Engie, Brexit, municipales, sécurité... le "8h30 franceinfo" de Xavier Bertrand
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Bonjour Xavier Bertrand. Bonjour. La seule femme dirigeante du CAC 40, la patronne d'ENGIE, Isabelle Cocher, devrait être débarquée aujourd'hui lors d'un conseil d'administration exceptionnel. L'État, principal actionnaire du groupe, ne la soutient plus. Qu'est-ce qu'elle paye selon vous ?
Un risque. Un risque pour l'entreprise auquel elle s'était opposée. Elle s'oppose à tout démantèlement de cette entreprise. Et elle était la garante du fait qu'il n'y aurait pas de démantèlement. Je pense que son départ, l'arrière-pensée, la manipulation qu'il y a derrière tout ça, c'est que ENGIE soit démantelée. ENGIE, c'est un leader mondial français, un leader mondial maintenant sur la transition énergétique. Elle a réussi à transformer l'entreprise et montrer qu'il y avait un modèle économique. Et pour ceux que ça passionne, l'action d'ENGIE maintenant est en train d'augmenter. Alors certains disent, oui mais elle augmente moins que ses concurrents.
Ben oui, c'est vrai que les autres n'ont pas fait cet effort de transition énergétique. Et ce que je reproche aujourd'hui au chef de l'État, c'est de laisser faire. C'est de laisser faire. Parce que s'il y a démantèlement, parlons des dessous des cartes, s'il y a démantèlement, s'il y a une vente d'une partie des activités d'ENGIE, vous savez ce qui se passe ? Ça fait monter le cours de l'action et c'est bon pour les actionnaires et l'État est le premier actionnaire.
Qu'est-ce qui vous fait dire aujourd'hui que le gouvernement veut vendre à la découpe ENGIE ?
C'est parce que c'est ce qui existe depuis longtemps dans la tête de certains actionnaires. Et le gouvernement est forcément au courant. Madame Cocher avait dit très clairement qu'elle s'opposerait au démantèlement. Les représentants du personnel qui savent combien et comment cette entreprise s'est transformée refusent aussi ce démantèlement. Et je vais vous dire ce qui est important, c'est que nous avons aujourd'hui une entreprise qui a montré qu'on pouvait aller vers la transition énergétique, apporter des services à ses clients sur les économies d'énergie, c'est-à-dire leur permettre de payer moins cher leurs factures.
Vous en connaissez beaucoup, vous, les entreprises qui font ça par le monde. On a la chance d'avoir ça en France. Et on va casser ce qui marche. C'est ça qui, moi, aujourd'hui me gêne. Et après, vous le disiez ce matin avec votre autre invité, on va avoir un CAC 40 totalement masculin. En 2020, ça pose de problème à personne. Ça pose un problème, même si, pour Madame Cocher, le vrai sujet, c'est pas que ce soit une femme ou un homme, c'est qu'elle est compétente. Et aujourd'hui, on nous dit que ça va plus le management, la performance économique. Et c'est vrai, aujourd'hui, c'était pas hier. C'était pas avant-hier. Non, il faut être sérieux.
Et derrière, moi, ce que je dis, c'est au nom de l'intégrité de ce groupe, il faut maintenir l'intégralité des missions d'aujourd'hui.
Vous évoquiez un instant, Xavier Bertrand, notre autre invité de la matinale, c'était la secrétaire d'État, Emmanuelle Wargon, qui était l'invité. Il y a quelques minutes de France Info. Et voici ce qu'elle dit du cas d'Isabelle Cocher. Elle ne nie pas, d'ailleurs, les efforts en matière de transition énergétique produits par Isabelle Cocher.
Moi, je reconnais que dans cette entreprise, Isabelle Cocher a porté, porte cette vision de transformation énergétique. Après, il y a une question de savoir si c'est la bonne personne pour que l'entreprise affronte les défis de demain. Et c'est très bien qu'on ait cette discussion maintenant quand on parle du management et de la gouvernance des grandes entreprises de l'énergie.
L'enjeu écologique aussi, l'enjeu de cette transformation écologique, il est déterminant dans ce dossier ?
