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interviewLe Figaro· 25 août 2025 35 min

Vote de confiance, surendettement, grève du 10 septembre... François Bayrou s'exprime

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Madame et messieurs les ministres d'État, mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs, merci d'être venu nous rejoindre. J'ai souhaité cette communication de rentrer à un moment préoccupant et donc décisif de l'histoire de notre pays. C'est un moment d'hésitation et de trouble et je considère que ce moment impose une clarification.

On connaît le contexte de cette rentrée. La planète ne tourne pas bien. La loi internationale qui jusqu'à maintenant et depuis des décennies imposait que soi respecté tous les pays du monde quel que soit leur taille avec des droits égaux.

Cette loi est bafouée. Euh les grands empires euh ont choisi désormais d'imposer leur loi par la force force militaire avec l'assaut jamais interrompu Russie contre l'Ukraine héroïque. tragédie du Moyen-Orient depuis le pogrome du 7 octobre jusque aux événements qui se sont déroulés jusqu'au Liban, jusqu'à l'Iran et jusqu'à Gaza. preuve de force commerciale avec une concurrence déséquilibrée et déloyale sur des centaines de productions de la part de la puissante Chine. domination avec les politiques de droite de douane unilatéralement imposée par les États-Unis de monsieur Trump.

Et puis épreuve de force monétaire, il y a des dévaluations qui se présentent comme des dépréciations mais qui ont exactement le même effet et qui faussent la concurrence. Et je pourrais confirmer comme ça euh les scénarios multiples des épreuves de force et tout cela dans une indifférence au réchauffement climatique et à ses conséquences et à ses causes industrielles et énergétiqu en particulier. Puis l'Europe l'Europe ne tourne pas bien non plus.

Elle devrait parler d'une seule voix. Or, elle est trop souvent divisée, chacun essayant de rechercher d'abord ses propres avantages. Nous avons 450 millions d'habitants, c'est un immense marché.

Nous avons cru pendant longtemps que cet immense marché pouvait se s'imposer de lui-même par son seul poids. Une puissance scientifique, technologique, industrielle. Mais en dépit de l'effort constant qui a été celui de la France et singulièrement du président de la République, une impuissance politique, Mario Drag cette fin de semaine à Rini a prononcé une formule que je crois nous pouvons tous faire nôtre.

Il a dit cet été le rêve d'une Europe qui compte dans le monde s'est évanu. Et puis il y a notre pays, la France, qui est dans un dangereux paradoxe, un pays incroyablement doué dans tout ce qui est au sommet de la pyramide de l'œuvre humaine, du savoir, des sciences, des mathématiques, de la chimie, de la génétique, de l'algorithmique, du quantique et puis des technologies et production de pointe. Nous savons produire des lanceurs, des fusées, des satellites, de l'électricité nucléaire avec des central de première force.

Nous avons les arm, nous savons produire les armements les plus sophistiqués, les meilleurs avions du monde, les meilleurs hélicoptères du monde, des navires et des sous-marins y compris nucléaires, des automobiles de qualité, pharmacie, chimie, la culture, le luxe, l'agriculture et l'agroalimentaire. Et cependant quand on fait le bilan, un commerce extérieur en perne parce que nous sommes dépassés dans tout ce qui est la base de la pyramide, de la consommation. Paradoxe incroyable.

Plus fort au sommet de la pyramide, plus faible à la base de la pyramide. dans tout ce qui est l'équipement de la maison, l'électroménager, tout ce qui fait la vie de tous les jours. Et c'est ce paradoxe d'un pays à la pointe et à la traîne qui devrait mobiliser notre énergie et notre volonté de tous les jours pour préserver et conforter nos forces et pour corriger nos faiblesses. et dans nos faiblesses en dépit des efforts considérables y compris de moyens qui ont été faits. l'éducation nationale qui est dans les classements internationaux à la place nous ne voudrions pas le voir et d'abord et surtout pour ce qui concerne les fondamentaux la lecture, l'écrit, les mathématiques euh et la formation des jeunes, 19 % des jeunes au chômage, ce chiffre a progressé de 2 % en une année.

Euh et cependant, paradoxe suprême, un jeune sur c au chômage et les entreprises ne trouve pas de jeûne pour s'engager, pour progresser, pour prendre des responsabilités, pour construire des situations qui vont préparer évidemment l'installation dans la vie. Et ne serait-ce que pour prendre la succession des commerçants et des artisans qui s'en plaignent tous. Nous devrions tous nous battre avec acharnement pour la réindustrialisation du pays dans toutes les filières que nous avons ou que nous devrions avoir à porter de la main et autour desquelles nous devrions rassembler les pouvoirs publics et les grandes entreprises.

