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Podcast / conversationFrance Culture — L'Esprit public (sur Site radio)· 20 novembre 2022 19 minContradictoireFond programmatiqueEnvironnement & énergieEurope & internationalÉconomie & entreprisesJustice

La crise climatique vue depuis Charm-El-Cheikh en Egypte, où s'achève la Cop27

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:10OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous paraît important dans ce rendez-vous et ses conclusions ? À quoi mesure-t-on la réussite d'une COP ?

  • 5:00RelanceRéponse partielle

    Pourquoi les COP se multiplient-elles sans résultats concrets ?

  • 6:16OuverteRéponse directe

    Pourquoi la discussion Nord-Sud accapare-t-elle toute la discussion dans les COP ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:21InvitéFait
    « l'objectif d'un réchauffement limité à 1,5 degré, qui était celui de l'accord de Paris, semble désormais inatteignable. »
  • 0:43InvitéChiffre
    « la promesse non tenue de mobiliser 100 milliards de dollars par an pour les pays en développement »
  • 1:54InvitéChiffre
    « le cumul des engagements mondiaux pour 2030 est de 38% supérieur à ce qu'il faudrait pour être au rendez-vous de la neutralité carbone en 2050 »
  • 2:06InvitéChiffre
    « on est déjà en retard de 15% sur ce qu'il faudrait pour 2030 »
  • 4:28InvitéFait
    « l'Europe a fait un pas, en disant, on veut bien créer un fonds pour ça, pour aider à la prise en charge des pertes et dommages »
  • 13:58InvitéChiffre
    « Les Etats-Unis, c'est 13% des émissions mondiales de gaz à effet de serre »

Temps de parole

  • Invité35 %
  • Présentateur26 %
  • Invité 216 %
  • Invité 316 %
  • Invité 48 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Coopérer ou périr, c'est l'exhortation lancée par le secrétaire général de l'ONU, Guterres, aux dirigeants de la planète à l'ouverture de la COP27 à Charme-el-Sheikh en Égypte. Soit un pacte de solidarité climatique, soit un pacte de suicide collectif. Comme à chaque fois, les intentions les plus vertueuses ont été réaffirmées, même si l'objectif d'un réchauffement limité à 1,5 degré, qui était celui de l'accord de Paris, semble désormais inatteignable.

Mais le dossier le plus épineux, le plus âprement négocié, a été celui du financement par les pays riches, des pertes et préjudices subis par les nations à la fois les plus pauvres, les moins responsables, mais les plus touchées par les effets du réchauffement, avec ouragans, sécheresses et montées des eaux. Pour sortir de l'impasse et répondre à cette demande exprimée depuis 30 ans, ainsi qu'à la promesse non tenue de mobiliser 100 milliards de dollars par an pour les pays en développement, l'Union Européenne a proposé un mécanisme de financement destiné aux plus vulnérables, en échange d'un engagement à abandonner progressivement les énergies fossiles.

À l'heure où nous mettons sous presse, comme on disait autrefois, mais comme on ne dit plus, c'est-à-dire au moment où cette émission est enregistrée vendredi, à quelques heures de la clôture programmée, les discussions étaient aussi intenses que laborieuses. Thierry Pech, qu'est-ce qui vous paraît important dans ce rendez-vous et ses conclusions ? À quoi mesure-t-on la réussite d'une COP ? La réussite d'une COP, j'allais dire autrefois, ce n'était pas si vieux pourtant, on l'a mesurée à l'accroissement des engagements des États.

C'était le jeu de la COP, c'était de stimuler l'accroissement des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre des États en leur permettant de se comparer. Cette dynamique existe toujours, mais vous aurez noté que peu d'États sont venus en disant « j'accrois mes engagements de temps ». Pour une raison simple, c'est que la crédibilité de ces engagements est aujourd'hui l'objet de beaucoup de doutes. Selon l'Agence internationale de l'énergie, le cumul des engagements mondiaux pour 2030 est de 38% supérieur à ce qu'il faudrait pour être au rendez-vous de la neutralité carbone en 2050. Donc tout va bien.

