Taxe sur les grands aéroports : "Elle ne va pas aider à investir dans des nouvelles générations d'avions", regrette Bertrand Godinot, directeur général d'EasyJet France
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:19OuverteÉludée
Quand comptez-vous reprendre ces vols vers Israël ?
- 0:50OuverteRéponse directe
Quelle est l'impact de l'annulation de 40% des vols à Orly ?
- 1:09RelanceRéponse partielle
Mais du coup, ça ne fait pas beaucoup de vols ?
- 1:24FerméeRéponse directe
Et du coup, combien de vols annulés ?
- 1:53OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez cette taxe sur les grands aéroports ?
- 2:31OuverteRéponse directe
Cette taxe sera débattue à l'hémicycle la semaine prochaine. Que répondez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15PrésentateurFait
« En temps normal, il y a 12 vols par semaine depuis la France vers Israël. »
- 1:26InvitéChiffre
« Demain, il y aura une soixantaine de vols annulés à la demande de la DGAC. »
- 2:18InvitéChiffre
« On annonce aujourd'hui une commande de 157 avions de nouvelle génération. »
- 2:23InvitéChiffre
« Ces avions-là, ils consomment 15% d'émissions de kérosène par kilomètre et par passager. »
- 4:08PrésentateurChiffre
« 6,4 millions de tonnes de CO2. »
- 4:28InvitéFait
« On est la première compagnie low-cost à avoir annoncé une vraie feuille de route vers du net zéro. »
- 4:33InvitéPromesse
« La neutralité en 2050. »
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France Info Bonsoir, l'invité co-de France Info ce soir est le directeur général d'EasyJet en France. Bertrand Godineau, bonsoir. Bonsoir. Vous avez, comme la grande majorité des compagnies aériennes, suspendu vos vols vers Israël. En temps normal, il y a 12 vols par semaine depuis la France vers Israël. Quand comptez-vous reprendre ces vols ?
Tout d'abord, on est très très touché par la situation qui affecte énormément de gens et qui est vraiment d'une violence inouïe. Notre priorité, c'est vraiment la sécurité des passagers et de nos équipages. Donc pour l'instant, on regarde ça au jour le jour. La situation, comme vous le savez, est très dynamique. On n'a pas encore décidé de le reprendre. On regarde et dès qu'on le saura, on vous tiendra au courant.
Et donc suspendu jusqu'à nouvel ordre.
Jusqu'à nouvel ordre, mais on le renouvelle tous les jours en fonction de l'actualité.
Alors demain, il y a un mouvement intersyndical sur les salaires en France. La Direction Générale de l'Aviation Civile a recommandé d'annuler 40% des vols à Orly. Vous, EasyJet, vous opérez à Orly. Qu'est-ce qu'un impact ?
Alors nous, effectivement, on est obligé de suivre les règles de la DGAC suivant les aéroports. Orly, c'est 40%. Il y a d'autres aéroports où c'est beaucoup moins. Donc nous, on fait le maximum pour assurer les vols qu'on peut opérer.
Mais du coup, ça ne fait pas beaucoup de vols ?
Donc si, ça fait quand même la vaste majorité des vols, on va pouvoir les opérer. Et surtout, ce qu'on fait, c'est de proposer des solutions aux passagers qui sont impactés par cette annulation pour essayer de les faire passer soit sur un autre aéroport ou un autre horaire.
Et du coup, combien de vols annulés ?
Demain, il y aura une soixantaine de vols annulés à la demande de la DGAC.
À Orly ?
Enfin, sur la France en général.
Alors, EasyJet est la deuxième compagnie aérienne en France. La première, quand on regarde les low-cost. Vous le savez, il y a une taxe en préparation sur les infrastructures de transport longue durée. C'est dans le projet de loi de finances. Ce qui est concerné, ce sont les autoroutes et les grands aéroports. Charles de Gaulle et Orly. D'où partent, on l'a dit, bon nombre des lignes que vous opérez. Est-ce que vous la craignez, cette taxe ?
Alors, on ne craint pas la taxe. En fait, on essaie de comprendre quel est l'intérêt d'une taxe par rapport à plutôt une incitation. On est beaucoup plus motivé par une incitation. On a annoncé il y a quelques mois une feuille de route vers du net zéro pour ne plus avoir d'impact carbone. On ne pense pas que les taxes vont aider pour investir dans des nouvelles générations d'avions. Au contraire, nous, ce qu'on fait, c'est qu'on investit de manière massive. On annonce aujourd'hui une commande de 157 avions de nouvelle génération. Ces avions-là, ils consomment 15% d'émissions de kérosène par kilomètre et par passager. En plus, ils font beaucoup moins de bruit.
