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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 16 mars 2024 65 minContradictoireFond programmatiqueLogementSolidarités & familleÉconomie & entreprisesSanté

Immobilier : la chute... jusqu'à quand ? - #cdanslair du 16.03.2024

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 47 %Attaque 24 %Défensif 29 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:23OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'elle a de singulier, selon vous, cette crise immobilière que l'on traverse en ce moment ?

  • 4:03RelanceRéponse directe

    C'est vous qui m'avez dit, le phénomène Tanguy, aujourd'hui, il n'y a plus rien d'exceptionnel.

  • 6:25RelanceRéponse directe

    C'est la présidente de Nexity qui a cette formule, les Français en mouvement doivent renoncer.

  • 8:45OuverteRéponse directe

    Ça crée du ressentiment, j'imagine, parce qu'avoir un toit, c'est quand même, c'est la base.

  • 10:42OuverteRéponse directe

    Sandra Ouabian, on a vu le gouverneur de la Banque de France qui refuse d'assouplir les critères d'éligibilité aux prêts immobiliers.

  • 15:03OuverteRéponse directe

    Est-ce que les banques ne pourraient pas faire un effort ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:16PrésentateurChiffre
    « Des ventes d'appartements par exemple qui chutent de 51%. »
  • 0:27PrésentateurFait
    « Dans l'ancien, les acheteurs n'ont plus les moyens et tout le monde se rabat sur la location, qui du coup est saturé. »
  • 0:33PrésentateurFait
    « Un marché immobilier bloqué en prime par les nouvelles normes environnementales qui imposent dans les logements mal isolés de faire des travaux de rénovation aussi coûteux que compliqués. »
  • 10:45PrésentateurChiffre
    « Un plan d'un milliard d'euros pour la construction de 10 000 logements dits intermédiaires. »
  • 11:44InvitéChiffre
    « 971 euros d'allocations adultes handicapées qu'elle touche sont bien trop maigres pour se loger dans le parc privé. »
  • 11:52InvitéChiffre
    « 800 euros sur Creil. »
  • 12:24InvitéChiffre
    « Normalement, 1592. »
  • 14:35InvitéChiffre
    « 4%. »
  • 15:31InvitéChiffre
    « 27 ans. »
  • 18:14InvitéChiffre
    « 6 000 normes. »
  • 21:22InvitéChiffre
    « 35 millions qu'on compte. »
  • 21:24InvitéChiffre
    « 250 000 par an de manière durable, de manière systémique. »
  • 25:30InvitéChiffre
    « 3,6 millions de résidences secondaires. »
  • 26:55InvitéChiffre
    « 2%. »
  • 30:46PrésentateurChiffre
    « 50% des Français possèdent 95% du patrimoine. »
  • 30:52PrésentateurChiffre
    « l'autre 50% des Français possèdent 5% du patrimoine. »
  • 31:15InvitéChiffre
    « les prix de l'immobilier ont été multipliés par 2,5 en l'espace de 20 ans. »
  • 31:33InvitéChiffre
    « 75% si on ajoute toutes les formes de propriété, investissement locatif, résidence secondaire. »
  • 31:40InvitéChiffre
    « Les trois quarts des Français sont propriétaires. »
  • 30:56InvitéFait
    « Il y a encore eu des travaux récemment de l'OFCE qui montraient que dans les gains de pouvoir d'achat, c'est essentiellement des gains liés au patrimoine et pas au travail. »
  • 31:13InvitéChiffre
    « les prix de l'immobilier ont été multipliés par 2,5 en l'espace de 20 ans. »
  • 31:28InvitéChiffre
    « 58% de propriétaires, d'une certaine manière, ils ont quand même un patrimoine. »
  • 31:35InvitéChiffre
    « C'est même 75% si on ajoute toutes les formes de propriété, investissement locatif, résidence secondaire. »
  • 33:31InvitéChiffre
    « 35% de l'immobilier parisien. »
  • 33:53InvitéChiffre
    « À partir de 2025 pour ceux classés G, 2028 pour ceux classés F. »
  • 34:26InvitéChiffre
    « 66% de demandes en plus sur la location et 34% de biens en moins alloués parce qu'on est en train de faire fuir aujourd'hui les petits investisseurs. »
  • 34:43InvitéChiffre
    « Objectif, sortir 140 000 logements de la catégorie passoire énergétique. »
  • 43:22InvitéChiffre
    « Les émissions carbone liées au logement en France, c'est 7% de l'empreinte carbone. »
  • 43:23InvitéChiffre
    « C'est 18% pour le reste de l'Europe. »
  • 50:35InvitéChiffre
    « une augmentation de près de 30% des congés pour vente. »
  • 51:57InvitéChiffre
    « 6 000 logements chaque été qui sont vacants. »
  • 58:04PrésentateurChiffre
    « 75% des Français rêvent de devenir propriétaires d'une maison avec jardin. »
  • 58:14InvitéChiffre
    « 75% des Français veulent avoir une résidence individuelle. »
  • 1:00:56InvitéChiffre
    « On est moins taxé si on le loue à des Américains plutôt qu'à une famille française. »
  • 1:04:01InvitéChiffre
    « Il y a eu 100 000 rénovations énergétiques de moins l'an dernier. »
  • 1:05:05InvitéChiffre
    « Il y a 2,6 millions de personnes qui attendent un logement social en France. »

Temps de parole

  • Invité53 %
  • Invité 222 %
  • Présentateur18 %
  • Invité 33 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Des jeunes qui restent chez leurs parents jusqu'à 30 ans, des couples divorcés, contraints de cohabiter, des étudiants qui logent au camping. La crise de l'immobilier s'invite dans le quotidien des Français. Dans le neuf, c'est cataclysmique, alerte le président de la Fédération des promoteurs immobiliers, avec des ventes d'appartements par exemple qui chutent de 51%. Dans l'ancien, les acheteurs n'ont plus les moyens et tout le monde se rabat sur la location, qui du coup est saturé.

Un marché immobilier bloqué en prime par les nouvelles normes environnementales qui imposent dans les logements mal isolés de faire des travaux de rénovation aussi coûteux que compliqués, avec à la clé des petits propriétaires démunis qui eux aussi parfois renoncent. Bref, c'est le grand blocage à tous les étages et c'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air, intitulé ce soir « Immobilier, la chute jusqu'à quand ». Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Corinne Jolie, vous êtes présidente de PAP, Le Particulier à Particulier.

Henri Buzicazo, président fondateur de l'Institut du Management des Services Immobiliers, membre du Conseil National de l'Habitat. Robin Rivaton, économiste, membre du Conseil scientifique de la Fondapol. Et Sandra Ouabian, vous êtes sociologue, directrice générale du Credoc. Merci de participer à cette émission en direct. Henri Buzicazo, je ne sais pas quelles questions vous posez en premier, peut-être qu'est-ce qu'elle a de singulier, selon vous, cette crise immobilier que l'on traverse en ce moment ?

1:32
Invité

Alors écoutez, vous la posez à la bonne personne ici parce que j'ai sûrement la plus grande ancienneté, 35 ans d'expérience dans ce secteur. Donc d'autres crises, évidemment, m'ont été connues. Je dirais que celle-ci, elle a deux caractéristiques. Sa profondeur et sa durabilité, on pourra en parler, mais on ne voit pas d'issue, là, à quelques mois, allez, ce sera sans doute deux ou trois ans de crise. C'est beaucoup, beaucoup pour les entreprises et beaucoup pour les ménages. Et deuxièmement, d'une autre crise, on attendait, un petit peu comme lorsqu'on a une migraine, que l'après soit comme l'avant et qu'on oublie, finalement, que ça redevienne ce que c'était avant.

Cette crise, elle ne laissera pas ce secteur dans le même état pour quantité de raisons, parce qu'on va devoir apprendre à vivre avec de l'inflation et une croissance moindre. Là, on a l'impression que la poussée d'inflation, allez, ça va retomber. Les taux d'intérêt, bien sûr, vont revenir à des niveaux que, depuis 15 ans, on connaissait. Ce ne sera pas le cas. Et ce n'est pas mal. On a, bien sûr, cette donne environnementale qui n'est pas une contrainte qu'il faut à tout prix espérer voir lever. Ce ne sera pas le cas. On peut atténuer, aménager, mais c'est une donne pour ceux qui construisent, pour ceux qui sont propriétaires et qui doivent rénover leur logement. Voilà, très clairement.

Et puis, je crois que si on parle du logement existant, la question des prix, aussi, elle est là. On s'est habitué à des prix très élevés, absorbables, parce qu'il y avait des crédits peu chers et aisément accessibles. Et que, là aussi, une correction générale sur la valeur des patrimoines. Voilà, donc une crise qui va fondamentalement m'ouvrir. Alors, ça ne veut pas dire qu'il faut s'accommoder de tout. Par exemple, la baisse du volume de production est une pathologie, parce que les besoins sont là. Il va falloir y répondre. Peut-être pas de la même manière. Oui, on va... On construit moins alors qu'il y a toujours autant de besoins.

Voilà, on va apprendre à mobiliser le parc existant, à construire sans artificialiser de nouveaux terrains, mais construire, bien sûr, il va falloir le faire. Donc, ne surtout pas imaginer que, numériquement, il faut s'accommoder de cette baisse de régime considérable. En gros, oui, 50% dans le neuf, allez, un tiers dans l'ancien. C'est considérable. Et on voit que les ménages sont à la peine. Tout ce que vous avez cité n'est pas contestable. Et on ne peut pas vivre avec ça. Donc, il va falloir apprendre à répondre, mais différemment, clairement, à ces besoins.

4:03
Présentateur

Voilà, quand je dis des jeunes qui restent chez leurs parents jusqu'à 30 ans, je vais tout à fait honnête. Corinne Jolie, c'est vous qui m'avez dit, le phénomène Tanguy, aujourd'hui, il n'y a plus rien d'exceptionnel. Ça fait 10 ans que vous dirigez PAP. Vous avez vu des franges de la population qui, autrefois consultées, qui ne sont plus dans la boucle de ce marché immobilier ?

4:24
Invité

Ils consultent, mais en location. Et ils consultent longtemps en location. C'est-à-dire qu'il y a une vraie crise de l'accès à la propriété. Alors, qu'on a vu venir, si on est honnête, avec des prix immobiliers qui ont été multipliés par 2,5, c'est ce qu'Henri vient de dire, ce n'était pas soutenable. Parce que les salaires n'ont pas été multipliés par 2,5 en 30 ans. Donc, on a vu progressivement la part du logement dans le budget des ménages augmenter, augmenter, augmenter. Le fait que les taux soient bas, très bas quand même, on est tombé sur des taux à 1 %, a permis de soutenir, voire à contribuer à la hausse des prix.

