Mobilisation des lycéens: "Une partie de la colère est légitime", estime Robert Ménard
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Bonjour Robert Ménard, merci de répondre à mes questions ce matin, vous êtes maire de Béziers
- 0:09OuverteRéponse directe
Beaucoup de questions sur les lycéens, sur le carburant, sur l'élection présidentielle
- 0:57OuverteRéponse directe
Vous parlez de quoi ? De parcours sub, des profs non remplacés, des bâtiments ?
- 1:28RelanceÉludée
La démocratie interne ?
- 1:42FerméeÉludée
Un cadeau empoisonné ?
- 2:27OuverteRéponse directe
On leur dit quoi ? On leur dit t'iras pas en fac mais t'iras où ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:19Invité politiqueChiffre
« il y a la moitié qui n'iront jamais jusqu'en licence. »
- 3:14Invité politiqueChiffre
« 20 ou 30% des gosses qui en sixième savent pas lire un texte à haute voix »
- 3:57Invité politiqueFait
« ils passent le français du bac, depuis le début de la rentrée, ils n'ont pas prof de français. »
- 10:37Invité politiqueFait
« la justice, elle doit être individuelle. »
- 11:19Invité politiqueFait
« C'est Mitterrand qui a supprimé ce système-là. »
- 12:48Invité politiqueChiffre
« Je mets trois ans à obtenir de le faire. »
- 16:48PrésentateurChiffre
« Ils promettent 1,8% de croissance »
- 16:51PrésentateurChiffre
« ils promettent de retomber sous les 3% de déficit, voire même d'arriver à 2,5% en 2032 »
- 18:49Invité politiqueFait
« on va interdire la France insoumise »
Temps de parole
- Robert Ménard70 %
- Présentateur25 %
- ?5 %
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Bonjour Robert Ménard, merci de répondre à mes questions ce matin, vous êtes maire de Béziers, beaucoup de questions évidemment sur les lycéens, sur le carburant, sur l'élection présidentielle. D'abord sur les lycéens parce que ça bloque encore ce matin, il y a des appels à mobilisation qui rejoignent aussi des appels à la grève d'un certain nombre de salariés, et notamment chez Total, on y reviendra, Sébastien Lecornu hier, qui dit d'un côté il faut écouter la colère, elle ne vient pas de nulle part, le devoir est donc d'écouter les lycéens, ils les écoutent mais ils ne leur donnent rien.
Et
surtout c'est de la foutaise quand même, un moment de démocratie interne, ça ne vous fait pas pouffer de rire mais ça fait pouffer de rire tout le monde, ils savent très bien, ça fait des jours et des jours qu'on sait les problèmes qu'il y a, alors on peut peut-être dire plutôt que cette espèce d'écran de fumée, dire voilà sur ça on peut peut-être faire quelque chose, sur ça on ne va pas
pouvoir...
Vous
parlez de quoi ? De parcours sub, des profs non remplacés, des bâtiments ?
Voilà, on leur dit il y a des bâtiments qui sont en mauvais état, alors c'est beaucoup les régions et tout, peut-être qu'ils n'ont pas assez d'argent pour le faire, tu t'expliques moi ? Après vous faisiez l'allusion aux Angolades que j'ai eues avec un certain nombre de ces lycères, j'en ai à 4 ou 5, je leur ai dit tenez on va à la mairie, j'appelle le sous-préfet, je fais venir le proviseur. Et ils sont venus et on a discuté une heure ensemble et il a essayé de leur répondre, il a des arguments le proviseur et je voyais que les gens en face, ils écoutaient
les arguments. C'est pas mal
la démocratie interne ?
Oui
mais enfin attendez, non, non, non, c'est comme ça, c'est en 4 d'un côté ou 5, vous voyez dans le climat qu'il y a, réunir 50 gosses en même temps, mais vous voulez aller arbitrer, ça va être plus compliqué qu'entre nous deux.
Donc ça veut dire quoi ? C'est
un cadeau empoisonné ?
C'est parce qu'ils ne savent pas quoi faire.
Sur Parcours Sud, attendez, honnêtement,
oui,
moi je sais, j'ai des enfants, vous avez des enfants, on a vu et tout ça, mais enfin c'est pas le problème. Le problème c'est quand tu leur racontes des bobards aux gosses que tu leur dis, écoutez je regardais, il y a 40 ans, il y avait 25% d'une classe d'âge qui avait le bac. Voilà, aujourd'hui il y en a 80% qui ont le bac.
