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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 2 juillet 2024 56 minContradictoireMixte

Législatives 2024 : vers une France ingouvernable ?

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0:15
Présentateur

Bonjour, bienvenue dans le débat de midi sur France Inter. Bien malin ce matin, celui qui peut dessiner le contour de la future Assemblée Nationale. Depuis la clôture du premier tour de ces élections législatives inédites, un brouillard enveloppe le palais Bourbon. Seuls 76 candidats ont été élus au premier tour, un record de triangulaire, il en reste 160 à 7 heures. Les candidats ont un choix à faire avant ce mardi 18h, dépôt final des candidatures, se maintenir ou se désister pour faire barrage au Rassemblement National, parti qui pourrait obtenir pour la première fois de la Ve République une majorité absolue.

Chaque camp donne ses consignes pour faire bloc contre le RN, mais la bataille est dispersée dans le camp présidentiel. Le front républicain va-t-il tenir ? Les électeurs sont-ils prêts à suivre les consignes des grands leaders ? Dans cette dernière ligne droite, après le coup de théâtre de la dissolution, c'est un saut dans l'inconnu. Les scénarios les plus fous sont sur la table, cohabitation avec l'extrême droite, coalition, blocage institutionnel, démission du président de la République. Va-t-on vers le risque d'une France ingouvernable ? On est ensemble jusqu'à 13h sur France Inter.

1:27
Invité

Paola Puerhari, le débat de midi sur France Inter.

1:34
Auditeur

Oui, bonjour, c'est Marie de Grenoble. Voilà, je voulais exprimer un petit ras-le-bol, car ça fait depuis 2002, donc 22 ans, que j'ai le sentiment de voter contre, de voter pour faire barrage contre l'extrême droite. J'en ai un petit peu marre des consignes de vote, où c'est vraiment des arrangements d'appareils. Un petit coup de gueule ce matin, vouloir retrouver une vraie démocratie en France aujourd'hui, où on est chacun libre de nos choix.

2:04
Présentateur

Merci Marie pour ce message, message d'une auditrice un peu contrariée ce matin. D'ailleurs, vous êtes très nombreux à partager votre désarroi sur l'application France Inter. Si vous êtes perdu en cette veille de second tour, ou si le scénario d'une France ingouvernable vous angoisse, vous nous envoyez des notes vocales sur le WhatsApp de l'émission au 01 45 24 7000. Je répète, 01 45 24 7000, on les diffuse pendant cette émission. Et pour nous guider dans cette zone de haute turbulence, politique, j'aime à table des pointures. Bonjour Jean Garrigue, bonjour.

Vous êtes historien, président du comité d'histoire parlementaire, et vous vous êtes penché sur le couple infernal l'Elysée contre Matignon.

2:46
Invité

Toute petite pression, je ne suis plus président du comité d'histoire parlementaire, mais je suis président de la commission internationale d'histoire des assemblées.

2:52
Présentateur

Vous êtes un spécialiste du Parlement, en tout cas, et de nos institutions. Bonjour à Marianne Cohandet, bonjour. Bonjour. Vous êtes constitutionnaliste, experte vous aussi du Parlement, tout comme Benjamin Borrell, bonjour. Bonjour. Vous êtes maître de conférence en droit public. Votre livre est sorti hier, le Parlement, Temple de la République. Il tombe à pic, c'est-à-dire aux éditions Passé Composé. Et enfin, Thomas Legrand, qu'on ne présente plus ici, producteur sur France Inter. Bonjour. Bonjour, et journaliste à Libération. Alors, Thomas Legrand, on a besoin de vos lumières en sept terra incognita, ce second tour assez inédit.

De mémoire de journaliste, on n'a jamais vu autant de scénarios possibles pour un second tour de législative.

3:34
Invité

On n'a jamais vu, surtout, effectivement, ce genre de scénario. Le nombre des scénarios se réduit maintenant, mais là, on ne va pas assister à une alternance comme d'habitude, avec la droite, la gauche, ou bien alors les macronistes, qui sont un mélange de la droite et de la gauche. Là, on va être dans une bascule. On va changer d'air, ERE, parce que soit il y a la majorité pour un parti ou un mouvement qui a des fondements, disons, illibérales, et comment ça se passe dans une démocratie libérale, c'est ça le problème.

Soit nous allons aller vers une coalition obligatoire, une coalition qui n'aura pas été négociée avant ni après, enfin, après peut-être, mais enfin, une coalition obligatoire dans un pays qui n'a pas ni la culture, ni les institutions pour ce genre de pratiques. Donc, c'est un saut dans l'inconnu, ça va être passionnant.

4:31
Présentateur

Marie-Anne Cordès, c'est votre analyse aussi. Voilà, le scénario le plus probable, c'est celui d'une coalition avec le risque d'une France difficile à gouverner.

4:41
Invité

Alors, pour moi, le risque majeur, c'est très clairement l'arrivée du RN au pouvoir. Et passionnant, la démocratie libérale, non, moi je trouve ça absolument terrifiant. Et pour répondre à notre auditrice, qui en a marre, Évidemment, il n'est pas question, quand il y a des consignes de vote, c'est que les gens disent, nous, on pense telle chose, il est bien évident que les électeurs font absolument ce qu'ils veulent, et que notre rôle, à nous, experts, c'est juste de dire, pour les experts économiques, tel programme économique conduit à tel résultat, en droit constitutionnel, c'est la même chose.

Et ce qu'on appelle de la démocratie illibérale, pour moi, est tout simplement pas de la démocratie. Kelsen, l'un des plus grands juristes, expliquait que la démocratie, c'est la synthèse de la liberté et de l'égalité. Or, dans tous les régimes d'extrême droite qui ont été instaurés, on a la négation de la liberté et de l'égalité, les deux. Et il faut que les Français se rendent bien compte de ce que ça signifie concrètement.

5:45
Présentateur

Alors justement, on va y revenir, dans tous les scénarios qu'on a imaginés pendant cette émission, mais juste, est-ce que vous pensez encore, que, par exemple, le Rassemblement National peut avoir la majorité absolue ?

5:58
Invité

Ça reste une hypothèse possible. Elle semble de moins en moins probable avec les désistements qui viennent de se produire, les consignes de vote qui ont été données. Il faut quand même rappeler, et un peu contrairement à ce qui était dit par l'interlocuteur, ou l'interlocutrice, pardon, tout à l'heure, que les électeurs ne suivent pas toujours les consignes de vote.

Et particulièrement dans ce type d'élections, que ces 577 élections qui sont actuellement à l'œuvre, même s'il y a déjà 70 à peu près élus, on est dans quelque chose où les conditions locales, la réputation, quelquefois le charisme du candidat local, les alliances locales, ce qu'on attend de l'élection sur le terrain local, tout ça peut jouer un rôle qui fait que les consignes de vote ne sont pas toujours bien suivies. Elles le sont globalement, c'est ce que les enquêtes documentent.