Mais donc, c'est un phénomène qui s'installe depuis longtemps, cette hausse des prix. Et maintenant que les taux ont remonté, et que les prix ont quand même peu baissé, puisqu'on a des acheteurs qui ont perdu 25 % de capacité d'emprunt, on a des prix qui ont baissé de 5 %, donc ça ne compense pas du tout. Donc, il y a un vrai blocage.

5:19
Présentateur

Un jeune ménage qui débarque, qu'aujourd'hui, il a 25 % de budget en moins du fait de la hausse des taux.

5:24
Invité

Exactement, sauf s'il a un héritage. Sauf s'il a un apport. Sauf s'il a un héritage, voilà. Et concrètement, les apports, c'est souvent de l'héritage. Donc, on voit une vraie inégalité qui s'installe entre ceux qui ont pu acheter précédemment, ceux qui en héritent, et puis de l'autre, ceux qui partent avec rien, qui, par leur seul salaire, par leur seul revenu, vont avoir énormément de mal à rentrer dans la boucle, enfin ont énormément de mal à rentrer dans la boucle de la propriété, et sont du coup dans une forme de précarité.

Parce que, même si certains remettent en question l'accès à la propriété en disant, finalement, les jeunes, ils ont envie de rester locataires, nous, ce n'est pas du tout ce qu'on observe. C'est-à-dire qu'on est quand même dans un contexte qui est incertain. On sait que les jeunes croient peu à leur retraite, notamment. Et donc, cette perspective d'arriver à 60 ans sans avoir pu acheter est angoissante. Donc, ils se disent à un moment ou à un autre, il va falloir que j'arrive à acheter, il va falloir que je sécurise ça. Et quand on part avec rien, aujourd'hui, c'est quasiment mission impossible.

6:25
Présentateur

Robin Rivaton, c'est la présidente de Nexity qui a cette formule, les Français en mouvement doivent renoncer. C'est-à-dire qu'il y a des tas de Français qu'il faut qu'ils déménagent et ils ne le font pas. Donc, quand je disais que la crise de l'immobilier s'invite dans le quotidien des Français, elle est bloquante, cette crise de l'immobilier ?

6:42
Invité

Oui, le marché rentre en glaçation, en fait. C'est-à-dire qu'on a les parcours résidentiels, cette fameuse expression, qui fait que les gens étaient d'abord locataires, puis possiblement dans le parc social, puis dans le parc privé, puis après acquérir leur résidence principale. Ces parcours-là sont bloqués. Et puis après, c'est un peu comme les chaises musicales. C'est-à-dire que c'est celui qui se lève qui a perdu, c'est-à-dire qu'il manque une chaise. C'est celui qui est le salarié qui doit aller dans une nouvelle région. C'est l'étudiant qui doit décohabiter, donc quitter le domicile parental. C'est des ménages qui sont en instance de divorce, donc qui doivent se séparer.

C'est tous les gens qui se retrouvent aujourd'hui à aller affronter le marché immobilier à un moment où il est glacé. Et puis encore plus avec des mécanismes aujourd'hui de fixation des prix qui ont tendance à renforcer le fait que quand vous avez un logement à un prix correct, vous n'avez plutôt pas envie de le quitter. Et donc tout ça pousse à une glaciation du marché, au fait que les parcours où la mobilité résidentielle se réduit.

Et c'est évidemment très néfaste pour l'économie, puisque si on prend les quelques cas de figure que j'ai évoqués, l'étudiant qui ne va pas aller faire ses études ou va aller les faire au rabais parce que ce n'est pas ce qu'il aurait visé, ça fera moins de capital productif pour la suite. Les ménages qui devaient divorcer, malheureusement, c'est une situation de tension familiale très forte. Le salarié qui devait être dans une nouvelle région et qui reste chez lui, c'est évidemment la réindustrialisation qui est menacée et ainsi de suite. Donc on voit bien que les conséquences économiques, sociales, de cette crise, de cet immobilisme du marché du logement, elles sont très puissantes.

Et surtout, ce que je voudrais dire, c'est qu'on ne fait que rentrer dans ce cycle-là. La période qu'on a connue quand même, le taux de propriétaires, de Français propriétaires de leur résidence principale, 57%, c'est le même chiffre qu'en 2006. Donc on n'a pas bougé. On a eu les taux les plus bas de l'histoire économique moderne. On n'a pas réussi à faire en sorte qu'il y ait un ménage supplémentaire. Alors la population a un peu augmenté, mais en pourcentage du nombre de ménages, on n'a pas réussi à faire en sorte qu'il y ait plus de ménages qui soient propriétaires. Et on a réussi à passer la période précédente avec beaucoup de constructions neuves.

Là, on rentre dans un cycle où on va avoir beaucoup moins de constructions neuves, de manière structurelle, on pourra expliquer pourquoi. Et donc en fait, la crise du logement en France, elle est devant nous.

8:44
Présentateur

Elle est devant nous. On n'est qu'au début de ce phénomène. Sandra Wabian, ça crée du ressentiment, j'imagine, parce qu'avoir un toit, c'est quand même, c'est la base. Pour toute une génération qui n'arrive pas à se loger, c'est le premier poste de dépense des ménages, le logement.

8:59
Invité

Oui, c'est le premier poste de dépense des ménages. Et c'est aussi beaucoup ça qui explique toutes les crispations autour du pouvoir d'achat. Donc on a beaucoup parlé de l'inflation, mais l'inflation finalement sur les produits alimentaires, évidemment, c'était très important. Mais finalement, le budget logement, quand il augmente, comme c'est un quart du budget, là, ça a vraiment beaucoup d'impact. Et c'est aussi ça qui fait que les ménages ont le sentiment d'être de plus en plus pris à la gorge, alors que leur revenu augmente.

C'est que les dépenses contraintes, les dépenses pré-engagées, à la fois le logement, mais également toutes les dépenses de téléphone, d'assurance, etc., ont beaucoup augmenté sur les 30 dernières années. Et donc, ça donne un sentiment finalement, et ce n'est pas qu'un sentiment, c'est une réalité d'avoir peu de marge de manœuvre financière. Et le deuxième élément que ça produit, c'est un sentiment de déclassement.

Parce que quand vous n'avez pas la possibilité, en fait, d'évoluer, de changer de région, d'aller saisir une opportunité professionnelle, que vous voyez vos enfants qui ont de plus en plus de difficultés à se loger, en fait, vous avez le sentiment qu'il n'y a pas de progrès social, en fait, que vous êtes plutôt en train de régresser. Donc, le fait que la société se fige, on a quand même eu une baisse de 10% des déménagements au cours des 10 dernières années, ça donne aussi un moins de fluidité. On parle beaucoup de l'ascenseur social, mais l'ascenseur social, il passe aussi par une mobilité résidentielle.

Donc, le fait que la mobilité résidentielle diminue, ça donne aussi ce sentiment de déclassement. Et aujourd'hui, les locataires, c'est vraiment ceux qui se sentent le plus mal à l'aise, en fait, dans notre société, même à niveau de vie égal, en fait. C'est-à-dire, le fait d'être locataire, on sait aussi qu'on ne va pas mettre de l'argent de côté pour sa retraite. On en parlait tout à l'heure. On a moins de sécurité par rapport à son logement. Et donc, on est dans une situation où ça crée une forme de précarisation.

10:39
Présentateur

Cette semaine, le ministre de l'Économie et du Logement ont annoncé un plan d'un milliard d'euros pour la construction de 10 000 logements dits intermédiaires. Un geste dessiné aux classes moyennes pour tenter de répondre à cette crise qui touche de plus en plus de Français. Léo Seux avec Constance Meyer et Erwann Illion.

11:00
Invité

Nous sommes en plein hiver. Pourtant, au camping du parc de la Garenne, dans l'Oise, les 150 mobilhomes sont tous occupés. Non par des vacanciers, mais par des travailleurs et des familles qui vivent ici, à l'année. Nous arrivons à la maison. Isabelle et sa fille de 14 ans habitent au numéro 47 depuis décembre. Vous avez une cuisine fonctionnelle et pratique. Vous avez le couloir, ma chambre, donc avec tous les rangements. Vous avez encore des rangements ici aussi. Un mobilhome de 54 m² qu'elle loue 740 euros par mois. À 54 ans, Isabelle n'aurait jamais imaginé vivre au camping. 11 ans qu'elle est en attente d'un logement social.

Et les 971 euros d'allocations adultes handicapées qu'elle touche sont bien trop maigres pour se loger dans le parc privé. Il faut faire trois fois le montant du loyer. Donc quand on voit les prix exorbitants des loyers pour un studio ici, c'est 800 euros sur Creil. Donc trois fois le montant, non, pas possible. Est-ce que le camping finalement, ça a été un peu la bouée sauvetage qui nous a évité ? À la rue, oui, oui, on peut le dire. Oui, carrément, ça a été vraiment mon dernier recours. Dans les allées du camping, il y a aussi des propriétaires de mobilhome, comme Sandrine. Agent d'entretien en CDI depuis 25 ans, son salaire a très peu progressé. Normalement, 1592.

Grâce à un prêt étalé sur 6 ans, elle a pu acheter ce mobilhome d'occasion de 40 m². Pour devenir propriétaire avec sa rémunération, elle n'avait pas vraiment d'autre choix. Je n'ai pas 15 000 euros. Et une maison, il faut compter 160 000 euros, mais la banque, moi, ne me suivait pas. À me prêter, je crois, 77 000 euros, mais on n'a rien de 77 000 euros. Un camping devenu pour beaucoup le dernier recours. Illustration de la crise que traverse le secteur du logement. Une crise que veut endiguer le gouvernement. Voilà le message du Premier ministre, en visite sur un chantier le mois dernier.

On va se battre centimètre par centimètre, mètre carré par mètre carré, pour aller chercher du logement pour les Français. On a lancé 30 000 nouveaux logements intermédiaires. C'est le double de ce qui avait été fait en 2022. Donc il y a déjà une accélération qui a commencé. Un cap répété cette semaine à l'Assemblée par le ministre du Logement. De l'offre, de l'offre et encore de l'offre. Construire de l'habitat intermédiaire destiné aux classes moyennes, c'est le choix du gouvernement. Près d'un milliard d'euros mobilisés dans les prochains mois, pour la création de 10 000 logements de ce type.

