Trump : désinformation ou fascination pour Poutine ? - C à Vous l’intégrale -19/02/2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:00OuverteRéponse directe
Comment qualifier le moment historique qu'on est en train de vivre?
- 15:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on est sûrs que c'est par idéologie, par fascination pour Poutine ou simplement par pragmatisme?
- 25:00OuverteRéponse directe
La contrôleur des lieux de privation de liberté recommande l'utilisation des téléphones portables en prison. Le ministre de la Justice lui a répondu. Une réflexion qui divise, voire qui choque.
- 35:00OuverteRéponse directe
3 orphelins français nés de parents djihadistes ont été rapatriés de Syrie lundi. Pourquoi maintenant?
- 45:00OuverteRéponse directe
Vous avez eu 15 jours compliqués avant d'accepter la présidence des JO 2030?
- 55:00OuverteRéponse directe
R.Ferrand nommé président du Conseil constitutionnel à une voix près. Manipulation politique?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:30N.TenzerFait
« L'Alliance atlantique est véritablement morte. »
- 17:30N.TenzerFait
« Ca s'appelle du vol, de l'extorsion. »
- 22:30M.DuclosFait
« Il y a eu des rapatriements avant celui-ci. »
- 32:30E.GrospironFait
« Si tu n'as pas peur, c'est que ton projet n'est pas assez ambitieux. »
- 37:30L.SénéchalFait
« 3 hommes sont en garde à vue. Ils ont autour de 60, 70 et 94 ans et sont soupçonnés de viols et d'agressions sexuelles sur des élèves dans ce lycée catholique de Pau. »
- 42:30L.SénéchalFait
« Un rapport qui ne tient pas la route, actuellement. »
- 47:30L.SénéchalChiffre
« 39 parlementaires ont voté pour sa nomination, 58 contre. »
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... - P.Cohen: Bonsoir.
Bienvenue. Nous sommes sans Anne-Elisabeth, légèrement souffrante, qu'on embrasse et qu'on espère retrouver demain en pleine forme. Nous sommes en direct jusqu'à 21h pour toute l'actualité de ce mercredi avec Mohamed, Lorrain, Pierre et Emilie.
Bonsoir. Emilie? - E.Tran Nguyen: Les Jeux d'hiver 2030 en France seront positifs et rock à l'image de leur président, l'ancien champion olympique de ski à bosses, E.Grospiron. - P.Cohen: Il sera avec nous sur ce plateau.
Mohamed? - M.Bouhafsi: La contrôleur des lieux de privation de liberté recommande l'utilisation des téléphones portables en prison.
Le ministre de la Justice lui a répondu. Une réflexion qui divise, voire qui choque. - P.Cohen: On parlera aussi de la situation internationale avec l'Ukraine.
Le président V.Zelensky se fait accabler d'invectives par Trump dans une sorte de renversement d'alliances. Tout d'un coup, le principal soutien de l'agressé prend le parti de l'agresseur.
On en parle avec M.Duclos, ancien ambassadeur, conseiller spécial géopolitique et diplomatie à l'Institut Montaigne, et N.Tenzer, géopolitologue et enseignant à Sciences Po.
L.Sénéchal? - L.Sénéchal: Les violences sexuelles à Notre-Dame de Bétharram, à Pau...
L'enquête pénale avance. 3 hommes sont en garde à vue. - P.Lescure: Mon OEil a vu pour vous un film documentaire qui sort aujourd'hui, qui raconte la vie courte et tragique, géniale et douloureuse de B.Jones, le fondateur des Stones, qui en a été chassé dès 1969 et qui est mort 2 mois après, à 27 ans, comme il se doit pour un rockeur digne de ce nom. - P.Cohen: Pour le dîner, J.Courbet, pour une émission diffusée samedi sur M6.
C.Célarié, qui incarne une tueuse en série dans une série qui s'appelle "Mémoire Vive" sur M6. Et un grand chanteur québécois, P.Lapointe, qui vient avec un nouvel album, "Chansons démodées pour tous ceux qui ont le coeur abîmé".
Le dîner est préparé ce soir par A.Ferrand, chef propriétaire du restaurant Eels à Paris 10e. - B.Chameroy: Ca va un peu loin, la promo de l'émission de J.Courbet.
Patrick, ça va bien se passer. Tu as de l'eau si tu as soif...
Et c'est la caméra en face. - A.Ferrand: On va essayer de vous faire aimer les endives.
Il y aura une sauce aux agrumes et aux noix. - P.Cohen: C'est le scénario catastrophe, le cauchemar redouté depuis des mois par les Européens.
Après 3 ans de guerre, les Etats-Unis se retournent contre l'Ukraine. D.Trump a renoué le dialogue avec Moscou.
Les 2 chefs de la diplomatie se sont rencontrés hier à Riyad. Des échanges qualifiés de cordiaux. Les invectives ont été multipliées contre le président ukrainien. ... - P.Cohen: C'était hier soir, à Mar-a-Lago, chez lui.
Depuis, sur son réseau social, il a qualifié Zelensky de dictateur. Au passage, 4 % de popularité, c'est faux. "D.Trump vit dans un espace de désinformation", a dit V.Zelensky.
En réalité, il reprend tout l'argumentaire russe. Il dit que l'Ukraine n'aurait pas dû commencer la guerre. S.Lavrov s'est réjoui de cette nouvelle position américaine. ... - P.Cohen: Comment qualifier le moment historique qu'on est en train de vivre?
Un retournement d'alliances, un bouleversement de valeurs où l'agresseur est choyé, et l'agressé, accusé d'avoir voulu la guerre? - M.Duclos: Je crois que c'est ce que vous dites très justement.
