Proposition de gauche : Sauvons les agriculteurs avec un prix minimum d’achat - 03/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:13OuverteRéponse directe
Après un été ravageur, l'agriculture française a besoin d'aide. Vous avez une proposition pour sauver les agriculteurs ?
- 1:27OuverteRéponse directe
La répartition de l'argent du prix des tomates, pommes de terre, carottes : on n'est jamais très sûr de ce qui va à l'agriculteur.
- 2:40RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous faites de la mondialisation ? Qu'est-ce que vous faites de la concurrence européenne ? Qu'est-ce que vous faites des tomates marocaines ?
- 3:13RelanceRéponse directe
Mais c'est quoi le primi d'immeuble ? Vous n'avez pas deux exploitations qui ont les mêmes coûts de revient.
- 4:27RelanceRéponse partielle
Et pardon, mais... nationalisons l'agriculture.
- 4:37RelanceRéponse partielle
Vous ne pouvez pas tout diriger.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueChiffre
« Il y a 20% des agriculteurs les moins payés en France qui touchent moins de 6400 euros par an. »
- 2:09Invité politiqueChiffre
« La France exporte 18 milliards de produits agricoles. Mais elle en importe aussi, en gros, 18 milliards. »
Temps de parole
- Cécile Duflot65 %
- Locuteur 417 %
- Invité9 %
- ?8 %
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Vous
écoutez
RMC,
RMC, Apolline Matin,
proposition de gauche, proposition de droite. Et ce jeudi, c'est la proposition de gauche, c'est Cécile Duflo. Bonjour Cécile. Après un été ravageur, l'agriculture française a besoin d'aide. C'est d'ailleurs ce que plaidera à 8h30 le représentant des agriculteurs Arnaud Rousseau qui tire le signal d'alarme. Vous avez une proposition pour sauver les agriculteurs, Cécile.
Oui,
ça fait longtemps qu'on se pose la question du prix auquel on achète notre alimentation, de ce qui revient aux agriculteurs. Et on voit bien qu'on est toujours dans une situation dramatique. Il y a 20% des agriculteurs les moins payés en France qui touchent moins de 6400 euros par an. Moins de 6400 euros par an. Donc il faut absolument sortir de cette situation. Et pour ça, il faut faire en sorte que les agriculteurs puissent vivre de leur travail et de leur production. Ça, c'est la règle qui doit être la règle que nous devons mettre en œuvre.
Et ça veut dire qu'il faut que les dispositions qui ont été mises en œuvre avec la loi EGalim, qui visait à aller dans cette démarche en disant qu'il faut arrêter d'avoir des prix trop trop bas, reviennent aux agriculteurs, qu'elles ne soient pas mangées par la négociation. Aujourd'hui, le problème, c'est qu'on sait fixer un niveau de prix pas trop bas, mais on ne sait pas à qui revient finalement l'argent qui est dans ce niveau de prix. Donc le sujet,
c
'est moins de savoir, de faire payer davantage les produits agricoles que de regarder à qui va cet argent. Et aujourd'hui, la chaîne de valeur...
La répartition de l'argent, du prix qu'on paye pour les tomates, les pommes de terre, les carottes, on n
'est
jamais très bien très sûr de ce qui va au distributeur, ce qui va à l'industriel et ce qui
va à l'agriculteur. Ce
qui
va aux intermédiaires
et ce qui va à la grande distribution. Parce qu'aujourd'hui, le pouvoir de négociation de la grande distribution, qui s'est énormément concentrée, est telle qu'ils font une pression énorme sur les producteurs. Donc il faut changer cette logique-là. On a eu, dans le passé, une autre politique agricole où on soutenait les prix, où on avait des prix garantis.
C'était
un fiasco, on est
d'accord.
Ça a abouti à de la surproduction. Oui, mais ça a fait que les agriculteurs vivaient mieux. Déjà, ça c'est une bonne
chose.
C'est totalement absurde.
