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interviewLCI — L'invité d'Adrien Gindre· 30 août 2023 21 min

L’Interview Politique – David Lisnard, maire LR de Cannes et président de l'association des Maires de France (AMF), invité d’Adrien Gindre dans le 6/9

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

8h30 sur LCI, l'interview ce matin, c'est avec David Lissnard. Bonjour. Bonjour. Vous êtes maire Les Républicains de Cannes, président de l'Association des maires de France. Aujourd'hui, Emmanuel Macron lance son IPA, Initiative Politique d'ampleur, autrement dit une rencontre avec tous les chefs de parti. Sans attendre même les conclusions de la réunion qui va se tenir cet après-midi et ce soir, il y a déjà une question qui a émergé. La France a-t-elle besoin de référendum ? Est-ce pour vous la solution pour avancer ?

0:30
David Lisnard

C'est un des outils institutionnels pertinents. C'est une des solutions pour transcender certains clivages ou certains blocages. On pourrait faire ça sur quoi ? Vous savez qu'il y a une proposition sur l'immigration pour à la fois transcender, dépasser le blocage de la jurisprudence européenne qui interdit de bien maîtriser son peuplement et pour aussi dépasser le blocage constitutionnel qui interdit de faire des référendums sur autre chose que l'organisation des pouvoirs.

0:57
Présentateur

Voilà, précisons effectivement qu'aujourd'hui un référendum sur l'immigration avec les règles actuelles.

1:00
David Lisnard

LR a proposé une solution qui était juridiquement très fondée, aujourd'hui tout le monde le reconnaît, et qui permettrait de sortir peut-être de 25 ans d'impuissance publique. On a eu plus de 22 lois sur l'immigration depuis 30 ans, et plus on a de lois sur l'immigration, plus il y a d'immigrés légaux et illégaux. Donc il y a un problème fondamental d'impuissance publique. Donc l'outil du référendum est pertinent.

1:20
Présentateur

Mais c'est la seule manière, si on reste un instant sur cette question de l'immigration, de trancher le débat, parce qu'aujourd'hui on a un blocage, les républicains, le gouvernement sont sur deux lignes qui ne convergent pas, avec un risque que la loi ne voit jamais le jour.

1:32
David Lisnard

C'est la seule manière juridique de dépasser les blocages, mais en revanche on est toujours dans cette crise politique qui résulte du fait que, et je l'avais dit à l'époque, lors de la présidentielle et des législatives, Emmanuel Macron, de façon habile, a pratiqué à nouveau sur un même temps très très vaporeux, qui permet de faire de la segmentation électorale, du marketing, ça fait beaucoup de mal à la politique, et qu'aujourd'hui, non seulement il n'y a pas de majorité absolue, dont tout le monde parle, mais je crois que ce qui est plus grave, c'est qu'il n'y a pas un projet, il n'y a pas une vision.

C'est-à-dire, réunir les chefs de partis, au-delà du fait que c'est un paradoxe pour celui qui se prévalait d'un nouveau monde, qui disait que les partis étaient ringards et dépassés, etc. On n'a jamais eu un président qui se mettait autant dans la main des partis, mais sur quelle proposition ? Vous savez...

2:14
Présentateur

Mais vous ne croyez pas à l'idée ? Il dit, le chef de l'État et son entourage, je vais écouter aujourd'hui. Il vient avec sa feuille blanche, à l'écoute de toutes les idées, de tout bord politique. Est-ce qu'on ne peut pas au moins lui reconnaître, d'avoir une démarche d'ouverture ?

2:25
David Lisnard

Non, mais c'est des questions difficiles, parce qu'on n'a pas envie de manichéen. Peut-être qu'il va en sortir quelque chose, et tant mieux pour le pays. Mais ceci étant, vous savez, on a eu le grand débat. Il y a eu le CNR, il y a eu les 100 jours à chaque fois. Il y a des noms très, très emphatiques, très ronflants. À un moment donné, être chef de l'État, c'est être chef de l'État. Quand dans une entreprise, vous devez être patron, il faut écouter, il faut ajuster, il faut savoir dire parfois qu'on attend, mais il faut quand même apporter un élan. Et on voit bien qu'on va avoir quatre années très, très longues.