Mais quand on regarde les politiques déjà mises en place, en revanche, on est déjà en retard de 15% sur ce qu'il faudrait pour 2030. Donc ce qui compte aujourd'hui, de ce point de vue-là, c'est de crédibiliser les engagements. Donc je crois que maintenant, les COP devraient servir à vérifier ce qu'ont fait et n'ont pas fait les États. Les COP précédentes. Voilà. Non, pas les COP précédentes, mais les États entre deux COP. Voilà. Sinon, je veux dire, ça fera sourire tout le monde la prochaine fois, alors que c'est particulièrement tragique.

Mais il y a bien sûr un autre enjeu qui s'est introduit dans la discussion des COP à partir de Paris, à partir de la COP 21, et qui s'est aiguisée avec le temps et auquel Bertrand doit être particulièrement sensible, c'est la discussion Nord-Sud. C'est-à-dire que ce qu'on appelle justice climatique en Europe, c'est quoi une transition juste entre les riches et les pauvres ?

Mais ce qu'on appelle justice climatique à l'échelle internationale, c'est comment le Nord, qui est responsable du réchauffement climatique, quand on regarde les cumuls historiques, ce sont les pays industrialisés qui ont créé le problème, l'immense majorité du problème, comment ces pays ont un devoir de solidarité et d'aide à l'égard des pays du Sud ? Alors jusqu'ici, on parlait beaucoup d'adaptation au changement climatique, on parlait de 100 milliards de dollars que le Nord devait apporter au Sud, on n'y est toujours pas.

Aujourd'hui, le problème s'est accru, parce que les irréversibilités du changement climatique sont déjà là, et s'inscrivent dans la chronique terrifiante des événements météorologiques extrêmes chaque été et chaque printemps et chaque automne désormais, et bientôt tout le temps, et on a face à nous déjà les pertes et dommages. Et c'est le nouveau sujet de cette COP, et c'est ça à mon avis qui aura marqué cette COP 27, c'est que les États du Sud ont dit, désormais les amis, le sujet pour nous, c'est aussi les pertes et dommages.

Nous avons des pertes, nous avons des pertes de fertilité de nos sols, nous avons des pertes liées aux inondations, nous avons des pertes littorales, nous avons des terres littorales qui sont salinisées par la montée des eaux, voire des terres qui disparaissent du fait de la montée des eaux. Et tout ça a un coût pour nous, et tout ça, c'est vous qui en êtes la cause. Donc vous nous devez de l'aide. Et là, c'est plus 100 milliards de dollars, Patrick. C'est des centaines de milliards de dollars, et peut-être des milliers de milliards dans quelques années. Donc on est face à un problème terrible.

L'Europe a fait un pas, en disant, on veut bien créer un fonds pour ça, pour aider à la prise en charge des pertes et dommages. Ce fonds sera abondé à proportion des émissions carbone de chaque entité. Ça veut dire que la Chine est appelée à participer. Et l'Amérique qui renacle, pour l'instant. L'Amérique qui renacle. Néanmoins, je crois que les Occidentaux doivent prendre acte du fait que dans la crise ukrainienne, ils n'ont guère été suivis au Sud, dans une lutte pourtant légitime contre les aventures criminelles de Poutine. Il y a quelque chose à retisser avec le Sud.

Et je crois que la question climatique est peut-être la question sur laquelle nous pouvons retisser quelque chose entre l'Occident et le Sud. Aurélie Philippetti.