Bien sûr. Elle est passée à des énergies renouvelables. Vous savez que, même si à titre personnel, moi, je suis contre le fait qu'on ait des éoliennes terrestres partout, notamment dans ma région. Parce qu'elle investit massivement dans l'éolien. Mais pas seulement là-dessus. Mais d'ailleurs, ils le savent. Ils le savent, moi, dans ma région, parce que c'est quand même un groupe, ce sont des milliers d'emplois dans ma région. Moi, je travaille avec Engie. J'ai vu la façon dont ils sont impliqués pour l'emploi. Je sais aussi la façon dont ils sont impliqués, notamment sur la question du biométhane, de la méthanisation. Je travaille avec eux.
Je vois la façon dont ils ont décidé de travailler avec les grandes collectivités locales. Et même si je ne suis pas, moi, sur les éoliennes terrestres, et vous savez pourquoi, je le dis très clairement, chez moi, il y en a trop. Chez moi, il y en a trop. On est la région de France où il y en a le plus. Et je dis d'ailleurs au président de la République, stop sur le développement de l'éolien terrestre. On pourrait développer la méthanisation et aussi le solaire. Et puis, on peut aussi développer l'éolien marin, notamment, et de l'éolien flottant. Autant de sujets sur lesquels ils sont allés très loin dans cette transformation. Et on casse cette démarche-là qui intéresse tout le monde.
On est en train de montrer, avec des entreprises comme Engie, qu'on peut marier écologie et économie. Économie et écologie ensemble. Et encore une fois, on va changer ça, on va casser ça. Je pense qu'il y a aussi une part de règlement de compte dans tout ça. Mais le plus grave pour moi, c'est le fait, très clairement, très clairement, que demain, on n'est plus Engie avec l'intégralité des missions qui sont les siennes aujourd'hui.
Xavier Bertrand, on est quatre jours désormais après le coup d'envoi du Brexit. On sait que les négociations vont être très langues. Est-ce que vous diriez que jusqu'ici, tout va bien et qu'il n'y a pas de conséquences ?
On sait pertinemment que les véritables conséquences, ça sera normalement à partir du 1er janvier 2021. On est dans la phase de transition. Mais il y a un sujet avant ça. C'est la question de la pêche. Vous avez vu ce qui s'est passé à Guernesey. C'est-à-dire que les Britanniques ont dit aux pêcheurs français, « Terminez, vous ne pêchez plus chez nous ». Un accord vient d'être trouvé. Ils vont avoir des accords individuels. Mais il va falloir regarder dans le détail si demain, on pourra pêcher avec les mêmes filets et s'il n'y a pas de difficultés.
Le premier port de pêche français, il est chez vous. C'est Boulogne-sur-Mer. C'est aussi le premier port de transformation des produits de la pêche. Est-ce que vous demandez le même accord ? C'est-à-dire que les Français puissent continuer à acheter leurs filets dans les eaux britanniques ?
Oui, mais je demande plus que ça. C'est qu'il n'y ait pas du tout de restriction. Et ce que je dis vaut pour les Hauts-de-France, mais ça vaut pour toute la France. Parce qu'il y a chez moi un peu moins de 1 000 marins, mais il y en a en tout 5 000 dans toute la France. Les Normands, les Bretons. Et même si vous allez jusqu'au Golfe de Gascogne, vous avez des pêcheurs qui sont directement concernés par cela. Du tout de restriction, ça veut dire que rien ne change entre avant et après le Brexit. Rien ne change pour vous ? Et il faut avoir un langage très clair et très ferme auprès de nos amis britanniques. En leur disant la chose suivante.
Si on ne peut plus pêcher chez nous, vous ne pêchez plus chez nous. Ils pêchent notamment de la coquille Saint-Jacques. Mais vous ne transformerez pas non plus le poisson chez nous. C'est-à-dire les conserves, le fait de mettre en filet, tout ça, ils le font chez nous. Ils n'ont pas cette industrie de la transformation chez eux. Et s'ils ne le font plus chez nous, ils vont être obligés de remonter très haut dans le nord de l'Europe, Norvège par exemple, et ça va leur coûter très cher. C'est une négociation. Je sais que ce que je dis inquiète notamment les marailleurs, même chez moi.