Une ambition qui risque de se heurter aux réalités d'un secteur totalement grippé, comme l'explique ce promoteur. Un projet à Montrouge, en Ile-de-France, avec une partie de bureau et une partie de logement. C'est des projets assez classiques qui fonctionnaient normalement il y a encore un an et demi et qui sont des projets beaucoup plus difficiles aujourd'hui à sortir. Chaque année qui a passé, on a demandé aux promoteurs immobiliers de porter une part de l'intérêt général, mais de plus en plus forte. Vendre le logement social à perte, vendre le logement intermédiaire, bien souvent à perte, pas toujours, mais bien souvent à perte.

Supporter une vision programmatique qui est souvent extrêmement onéreuse. Donc c'est quand même dit réduire les densités sur les terrains. Donc en fait, notre secteur est victime d'injonctions contradictoires. On dit faites beaucoup de logements pas chers et tout est organisé pour qu'on fasse peu de logements chers. À ces contraintes, s'ajoute la politique restrictive qu'a tenue la Banque Centrale Européenne jusque-là. Son taux d'intérêt directeur historiquement haut depuis septembre dernier à 4% pourrait bientôt baisser. C'est en tout cas le souhait du gouverneur de la Banque de France devant la diminution de l'inflation.

Les conséquences que nous devrions tirer, nous, Banque Centrale Européenne, c'est probablement de baisser les taux au printemps. Après dix hausses successives, cette baisse probable du taux directeur pourrait bien signer un début d'éclaircie pour ce secteur durement touché ces derniers mois.

15:02
Présentateur

Sandra Ouabian, on a vu le gouverneur de la Banque de France qui refuse d'assouplir les critères d'éligibilité aux prêts immobiliers. Est-ce que les banques ne pourraient pas faire un effort ? Par exemple, on sait qu'on interdit aux jeunes de mettre plus de 35% de ce qu'ils touchent en immobilier. Si on a sous-fissé les critères, ça ne pourrait pas relancer l'accession à la propriété ?

15:24
Invité

Si, à court terme, oui. Le problème, c'est après d'arriver dans une situation comme on a pu avoir pendant la crise des subprimes. C'est-à-dire que là, on a déjà beaucoup augmenté l'endettement des ménages. Les durées sur lesquelles les ménages s'endettent aujourd'hui ont été portées jusqu'à 27 ans. C'est quand même des durées qui sont assez importantes. On a aussi facilité l'hypothèque pour pouvoir augmenter la capacité d'emprunt. Pendant longtemps, on a fait des taux très bas pour pouvoir aussi permettre qu'il y ait des emprunts. Mais finalement, on a des ménages qui sont quand même relativement endettés.

15:56
Présentateur

On ne peut pas sur-endetter les ménages parce qu'ils sont au taquet. Après, il y a une question sur l'endettement des ménages.

16:01
Invité

Il y a une question aussi d'autres types de solutions. C'est-à-dire que les taux, c'est une des réponses qui peut être là. Mais il y a plein d'autres réponses à avoir. Par exemple, il peut y avoir le fait de construire, comme vous l'évoquiez, sur des petites parcelles. Donc, diviser les parcelles actuelles et construire dans les zones pavillonnaires, multiplier un peu l'habitat. Il y a aussi tout ce qu'on appelle le bail réel solidaire, c'est-à-dire diviser la propriété.

Mais il va falloir inventer un peu des nouvelles solutions parce que si on n'est que sur les taux, on ne va pas y arriver puisque ça va être très compliqué d'avoir des taux qui soient à 1% comme on l'a eu avant pendant des années.

16:35
Présentateur

Henri Buzikazot, on voit bien, le problème, c'est qu'on ne produit pas assez de logements neufs. Est-ce que, disons-le, ce sont les nouvelles normes environnementales qui, au nom de la préservation des sols, au nom de préserver, de limiter les émissions de CO2, empêchent, enfin, limitent ou mettent des conditions qui font que c'est très compliqué aujourd'hui, très coûteux de construire ?

16:57
Invité

Il faut avoir l'honnêteté de dire que, depuis 30 ans, on a multiplié les embarras qui conduisaient à construire au moins. Alors, il y a eu des meilleures années, des moins bonnes années, mais on n'a jamais atteint un objectif probablement réaliste de 450, 470, 500 000 logements. Ça fait longtemps qu'on ne le fait pas. Il y a la question de la mobilisation du foncier. Ça veut dire énormément artificialiser les sols.

17:23
Présentateur

On ne veut plus artificialiser les sols. Ça veut dire

17:24
Invité

mobiliser le foncier déjà artificialisé, le foncier de l'État déjà artificialisé, ou des collectivités locales, ou des particuliers, aujourd'hui, n'est pas mis sur le marché pour diverses raisons. On ne s'y est pas employé. Des ministres, je pense à Cile Duflo, ont travaillé à une loi de mobilisation de foncières qui a été poincée vers sans effet. On a compliqué les choses. Aujourd'hui, le gouvernement dit qu'il faut simplifier. Il se serait attelé à ça il y a 7 ans. C'est quand pour les agriculteurs ?

17:52
Présentateur

Les normes, elles ont été mises pour de bonnes raisons ? Oui,

17:54
Invité

pour de bonnes raisons. Bien sûr, parce que derrière une norme, il y a l'envie de sécuriser, y compris l'acquéreur, l'envie de lutter contre des règlements climatiques. Aujourd'hui, on a une addition. Il faut savoir que sur un promoteur qui construit, pèse aujourd'hui, il faut être très clair, 6 000 normes. 6 000 normes. Le premier qui est parlé de simplification, c'est Benoît Apparu, ministre. Aujourd'hui, il est promoteur. Il a ouvert ce dossier quand il est émis il y a une quinzaine d'années. A l'époque, il y en avait 4 000. Il y a même la norme

18:24
Présentateur

jusqu'à imposer des douches à l'italienne, l'interdiction de mettre des prises dans les salles. De nombreuses de ces normes pourraient faire sourire. Vous en avez quelques-uns d'ailleurs ?

18:32
Invité

Pardon ? Quelques-unes de normes comme ça, qui, pour de bonnes raisons, mais peuvent... Il y a eu la norme, alors celle-là, elle ne fait pas sourire, mais aujourd'hui, je pense qu'on peut en sourire. L'obligation de deux partings par logement. Bon, c'était forcément des têtes artificialisées aussi pour les parkings. Eh bien, on s'aperçoit aujourd'hui que la voiture, on l'utilise différemment, les usages ont évolué. Ça a bloqué tous les ménages, non pas de voiture, mais voilà, mécaniquement. La norme handicapée qui a été récemment simplifiée, récemment, elle a été très mécanique. Il fallait que tous les logements soient réversibles. Bon, donc, il y a eu la question des normes.

Et puis, bien sûr, il y a la question aussi des recours. Il y a la question de l'attitude des maires. Bon, voilà. Donc, on n'a pas assez construit. Aujourd'hui, on a des problèmes qui sont pour partie liés à cette loi climat-résilience qui dit qu'il ne faut plus artificialiser les heures. Et on n'a pas donné le mode d'emploi. On est d'ailleurs en train de le donner aux maires, de le donner aux constructeurs et d'assouplir la loi. Bien sûr qu'on prend conscience que cette contrainte environnementale qu'il faut, à laquelle il faut s'aider, doit être compatible avec la construction. On est en train de le mesurer.

19:40
Présentateur

Robin Rivaton, question téléspectateur. Moi, si j'étais assez riche, je me paierais un bon gros camping-car comme beaucoup d'Américains. Comme ça, plus de problème. Est-ce que du coup, le résultat de ce marché bloqué, c'est que certains sont réduits. Je pense que c'est ironique à vivre dans un camping, ce qui est quand même la définition du mal-logement.

19:59
Invité

Oui, bien sûr. C'est un phénomène qui se comprend très bien. Malheureusement, c'est que quand vous n'avez pas assez de logements, de stocks de logements pour répondre aux besoins de la population, les gens s'adaptent. Les gens font tout pour ne pas finir à la rue. Donc, ils vont trouver des logements là où il n'y en avait pas, c'est-à-dire prendre des logements de moins bonne qualité, surtout re-cohabiter, c'est-à-dire être à plus de personnes par logement. Et aujourd'hui, on a des statistiques sur le fait d'avoir des personnes de familles différentes qui habitent dans le même logement, ce qu'on définit comme la colocation.

20:30
Présentateur

La coloc, ce n'est plus un truc d'étudiant. On peut être dans la vie active et être en colocation.

20:35
Invité

Bien sûr, ça a fortement augmenté. Le point que je voudrais évoquer quand même, c'est que la France, depuis l'an 2000, est l'un des pays au monde qui a le plus construit par rapport à sa population. Dans les pays développés, bien sûr, mais c'est un des pays qui a le plus construit. Donc, encore une fois, aujourd'hui, on n'a pas vu beaucoup les problèmes qui vont arriver. Là, la baisse de la construction, elle est très forte pour plein de raisons. Vous avez parlé des normes environnementales. Il y a le coût de cette construction qui devient aussi de plus en plus cher.

20:59
Présentateur

Il y a les communes

21:01
Invité

qui aujourd'hui n'ont plus d'intérêt à délivrer les autorisations d'urbanisme parce qu'accepter des nouvelles populations sur un territoire quand vous avez des ressources propres qui ont été réduites ou que vous ne pouvez plus piloter ces populations, elles refluent. Et donc, tout ça pour dire qu'on a été à 400 000 logements nouveaux qu'on ajoutait au stock chaque année. Donc, 400 000 logements en plus sur les 35 millions qu'on compte. Et on va passer plutôt à 250 000 par an de manière durable, de manière systémique. Et ces 150 000 logements en moins qui vont être en 2024, en 2025, en 2026, en 2027, vous pouvez les ajouter année après année.

À la fin, il vous manquera un nombre de logements qui fera que... Donc, l'immobilier

21:37
Présentateur

n'est pas prêt de baisser, ce qui est rare et cher.

21:39
Invité

Vous avez interdit le foncier, vous avez interdit l'artificialisation des sols, vous faites un cadeau aux gens qui sont déjà propriétaires des sols, artificialisés. C'est assez... Je veux dire, il n'y a pas besoin d'être un grand économiste pour le voir. Et donc, ce point-là, c'est qu'on va vers cette crise-là. Cette crise, d'autres pays l'ont connue. Nous, on a beaucoup construit des pays qui n'ont pas du tout construit depuis l'an 2000. C'est le Royaume-Uni, par exemple. Eh bien, au Royaume-Uni, vous avez construit deux fois moins de logements qu'en France depuis l'an 2000 pour une population qui a augmenté plus vite. Eh bien, qu'est-ce qui se passe ? C'est un peu ce que vous décriviez.