Je sais combien des efforts ont été déployés ces dernières années, dire le contraire pour créer les conditions du redressement de tous ces secteurs, de l'école, de l'emploi, de la création d'activités avec des progrès notables mais insuffisants. Voilà ce qui devrait mobiliser notre volonté, la volonté de la nation, protéger et cultiver nos incroyables atouts et corriger d'urgence nos faiblesses. On aurait tout pour cela.

Mais un danger immédiat pèse sur nous auquel nous devons faire face. Non pas demain ou après-demain, mais aujourd'hui même, sans retard d'aucune sorte, sans quoi l'avenir nous sera interdit et le présent durement et lourdement aggravé. Notre pays est en danger parce que nous sommes au risque du surendettement.

Notre pays est en danger parce que nous sommes au bord du surendettement. Sur les deux dernières décennies, malgré la succession de gouvernement de tendan différentes, la dette de notre pays s'est accrue de 2000 milliards d'euros. 1000 milliards entre 2005 et 2015 et 1000 milliards entre 2015 et 2025.

Alors, ce sont des chiffres qu'il est absolument impossible de se représenter, sauf à avoir un ordinateur quantique à l'esprit, mais il y a une manière de les rendre plus compréhensibles. Depuis 20 ans, chaque heure de chaque jour et de chaque nuit, depuis 20 ans, chaque heure a augmenté la dette de 12 millions d'euros de dettes supplémentaires chaque heure, de chaque jour et de chaque nuit. Alors, je sais très bien que nous avons eu des crises considérables à traverser et cet argument doit être prise en compte.

On a eu les subprimes en et la crise financière en 2008 et 2009. Et puis on a eu les gilets jaunes et puis on a eu la terrible crise du Covid qui a paralysé la planète. Euh et puis on a eu la guerre d'annexion déclenchée par la Russie et puis on a eu la crise énergétique qui s'en est suivi.

Et puis on a eu l'inflation et puis on vient d'entrer dans l'orage des droits de douane déclenchés par monsieur Trump. Et il est bien sûr normal que quand on a une crise, on essaie de passer cette crise par l'emprunt. pour passer la vague.

Mais ce qui est anormal, c'est que ayant fait appel à cette disponibilité, on ne soit jamais revenu en arrière. La dépendance à la dette est devenue en France chronique et cet argent emprunté par centaines de milliards n'a pas été utilisé comme il aurait fallu que ce soit pour investir, pour doter notre pays des meilleurs équipements, pour construire des universités, des hôpitaux, des laboratoires pour nos chercheurs. Il a été utilisé pour les dépenses courantes.

Dépenses courantes qu'aucune famille pour elle-même n'envisagerait de laisser à la charge de ses enfants. De sorte que les sommes que nous devons rembourser chaque année ont augmenté année après année dans l'indifférence générale inexorablement. La charge de la dette va devenir cette année, cette année le budget le plus important de la nation.

Les annuités que nous devons rembourser vont être plus lourde que le budget de l'éducation nationale et que le budget des armées cette année. Et si on devait regarder à peu près ce que ça veut dire, cette charge de la dette représentera à elle seule plus que l'addition des budgets, de l'enseignement supérieur et de la recherche, du logement et de la justice. Additionné et ça va croître tous les ans inexorablement si nous ne faisons rien.

L'an dernier, c'était 60 milliards. Cette année, ce sera 66 milliards. L'année prochaine, en 2026, au mieux 75 milliards.

Et si nous ne corrigeons pas la trajectoire en 2029, dit la Cour des comptes, 107 milliards 107 fois 1000 millions d'euros. Et notre pays pour voir la dimension de tout ça, notre pays au rythme de croissance qui est le sien, c'est-à-dire croissance et inflation de l'ordre de 2 % par an, notre pays crée chaque année environ 50 milliards de richesses nouvelles sur 3000 milliards. On produit chaque année plus que l'année précédente.

C'est déjà parien de l'ordre de 50 milliards. Et sur ces 50 milliards créés par les Français, 10 milliards supplémentaires chaque année sont captés par les intérêts de la dette. Ça veut dire que c'est 20 % du progrès de la France qui est capté par cette charge et cette menace qui est confisqué chaque année.

Et c'est exactement la situation que trop de familles, trop d'entreprises et trop d'associations connaissent bien. C'est terrible de devoir aller chaque mois à la banque pour emprunter de quoi rembourser les mensualités des emprunts précédent. C'est terrible et beaucoup de français le le savent très bien.