Mais il faut bien comprendre que si nous voulons maintenir un accord intelligent, intéressant pour tout le monde, il faut ce langage de fermeté. Et de dire également aux britanniques que la pêche, ce n'est pas un sujet à côté de la grande négociation sur les suites du Brexit, que c'est au cœur de la négociation. Mais il faudrait aller jusqu'à cette extrémité, Xavier Bertrand, donc jusqu'à une guerre commerciale. Mais je préfère dire très clairement, vous voulez éviter une guerre commerciale, alors il n'y a pas de guerre de la pêche. Vous croyez que nos pêcheurs, ils vont se laisser mourir sans rien dire et sans rien faire ? Déjà que leur situation n'est pas simple.
Mais demain, par cette décision, ils seraient les victimes collatérales du Brexit. Et ce que je demande au gouvernement, ce que je demande à l'Europe, mais Michel Barnier est sur cette même ligne, mais il faut aller jusqu'au bout, c'est de dire la pêche, clairement, nous ne devons pas changer les règles d'aujourd'hui. Et vous ne devez pas interdire aux pêcheurs français, aux pêcheurs européens de ne plus pouvoir le faire. Parce que vous avez ça, il y a le Brexit, puis il y a aussi autre chose, la pêche électrique, où notamment les Néerlandais continuent à appauvrir la ressource.
Vous avez aussi des grands bateaux qui sont en train de justement de faire une pêche qui est quasiment anti-concurrentielle par rapport à ce que nous ferons nos pêcheurs. Ils sont fragilisés, je n'ai pas envie qu'ils disparaissent.
Vous êtes monté au créneau ces derniers jours sur les questions du bilan sécuritaire d'Emmanuel Macron. On va parler également des municipales avec vous, Xavier Bertrand. Vous nous direz si vous allez soutenir vos anciens amis des Républicains, puisque vous n'êtes plus membre du parti. Mais d'abord, l'essentiel à 8h40 avec Mélanie Delaunay.
Sur France Info, Didier Gaillaguet maintient sa version des faits et son refus de démissionner en plein scandale. Ceux de violences sexuelles dans le patinage, le président de la Fédération des Sports de Glace déclare que c'est le ministère des Sports de l'époque qui a réintégré Gilles Beyer dans la Fédération et qu'il peut le prouver. Matignon ne tirera pas de leçon nationale d'un scrutin local, selon les informations de France Info. S'ils échouent au municipal, les ministres candidats ne seront pas obligés de démissionner. Aux Etats-Unis, Donald Trump acquittait à l'issue de son procès en destitution par le Sénat à majorité républicaine. Cet acquittement n'a aucune valeur.
L'histoire se rappellera d'une victoire à la pyrusse, réagit l'opposition démocrate. Lui, c'est Spartacus qui l'a rendu célèbre dans le monde entier. L'acteur Kirk Douglas est mort à 103 ans parmi les autres films marquants de cette légende d'Hollywood, Les Sentiers de la Gloire ou 20 000 lieux sous les mers. France Info, et tout est plus clair.
Xavier Bertrand, vous avez dénoncé dans les colonnes du journal du dimanche dernier, une explosion de la violence en France depuis 4 ou 5 ans. Le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Laurent Dunez, vous a répondu. C'était hier matin sur France Inter. Comment peut-il avoir ce culot ? C'est faire preuve d'amateurisme. Je le dis, c'est de l'amateurisme. Il ferait bien de regarder les stats, les chiffres. Il y avait 274 000 victimes de vols violents en 2010, en plein milieu du quinquennat de M. Sarkozy. Nous sommes tombés à 166 000 en 2018 et nous avons encore baissé cette année. Il faut regarder les chiffres.
Et sous le quinquennat Nicolas Sarkozy, il y avait eu aussi la suppression de plus de 10 000 postes de gendarmes et de policiers. Xavier Bertrand.