Les gens vivent en colloque jusqu'à 50 ans. Ils occupent les caves, ils occupent les greniers, ils occupent les campings. Et vous avez une dégradation des conditions de logement qui est très, très, très forte. Et encore une fois, c'est ce qui va se passer en France. Ce n'est pas ce qu'on vit aujourd'hui. C'est le futur. C'est ça qui est terrible, quelque part. C'est qu'on fait cette émission pour dire qu'il y a une crise. Mais la crise, elle arrive. Et la correction de cette crise, même si aujourd'hui, on prend toutes les mesures pour la corriger,

22:33
Présentateur

la correction n'aura lieu que dans 5-6 ans. Corinne Jolie, est-ce que du coup, plutôt que de vivre dans un camping, certains Français se disent « Bon, il n'y a plus de place dans les grandes villes, je vais aller chercher ailleurs ? » Et donc, on voit des Français qui… Parce que les prix de l'immobilier, ils ne sont pas délirants partout. Il y a des tas de villes moyennes ou de régions de France où l'immobilier reste accessible parce que du coup, pas on vote, mais on achète avec ses pieds, j'allais dire.

22:57
Invité

Alors, toutes les solutions sont mises sur la table quand on a un problème de logement. Effectivement, soit on négocie la surface et on habite dans un logement qui est trop petit pour soi, soit on négocie la géographie, donc on change le lieu de vie. Mais attention, changer le lieu de vie, ça pose quand même systématiquement la question de l'emploi. Il y a peu d'emplois qui permettent qu'on aille vivre partout où on veut en France. La personne qui habite là dans un camping, comme on a vu tout à l'heure, j'imagine qu'elle a un emploi qui la retient là et qu'elle ne peut pas forcément se permettre de perdre. Donc, un certain nombre de personnes sont bloquées là où elles sont.

Mais après, c'est vrai que ce phénomène, on l'observe quand même au moins en partie puisque depuis… Alors, notamment depuis la crise sanitaire, où on a vu quand même un changement du rapport au travail chez les jeunes et une volonté de trouver un meilleur équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle, on sent qu'il y a des jeunes, on va dire, qui ne sont plus forcément prêts à tout sacrifier pour leur carrière et qui vont essayer de trouver des emplois éventuellement moins bien rémunérés, mais dans des villes où ils auront une meilleure qualité de vie tout simplement parce que les prix immobiliers sont moins chers et donc ils auront un meilleur logement.

Donc ça, on voit que l'île de France, aujourd'hui, est la région qui souffre le plus, c'est d'ailleurs, c'est là où les prix ont le plus baissé. Donc on voit une baisse d'attractivité de l'île de France et c'est en grande partie lié à ces prix immobiliers. Elle perd entre 10 et 12 000 ménages par an. Elle perd des ménages. À Paris, ça fait des années qu'on perd des familles. On voit des écoles qui ferment des classes tous les ans à Paris parce que les familles partent. Donc on était d'abord dans un étalement urbain, mais c'est vrai qu'aujourd'hui, l'ensemble de l'île de France est chère.

24:37
Présentateur

Et partout alors, ces familles ?

24:39
Invité

Alors, les zones gagnantes en ce moment, ce qui gagne en attractivité, c'est les zones qui ont un attrait touristique en général. Donc on se rapproche de la tourale. On est quand même maintenant sur une recherche de villes moyennes. Mais voilà, ce n'est pas toutes les villes moyennes, c'est souvent les villes moyennes proches de la mer. Il y a l'idée de pouvoir partir en week-end. Donc voilà, typiquement, La Rochelle est une ville qui se porte bien. Donc il y a des marchés qui se portent bien. Après, attention, ce n'est pas que des... Justement, il y a des primo-accés dans là-bas. Donc effectivement, il y a des jeunes qui veulent aller là-bas.

C'est aussi des marchés qui se portent bien grâce aux résidences ou à cause des résidences secondaires. Dans tout ce qu'on a cité tout à l'heure, il faut quand même évoquer qu'il y a une crise pour ceux qui ne sont pas encore propriétaires et qui veulent acheter. Donc il y a une crise de l'accès à la propriété. À côté de ça, on est le pays d'Europe où il y a le plus de résidences secondaires. On a aujourd'hui 3,6 millions de résidences secondaires. C'est 10% du parc, c'est ça ? Oui. Et ça a augmenté sur les 15 dernières années. Donc il faut aussi avoir conscience qu'une partie des ménages concentrent un certain nombre de logements.

On a des logements vacants qui ont augmenté et ça, c'est un vrai problème.

25:42
Présentateur

Mais ces logements vacants, ils se trouvent dans cette fameuse diagonale du vide, là où finalement il y a peu d'activités et des maisons à la bande. Largement.

25:49
Invité

Alors, il y en a beaucoup là, mais pas que. Et souvent, ça entraîne des problèmes de rénovation. C'est-à-dire qu'on a des logements qui tombent en ruines, donc qui mobilisent pendant ce temps des terrains, etc., mais qui ne sont pas entretenus, pas vendus, pas loués, bref, rien. Et ça, ça représente quand même aussi 3 millions de logements. Donc on a un parc qui réduit aussi parce que des logements sont mobilisés, finalement, pas pour un usage d'habitation.

26:11
Présentateur

Henri Buzicazo, Anne, dans le Finistère, n'y a-t-il pas des propriétaires qui ne louent plus en raison du peu de recours dont ils disposent vis-à-vis des mauvais payeurs ? Ça, c'est un stress pour beaucoup de propriétaires de tomber sur un mauvais payeur.

26:22
Invité

Écoutez, à tort ou à raison. C'est pour cela que Guillaume Casbarian, qui a été l'auteur d'une loi il y a peu de temps qui facilite, en gros, les procédures lorsque quelqu'un ne paie pas son loyer au profit du propriétaire, il dit, ben voilà, maintenant que j'ai fait ça, il va y avoir plus de propriétaires. Donc, objectivement, c'est une mythologie que les propriétaires sont tous sétanisés à cause de ça. Le niveau des impayés en France, il est en train d'augmenter, bien sûr, avec l'inflation, mais il est de l'ordre de 2%.

Un cas de quelqu'un qui ne paie pas et qui est de mauvaise foi, c'est encore un autre sujet et c'est une petite proportion est évidemment quelque chose qui fait la lune des journaux et qui peut faire peur mais les relations locatives se passent bien pour 98% des propriétaires et des locataires. Alors, il fallait des procédures, il fallait les renforcer, Guillaume Casbarian l'a fait quand il était député, pas encore ministre. C'est très bien, il ne faut pas exagérer.

Je voudrais dire un mot sur la question de l'aménagement du territoire quand même et ça rejoint les besoins de location qui vont croître parce que la propriété va baisser des 57-58%, on va sans doute plonger très vite vers les 55%, chiffre qu'on avait il y a 20 ans. Il faut compter sur un nouvel aménagement du territoire. Alors, je sais que Romain Rivaton a beaucoup travaillé sur les questions de métropolisation et je pense qu'au fond, on est d'accord. Est-ce qu'elle est inéluctable ? Moi, je ne le crois pas mais il ne faut pas rêver. L'attractivité va rester dans les 11 métropoles françaises de manière très forte.

C'est là qu'on trouvera du travail, la culture, les infrastructures sportives. Tout de même, on voit que les villes moyennes, voire des communes rurales parce que les ménages ont envie d'aller y vivre, reprennent du poil de la bête, si je puis dire. Les prix d'ailleurs ont augmenté très vite, sont en train de se calmer. On y gagnera aussi en construction parce qu'on pourra construire moins cher à ces endroits-là, en acquisition, dans l'ancien, en étalant, si je puis dire, les ménages sur le territoire français en déconcentrant.

28:27
Présentateur

Romain Rivaton, est-ce que c'est-à-dire que pour les nouvelles générations, finalement, le cadre de vie, j'allais dire, l'accès à l'emploi, c'est le critère... Pardon, l'accès à la propriété est le critère numéro 1 avant l'accès à l'emploi. Au fond, ce qu'on veut, c'est d'abord se loger et puis ensuite, l'emploi suivra. Alors que notre génération, c'était d'abord trouver un emploi et ensuite, le logement suivait.

28:50
Invité

Juste sur le reportage, le reportage avait lieu dans l'Oise. L'Oise, c'est le deuxième département français avec le plus fort taux de chômage après les Pyrénées-Orientales. Donc, on voit bien que malheureusement, il y a des gens qui restent dans des conditions de logement extrêmement dures dans un département où les conditions de l'emploi sont très très dures. Donc, je pense qu'il ne faut pas surexagérer la capacité des gens à bouger. Aujourd'hui, quand vous naissez en France, vous restez majoritairement à 20 kilomètres de là où vous êtes nés. C'est ça, la majorité des gens qui naissent dans ce pays vivent à moins de 20 kilomètres du lieu où ils sont nés.

Donc, on peut s'imaginer que les gens ont une mobilité extrêmement forte et c'est souvent avec des lunettes que l'on prend parce qu'on vit dans des milieux très urbains, très métropolitains. Il y a des gens qui sont très favorisés, qui sont capables d'avoir des mobilités nationales ou même internationales. La réalité, c'est quand même qu'on a un pays où les gens vivent à proximité de l'endroit où ils sont nés. Aujourd'hui, les jeunes, ils naissent où ? Ils naissent dans les zones plutôt urbaines et métropolitaines. La démographie est très concentrée dans les zones métropolitaines. Vous avez plus de 80 000 personnes en Ile-de-France, les naissances moins les décès.

Donc, chaque année, sans l'immigration, vous avez plus de 80 000 personnes en Ile-de-France. Sur tout le reste du territoire, c'est moins de 80 000. Donc, je veux dire, voilà, les 80 000 personnes qui sont nées sur ce territoire francilien, en plus, elles vont bien rester en Ile-de-France. On ne peut pas imaginer qu'elles vont tout d'un coup disparaître. Donc, on voit bien que les besoins, l'aménagement du territoire est une clé, évidemment, qu'on aurait envie de mobiliser. On voit des logements vides d'un côté, on voit de la demande de l'autre côté. On a envie de les mettre l'un avec l'autre, de les marier. Mais il ne faut pas rêver non plus.

Mais la seule solution, ce serait de développer des réseaux de transport à une échelle qu'on a été incapable de faire depuis des années.