Deux fois moins de bruit au décollage et à l'arrivage.
Mais en attendant, cette taxe, elle est dans le projet de loi de finances qui sera débattue à partir de la semaine prochaine dans l'hémicycle. Aéroport de Paris a déjà dit qu'elle allait la répercuter sur les compagnies aériennes, donc sur EasyJet notamment.
Donc malheureusement, en fait, ça sera répercuté effectivement sur les passagers. On ne voit pas le lien entre une taxe de ce type-là et l'objectif d'un point de vue environnemental. Donc on s'y oppose. Mais avant tout, on essaie d'innover.
Sachant que Ryanair, qui opère à Beauvais, ne sera pas concerné, Ben Smith, le patron d'Air France, parle de distorsion de concurrence. Vous êtes d'accord avec ses propos ?
Nous, on pense qu'il faut relier l'objectif de la taxe qui est environnementale et la réalité. Et on pense qu'il n'y a pas de lien entre les deux.
Alors, l'annonce du jour, c'est EasyJet. Vous avez commencé à en parler. C'est une grosse commande, 157 avions supplémentaires commandés à Airbus pour un total de 20 milliards en prix catalogue. C'est signe de bonne santé, ça ?
Donc effectivement, on est vraiment très heureux de cette annonce. On ressort de trois années particulièrement compliquées. On vient d'annoncer aujourd'hui nos meilleurs résultats de ce trimestre, de trimestre d'été, de l'histoire des EasyJet. Donc c'est une très très bonne nouvelle, avec un profit entre 440 millions de livres et 460 millions de livres. Ça, c'est une bonne nouvelle, avec une croissance de l'activité de 8% en termes de nombre de passagers. Mais surtout, ce qui est intéressant, c'est que ça nous permet d'investir dans le futur. Ces avions-là, comme je l'ai dit, ils consomment moins, ils émettent moins de kérosène. On a aussi augmenté la taille des avions qu'on avait commandés.
Et en fait, ce qui permet, c'est de consommer moins, d'avoir plus de passagers dans des avions qui sont plus grands, et donc de continuer à minimiser l'impact carbone de chacun de ces trajets.
Alors, n'empêche que vous en consommez, enfin, vous émettez quand même du CO2. 6,4 millions de tonnes de CO2. L'an dernier, vous avez, en parallèle de cette commande, signé un autre contrat avec Airbus pour capter directement le CO2. En quoi ça consiste ?
Donc, effectivement, Airbus, c'est un gros partenaire industriel.
C'est une première, ce type de signature, de contrat.
Ce type de signature, en fait, on est la première compagnie low-cost à avoir annoncé une vraie feuille de route vers du net zéro.
C'est-à-dire la neutralité en 2050 ?
Exactement, donc de ne plus émettre de carbone. Il y a une partie où... En tout cas, de compenser. Oui, effectivement, pas de compenser, mais de capturer, effectivement. Et donc, ce principe, c'est de prendre, en fait, des espèces de gros ventilateurs qui vont permettre de capturer le carbone, de le remettre dans le sol, parce qu'en fait, le carbone, il vient du sol, et on le remet dans le sol pour ne plus avoir cet impact carbone qu'on a encore aujourd'hui.
En tout cas, en avoir un moins important, parce qu'en parallèle, le nombre de passagers augmente, vous avez dit, plus 8%. Donc, ce que vous voulez, c'est continuer à augmenter le nombre de passagers, mais en compensant au maximum. C'est ça, l'idée du modèle ?
Oui, l'idée, c'est qu'il y a plusieurs éléments. Il y a une modernisation de la feuille qui permet de réduire les émissions. Il y a l'utilisation de biocarburants. On pense qu'il y a un gros travail sur le contrôle aérien européen qui permet de gagner 10%. Et puis, il y a également une modernisation de tous les logiciels, etc. Mais il y a aussi de l'écopédiotage et puis de la capture carbone pour ce qu'on n'aura pas encore fait. L'objectif étant, d'ici une dizaine d'années, de passer à l'avion à hydrogène et qui permettra de ne plus émettre de CO2 du tout.
Merci beaucoup. Bertrand Godineau, directeur général d'EasyJet en France, invité Éco de France Info ce soir. Merci beaucoup.