Guerre des Drones
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La France tente de rattraper son retard et se lance dans une course contre la montre pour mettre en place des dispositifs de sécurisation antidrones pour protéger notamment ses infrastructures stratégiques. Vrombissement. - Au-dessus des champs, à une trentaine de kilomètres de Paris, une bataille de drones.
Les engins se tournent autour jusqu'à ce que l'un d'eux intercepte l'autre. Cet exercice se déroule sur une ancienne base militaire devenue le nouveau terrain de jeu de start-up spécialisées. - C'est des drones qui servent dans le cadre de la lutte antidrone pour neutraliser des drones ennemis.
Ca fonctionne à l'impact uniquement ou avec de l'explosif pour détruire le drone adverse. - Le drone peut aller jusqu'à 400 km/h. Vrombissement. - J'ai tout un tas d'informations sur mon écran.
J'ai tous les renseignements dont j'ai besoin. Je peux être à l'écoute d'un système radar ou à l'écoute d'un pilote. La menace la plus connue, c'est les Shahed, les drones iraniens.
Ils volent à 200 km/h. On a 2 fois plus de vitesse, donc c'est facile pour nous de l'intercepter. - En juillet, grâce à la nouvelle loi de programmation militaire, un nouveau marché va s'ouvrir aux entreprises civiles.
La protection de cibles sensibles, comme les gares ou les centrales nucléaires, jusqu'ici réservées aux militaires. - Il peut y avoir beaucoup de monde. Il y a un enjeu de risque au sol humain, des risques pour les dommages aux installations.
C'est différent du contexte militaire. Ca nous oblige à repenser les solutions pour les adapter à ce contexte. C'est une nouvelle opportunité.
Le marché militaire reste le plus important, mais ça va être un relais de croissance futur pour toutes les sociétés lancées sur la lutte antidrone. - Ces derniers mois, les vols aux abords des sites sensibles se multiplient. Des drones suspects ont été repérés au-dessus d'une base militaire, d'une usine de fabrication de poudre à canon, d'un convoi de chars Leclerc ou encore au-dessus de la base navale de l'île Longue, abritant les sous-marins nucléaires français.
La maîtrise du ciel, un enjeu de sécurité nationale. A Brétigny-sur-Orge, une quinzaine d'entreprises de drones travaillent ensemble pour consolider la filière tricolore face à ses principaux rivaux. - C'est Russie, Chine et Etats-Unis.
C'est forcément la concurrence. Il faut qu'on fasse attention au système qu'on peut acheter. On a acheté longtemps avec nos collègues américains.
A l'heure actuelle, avec ce qui se passe, on ne sait pas ce que ça peut donner. C'est surtout la peur de la perte de données. Où vont-elles? - Aujourd'hui, les avancées technologiques se font surtout sur les terrains de guerre.
Cette société développe des outils de lutte antidrone pour l'Ukraine. - On travaille dans la lutte contre les drones responsables des trois quarts des opérations militaires aujourd'hui. Il y a un effecteur qui détruit par collision...
Il y a pas mal de travail d'ingénierie sur ces technologies. On ne préfère pas trop montrer ce qu'il y a. Il y a des choses qu'on va garder pour nous. - Nous ne pouvons filmer que cet ancien modèle.
Pour tester ses derniers engins, notamment avec des charges explosives, l'entreprise se rend plusieurs fois par an en Ukraine. De quoi se mesurer aux réalités du terrain. - Ca bouge très vite.
Il y a des mesures et des contre-mesures. Il y a des drones FPV avec des caméras à l'arrière. On a besoin de suivre ce qui se passe sur le terrain et à différents endroits de la ligne de front pour voir quelles sont les contre-mesures aux contre-mesures. - L'Ukraine, où la guerre du ciel fait rage...
Le pays produit 10 millions de drones par an pour résister aux assauts russes sur le terrain. - C.Roux: En regardant ce reportage, je me demandais si la Russie est moins opérationnelle en matière de maîtrise de la technologie des drones que les Ukrainiens dans cette bataille.