30:22
Présentateur

Sandra Wabian, Robin Rivaton le disait tout à l'heure, dans une métropole. Ça reste un bien précieux, rare et qui va se raréfier de plus en plus. Est-ce que ça ne crée pas... On parle beaucoup des inégalités de revenus. Est-ce que ça n'est pas là la clé des inégalités ? Il y a ces chiffres de la Banque de France, tenez-vous bien. 50% des Français possèdent 95% du patrimoine et l'autre 50% des Français possèdent 5% du patrimoine. C'est hallucinant, ces chiffres.

30:56
Invité

Oui, c'est hallucinant. Il y a encore eu des travaux récemment de l'OFCE qui montraient que dans les gains de pouvoir d'achat, c'est essentiellement des gains liés au patrimoine et pas au travail.

31:05
Présentateur

Qui se valorisent.

31:05
Invité

Voilà, qui se valorisent. Et donc, en fait, on parle beaucoup de la valeur de travail. Plutôt que se lever tôt pour faire du pain, il vaut mieux avoir acheté

31:10
Présentateur

un appartement il y a 20 ans.

31:10
Invité

Ça, c'est certain. C'est certain, puisqu'en fait, les prix de l'immobilier ont été multipliés par 2,5 en l'espace de 20 ans. Donc, les gens qui ont acheté dans le début des années 2000 ont fait une très grosse plus-value. Et d'ailleurs, c'est aussi pour ça qu'il y a des résistances sur la taxation, sur les questions d'héritage, etc. C'est que tout le monde n'est pas perdant dans l'histoire. Il faut quand même rappeler que ces 58% de propriétaires, d'une certaine manière, ils ont quand même un patrimoine. C'est même 75% si on ajoute toutes les formes de propriété, investissement locatif, résidence secondaire. Les trois quarts des Français sont propriétaires de quelque chose animaux.

31:43
Locuteur non identifié

Oui, ça va bien.

31:44
Invité

Oui. Et effectivement, les inégalités de patrimoine, aujourd'hui, elles sont en plus beaucoup plus importantes que les inégalités de revenus. C'est-à-dire que si vous regardez le niveau de vie médian, celui qui partage les Français en deux, et vous regardez le niveau de vie médian des 10% les plus aisés, on a un facteur de deux. Un à deux ? Un à deux. Pour les revenus ? Pour les revenus. Si vous faites la même chose pour le patrimoine, on est un à cinq. Ah oui. C'est-à-dire que le patrimoine, en plus des personnes les plus aisées, est beaucoup plus élevé que le patrimoine médian.

Et donc, on parle beaucoup de la valeur travail, mais finalement, la valeur travail, il faut aussi qu'elle soit vraiment valorisée et pas simplement symbolique.

32:19
Présentateur

Alors, il y a ce vieux proverbe qui dit « quand on a du bien, on a du mal », et le mal, ça peut être le DPE, puisque parmi les mesures envisagées par le gouvernement, il y a aussi le changement des règles du DPE. C'est le fameux diagnostic de performance énergétique. Objectif, faire sortir des dizaines de milliers de logements de la classification passoire thermique. Reportage de Juliette Vallon avec Mathieu Lignot et Rémi Svietek.

32:42
Invité

C'est le genre de logement parisien très recherché par les étudiants, les studios. Camille Baillet, agent immobilier, le constate régulièrement. Ces mini-surfaces sont souvent mal classées en termes de diagnostic énergétique, comme cet appartement de 10 mètres carrés et demi. On voit ici que tout ce mur-là donne vers l'extérieur, notamment sur des locaux non chauffés. C'est-à-dire que si ça donne sur une cage d'escalier, une cave ou ce genre de choses, ça donne sur un local non chauffé et donc ça impacte le DPE. Typiquement, ici, on a un ballon d'eau chaude qui est assez conséquent. C'est un ballon qui fait 100 litres.

Et c'est vrai que pour la surface de l'appartement et étant donné qu'il n'y a pas de baignoire, c'est assez important et donc ça prend plus d'électricité qu'un petit ballon pourrait prendre pour chauffer. Un bien en vente à 95 000 euros classé G. Une passoire thermique donc, comme 35% de l'immobilier parisien. Le diagnostic de performance énergétique, une petite pyramide de couleurs bien visible sur les vitrines des agences. Un enjeu de taille pour les propriétaires. Dans le cadre de la loi climat et résilience, les logements les plus énergivores seront progressivement interdits à la location. À partir de 2025 pour ceux classés G, 2028 pour ceux classés F.

Faute de pouvoir financer d'importants travaux, de nombreux propriétaires pourraient vendre, restreignant un peu plus le marché de la location. Ça pédalise le marché parce que déjà il y a une très forte pression sur la location que ce soit sur les propriétaires en règle générale en France. Depuis déjà quelques années, on voit bien que les propriétaires sont assez maltraités par la fiscalité, par la rénovation énergétique, par l'encadrement des loyers. Pourtant, la rénovation énergétique elle fait clairement consensus.

On se retrouve aujourd'hui avec 66% de demandes en plus sur la location et 34% de biens en moins alloués parce qu'on est en train de faire fuir aujourd'hui les petits investisseurs. Alerté, le gouvernement vient d'annoncer la simplification du DPE. Un nouveau calcul pour compenser la consommation élevée dans les biens de petites surfaces. Objectif, sortir 140 000 logements de la catégorie passoire énergétique. Le dispositif sera rétroactif et ne nécessitera pas de refaire son diagnostic. Le changement de mode de calcul pour les moins de 40 mètres carrés sera automatique et vaudra y compris pour les DPE du passé sans être obligé de refaire quoi que ce soit.

Ça fait partie de la simplification que nous souhaitons. Mais encore faudrait-il que les DPE en question soient fiables. Selon une association de consommateurs qui a mené l'enquête, les diagnostics seraient à géométrie variable parmi les professionnels du secteur. Exemple, des taux de déperdition différents ou des erreurs de métrage après le passage de diagnostiqueurs sur la même maison avec de lourdes conséquences à la clé. Nous, les préconisations qu'on fait, le conseil qu'on a donné aux consommateurs, c'est de faire attention à son rapport de diagnostic de performance énergétique et surtout, s'il lui semble aberrant, éventuellement, d'en refaire un deuxième.

Alors, c'est vrai que c'est des coûts importants puisqu'on peut passer du simple au double en termes de tarifs. Maintenant, ça peut valoir le coup parce qu'il y a une grosse décote entre un bien qui va être classé D ou un bien qui va être classé F, par exemple. L'UF sait que choisir qui demande au gouvernement de revoir les critères de formation et de certification des diagnostiqueurs DPE.

35:56
Présentateur

Corinne Jolie, question de Catherine. Les DPE sont-ils vraiment fiables ou varient-ils selon la personne qui les établit ? Comment ça se passe ? Racontez-nous un petit peu pour un DPE. On appelle un diagnostiqueur qui vient chez vous ?

36:10
Invité

On appelle un diagnostiqueur et en gros, il a un formulaire avec quelques dizaines de questions à remplir. Et le formulaire est le même pour tous les diagnostiqueurs. Il est fixé par la loi. Ce qui peut varier entre plusieurs techniciens, c'est les réponses qu'il va mettre dans ce formulaire. et effectivement, si les réponses varient, la note varie. Mais il faut quand même avoir conscience qu'une fois que les réponses sont faites, le calcul, là aussi c'est le même pour tout le monde et il est fixé par la loi. Donc la variation, elle ne peut avoir lieu que sur les réponses.

Et si vous êtes propriétaire et que vous faites un DPE, du coup, je vous invite vraiment à être présent pendant la réalisation de ce diagnostic et à regarder les réponses. Parce que s'il y a des différences, c'est qu'il y a des réponses différentes. C'est vrai, des techniciens, il y en a des milliers, la compétence varie. On a déjà vu des erreurs de système de chauffage. C'est quand même une grosse erreur. Donc le technicien peut se tromper. Mais si vous êtes à côté et que vous vérifiez toutes les réponses, vous aurez une idée du diagnostic qui est correct. Et à partir de là, le calcul, ce sera le même pour tout le monde. Donc vous n'avez pas à vous préoccuper du calcul.

Maintenant, je pense que le sujet...

37:15
Présentateur

Vous avez une mauvaise note, on peut en consulter un deuxième en espérant ne pas avoir le G infamant, mais noter E.

37:21
Invité

Vous pouvez si jamais il y a des réponses qui sont fausses. Si vous avez été là pendant le diagnostic et que vous voyez bien que toutes les réponses sont correctes, vous n'allez peut-être pas refaire venir un pour attendre celui qui va se tromper et qui va vous trouver une pompe à chaleur alors que vous avez du chauffage au fioul. Donc voilà, si les réponses sont correctes, ce n'est pas la peine de faire revenir un diagnostiqueur.

Maintenant, ce qui est compliqué en ce moment et ce qui joue, on va dire, dans la méfiance généralisée vis-à-vis du DPE, c'est qu'il y a les variations entre plusieurs techniciens mais là, ces derniers temps, ce qu'on voit, c'est des corrections de la méthode de calcul, celle qui est fixée par la loi. Là, en février, on a des logements qui sont passés de G à E.

38:00
Présentateur

Parce qu'on a assoupli le logiciel.

38:01
Invité

Parce qu'on a changé le calcul. Oui, donc effectivement, pour les logements de moins de 40 mètres carrés, là, il y a une correction dont le simulateur est sorti.

38:09
Présentateur

On a rehaussé les notes.

38:11
Invité

En gros. On a rehaussé les notes. Mais après, il y avait quand même une erreur dans le calcul. Ils étaient très pénalisés. Les petits logements étaient pénalisés puisqu'un tiers des logements, des studios, tombaient F ou G alors que normalement, c'est plutôt 15% du parc. Donc, ils étaient injustement pénalisés. Il y a une correction. Et en ce moment, il y a quand même eu des... Bruno Le Maire, notamment, qui a dit dans des interviews que pour lui, il y avait d'autres corrections à faire. Il y a notamment la question du chauffage électrique qui actuellement est pénalisé. Mais il y a toujours le même débat en France. L'électricité, chez nous, c'est nucléaire. Donc, c'est plutôt décarboné.

Donc, est-ce que ça mérite d'être si pénalisé que ça ? Et donc, ça, c'est un débat en cours. Donc, tout ça fait que les propriétaires n'ont pas confiance dans le DPE, qu'il y a une confusion autour de ce diagnostic, qu'on a le sentiment qu'il peut bouger selon le technicien, selon la loi, selon les politiques. Et forcément, ça contribue à agacer les propriétaires.

