Olivia Grégoire - Inflation : le coup de pression de Bercy - C dans l'air l'invitée 17.05.2023
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:12ComplaisanteRéponse directe
Bonsoir. Merci d'avoir accepté mon invitation. Vous êtes ministre déléguée au commerce.
- 0:32FerméeRéponse directe
Donc, Olivia Grégoire, les industriels ont dit oui ?
- 1:16RelanceRéponse directe
Vous leur répondez à plusieurs reprises en faisant menacer la pression fiscale, le name and shame.
- 1:26RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il a fallu quand même les menacer, encore une fois, de pression fiscale ?
- 1:34OuverteRéponse directe
On donnera le nom des marques. Au final, c'est ça qui les a fait bouger ?
- 2:01FerméeRéponse directe
Et qu'ils ont dit oui pour la renégociation ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueFait
« Les grands industriels qui étaient autour de la table ont reconnu effectivement qu'un certain nombre, soyons précis et pas de généralité, un certain nombre de matières premières baissent, dont les céréales, le blé, l'avoine. »
- 0:51Invité politiqueFait
« Le sucre, le café continue à augmenter. »
- 1:00Invité politiqueChiffre
« Ils ont pris sur leur marge pour mettre 2000 produits dans le trimestre anti-inflation. »
- 1:04Invité politiqueFait
« Ces produits, c'est une sorte d'îlot où les prix n'augmentent pas et commencent à baisser. »
- 1:08Invité politiqueChiffre
« On en parlera peut-être d'un peu plus de 10%. »
- 2:12PrésentateurChiffre
« 75 plus grandes entreprises de France de produits de grande consommation »
- 2:21PrésentateurFait
« qui se remettent autour de la table des négociations et sont concernés uniquement ceux qui avaient vu lors des précédentes négociations leur prix augmenter de plus de 10%. »
- 2:23Invité politiqueChiffre
« Et leur matière première chutait de 20%. »
- 3:33Invité politiqueFait
« On a une direction de la concurrence et de la répression des fraudes qui fait des relevés de prix, comme on dit, dans l'ensemble des magasins. »
- 3:36Invité politiqueChiffre
« sur 1 700 produits, la baisse est de 13 % »
- 7:55Invité politiqueChiffre
« Ces 1 700 produits, au 6 mars, ils coûtaient 3 439 euros. Au 24 avril, ces 1 700 produits coûtaient 3 3 euros. »
- 8:06Invité politiqueChiffre
« Ça fait 12,68%. Le baisse, d'où les 13%. »
- 5:20Invité politiqueFait
« Oui, il faut dire aux Français que structurellement, notre inflation ne sera plus... On sort de 30 ans de déflation. »
- 5:27Invité politiqueChiffre
« Nous aurons une inflation structurelle qui sera plutôt de 3-4% supérieure, en tout cas, à celle que nous avions avant. »
- 10:05Invité politiqueFait
« dont la présidente de l'Assemblée nationale a été victime, dont la présidente du groupe Renaissance a été victime et où j'ai aussi été citée »
Temps de parole
- Olivia Grégoire73 %
- Présentateur27 %
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Bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue dans C'est dans l'air. Mon invité ce soir est Olivia Grégoire. Bonsoir. Merci d'avoir accepté mon invitation. Vous êtes ministre déléguée au commerce. Vous avez reçu aujourd'hui avec Bruno Le Maire à Bercy les industriels pour tenter de rouvrir les négociations avec la grande distribution car les consommateurs qui vous regardent s'en sont aperçus. La baisse des matières premières n'est pas toujours répercutée sur les prix. Donc, Olivia Grégoire, les industriels ont dit oui ?
Les industriels sont venus au rendez-vous. Les grands industriels qui étaient autour de la table ont reconnu effectivement qu'un certain nombre, soyons précis et pas de généralité, un certain nombre de matières premières baissent, dont les céréales, le blé, l'avoine. D'autres non. Il faut être clair avec les consommateurs. Le sucre, le café continue à augmenter. Et donc, on a demandé avec Bruno Le Maire et Roland Lescure un effort. On avait demandé un effort il y a 2-3 mois aux distributeurs. Vous vous en souvenez ? Ils ont pris sur leur marge pour mettre 2000 produits dans le trimestre anti-inflation. Ces produits, c'est une sorte d'îlot où les prix n'augmentent pas et commencent à baisser.
On en parlera peut-être d'un peu plus de 10%. On a demandé, là aussi, après l'effort des distributeurs, le gros effort de l'État, que les industriels fassent un geste. Ils ont accepté et ils accèdent.