L'impression que ça donne, c'est que Trump est complètement sous l'influence russe. Il adopte le narratif russe. On peut se dire que c'est le président des Etats-Unis, mais il a des collaborateurs et des ministres...
Il y a eu cette conférence à Munich sur la sécurité, où se trouvaient le vice-président J.D.Vance, le ministre M.Rubio, d'autres officiers américains, qui ont tenu en public les propos que vous savez...
En privé, ils disaient: "Ce n'est pas nous qui décidons, c'est Trump." En fond de tableau de ce retournement d'alliances, il y a ce phénomène fondamental...
Les Etats-Unis étaient un pays depuis 2 siècles qui avait un équilibre, des contre-pouvoirs...
Aujourd'hui, ce n'est plus tout à fait le cas. - N.Tenzer: J'abonde dans le sens de M.Duclos.
Pour la première fois, on voit les Etats-Unis qui, non seulement s'abstiennent d'agir...
C'était arrivé déjà avec l'absence de réaction après les attaques chimiques, contre la Ghouta, où F.Hollande était prêt à intervenir...
On l'a vu également en 2005 lors du siège d'Alep...
On l'a vu en 2014 et en 2022, où les Etats-Unis d'Obama étaient absents...
En 2022, ils ont aidé l'Ukraine, mais trop faiblement par rapport à l'enjeu. Là, les Etats-Unis jouent contre nous. L'Alliance atlantique est véritablement morte.
C'est un constat de décès. A partir du moment où des Etats-Unis ne sont plus là, mais jouent contre leurs alliés européens, ils deviennent en quelque sorte des ennemis. C'est quelque chose que personne n'avait prévu.
Même si on redoutait tous une politique incohérente de Trump...
On savait qu'il y avait quand même ces éléments de collusion très anciens avec la Russie pour des raisons d'affaires. Tout ceci était bien documenté. Mais là, il va complètement jusqu'au bout.
Il va jusqu'au bout de l'alliance avec la Russie. C'est ça qui est extraordinaire. Je pense qu'il ira exactement dans le même sens avec la Chine.
On voit des déclarations de Trump où il dit que finalement, Xi Jinping, c'est un grand leader, un homme merveilleux...
Il dit des choses extrêmement élogieuses sur lui. - P.Cohen: Pour l'instant, la Chine ne fait pas du tout partie du tableau. - N.Tenzer: Pour l'instant.
Mais je pense que Trump, par idéologie, est du côté des dictatures. Le droit international n'importe pas à ses yeux. Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes non plus.
Il n'y a pas de différence entre les criminels et les victimes, l'agresseur et l'agressé. On est dans un monde où tout devient relatif, sens dessus dessous. - P.Cohen: Est-ce qu'on est sûrs que c'est par idéologie, par fascination pour Poutine ou simplement par pragmatisme?
Trump a promis pendant sa campagne de se débarrasser du problème ukrainien en 24 heures, puis en un mois, et il se rend compte, finalement, que la meilleure façon, peut-être la plus rapide de se débarrasser de ce fardeau, c'est de céder à la Russie. Est-ce qu'il n'y a pas simplement ce côté basique? Comment voyez-vous le moteur de Trump dans cette histoire? - M.Duclos: Ca reste mystérieux.
On ne sait pas si c'est par attirance personnelle pour les hommes forts...
Il y a certainement cet élément de psychologie très fort chez lui. Il est normal d'avoir sa sphère d'influence. "Moi, Trump, je veux le Canada et d'autres lieux.
C'est normal que Poutine ait besoin de sa sphère d'influence dans l'ancienne zone soviétique." Ca existe certainement chez Trump. C'est un 2e facteur aggravant.
Sur le facteur chinois, je n'ai pas les idées très claires. De temps en temps, ces épigones, le général Kellogg... - P.Cohen: L'envoyé spécial de Trump auprès de l'Ukraine... - M.Duclos: Et justifier un peu le retournement que nous avons les uns et les autres évoqué, en disant qu'il faut détacher la Russie de la Chine.
Permettez-moi encore une anecdote personnelle...
Quand le président Macron avait reçu Poutine à Brégançon, quelques semaines plus tard, il y avait eu le Forum de Paris pour la paix. J'avais vu Lavrov, que je connais depuis la fin des années 80. Il m'avait dit que c'était formidable, ce que faisait mon président, qu'ils étaient complètement ravi, mais il avait dit qu'il ne fallait pas qu'il se fasse d'illusions.
Il avait dit qu'il n'arrivait pas à les séparer de la Chine. Pour l'instant, c'est plutôt un prétexte, mais là, ils vont devant de graves désillusions. Ce qui est quand même un des paradoxes étonnants de cette situation, c'est que si, vraiment, ils prennent au sérieux la menace chinoise, s'ils considèrent que la Russie est pour l'instant toujours l'alliée de la Chine, ce serait pas idiot de leur part d'avoir aussi des alliés.
La façon dont ils traitent les Européens et d'autres fait qu'ils sont en train de s'isoler complètement face à ce qui est vu par eux comme la menace chinoise. - P.Cohen: Il y a la dimension businessman de Trump, avec la révélation il y a 2 jours du contrat que l'administration américaine a proposé à l'Ukraine de Zelensky en vue de se faire rembourser tout ou partie, et même au-delà, des sommes dépensées par les Etats-Unis pour la défense de l'Ukraine.
Un contrat de 500 milliards de dollars. En contrepartie, l'Amérique aurait acquis les droits exclusifs à perpétuité sur les ressources minières, gazières, pétrolières, minérales de l'Ukraine. Un contrat que Zelensky a refusé. - N.Tenzer: Ca s'appelle du vol, de l'extorsion.
C'est vraiment une politique non pas transactionnelle, mais prédatrice. Je ne suis même pas sûr que ce soit si important aux yeux de Trump. Il est obligé, en quelque sorte, de jouer ce jeu complètement répugnant...