M. Nunez, comme M. Castaner, c'est messieurs, tout va bien. Tout va bien dans le pays. Il n'y a pas de problème d'insécurité. Il n'y a pas de problème de délinquance. Et on me dit que les chiffres que j'ai évoqués sont faux. C'est bien ça. Juste quelques instants. Après une année 2018 marquée au niveau national par une hausse sensible du nombre de violences sexuelles, enregistrées, plus de 19 %, l'année 2019 affiche également une augmentation très nette de ces violences, même si d'en pleure un peu moindre. Les escroqueries sont en forte progression en 2019. Le nombre d'homicides augmente nettement en 2019. Ce document, c'est quoi ? C'est un document du ministère de l'Intérieur.
Ministère de l'Intérieur. Il le connaît ce document ? Xavier Bertrand. Je vais vous dire une chose. Quand j'entends parler d'amateurisme, quand on voit le niveau d'amateurisme de ce gouvernement, je le renvoie juste à cela. Est-ce qu'ils connaissent ces chiffres-là ?
Vous avez cité notamment Xavier Bertrand. Ce ne sont pas mes chiffres. Ce n'est pas marqué région de France ici. Un chiffre et on ne va pas faire une guerre des chiffres pendant des minutes. Vous pouvez vous le donner ? Bien sûr. Bien sûr. Merci. En l'occurrence, on a évoqué comparé aux chiffres d'il y a 10 ans. Comparé aux chiffres de 2010. Sur les violences sexuelles, Xavier Bertrand, vous donnez le chiffre. J'ai entendu ce matin. C'est celui des plaintes. J'ai entendu ce matin le vrai du faux sur votre trentaine. L'explosion du nombre de plaintes pour violences sexuelles.
On parle des plaintes, pas forcément des faits, puisque vous savez que l'année dernière et les deux dernières années ont été des années de libération de la parole des femmes. Dans la foulée de la vague mitou, il y a eu davantage de plaintes, ce qui ne veut pas dire que le nombre de faits lui aussi a augmenté.
Vous voulez me faire dire quoi ? Que tout va bien dans ce pays ?
Non, non, non, je ne veux pas vous servir de ça. Je veux vous dire qu'on parle des plaintes et pas des faits forcément qui sont là.
J'ai entendu le vrai du faux ce matin, comme ça a été le cas aussi en début de semaine. D'habitude, dans le vrai du faux, les responsables politiques ont fait la démonstration que ce qu'ils ont raconté est totalement faux. Ce n'était pas le cas. Ni ce matin, ni l'indice.
C'était sur un autre volet de vos propos, je précise.
Xavier Bertrand, petite précision. On n'a pas rentré dans une question de chiffre. C'était sur l'exécution des peines. Je vous dis très clairement que le ministre de l'Intérieur aille sans préparatif sur le terrain. Qu'il vienne nous expliquer, par exemple à Saint-Quentin, pourquoi au début du mois de janvier, quand des pharmacies ont été cambriolées, les auteurs ont été interpellés. Ils sont sortis le soir même, ils ont recommencé. Le problème que nous avons dans ce pays, c'est un problème d'impunité qui ne date pas depuis deux ans, depuis l'arrivée de M. Macron, qui est en train aujourd'hui d'augmenter de façon considérable.
Et ce que je demande juste, parce que je fais des propositions, dans cette interview du JDD, je fais des propositions pour dire, il faut aujourd'hui renforcer les effectifs, c'est le cas. Mais il faut aussi renforcer les moyens de la police et de la gendarmerie, des forces de sécurité intérieure. Et là, ce n'est pas le cas. Entendons-nous bien. Il faut aujourd'hui, parce que la situation, M. Dely, elle est très différente de ce qui se passait, voilà, 13 ans. L'explosion du terrorisme et les violences. Personne n'avait vu en France les rues en proie de telles insurrections.
On a aujourd'hui des Français, depuis les Black Blocs qui intervenaient dans la rue, et notamment ce qui s'est passé aussi avec les manifestations sur la réforme des retraites, des Français qui aujourd'hui veulent plus de sécurité. Et je ne fais pas partie de ceux, comme les dirigeants du Front National, qui attendent que les choses dégénèrent et qu'on ait le chaos dans le pays. Je dis au gouvernement, je dis au président de la République, j'ai bien compris que sur les questions régaliennes, vous n'étiez pas à l'aise. J'ai bien compris que les questions de sécurité, de justice, même de respect de la laïcité, ce ne sont pas les sujets sur lesquels vous êtes à l'aise, mais je vous le dis, M.
le Président, vous êtes le garant des institutions, et dans notre pays, nous avons besoin d'ordre et d'autorité.