39:05
Présentateur

Henri, ben oui, Henri Buzi-Cazot, on peut le comprendre. La dame, dans le reportage, disait une grosse décote quand vous avez une mauvaise note. Moi, je me mets à la place d'un propriétaire, il a un appartement dont il comptait sur les loyers pour payer sa retraite. Boum ! Il y a un monsieur qui vient lui dire ben non, il est classé G, il ne vaut rien votre appart et il faut le vendre à la casse. Ça peut susciter la colère et la rancœur de propriétaires dont une norme vient leur dire que leur appartement est une passoire thermique ?

39:31
Invité

Oui, très clairement. D'ailleurs, le mot passoire technique, c'est un choix sémantique qui stigmatise. C'est méchant. On aurait pu se limiter à dire les deux dernières lettres du classement. On montre du doigt ces propriétaires qui n'ont rien fait de mal et simplement, je ne voudrais pas non plus, j'entendais le président de Guéhoqué dire il y a une hémorragie de logement locatif. La vérité, selon moi, est heureusement un peu moindre.

Il y a une inquiétude, il y a une envie de dire moi, je vais bazarder si je puis dire mon logement, je ne vais pas faire ces travaux qui vont me coûter peut-être dans les parties privatives 5, 6, 8 000 euros mais je ne peux pas faire grand-chose dans les parties qui m'appartiennent uniquement. Beaucoup doit être fait sur l'immeuble collectif, c'est-à-dire dans les parties communes et il va falloir une décision de l'ensemble des copropriétaires. C'est ça le plus efficace et là, selon ce que je détiens, un studio, une deux pièce, une trois pièces, je vais encore rajouter 20, 25 000 euros. Donc, pour certains propriétaires, ça va être des factures non négligeables.

Il faut quand même aussi dire qu'il y a des aides. Ce pays ne délaisse pas les propriétaires, les accompagne et je trouve qu'il y a des discours qui sont très négatifs, excessivement négatifs. Alors, les pouvoirs publics eux-mêmes, malheureusement, donnent le sentiment qu'il faut céder. Alors, on bricole, on retouche le mode de calcul du DPE. Tout ça a été compliqué. Je pense qu'il y a des choses qu'on aurait dû prévoir avant. On aura retouché le DPE, finalement, plusieurs fois depuis la loi climat-résilience et depuis que c'est impératif. On fait beaucoup de bruit autour de ça. Le gouvernement, même, s'en glorifie.

On retouche la manière de qualifier les entreprises capables de faire les travaux, reconnues garants de l'environnement. On est en train de donner le sentiment que... On tâtonne. Oui. Et on revient un peu dans l'esprit de tous sur les ambitions environnementales. Ça, c'est regrettable parce qu'il va falloir y passer de toute façon.

41:33
Présentateur

Sandra Ouabian, si certains propriétaires préfèrent revendre, se débarrasser de leur passoire thermique, c'est parce que c'est compliqué. Ma prime rénov' en plus a été durcie. Je cite la une du Parisien, « Rénovation thermique, alerte aux escrocs ». En plus, souvent, on a des propriétaires âgés qui peuvent se dire « Je vais me faire arnaquer au coin d'un bois, là ».

41:52
Invité

Oui. Beaucoup la crainte de la fraude a raison aussi puisqu'il y a eu quand même un certain nombre de fraudes et même la DGCCRF a dû multiplier les contrôles pour essayer de réguler un petit peu le secteur. Donc, effectivement, ça, c'est une crainte assez légitime.

42:07
Présentateur

Robin Rivaton, le gouvernement, quand même, est-ce qu'il fait machine arrière ? Parce que c'est énorme, quand même, les passoires thermiques, on dit que c'est un tiers du parc locatif qu'il faudrait retirer du marché. Alors, il y a des échéances, 2025, 2028, 2032, etc. Déjà, on manque de logements. Si on nous retire les quelques logements qui nous restent parce qu'il y a un chauffage électrique et que ce n'est pas bien, on court à la catastrophe. Là, on va tous terminer dans un camping.

42:33
Invité

On a pris la réglementation environnementale la plus stricte d'Europe. C'est-à-dire qu'on a fait en avance de phase sur tout le monde, à la fois dans le calcul de la note, des deux notes, parce qu'on regarde toujours la note de gauche, mais il y a une note de droite qui est celle du caractère carboné de l'énergie, donc personne ne regarde, mais il y a deux échelles, et les interdictions qui vont avec. C'est-à-dire que normalement, aujourd'hui, la réglementation européenne qui a été prise en décembre, la dernière, réaligne le cadre européen sur le cadre français. Donc, on a été les meilleurs élèves quelque part de toute l'Union européenne et de mon point de vue, on a été trop ambitieux.

En ayant été trop ambitieux, ce qu'on s'est donné, c'est qu'on a failli rentrer dans le mur et pour éviter le mur, on a tourné le mur.

43:12
Présentateur

Les émissions carbone du logement, ça représente combien pour les logements particuliers ?

43:16
Invité

C'est là où c'est incroyable. Les émissions carbone liées au logement en France, c'est 7% de l'empreinte carbone. C'est moins que la voiture. C'est 18% pour le reste de l'Europe. Tout simplement parce qu'on a fait le choix il y a très longtemps de chauffer nos appartements avec des radiateurs électriques, les fameux grippins, et avec une électricité qui vient de centrales nucléaires, puisque la centrale, pour chauffer les logements, c'est là. Et donc, on a des logements qui sont très peu carbonés en France. Et donc là, on voit les deux aspects de cette réglementation.

Elle visait à la fois à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, mais ça, au final, on est déjà très très bas, et à la fois à protéger les ménages les plus modestes d'avoir des factures d'énergie qui augmentent, qui augmentent, qui augmentent, parce que ce sont les ménages les plus modestes qui occupent évidemment les fameuses passoires énergétiques. Et donc, on voit les deux objectifs de cette loi. Mais on voit bien que sur l'aspect environnemental, cette loi n'a pas d'effet. Encore une fois, ces logements sont peu producteurs de CO2. Donc, l'objectif, c'est plutôt de protéger les ménages.

Et on aurait pu atteindre cet objectif de protéger les ménages de dépenses énergétiques incroyables par d'autres moyens. Aujourd'hui, on a un objet qui est très très coûteux, qui a créé beaucoup de remous dans le secteur, dont on voit qu'il faut éviter en dernière minute le mur ou l'écule qu'il représente. Donc, on voit bien qu'on vient de sortir un certain nombre de logements de la catégorie des G. Mais en 2028, se reposera la même question. Et je suis prêt à prendre le pari ici en plateau qu'il y a beaucoup de gens qui prendront un engagement de faire sauter le seuil de 2028. On peut commencer à en discuter. Il y a certains partis politiques qui commencent.

Aujourd'hui, les partis populistes en Europe prennent des positions extrêmement dures sur la réglementation environnementale qui visent le logement en disant c'est des bêtises, arrêtons tout ça et remettons les logements sur le marché. Et qu'est-ce qu'ils font avec ça ? Ils gagnent le vote des jeunes.

45:00
Présentateur

Avec 15 millions de visiteurs attendus pendant les JO, la course au logement est lancée et fait déjà des victimes. Les chambres de certains étudiants sont réquisitionnées et à Paris, de nombreux locataires sont sommés de quitter leur logement à quelques mois des Jeux. Reportage d'Alexandre Malesson, Diane Cacciarella et Aurélie Sanner.

45:19
Invité

Sa chambre d'étudiant de 15 mètres carrés, Félix l'apprécie. Mais dans quelques mois, il sera contraint de la quitter pour laisser sa place aux bénévoles ou aux forces de l'ordre en charge des Jeux Olympiques. Alors, j'ai reçu un premier mail le 25 janvier qui nous indiquait officiellement que notre résidence allait être réquisitionnée en tant qu'étudiant. On est déjà une population qui est assez précaire et surtout le logement à Paris, c'est déjà très compliqué de base. Alors là, nous mettre dehors. Moi, je l'ai vécu comme ça, comme si j'avais été mis dehors, mis à la porte en fait. Et effectivement, ça a été difficile. Trois options sont proposées par le Crous.

Être relogé dans une autre résidence le temps des JO, quitter le logement et revenir en septembre ou se séparer définitivement du lieu. Félix a décidé de retourner chez son père à Marseille pour y travailler le temps de l'été, ce qui risque d'avoir des conséquences financières pour lui. Les salaires qu'on va me proposer potentiellement à Marseille seront peut-être moins intéressants que ce que j'aurais pu espérer avoir à Paris. Le niveau de vie n'est pas le même mais les salaires ne sont pas les mêmes non plus. Financièrement, ce n'est peut-être pas équivalent. C'est une unième source de stress en plus qu'on n'en avait vraiment pas besoin.

Toute la résidence Crous de Félix est concernée par la réquisition. Alors, quand on se croise entre voisins, le sujet est vite abordé.

46:41
Présentateur

Coucou, ça va ? Ça va ? Ça va, tranquille et toi ?

46:44
Invité

Comme compensation, l'État promet 100 euros et deux places aux Jeux olympiques cet été. Un manque de respect selon ces deux étudiants. J'ai travaillé et rajouté un déménagement plus le second où on va être situé en fait, ça ne va pas du tout être nécessairement possible. Enfin, vraiment, c'est abusé. Et toi, du coup, ça va le faire ? Pour déménager, honnêtement, je ne sais pas comment je vais faire. 100 euros, ce n'est clairement pas suffisant. Mais nous, ce n'est pas ce qu'on veut, des places pour les JO. Si on voulait des places pour les JO de base, on y serait allé. En fait, ce n'est pas ce qu'on cherche. Nous, on veut juste garder notre logement. Là, on a littéralement toute notre vie.

Pour de nombreux étudiants logés par le Crous, chaque euro compte. Ce déménagement subi risque donc d'être compliqué à prendre en charge. Il y a des gens qui sont très précaires et je pense notamment aux gens qui viennent comme moi de province et qui n'ont pas conservé de liens forcément de bonnes relations avec leurs parents. Je me demande comment ces personnes vont faire. Elles vont probablement être relogées dans des logements Crous potentiellement insalubres, etc. Donc, ça reste des situations assez complexes. Quitter son logement contraint, les étudiants ne sont pas les seuls concernés.

Sur les réseaux sociaux, fleurissent de nombreux témoignages de locataires chassés par leurs propriétaires quelques mois avant les JO.