Mais je pense que les dimensions vraiment d'alliance des dictatures, d'absence de respect du droit, l'emportent malgré tout...
C'est aussi paradoxal avec ces histoires de terres rares...
La plupart de ces terres rares sont situées dans le Donbass, occupé très largement par la Russie. C'est aussi un élément assez extraordinaire. Aujourd'hui, même le président Zelensky, malheureusement, n'a pas accès à ces ressources.
Tout ceci est complètement incohérent. Le vrai sujet, c'est que devant cette menace, tout repose aujourd'hui sur l'Europe. Il va falloir que l'Europe, non seulement remplace les Etats-Unis en termes de puissance militaire, et c'est quelque chose d'urgent...
Je serais chef d'Etat ou de gouvernement d'un pays européen, je déclarerais que nous passons en économie de guerre immédiatement. Ce n'est pas uniquement augmenter un tout petit peu et de manière progressive... - P.Cohen: C'est quel pourcentage de PIB pour les dépenses militaires? - N.Tenzer: Ca veut dire passer à 4 %...
On est à 2 en France, 2,2 au Royaume-Uni et en dessous de 2 en Allemagne, en Italie et en Espagne. La Pologne va passer à 5, les pays baltes aussi. Mais ça veut dire aussi des réquisitions d'entreprises, transformer des entreprises civiles qui travaillent pour produire des biens de consommation quelconques, en entreprises militaires.
Regardez ce que les Etats-Unis ont fait après 1941. - P.Cohen: J'ai l'impression qu'on a parlé de ça il y a 3 ans déjà. - N.Tenzer: Sur l'économie de guerre, rappelez-vous du discours d'E.Macron en juin 2022.
Il disait qu'il faudrait que les pays de l'UE passent en économie de guerre. C'était déjà sur la table. Nous, Européens, n'avons absolument rien fait, mais il y a vraiment une urgence.
Si, aujourd'hui, l'Ukraine tombe par la volonté de Trump, qu'on n'aide pas suffisamment, nous sommes les prochains sur la liste. Dans les zones occupées par la Russie, vous avez des enfants déportés, des exécutions forcées, des viols de masse...
C'est aussi ça, la réalité de l'occupation russe. Il y a une crédibilité et une légitimité de l'Europe et sa sécurité. Il y a une urgence absolue et ça suppose d'expliquer cela aussi aux populations de l'Europe.
Si on ne leur explique pas, si on dit, comme ça a été dit encore il y a 3 mois, que nous ne sommes pas en guerre avec la Russie, nous ne convaincrons personne. - E.Tran Nguyen: Ce nouvel ordre mondial dont vous parlez, c'est aussi ce que pense J.-Y.Le Drian. - J.-Y.Le Drian: Tout se présente comme si nous étions dans une espèce de renversement d'alliances.
Depuis que le président Trump est arrivé aux responsabilités, toutes les piques qui ont été envoyées s'adressent uniquement aux amis historiques des Etats-Unis. Aujourd'hui, quand on lit les journaux, on s'aperçoit qu'il y a un accord complet entre le président Trump et Poutine, ce qui fait qu'on est en train d'assister à la reconstitution de grandes zones d'influence dans le monde. Le président Trump considère que la partie américaine, c'est chez lui, et de l'autre côté, les Russes, "faites ce que vous voulez dans votre zone". - E.Tran Nguyen: Il se demandait à qui le tour, J.-Y.Le Drian.
C'est ça, la question qu'on doit se poser? Il ne va pas s'arrêter à l'Ukraine? - M.Duclos: Il faut garder son sang-froid.
Il faut essayer de voir ce qui peut se passer, quel scénario. Il y en a un qu'on a tous en tête, c'est que Trump lâche tout et que, tant que c'est à Riyad, ses conseillers et ses ministres essaient de corriger le tir ou de servir de matelas...
Mais quand il sera en tête-à-tête avec Poutine, il peut très bien dire "oui" à tout. - P.Cohen: Ce qui est arrivé lors du coup de fil qu'il a passé avec Poutine la semaine dernière, apparemment.
Sur les principes, il lâchait tout, sur l'Ukraine. - M.Duclos: Ca reste des principes, pour l'instant.
Là, si Poutine obtient de lui qu'il cesse toute aide à l'Ukraine, qu'il oblige Zelensky à faire des élections, etc., il lâche tout....
C'est un scénario qui n'est pas complètement exclu et qui placera Zelensky et par conséquent les Européens dans une situation très difficile. On peut imaginer un autre scénario...
Malgré tout, quelqu'un réussit à convaincre Trump qu'il ne faut pas tout lâcher tout de suite... - E.Tran Nguyen: Qui? - M.Duclos: B.Johnson ou je ne sais qui...
Il faut imaginer des personnalités qui ont un accès auprès de lui. - P.Cohen: Johnson, c'est une piste. - M.Duclos: Je pense à lui, mais il y en a certainement d'autres...
Des hommes d'affaires, plutôt...
Il faut plutôt regarder dans le top 10 des milliardaires, je pense. Là, la négociation se prolonge...
Je ne doute pas que Poutine, qui est un ancien profiler du KGB, saura lui donner des satisfactions d'ego. Il faut se souvenir aussi de ce qui s'est passé pendant Trump 1. Le péché mignon de Poutine, c'est qu'il peut en vouloir encore plus.
A un moment donné, ça peut dérailler. Là, il y a plusieurs sous-scénarios. Ou bien, comme ça s'est passé pour la Corée du Nord, il se désintéresse du dossier et passe à autre chose...