En général, elles le sont quand même plutôt, ce qui veut dire qu'a priori, le raz-de-marée du Rassemblement national ne sera pas aussi spectaculaire ou ne conduira peut-être pas, mais c'est injuste, peut-être, à cette situation de majorité absolue qui a été fixée comme condition par le leader du Rassemblement national, par Jordan Bardella, pour aller au pouvoir.

7:24
Présentateur

Et Marine Le Pen l'a redit encore une fois ce matin sur France Inter. Benjamin Morel, les candidats ont jusqu'à 18h ce soir pour annoncer s'ils maintiennent leur candidature ou s'ils se désistent. Qu'est-ce qui se joue là, maintenant ? On connaît un peu ce jeu des alliances, certains disent ce tambouille électorale, mais là, c'est particulier pour ce second tour.

7:45
Invité

Là, c'est particulier, on n'a jamais eu autant de triangulaires et on n'a également, par définition, jamais eu non plus autant de désistements. Alors, il peut y avoir des circonvolutions sur la manière dont on conçoit le désistement dans la majorité et puis également dans certains partis de la gauche, mais malgré tout, ça peut permettre de rentrer dans une logique de barrage au RN. Toutefois, il faut le relativiser, ce barrage. Un sondage au DOXA qu'on a beaucoup commenté ces derniers jours montre que 47% des Français veulent d'abord faire barrage au Nouveau Front Populaire, 44% à Emmanuel Macron et uniquement 41% au RN.

Vous voyez qu'aujourd'hui, dans la vie politique française, il y a plusieurs épouvantailles. Il n'est pas certain que l'épouvantail RN soit le plus mobilisateur pour voter contre, y compris notamment dans l'électorat centriste. Parce que dans les circonscriptions qui vont opposer la gauche au RN, l'arbitre de ce match, c'est le dindon de cette dissolution, c'est-à-dire que c'est l'électorat centriste qui perd ses temps de pouvoir et qui va devoir choisir ce qui est pour lui le moins pire.

Il n'est pas tout à fait évident avec un RN qui mène depuis quand même plusieurs semaines une campagne de deuxième tour en donnant des gages à cet électorat centriste, que cet électeur soit aussi allant à faire barrage au RN. Là où par contre, et je rejoins tout à fait ce qui a été dit sur la probable absence de majorité absolue, là où entre guillemets ça peut moins jouer, c'est que quand vous regardez vraiment la carte électorale, la gauche est forte dans les centres-villes et dans les banlieues. Donc là, il n'y aura pas match. En revanche, là où est forte la majorité ou en tout cas où elle est moins faible, c'est dans le rural et le périurbain.

Ça veut dire que la plupart des triangulaires dans lesquels la majorité est devant, c'est justement dans le rural et le périurbain. Et on sait qu'on pense en tout cas que les reports de voix de la gauche vers les macronistes seront meilleurs que l'inverse, ce qui peut permettre de priver le RN d'une majorité absolue.

9:22
Présentateur

Thomas Legrand.

9:23
Invité

Oui, c'est une mécanique un peu complexe. Il faut rappeler, je pense, il ne faut pas hésiter à rappeler quand même la mécanique. L'élection législative, les élections législatives sont en quelque sorte 577 petites élections présidentielles, c'est-à-dire que les deux premiers sont qualifiés et puis sont qualifiés aussi de ceux qui font plus de 12,5% des inscrits. Quand on parle des pourcentages souvent à la soirée électorale, on ne parle jamais des inscrits, on parle en pourcentage des exprimés. 12,5% des inscrits avec un taux de participation de 69% à peu près, je crois, c'est autour de 18%.

Ça fait une clé de qualification finalement assez basse et c'est pour ça qu'il y a eu beaucoup de triangulaires. Les triangulaires, elles sont constatées le soir du premier tour et après, beaucoup se transforment en duels parce qu'il y a ce jeu que vous venez de nous décrire des désistements. Donc là, jusqu'à ce soir, 18h, date et heure finale pour déposer ces candidatures en préfecture et ce sont les candidats, non pas les partis, les candidats qui déposent leur candidature. Donc, on m'a parlé de savoir si les électeurs suivaient les consignes. C'est une étape mais il y a une petite étape avant.

Est-ce que les candidats et on le voit dans beaucoup d'entre eux, enfin certains d'entre eux ne suivent pas, est-ce que les candidats suivent aussi les consignes ?

10:49
Présentateur

Et comme on sait

10:51
Invité

qu'il y a un délitement général de l'autorité, c'est-à-dire que Jupiter, Emmanuel Macron qui avait installé une sorte de verticalité qui n'a jamais créé de parti finalement ou de mouvement politique solide et qui a toujours tout géré lui-même, tout ça s'effondre et donc il perd le pouvoir, il perd l'autorité sur ses propres troupes et c'est pour ça qu'il y aura un peu plus de triangulaire dû à des maintiens de centristes ou de macronistes qui ne veulent pas obéir aux consignes.

D'ailleurs, des consignes qui sont diverses puisque Emmanuel Macron n'a pas le même avis que son premier ministre, il n'a pas le même avis qu'Edouard Philippe, l'un des leaders de la majorité qui n'a pas le même avis non plus que Edouard Philippe et Bruno Le Maire.

11:42
Présentateur

qui ont appelé au Nini, certains disent qu'ils ont creusé Nini avec la France insoumise, pas avec les autres. Nini avec la France insoumise, certains disent qu'ils ont creusé le Front républicain et bien dans tout ça, on sent en tout cas... C'est ce que je dis

11:54
Invité

dans mon édito, ils ont creusé la tombe du Front républicain, peut-être qu'ils ne l'ont pas creusé assez profond mais c'est ce qu'on verra dimanche.

12:02
Présentateur

En tout cas, on sent les auditeurs qui nous ont envoyé des notes vocales assez perdus et fatigués de ces consignes. Je vous propose d'écouter Johan, 60 ans.

12:14
Auditeur

Bonjour, j'ai 60 ans et cette fois-ci, j'en ai un peu marre de devoir voter toujours contre et jamais pour et ça depuis 25 ans. Notamment pour respecter un Front républicain qui sont, notamment à aujourd'hui, un peu à l'opposé de mes valeurs. Donc cette fois-ci, je vais voter en adulte comme un grand garçon et selon mes propres valeurs.

12:38
Présentateur

Marianne Candès, est-ce que ce n'est pas aussi le bout de ce système que certains jugent archi-pervers de ce scrutin uninominal majoritaire à deux tours ? Est-ce que, par exemple, ça serait arrivé si on avait eu la proportionnelle ? Proportionnelle qu'Emmanuel Macron avait promis d'ailleurs.

12:55
Invité

Et oui, le scrutin proportionnel, on aurait pu l'adopter. Il faut rappeler que dans l'Union européenne, on a partout des régimes parlementaires dont la moitié ressemble beaucoup à celui de la France avec un président élu directement par le peuple. Donc dans tous ces régimes, donc sauf à Chypre, on a un scrutin proportionnel. Ce qui signifie que dans tous ces pays, eh bien, on a une image de l'opinion au Parlement qui est beaucoup plus fidèle à la réalité. Si vous avez 10% des voix, vous aurez 10% des sièges, grosso modo. Alors qu'avec le scrutin majoritaire, on a un ou deux gros partis qui sont portés en tête et on vote toujours contre.