On
te donne un truc qui n'a aucune valeur madame, il faut le dire, on prend les gamins pour des cons. Aujourd'hui vous croyez que moi j'embauche à la mairie parce que t'as le bac ? Mais bien sûr que non, d'ailleurs il y a la moitié qui n'iront jamais jusqu'en licence. Ça veut dire qu'il faut, mais ça il faut avoir le courage de leur dire. Mais
alors
on leur dit quoi ? On leur dit t'iras pas en fac mais t'iras où
?
Non, on leur dit que non, tout le monde ne peut pas aller en fac madame. Qu'est-ce que vous voulez ? La moitié que vous maintenez jusqu'en licence et qui n'auront rien, ça fait des gens ensuite qui sont, moi je vois, mais même les enfants,
ils
me
disent,
t'as vu les diplômes que j'ai ? Oui, mais t'as des diplômes qui ne te permettent pas de trouver un boulot. Mais c'est tellement plus difficile à dire. Moi je préfère dire à Parcoursup, c'est pas bien, on va le modifier, on va rien modifier du tout, on va pas y
arriver.
Parcoursup c'est pas le problème, ce que vous êtes en train de dire, Parcoursup c'est un outil, le problème c'est ce qu'il
y
a derrière, c'est-à-dire le rapport à la fac, le rapport aux formations,
la difficulté à
trouver une formation
qui vous donne un
vrai boulot derrière.
Et puis le rapport au travail, enfin attendez, il y a, je sais plus, je vais vous dire une bêtise, 20 ou 30% des gosses qui en sixième savent pas lire un texte à haute voix madame, et vous les faites passer en sixième, et ensuite t'as un collège unique où tu mélanges tout le monde sous prétexte que c'est plus égalitaire, vous croyez que le BEPC, je crois que ça s'appelle le brevet des
collèges. Ça s'appelle le brevet des collèges maintenant, mais j'ai compris.
Vous avez compris de quoi ? Vous êtes trop jeunes, mais moi ça s'appelait le BEPC. Attendez, ça n'a aucun sens, et c'est se moquer des gens. Moi ce que je reproche...
Mais
donc on leur dit quoi ? Ça veut dire qu'en même temps, vous n'allez pas leur dire, ils sont désespérés, ils sont dans la rue, il y
a
des blocages à peu près partout en France, vous n'allez pas leur répondre, écoutez de toute façon, j'ai rien à vous donner, et il n
'y
aura que du sang et des larmes ?
Non, vous ne leur dites pas ça, vous leur dites qu'il
y a
une partie des choses que j'entends, qui est des... Attendez, moi j'ai vu des gosses où ils passent le français du bac, depuis le début de la rentrée, ils n'ont pas prof de français. Ça, tu peux hurler et tout, tu peux hurler, et ils ont raison. Tu peux leur dire que moi...
Vous la
trouvez légitime, leur colère ?
Je trouve une partie légitime, je trouve qu'il
y a
des choses où on ment, mais c'est de notre faute, c'est toute une société où on ne dit pas les choses aux gens. Aujourd'hui,
vous
croyez, tout à l'heure,
vous
parliez de, c'était quoi ? La baisse des
prix du carburant, le stock, on va y
venir évidemment
stratégiquement. On va y revenir.
Quoi ? On va baisser d'un euro le carburant ? Tout le monde sait que ce n
'est
pas vrai. Pourquoi on raconte des craques aux gens ? Et tout le monde se ment. En plus, on est à l'élection, on est à quoi ? C'est moi de l'élection, avant qu'il y en ait un
qui
prenne le risque de dire certaines choses dures à entendre, mais qui sont
comme ça. Mais c'est terrible ce que vous
êtes en train de dire, Robert Ménard. Ça veut
dire que de toute façon, c'est
une année pour du beurre, c'est une année où on n'obtiendra rien, parce
que
personne ne sera franc, parce que les gens ne penseront qu'au message qu'ils envoient par rapport à l'élection à venir. Pardon, madame,
vous n'en apercevez pas ?
Si, si, je le contacte, mais j'ai toujours la naïté de penser que ça va changer. Vous êtes
la plus mal placée pour me dire ça à vous, parce que...