Ce ne serait pas très différent du 1er scénario. On se retrouverait quand même en 1re ligne. Une autre hypothèse, la plus audacieuse, c'est que, sous l'influence de je ne sais qui, il décide d'en ajouter dans les sanctions et dans l'aide à l'Ukraine. - P.Cohen: Ah bon? - M.Duclos: C'est là où il faut savoir Le manipuler pour lui faire comprendre qu'il ne peut pas capituler.
Il devra donc établir un rapport de force avec la Russie. Mais ça, c'est un sous-scénario extrêmement optimiste. - P.Cohen: Je ne sais pas si les électeurs américains ont de la mémoire.
Pendant la campagne, K.Harris répétait contre Trump que la volonté de Trump, c'était la capitulation de l'Ukraine. Il disait que non.
Et là... - M.Duclos: On a cité un cas récent il y a 48 heures ou 3 jours, une déclaration de Bolton...
Ce n'est pas un sénateur, pas une puissance dans la politique, mais quelqu'un qui était son conseiller, qui a été influent auprès de lui... - P.Cohen: Avant de le dénigrer et de l'avoir lâché spectaculairement. - M.Duclos: Bolton a utilisé le mot "capitulation".
Le lendemain, Trump avait un peu rectifié le tir. Il faut malheureusement faire comme le KGB. Il faut étudier très bien cette personnalité et les leviers, les vulnérabilités et les faiblesses qu'on peut utiliser pour essayer de l'orienter ou tout au moins de limiter les dégâts. - N.Tenzer: Je pense que ce scénario...
J'aimerais bien qu'il s'avère, mais je crains qu'on ne le voie jamais. En termes strictement rationnels, je pense qu'il y aurait tous les arguments pour convaincre Trump, y compris par rapport à sa personnalité viriliste, masculiniste, l'homme fort...
Ce dont il joue...
Il serait normal de le convaincre que s'il cède par rapport à Poutine, il apparaîtra comme l'homme faible, l'homme qui a détruit l'Amérique. Mais cet argument, j'ai l'impression qu'il ne marche pas. Je pense qu'il rentrera complètement dans le jeu de Poutine.
Je pense que c'est la loi de la plus grande pente et qu'il abandonnera toutes les sanctions. A partir de là, il va permettre à la Russie de se réarmer, de reprendre des forces en termes économiques...
L'économie russe est quand même dans un sale état. Dans 3 ou 5 ans, on aura un Poutine qui aura reconstitué son armée, en partie son économie, et qui aura encore plus de moyens de continuer son opération de destruction de l'Ukraine et d'attaque des pays européens. Mais quel que soit le scénario, je pense que nous devons nous préparer.
On aurait déjà dû commencer à le faire depuis assez longtemps. - P.Cohen: 2 livres d'actualité.
C'est l'heure de la Story de M.Bouhafsi. - G.Darmanin: Il y a aujourd'hui des détenus qui ont des téléphones portables et qui, pour une partie d'entre eux, continuent leur trafic.
Je vais demander à l'administration pénitentiaire de nettoyer au sens compréhensif du terme le fait que les personnes n'ont pas à avoir de téléphones portables dans les prisons. - On n'arrivera pas à débarrasser les cellules de tous les portables. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'une recommandation qui divise et choque certains.
Alors qu'en décembre dernier, G.Darmanin a annoncé sa volonté de nettoyer les prisons des téléphones portables, aujourd'hui, D.Simonnot vient contredire le ministre de la Justice. - Le but de la prison, c'est certes de punir.
On est tous d'accord. Mais c'est aussi qu'ils réapprennent à vivre en société. C'est pour ça qu'on prend un accès à Internet, aux portables, rien que pour faire les démarches que vous aurez à faire quand vous sortirez.
L'immense majorité des détenus se servent de portables pour appeler leurs proches. Ce serait légal, donc encadré. - M.Bouhafsi: Dans la foulée de cet avis, le ministre de la Justice lui a répondu.
S'il concède qu'il faut améliorer l'accès au téléphone filaire dans la prison, il rejette la proposition de légaliser les téléphones portables. - Quand on appelle un détenu, c'est 8 centimes en appel fixe et 18 en téléphone portable. Ca encourage à laisser entrer un téléphone portable pour que ce soit gratuit de passer des coups de fil.
Donc elle a raison de nous inviter à changer le système et je vais écouter ses conclusions. Ca ne peut pas être non plus un discours de défaite et accepter les téléphones portables partout. On peut continuer à commander des assassinats. - M.Bouhafsi: Malgré leur interdiction, les téléphones portables sont omniprésents dans toutes les prisons françaises.
Plus de 40 000 cellulaires ont été saisis dans les centres pénitentiaires en 2024. D.Simonnot explique que la bataille est perdue pour les directeurs de prison, mettant en avant des saisies prudentes et parcimonieuses pour éviter l'embrasement.
L'ancien directeur de la prison de Fleury-Mérogis est contre la proposition de la contrôleur des lieux de privation. Selon lui, il faut renforcer les contrôles dans les prisons françaises. - Vous avez des téléphones qui sont très difficiles à détecter à travers les portiques actuels.
Ca peut rentrer par les parloirs, également par des projections, notamment avec des drones. Il faut mettre en place des systèmes antidrones. Il faut installer des nouveaux brouilleurs.
Malheureusement, quelquefois, vous avez des détenus qui tentent de corrompre des personnels ou des agents. Il faut renforcer l'accès des détenus au téléphone en équipant les cellules de téléphones filaires. - M.Bouhafsi: Aujourd'hui en France, des dizaines de milliers de prisonniers disposent d'un smartphone.
Quelques centaines disposent d'un compte TikTok. En juillet dernier, un prisonnier a été condamné à 10 mois de prison ferme après avoir ouvert un compte TikTok. Il avait 64 000 abonnés.
Certains reçoivent même des dons de followers. D.Simonnot estime que les téléphones peuvent également être un moyen de favoriser la réinsertion.