Donc avec la proportionnelle, on vote beaucoup plus pour une opinion proche de nous. Or dans tous ces pays-là, eh bien, on apprend le sens du compromis, le sens du dialogue en forme des coalitions de gouvernement et donc on n'a pas des grands effets de bouleversement d'un bord à l'autre. Alors pourquoi pas chez nous en France ? Alors pourquoi pas chez nous en France ? Eh bien parce que pendant des années, on s'est dit oh ben la proportionnelle nous protège de l'extrémisme, le scrutin majoritaire, pardon, nous protège de l'extrémisme.

Alors que dans certains pays d'Europe du Nord, par exemple, avec la proportionnelle, eh bien, des gouvernements d'extrême droite étaient associés, enfin des parties d'extrême droite étaient associées au gouvernement. Mais c'est oublié que le scrutin majoritaire produit un effet de loupe, c'est-à-dire qu'il grossit l'image de la majorité, de l'image du parti arrivé en tête dans le Parlement et donc qu'avec, par exemple, 43% des voix, on peut se retrouver avec les deux tiers des sièges à l'Assemblée, comme c'était le cas en 68.

Et tous les partis qui ont moins de 30% des voix généralement, ils sont pour la proportionnelle et dès qu'ils ont un peu plus, ils ne sont plus pour la proportionnelle, comme le Rassemblement National. Voilà, et cette fois-ci, l'effet de loupe du scrutin majoritaire peut se produire en faveur du... Alors, Jean-Garric,

14:52
Présentateur

vous observez la vie politique depuis des années, vous êtes d'accord avec cette analyse ?

14:55
Invité

Je suis d'accord, mais c'est quand même l'esprit de la Ve République, dans l'esprit du général de Gaulle, la Ve République voulait nous faire sortir de ce qu'était la Ve République, c'est-à-dire une absence de majorité qui conduisait à des coalitions hétéroclites et qui étaient jugées comme paralysantes. Ce qui n'est pas tout à fait le cas. Les historiens de la Ve République montreraient aujourd'hui que beaucoup de choses ont été faites et que c'est possible. Et ça l'a d'ailleurs été sous un régime parlementaire qui était la Ve République.

Je ne vais pas refaire tout un cours d'histoire, simplement dire qu'il est certain que dans l'esprit de la Ve République, il faut qu'il y ait une majorité nette qui se dégage et que cette majorité nette se dégage, il faut qu'il y ait ce scrutin majoritaire qui amplifie la victoire du parti majoritaire. Cela dit, ce système, il a été perverti d'une part par la révision de 2000 qui a fait que la concomitance des élections ont transformé les élections législatives en une sorte de ratification de l'élection présidentielle. On a vu en 2022 que ça pouvait ne pas être le cas et qu'on retrouvait justement cet esprit finalement d'une sorte d'équité démocratique.

Là, on voit aujourd'hui que ce système-là qui a été conçu à partir de 1962 essentiellement, en 1958 c'était différent, mais à partir de 1962 comme tel, il favorise évidemment un parti et plutôt deux formations qui sont des formations je dirais extrêmes et précisément et cette polarisation

16:27
Présentateur

et un choix difficile pour des électeurs. Exactement.

16:30
Invité

Or, moi, ma conviction c'est que la sensibilité profonde des électeurs français depuis toujours c'est une sensibilité qui va vers le centre et on pourrait le prouver historiquement ça a toujours été comme ça.

16:42
Présentateur

Alors Benjamin Morel, là le centre on l'a un peu perdu ça va être difficile de trouver une majorité est-ce que vous pensez qu'on va pouvoir gouverner la France sans majorité nette ? Est-ce qu'on va arriver avec une paralysie où on ne pourra plus faire voter des lois ?

16:56
Invité

Ça rejoint un peu le débat qu'on avait sur la proportionnelle parce que la proportionnelle vous donne des parlements plus représentatifs et d'ailleurs le scrutin majoritaire à deux tours il n'a pas forcément pour fonction d'avoir toujours des majorités nettes regardé la troisième république donc ça marchait parce qu'on avait un système bipolaire Même le début de la cinquième.

Oui, jusqu'en 1962 il n'y a jamais une majorité absolue dans ce pays et donc ça marchait parce qu'il y avait cette bipolarisation ça semble aujourd'hui fini donc à partir de là on peut dire deux choses soit la cinquième république est morte parce que tout d'un coup les blocs politiques ont changé auquel cas elle était bien fragile ou bien on regarde ce qui se passe chez nos voisins parce que la France c'est un régime parlementaire c'est un régime parlementaire le gouvernement responsable devant le parlement on parle beaucoup de régime semi-présidentiel je parle sous le regard de Marie-Anne Corandé qui m'a appris tout ça le président de la cinquième république a plus de pouvoir dans ce thème politique que son homologue américain mais si jamais il n'a pas de majorité à sa botte nous sommes un régime parlementaire européen classique Alors est-ce qu'on a la culture en France la culture de mots c'est-à-dire qu'à la fin de la troisième république tout le monde disait il n'y aura jamais de présidentialisme puissant en France et pas dans notre culture politique c'est les institutions qui font les cultures politiques il n'y a pas d'ADN il n'y a pas d'essentialisme politique il ferait que nécessairement il y aurait forcément une culture politique française qui serait contre un gouvernement technique contre une majorité relative etc on fait avec ce que l'on a et si on peut se rassurer sur quelque chose c'est que les questions que l'on va se poser le 7 juillet tous les états européens se les ont posés et non c'était pas dans la culture italienne le gouvernement technique et non les gouvernements de grande coalition c'était pas dans la culture allemande mais ils y ont été contraints ils l'ont fait et finalement ça n'a pas si mal fonctionné

18:31
Présentateur

Donc on va peut-être voir un gouvernement avec un communiste une écologique quelqu'un de droite vous y croyez Thomas Legrand