Pourtant, il annonce la création de 10 000 postes de gendarmes et de policiers supplémentaires, Emmanuel Macron, il renfort, c'est moins de la police. Et j'approuve ce que je viens de vous dire pour être très précis. Donc il n'est pas aussi mal à l'aise que vous le dites avec ce sujet ? Très précis, très précisément.
Où sont l'augmentation des moyens supplémentaires ? Aude Bonneau, rapporteur du texte, disait en novembre 2019, elle est rapporteure pour La République en marche. Elle dit, nous avons besoin notamment de véhicules supplémentaires. Le budget n'en prévoit pas assez. Vous avez une baisse du budget consacré aux moyens. On a besoin de tenues quotidiennes pour les forces de sécurité intérieures. On a besoin de véhicules, on a besoin de drones, notamment des moyens les plus sophistiqués, technologiques également, pour faire reculer la délinquance et l'insécurité. C'est ça que je demande. C'est ça que je demande.
Et je dis très clairement, quand on va me dire que ça va augmenter les déficits, on est dans le cœur des missions de l'État. Et là, les agences de notation, ce n'est pas elles qui vont protéger les Français.
Vous dénoncez effectivement 90 000 à 110 000 peines non exécutées. Qu'est-ce que vous réclamez en la matière ? C'est l'autre volet, vous avez entièrement raison. Est-ce que ça veut dire qu'il faut davantage d'incarcération, selon vous ? Y compris les petites peines.
Alors, la première des choses, vous l'avez bien compris, on a des forces de l'ordre qui, avec tout ce qu'elles entendent, avec les critiques. Et le dernier exemple, c'est quand même cette photo du président de la République qui est une insulte pour moi aux forces de l'ordre, où il pose avec un t-shirt, notamment, qui fait référence aux violences policières. Là aussi. C'est au festival de BD d'Angoulême avec les lettres LBD au lieu de BD sur le t-shirt.
T-shirt à propos duquel Emmanuel Macron a répété à plusieurs reprises qu'il était totalement en désaccord avec le message politique porté par ce t-shirt. Et il a, y compris Angoulême, rappelé son soutien et dénoncé, lui, ne reprend pas le terme de violences policières. Et lui, en même temps, il y en a marre.
Il doit être clair. Et dans ces conditions-là, il ne pose pas avec le t-shirt. Imaginez les forces de police, ce qu'elles ont ressenti en voyant ça. Une forme de mépris et le sentiment très clairement que le président s'affichait avec ceux qui leur reprochent justement ces violences policières. Là aussi, que les choses soient très claires. Tout membre des forces de l'ordre qui commet une infraction, qui commet un délit, doit être puni. C'est une évidence. Mais derrière que le président de la République s'affiche de cette façon, je suis désolé. C'est totalement inapproprié. Une provocation, d'après vous ?
La provocation n'est pas forcément de son fait, mais il doit avoir conscience de ce qu'il est, le chef de l'État. Et le chef de l'État doit aussi inspirer la confiance aux forces de l'ordre. Maintenant, il y a l'autre point que je voulais évoquer avec vous. Les policiers, les gendarmes interpellent, mais derrière, il faut que cela suive. Nous avons en France un problème qui ne date pas d'aujourd'hui sur l'application, sur l'exécution des peines. Et nous avons un problème avec les peines de prison. Le président de la République avait dit à l'époque qu'il faudrait 15 000 places de prison dans notre pays. Pourquoi ?
Pour éviter la surpopulation carcérale, parce que vous avez aujourd'hui des conditions indignes pour de trop nombreux détenus. Et des conditions de travail pour les surveillants pénitentiaires qui sont également totalement inappropriées. Donc il en faut plus. Cet engagement de 15 000 ne sera pas tenu, on le sait. Et vous avez surtout une loi justice de l'an dernier qui va s'appliquer, c'était justement ce qui était indiqué ce matin dans le vrai du faux, le 24 mars, et qui là va être dans une logique très simple, il faut vider les prisons. Vider les prisons, il faut que vous ayez d'autres solutions. Et je ne dis pas qu'il faut des prisons sur le même modèle.