Si la plupart des vidéos de prisonniers sur les réseaux sociaux servent à illustrer leur quotidien et exaspèrent légitimement les surveillants, un ancien détenu a pu, grâce à des recettes de cuisine, trouver un travail chez un célèbre pâtissier après avoir purgé sa peine. - Quand je postais des vidéos de cuisine, c'était un moyen pour moi de transmettre des idées à mes codétenus. Je me suis fixé un objectif, c'est que quand je sors, il faut que je fasse quelque chose de ma vie.
Au début, je visais juste à augmenter mes abonnés. Avec le temps, ma passion pour la pâtisserie est apparue. C'est important d'avoir un but pour la réinsertion.
Sinon, on reste dans une routine. Ca tue à petit feu. - M.Bouhafsi: Pour autant, D.Simonnot ne propose pas de faciliter l'accès au téléphone portable pour tous les détenus.
Elle veut exclure les narcotrafiquants et renforcer l'écoute de toutes les lignes. Un système de surveillance difficile à mettre en place. - On ne pourra pas contrôler toutes les conversations en prison.
On n'a pas le personnel adéquat pour le faire. On ne peut pas avoir 50 000 casques sur la tête. Les détenus vont téléphoner à toutes les heures.
Ce n'est pas avec une équipe restreinte qu'on va pouvoir les contrôler la nuit. - M.Bouhafsi: La classe politique a réagi toute la journée.
Elle est divisée. - C'est peu réaliste de penser qu'on peut interdire le portable en prison. - J'entends l'argument facile de dire qu'il faut encadrer ce qui est déjà là.
Pardon, mais il aurait fallu appliquer la loi, à un moment donné. Il faut un choc d'autorité dans les prisons. - Soit on laisse l'illégalité se faire sans chercher à l'encadrer, soit on considère qu'il faut garder un contact avec ses proches, mais il faut le faire de façon contrôlée. - La prison est un lieu de privation de liberté.
Il n'y a pas de raison pour qu'on puisse continuer de jouir de toute la liberté qu'on pourrait avoir à l'extérieur. - M.Bouhafsi: La France dispose de seulement 210 brouilleurs mobiles dans les prisons. - P.Lescure: Ils ont 6, 11 et 12 ans. 3 orphelins français nés de parents djihadistes ont été rapatriés de Syrie lundi.
Leurs parents sont morts en 2019, dans le nord-est de la Syrie. Depuis, ils ont été placés dans un orphelinat. La France a attendu la chute du régime de B.Al-Assad pour travailler à leur rapatriement.
Malgré l'absence de relations diplomatiques avec l'ancien régime syrien, il était impossible d'imaginer que ce rapatriement des orphelins ait pu être discuté avant? - M.Duclos: Il y a eu des rapatriements avant celui-ci.
Cette région n'était pas contrôlée par le pouvoir central. Elle était sous contrôle des Kurdes, les alliés. C'est un choix politique qui a été fait par la France, au moins jusqu'aux dernières élections présidentielles, de ne rapatrier personne.
A partir des élections présidentielles, on a commencé à rapatrier des enfants. Je ne peux pas porter de jugement politique. C'est un choix fait par nos gouvernements, nos autorités, qui ont dû estimer qu'absorber des djihadistes était trop dangereux, que même les enfants présentaient un risque.
Dans ma conscience personnelle, pas en tant qu'ancien ambassadeur, je trouve que ce n'était pas bien. On aurait dû rapatrier le plus tôt possible, le plus d'enfants possible. - P.Lescure: 3 orphelins de 6, 11 et 12 ans. - P.Cohen: Son truc, c'est les bosses, qu'il dévalait plus vite que tout le monde.
Il a été sacré champion à Albertville. Il s'apprête maintenant à affronter un long champ de bosses, qui va durer 5 ans, jusqu'aux JO d'hiver 2030 dans les Alpes, dont il a été nommé président du comité d'organisation. Il prévient qu'il a les genoux et la niaque comme à 20 ans. - E.Grospiron: C'était très difficile de faire autrement.
Ca correspond à ma personnalité. C'est un spectacle avant d'être un sport. C'est super. ... - La vie correspond à quoi, pour vous? - Ski, sexe and rock'n'roll! - P.Cohen: Ski, sexe et rock'n'roll, c'est toujours votre devise?
Bonsoir, président Grospiron. - E.Grospiron: C'était une devise de skieur.
Maintenant, je suis président. Glace, neige et rock'n'roll... - P.Cohen: Merci de votre présence au lendemain de votre nomination officielle, dont il n'était pas question il y a encore 15 jours.
Vous avez eu 15 jours compliqués avant d'accepter? - E.Grospiron: J'ai eu 8 jours compliqués.
Je suis passé par tous les états. J'avais une vie qui se déroulait très bien, une femme, des enfants, une vie heureuse...
Tout ça a été balayé. - P.Cohen: Quel était votre travail? - E.Grospiron: Je donnais des conférences pour des entreprises, pour motiver leurs équipes.
Un travail très sympa, valorisant. Tout ça a été balayé par cette lame de fond. "Est-ce que ça t'intéresse de prendre la présidence?" voilà ce que m'a dit le président du comité olympique français.
Au début, j'ai eu peur que tout soit emporté par cette vague. Avec mon épouse, on a beaucoup échangé. On s'est dit que c'était une formidable opportunité.
C'est un défi dingue. Pour que ce soit une belle aventure, il fallait le vivre ensemble. Je n'ai pas pris la position sans elle, ni contre elle mais avec elle.
On va en faire une belle aventure. C'est un projet ambitieux. - P.Cohen: C'est très ambitieux.