18:38
Invité

on y sera peut-être contraint c'est un peu dommage que l'esprit de coalition se fasse sous la contrainte moi je voulais là on a entendu des politistes et des constitutionnalistes et je voudrais vous parler du côté observateur et journaliste c'est-à-dire que nous sommes nous les commentateurs aussi influencés par les institutions c'est intéressant ce que vous avez dit vous venez de dire que les institutions finalement forment la culture politique ou l'état d'esprit on se demande toujours est-ce que finalement les français sont révolutionnaires ils aiment bien le combat ils aiment bien l'affrontement ils n'aiment pas ils n'ont pas le sens du compromis c'est une question philosophique est-ce que les institutions si c'était ça notre culture les institutions sont-elles faites pour nous nous maintenir dans notre culture ou pour contrarier les défauts de notre culture politique le général de Gaulle il a fait la 5ème république pour nous sortir avec des tas de moyens pour l'exécutif quand l'exécutif a la majorité c'est vrai pour nous sortir facilement d'une crise il a fait un char d'assaut est-ce qu'un char d'assaut en temps normal ça aide dans la vie de tous les jours pour faire un créneau on n'a pas besoin d'un char d'assaut moi ce que je veux dire c'est que s'il y avait la proportionnelle avec les mêmes institutions s'il y avait la proportionnelle on change de régime je ne sais pas en tout cas on change d'état d'esprit parce que dans une campagne que j'ai à commenter la proportionnelle les hommes politiques aucun homme politique en Allemagne aucun leader de parti en Allemagne pendant une législative pense qu'il aura à la fin la majorité à lui tout seul il est obligé de faire attention à ses voisins idéologiques il est obligé parce que si ce n'est pas lui c'est le voisin idéologique du voisin idéologique qui fera attention donc il est moins dans le c'est moins ou le chaos et pour nous aussi le commentaire on est moins dans le c'est eux ou le chaos on est moins dans le commentaire du personnalisme du roman personnel c'est exactement ce qui s'est passé

20:36
Présentateur

pendant cette campagne où tous les partis se sont affrontés et les électeurs ne comprennent plus

20:41
Invité

peut-être que la proportionnelle n'est pas bonne dans tous les cas mais je pense que justement dans la 5ème république aujourd'hui où on n'a plus de bipartisanisme et de tripartisanisme la proportionnelle nous forcerait nous tous à avoir un esprit de compromis

20:54
Présentateur

et donc dans cette coalition vous croyez à une coalition apaisée autour de cette table

20:59
Invité

on n'en est pas là mais on sera obligé donc on verra d'abord ce que je veux dire c'est que notre histoire politique elle est pleine de moments de compromis dans tous les moments de crise des moments de compromis ont existé y compris dans les années 20 où c'était formé

21:15
Présentateur

on vous sent assez optimiste Jean-Garrick quand même pour cette semaine prochaine le gouvernement

21:20
Invité

est revenu au pouvoir grâce aux socialistes grâce aux socialistes par exemple en 1926 Raymond Poincaré fait un gouvernement avec des gens de gauche et de droite enfin je veux dire il y a d'énormes l'union sacrée de 1914 qui s'est passé au lendemain de la seconde guerre mondiale en 1958 bref il y a d'énormes pas de scénario

21:38
Présentateur

de blocage de paralysie de France voilà amorphe pendant des mois

21:43
Invité

ce qui favoriserait effectivement le compromis serait été justement un scrutin proportionnel qui pousse mais là on n'en a pas de commercial on n'en a pas et on a une situation évidemment qui a priori est contraire au compromis puisqu'on a deux pôles qui sont extrêmement polarisés radicaux dans leur existence même mais simplement on voit que arithmétiquement il y a peut-être des possibilités et que

22:08
Présentateur

on peut mettre combien de temps à former un gouvernement des mois des semaines avant les Jeux Olympiques après

22:13
Invité

je rappelle qu'en Belgique ils sont restés presque un an sans gouvernement on pourrait rester un an Marianne Candès

22:19
Présentateur

sans gouvernement

22:21
Invité

alors on a toujours un gouvernement puisque le gouvernement précédent est maintenu pour expédier les affaires courantes

22:27
Présentateur

un gouvernement

22:28
Invité

restreint un gouvernement restreint donc je voudrais bien souligner ça le parlement n'est pas convoqué bon ça peut durer c'est pas une situation idéale c'est pas une situation idéale franchement surtout à la veille

22:40
Présentateur

des Jeux Olympiques où il y a un risque quand même d'attentat où on reçoit le monde entier c'est pas idéal

22:45
Invité

c'est pas une situation idéale mais pour autant ce n'est pas le chaos ce que je voudrais bien qu'on voit c'est que dès le départ Madame Le Pen a dit attention si nous n'avons pas la majorité absolue ça sera ingouvernable il va y avoir des blocages et donc la seule issue ça sera la démission du président de la république on voit bien que Madame Le Pen trépine d'impatience d'arriver au pouvoir et qu'elle voudrait semer la zizanie et la violence en France pour arriver au pouvoir mais restons raisonnables on a une constitution qui a été faite pour les situations dans lesquelles on n'aurait pas de majorité c'est pour ça que De Gaulle et Debré l'ont écrite et elle peut parfaitement fonctionner 60% des lois ont été adoptées ces deux dernières années et donc ça peut fonctionner arrêtons d'appeler au loup pour provoquer

23:34
Présentateur

la guerre civile c'est n'importe quoi alors on voit bien que en tout cas ce scénario là vous rassure plus que la majorité absolue et pourtant certains spécialistes analystes politistes peut-être vous autour de la table ne le mettent pas complètement de côté on va se demander justement jusqu'à 13h sur France Inter si il pourrait y avoir un vrai risque de cohabitation le Rassemblement National peut encore passer la barre fatidique des 289 députés obtenir une majorité absolue à quoi ressemblerait une cohabitation avec Jordan Bardella Premier ministre de la France le débat continue sur France Inter

24:12
Invité

C'était Jay Bernard

27:12
Présentateur

Don't get me wrong

27:14
Invité

Débat du midi

27:17
Auditeur

On est ensemble

27:23
Présentateur

sur France Inter jusqu'à 13h je vous rappelle le numéro du Whatsapp de l'émission pour réagir 01 44 01 45 24 7000 pardon je répète 01 45 24 7000 vous pouvez aussi nous écrire sur l'application de France Inter on est en train de regarder les scénarios de ce second tour et la possible cohabitation le fait que Jordan Bardella puisse arriver Premier ministre de la France autour de la table il y a Thomas Legrand journaliste Jean-Garrick historien Marianne Cahandet constitutionnaliste et Benjamin Morel politiste alors ce scénario de Jordan Bardella est-il encore possible Benjamin Morel est-il probable j'ai envie de dire

28:03
Invité

alors probable de moins en moins chaque jour pour des raisons liées à la sociologie électorale qu'on évoquait au désistement etc est-ce qu'il est possible oui il ne faut pas non plus le cacher il y a quand même une possibilité qu'il y ait une majorité absolue RN soit de manière claire le soir du 7 juillet soit à terme parce qu'on parlait un peu des régimes politiques européens dans aucun pays à part en France et en Allemagne parce que leur extrême droite est vraiment composée de nazis et qu'il y a le poids de l'histoire le cordon sanitaire n'a fini par tenir parce qu'à un moment l'extrême droite a eu besoin de la droite donc je ne vous dis pas qu'il y aura une majorité le 7 juillet en revanche au 31 décembre ou dans un an on peut voir des cordons sanitaires sauter preuve en est par Eric Ciotti donc est-ce qu'il peut y avoir des évolutions ce n'est pas tout à fait impossible donc il peut l'être le 7 juillet il peut l'être plus tard dans tous les cas ça posera le problème de l'équilibre au sein d'une cohabitation entre un gouvernement qui n'aura aucune pratique du pouvoir et un président qui n'a aucune coupe alors justement cet équilibre Jean-Garrig