Donc, toute la difficulté est de ne pas mettre de l'huile sur le feu, d'essayer d'être utile au pays. Mais d'un autre côté, si on ne construit pas politiquement une alternative à ce social-étatisme qui nous gouverne depuis 40 ans, à ce conformisme très techno, on va laisser les démagogues, les populistes que l'on dit seuls avoir l'agenda politique.

3:17
Présentateur

Mais David Lisnard, justement, aujourd'hui, votre président de parti, Éric Ciotti, se retrouve à la même table que Manuel Bompard pour la France Insoumise, Jordan Bardala pour le Rassemblement National. Ça laisse quand même une impression étrange. LR, c'est une opposition comme les autres. Il n'y a pas une responsabilité particulière des Républicains à aider le gouvernement parce que vous êtes d'accord sur certains sujets, dans l'intérêt du pays, dans l'intérêt des Français ?

3:38
David Lisnard

Je pense que c'est, peut-être qu'on peut, mais un sophisme. C'est-à-dire que la responsabilité que l'on a, c'est d'essayer de faire que la politique que l'on croit bonne pour le pays soit appliquée. Et aujourd'hui, je pense qu'il y a des blocages, mais même de formation des hauts fonctionnaires. Il y a un conformisme qui fait que les politiques raisonnables, mais fortes, qui doivent être mises en œuvre, ont du mal à être mises en œuvre. Donc, la ligne de crête, elle est très étroite pour LR. C'est de dire, s'il y a des textes qui nous paraissent vraiment positifs, on va les voter.

On va voter contre les textes qui sont mauvais pour le pays, mais sans jouer la politique du pire, parce que d'ajouter du chaos au chaos. Vous comprenez ? Donc, on peut faire toutes les formules que l'on veut. On paye le manque de légitimité, de l'absence d'une vision, d'un projet. L'interview du Point, qui fait 16 pages, du président de la République, je mets au défi quiconque d'en sortir un des mesures réelles pour améliorer l'exécution des politiques publiques. On ne parle jamais d'exécution en France. Dans n'importe quelle boîte, si vous n'êtes pas précis sur l'exécution des choses, tout le reste est du vent. Un. Deux, je mets au défi quiconque de voir une idée générale.

Où sera la France dans cinq ans ? Quels seront nos moyens de rayonner ? Quels seront nos atouts ? Quelles seront nos alliances ? Il n'y a rien. Révenir les gens, mais sans aucun élan, ça peut faire, à nouveau, donner l'impression d'être une habileté politique. Et ça, c'est pour moi très problématique.

5:06
Présentateur

Je vais rebondir sur ce que vous dites, David Lissnard. Il y a quand même un point qui vous concerne dans cette interview au point, qui concerne la question de l'organisation des pouvoirs publics, et en particulier des collectivités locales. Je rappelle encore une fois que vous êtes le président de l'Association des maires de France. Le chef de l'État fait ce constat. Il dit, je le cite, « Nous devons poser la question de l'organisation territoriale, qui est confuse et coûteuse. Elle dilue les responsabilités. On voit bien qu'entre les communes, intercommunalités, départements, régions, on a trop de strates, un problème de clarté des compétences. Vous êtes d'accord avec ça ?

» « Ça fait 30 ans qu'on le dit.

5:33
David Lisnard

Donc c'est bien que la question soit posée. » « C'est quoi le projet d'Emmanuel Macron là-dessus ? » « Et c'est quoi votre proposition ? » « Il veut écouter vos propositions. » « Il suffit. Il serait venu d'ailleurs à ce qu'avait fait l'Association des maires de France lorsqu'il était candidat à la présidence. Tous les candidats sont venus sauf lui, où on a donné un document pour proposer une amélioration de l'organisation des pouvoirs publics locaux. Les pouvoirs publics locaux en France, Macri et le millefeuille, ils représentent 11% les dépenses publiques des régions, départements, villes, y compris les villes les plus mal gérées, etc. Il y a des biens gérés, des mal gérés.

C'est 11% de la dépense publique en France. Un peu moins de 12% du PIB, pardon, de la dépense des collectivités. La moyenne européenne, c'est 20%. Le problème de l'organisation des pouvoirs publics, il est certes dans l'amélioration du fonctionnement des collectivités, mais il est avant tout chez l'enfant malade de la République et de l'État.