Alors, attends, je veux terminer. Ce n
'est
pas complètement absurde de se dire qu'aujourd'hui, on a voulu favoriser l'agriculture d'exportation. Donc c'est vrai, la France exporte 18 milliards de produits agricoles. Mais elle en importe aussi, en gros, 18 milliards. Et tout ça au prix d'une fragilisation des agriculteurs. Si on rajoute, au-delà de ça, l'enjeu énorme que va être celui de l'adaptation au changement climatique, parce que si l'agriculture française est en péril, si on est obligé de libérer les règles de l'AOC, du Comté, du Beaufort, c'est parce qu'il n'y a plus d'herbes à brouter dans les prairies, et il n'y
a
pas de foin local, que la viticulture, elle aussi, est menacée. Il faut une sorte de grand pacte national
pour de l'agriculture. Qu'est-ce que vous
faites de la mondialisation ? Qu'est-ce que vous faites de la concurrence européenne ? Qu'est-ce que vous faites des tomates marocaines ? Si vous augmentez, malgré tout, quand même, ces revenus ici, est-ce qu'on ne
va
pas être
bouffé par les autres ? Ça fait longtemps qu'un certain nombre de personnes disent que ces règles-là, c'est des règles qui fragilisent tout le monde. D'ailleurs, ça fragilise aussi les agriculteurs espagnols. Donc il faut mettre fin à ce système où on a mis tout le monde en concurrence, pour le pire, face à un enjeu, celui de l'adaptation de notre agriculture, qui est un enjeu pour lequel il faudra un soutien, une politique publique extrêmement volontariste.
Comme toutes les idées simples, en fait, la mise en œuvre, moi, je ne
vois
pas comment on fait.
C
'est-à
-dire
que, d'abord, vous dites primi d'immeuble. Mais c'est quoi le primi d'immeuble ? Vous n'avez pas deux exploitations qui
ont
les mêmes coûts de revient. Donc à partir de là, vous fixez comment votre primi d'immeuble ?
C'est régional
? C'est selon les régions
? Par filière,
Cécile ? Par filière. La loi
Egalim
le produit déjà. Ça a déjà été un premier pas.
Je n'invente rien. Vous vous alignez sur ceux qui ont les coûts de
production les plus élevés ?
Non, ce
n'est pas une idée simple. C'est quand même totalement
inefficace
sur le plan économique.
Ce n
'est
pas une idée simple, c'est une idée basique. Si on n'a pas des agriculteurs qui peuvent vivre de leur travail,
on va avoir le scénario qu'on a, c'est-à-dire un effondrement de l
'agriculture française.
Sauf qu'il y
a
des choses qui s'appellent être compétitifs. Et la réalité, c'est que si vous et vos amis écolos n'aviez pas pourri la vie de nos agriculteurs, ils seraient aujourd'hui plus compétitifs que ce qu
'ils
sont aujourd
'hui. Alors,
pardon de
vous le dire. Cécile, peut-être répondre. Mais
ce que je trouve extrêmement triste dans cette phrase, c'est que ce qui a été extrêmement dur pour l'agriculture française cet été, c'est les conditions climatiques. La sécheresse énorme, mais aussi son corollaire, c'est-à-dire des pluies diluviennes et des averses phénoménales de grêle. Alors, permettez-moi de vous dire que ça, c'est le changement climatique. On le sait, c'est documenté depuis 1990.
C
'est
pas le sujet.
Et donc, la solution n'est pas d'aller vers une agriculture encore plus intensive. On sait que les solutions, c'est des solutions qui passent par la nature, qui passent par l'évolution des productions et qui passent par une vraie politique publique.
Et pardon, mais... Mais nationalisons l
'agriculture.
On est dans
l'Allemagne de l'Est, Cécile. Vous ne pouvez pas tout diriger.
Pardon,
mais c'est de Gaulle. D'avoir un grand plan de développement de l'agriculture
française, c'est l'après-guerre. C'est pas seulement
de Gaulle, parce que là, ce que vous proposez, c
'est
ce qu'on a fait dans l'Allemagne de l'Est, ça a créé des pénuries.
Mais pas du tout. Et de dire, c'est la faute des écolos. Et faire autrement
que la... Non, non, mais
c
'est
ce qu'a dit Emmanuel. Et le deuxième truc, c'est de dire, si vous faites ça, c'est l'Allemagne de l'Est, on est quand même au degré moins douce de l'argumentaire, face à des enjeux qui sont
des enjeux
vitaux.
Et vous continuez à défendre. Donc, c'est une
idée simple, et c'est une bonne idée nécessaire
pour les
agriculteurs vivent. Et je vous
ferai sur ces
questions-là avec le président de la FNSE1, qui est mon invité à 8h30, Arnaud Rousseau. Merci, Cécile. Demain,
ce
sera... Ah ben non, demain, c'est vendredi. Demain, ce sera le grand invité du vendredi. Mais chaque jour, vous le savez, on alterne les propositions de droite, les propositions de gauche du lundi au jeudi. Cécile Duflo et Charles Consigny.
Cécile Duflot