J'ai toujours la
naïté de penser que ça va changer.
Mais enfin, attendez, vous avez...
Donc vous êtes
en train de me dire, arrêtez de vous faire des films ? Non,
je dis, arrêtez de croire qu'aujourd'hui, il y a quelqu'un qui va avoir le courage de dire autre chose que les tables de la loi de son propre parti. Moi, je ne veux plus discuter avec des hommes politiques maintenant, parce que ça ne sert à rien. Parce que vous avez... Quand on débat, moi, je... Alors, vous n'êtes pas un homme politique, mais vous pensez des choses, je peux discuter, vous entendez ce que je dis. Vous critiquez, sur ce point, il a raison. Tu ne peux plus faire ça. Et là, sur cette crise-là, aujourd'hui, tout le monde se raconte des craques.
Il
n'y
a
donc plus de dialogue possible. Mais il n'y
en a pas. Aujourd
'hui, en
France.
Mais vous en voyez,
vous, du dialogue ? Est-ce que ça veut dire, Robert Ménard, quand même, que vous auriez donné des éléments ? C'est-à-dire que là, vous nous dites, voilà, il y a plein de choses qui ne vont pas. Bon, ça, on est d'accord sur le constat. Quelle est la solution ? Est-ce qu'il
y a
des solutions ? Est-ce qu'on peut dire, ce matin, OK, le problème Parcoursup, ça ne fonctionne pas bien. Mais le vrai problème, c'est les facs. Qu'est-ce qu'on peut changer ? Est-ce qu'il faut changer une partie de la formation des étudiants ? Qu'est-ce qu'on leur donne, là
?
Regardez, par exemple,
les horaires. Comme
réponse concrète. Les horaires. Vous savez, ils gueulent beaucoup. Ils disent, moi, j'ai vu, ils commencent à 8h et finissent à 18h.
Et
puis, tu as trois
quarts d'heure. Avec, parfois, trois heures de trou,
et puis qu'une demi-heure pour
manger, mais trois heures de
trou dans l'après-midi.
On a fait des bacs, je ne
sais
pas comment, enfin, vous êtes plus
jeune que moi. Oui, oui, on
a fait des bacs. Non,
non,
mais arrêtez
de dire ça.
J'ai connu les bacs L, S et E, S, mais j'ai compris que désormais, ça n'était plus ça. Ce sont
spécialités à la
carte, en effet. Et ça, ça
a des conséquences
de trous dans les agendas.
Je ne comprends même
pas l'intitulé des bacs. Je ne comprends même pas ce que c'est. Ça veut dire qu'on a fait un tel choix que, quand tu discutes avec un proviseur, le type te dit, il te dit, mais attendez, moi, je me débrouille comme je peux. Il y a tellement d'options, tellement de choses.
Donc, on fait quoi ? On en revient au
bon vieux bacs
L, E, S,
S
ou Techno ? Pourquoi ? L'ensemble de ces bacs à la carte, ils ont changé quelque chose ? Ils ont facilité le travail pour les gens ? Attendez, si on avait fait tout ça et que ça avait été positif, mais je dirais, tu es un vieux con, c'était mieux aujourd'hui qu'hier. Je ne dis pas, madame, je ne dis pas que c'était mieux hier qu'avant. Je dis, aujourd'hui, ça ne fonctionne
pas. Ça a mis du
bazar et ça n'est pas
plus efficace.
Et ça donne du boulot aux gens.
Donc
ça, vous répondriez ça ? Vous
diriez, allez,
ça suffit, on remet sur la table la question, on arrête avec ces...
Avec les mille options, peut-être on revient à quelques trucs, on essaye de vous apprendre à écrire une phrase en français, à calculer, parce que même en terminale, tu peux ne pas savoir écrire un texte en français sans faute d'orthographe. Peut-être qu'on pourrait leur dire ça. Mais c'est tellement plus facile de dire à tout le monde, mais il faut, attendez,
il
faut être, il faut faire l'effort, c'est pas bien, le mérite, ça n'existe pas, la concurrence, c'est un vilain mot. Mais enfin, c'est se foutre d'eux. Moi, je ne me moque pas des gens, je ne me moque pas des gens.