29:00
Présentateur

vous avez écrit ce livre sur le couple infernal l'Elysée-Mattignon qui a les rênes du pouvoir entre Emmanuel Macron et Jordan Bardella s'il devient premier ministre

29:10
Invité

écoutez les institutions sont très claires le texte constitutionnel que connaissent bien mieux que moi mes voisins sont clairs le premier ministre conduit dirige la politique de la nation détermine et conduit la politique de la nation en période de cohabitation il retrouve le périmètre que l'évolution de la pratique présidentialiste de la 5ème république l'a enlevé et notamment après la fameuse révision dont je parlais tout à l'heure et l'hyper présidence de Nicolas Sarkozy donc le premier ministre en tout cas sur tout ce qui concerne la politique intérieure il est le seul maître à bord quand Jacques Chirac en 1986 a voulu faire les privatisations il a fait les privatisations au début François Mitterrand ne voulait pas signer donc si Jordan Bardella

29:53
Présentateur

veut supprimer le droit du sol s'il veut supprimer l'aide médicale d'état il peut tout à faire

29:57
Invité

en s'appuyant sur une majorité absolue il pourra il pourra le faire alors il y a cette fameuse question de ce qu'on appelle le domaine réservé qui est une pratique de la 5ème république qui avait été théorisée en son temps par Jacques Chabandelmas dans les débuts du septennat du général de Gaulle Jacques Chabandelmas qui était président de l'assemblée qui considère que le président de la république malgré tout en tant que chef de l'état chef des armées il a une sorte de privilège de droit de regard sur la politique des affaires étrangères la politique de défense c'est de facto ce qui s'est passé dans la plupart des cohabitations mais dans ces cohabitations ce qui s'est passé c'est que le président de la république et le premier ministre finalement convergeaient sur l'essentiel il y a eu des pour les affaires de défense et d'étrangers diplomatiques oui oui bien sûr sur ce fameux domaine réservé ils convergeaient donc finalement le problème se posait pas véritablement il y a eu des petites anicroches mais globalement et d'ailleurs quand Edouard Balladur en 1994 on était dans la cohabitation de velours avec François Mitterrand a publié une interview dans le Figaro où il parlait de notre politique étrangère François Mitterrand l'a très mal pris parce qu'il considérait que notre politique c'était pas celle de Balladur mais celle de François Mitterrand et Edouard Balladur on disait la politique gaullo-mitterrandienne en parlant de la politique étrangère et ce domaine réservé c'est vrai que Jacques Chamond-Delmas il a un petit peu abusé parce qu'en fait il n'y avait pas la majorité gaulliste entière donc il a un petit peu expliqué écoutez avec le poids historique du général de Gaulle bon il s'occupe de la France nous on s'occupe des français voilà ce que c'était réparti et après ça s'est bien passé parce que comme vous le disiez Jean Garry ils avaient le même avis sur la plupart

31:45
Présentateur

mais là ils n'ont pas du tout le même avis Jordan Bardella non alors là c'est là qu'il faut interroger Marianne Cohandé qui a fait sa thèse

31:51
Invité

sur la cohabitation comment ça peut se passer alors qu'ils n'ont pas du tout il y a des histoires de contre-seins et tout ça là on va rentrer peut-être un petit peu dans le détail mais vous si vous aviez

32:01
Présentateur

écrire un article par exemple pour Libération

32:03
Invité

je téléphonerai à Marianne Cohandé déjà pour lui demander pour vérifier que je ne dis pas de bêtises mais c'est vrai que

32:10
Présentateur

dans les personnalités politiques avant de rentrer dans la loi dans les personnalités politiques comment ça peut se faire ce jeune homme de 28 ans contre Emmanuel Macron

32:18
Invité

alors oui c'est vrai que le jeune de 28 ans qui n'a pas fini sa première année de géo et qui n'a jamais travaillé de sa vie effectivement je ne veux pas faire de l'élitisme moyen mais ça paraît compliqué mais il a avec lui l'article 20 l'article 21 il a avec lui le parlement s'il a la majorité absolue et quand le président est hors jeu comme c'est le cas dans une donc Emmanuel Macron

32:42
Présentateur

va se coucher alors il y a des histoires

32:43
Invité

non parce qu'il y a des histoires de contre-seins c'est là qu'il faut que vous moi je peux vous dire après c'est là que oui

32:48
Présentateur

alors allons-y Marie-Anne Kohandet allez-y dites-nous un peu la répartition du pouvoir

32:53
Invité

l'histoire des contre-seins notamment expliquez-nous parce que ça c'est compliqué alors la cohabitation c'est un retour au texte de la constitution or le texte de la constitution prévoit que le président de la république est un arbitre et qu'il est le garant de l'intégrité du territoire du respect des traités du respect de la constitution donc ça c'est sa mission la mission du gouvernement ce qui a été évoqué article 20 et coup 21 c'est le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation sous la direction du premier ministre chacun son rôle chacun son rôle donc le texte est très clair alors en période habituelle quand la majorité le texte est clair c'est-à-dire que le gouvernement a le pouvoir le gouvernement a le pouvoir le gouvernement a le pouvoir le ministre lorsque la majorité parlementaire considère que le président de la république est son chef en fait elle suit ses directives et de fait c'est le président qui a l'air de gouverner mais en période de cohabitation on est obligé de revenir au texte et il faut savoir que si comme le souhaite monsieur parce que c'est ses valeurs le monsieur qu'on a entendu tout à l'heure on donne le pouvoir à l'extrême droite nous aurons un gouvernement d'extrême droite et une politique d'extrême droite et il ne faut pas s'imaginer qu'on peut jouer avec le feu et qu'il y ait un pompier à l'Elysée non les pouvoirs du président de la république sont extrêmement réduits alors qu'en est-il dans le domaine dit domaine réservé comme ça a été évoqué défense et diplomatie mais aussi le président est-il toujours le chef des armées par exemple dans un contexte de géopolitique très tendu avec cette guerre en Ukraine il y a en fait un partage des compétences entre les deux c'est à dire que dans les faits en dehors des cohabitations le président dirige seul la défense la diplomatie et pendant les cohabitations il co-dirige dans ce domaine là il y a co-gestion et ça va être très difficile il faut un respect mutuel entre les deux personnes et ça va être très difficile aussi dans un autre domaine de la décision de la position mais pas du tout co-jection de l'application et donc il y a quand même un déséquilibre parce que tel que vous nous le dites est-ce que vous le pensez comme ça il y a une sorte quand même d'équilibre de 50-50 c'est plus que ça à part la bombe atomique normalement il faut qu'ils arrivent à se mettre d'accord parce que les deux vont signer les actes

35:06
Présentateur

respectueux

35:08
Invité

de cette cohabitation est-ce qu'on peut lui faire confiance ?