5:02
Présentateur

Oui, alors, bon, moi ce qui m'ennuie, c'est que finalement, cette multiplication des COP, enfin, le numéro des COP augmente. Là, on est à 27. Enfin, bientôt, on va être à la COP 250. Et suit exactement la courbe de progression, par exemple, du carbone dans l'atmosphère. C'est-à-dire que plus il y a de COP, et moins il y a des faits, des COP. C'est aujourd'hui, depuis 1900... Pardon, mais enfin, moi j'ai un souvenir quand même de l'enthousiasme du sommet de Rio en 1992. Et de tout ce qui a été défini comme principe, comme ligne directrice à l'époque d'action par ce sommet de Rio, au fond, depuis... Il y a eu des accords de Paris magnifiques, en 2015.

5:42
Invité

L'enfant carbone des Français a diminué quand même. Enfin, dire le contraire.

5:46
Présentateur

Par habitant. Mais enfin, sauf que...

5:49
Invité

Les émissions ont baissé.

5:51
Présentateur

En France, mais enfin, globalement, internationalement, il y a eu une prise de conscience dans l'opinion publique. Ça, la véritable différence, c'est ça. C'est que dans l'opinion publique, aujourd'hui, tout le monde est d'accord sur le fait que le changement climatique, c'est plus contesté par personne. C'est un problème majeur. C'est une priorité, etc. Maintenant, comment on fait pour s'y attaquer ? Ça, en revanche, c'est beaucoup plus compliqué. Alors, sur les COP, il y a cette chose, quand même, évidemment, très légitime, du point de vue international, qui est la discussion Nord-Sud, comme vous l'avez dit, avec cette question, au fond, de la dette climatique.

Qu'est-ce que les pays occidentaux doivent faire pour compenser le fait qu'ils ont été les plus importants pollueurs et que nous sommes responsables, en premier lieu, de la situation d'aujourd'hui ? Très bien, c'est un débat légitime. Mais je veux dire, aujourd'hui, ça accapare toute la discussion dans les COP. Et de l'autre côté, ce que l'on fait pour changer les choses concrètement aujourd'hui, on en parle très peu. Et pourquoi ? Parce qu'il y a une raison majeure à ça. C'est que ces discussions onusiennes, là, n'ont pas du tout la même valeur contraignante, juridiquement, etc., que les traités de libre-échange signés dans le cadre de l'OMC, de l'Organisation Mondiale du Commerce.

En fait, à l'échelle internationale, il y a un instrument qui est juridiquement extrêmement contraignant, c'est tout ce qui découle de l'Organisation Mondiale du Commerce. Et qui est en totale contradiction avec les objectifs affirmés régulièrement par toutes les COP et que, évidemment, je ne peux que partager. Mais je donne un exemple qui a été cité cette semaine par un grand spécialiste de politique d'environnement qui s'appelle Jean-François Collin. C'est celui des frites surgelées.

C'est l'Union européenne, aujourd'hui, dans le cadre de l'OMC, a engagé des procédures contre la Colombie parce que la Colombie a mis des droits de douane pour empêcher les importations massives sur son territoire de frites surgelées issues de Belgique et de France. On est devenu, depuis 30 ans, avec la Belgique, le principal exportateur de pommes de terre transformées à l'échelle de la planète. C'est-à-dire qu'au fond, 90% des pommes de terre aujourd'hui produites en Belgique sont transformées en produits surgelés, notamment frites, mais aussi toutes sortes de choses, destination des animaux, etc.

et que ces produits transformés sont ensuite exportés vers des pays du Sud et, par exemple, vers des pays d'Amérique latine dont on détruit les agricultures vivrières à cause de ça en pratiquant des tarifs qui sont du dumping, du dumping, parce qu'on vend ces frites 40% de moins que les prix que l'on pratique quand on les exporte vers des pays, par exemple, européens. Donc, on fait du dumping, on détruit les agricultures vivrières là-bas. Évidemment, du point de vue du bilan carbone, c'est catastrophique. Et tout ça, finalement, ça se fait en parallèle avec les grands discours de l'Union européenne lors des COP.