6:16
Présentateur

Mais juste pour bien comprendre l'avis, vous dites qu'il n'y a pas besoin de supprimer des strates du millefeuille territoriale, ça fonctionne aujourd'hui comme ça ?

6:22
David Lisnard

Il y a besoin de clarifier les responsabilités. Et moi, je ne crois qu'à la responsabilité individuelle. Mais commençons aussi à le faire au sein de l'État. Aujourd'hui, quand vous avez un projet, une collectivité, un chef d'entreprise, je le vis dans ma commune, que vous voulez monter un bâtiment industriel, pour reprendre l'actualité, vous avez une administration de l'État, le préfet qui vient, qui peut être en désaccord avec le DDTM, et chacun peut bloquer. Aucun ne peut autoriser, mais chacun peut le bloquer. Qui lui-même est contredit par la DREAL, qui elle-même nécessite un avis. Toutes les agences de l'État, une régulation. Là-dessus, il y a eu une inflation bureaucratique.

6:51
Présentateur

Le gouvernement a quand même travaillé, donnant au moins ce point, David Lissnard, à simplifier certaines procédures. Précisément, en ce moment, pour l'implantation, par exemple, de sites industriels, il y a un projet de loi qui a été examiné,

7:04
David Lisnard

qui n'est qu'un projet d'intention. Et la seule mesure serait d'enlever un pouvoir du maire, donc la responsabilité des habitants. C'est ça qui nous pose problème. En revanche, tant que vous n'aurez pas réorganisé l'État déconcentré, tant que vous n'aurez pas fait du préfet le patron des services de l'État dans les départements, tant que vous n'aurez pas clarifié cet appareil de l'État, vous continuerez à avoir non seulement une inflation des coûts qui fait tant de mal au pouvoir d'achat, mais une inflation bureaucratique qui fait tant de mal au pouvoir d'agir. Mais David Lissnard, pour ce qui vous concerne,

7:32
Présentateur

vous les collectivités, pardon, parce qu'il se trouve que vous venez aujourd'hui, c'est un hasard de calendrier, mais partout dans la presse, on lit la taxe foncière augmente. La taxe foncière, ça vous concerne très directement. Elle augmente dans toutes les communes, globalement. Il y a même des communes, à peu près 1 sur 5, où elle augmente très nettement, très fortement. Si on va au bout de cette logique, ça veut dire que demain, vous aurez le pouvoir, vous auriez une liberté fiscale, on augmente les taxes partout ?

7:55
David Lisnard

On va prendre le temps d'en parler.

7:56
Présentateur

Ah bah oui, expliquez-nous ça.

7:58
David Lisnard

C'est que d'abord, aujourd'hui, la taxe foncière, il y a la base qui augmente, la base, c'est décidée nationalement. C'est 7,1%. Donc ça, c'est pas les maires qui le décident, c'est les bases qui augmentent de 7,1%. Mais ce sont les Français qui payent. Donc, ils suivent l'inflation, et vous, comme moi, on va payer. Voilà, nous sommes des Français. Ensuite, il y a les taux. Ils n'augmentent pas leurs taux.

8:19
Présentateur

Voilà, mais il reste les 1 sur 5 dont je vous parlais, où ça augmente très nettement.

8:22
David Lisnard

Et tout cela avait été annoncé par l'Association des maires de France, puisqu'on a enlevé de la responsabilité fiscale aux élus. Donc, il ne reste qu'un levier, c'est le foncier. La CVAE, dont la moitié a été supprimée, n'a pas été compensée à hauteur de 750 millions d'euros.

8:35
Présentateur

Je pense que c'est une cotisation sur les entreprises. C'est une mauvaise fiscalité, d'ailleurs. Qui est en train d'être supprimée, et d'ailleurs, qui va être évaluée dans le temps.

8:41
David Lisnard

Donc, si vous voulez, tant qu'on n'aura pas recréé... Moi, en tant que maire, je veux rendre des comptes à mes habitants. Je veux rendre des comptes sur la politique fiscale. Il n'y a pas que les propriétaires qui doivent payer. Donc, lorsque, de façon démagogique, on supprime la taxe d'habitation, mais qu'on ne supprime pas les dépenses qui vont en face, les 22 milliards, pour les écoles, pour les policiers municipaux, pour l'avoir...

8:57
Présentateur

De manière démagogique, le gouvernement fait une politique démagogique.