Les Russes sont-ils moins bons? - Gal J.-P.Paloméros: Je ne sais pas.
En tout cas, ils manquent un peu d'agilité. On a du mal aussi chez nous, il faut regarder les choses en face. Ca bouge, mais pas assez vite.
On n'est pas sous la contrainte ukrainienne, c'est vrai, mais regardez les Iraniens, ils sont inventifs. Ils n'ont pas créé les drones, mais ils font partie des 1ers utilisateurs. C'est une bataille permanente.
Il va falloir être un peu plus spécifique entre les drones défenseurs, les drones attaquants, les polyvalents...
Il y a toute une organisation à mettre en place. Le pays où j'ai vu l'organisation la plus efficace, c'est la Turquie. Ils ont une société, Bayraktar, je n'ai pas d'actions chez eux, mais c'est incroyable, l'agilité qu'ils ont déployée...
Ils ont déployé tout un campus où vous avez la conception des drones avec une expérimentation permanente. Ils ont leur champ de tir et, avec ça, ils peuvent...
Quand je dis "en permanence", c'est en temps réel! Ils ont les composants, qu'ils créent eux-mêmes...
Ils ont une certaine indépendance en la matière. C'est des exemples assez intéressants pour qu'on accélère cette production. Il y a 2 aspects dans cette guerre des drones: la détection et l'action.
La détection, c'est indispensable, et l'action, ensuite, requiert une maîtrise. On ne peut pas laisser des drones se balader. - C.Roux: C'est ce qui se passe.
On a encore une réunion de crise aujourd'hui après plusieurs incidents de drones. On a vu ce qui s'est passé dans les pays baltes. La Russie est régulièrement pointée du doigt.
Ce sont des drones qui pénètrent dans l'espace aérien de pays membres de l'Otan et membres de l'Europe. On a perdu le contrôle des règles de la guerre quand il s'agit de drones? Comment peut-on réagir à cela? - A.Bauer: C'est surtout qu'on ne les a pas établies!
On a des véhicules mais pas de code de la route. Normalement, ça crashe! On est passé de drones très lourds, structurés, étatiques, à des drones très légers et très petits.
On imaginait qu'ils ne serviraient qu'à l'amusement. Ca relève de la folie habituelle qu'Internet, c'est formidable...
C'est formidable, mais pas que ça. On est dans une phase où il y a 3 éléments en même temps: les drones de plus en plus intelligents, qui fonctionnent en essaim, de moins en moins détectables, qui vont de plus en plus loin et de plus en plus autonomes, avec de l'IA...
Il y a des drones en carton japonais à quelques dizaines d'euros avec des charges explosives qui vont à plusieurs centaines de kilomètres/heure. Il y a les drones ukrainiens, toute la gamme, du plus petit au plus gros, du très gros au très lointain, du plus chargé en explosifs jusqu'à celui qui se contente de percuter...
Et en Turquie, quand il y a des drones, il y a de la commande. En France, on attend la commande, un jour, peut-être, faut voir, après expérimentations nombreuses...
On a fait des tests au camp de Mailly. Faute de pouvoir utiliser des drones français qui n'avaient pas été commandés ni certifiés, qui n'étaient pas passés 4 fois au contrôle technique, pour savoir s'ils ne polluent pas trop, on a utilisé des drones chinois. - C.Roux: La question qui se pose, c'est: est-ce que la maîtrise des drones à l'ukrainienne peut faire plier Poutine? - A.Bauer: Elle peut le faire reculer.
Il a perdu pour la 1re fois des kilomètres. A un moment, on pensait que c'était une guerre des drones où il n'y avait plus de morts. Ce n'est pas vrai.
Les Ukrainiens ont changé une nouvelle fois les règles de la guerre. Ils veulent traire la vache et pas seulement empêcher les drones de les atteindre.
Jean-Pierre Bataille