Donc, il y a un décalage total et je crois que s'il y avait une priorité aujourd'hui, ça serait de dire soit on suspend tous les accords de libre-échange tant que les outils de droit de l'environnement n'ont pas au moins le même statut contraignant que les accords de libre-échange soit on dit écoutez, il faut arrêter l'hypocrisie. Aujourd'hui, les accords de libre-échange, ce commerce international, c'est le principal obstacle à la lutte réelle contre le changement climatique.

Et pour respecter les pays du Sud, il faut qu'on arrête en premier lieu de leur exporter des produits transformés à des prix défiant toute concurrence qui détruisent leurs agricultures là-bas, qui ne font pas du bien à nos agricultures chez nous non plus parce qu'en fait, ce sont des très gros groupes qui mettent les paysans complètement dans la dépendance de groupes industriels de transformation. Donc, ceux qui produisent aujourd'hui les pommes de terre en France et en Belgique sont dans les mains de ces grands groupes. c'est Mackay. Et voilà.

10:02
Invité

Bertrand Baddy. Oui, moi je suis d'accord avec tout ce qui a été dit. Je pense que c'est encore plus grave que ça parce que les COP reposent sur une méthode qui aujourd'hui ne peut pas, ne peut pas aboutir. Pour trois raisons. La COP, c'est une négociation inter-étatique. Dans l'histoire des négociations inter-étatiques, celles-ci n'ont jamais pu prendre en compte les trois dimensions qui structurent la question climatique aujourd'hui. D'abord, ça a été dit, j'y reviens très rapidement, la dimension temporelle. C'est-à-dire le décalage de temps. Le monde s'est fait en deux temps. Il y a eu le monde du Nord puis ensuite il y a eu le monde du Sud.

Cette dette que Thierry Pêche décrivait tout à l'heure. Comment l'intégrer, ce décalage temporel, dans une négociation inter-étatique qui par définition est utilitaire, pratique et immédiate. La deuxième dimension, c'est une dimension spatiale. Parce que c'est très bien de nous vanter que notre bilan carbone s'améliore. Mais c'est vrai au niveau de la production, est-ce que ça l'est autant au niveau de la consommation ? C'est-à-dire qu'à partir du moment où nous importons des biens qui ont été fabriqués ailleurs et qui en étant fabriqués ailleurs produisent effectivement des émissions à effet de serre, de gaz à effet de serre, il est évident que nous aggravons notre empreinte carbone.

L'empreinte globalement diminue aussi. Moins que... C'est pour ça que je parlais en termes d'entreprise. L'empreinte diminue aussi. L'empreinte des Européens a diminué. Oui, mais ça pose un énorme problème dans notre rapport avec la Chine. Parce que lorsqu'on stigmatise la Chine comme étant le grand pollueur du monde, elle pollue le monde pour nous, d'un certain point de vue. Ou en grande partie pour nous. Et il ne faut pas l'oublier. Et comment intégrer ça dans une négociation inter-étatique ? Le troisième élément, c'est la transformation inévitable de la rationalité politique. La rationalité politique, ça consiste à quoi faire ?

À demander peu aux gouvernés dans le court terme pour gagner le maximum dans le court terme également. La rationalité du traitement climatique, c'est de demander beaucoup dans l'immédiat pour obtenir un résultat à moyen, voire à long terme. Du style, payez beaucoup tout de suite et vos arrières-petits-enfants en bénéficieront. Ça, c'est tout à fait antithétique de la rationalité politique. Et c'est la raison pour laquelle les COP sont des grandes messes rhétoriques. C'est-à-dire où on dit je vous promets, j'ai vu par exemple l'Inde annoncer qu'en 2070, elle pourra atteindre la neutralité carbone. Qui sera là parmi nous ? Aurélie, certainement. Je te remercie.