Et comme vous êtes de moins en moins solvable, vous empruntez de plus en plus cher. C'est ça le cercle vicieux. Et il n'y a aucun moyen de s'en sortir si on ne prend pas conscience de la gravité, de ce risque et de cette fatalité.

Alors, je sais bien qu'il est beaucoup plus facile d'ignorer tout ça, de faire comme si on pouvait continuer sans rien changer et sans rien changer en particulier à nos habitudes. Et si le chemin que nous choisissons est de faire semblant, de feindre que le problème n'existe pas, alors je vous le dis comme je le pense du plus profond de moi-même, nous ne nous en sortirons pas. Nous France, tous ensemble, nous en sortirons pas comme état et comme société parce que c'est notre liberté qui est en jeu, c'est notre souveraineté. euh et notre indépendance.

Car si l'on est dépes familles le savent, si vous êtes dépendant financièrement pour un état, c'est comme si vous êtes soumis militairement. C'est la même chose. Dépendre des prêteurs pour une famille, dépendre de la banque parce que vous êtes menacé de saisie.

Pour une entreprise parce que vous êtes menacé de redressement judiciaire. Ceci n'est pas une situation qui vous permet de vous épanouir et d'être heureux. Et autant que je le pourrai, je ne laisserai pas notre pays s'enfoncer dans ce risque parce que c'est notre liberté qui est en jeu.

Alors, je ne referai pas devant vous, je l'ai déjà fait, la liste des pays qui nous entourent, qui ont été rattrapés par ce cauchemar et des sacrifices qu'ils ont dû consentir le Canada, des grands pays, le Canada, la Suède dans les années 90, la Grèce, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, le Portugal dans les années 2000 et on sait bien ce qui se passe. On coupe dans les retraites 30 % de moins dans certains pays. On coupe dans les salaires de la fonction publique 15 % de moins dans certains pays.

On licencie des fonctionnaires et on augmente massivement les impôts. Dans le pays, la France qui paye déjà le plus d'impôts. C'est ça la fatalité.

C'est ça ce qui nous menace et ce sont des menaces auxquelles personne ne peut échapper. Mais non seulement ça, mais la puissance de de du rapport de force avec les prêteurs, ceux qui vous prêtent l'argent dont vous avez besoin. Cette puissance des rapports de force. il y a 3 ans à peine au Royaume-Uni, nos voisins britanniques, un gouvernement pourtant conservateur dirigé par Lise Trous.

Ce gouvernement a sauté en 42 jours, 6 semaines parce que les marchés, c'est-à-dire les prêteurs, ont considéré que les décisions que le gouvernement avait prises, décision de baisse d'impôts et de recours massif à l'endettement n'était financièrement pas viable. La Grande-Bretagne, un des plus influents des grands pays du monde, membres comme nous du Conseil de sécurité des Nations- Unies et de surcroid pour les initier la place forte des banques, des financiers et des boursiers renversé en 6 semaines. La France ne peut pas ignorer ce danger.

Elle ne peut pas ne rien faire. Elle court à l'accident si elle ne prend pas les décisions courageuses mais encore possible et supportable qui s'impose et que nous débattons. Alors, j'entends très bien ceux nombreux parmi nos compatriotes qui disent "Mais il y a aucune raison que ce soit à nous qu'on demande des efforts." C'est pas notre faute, c'est la faute des gouvernements.

Et donc c'est au gouvernement qui se sont succédés qu'il faut demander des comptes, pas à nous. Alors, il se trouve quelques-uns d'entre vous le sachent le savent que pendant ces 20 dernières années, je me suis battu presque toujours tout seul pour convaincre de ce risque politique les décideurs et nos concitoyens qui tous, je dois l'avouer, s'en moquaient comme de leur premier biberon. Mais cela me permet de rappeler à tout le monde que la dette ce sont pas les gouvernements qui la consomme.

Cette dette colossale, elle a été année après année consommée en dépenses courantes et en protection de nos concitoyens. Suffit de penser au Covid, je dis ça devant Ellisabeth Born au retraités pour quelques 600 milliards. Catherine et et Astrid 600 milliards sur les dernières années au consommateurs en TVA réduite, aux fonctionnaires en salais, aux assurés sociaux massivement. euh aux entreprises, c'est-à-dire aux salariés en baisse de charge.

Parce que les baisses de charge, c'est pour que ceux qui n'auraient pas eu accès à l'emploi puissent trouver leur engagement dans l'entreprise sans que ça déséquilibre. Et la vérité, c'est que la dette c'est chacun d'entre nous. Et si je m'en réfère aux interventions dans les débats parlementaires, aux interventions des parlementaires de tout bord pendant la crise, pendant les discussions budgétaires, l'immense majorité des interventions, elle elle était cette majorité pour demander non pas moins de dépenses mais davantage de dépenses chacun pour le secteur qui le concerne.