9:00
David Lisnard

Il y a beaucoup de choses qui sont... Il y a un petit peu de technopopulisme, comme je l'avais exprimé, où on fait assez régulièrement. C'est très fort, technopopulisme. Le populisme, évidemment, sont les extrêmes. C'est de la flatterie. C'est-à-dire que quand vous dites, et qu'on vous répète la semaine dernière, on a baissé les impôts, alors que les prélèvements obligatoires, impôts et charges, dépassent 45% du PIB. C'est-à-dire qu'en réalité, il y a eu des impôts nationalisés. On a retrouvé de la fiscalité dans les impôts indirects ou dans les taxes. C'est de la flatterie d'opinion.

9:27
Présentateur

Le gouvernement joue sur les mots, peut-être, mais la réalité sur les impôts, par exemple, la possibilité de l'augmentation...

9:31
David Lisnard

C'est qu'on est toujours dans une politique extrêmement conformiste qui consiste à, dès qu'il y a un problème, à penser que c'est un manque de moyens, alors que le vrai problème, c'est la désorganisation de l'État qui fait qu'il y a une inflation de textes. Le Code de l'environnement faisait 100 000 mots il y a 10 ans. Il fait 1 million de mots aujourd'hui. Le Code général des collectivités territoriales, qui nous encadre, a été multiplié par 3 en 20 ans. Avant de lancer un projet, il y a 20 ans, vous regardiez ce qui était interdit. Maintenant, vous recherchez ce qui est autorisé.

Donc, c'est le vrai problème de changer structurellement d'organisation des pouvoirs publics, de rechercher la performance publique, d'arriver à mieux servir l'usager, à mieux traiter les fonctionnaires et à mieux respecter les contribuables par des gains de productivité, par de l'investissement dans l'outil de production, j'allais dire, publique. C'est ce que l'on arrive à faire dans certaines collectivités. Baisser la dette, dans ma ville, de 65 millions, nous avons baissé avec mon équipe en 7 ans, sans toucher un taux d'impôt, en pratiquant la sobriété fiscale, dans une ville qui est compliquée, avec un peu de pauvreté élevé.

10:29
Présentateur

Vous dressez un tableau très noir pour répondre à vos questions. Oui, oui. Moi, j'entends que vous nous dites qu'il y a une absence d'ambition du gouvernement, une absence de vision et une absence de simplification de ce qui devrait être simplifié. Prenons des exemples. Par exemple, l'éducation. On a un nouveau ministre de l'Éducation nationale. Je crois que vous allez d'ailleurs le rencontrer dans quelques heures à l'occasion de votre passage à Paris. Il a fait une promesse, un professeur devant chaque classe à la rentrée.

Est-ce que vous, vous savez si dans votre commune de Cannes, dans les écoles, par exemple, maternelles, primaires au moins, peut-être même dans les collèges et lycées, ce sera le cas. Est-ce que vous avez les garanties que la rentrée va bien se passer chez vous ?

11:00
David Lisnard

Je l'ignore pour les lycées et les collèges. Pour les écoles, les choses semblent bien se préparer. On travaille bien, d'ailleurs, tous les ans avec l'inspection d'académie. C'est un service avec lequel on bosse bien. Donc, il y a quand même des choses qui fonctionnent. Ah bah oui, heureusement. On est un beau pays. Il y a des choses qui fonctionnent. Il y a des gens compétents, y compris le gouvernement. J'ai beaucoup de respect pour les ministres, la première ministre. Il n'y a pas de souci là-dessus. Je parle d'une façon d'envisager la gestion publique et de prolonger un système qui est totalement archaïque et bureaucratique.

La décision sur la baille qui fait en parler est une bonne décision. Je l'ai écrite tout de suite. Bon, maintenant, on va aller dans le dur. C'est-à-dire...

11:33
Présentateur

C'est une bonne décision mais qui crée aussi beaucoup de critiques, d'inquiétudes sur la capacité de la mettre en oeuvre, les risques juridiques. Vous ne craignez pas ça ? Il y a un problème d'abaya à Cannes ? C'est assez marginal.