est-ce qu'on peut lui faire confiance là-dessus comme sur le reste je pense absolument pas parce qu'il va très franchement dire une chose et son contraire en très peu de temps et donc en même temps qu'il dit bah oui on va être respectueux des institutions il dit le rôle de chef de l'état chef des armées c'est purement honorifique non ce n'est pas purement honorifique puisque le président doit signer un certain nombre d'actes mais il faudrait qu'il y ait accord entre les deux pour la sécurité de la France et ça ça va être très problématique puisqu'il y a des désaccords majeurs en particulier sur la Russie il faut bien voir du fait de l'allégeance du rassemblement national vers la Russie des amitiés très profondes d'intérêts financiers etc alors Marine Le Pen a quand même dit

35:55
Présentateur

qu'elle soutenait l'Ukraine dans cette guerre

35:58
Invité

oui mais elle a aussi dit son admiration pour Vladimir Poutine il y a quelques années son admiration il y avait une convergence idéologique voilà pour monsieur Victor Orban qui est lui-même un grand serviteur de Vladimir Poutine néanmoins elle veut envoyer des armes à l'Ukraine dans cette guerre voilà mais il faudra voir comment ça va fonctionner parce que si le RN dit ah bah non notre budget ne nous permet pas d'envoyer des armes à l'Ukraine comme par hasard on sera au service de la Russie moi c'est ce qui me fait une des choses qui me font très peur c'est de voir la France au service de la Russie

36:31
Présentateur

c'est important de le dire parce que les auditeurs qui nous écrivent là ce matin n'ont pas vraiment cette peur en fait ils ont l'impression que les politiques sont empêchés je vous propose d'écouter ce lycéen parisien qui nous a envoyé une note vocale

36:45
Auditeur

alors je m'appelle Théo j'habite dans le 11ème arrondissement je n'ai pas voté par de la Premier Ministre c'est comme je sais rien c'est comme tous les autres ça va rien changer c'est tout non je pense que ça fait pas peur je pense que comme tous les gouvernements précédents il se passera rien du tout ils promettent à chaque fois monde des merveilles mais à chaque fois ils ont les mains liées que ce soit la gauche la droite Macron ou le RN je pense que ça va rien changer du tout moi ça va juste bloquer le pays c'est tout ce qui va se passer c'est comme Chirac et Jospin dans le passé il y a 20 ans il y en a un qui va prendre une décision l'autre va la bloquer inversement c'est tout ce qui va se passer on va juste tous perdre notre temps

37:23
Présentateur

Marianne Candet c'est bonnet blanc blanc bonnet Jordan Bardella ça sera comme un autre

37:29
Invité

ce qui serait formidable c'est que ce jeune homme puisse aller faire un voyage en Russie en Pologne ou en Hongrie et qu'il voit ce que ça veut dire concrètement de voter pour l'extrême droite ça veut dire qu'on est plus libre de dire ce qu'on veut qu'on est plus libre d'avoir des médias indépendants qu'on est plus libre d'avoir une justice indépendante et qu'au bout de quelques années monsieur Poutine va vous envoyer vous faire tuer dans un autre pays pour sa gloire voilà ce que concrètement ça signifie et le deuxième gros problème qui peut y avoir dans ce qu'on appelle le domaine réservé au sens large c'est la mission de défense des droits et libertés qui est celle du président et que Valéry Giscard d'Estaing avait rappelé il doit veiller au respect de la constitution qui contient les droits de l'homme or on sait que le RN

38:12
Présentateur

veut il dit que lui il resterait dans la ligne d'Emmanuel Macron notamment dans ce conflit avec l'Ukraine il est prêt à envoyer des armes alors il a fixé des lignes rouges par exemple pas d'armes qui pourraient toucher directement le sol

38:25
Invité

à chaque étape de l'aide à l'Ukraine vous vous souvenez que ça s'est fait par étapes on a fait des sanctions on a envoyé un peu d'argent puis beaucoup d'argent puis des et puis finalement des armes non létales des armes létales à chaque étape ils ont dit non donc c'est la dynamique qui compte ils ont dit non et là c'est eux qui auront les moyens de l'application les cordons de la bourse et qui auront les manettes donc il y a ce qui est dit il y a ce qui est fait voilà et on sait très bien que Jean-Garré c'est un tout petit peu nuancé d'abord première question est-ce que Jordan Bardella aura intérêt à conflictualiser cette cohabitation ça c'est une vraie question c'est-à-dire

39:09
Présentateur

à mettre des bâtons dans les roues du président pour vraiment empêcher sa politique

39:13
Invité

pour l'instant je n'ai pas la réponse s'il a envie de conflictualiser il a les moyens de le faire ça c'est une certitude mais je n'ai pas la réponse deuxièmement il y a aussi quelques garde-fous institutionnels par exemple le Sénat le Sénat a une majorité pour l'instant qui n'est pas celle du Rassemblement National qui est celle des Républicains il n'est pas sûr que sur un certain nombre de textes on arrive à concilier les deux même si effectivement le Sénat l'Assemblée Nationale par exemple peut avoir le dernier mot dans le processus législatif troisièmement et j'en termine c'est juste une incise il y a aussi le Conseil Constitutionnel qui est le gardien de la constitutionnalité des lois c'est-à-dire que Jordan Bardella ne peut pas proposer n'importe quelle loi il est quand même sous le regard du Conseil Constitutionnel et aussi du Conseil d'Etat au passage je veux dire il existe quand même quelques garde-fous quelques garde-fous

40:08
Présentateur

alors quelle stratégie Jordan Bardella va-t-il adopter Benjamin Morel est-ce que justement il va dire je ne sais pas le Président de la République m'empêche de mener la politique ou au contraire est-ce qu'il va se servir peut-être s'il y a cette cohabitation de Premier Ministre comme tremplin quel rôle il va jouer à peu près à votre avis quel rôle stratégique pour 2027

40:30
Invité

vous savez ce que je dis depuis à peu près trois semaines c'est que ce que l'on peut faire c'est établir des cas juridiques dans lequel évoluent des acteurs rationnels on n'est pas sûr de la rationalité des acteurs et donc toute la limite de la projection elle est là ce qu'on peut dire en effet et je rejoins Jean c'est à dire que le Président de la République ne sera peut-être pas le principal problème de Jordan Bardella parce que et c'est une différence avec les précédentes cohabitations si elles devaient avoir lieu on aura un Président de la République très faible il n'y a pas de parti il n'y a pas d'avenir il ne peut pas se représenter il n'y a pas non plus de groupe parlementaire ses députés l'ont renié il n'y a pas une région il n'y a pas un département il n'y a pas une grande ville il n'y a pas de collectivité il y a très très peu de ressources politiques à part les ressources juridiques sur lesquelles il pourrait jouer mais s'il en fait trop s'il bloque tout et bien il accrédite l'idée que le système en a contre le Rassemblement National et n'oubliez pas de voter Marine Le Pen en 2027 sinon vous voyez bien qu'on ne peut pas avancer donc il va y avoir un jeu extrêmement complexe et il y a d'autres acteurs conséquentiels qui ont quand même bétonné sa jurisprudence sur l'immigration ces derniers mois c'est peut-être pas pour rien l'Union Européenne qui nous a mis sous observation pour les questions de l'aide publique beaucoup une grande partie du programme du RN n'est pas faisable sans réforme constitutionnelle et pour une réforme constitutionnelle il vous faut une majorité au Sénat et il faut que le Président de la République se soumette à congrès ou à référendum et donc si vous n'avez pas l'Elysée ni le Sénat c'est très compliqué d'avancer sur la préférence nationale on en revient