Vider les prisons ou ne pas les remplir davantage ? Elles sont des gens surpopulation très nettes. Attendez, il ne faut pas les remplir davantage. Je suis désolé. Si vous avez des gens dangereux qui commettent des délits ou des crimes, ils doivent aller en prison. La prison n'est pas la seule solution. Mais il faut aussi pour les plus dangereux aller en prison. Et vous ne pouvez pas dire parce que j'ai une forme de numerus clausus à respecter parce que je n'ai pas assez de place, je n'envoie pas en prison ceux qui le méritent. Donc il faut des centres éducatifs, notamment fermés pour les mineurs délinquants.
Il faut aussi des prisons d'un autre style pour les délinquants dont on sait qu'ils ne sont pas dangereux. et il faut surtout qu'on n'ait plus ce sentiment que clairement, quand on est condamné, on n'assume pas sa peine, on n'exerce pas sa peine. C'est ça le drame français. Et là, j'attends du chef de l'État qu'il donne des instructions claires à Mme Belloubet, la garde des Sceaux, pour qu'il y ait une politique pénale sur l'application des peines et sur une impunité zéro.
Les municipales et votre rôle peut-être dans les mois et les années qui viennent, Xavier Bertrand, ce sera dans un instant. D'abord le rappel des titres à 8h50 avec Mélanie Delonnet.
Les syndicats vont-ils réussir à mobiliser les opposants à la réforme des retraites ? Neuvième journée interprofessionnelle. Manifestation ce matin à Grenoble, Marseille, Bordeaux. Cet après-midi à Paris, Nantes ou Strasbourg. Le trafic est normal à la SNCF comme à la RATP. C'est la seule femme à la tête d'une entreprise du CAC 40. Isabelle Cocher, la patronne d'Angie, sur la sellette. Elle a peu de chances de sauver son poste lors du conseil d'administration cet après-midi. Sur France Info, le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, estime qu'elle paie d'avoir pris le risque de refuser tout démantèlement de l'entreprise. Une voiture fonce dans la foule à Jérusalem.
Il y a 14 blessés. En grande majorité des soldats, la police parle d'une attaque terroriste. Une victoire ternie par des incidents des supporters de l'OM qui repartent sous escorte policière sans voir le match contre Saint-Etienne. Marseille l'a emporté 2-0 et conforte sa deuxième place au classement de l'IA.
France Info Et tout est plus clair.
Un petit rectificatif tout d'abord. Le Brexit, évidemment, c'était pas il y a 4 jours, mais il y a une semaine. Vous avez eu l'élégance de ne pas le reprendre. Xavier Bertrand et Renaud Delis, les municipales. Xavier Bertrand, vous voulez ajouter un mot ?
Mais rapidement, si vous voulez. Je pense qu'aujourd'hui, pour de très nombreux Français, il y a une insécurité physique et il y a des solutions, des moyens, déjà avec ce qui existe dans la loi, pour faire appliquer les textes et protéger les Français. Il y a aussi une insécurité sociale qui tient au chômage, même si le chômage recule et c'est une bonne nouvelle, qui tient aussi aux conditions de pouvoir d'achat et on n'a pas le droit, aujourd'hui, de plonger dans les difficultés de nos concitoyens. Il y a un sujet qui est très important, qui est un peu passé inaperçu.
Il y a une décision que s'apprête à prendre la Banque de France, le Haut Conseil de Stabilité Financière, qui est en train de décider que pour à peu près 100 000 ménages, ils ne pourront plus emprunter pour acheter leur logement cette année. Ce sont des gens qui travaillent, qui symbolisent la valeur travail, mais pour lesquels le patron de la Banque de France est en train de dire non, non, non, vous ne pouvez pas emprunter parce que vous voulez emprunter sur trop longtemps. C'est-à-dire des jeunes... Parce qu'il y a un risque quand on emprunte sur 28 ou 30 ans qu'un jour, les prix se retournent et que ces gens-là se retrouvent ruinés.