Vous leur répondez à plusieurs reprises en faisant menacer la pression fiscale, le name and shame. Vous considérez qu'ils ont plié, d'une certaine manière, Olivier Grégoire ? Est-ce qu'il a fallu quand même les menacer, encore une fois, de pression fiscale ? Vous êtes allé sur un média pour dire, attention, ceux qui ne jouent pas le jeu, il y aura du name and shame. On donnera le nom des marques. Au final, c'est ça qui les a fait bouger ? Ce n'est pas le souci du consommateur, pour être clair ? Un peu des deux.
Général Roux, je pense qu'ils ne sont pas idiots. Ils voient bien aussi à quel point ça dégrade leur réputation, à quel point aussi les commentaires qui sont faits dans les médias sur des très grandes marques connaissent très bien les Français et qui apprécient les Français, on ne va pas se mentir. Ce n'est pas bon pour leur réputation. Puis leur volume baisse quand les prix montent. Les volumes baissent, donc c'est aussi un problème économique pour eux. Ce qui compte, un, c'est qu'ils sont venus, pas de table de chaise vide.
Et qu'ils ont dit oui pour la renégociation ?
Ils ont dit oui pour les plus gros d'entre eux. Nos PME ne sont pas concernés, pardonnez-moi d'insister avec lourdeur, ni nos PME, ni les agriculteurs ne sont concernés par faire en négociation.
75 plus grandes entreprises de France de produits de grande consommation qui se remettent autour de la table des négociations et sont concernés uniquement ceux qui avaient vu lors des précédentes négociations leur prix augmenter de plus de 10%.
Et leur matière première chutait de 20%.
Une fois qu'on a dit ça, pour les gens qui vous regardent ce soir, qui se disent bon très bien, super, on discute, on négocie, la baisse des prix c'est pour quand ? Ces négociations c'est fin mai, c'est ça ?
Ça démarre fin mai. Vous savez, nous on a poussé pour qu'ils réouvrent les négociations. C'est important de dire aux gens qui nous écoutent, l'année dernière les prix explosaient. Les industriels eux-mêmes avaient demandé à ce qu'on réouvre ces négociations. Il ne faut pas l'oublier. Et donc on s'est rappelé à leur bon souvenir en disant quand ça baisse, on renégocie aussi. À partir de fin mai, et heureusement, ce n'est pas l'État qui donne la date du début des renégociations, on n'est pas dans une économie administrée. Mais il faut aller assez vite. Objectif que, à la rentrée, franchement, un certain nombre de produits du quotidien est franchement baissé. Si ça peut être avant, c'est mieux.
Et on n'est pas à l'abri de voir déjà certaines baisses dès cet été.
Il n'y a pas d'objectif de résultat. Le fait qu'ils se remettent autour de la table avec les distributeurs suffit à vous rassurer sur la baisse des prix.
Non, ce qui me rassure, c'est qu'ils ont pris une position, ils ont conclu devant nous un accord en responsabilité, ils prennent sur leur marge. Après, nous, on surveille. On a une direction de la concurrence et de la répression des fraudes qui fait des relevés de prix, comme on dit, dans l'ensemble des magasins. Vous voyez, quand je dis que sur le trimestre anti-inflation, sur 1 700 produits, la baisse est de 13 %, on y reviendra sûrement.
Allons-y, puisque ça a été contesté par EF Chèque au Choisier.
Alors, juste, je termine sur les prix. Ce qui est important, c'est que ce soit suivi des faits. Là, on a dit qu'il y a une obligation. Dans les semaines qui viennent, ça va se réouvrir, ces négociations. Et donc, effectivement, dès le mois de juin, juillet, évidemment, tout le mois d'août et en septembre, on va observer la réalité du prix qui baisse. On entend beaucoup de choses. On cherche des boucs émissaires, les oppositions, on cherche aussi des boucs émissaires, le coupable.
Tout le monde se comporte bien, Olivier Grégoire, dans ce moment-là ?
Je vais vous dire, ni les états d'âme, ni les jugements de valeur. Moi, c'est ma règle. Moi, je ne suis pas là pour trouver... J'aime beaucoup René Girard, mais je ne suis pas là pour trouver des boucs émissaires. Je ne suis pas là pour trouver des coupables, je suis là pour trouver des solutions. Donc, nous, avec Bruno Le Maire, on est assez froids dans ces moments-là. On a nos chiffres, on a les résultats de l'étude de l'Inspection générale des finances, qui sera d'ailleurs mise à jour dans quelques semaines, on en reparlera peut-être. Et de façon assez froide, on a vu les résultats, on demande un effort. On n'est pas dans l'émotion, on n'est pas dans le jugement.