Et je vois les têtes des membres du gouvernement hoché parce que nous vivons tous cela pendant les débats et je dis ça pardon de répéter une entienne alors qu'il aurait pu y avoir une dette utile alors que les conditions de prêt avec des taux extrêmement bas permettaient d'imaginer que on puisse mobiliser ces moyens pour investir. Euh mais c'est pas le choix qui a été fait. Euh nous avons choisi non pas l'investissement, sauf ces dernières années à l'initiative du président de la République avec France 2030, mais pour l'essentiel pendant des décennies pour les dépenses courantes.

Et donc comme on dit depuis longtemps, comme les économistes savent ça très bien, la mauvaise dette chasse la bonne. Et donc la menace est là. l'explosion des taux d'intérêt, pas seulement pour l'État, mais pour chacun d'entre nous.

Et ça signifie très simplement qu'il devient trop cher de construire, qu'il devient trop cher d'acheter un appartement, que le secteur du bâtiment est bloqué avec des centaines de milliers d'emplois, qu'il est impossible d'acquérir des voitures ou d'équiper la maison. C'est ça la conséquence directe familiale en dehors des menaces qui pèsent sur l'État. Menace directe et familiale pour les Français avec une loi qu'on connaît tous très bien.

Les taux modérés c'est de l'oxygène pour l'économie et l'explosion des taux c'est l'asphyxie de général de l'économie. Et donc je me battrai bec et ongle et le gouvernement se battra en prenant tous les risques pour que ce danger soit évité par le seul moyen disponible qui est à mes yeux la prise de conscience des Français. Or, ce débat qui est vital pour notre pays depuis des semaines a sombré dans la confusion et c'est pourquoi il faut une clarification.

Le débat devrait être centré autour de la nécessité, je le répète, vitale de dépenser moins et de produire plus pour placer le pays dans la trajectoire nécessaire pour retrouver l'équilibre de la dette. Trajectoire en 4 années jusqu'en 2029. Et ce débat a été, je le dis comme je le pense, dévoyé et déplacé.

Il n'a plus été question de l'impérieuse nécessité d'agir, impérieuse nécessité à laquelle nous devons répondre, mais seulement des mesures prises une par une. Par exemple, les jours fériers, mesures dont j'ai annoncé qu'elles étaient toutes discutables, amendables, améliorables avec les partenaires sociaux et avec les parlementaires au moment du débat budgétaire. parce que c'est la mission du parlement.

Ne débattre que des mesures, c'est oublier la nécessité du plan d'ensemble. Or, c'est le plan d'ensemble. Sa nécessité et son urgence qui est la vraie question.

Tous les débats exacerbés, passionnés sur les mesures. En fait, on sait bien les débats conduisent à ne rien faire, à renoncer et ils sont une impasse pour le pays. J'ajoute que ces derniers jours sur ce débat s'est greffé un mouvement de contestation radicale dont LFI et monsieur Mélenchon ont maintenant pris la tête qui visent selon leur propre terme à bloquer tout et à la grève générale.

Il y a quelques années, monsieur Mélenchon avait défini sa stratégie pour obtenir à terme la révolution. Il fallait tout conflictualiser entre guillemets. Conflictualiser, c'est de faire de tous les sujets une guerre, un affrontement parce que le conflit systématique mène au désordre et que le désordre abat la société.

Il arrivé, il a revendiqué cette semaine devant ses troupes cette phrase qui a été rapportée : "Nous sommes des spécialistes dans l'organisation du bordel." Sans jamais s'interroger sur le mal que va faire aux entreprises et aux familles, cette organisation du désordre qu'il revendique au pluriel pour le 10 septembre. Et donc, il n'est pas étonnant qu'ils aient été rejoints par cette parlementaire qui a prononcé cette phrase publiquement, une des phrases les plus scandaleuses de l'été, madame Sandrine Rousseau, qui a dit "La rentabilité de l'agriculture, je n'en ai rien à péter." Phrase qui a été prise comme un crachat au visage par tous les agriculteurs, tous les paysans et tous ceux qui les respectent et qui les aiment et considèrent qu'ils sont ceuxl par leur travail quotidien et par leur courage une élite de la nation. n'avoir rien à faire de ceux qui vont trinquer.

Tout pour abattre ce qui essaie de s'en sortir et de surcroire l'enfermement dans le communautarisme. Voilà où ces mouvements veulent conduire notre pays. Et cela, je le dis avec certitude, en tout cas avec ce que j'ai de conviction et de plus profond d'authenticité.