41:46
Présentateur

à cette France

41:47
Invité

c'est là qu'on peut parler d'illibéralisme quand je parle d'illibéralisme c'est pas pour à moindrir le risque mais c'est une forme d'extrême droite l'illibéralisme en fait c'est considérer que la légitimité de l'élection vous permet de battre en brèche la légalité des lois précédentes ou du cadre institutionnel la constitution mais plus globalement l'état de droit il faudrait demander à nos invités aussi de définir l'état de droit par rapport à la constitution mais toutes ces règles qui sont faites pour empêcher l'exécutif d'aller au-delà de ce pour quoi il a été élu parce qu'il a été élu dans un certain cadre d'état de droit et de constitution et là on voit bien Jordan Bardella ou n'importe quel autre leader d'extrême droite qui va nous dire ah mais évidemment j'ai pas le droit de faire ça parce que les juges m'en empêchent le conseil d'état m'en empêche l'idéologie dominante de la presse tous les contre-pouvoirs plus ou moins institutionnels ou non institutionnels le monde de la culture tout ça mis dans le même sac le conseil constitutionnel et il va vouloir écarter tout ça comme le font tous les illibéraux de Orban à Poutine et c'est là que le danger arrive c'est là que le danger pour la démocratie libérale notre forme de démocratie depuis 1945 en Europe est véritable et c'est pour ça que je disais qu'on n'assisterait pas dans ce cas-là à une alternance mais à une bascule

43:14
Présentateur

alors à une bascule alors ça c'était pour le scénario 2 celui de la cohabitation mais on se demande ces derniers jours si Emmanuel Macron ne pourrait pas faire le choix de nommer un gouvernement technique alors qu'est-ce que c'est qu'un gouvernement technique pourrait-il démissionner tiens ça c'est aussi une auditrice qui nous le demande alors on va répondre dans un instant à cette question Emmanuel Macron pourrait-il démissionner je vous laisse quelques minutes pour nous envoyer encore vos questions au 01 45 24 7000 le débat de midi continue

43:41
Invité

je ferme les yeux nous imaginons là nous deux entrelacés les bras séchés par l'amour l'amour de l'autre je rêve je rêve je rêve je rêve je rêve je rêve je rêve je rêve Comment penser l'avenir, penser hier en guérir Oh, je rêve, je rêve, je rêve Oh oui, je rêve, je rêve, je rêve Je rêve que tu es avec moi Oh oui, je rêve, tu n'es pas, non, non, tu n'es pas Vraiment, là Je sens dans ma poitrine, mon cœur qui s'arrête Je rêve et je fais mine de n'avoir pas senti passer Cette réalité qu'endormie, tu resteras n'est plus jamais à côté de moi Je rêve, je rêve, je rêve, oh oui, je rêve Je ne fais que rêver, imaginer ton devenir Si seulement t'avais laissé le temps aimer, t'aimer

45:47
Locuteur

Je ne cesserai, n'empêche pas de rêver

45:51
Invité

Alors je referme les yeux et je rêve Je rêve, je rêve avec moi Je rêve, je rêve, je rêve, je rêve, je rêve

46:43
Présentateur

Que tu sois là, que tu sois là, que tu sois là C'était Zao de Sagazan avec Je rêve

46:54
Invité

France Inter, le débat de midi Paula Puerhari

47:05
Présentateur

On est toujours ensemble jusqu'à 13h sur France Inter et sa débat autour de la table D'une future cohabitation, à quoi pourrait ressembler une cohabitation entre Emmanuel Macron et Jordan Bardella A quelques jours du second tour des législatives Second tour extrêmement tendu Pour la première fois, le Rassemblement National est aux portes du pouvoir Toujours en compagnie du journaliste Thomas Legrand De Jean Garrigue, historien De Marianne Cohandet Qui connaît tout sur les lois constitutionnalistes Et de Benjamin Morel, politiste Et on a reçu énormément, énormément De messages D'auditeurs Gauthier nous dit Qu'en est-il d'une possible application de l'article 16 par Macron Et c'est justement la même question que pose Florence Qui a laissé une note vocale sur l'application France Inter

47:48
Auditeur

Voilà, je m'appelle Florence et j'habite Fontenay-aux-Roses Je voulais savoir quelles étaient les suites possibles Si l'Assemblée effectivement se confirme ingouvernable Le président de la République peut-il démissionner Et dans ces cas-là, quelles sont les suites Est-ce que des élections présidentielles interviennent tout de suite Est-ce qu'il y a de nouvelles élections législatives Est-ce qu'il peut prendre les pleins pouvoirs Et dans ces cas-là, qu'est-ce que ça amènerait Voilà, donc en cas de gros bazar Qu'est-ce qu'on peut envisager du point de vue de la Constitution

48:19
Présentateur

Merci Florence Alors, elle parle de cette question Des pleins pouvoirs Marianne Coandette ou comme Gauthier Qui parle de l'article 16 C'est une question qui revient énormément Qu'est-ce que c'est exactement dans la Constitution

48:34
Invité

Alors l'article 16 C'est un peu la constitutionnalisation Du traumatisme de la loi du 10 juillet 40 Il faut se souvenir que le 10 juillet 40 Le Parlement donne tous les pouvoirs à Pétain Parce qu'on est dans la panique, l'invasion, etc Et ça a énormément traumatisé les Français Et notamment le général de Gaulle Qui s'est dit plus jamais ça Si on a une période de grosse crise Il faut qu'on puisse remettre Les pouvoirs essentiels Dans les mains d'un homme Qui ait la capacité de prendre les mesures nécessaires Mais pas dans les mains n'importe qui Dans les mains du président de la République Donc la raison d'être de cet article c'est ça C'est s'il y a un trouble majeur Il faut que quelqu'un puisse sauver la République Ça existait déjà à Rome Où pour sauver la République Pendant 6 mois On pouvait avoir un dictateur Donc c'est évidemment très dangereux C'est d'autant plus dangereux Que les conditions à réunir Sont nombreuses, cumulatives Mais qu'il n'y a pas vraiment de contrôle Donc c'est un pouvoir très dangereux

49:33
Présentateur

Emmanuel Macron pourrait dégainer cette carte Selon vous ?