Il va falloir essayer de superposer l'image du président bâtisseur, sérieux, qui construit, avec le type, le champion déjanté, bariolé, adepte des boîtes de nuit comme des pistes de ski. C'est une image que vous avez cultivée. On se souvient de ce champion, cette image-là quand vous étiez en haut de l'affiche.
Vous l'aviez fait exprès? - E.Grospiron: J'ai un peu évolué. - P.Cohen: C'était pour les adversaires? - E.Grospiron: Oui.
J'ai toujours été sérieux dans mon travail. Je ne me suis pas trop pris au sérieux. Je considère qu'on fait un sport.
On ne sauve pas des vies, non plus. On a la chance de donner du bonheur. Ce qu'on a vécu avec les Jeux de Paris, c'était ça.
On a vécu des émotions incroyables, hyper positives. Avec l'organisation des JO 2030, c'est l'occasion parfaite de fermer la parenthèse. - P.Cohen: L'idée, c'est de faire aussi bien que T.Estanguet et les JO de Paris.
Mais lui, il y a passé 10 ans. Vous, vous avez 2 fois moins de temps. - E.Grospiron: Un challenge 2 fois plus élevé. - P.Cohen: Et avec le plus petit budget de l'histoire, 2 milliards. - E.Grospiron: On prône la sobriété.
Je suis né à une époque où on disait...
Je voyais ça à la télé... "En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées." Il va falloir qu'on retrouve un peu d'idées, de génie français pour avoir de grandes ambitions avec un petit budget. - P.Cohen: Est-ce que vous allez vous appuyer sur l'héritage d'Albertville? - E.Grospiron: Bien sûr, mais aussi et surtout celui de Paris.
Celui-là est très proche, tangible. Plein de gens veulent apporter leur contribution. Les gens qui ont oeuvré au succès de Paris vont nous être très précieux. - P.Cohen: Il y a les infrastructures, aussi. - E.Grospiron: L'héritage des Jeux de 2030 ne sera pas comme Albertville, où ça a été un héritage d'infrastructures très important, qui ont permis à la Savoie de devenir la 1re destination au monde des sports d'hiver.
L'héritage des Jeux de 2030 sera sans doute très différent. On n'est pas sur cette logique d'infrastructure, on n'est pas sur une logique de construire des routes, des autoroutes, des gares et des aéroports. On a déjà beaucoup de choses.
On est dans une autre logique. On est sur un héritage moins tangible. Ce qui m'importe, c'est de faire en sorte qu'en France, on ne voie pas les difficultés comme des obstacles infranchissables, mais au contraire comme des opportunités qui peuvent nous permettre de relever de beaux défis.
Le défi est grand, la victoire est plus belle derrière. - P.Cohen: Vous avez commencé à gamberger sur votre cérémonie d'ouverture? - E.Grospiron: Je n'ai pas eu le temps...
Si, en fait, si... - P.Cohen: Le lieu, le ou la maître d'oeuvre...
Votre T.Jolly, votre C.Dion... - E.Grospiron: Je ne suis pas rentré dans ces détails.
Ce que je me dis, c'est quel message on a envie de faire passer au monde. On a une montagne en proie à des difficultés: le réchauffement climatique, la raréfaction de la ressource en eau, notamment...
Elle se transforme. Ca a commencé depuis 2 bonnes décennies et ça va continuer après 2030. Cette montagne, qui est dans une incroyable transition, peut utiliser ces JO comme une sorte de vitrine pour montrer ce qu'elle fait, montrer qu'elle est toujours aussi agréable, accessible et attirante. - P.Cohen: En face, des gens vont vous dire que c'est le monde ancien que vous montrez, que le ski, c'est terminé. - E.Grospiron: Je le sais.
Je vois bien que beaucoup de gens s'opposent à ce modèle-là et passent énormément de temps à critiquer et montrer tous les problèmes. Je me dis que si ces gens-là passaient autant de temps à chercher des solutions, peut-être que leur vie serait plus sympa. - E.Tran Nguyen: Au-delà des critiques, quand on voit l'image des Alpes 2030 toutes blanches, on sait que... - E.Grospiron: C'est une photo qui date d'hier. - E.Tran Nguyen: Les Alpes sont moins enneigées.
Il y a des parties complètement vertes. - E.Grospiron: Il y a une différence... - E.Tran Nguyen: Se réinventer, skier sur l'herbe? - E.Grospiron: Non.
Sinon, on l'aurait déjà inventé. Ce n'est pas le sujet. On pourrait rentrer dans un débat sur l'écologie, mais ce n'est pas le sujet.
Je suis là pour présider un comité d'organisation qui doit délivrer des JO en 2030. Ces JO s'inscrivent dans quelque chose de plus grand. Ce quelque chose de plus grand, ces enjeux qui dépassent l'organisation de ces JO, il faut aussi qu'on les adresse. - E.Tran Nguyen: Il y aura de nouvelles disciplines?
On sait qu'il y en a toujours qui s'ajoutent à chaque programme. Le ski de bosses, c'était d'abord un sport de démonstration en 1988, et 5 ans plus tôt, c'était le ski-ballet. - Des danses, des figures qui ressemblent au patinage artistique...
Les juges notent les difficultés techniques, la performance générale et la chorégraphie. ... - E.Tran Nguyen: Est-ce qu'il y a déjà des idées pour de nouvelles disciplines en 2030? - E.Grospiron: Oui.
Des sports ont été identifiés, comme le ski freeride. C'est un ski qui se passe plutôt en hors-piste. Ski et snowboard, on dévale des pentes très raides...
C'est un ski très engagé, mais c'est aussi un peu l'origine du ski, le freeride. Ce qui anime les puristes, c'est d'aller en hors-piste, faire des lignes, faire des traces dans des endroits dangereux, escarpés...