Ça bloque encore, ce matin, qu
'est
-ce que faire ? Je sais qu'à Béziers, il y a eu des blocages, vous avez été au contact, je le disais, de ces jeunes, ça s'est plus ou moins bien passé. Il y en a certains avec qui ça a été quand même, on peut le dire, assez rugueux, mais vous expliquez que vous en avez pris certains avec qui vous
avez ensuite pu
dialoguer avec le proviseur et même le préfet.
Madame, quand tu as affaire en face de toi à un petit con, pardon, je dis le mot petit con comme tout le monde le pense, tout le monde le pense. Quand tu
as
un abruti qui se met à me tutoyer, madame, et moi, personne ne me tutoie quand tu as 14 ans.
Pas
plus le petit abruti en uniforme, vous avez compris, tout de noir vêtu et le visage camouflé. Vous pensez qu'il vient faire quoi ici, là ? Il vient faire du dialogue ? Il vient manifester contre je ne
sais
pas quoi ? Les horaires mal adaptés ? Mais bien sûr que non. Alors pardon, je parle comme je parle, mais en même temps, je crois qu'il n'y
ait
pas un type qui a levé la main, hurlé et tout. Évidemment pas.
Je les engueule.
Hier, Jean-Luc Mélenchon a dit « Notre but n'est pas de récupérer ce mouvement, mais d'être récupéré par lui. Il a estimé que la crise actuelle bénéficie au programme aussi de rupture que propose LFI.
» Mais c'est un démago. C'est de la démagogie à l'état pur.
En même temps, il partage, il dit « Voilà, c'est un programme de rupture. » C'est vrai que c'est un programme de rupture.
Qu'est-ce qu'il
y a
un programme de rupture ?
Ce
que demandent les étudiants,
les
lycéens, ce n
'est
pas un programme de rupture. C'est un certain nombre de choses de bon sens, un certain nombre de choses à lesquelles il faut dire non parce
qu'on n'y arrivera pas. Et que les Français soutiennent d'ailleurs, dans leur majorité.
Mais oui. Ils condamnent les violences, ils soutiennent les revendications. Qu'est-ce que je suis en train de vous dire ? Mais moi, je dis en même temps, pas toutes les revendications, parce que demain, vous êtes, je suis au pouvoir à l'Elysée. Il y a un certain nombre de choses que je ne ferai pas parce que ce n'est pas possible de le faire. Il faut dire aux gens qu'il y
a
des choses qu'on ne fera pas. Vous savez la politique ? Si les gens, ils ne vous croient plus, si les gens que vous recevez, madame, tous les matins ici, ils sont aussi peu populaires quand ils sont sur le terrain face à un certain nombre de gens, vous savez pourquoi ? Parce que les gens ont compris qu'on leur fait des promesses qu'on ne tiendra pas.
Robert Ménard, qui doit payer pour les casses du côté des lycées comme du côté d'éventuels mobiliers urbains ? La présidente de la région Île-de-France a dit qu'elle allait envoyer la facture, qu'elle voulait même retrouver la responsabilité, faire payer, y compris les familles, en leur retirant des aides de la région s'ils ont participé. Il y a aussi cette loi casseur-payeur qui va arriver au Sénat avec l'idée que si vous avez collectivement été dans un moment où il y a, je ne
sais
pas, la casse d'un abribus, vous êtes collectivement responsable et vous allez collectivement payer.
Oui, parce qu'on a eu l'idée, on a dit que la justice, elle doit être individuelle. Donc si... C
'est un principe, c'est un principe de notre
justice. D'accord. Enfin, à un moment donné, les principes, ils se retournent contre les principes eux-mêmes. On te dit, il y a 10 types masqués qui foutent le bordel, qui s'en prennent au CRS ou qui cassent un abribus. Comme on ne peut pas dire, toi, tu es... On ne sait pas si c'est vraiment toi qui l'a fait. Personnellement, des 10, tu t'en sors, tu passes entre les gouttes. Mais bien sûr que non. Enfin, attendez, il y a eu des lois avant où on... collectivement, quand tu participais à une action, ensemble, tous ensemble à faire des destructions, tu payais tous ensemble.
Et on partageait
la facture entre tout le monde, ça a eu lieu jusqu'en 1981.
Exactement. C'est Mitterrand qui a supprimé ce système-là. Oui, il faut faire payer un certain nombre de familles. Pardon, moi, je suis maire depuis 12 ans. Il y
a
un moment donné où, comment vous dire, la concertation, le médiateur... Attends, moi, j'en ai chez moi, des médiateurs qui vont voir un certain nombre de familles. Madame, il y
a
un certain nombre de familles où la médiation, ça ne sert à rien. Si tu ne tapes pas au portefeuille,
tu
n'y arriveras pas. On
fait comment pour taper au portefeuille
?