49:36
Invité

Alors ça serait à mon sens Totalement inconstitutionnel Il faut dire ce que c'est peut-être C'est quand même la mise sous tutelle Expliquez-nous C'est la mise sous tutelle du Parlement De tous les contre-pouvoirs Alors pas tout à fait Avec des parenthèses Il y a une sorte de parenthèse Enchantée pour le président Oui Donc en fait ça permet Pour l'auditeur

49:53
Présentateur

Donc vous avez sorti un

49:55
Invité

Voilà je sors mon texte Vous avez sorti le texte de la loi Sur ce plateau Une seconde que tout le monde Peut trouver sur internet Sur le site du conseil constitutionnel notamment Lorsque les institutions de la république L'indépendance de la nation L'intégrité de son territoire Ou l'exécution de ses engagements internationaux Sont menacées d'une manière grave Et immédiate Et que le fonctionnement régulier Des pouvoirs publics constitutionnels Est interrompu Le président de la république Prend les mesures exigées par les circonstances

50:25
Présentateur

Alors qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que si demain Les mesures exigées par les circonstances On ne comprend pas très bien

50:31
Invité

C'est très flou Parce que justement On a voulu faire face A n'importe quelle circonstance Admettons que demain On ait une guerre civile en France Que tout soit totalement bouleversé Là oui le président Pourrait légitimement Appliquer cet article Scénario probable selon vous Mais ça paraît un peu indrécembre Alors très improbable Mais pour continuer ce que disait Marine

50:50
Présentateur

Et en même temps on ne pensait pas Qu'Emmanuel Macron allait dissoudre L'Assemblée nationale

50:54
Invité

C'est même embêtant d'évoquer je trouve Le parallèle avec Rome est intéressant Parce qu'à Rome C'est le Sénat

51:01
Présentateur

C'est-à-dire Thomas Le Grand

51:03
Invité

C'est le Sénat qui nomme un dictateur Là c'est le dictateur qui se autonome Et donc autrement dit Si vous avez Emmanuel Macron Qui considère que les conditions sont remplies Et bien il peut y aller Il y a évidemment des critères dans l'article 16 Mais il est le seul juge que ces critères soient applicables ou pas Donc vous me posez la question Je peux vous répondre Et en effet la réponse est non Mais c'est pas moi qui juge Et donc à partir de là Il n'y a pas vraiment Idem On va Un autre de vos auditeurs Demander Pour la démission Est-ce qu'il peut Est-ce qu'un nouveau président par exemple Élu en pré-démission Pourrait redissoudre l'Assemblée nationale On a eu ce débat avant le Théoriquement Non L'article 12 est extrêmement explicite On ne peut pas dissoudre un an Après Moins d'un an Après une deuxième dissolution Sauf que le conseil constitutionnel n'est pas compétent Pour contrôler le décret de dissolution Pas plus que le conseil d'état Le seul qui s'autocontrôle sur le fait qu'il respecte bien l'article 12 Avec les un an C'est le président Et là il y a un dysfonctionnement quand même dans notre constitution Vous nommez Vous élisez un individu Président de la république Qui dispose de la capacité De décider si ce qu'il fait Est ou pas constitutionnel Même si explicitement ça ne l'est pas Et là il y a pas de légitimité

52:13
Présentateur

On se fait un peu peur

52:15
Invité

Il pourrait ne pas respecter la constitution Tout le monde constaterait qu'il ne la respecte pas Mais la constitution n'a pas prévu de moyens Pour le sanctionner pour ça C'est un acte gouvernemental Il y a quand même Une soupape de sécurité avec l'article 68 On peut le démettre En cas de manquement au devoir de sa charge Enfin d'actes Manifestement incompatibles avec l'exercice de son mandat Mais on fait une majorité tellement En évoquant l'article 16 Et ce sujet là On se fait un peu peur Parce que l'article 16 c'est vraiment S'il y a un trouble à l'ordre public Général Énorme Il n'a été C'est ce que je vois La guerre d'Algérie Bon Alors on va revenir sur Terre On va revenir sur Terre Le plus probable Le push d'Algérie a duré 3 jours Et l'application à l'Algérie Alors ne parlez pas tout ça maintenant

53:00
Présentateur

Alors on va revenir sur Terre 5 minutes Parce que là effectivement On joue un peu à se faire peur

53:04
Invité

Je répète que ça a été donc appliqué Par le général de Gaulle Qui était le général de Gaulle Je veux dire que Merci de nous rappeler l'histoire Jean-Garré La vie politique C'est aussi le regard d'une opinion publique C'est à dire que Emmanuel Macron Aussi fantasque Que certains puissent le trouver Il n'a pas sauvé deux fois la République Il n'a pas peut-être Vous voyez Les moyens Je veux dire Même psychologiques D'appliquer ce type de décision

53:27
Présentateur

Alors dernière hypothèse Très vite Il nous reste une petite minute Un gouvernement technique Avec des experts Est-ce que vous avez des noms Autour de la table De personnes qui pourraient Mener ce gouvernement On sait que Laurent Berger Par exemple

53:40
Invité

A refuser Laurent Berger Ce n'est pas un gouvernement technique C'est un syndicaliste Qui est politisé Mais il est Disons qu'il serait Politiquement au barycentre D'une très très large Majorité Majorité relative Et très hétéroclite Quand on parle D'un gouvernement technique On parle plutôt D'un haut fonctionnaire Une sorte de Jean Castex De centre-gauche Jean Castex Par exemple Moi j'ai un nom Que j'invente Enfin j'ai un nom Que je lance comme ça Un haut fonctionnaire Essayiste Un peu gaulliste Un peu écolo Un peu centriste Qui s'appelle David Jays Voilà Mais personne ne lui a demandé Son avis Qui est un jeune Vous êtes d'accord Jean Garry Que ça pourrait être un nom Jean Garry C'est vrai qu'il se situe Je viens de le lancer Si les premiers ministres Alors là Alors vous faites des paris Autour de la table David Jays Premier ministre Non mais Comme le dit Thomas Il se situe A mon sens Au bon endroit Dans le paysage politique C'est-à-dire plutôt Au centre-gauche Il faut quelqu'un Si Emmanuel Macron nous écoute Il faut quelqu'un Qui gauchise un peu Le pire Ce n'est plus un gouvernement technique Le gouvernement technique Il est strictement neutre C'est un fonctionnaire C'est un fonctionnaire Admettons qu'on a un RN A 240 députés Ça veut dire que le RN Ne vote pas de motion de censure Dans le cadre d'un gouvernement technique Et accepte de faire passer les budgets Donc il faut quelqu'un De vraiment gris Il faut quelqu'un Qui ne puisse pas être renversé Par une motion de censure C'est-à-dire qu'il ne puisse pas avoir 281 voix contre lui Et ce ne serait que pour très peu de temps Et donc il faut un accord politique aussi

55:09
Présentateur

Bon et bien grosse mission Alors ça fait beaucoup Pour cette dernière ligne droite Avant le second tour des législatives Merci à Thomas Legrand Marianne Cohandet Jean Garrigue Et Benjamin Morel D'avoir débattu Autour de cette France Peut-être ingouvernable Nous verrons Le débat de midi C'est fini pour aujourd'hui Merci à tous On se retrouve demain Merci à Lison Chambre Johan Duval Alexandre Bigot Et Raphaël Baduré-Ibanez Qui ont préparé cette émission A la réalisation Gaëtan Colli A la programmation musicale Valentine Chedebois A la technique aujourd'hui Guillaume Roux Et moi je vous dis A demain Pour un autre débat