tous les fans de Lynch vont reconnaître où est-ce qu'on s'est rencontré d'après vous dans votre maison vous ne vous rappelez pas non non pas du tout vous êtes sûr bien entendu je peux même vous dire que j'y suis encore maintenant que voulez-vous dire vous êtes où maintenant dans votre maison [Musique] c'est complètement fou [Musique] appelez-moi faites votre numéro allez-y [Musique] je vous ai dit que j'étais ici comment faites-vous [Musique] ça interrogez-moi comment avez-vous fait pour rentrer chez moi vous m'y avez invité ce n'est pas dans mes habitudes d'aller là où on ne veut pas de moi qui êtes-vous h [Musique] [Rires] Lost Highway de David Lynch il est vraiment une mécanique Lynch qu'on reconnaît là quand même c'est vraiment du velourd j'ai envie de dire Bertrand Mandico oui une situation assez réaliste enfin une soirée quelqu'un un personnage très très étrange et très inquiétant qui qui s'approche du protagoniste et qui lui tend un téléphone et à partir de là distorsion de la réalité et on a entendu voilà c'est c'est la v qui est beaucoup moins heureuse que la VO mais on a entendu dans la la bande son la façon dont Lynch va aussi travailler des NAP sonores des des des nous nous nous nous faire arriver à un état d'angoisse aussi par le son c'est l'image et la mise en scène est relativement classique c'est ça qui qui est formidable chez Lynch avec des plans de temps en temps incandescent mais c'est la c'est c'est le travail sur le son sur la bande son qui qui va qui va appuyer la distorsion de la réalité Gisel vienne la façon dont dont David Lynch a toujours su comme ça installer instyer l'angoisse et la faire monter c'est c'est c'est une un procédé une façon de travailler d'aborder cette question qui vous intéresse oui je pense qu'il est comment dire il sait extrêmement bien composé enfin pour moi vraiment écrirant le cinéma c'est-à-dire avec les matières l'architecture les corps les sons les couleurs enfin c'est c'est vraiment de la composition euh qui qui utilise complètement le le le médium cinéma il est pour moi dans des justement dans des logique perceptive de la mise en scène c'est-à-dire la la l'émotion enfin je veux dire on on n jamais dans un rapport entre guillemets obj c'est pas possible on dans un rapport objectif donc comment est-ce que l'émotion ou les émotions vont influencer ma perception du réel il suit ces logiques là euh d'où à la fois peut-être un une sensation de étrancheté parce qu'on n'est pas dans une comment dire une manière normative de représenter et d'où par ailleurs pour moi quand même une sensation de familiarité parce qu'effectivement si je suis angoissée ou si je suis euh euh dans des émois sensuel ou amoureux si ça ça ça alterre ça change je vais regarder je vais entendre autrement et il va travailler les qualités sonore dans une logique pour moi qui est vraiment émotionnelle et perceptive c'est comment est-ce que j'enis j'entends la vois de un tel si je suis euh dans une voilà dans une dans une dynamique extrêmement sensuelle ou si je suis dans une angoisse total ou si je suis téétamisée ou si je je n'en ai rien à faire enfin donc du coup il voilà pour moi il est vraiment dans un dans un langage qui suit euh qui suit effectivement la la subjectivité et l'expérience du RL avec avec une immense précision et et aussi de manière enfin pour moi sensuelle ludique drôle et ça aussi ou pour moi c'est enfin et c'est aussi quand je dis composition c'està dire voilà pour moi le cinéma c'est autant de la musique que de la chorégraphie que de la peinture que de la photographie que et ça passe par aussi une enfin je veux dire je trouve qu'il a un rapport à la musique qui est extrêmement euh fin enfin qui est qui est extr enfin qui est très fort quoi il était musicien de toute façon on va l'entendre d'ailleurs à la fin de l'émission l'émission qui touche bientôt à sa fin il a le Sadat Sada vous avez vous l'avez rencontré en 2023 vous êtes un des derniers à l'avoir vu il il en était où de son rapport au cinéma il nous reste peu de temps hein mais bah en fait il était justement en train de il regrettait beaucoup de ne pas avoir les forces en fait de pouvoir continuer il aurait voulu faire une série il disait voilà parce que une série c'est comme un fleuve c'estàd qu'on on baigne tous les tous les gens qui la regardent baignent dans le même fleuve il y a un rapport au temps qui est qui est qui est différent et malheureusement en fait même s'il était à son bureau quand je l'ai vu où il faisait encore de petites choses des petits des petits courtmétrages on sait qu' qu'il aime peindre aussi euh voilà ça ça restait les choses restaient en suspens et il avait un projet avec Netflix qui qui est qui est qui est voilà dont on a on a plus une nouvelle il en avait il avait fait un courtmétrage pour Netflix qui était très bon là où son humour ressort justement what did Jack do café Jack avec un singe dont il me parlait comme si c'était un acteur donc CIT il a il a un humour qui est très spécial David Lynch aussi merci beaucoup en tout cas merci Giselle vienne de nous avoir accordé un peu de temps sur vos répétitions merci Bertrand mico et yal Sada d'être venu nous parler de votre David Lynch on se quitte d'ailleurs sur David Lynch musicien et chanteur avec Crazy Clown time

Hommage à David Lynch : le cinéaste qui permet de voir et comprende le monde autrement — Xavier Bertrand · Pourquijevote