On enlève les allocs.
C
'est les allocations. C'est que les allocations. Hier, je vous disais, je ne
sais
pas si je vous l'ai dit ou si on en a parlé, hier, il y
a
un gamin qui a jeté un cocktail mot de offre chez moi sur une voiture de police secours. Il a 13 ans, madame. 13 ans. Je demande, évidemment, je suis le maire, je demande qui c'est ce gosse. Donc, je ne
vais
pas dire son nom, ça n'a aucun intérêt. le policier qui me dit, ah, monsieur le maire,
on
connaît bien la famille. Ah, on connaît bien la famille
dans
le trafic de drogue.
Et
qu'est-ce que je fais ? Je vais aller discuter avec la famille en disant, ce n
'est
pas bien. Ah, ce n'est pas bien qu'il jette un cocktail Molotov sur une voiture de secours. Qu'est-ce que je fais ? Je lui coupe
les
allocations familiales.
Vous
pouvez,
vous
en avez le pouvoir
?
Attendez, théoriquement, j'en ai dans un certain cas. Par exemple, j'ai la possibilité de virer un certain nombre de familles des logements HLM parce que je suis président des 7000 chez moi de logements HLM quand il y a des histoires de trafic de drogue. Mais madame, c'est théorique. Je mets trois ans à obtenir de le faire. Trois ans.
C'est-à
-dire
que théoriquement, vous avez le droit de le faire mais
s'il y a procédure, la procédure,
vous met des bâtons dans les roues. Absolument. Ce jeune, est-ce qu'il a été identifié ?
Est-ce que c'est juste la police qui vous dit ça ? Est-ce qu'il a été arrêté ? Là, il a été
identifié, il est en garde à vue et tout parce qu'il a juste un peu plus de 13 ans et vous savez qu'à partir de 13 ans, tu peux attendre.
Il pourra pas être en comparution
immédiate
mais il peut effectivement être arrêté.
Et vous sanctionnez pas la famille
?
Elle est où il est le père,
où elle est la mère ? C'est-à-dire que là,
typiquement, cette famille-là, s'ils sont dans des logements sociaux, vous allez les en sortir
? Absolument. S'ils touchent des allocations, vous allez les en sortir
? Mais
je
veux le faire. Je veux le faire. Le problème, c'est qu'il s'agisse pas seulement de me donner les moyens théoriques de le faire, madame, mais qu'on m'emmerde pas en me disant « Ah oui, mais attendez, il faut que ce soit ça, ami, il faut que ce soit jugé. Définitivement, vous avez pour trois ans un des drames de la justice. Vous
savez
pourquoi les gens ne croient plus à la justice ? Parce qu'entre le moment où tu as fait une connerie et le moment où tu es sanctionné, ou en l'occurrence, sa famille est sanctionnée, c'est tellement long que les gens te disent « Mais regarde, il est en face de moi et c'est toujours mon palier, mon voisin de palier, mais qu
'est
-ce que vous foutez ? »
Ils
me demandent, les gens.
– Robert Ménard, hier Sébastien Lecornu, certes n'a pas donné grand-chose aux lycéens, mais il a annoncé qu'il allait libérer 10% des stocks stratégiques de gasoil, 10 millions de barils, pour faire baisser mécaniquement les prix, il espère, de 12 à 18 centimes d'ici novembre. Bonne nouvelle ?
– Mais bien sûr, c'est une bonne nouvelle. Je suis sidéré moi, je ne vote pas pour ces gens-là. Mais attendez, les gens chez moi, ils seront contents, le diesel, de le payer 12 ou 18 centimes
parmi les centimes, c
'est pas la même chose. Moins cher. Bien sûr, c'est une bonne nouvelle, c'est pas suffisant. Je veux bien qu'on m'explique comment on fait. Comment on fait ? Attendez, combien on a dépensé quand il y
a
eu la dernière fois qu
'il
y
a
eu une crise ? On a dépensé, vous vous rappelez, au moment des Gilets jaunes, 70 milliards, vous les avez où les 70 milliards ? Où on les a ? On les a pas. Alors moi, je veux bien, j'entends là encore.