Ca procure de l'adrénaline. C'est un peu ça aussi, l'essence du ski. Le fait que le freeride rentre aux Jeux, ça va être intéressant.
Il y a un circuit mondial. Les choses sont installées en la matière. Il y a le ski alpinisme, aussi, qui est une autre pratique où on va chercher à monter le plus vite possible en peaux de phoque et redescendre le plus vite possible.
C'est des courses organisées très intéressantes à regarder. - E.Tran Nguyen: Le cyclo-cross, promis par M.Barnier? - E.Grospiron: J'en ai entendu parler.
On verra...
Il faut trouver un lieu pour le faire et avoir l'accord de l'UCI, la Fédération internationale qui permet ce type de sports. - P.Cohen: Vous n'êtes pas au bout de vos problèmes! - E.Grospiron: Je ne suis pas à l'abri de trouver des solutions! - P.Cohen: On parlait du message de ces Jeux.
Le voilà: "Arrête de souffrir pour réussir!" - E.Grospiron: C'était ma vie d'avant. - P.Cohen: J'imagine que vous avez tiré des leçons pour la préparation.
Qu'est-ce qu'il y a comme leçons, là-dedans? "Quand on a un projet, il faut qu'il soit ambitieux, utopique, voire irréalisable." - E.Grospiron: Je dis souvent que si tu n'as pas peur, c'est que ton projet n'est pas assez ambitieux.
J'ai eu peur quand il a fallu décider d'y aller. Pour moi, ça a été 2 jours où j'étais angoissé, terrorisé. J'ai beaucoup réfléchi, beaucoup échangé.
J'ai exorcisé ça. Ca fait aussi que j'y suis allé. C'est fantastique d'avoir ce genre de défis et de challenges.
Ca vous confronte à des parties de vous-même que vous n'avez pas envie de sortir. Quand on arrive à se confronter à ça, derrière, on est plus en paix, on peut avancer. Les 8 jours de réflexion intense sur "est-ce que j'y vais ou pas" ont été très précieux.
J'ai l'impression d'avoir libéré quelque chose. Aujourd'hui, je suis tellement heureux d'être là. - P.Cohen: On vous souhaite toute la paix et la réussite possibles pour 2030. 2030, c'est demain!
Ca va arriver très vite. - E.Grospiron: Oui. - P.Cohen: Restez avec nous pour le 5/5 de L.Sénéchal.
A une voix près, R.Ferrand a été nommé président du Conseil constitutionnel. - L.Sénéchal: L'ancien président de l'Assemblée nationale, proche d'E.Macron, était ce matin sous le feu nourri des élus, surtout de la gauche. - Secrétaire général, ex-président de l'Assemblée nationale... - Vous êtes le choix de confort.
Il en va ainsi, en monarchie présidentielle. - La proposition de vote serait coûteuse pour la confiance de nos concitoyens en notre Constitution. - L.Sénéchal: Ca a été comme ça pendant 2 heures à l'Assemblée nationale et presque autant au Sénat.
R.Ferrand a été tenté de rassurer. Il s'est présenté en homme libre.
Parmi les craintes mises en avant, il y a une interview au "Figaro"... "Je regrette la limitation du mandat présidentiel dans le temps..." - Un twittos veut qu'E.Macron fasse un 3e mandat.
Je me dis que ce n'est pas très grave. Mais ça s'est enflammé, comme ça se fait aujourd'hui. J'ai même entendu récemment des journalistes interviewer un certain nombre d'entre vous pour dire: "Est-ce que ce postulant vous convient?" Votre réponse a été qu'il voulait un 3e mandat pour Macron.
Je n'ai jamais dit ça. - L.Sénéchal: A l'issue de ces auditions surprises, le RN et les alliés ciottistes ont décidé de ne pas s'opposer à cette nomination. - Nous avons posé des questions précises à R.Ferrand, sur comment il envisageait sa présidence au Conseil constitutionnel.
Il nous a rassurés. Il a expliqué qu'il ne devait pas y avoir de gouvernement des juges et que le peuple français avait un pouvoir, un pouvoir constituant pour l'approche au Conseil constitutionnel. - L.Sénéchal: 39 parlementaires ont voté pour sa nomination, 58 contre.
Il aurait fallu les 3 cinquièmes des votants pour l'écarter. C'est passé à une voix près. Rien ne s'oppose à la nomination de R.Ferrand en président du Conseil constitutionnel, cela grâce à l'abstention du RN.
Gauche et droite y voient une manipulation politique. - C'est grâce à M.Le Pen, qui a donné une consigne d'abstention.
Les députés du RN se sont abstenus et ont permis de nommer pour 9 ans le meilleur ami de monsieur Macron à la tête du Conseil constitutionnel. On a envie de penser aux prochaines décisions que doit prendre le Conseil constitutionnel. Un QPC pour savoir si madame Le Pen sera inéligible.
Ca sent le deal secret entre monsieur Macron et madame Le Pen. - L.Sénéchal: Ce que dit O.Marleix, c'est aussi ce que disent les insoumis ou F.Roussel, qui parlent d'un "coup honteux".
Le RN voudrait organiser un référendum sur l'immigration. Impossible de juger L.Fabius.
Sur cette question, le RN voudrait revenir à la charge. - Demain, nous arrivons à la tête du pays. La 1re mesure que nous mettrons en oeuvre, c'est le déclenchement de l'article 11.
Le Conseil constitutionnel n'est pas là pour faire entrave. - P.Cohen: Il est là pour garder la Constitution. - La Cour suprême, dans une démocratie, ce n'est pas le Conseil constitutionnel.
C'est le peuple français. - L.Sénéchal: Parmi les éléments de langage du RN, ce tweet du député S.Chenu... ...