Et vous ne pensez pas qu'on pourrait faire dans ces conditions-là du sur-mesure, de voir ce qu'il leur reste pour vivre, à vivre. Vous ne pensez pas qu'on peut aussi faire confiance aux établissements bancaires parce que les établissements bancaires, notamment, mutualisent coopératifs très près à la fois de leurs clients. Eux savent pertinemment voir s'il y a 25 ou 26 % ou 27 % d'endettement, ça passe ou pas. Est-ce qu'on a besoin d'en haut de décider pour eux ? Et vous vous rendez compte, 100 000 ménages qui ont plus de travail, à qui on dit non, mais pour vous c'est terminé, vous resterez locataire, vous ne pouvez pas devenir propriétaire, c'est terrible.
Et le ministre de l'économie et des finances qui préside officiellement ce conseil doit s'opposer à cette décision et doit dire à la Banque de France de revenir là-dessus. Et le tout dernier point, je vous ai parlé d'insécurité physique, d'insécurité sociale, il y a aussi une insécurité culturelle. Vous savez, sur ces questions, moi je ne suis pas un énervé. Je ne suis pas un énervé, mais je suis très déterminé. Et nous attendons que le président de la République nous dise si oui ou non, il va combattre toutes les formes de communautarisme et aussi les avancées, les poussées de l'islam politique. Un déplacement devait être... Ça fait deux ans et demi qu'on attend.
Aujourd'hui, il devait y avoir un déplacement. On nous dit qu'au final, ce n'est pas encore prêt. Que le président nous dise que toutes les forces républicaines, que la République dit à tous ces tenants de l'islam politique, ce n'est pas chez nous et il est temps de les faire reculer. C'est la question pour les municipales des listes communautaristes. Rappelez-vous, j'avais été le premier à dénoncer ce risque des listes communautaristes. Le président de la République avait dit non, non, ce n'est pas un sujet. Il n'y a pas de problème. Que ce soit dans une ville comme Maubeuge, vous savez notamment qu'il y a ces tentations.
On verra s'ils vont jusqu'au bout par faute d'avoir dénoncé ce risque. Il y a une liste d'élan en liste à Maubeuge ? Oui, parce qu'il y a l'Union des démocrates musulmans de France qui est sur une vision communautarisée de la société qui ont cette tentation.
Le ministre a encore une fois... Il n'a pas dit qu'il n'y avait pas de problème. Il a dit que juridiquement, il était impossible d'interdire au préalable ces listes avant qu'elles ne soient entrées en campagne et qu'éventuellement elles tiennent des propos. Moi-même, souvent, elles se présentent aussi sous des faunées
et que c'est très difficile effectivement de le faire en amont. Attendez, attendez. Je sais pertinemment que si les choses étaient simples, ça se saurait. Moi-même, j'ai fait part des difficultés et j'ai proposé des solutions. Mais le président au congrès de l'Association des maires de France dit que certains agitent les peurs. Et vous savez ce qui va se passer ? C'est que ceux qui, aujourd'hui, croient qu'il faut les empêcher, les interdire pour qu'on n'ait pas les tensions dans la société quand ils ne sont pas écoutés. Madame Le Pen est allée à Maubeuge. Elle a dit « Mais vous savez, le rempart contre le communautarisme, c'est nous, c'est le Front National.
» Jamais de la vie, jamais, elle ne s'est exprimée là-dessus. Parce que vous savez quoi ? Elle a besoin qu'il y ait des problèmes pour essayer de montrer quel est le rempart contre ces problèmes. Ça n'est pas le Front National le rempart contre les problèmes parce que le Front National a besoin de profiter des problèmes. Moi, je préfère prévenir que guérir. Et je préfère dire que tous les républicains doivent prendre conscience que nous devons faire du recul des communautarismes une priorité à tous les niveaux. C'est ce que je fais dans la région.