Cela ce n'est pas la France. La France ce n'est pas ceux qui veulent l'abattre par le désordre, c'est ceux qui veulent la construire par le courage et la générosité. C'est pourquoi il faut dès cette rentrée une clarification.

Faut que les choses soient clarifiées. Y a-t-il ou pas urgence nationale à rééquilibrer nos comptes publics et à échapper parce que c'est encore possible à la malédiction du surendettement qui concerne tous ceux qui nous regardent, toutes les Françaises et tous les Français, toutes les familles. Et cela en choisissant une trajectoire de retour à la maîtrise de la dette en 4 ans d'ici à 2029 en dépensant moins et en produisant plus.

Voilà la question centrale. La discussion sur les mesures, sur chacune des mesures, c'est autre chose. C'est une étape différente qu'on peut aborder différemment.

Cette discussion, elle viendra après, elle ne peut venir qu'après avec les partenaires sociaux et pendant les débats budgétaires à l'Assemblée nationale et au Sénat. Se recentrer sur la question essentielle, voilà la clarification. Et cette clarification pour moi, elle est urgente et il y a un lieu pour cette clarification, une institution, c'est le parlement dans un débat ordonné, suivi d'un vote et non pas dans le désordre des affrontements de rues et des injures.

C'est la raison pour laquelle j'ai demandé au président de la République qu'il a accepté de convoquer le parlement. concession extraordinaire le lundi 8 septembre dans 15 jours. J'agerai ce jour-là la responsabilité du gouvernement sur une déclaration de politique générale conformément à l'article 49 aliné à premier de notre Constitution.

Cette déclaration de politique générale aura pour objet de poser explicitement la question centrale. voir s'il y a bien gravité du danger pour la nation, s'il y a urgence ou pas et choisir la route qui permettra d'échapper à cette malédiction en retrouvant la maîtrise de nos finances et donc en choisissant de réduire nos déficits et en produisant plus. Ce choix consacrera la dimension de l'effort, celui la seule effort qui ne peut pas être écarté et qui ne peut pas être éludé si nous voulons trouver la trajectoire de la libération de notre indépendance, c'est-à-dire quelques 44 milliards de réduction du déficit, 44 milliards sur une prévision de dépenses de 1720 milliards, donc 2 % d'efforts.

Ce choix confirmera aussi les principes que nous avons énoncés très peu nombreux. le principe de justice dans la répartition de l'effort. Tout le monde participe, l'État le premier, tout le monde participera et les plus favorisés seront appelés à prendre leur juste part de l'effort national. et la discussion sur chacune de ces décisions, sur chacune des mesures de ce plan d'urgence.

Cette discussion aura lieu ensuite en pleine lumière sous le regard des Français au cours de la négociation avec les partenaires sociaux et au sein des deux chambres du Parlement. Je crois profondément, j'ai la conviction inarrachable que les Français auront conscience, prendront conscience de la gravité de la situation. J'ai la conviction qu'ils accepteront de participer à l'effort pourvu que l'effort soit juste.

Mesdames et messieurs, cette clarification est la condition même du ressaisissement de notre pays. Si nous arrivons à conclure cette clarification, la France échappera aux deux écueils qui sont mortels pour notre pays. L'impuissance à retrouver l'équilibre et le désordre qui détruit tout.

C'est l'essentiel qui se joue et je voudrais vous dire que cet essentiel là, il se joue pour ceux dont on ne parle jamais. ce qu'on oublie tout au long de ces débats et ceux en fait au nom de qui nous devons nous exprimer aujourd'hui, c'est-à-dire les enfants. Je ne veux pas que nous leur laissions un monde écrasé de dettes, un monde dans lequel il se trouverait découragé parce qu'il serait décourageant.

Je voudrais vous dire ça simplement. C'est en pensant à eux que nous devons prendre ces décisions. Eux qui peuvent pas s'exprimer, eux qui ne votent pas encore dans le débat, mais qui sont ceux-là même pour qui nous devons réfléchir et délibérer et choisir le chemin.

Et je suis persuadé que nous devons y arriver en adulte responsable et pardonnez-moi de ce mot en adulte responsable et affectueux. Parce que les enfants, c'est le plus important pour construire l'avenir. Chacun désormais va être placé devant ses responsabilités.

Le gouvernement prend les siennes pour clarifier les choses. Le Parlement aura le 8 septembre la décision entre ses mains et chacun s'engage devant les Français. Et c'est là au fond que la démocratie prend tout son sens.

Je vous remercie. [Applaudissements] Ah.