Je rappelle qu'un président du Conseil constitutionnel ne décide de rien seul. Il lui faut la majorité d'au moins 7 membres réunis du Conseil sur 9. L'ancien sénateur LR P.Bas et la députée MoDem L.Vichnievsky ont aussi obtenu sans difficulté le feu vert des parlementaires. - P.Cohen: Coup d'accélérateur dans l'enquête pénale sur les violences sexuelles de Bétharram, cet internat du Béarn. - L.Sénéchal: 3 hommes sont en garde à vue.
Ils ont autour de 60, 70 et 94 ans et sont soupçonnés de viols et d'agressions sexuelles sur des élèves dans ce lycée catholique de Pau. Des faits qui remontent à 1957 pour les plus vieux d'entre eux. La polémique politique date de la semaine dernière, quand Mediapart a accusé F.Bayrou d'avoir su et de n'avoir rien fait dans les années 90.
Il était alors ministre de l'Education. Il est aujourd'hui Premier ministre. Hier, il a allumé un contre-feu et a chargé le gouvernement Jospin et nommé certains ministres.
Les anciens ministres ont réagi avec colère. S.Royal examine un dépôt de plainte en diffamation.
L'ex-garde des Sceaux avait pourtant bien été prévenu, d'après ces courriers. Quoi qu'il en soit, l'inspecteur d'académie de l'époque reconnaît lui-même, sur les antennes de Radio France, une enquête bâclée en 1996. *-Un rapport qui ne tient pas la route, actuellement.
Il n'a jamais été question de toutes les affaires à caractère sexuel. Si on m'avait parlé de ce qu'on présente actuellement, en parlant de Bétharram, j'aurais eu sûrement un autre comportement. - L.Sénéchal: Ces regrets de l'ancien inspecteur d'académie entraînent la colère des victimes. *-Ma première réaction, c'est "bienvenue à neuneu-land".
Je suis sidéré. Sidéré par la désinvolture et la légèreté de cet inspecteur d'académie régionale. Sa légèreté entraîne une très grande responsabilité en termes des violences qui se sont poursuivies ensuite à Bétharram. - L.Sénéchal: Ce matin, un député insoumis a annoncé avoir obtenu un feu vert en commission pour l'ouverture d'une enquête parlementaire. - P.Cohen: L'administration Trump met à l'index un livre pour enfants de l'actrice J.Moore. - L.Sénéchal: Voici le livre.
C'est un petit récit autobiographique sur une fillette de 7 ans qui n'aime pas son visage et apprend à s'accepter. J.Moore est venue lire son livre jusqu'à la Maison-Blanche en 2012, invitée à l'époque sous la présidence de B.Obama. ... - L.Sénéchal: Ca ne paye pas de mine, mais le monde a changé.
D.Trump a signé un décret contre ce qu'il appelle "l'extrémisme de genre au sein de l'armée" et retiré certains livres, dont celui de J.Moore, des bibliothèques gérées par le Pentagone.
Le père de J.Moore est un vétéran du Vietnam. Elle a elle-même été écolière dans ces établissements de l'armée.
Elle était venue dans "C à vous" dire tout le mal qu'elle pensait de D.Trump. - J.Moore: Je pense que cet extrémisme est extrêmement dangereux pour nous.
C'est le refus de regarder en face ce qui arrive vraiment dans notre monde. C'est très dangereux. Il y a un refus de compromis et de résoudre des problèmes ensemble. - L.Sénéchal: Trump a d'autres catégories dans ses viseurs, les rangers, par exemple.
Ils sont touchés par les coupes de Trump et de Musk. Ils ont eu des coupes dans leurs effectifs. La communication de Trump n'en finit pas de nous faire halluciner.
Regardez ce tweet de la Maison-Blanche. Elle met en avant une version ASMR des expulsions d'immigrés. - P.Cohen: Voilà... - L.Sénéchal: On hallucine quand on voit ce genre de méthodes de communication. - N.Tenzer: On ne peut pas séparer la dimension de politique intérieure de Trump et sa politique extérieure.
Regardez ce qu'il s'est passé...
Il a décidé de licencier les procureurs. C'était une des nouvelles de ce matin. Tous les procureurs nommés par J.Biden ont été licenciés.
L'Usaid, la principale agence d'aide américaine a été annulée par les gens de Musk sous directives de Trump. Cette agence d'aide était essentielle pour l'aide humanitaire, le secours aux populations. On rentre dans une politique extrêmement brutale.
Sur le plan international, nous devrons compenser cette absence des Etats-Unis sur le plan humanitaire. - P.Cohen: Le wokisme de droite, on interdit des livres alors qu'on prône la liberté d'expression, comme l'a fait J.D.Vance à Munich. - M.Duclos: Un mot pour dire qu'il y a 2 Occidents.
Les Britanniques, qui ont toujours voulu être proches des Américains, reconnaissent qu'il y a un schisme entre les Etats-Unis et les pays européens. - P.Cohen: Le monde libre est fracturé.
Le Canada face à une vague de froid qui, même là-bas, est historique. - L.Sénéchal: Des images qui vont vous faire plaisir: il y a de la neige partout.
Il est tombé plus de 70 cm de neige dans les rues de Montréal, si bien que les voitures ont quasiment disparu sous la neige. Les températures proches de -20 degrés au Canada. Ecoutons les Canadiens.
Au Québec, ce qui frappe avec ce temps, c'est le calme. - Dans ma rue, les trottoirs sont inutilisables. ... - L.Sénéchal: Que des mauvais vêtements. - E.Grospiron: Il n'y a pas de mauvaises températures, il n'y a que des mauvais vêtements.
Tout est une question d'état d'esprit. - P.Cohen: Merci à vous de nous avoir accompagnés.
M.Duclos, N.Tenzer et E.Grospiron, évidemment.
Est-ce que j'ai le temps de rappeler tout ça?