47:53
Présentateur

Mon proprio me jette de l'appartement en juillet

47:56
Invité

à cause des JO. Notre proprio a décidé de vendre la part dans laquelle on habite depuis quelques années. Il faut qu'on dégage avant les JO. Les JO de Paris, c'est aussi ça. Ma mère se fait expulser de sa location après 27 ans de bons et loyaux services. Avec 15 millions de touristes attendus en région parisienne pendant les JO olympiques, les prises immobilières ont flambé. Certains propriétaires veulent en profiter pour louer leur logement à prix d'or et donc chasser leurs locataires actuels. Une pratique illégale. C'est pourtant ce que pense vivre cette quinquagénaire qui préfère rester discrète pour des raisons professionnelles.

En plein dans les cartons, pour libérer son logement du 18e arrondissement de Paris. J'ai appris que je devais rendre mon appartement le 23 mars 2024. Appartement que je loue depuis 25 ans. Comme toutes les personnes dans son cas, impossible pour l'heure de prouver que les JO ont un lien avec la décision de sa propriétaire. La raison qui m'a été donnée, c'était que ma propriétaire voulait donner son appartement à sa petite fille pour prendre son indépendance. Mais je m'étonne qu'on me vire, alors que je suis locataire depuis 25 ans, à 4 mois des Jeux olympiques. Mais cette parisienne compte bien rester vigilante.

Ce n'est pas impossible qu'en juillet-août j'aille faire un tour sur le site de Airbnb pour voir si mon appart n'est pas en location. Je suis très en colère. Ce qui me met en colère, c'est la manière dont j'ai été traitée par une propriétaire alors que je paye mon loyer rubis-sur-longue depuis 25 ans. C'est très violent. Cette locataire pourra contester la demande de congé si elle estime que le motif mentionné n'est pas justifié, mais seulement après son départ. En attendant, la quincagénaire va habiter chez sa mère. Le temps de se retourner.

49:43
Présentateur

Henri Buzikaz, aux questions de Michel. J'avais mes places pour aller voir le volet aux Jeux olympiques, mais j'ai dû renoncer à mon voyage à Paris car impossible de se loger. N'est-ce pas honteux ?

49:54
Invité

Les Jeux olympiques, c'est un événement sportif mondial, populaire. Il a été voulu comme ça. Il est très clair qu'il est en train, s'agissant des Jeux de Paris, mais c'était vrai d'autres capitales. de tourner le dos à cet idéal. Il va falloir avoir des gros moyens pour acheter les places, déjà, qui sont chères, mais surtout pour pouvoir durablement venir voir les compétitions pendant deux ou trois jours. Alors, c'est inévitable. Bon, maintenant, qu'est-ce qu'on peut faire ? Ce qui vient d'être dénoncé existe. L'association départementale d'information pour le logement à Paris a constaté une augmentation de près de 30% des congés pour vente.

C'est-à-dire les propriétaires qui viennent prendre conseil pour dire comment je fais pour faire un congé pour vente. Curieusement, alors naturellement, ces propriétaires ne disent pas en téléphonant, moi, je vais naturellement faire cet usage de mon logement. Mais c'est troublant. Quand on dit qu'il y a des recours, il y a des recours. Ça n'empêchera pas les personnes en question d'avoir des difficultés. Elles vont quitter le logement. Mais on pourra vérifier s'ils sont des vrais congés pour vente. Il y a ça. Il y a la question du niveau des loyers qui vont être pratiqués en location meublée de courte durée.

On commence à voir, mettez-vous sur les meilleurs sites, vous commencez à voir des locations de courte durée. Il y a des portails dédiés à des tarifs insupportables. Bon. Faut-il les réguler ? Faut-il mettre des plafonds ? D'autres capitales l'ont fait. Londres l'a fait. La mairie de Paris l'avait imaginé. Je ne sais pas où est cette réflexion. Mais les excès sont insupportables. Et puis, il y a la question des étudiants sur la question des étudiants. Je ne vais pas me faire que des amis parmi les étudiants. C'est embêtant parce que je suis président d'une école. Bon. J'entends des choses qui sont un peu excessives. On va nous reloger dans une résidence qui, bien sûr, ne sera pas décente.

Bon. Il y a, structurellement, 6 000 logements. Parlons de Paris-Île-de-France, le territoire le plus concerné. même s'il y a d'autres sites olympiques. 6 000 logements chaque été qui sont vacants. Alors, ils le sont. Ça, c'est un sujet. En général, plutôt entre juillet et août-septembre, période où on va avoir besoin de ces logements. Donc, il y a eu la tentation de dire aux étudiants fin juin, vous partez. Alors, les étudiants étudiantes ont porté devant les tribunaux, en l'occurrence des tribunaux administratifs, l'affaire. Et le Conseil d'État vient de dire ben non, parce que les baux de ces étudiants étaient tels que ça se limitait à la fin du mois de juin.

Et donc, ceux qui veulent rester plus, non, ils ne sont pas titrés pour le faire. Qu'a fait le gouvernement ? C'est d'imaginer, allez, un peu de baume au cœur. Alors, les 100 euros, on peut en rire. On peut en rire. Ce serait mieux 1000 euros, sans doute. bon, mais, voilà. Et donc, clairement, ce qu'il faut, c'est qu'il y ait retour à meilleure fortune, que l'étudiant, qui ne sera pas pénalisé parce qu'il est parti plus tôt, mais qui doit retrouver un logement pour poursuivre ses études, soit effectivement relogé. Il y a eu des engagements, il faudra les vérifier. Et naturellement, on peut comprendre l'inquiétude des étudiants, mais il ne faut pas non plus imaginer le pire.

Il n'y a pas de raison.

53:06
Présentateur

Je voudrais qu'on revienne sur le reportage très fort où on a vu, parce qu'on parlait tout à l'heure des locataires mauvais payeurs qui pouvaient effrayer les propriétaires. Mais là, en l'occurrence, on a une locataire qui, comme elle le disait, qui paye rubis sur l'ongle et qui est chassée. Ça aussi, ça nourrit le ressentiment. Déjà, je ne suis pas propriétaire, je suis donc de la mauvaise partie, la mauvaise moitié des Français, celle qui n'a pas pu acheter. Et en plus, je me fais expulser pour quelque chose qui pèse lourd. Vous le disiez, c'est le premier

53:35
Invité

en fait, on le perçoit tous très intimement, un lieu qui est particulièrement important puisque c'est là, on l'a vu aussi pendant le confinement, l'importance du lieu de chez soi. Depuis le confinement, en plus, on fait de plus en plus de choses chez soi, des loisirs à la maison, on se fait livrer. Donc la vie, il y a même, aujourd'hui, on parle parfois du consommateur ermite qui va avoir plus tendance à rester chez lui plutôt qu'à sortir. Et puis, au-delà de ces phénomènes de consommation, en fait, c'est symboliquement, c'est presque soi, en fait, son toit.

Donc devoir partir, c'est un arrachement parce qu'on a aussi une histoire, c'est là où on a eu des souvenirs, on a pu voir grandir ses enfants, etc. Donc ce n'est pas qu'une question financière, en fait, le logement. C'est aussi une question de santé puisque en fonction du lieu où on habite, on peut être, on peut avoir, si les lieux sont effectivement insalubres, il peut y avoir des troubles, du saturnisme, etc.

Il y a plein de dimensions autour du logement, donc on ne peut pas le résumer juste à une dimension financière, quand bien même les étudiants on leur aurait donné l'équivalent financier de ce qu'ils ont perdu, en fait, c'est quand même toujours un peu difficile de quitter son logement.

54:44
Présentateur

Corinne Jolie, les étudiants, en dehors des JO, c'est un stress pour les parents quand ils sont étudiants, il faut que je te trouve un logement pour faire tes études. il y avait la patronne de Nexity qui disait qu'il y a en fait beaucoup d'étudiants qui renoncent à certaines écoles, à certaines universités, à certaines formations, faute de logement. Le septembre, c'est un mois, vous êtes très très consultée, PAP ?

55:05
Invité

Alors oui, c'est un mois qui est extrêmement tendu et je rejoins ce que la patronne de Nexity dit, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, la question du logement rentre en compte dans le choix des études. D'ailleurs, on voit que pour un ensemble d'étudiants, typiquement, l'île de France peut être exclue pour la question du logement. On le sait, des études à Paris, il faut quand même que les parents puissent aider au financement derrière. Un étudiant, sinon, il va avoir du mal à s'en sortir.

Donc, la question du logement, aujourd'hui, elle est prise en compte dès le choix des études et quoi qu'il arrive, après, on a en septembre une demande qui est aujourd'hui très forte dans à peu près toutes les villes étudiantes. Alors là aussi, je vous ai vu tout à l'heure contester ce qui a été dit, moi aussi, je n'adhère pas au fait que ce soit la rénovation énergétique qui soit la cause du manque de logement actuellement sur le marché.

Non, le manque de logement actuellement sur le marché locatif s'explique tout simplement parce qu'il y a beaucoup plus de locataires et que comme l'accès à la propriété est bloqué, eh bien, il y a des logements qui ne sont pas libérés par des gens qui normalement auraient achetés. Donc, mettons qu'on, comme Robin l'évoquait, le parcours résidentiel classique, c'est d'être d'abord locataire, puis entre 28 et 32 ans de s'installer en couple, faire des enfants, acheter, ça, c'est aujourd'hui en train de se décaler et donc, on a des trentenaires, 32, 35 et plus qui restent locataires et donc, ça ne libère pas les logements.

Donc, la vraie baisse du parc locatif, il y a eu deux choses, une érosion lente liée à la location touristique, quand même, ça, c'est vrai,

56:41
Présentateur

ça existe. Ah oui, de plus en plus de logements sont pour les touristes maintenant.

56:44
Invité

Il y a des logements qui sont, qui clairement sont partis en touristique parce que le touristique, pour un propriétaire, a un ensemble d'avantages, plus rentables, des avantages fiscaux et moins de réglementation. Notamment, le DPE ? Notamment pas les passeurs thermiques, les passeurs thermiques

56:57
Présentateur

peuvent être loués en touristique. C'est-à-dire qu'on peut, FG, on ne peut pas louer à une famille, mais on peut louer à un touriste américain. Exactement. Ça ne durera pas.