On va suivre les prix et on en reparlera dans quelques semaines.
Il paraît qu'il faut arrêter de vendre du rêve. Et que vous êtes en train de vendre du rêve aux Français. C'est ce que dit Michel-Edouard Leclerc. Il dit qu'il ne faut pas dire aux Français qu'on reviendra au prix d'avant. C'est faux.
Alors, attention, moi, je ne vends pas du rêve. Je n'ai jamais dit, et Bruno Le Maire non plus, que la période d'inflation qu'on vit, notamment alimentaire, elle s'effacerait. Et on l'a encore moins dit, elle s'effacerait du jour au lendemain. La réalité des faits, Caroline Roux, c'est qu'on produit en France, on relocalise en France beaucoup, dans l'industrie, vous le savez, mais aussi qu'il y a eu des efforts, par exemple, sur les salaires. Et donc, quand on a une inflation alimentaire de 15%, en réalité, là où Michel-Edouard Leclerc a raison, c'est que vendre du rêve serait de venir vous dire, on reviendra à zéro au mois de septembre. Je n'ai jamais dit ça.
Oui, il faut dire aux Français que structurellement, notre inflation ne sera plus... On sort de 30 ans de déflation. Nous aurons une inflation structurelle qui sera plutôt de 3-4% supérieure, en tout cas, à celle que nous avions avant.
Sur l'ensemble des produits ou sur certains produits en particulier ? On pense aux produits frais qui sont impactés, notamment par les épisodes de chien.
Sur beaucoup de produits, mais il faut être cohérent, c'est ce que je reproche aux oppositions. On ne peut pas demander d'un côté d'augmenter les salaires et, deuxièmement, de baisser les prix. Ceux qui disent qu'il faut revenir à une inflation zéro, on fait quoi ? On baisse les salaires ? Les industriels... Non, ils vous disent qu'on bloque les prix. Très bien. La Hongrie l'a fait. Vous avez regardé les résultats ? On a une idée, on n'en parle pas. On en parle. 45% d'inflation alimentaire. Très bien. Ça, c'est pour l'ENUPS. OK. Le RN, la TVA, c'est fait en Espagne. On regarde. 16,3% d'inflation alimentaire. Les prix bas, c'est derrière nous.
Vous êtes d'accord avec cette phrase ou pas ? Les prix bas, c'est derrière nous.
Je pense que les prix bas, en règle absolue, ça tue nos éleveurs, ça tue notre filière. Si on veut une filière française, si on veut continuer à manger du poulet français et pas du poulet danois, et pas du poulet brésilien, oui, il faut qu'on rémunère nos agriculteurs et oui, il faut qu'on s'habitue, peut-être dans le rapport qualité-prix, comme on disait alors à l'époque, à ce qu'on paye parfois un peu plus cher des produits de meilleure qualité.
Le panier anti-inflation, trimestre anti-inflation, est amené donc à se prolonger jusqu'à la rentrée ?
Oui, on a reçu, au même titre qu'on a reçu les industriels ce matin, on a reçu les grands distributeurs il y a quelques jours avec Bruno Le Maire. C'est une idée, le trimestre anti-inflation que j'avais porté depuis des mois. Il se réengage à le poursuivre jusqu'à à peu près le mois de septembre. Certains systèmes U, pour ne pas les nommer, vont aller jusqu'à la fin de l'année, 31 décembre. C'est une bonne idée.
Vous encouragez tout le monde à faire la même chose ?
J'encourage tout ce qu'on peut faire pour faire en sorte que les plus fragiles de nos compatriotes dans cette période difficile puissent continuer à s'alimenter avec les produits dont ils ont l'habitude de s'alimenter, en ayant un îlot, un endroit dans les supermarchés où on sait que les prix n'augmentent pas et que les prix baissent. C'est l'avantage de ce trimestre anti-inflation. Ça pourrait devenir un système, Olivier Grégoire.
Au fond, dans un monde où vous êtes en train de nous le dire, où justement, on ne reviendra pas aux prix bas, garder un panier anti-inflation de manière assez durable pour garantir des prix.