Là, évidemment,
ça ne coûte rien à court terme, il va falloir quand même les rétablir, ces stocks stratégiques.
Et ça va coûter. Pourquoi je vous dis
ça ?
Écoutez, je précise que ces stocks stratégiques, ils sont sous la houlette de l'État, mais c'est une délégation de services publics,
comme on dit, c'est-à-dire qu'il impose
aux différents distributeurs de constituer ces stocks et c'est l'État ensuite qui autorise ou non à les libérer. C'est du gasoil qui n'appartient pas à
l'État.
Il est géré par une entreprise publique, mais pas l'État. Attendez, ce que j'essaye juste de vous dire, sur là aussi, moi, je ne dis pas que c'est parfait, évidemment pas. Je dis juste, je vais m'abstenir ici de faire, vous savez, une espèce de chapelet quand on est interrogé par des gens comme vous, de tout ce que je ferai demain que je n'ai jamais fait les années précédentes et que je vous garantis, je ne ferai pas plus dans six mois parce que je n'aurai pas plus d'argent dans six mois. C'est comme les gens, vous savez, qui vous disent, ah mais attendez, mais y compris la droite, y compris la droite, c'est pour vous dire, je ne passe pas que de la gauche.
Non, non, non, on ne va pas demander, on ne
va
pas faire payer plus d'impôts. Mais bien sûr qu'on va faire payer plus d'impôts et à tout le monde, et à tout le monde. Et
on va
faire plus bosser, tout le monde
? Attendez, sinon comment on fait ? Vous croyez vraiment que la retraite, on va la ramener à 62 ans ? Mais c'est un mensonge et hanté. C'est un mensonge et hanté. Donc pour vous, le projet notamment de contre-budget du Rassemblement National, c'est un mensonge ? Attendez, c'est dire, d'abord, annoncer un certain nombre de choses, qu'ils ne feront pas, ça ne coûte rien de dire ça. Vous savez pourquoi ? Parce qu'ils feront comme ils le font toujours, une fois au pouvoir, s'ils arrivent,
vous
pourrez dire, ah mais la situation est bien plus grave.
Donc en fait, le
RN, ce sera comme les autres ?
Attendez, aujourd'hui, aujourd'hui, si le RN, il continue à faire les propositions démagogiques de
sa
tombe de terrain. Y compris, attendez,
mais
attendez, on va arriver à près de 3% de croissance.
Ils promettent 1,8% de croissance et ils promettent de retomber sous les 3% de déficit, voire même d'arriver à 2,5% en 2032. Mais vous y croyez un instant, ça ? Vous croyez ? C'est-à-dire que, je me dis déjà les 1,8% de croissance, j'avoue
que tout le monde en rêve,
aujourd
'hui, on est quasiment à zéro.
Ils sont où, les 1,8% ? Moi, je peux faire un budget en gagnant, je veux dire, vous savez, à la maison,
je
peux dire, tiens, l'année prochaine, au lieu de gagner tant d'argent, je vais gagner triple. Donc, ma chérie, on va pouvoir changer de voiture puisqu'on va gagner le triple d'argent. Mais ça ne tient pas debout. Les gens, ils savent que ça ne tient pas debout. Mais il y a une telle exaspération des macronistes à juste raison qu'il y
a
un vote.
Vous êtes toujours du côté de Bruno Retailleau, vous êtes toujours soutien de Bruno Retailleau, aujourd'hui,
c'est lui
votre candidat
?
Ce n
'est
pas mon candidat, jusqu'à preuve du contraire, je n'appelle à voter personne, on sort des législatives,
c
'est naturel. Je n'appelle pas à voter, ce n
'est
pas mon rôle. J'ai beaucoup d'amitié, beaucoup d'admiration pour lui. Je trouve qu'il a une parole forte qui ne change pas d'avis comme de chemise,
ce
qui n
'est
quand même pas tout à fait rien. Mais aujourd'hui, il manque quelque chose. Enfin, je ne suis pas aveugle. Moi, je ne
suis
pas au LR, et ce n
'est
pas parce que je suis plutôt copain avec lui que je ne vois pas les choses. Je le lui dis. Je lui dis, écoute, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas ou pas assez.