11:44
David Lisnard

Pourtant, on a quand même deux quartiers en politique de la ville. mais les tensions sont plutôt... Alors moi, j'ai plus un regard sur les écoles parce qu'elles dépendent des communes. Il n'y a plus quelques tensions dans les lycées et les collèges mais pour l'instant, ce n'est pas catastrophique. Mais il fallait... Vous savez, il y a un expansionnisme d'un islamisme radical et politique. Moi, je l'avais vécu sur le Burkini à l'époque. C'était hélas précurseur quand je l'avais interdit sur la commune. Malheureusement, le Conseil d'État a interdit ensuite à annuler.

Mais à un moment donné, il faut montrer que l'école est sanctuarisée, que c'est un espace où les enfants échappent à des replis identitaires où ce que l'on doit transmettre, c'est l'esprit de la République française. Ce n'est pas vide, ce n'est pas creux. C'est la non-distinction sur les origines et sur les croyances ou sur le sexe.

12:31
Présentateur

Vous seriez favorable, vous, à l'uniforme généralisé. À votre place hier, la secrétaire d'État à la ville, Sabrina Agrestirouba, je disais, au moins dans les quartiers politiques de la ville, on pourrait faire une expérimentation de ce qu'elle appelle la tenue scolaire. C'est l'uniforme.

12:41
David Lisnard

À titre personnel, je ne parle pas au nom de l'AMF, mais avec mon parti, on est favorable à la liberté des chefs d'établissement. Je pense que c'est aux chefs d'établissement de décider et ensuite de rendre des comptes à l'autorité de l'État des moyens à la fois pédagogiques mais aussi disciplinaires. Donc, si un chef d'établissement estime qu'il veut tester l'uniforme, ok, moi, je dis ce que c'est tout à fait favorable. Si un autre estime que ce n'est pas nécessaire, ensuite, c'est aux parents d'évaluer l'établissement, c'est aux enfants de dire ce qu'ils n'en pensent et c'est à l'État de mettre des bons directeurs dans les établissements.

13:09
Présentateur

Mais sur la question que vous pointiez d'organisation à la fois des pouvoirs publics, de prise de la décision, de simplification, vous n'avez pas d'interlocuteur au gouvernement avec qui parler de tout ça ? Si, si, on dialogue beaucoup.

13:21
David Lisnard

Et qu'est-ce qu'on vous répond ? On parle bien avec la Première Ministre, avec Christophe Béchut, on a travaillé pour atténuer les effets du ZAN, avec Dominique Flore, on travaille zéro artificialisation nette qui est en retardement des implantations pour protéger la biodiversité. On annonce depuis des mois que ça va être le logement, mais ça va être une explosion sociale dans les prochains mois. Parce qu'on ne construit

13:41
Présentateur

pas assez de logements ?

13:42
David Lisnard

Parce que ce pouvoir conformiste, même avant lui, a organisé la rareté du foncier entre la loi et ses rues. Les lois élans, etc. Donc, plus le foncier est rare, plus les coûts de production sont chers, moins les classes moyennes peuvent accéder au logement, plus il y a de pression sur le logement social et on est dans une spirale infernale. Et on ajoute toujours plus de dispositifs publics qui raréfient le foncier, qui font des prélèvements et des dépenses supplémentaires. Là aussi, par démagogie. Donc, on est... Et vous remarquerez quand même que très souvent dans le gouvernement, ce qui est fait de bien, c'est ce qui annule ou amoindrit

14:17
Présentateur

des décisions antérieures. On corrige effectivement ce qui a été fait précisément. Juste vous parler de classe moyenne, par exemple. Il y a un ministre, Gérald Darmanin, qui insiste beaucoup depuis plusieurs jours et plusieurs semaines sur la nécessité de parler aux classes populaires. Parce que, de son point de vue, c'est aussi en leur parlant à elle qu'on évitera en 2027 l'accession au pouvoir de Marine Le Pen. Vous dites souvent et vous l'assumez que vous êtes un libéral. Est-ce que vous êtes un libéral qui dit aussi qu'il faut faire des classes populaires une priorité ? Ou est-ce que vous avez une vision différente ?

14:42
David Lisnard

Moi, je suis un libéral parce que je viens du monde du petit commerce. Je viens d'un monde modeste où on apprend à s'en sortir par soi-même. Voilà. À ne pas attendre des autres de s'en sortir. Donc, moi, je suis absolument convaincu que c'est à chacun d'essayer de faire sa vie et ensuite que la puissance publique est là pour veiller à la justice. Donc, c'est une manière de dire

14:59
Présentateur

qu'on n'est pas là pour aider, aider, aider.