Moi, je ne change jamais les termes du contrat ou les règles du jeu pendant le jeu. À situation exceptionnelle, plus de 15% d'inflation alimentaire, dispositif exceptionnel. Est-ce qu'il faudra le pérenniser sous d'autres formes pour les plus fragiles d'entre nous ? C'était le niveau du chèque alimentaire, etc. qu'on n'a toujours pas définitivement abandonné. Certainement. Mais je veux revenir sur une chose. Il y a 1 700 produits qui ont été contrôlés par la Direction Générale de la Concurrence. On va être précis. Ces 1 700 produits, au 6 mars, ils coûtaient 3 439 euros. Au 24 avril, ces 1 700 produits coûtaient 3 3 euros. Moi, je veux être précise. Ça fait 12,68%. Le baisse, d'où les 13%.
L'UFC que choisir, soyons très précis, compare des prix du 23 mars à quasiment aujourd'hui. Je ne vois pas trop l'intérêt entre nous, c'est ce qu'a dit Bruno Le Maire aussi, de comparer entre après la mise en œuvre et après la mise en œuvre. On est certains de notre méthodologie. Donc, je suis sûr que...
Donc, vous défendez vos chiffres. Quels sont les objectifs chiffrés ? Puisqu'on parle des chiffres que vous fixez pour la fin mai, pour la rentrée. Est-ce que vous êtes en capacité de dire, allez, fin mai, il faut qu'on ait baissé de 20% ? Est-ce que vous êtes en capacité d'avoir de la visibilité sur ce qui peut se passer cet été ou à la rentrée ?
Beaucoup plus sur cet été et la rentrée que sur la fin mai. D'accord. On vient de se dire, on ne va pas vendre du rêve. On ne va pas vendre des années.
Et sur la rentrée alors, du coup ?
Sur la rentrée, ce qui est de vrai, par exemple, c'est que le marché du frais, en gros, diminue, baisse, sur les matières premières. Donc, on est en droit d'espérer que ça baisse à la rentrée. Mais vous savez, je lis aussi les commentaires, notamment l'extrême-gauche, ils se satisfont d'espérer. Oui, on n'est toujours pas dans un pays communiste, on n'est toujours pas dans une économie administrée, c'est toujours pas. Et heureusement, l'État qui fixe les prix. Donc, laissons les négoces développer. Je vous garantis que dès cet été et encore plus à la rentrée, un certain nombre de produits du quotidien vont baisser.
Sinon, on ressortira le name and shame, etc.
La politique, c'est comme dans la vie, c'est pas le jour où tu viens de signer un accord avec la bonne volonté des parties prenantes que tu ressors la menace. Laissons déjà les industriels et les distributeurs renégociés.
Vous parlez de la politique, Olivier Grégoire, c'est parfois de la violence, la politique. On va en parler dans un instant avec les experts de Céden en l'air, le petit-neveu de Brigitte Macron agressé à Amiens. On va aussi parler du maire de Saint-Brévin-les-Pains qui jette l'éponge après l'incendie de son domicile. Est-ce que vous-même, vous avez parfois eu peur en exerçant les responsabilités qui sont les vôtres ?
Moi, la peur... Sincèrement. Oui, mais la sincérité, c'est inclus chez moi. Donc la peur, c'est pas mon truc. J'ai beaucoup plus peur depuis que je suis maman puisque dans les lettres de menaces, de morts, dont la présidente de l'Assemblée nationale a été victime, dont la présidente du groupe Renaissance a été victime et où j'ai aussi été citée, ce sont les femmes politiques qui sont visées et leurs enfants. Là, on franchit un cap et vous voyez, quand je vous le dis, j'en ai la chair de poule. Moi, je fais de la politique, je m'attendais à être chahutée, critiquée, malmenée, femme menacée. La deuxième chose que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas avoir l'indignation sélective.
Je suis outrée, moi, par le comportement du Rassemblement national qui ne se lève pas. Il y a eu la question d'actualité au gouvernement tout en applaudissant. Marine Le Pen, je l'observais. La réalité, c'est qu'un maire, un élu régional, départemental, un conseiller municipal, un ministre, un député, un sénateur, au même titre qu'il n'y a pas de typologie dans la souffrance, il n'y a pas de typologie dans la violence. Il y a eu très peu d'émotions. Quant à les horreurs qu'a reçues Aïlle Braun-Pivet, quand elle les a reçues, il y a eu assez peu de manifestations. Donc, tout est grave de la plus petite commune au plus haut niveau de l'État. Merci beaucoup
d'avoir été mon invité. On se retrouve dans un instant avec les experts de C'est dans l'air pour poursuivre cette conversation. Et nous reviendrons sur les femmes harcelées et menacées en politique. qu'est-ce qu'il y a tout de suite.
Olivia Grégoire