Mais qui sera là pour vérifier en 2070 si l'Inde a tenu ses promesses ? On entre dans cette diplomatie. Non, non, mais attendez, on ne peut pas dire ça. Nos petits-enfants seront là. Je suis désolé, on est obligés. Nos petits-enfants seront là. Mais qui sera là pour constater que les promesses ont été tenues ? Qui sera là pour rappeler à l'ordre celui qui, 40, 50 ans, 50 ans plus tôt, avait fait ce genre de promesses ? L'essence de la démocratie, c'est quand même le contrôle, de pouvoir dire vous avez fait des promesses et vous ne les avez pas tenues. Est-ce que M. Modi sera vivant dans 50 ans ? Bon, non, dit Brice.

Alors, Brice Couturier et ensuite Thierry Pêche qui, sous des dehors, placide bout d'exaspération. Oui, d'abord une bonne nouvelle. Une bonne nouvelle parce qu'effectivement, la plus mauvaise nouvelle, on l'a dit d'emblée, c'est que l'engagement d'empêcher la température mondiale de s'élever au-delà de 1,5 degré ne sera pas tenu en l'état actuel des choses. C'est une évidence. La bonne nouvelle, parce que quand même il y en a une, il me semble, à tirer de cette négociation, c'est le découplage, en réalité, entre les taux de croissance et les émissions de gaz à effet de serre.

On constate dans le cas américain, par exemple, c'est le plus clair que depuis 1990, la croissance américaine a décollé du nombre d'émissions de gaz à effet de serre. Et mieux, depuis 2007, il y a eu un pic américain. Or, il faut quand même savoir les chiffres. Les Etats-Unis, c'est 13% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. La Chine, c'est 31%. L'Europe, c'est 7,8%. Donc, il faudrait quand même ramener les choses à leur juste proportion. Mais voilà. Oui, on en profite. Mais enfin, en attendant, la planète, ce n'est pas que c'est la Chine qui émet le plus. Elle voit simplement que les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter.

Mais j'insiste sur cette idée de découplage parce que l'Union européenne avait précédé les Etats-Unis. Nos propres émissions de gaz à effet de serre ont baissé en Europe de 31%. C'est beaucoup entre 1990 et 2020. Alors certes, le Covid, vous me direz, il y a pour quelque chose. Mais enfin, l'Europe est le leader mondial dans la lutte contre le réchauffement climatique et on peut dire qu'elle montre l'exemple. Car en effet, notre croissance a continué à augmenter de manière relativement soutenue alors que nos émissions ont baissé et que notre population augmente très faiblement. Certes, il y a les délocalisations et justement, là-dessus, il faut quand même voir une chose.

C'est que l'Europe, dans sa volonté d'exporter son modèle vertueux au reste du monde, est perçue dans plusieurs pays comme ce qu'on appelle du colonialisme vert. Parce que pour beaucoup de pays du monde, notamment en Afrique, qui polluent très peu, on essaye d'exiger de ces pays qu'ils cessent d'extraire de leur sous-sol les énergies fossiles. Or, ils en ont un besoin dramatique et ils nous disent vous l'avez bien fait pendant 100 ans et davantage. La bonne nouvelle, encore une, c'est que la Chine nous annonce que 31% environ des émissions mondiales nous annonce qu'elle va connaître son pic de pollution en 2030.

Ça veut dire donc qu'elle a prévu qu'à partir de 2031, les émissions vont baisser. Il y a une raison à cela, n'est-ce pas ? Les Chinois ont mis en construction au cours des 15 prochaines années 150 centrales nucléaires. Parce qu'il faut quand même poser la question aux écologistes. On ne peut pas en même temps dire aux gens qu'il faut cesser de consommer des énergies fossiles et que la croissance doit se poursuivre, que les gens ne vont pas s'appauvrir. Attention, nous avons une inflation largement entretenue par le fait que nous sommes en train de nous débarrasser des énergies fossiles qui nous polluent l'atmosphère.