Quand je mets en place une charte pour la laïcité et que je la fais respecter, c'est parce que je pense que chacun doit pouvoir exercer sa religion dans la sphère privée, dans les lieux de culte, mais que dans la sphère publique et politique, la religion n'a rien à faire.
Question simple, Xavier Bertrand, vous avez rendu votre carte des Républicains quand Laurent Wauquiez en avait pris la tête. Est-ce que vous allez vous engager dans la campagne des municipales ? Je suis candidat à Saint-Quentin sur la liste de Frédéric Macaré.
Candidat en quelle position ? Sur la liste. Soutenu par les Républicains ? Je crois soutenu par les Républicains. Vous n'en êtes pas sûr ? Non, je vais vous dire une chose. Elle a raison, elle est libre. C'est-à-dire qu'elle n'a pas demandé d'investiture, elle n'a pas demandé de soutien et je pense qu'aujourd'hui, moi j'ai beaucoup de respect pour ceux qui sont restés dans les formations politiques, mais un élu se doit d'être libre. Et vous savez pourquoi être libre ? Parce que vous n'êtes gêné en rien ni personne pour être le porte-parole des gens. Est-ce que vous allez aller soutenir des candidats des Républicains ? Par exemple, Marc-Philippe d'Aubresse à Lille ?
Soutenu par les Républicains ? Je vais vous dire une chose sur la question des municipales. Je l'ai indiqué, on est à cinq semaines. Le moment venu, on va m'interroger pour savoir ce que je ferai dans telle ville. Je m'exprime. Non, attendez. Gérald Darmanin à Tourcoing. Votre ami Gérald Darmanin à Tourcoing. Oui, c'est mon ami.
Vous allez aller le soutenir pendant la campagne ?
Je pense que ça a été un très bon maire de Tourcoing et je pense que ça restera un très bon maire de Tourcoing. Vous irez le voir pendant la campagne même s'il n'est plus
forcément de votre camp aujourd'hui ? Mais vous savez,
la question qui se pose, c'est la question de l'intérêt général. L'intérêt général. Et je pense que Gérald, effectivement, fera encore un très très bon élément. Au municipal, on peut être un peu en même temps.
Au municipal, on peut être un peu en même temps.
Vous représentez qui ? Ce ne sont pas les mêmes enjeux. Au municipal, vous représentez les gens de votre commune. Et la question qui est bien posée pour les municipales depuis des années et des années, s'il y a bien un endroit où la politique ne doit pas trop en mêler les choses, c'est les élections municipales. Mais il n'y a pas que les municipales où on peut dire très clairement qu'on ne recherche le soutien ni l'investiture d'aucun parti. Je dis très clairement l'an prochain, pour les élections régionales, je ne demanderai, je ne solliciterai le soutien et l'investiture d'aucun parti politique. De personne.
Vous irez sans étiquette. C'est bien entendu. D'accord. Vous parliez de liberté qu'il faut mettre en avant. Xavier Bertrand, on a appris ce matin, pardon, cette transition vient de très loin. Vous allez l'entendre, à travers son rôle de Spartacus, l'esclave qui se libère de ses chaînes et qui vient gladiateur. Est-ce que vous aussi, parfois dans votre vie, vous avez envie de casser les chaînes, d'être libre et de monter sur le char ?
Comparaison avec Körgoula, c'est sympa. Il n'y avait pas de physique dans ma question. C'est pour mon physique d'athlète ? Aucune question physique. Il y avait de l'ironie alors ? Non, ni la faussette, je vous promets. Non, mais sincèrement, je pense que tout l'enjeu, si vous n'avez pas la liberté d'expression et d'action, ça ne sert à rien de faire de la politique. Parce que si vous voulez vraiment être le porte-parole des gens et les défendre, vous avez intérêt à être libre. Vous êtes un peu le Spartacus de la droite. Je vous disais bien que vous vous moquiez de moi.
Non, jamais la liberté. Il y a aussi les sortiers de la gloire. Ou Paris brûle-t-il, au choix. Vous êtes très en forme, je trouve. Merci beaucoup, vous avez bien reconnu ce matin sur France Info. Merci infiniment. Dans deux minutes, il sera neuf heures. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr disponible aussi sur l'application Radio France.
Xavier Bertrand