57:03
Invité

Alors, effectivement, c'est un peu vu comme une faille de la loi, c'est un peu une faille, mais c'est vrai que si vous avez une passeur thermique, vous pouvez la mettre en touristique. Il n'y a pas non plus l'encadrement des loyers. Donc, c'est vrai que le touristique, bon, c'est connu maintenant ce sujet et j'imagine que ça va finir par être corrigé. Et à cause des géos, on diffère. Voilà, exactement. Mais voilà, donc il y a eu une érosion lente et puis, l'année dernière, à partir du moment où il y a eu cette crise de l'accès à la propriété, et ça, on l'a vu sur PAP, subitement, moins 20% de logements.

parce que les propriétaires sur le DPE, ce qu'on observe, c'est quand même qu'ils sont plutôt attentistes. Il y a quand même une confusion. Donc, avant de tout bazarder, ils attendent de voir si tout ça ne va pas être remodelé. Donc, on n'est pas encore sur des propriétaires qui sortent leur bien du parc locatif.

57:51
Présentateur

Robin Rivaton, vous nous disiez en début d'émission, on n'est qu'au début de cette crise. Ça veut dire que la galère que vivent les étudiants, cette galère de logement, elle va malheureusement les poursuivre toute leur vie avec à la clé du ressentiment. Je ne sais pas si ce sondage est toujours d'actualité, mais on dit que 75% des Français rêvent de devenir propriétaires d'une maison avec jardin.

58:08
Invité

Toujours le même chiffre depuis le premier sondage dans la matière qui a été fait par l'INED en 1947 et donné 75% des Français veulent avoir une résidence individuelle. Oui, c'est sûr que ça va créer un ressentiment qui est fort. Alors, il faut passer au-delà de la période des JO. Il est normal que pour un événement de cette taille, il y ait une concurrence des publics. Et quand vous, nous tous autour de la table, nous voyageons à l'étranger, on est prêt à payer beaucoup plus cher la nuit du logement que quand on vit sur la ville. C'est comme ça. Donc, cette concurrence, elle existe.

Sur la réglementation, il faut savoir que la France a la réglementation des congés et en faveur des locataires la plus forte du monde aussi quand même. Donc, il ne faut pas non plus tout jeter le bébé avec l'eau du bain. Dans beaucoup de pays, le congé peut être donné au mois le mois, la semaine la semaine. En France,

58:53
Présentateur

on défend le locataire.

58:54
Invité

Je ne dis pas que c'est bien. Moi, je suis plutôt favorable dans l'école française, mais il faut aussi qu'on soit conscient qu'on est quand même protecteur. Et le dernier point, c'est que la colère des jeunes sur le sujet du logement va croissante. Et comme je le disais, c'est saisi de plus en plus par les partis populistes à travers le monde pour en faire un facteur de leur campagne et surtout de leur succès vis-à-vis des jeunes. Aujourd'hui, beaucoup de partis populistes ont des scores absolument gigantesques chez les moins de 35 ans. C'est connu, c'est documenté, à commencer par ce qui se passe en France.

Et ils utilisent de plus en plus ce sujet du logement pour en faire un axe de campagne et pour collecter encore plus ce vote-là. Les partis populistes, les partis conservateurs aussi, c'était le cas au Canada où le parti conservateur...

59:32
Présentateur

C'est-à-dire que l'immigré, l'immigré non-immigré parce qu'il n'y a plus de place, il n'y a plus de logement. Oui, mais pas que.

59:37
Invité

C'est aussi, il faut construire plus de logements au-delà du sujet de l'immigration. Parfois, il est délié, mais ils ont des sujets des politiques pro-logement. C'est le cas au Canada où le parti conservateur, qui n'est pas un parti populiste, qui est un parti conservateur, avait totalement perdu le vote des jeunes. Et depuis maintenant 5 ans, ils se sont mis à fond sur le sujet du logement et le ressentiment que vous décriviez va devenir un axe politique. C'est le cas dans beaucoup de... Au Portugal, par exemple, le dernier parti d'extrême droite qui a fait des scores très forts a fait du logement son sujet de prédilection. Au Pays-Bas, ça a été le cas.

Et en France, je ne serais pas extenu que ce soit le cas prochainement. Allez, tout de suite, on revient à vos questions.

1:00:19
Présentateur

Alors, un propriétaire parisien doit-il s'acquitter d'une taxe s'il met sa résidence principale en location sur Airbnb ? On a beaucoup dit qu'on était moins taxé, que la fiscalité était plus favorable au logement Airbnb.

1:00:32
Invité

Alors, il doit déclarer, déjà. Il doit montrer pâte blanche. Il doit y avoir une transparence, un numéro d'inscription, etc. Les sites doivent le faire figurer sous peine d'amende. La fiscalité, alors là, c'est une saga. Elle est de loin plus favorable aujourd'hui. Corinne Jolie le rappelait. On a intérêt aujourd'hui à basculer d'une location longue. On est moins taxé

1:00:57
Présentateur

si on le loue à des Américains

1:00:59
Invité

plutôt qu'à une famille française. Très nettement, l'allocation meublé de courte durée est fiscalement avantagée. Donc, le Parlement a souhaité aligner sur l'allocation de longue durée, meublé ou vide, le régime fiscal. Ça a été fait. Le gouvernement, qui avait envie de repousser, notamment à cause des JO, pour être tout à fait clair, c'est en tout cas ma lecture, s'est fait prendre de court. Et le texte est passé. Le gouvernement est en train de dire qu'on n'appliquera pas cet alignement en 2024 et uniquement en 2025. Et donc, tout ça est sujet à procédure. Aujourd'hui, on en est là.

Mais clairement, vers l'alignement, quand on aura passé les JO, c'est un épisode particulier, Romain a raison. On va aussi rendre obligatoire la rénovation énergétique pour ce logement et c'est la moindre des choses.

1:01:43
Présentateur

Corinne Jolie, il y a 70 ans, nous avons renoncé avec mon épouse à investir dans des appartements en province et nous avons préféré deux livrets A et des livrets A et des livrets DLDDS. Est-ce que finalement, aujourd'hui, beaucoup de Français renoncent à investir dans la pierre en disant le jeu n'en vaut plus la chandelle, il y a trop de taxes, trop de contraintes et finalement, le livret A, il n'y a rien de mieux. Il n'y a plus d'aide pinelle par exemple.

1:02:09
Invité

Alors, dans le neuf, il y a un vrai sujet et dans le neuf, il y a effectivement beaucoup moins d'investisseurs puisque les dispositifs de défiscalisation et les aides sont en train de disparaître. Donc, le neuf, il y a vraiment une baisse des investisseurs. Je nuancerai quand même vraiment la situation pour l'ancien qui se porte quand même mieux que le neuf et notamment parce qu'il y a tout ce marché d'achat-revente, c'est-à-dire des propriétaires qui revendent, qui rachètent un autre bien ou des propriétaires qui ont déjà un certain patrimoine qui continuent de le faire grossir. Ceux qui allument

1:02:38
Présentateur

le marché immobilier, ce sont des gens qui sont déjà dans la boucle.

1:02:41
Invité

Oui, c'est ça, c'est des gens qui sont déjà dans la boucle et il y a quand même l'idée, il y a la transmission aux enfants qui joue quand même. Souvent, il y a ça, il y a la constitution de SCI familiale pour transmettre une partie du patrimoine aux enfants et c'est quand même une part significative du marché. Je voudrais quand même donner ce chiffre l'année dernière, malgré tout ce qu'on vient d'évoquer, il y a 875 000 ventes, ça c'est les chiffres des notaires, c'est en fait la moyenne des 20 dernières années donc le marché de l'ancien, il continue quand même d'y avoir de l'achat-revente.

C'est-à-dire qu'autant c'est très difficile pour les primo-accédants, autant un ensemble, enfin ceux qui sont déjà propriétaires, continuent quand même d'avoir une certaine activité et certains patrimoines continuent de se constituer. La question de la succession est quand même importante et l'immobilier reste dans les patrimoines privilégiés.

1:03:25
Présentateur

Peut-on bénéficier de MaPrimeRénov' pour des travaux dans sa résidence secondaire ?

1:03:31
Invité

Alors, ça fait un peu ça dans l'immobilier là ? Aujourd'hui, ça concerne la résidence principale de celui qui la détient ou d'un locataire. Un mot d'ailleurs sur MaPrimeRénov', on parlait tout à l'heure de tout ce qui bouge, il faut reconnaître que c'est un peu du tâtonnement expérimental. Parce qu'alors on disait

1:03:50
Présentateur

maintenant c'est plus un geste, il faut qu'il y ait plusieurs gestes. Alors on revient.

1:03:53
Invité

Et puis alors on est revenu à l'ancien système. On est revenu par réalisme, simplement c'est vrai que ça bouge tout le temps et c'est la grande cause de la baisse. Il y a eu 100 000 rénovations énergétiques de moins l'an dernier parce que cette instabilité, l'inflation aussi bien sûr, mais cette instabilité trouble les ménages. Alors, ce qui est choisi pour 2024-2025, c'est de permettre de nouveau du monogeste, du monogeste efficace et bien sûr on continuera à privilégier et à aider plus puissamment les travaux de rénovation globale. mais il faut stabiliser la règle du jeu, ça c'est un fait.

1:04:28
Présentateur

Martine, pendant des années, on a ignoré les problèmes d'impayés, de dégradations, de squats. Le DPE n'a-t-il pas été la goutte de trop pour les propriétaires ? Robin, y va-t-on ?

1:04:37
Invité

En tout cas, il a été beaucoup trop ambitieux et c'est bien un moment de se conformer à plus de réalisme.

1:04:42
Présentateur

Phil dans l'Essonne, on n'entend plus parler des marchands de sommeil. Ont-ils disparu ? Sandra Wabian ?

1:04:46
Invité

Non, ils n'ont pas du tout disparu. Il y a d'ailleurs de plus en plus de problèmes de mal logement. Donc non, non, ça n'a pas du tout disparu.

1:04:52
Présentateur

La fondation AP Pierre s'en fait...

1:04:54
Invité

Encore tirer la sonnette d'alarme en parlant de bombes sociales qui explosaient. Donc non, il y a encore beaucoup de marchands de sommeil et il y a un déficit notamment de logement social. En fait, il y a 2,6 millions de personnes qui attendent un logement social en France.

1:05:08
Présentateur

Eh bien, merci beaucoup de nous avoir éclairé sur cette crise immobilière dont malheureusement nous ne serions qu'au début. Vous restez sur France 5 à suivre C'est l'hebdo et puis lundi, un nouveau C'est dans l'air avec Caroline Roux. Bon week-end sur France 5.

Immobilier : la chute... jusqu'à quand ? - #cdanslair du 16.03.2024 · Pourquijevote