Il ne faudrait pas que les industriels européens se mettent au pied de telles chaînes, de tels boulets qu'ils soient non compétitifs par rapport au reste du monde. Je rappelle qu'aux Etats-Unis, les énergies valent quatre fois moins cher qu'en Europe et qu'une partie des localisations qui ont lieu en ce moment sous nos yeux en Europe vont vers les Etats-Unis pour cette raison précise. Thierry Pêche. Oui, je trouve qu'on a été excessivement durs avec les COP. Plus il y a de COP et plus il y a de réchauffement disait Aurélie. Il faut arrêter de plaisanter. C'est pas un sujet de plaisanterie. On a besoin... La crise climatique elle est globale.

Quand vous émettez une tonne de CO2 quelque part vous l'émettez pour tout le monde. Pas pour vos voisins, pas pour vous, pour tout le monde. Donc on a besoin d'une scène globale. Elle n'est pas parfaite mais elle a le mérite d'exister. Et on a besoin de cette scène par exemple pour que les Etats-Unis et la Chine se parlent du climat.

On a besoin de cette scène parce que lorsque l'Europe fait une proposition sur les pertes et dommages elle peut essayer de lui associer un deal en disant aux pays africains d'accord nous on est prêt à faire ce fonds pertes et dommages mais en échange dites-nous quels sont vos engagements et leur chronologie sur la sortie des fossiles pas simplement du charbon du reste aussi. Donc sur les accords commerciaux bien sûr Aurélie a raison on pourrait trouver l'exemple des patates surgelées on peut en trouver 12 des exemples comme ça. On peut en trouver

17:19
Présentateur

à mon avis beaucoup plus que 12

17:20
Invité

12, 50, 100 si vous voulez.

Mais on ne peut pas passer sous silence non plus tous les efforts qui ont été faits pour essayer d'introduire des clauses environnementales dans les traités commerciaux notamment de l'Union Européenne les clauses miroirs la capacité à invoquer sans avoir à démanteler un accord le non-respect d'une de ces clauses tout ça il y a des gens il faut quand même le rappeler et les saluer qui travaillent depuis des années sur tout ça qui essayent d'améliorer les choses donc voilà ne jetons pas tous les bébés avec l'eau du bain sinon on n'y arrivera pas et quant à la rationalité politique dont parle Bertrand bien sûr qu'elle est complètement contraire à ce qu'on recherche dans les COP mais c'est ça le défi de notre génération c'est de construire une nouvelle rationalité politique sinon on n'y arrive pas je vais vous dire si tout ce qui compte c'est qui sera présent pour vérifier que les engagements qu'on a pris aujourd'hui seront tenus dans 30 ou 50 ans et bien c'est terminé je veux dire les générations futures peuvent être passées par perte et profit et à ce régime là c'est simple c'est pas la peine de faire des efforts on va tous au ryth et on en finit donc il y a un moment on est obligé d'intégrer le futur dans le présent dans le présent de nos échanges politiques c'est cette rationalité politique qu'il faut construire oui mais on le fait rhétoriquement point et c'est un problème non ce que vous dites par exemple sur la Chine sur le fait que bon on emprunte carbone on est obligé de compter ce qu'on importe de Chine on fait travail on fait on demande à la Chine d'émettre du CO2 dans l'atmosphère pour nous servir et se servir aussi au passage mais quand on essaye de monter un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières c'est précisément pour ça c'est pour dire continuons à échanger ensemble mais on y ajoute une contrainte c'est que ce que vous produisez et que vous nous vendez il faut que vous le fassiez en émettant le moins de CO2 possible je sais que c'est pas simple je connais toutes les limites de la taxe carbone aux frontières néanmoins si on n'y arrive pas à ce moment là le commerce à ce moment là c'est certainement un peu lointain c'est certainement imparfait et vous savez si on condamne tout ce qui est imparfait et lointain c'est ce que disait Gouthires c'est le pacte de suicide collectif c'est le pacte de suicide