15:01
David Lisnard

Ce n'est pas ça. C'est-à-dire que beaucoup de ce qu'on appelle les classes populaires, moi, je n'aime pas segmenter les gens, les individus échappent aussi au déterminisme social, identitaire, ont besoin d'une ambition pour le pays, ont besoin de sécurité, ont besoin d'avoir le travail bien rémunéré, de faire en sorte que ceux qui bossent aient une reconnaissance sociale plus élevée que ceux qui ne bossent pas. Et ça, c'est une grande aspiration de ce que l'on qualifie de classe populaire et donc un projet qui est fondé sur la responsabilité individuelle, sur la liberté, à mon avis, est le projet le plus moderne pour redonner de la confiance. On parlait de l'école.

Aujourd'hui, au nom de l'égalitarisme, avec la carte scolaire, on enferme à résidence identitaire et sociale les gamins des milieux les plus modestes, les plus pauvres. Tous les gens qui sont un peu aisés ou qui connaissent un peu le système trouvent d'autres filières pour leurs enfants, tous, voilà, et échappent à la carte scolaire. Donc, au nom de l'égalité, c'est pourquoi, à mon avis, il faudra à terme expérimenter des suppressions pouvoir aux parents de choisir les établissements, informer les parents, créer de l'émulation et de la compétition, mieux rémunérer les professeurs, mais avec des possibilités d'établissements indépendants, y compris publics, sur le plan des ressources.

Ce serait une révolution copernicienne. Et ça, moi, je refuse de dire que c'est un projet qui serait contre... C'est pour les classes populaires. Gérald Darmanin, que vous évoquez, s'il arrive à rétablir la sécurité, eh bien, il rendra un grand service aux classes populaires.

16:21
Présentateur

Et ça évitera le risque marine le pède en 2027 ?

16:23
David Lisnard

Les mesures ont augmenté de 51% depuis 2017. C'est ça, la réalité. Les homicides qui baissaient historiquement depuis la fin du Moyen-Âge, depuis 10 ans, augmentaient 15% depuis 10 ans des augmentations des meurtres et des homicides. Donc, qu'ils commencent par faire ce travail qui est essentiel. Et je crois qu'on rendra un grand service aux classes populaires. Et on évitera le risque de Marine Le Pen en 2027 ? Ce qu'il faut, c'est... La meilleure façon d'éviter un risque d'aventure politique, c'est d'être performant, c'est de porter des projets d'alternatives, c'est de retrouver, moi, je crois, la France, elle oscille toujours entre l'égalité et la liberté. On le sait depuis longtemps.

Et aujourd'hui, on est allé très très loin dans l'égalitarisme, dans la dépense publique, dans les prélèvements, qui étouffe l'initiative. Et je suis très favorable parce qu'on retrouve un affrontement fort et civil entre ce qu'on a appelé la gauche et ce qu'on a appelé la droite.

17:11
Présentateur

C'est pas ça, la démocratie. Et avec quelle droite ? Nicolas Sarkozy, dans Le Parisien, il y a quelques jours, va un peu plus loin que ce qu'il disait précédemment. Il dit, il faut trouver un leader qui soit capable de rassembler tout le monde. Mais il cite, il dit, les amis de M. Zemmour, les amis de M. Macron, les amis de M. Scotti. Est-ce que vous, votre droite, elle est prête à rassembler de Macron à Zemmour ?

17:30
David Lisnard

Je pense que c'est assez juste. Mais ça doit être une résultante. C'est-à-dire qu'il ne faut pas partir le matin en disant je vais rassembler les amis de tel ou tel. Il faut partir chaque matin en se disant je vais proposer des principes. C'est important de savoir qui on est compatible et qui on n'est pas. Mais c'est pas comme ça, à mon avis, que ça se passe. C'est que vous proposez une offre, pour parler en économie, vous faites une proposition politique basée sur des principes, des personnalités et un projet. Programme détaillé, on sait qu'il se fracasse sur les circonstances. Un projet. Que les gens sachent à qui ils ont offert.