Il
faut que les gens... Il y a un programme et puis il y
a
une façon... Alors, je n'aime pas le mot,
c
'est galvaudé. Incarner, c'est-à-dire... Pardon, madame, vous dites un certain nombre de choses, mais les gens, ils vous voient. Et un homme politique, c'est exactement la même chose. Il le voit, il y
a
une façon d'être et tout. Il faut que... Il faut... Je ne
sais
pas quoi, mais il faut...
Il faut quoi ? Il faut
la vista ? Je ne sais pas, j'essaie de comprendre.
Ça veut dire
quoi ? Attendez, je ne sais pas. Pas plus que vous. Je me dis, tiens, il manque quelque chose, il faut peut-être qu'il soit plus ouvert aux jambes, moins refermé sur lui
et tout ça. Mais sur les
idées, vous estimez qu'aujourd'hui, c'est le plus proche des vôtres
? Ah oui, mais en même temps, je suis capable de dire, et je lui ai dit, donc je vous le dis à vous, quand il a eu l'idée saugrenue, plus saute que grenue, de dire, on va interdire... Il faudrait peut-être se poser la question d'interdire la France insoumise, mais ça n'a pas de sens. On va interdire la France insoumise. Je lui ai dit, mais tu es tombé sur la tête, tu vas interdire la France insoumise, tu gueules, parce qu'il
y a
un certain nombre de gens qui disent qu'il fallait interdire, puisque je suis dans une télé, CNews, quoi que tu penses de CNews, je suppose que, comme moi, vous n'avez pas envie d'interdire un concurrent à vous.
Pour
moi, la question aujourd'hui, c'est la question de la démocratie.
Ben voilà, mais c'est pareil, je vous dis ça, parce que là, on est à la télé, vous ne me diriez pas, tiens, c'est mes concurrents, je vais les interdire.
Donc ça, vous
lui avez dit ?
Mais je lui ai dit, et quand c'est dans un parti politique d'opposé, et à LFI, je n'en pense que du mal. Posez-moi trois questions sur LFI, vous allez dire, mais je ne vais pas interdire la France insoumise.
Robert Ménard, le patron des patrons, Patrick Martin, à qui la question, est-ce que vous fuiriez si la France insoumise arrivait au pouvoir, a répondu, physiquement, peut-être pas, la question ne se pose pas, mais financièrement, peut-être, et il parle d'un pays qui serait dangereux si la France insoumise arrivait au pouvoir.
Je pense que la France insoumise, demain au pouvoir, ça va faire fuir des gens, bien sûr.
Ça va faire fuir des
gens ?
Bien sûr, un certain nombre de gens qui ont de l'argent et tout, bien sûr.
Mais est-ce que la France insoumise s'en désolerait ? Peut-être pas. J'ai posé la question à Clémence Guettet ce matin, qui était mon invité sur RMC. Elle disait, c'est pas grave, on trouvera d'autres patrons.
Ah bah écoutez, je vais vous raconter, hier j'étais à une exposition Gustave Fayet. Pourquoi je vous le cite ? Parce que Gustave Fayet, il est né à Béziers.
Et
donc, c'est un peintre, un collectionneur. C'est fait à la fondation Vuitton.
S
'il n
'y
a pas des milliardaires pour faire un lieu comme ça,
ils
n'existent pas. Moi, je ne suis pas dans l'envie. Je dis, les gens qui ont beaucoup d'argent,
il
va falloir, et là, je dis faire d'une partie de la droite, y compris de Bruno Rotaillot, il va falloir leur demander plus d'argent. Plus d'argent. Mais il ne faut pas les faire fuir. Il faut juste un truc qui s'appelle, c'est tout con, le bon sens. Entre, oui, vous gagnez beaucoup d'argent, je
voudrais que vous mettiez tous
une petite pièce dans une tirelière quand vous dites le mot bon sens. Et puis à la fin,
je
serais très très riche.
Attendez, pardon, non, je ne laisse pas parler ça. Je suis maire.
Vous revendiquez
tous d
'avoir du bon sens.
Attendez, vous
n'avez pas visiblement le même.
Non, le
bon sens, c'est être capable de dire, non, c'est trop facile ce que vous faites là. Le bon sens, c'est quoi ? C'est de dire qu'un type de droite a raison, tu dis qu'il a raison, et qu'un type de gauche, tu dis qu'il a raison. c'est exactement la même chose.
C
'est
exactement la même chose.
Robert Ménard