Ils disent, tiens, si lui il a os affaire, tout ne sera pas parfait ou au moins, on sera d'accord ou pas mais on sait sur qui on tombe, on sait ce qu'il va faire. Et c'est comme ça que vous rassemblez. Parce qu'il faut aussi rassembler tous les amis de la République qui sont à gauche, pour reprendre l'expression des amis d'eux et qui doivent être outrés de voir la dérive anti-républicaine d'une partie de l'extrême-gauche. De voir, quand j'entendais, j'écoutais les arguments sur la baïa hier et j'ai vu d'ailleurs qu'une expression que j'utilisais hier, les idiots utiles de l'islamisme.

Les compagnons de route des séparatistes qui, dès que la République française fait preuve d'un peu d'autorité légitime dans l'intérêt de chacun, quelle que soit la religion, ceux qui martèlent, qui veulent affermuler le système, et qui, pour clientélisme électoral, veulent chercher les voies d'islamistes. C'est absolument tragique. Moi, je le vois dans mon parti Nouvelle Énergie.

Il y a des gens qui viennent de tous horizons, sans faire le jeu de mots, mais aussi des gens qui viennent d'une gauche républicaine qui a besoin qu'on lui parle de culture, d'instruction publique, d'universalisme, de ses belles valeurs dont la France a été un étendard dans le monde et que nous devons défendre absolument.

19:00
Présentateur

Votre parti Nouvelle Énergie que vous citez, vous le structurez peu à peu. Je crois que vous allez ouvrir un siège à Paris d'ici un mois. L'ambition, c'est quoi ? Vous allez être une sorte de concurrence ou d'offre alternative aux Républicains ? Vous aussi, vous préparez 2027 ? L'ambition, c'est comme ce matin

19:14
David Lisnard

de pouvoir parler d'un projet de société qui permettrait à chaque individu d'être responsable de sa vie. C'est pour ça que j'ai proposé la retraite par capitalisation obligatoire et collective entre la répartition et la capitalisation libre. C'est pour ça que, sur l'école, je propose une vraie liberté d'établissement et des familles. C'est pourquoi nous travaillons pour dire qu'il faudrait supprimer les 145 milliards d'aides de l'État aux entreprises mais baisser au moins d'autant la fiscalité sur les entreprises pour supprimer les effets de bureaucratie. Quand je vous entends,

19:46
Présentateur

David Lestin, pardon je vous coupe, je me permets une réflexion, je me dis, en fait vous êtes en train de nous dire en creux, les Républicains aujourd'hui ne font plus le travail d'idées, de propositions sur le fond.

19:55
David Lisnard

Non, je ne dis pas des choses en creux et si c'était le cas, je le dirais en toute liberté. Non, non, les Républicains font un beau travail et je connais bien Eric Ciotti depuis longtemps qui est quelqu'un de grande qualité, qui est quelqu'un de structuré, qu'il ne faut pas sous-estimer. Mais vous considérez qu'il faut quand même une autre offre que les Républicains. Oui, pourquoi ?

Parce qu'à Nouvelle Énergie, les gens qui me rejoignent viennent sur ces concepts très forts et je pense qu'aujourd'hui on a besoin d'être, moi je voudrais être le plus influent possible, faire gagner ses convictions et ses idées parce que je crois qu'elles sont utiles au pays et de ne pas chercher une somme d'arrangements, de ne pas chercher une somme d'addition d'électeurs de tel ou de tel. Alors justement,

20:29
Présentateur

un tout dernier mot pour conclure. Ça vous fait peut-être plaisir ou pas, je ne sais pas, Alain Minc dans l'opinion cite votre nom parmi les présidentielles possibles pour 2027. Mais il dit aussi qu'il faudra une primaire ouverte pour déterminer qui sera le candidat de cette grande droite. C'est aussi votre avis ? La primaire ouverte ce serait une bonne méthode ?

20:44
David Lisnard

Je pense que c'est encore un peu tôt, on est à 4 ans de la présidentielle. Si on commence à penser à soi de façon individuelle, on dévie, ça devient un récit narcissique et ça il faut lutter toujours contre ces choses-là. Mais ce qui est sûr c'est que soit il y a un leader évident, soit il faut une compétition. Moi je crois qu'on a du mal à être de droite et être contre la compétition. Moi je suis pour la compétition. C'est aussi simple que ça.

21:04
Présentateur

Merci beaucoup d'être venu présenter vos idées ce matin sur le plateau de LCI.