L'Événement du Dimanche LCI du dimanche 9 février 2025
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue dans l'événement du dimanche LCI, ravie de vous retrouver. Bonjour Sophie Prima. Bonjour Marie-Chantret. Merci infiniment d'avoir accepté notre invitation ce dimanche. Vous êtes la porte-parole de gouvernement, vous avez aussi été ministre du commerce extérieur. On aura d'ailleurs l'occasion de parler à l'occasion du sommet international pour l'intelligence artificielle. Une vidéo, je ne sais pas si vous l'avez vue, mais on aura l'occasion de la voir ensemble, postée il y a quelques minutes par le président de la République. Il nous a un peu étonné, fait sourire aussi, on vous la soumettra à mes côtés pour vous interroger Arlette Chabot durant cette heure d'interview.
Bonjour à vous, beaucoup de sujets à aborder ensemble. L'étape du budget franchi, quels sont les autres chantiers du gouvernement de François Pérou dont vous êtes la porte-parole. Et d'abord un mot, un mot qui revient dans la bouche de très nombreux responsables politiques, le référendum. Selon notamment nos confrères de la Tribune dimanche, le président entend bien l'organiser, en organiser un. D'ici au printemps, il aura arrêté sa réflexion sur le ou les sujets sur lesquels il veut consulter les Français. D'abord un chiffre, ce sondage publié là aussi par nos confrères de la Tribune dimanche, 88%, regardez, des Français sont favorables à cette organisation d'un référendum.
Que dit selon vous ce chiffre ? Que les Français considèrent qu'ils ne sont pas assez consultés ?
Ou en tout cas qu'ils ont envie d'être consultés, envie qu'on leur demande leur avis sur des grands sujets. Je crois qu'il y a un autre sondage d'ailleurs qui porte en tête des préoccupations des Français, le thème de la fin de vie par exemple. Donc les Français ont envie de s'exprimer sur des sujets bien particuliers qui concernent leur vie quotidienne. C'est plutôt une bonne nouvelle.
Plutôt une bonne nouvelle selon vous, selon la porte-parole que vous êtes, même si c'est un sujet qui pour l'heure n'a encore pas vu le jour. Alors ce n'est pas la première fois que le référendum est mis dans l'air par le président de la République.
Oui, l'impulsion a été donnée par le président de la République dans son intervention. Je rappelle que c'est le gouvernement qui demande au président de la République de procéder au référendum. Donc il y a un échange entre le gouvernement et le président de la République. Ce qui est très important, c'est que le référendum ne soit pas dévoyé. On dit souvent, et d'ailleurs j'ai lu Jean-François Copé dans la presse ce matin, qui dit « Attention, le référendum ne répond pas à la question qu'on pose bien souvent. » Donc il faut être attentif au moment où on le fait. Il faut que ce soit un moment d'apaisement et pas un moment de confrontation.
Donc je ne sais pas si le climat politique aujourd'hui permet ce moment d'apaisement et que ce ne soit pas un moment de confrontation. Et puis il faut faire très attention aussi à la question qu'on pose et à la façon dont on la pose. On a bien vu par exemple dans les référendas qu'il y a eu en Nouvelle-Calédonie que la façon dont on pose la question est très importante dans l'esprit de nos concitoyens.
C'est intéressant ce que vous dites, vous faisiez référence à ce que disait Jean-François Copé. Il dit en effet, lui il va plus loin, il dit que les conditions ne sont pas réunies et il dit que ça peut très simplement se transformer en plébiscite pour ou contre le président de la République. Et vous dites aujourd'hui que les conditions ne sont pas forcément réunies parce que vous regardez aussi les enquêtes d'opinion concernant Emmanuel Macron qui ne sont pas bonnes. Et effectivement ça pourrait politiquement se retourner contre lui ?
Je pense que si on organise un référendum par exemple sur la fin de vie ou par exemple sur d'autres sujets dont on parlera peut-être tout à l'heure, on parlera probablement d'immigration, ce sont des sujets sur lesquels on peut avoir une réponse qui est une réponse à la question. Il faut juste faire attention à ce que le pays ne soit pas hystérisé. Vous savez moi quand je me trouve à l'Assemblée nationale et que j'écoute les discours des uns et des autres à l'occasion d'émotions de censure ou à l'occasion des questions au gouvernement, je trouve que le pays n'est pas apaisé. Il y a vraiment des attitudes, des comportements qui ne vont pas vers cette situation d'apaisement.
Donc j'appelle aussi les parlementaires à être des acteurs de l'apaisement et un dialogue entre les Français qui dans leur différence doivent pouvoir s'exprimer de façon raisonnée. Arlette ?
Alors le gouvernement va être associé si je comprends bien forcément et va discuter avec le président de la République parce que quand on écoute les responsables politiques, tout le monde a son idée. Alors évidemment il y a ceux qui veulent le référendum sur l'immigration, il y a Gabriel Attal qui veut parler du travail, chez les Verts on dit on va parler de la Constitution, il y a ceux qui disent il y a d'autres sujets, le mode de scrutin évidemment, la proportionnelle par exemple. Donc tout le monde a son idée, comment on arrive à se mettre d'accord ?
Je pense que le référendum est un outil dont il ne faut pas abuser. Il faut utiliser cet outil qui est prévu dans la Constitution de 1958 comme un élément rare. Il ne faut pas le dévoyer de son objectif premier. Donc effectivement dans un journal, chaque parti politique a été amené à se positionner par rapport à un sujet qui pourrait faire l'objet d'un référendum. Ce sont tous des sujets importants. L'immigration aujourd'hui est un sujet important pour les Français, la valeur travail est un sujet important, la question du financement de notre protection sociale est un...
Est-ce que tous ces sujets-là doivent faire l'objet d'une discussion approfondie au Parlement, longue, réfléchie et encore une fois apaisée ? Oui. Est-ce que c'est l'objet d'un référendum ? Je ne crois pas. Mais ne pas dévoyer, qu'est-ce que ça veut dire selon vous ?
Et quel est le sujet ?
Le référendum, ce n'est pas une votation à la Suisse. Vous voyez, ce n'est pas une votation où on demande tous les matins est-ce qu'on doit changer la réglementation sur la largeur des trottoirs. Pardon, je suis un petit peu caricaturale. Mais il ne faut pas qu'on arrive à dévoyer le sens profond du référendum qui est, je pense, dans l'interprétation à la fois du général de Gaulle et la Constitution de 1958, vraiment des modifications profondes. Et il faut faire attention de ne pas prendre des sujets qui sont populistes parce que parfois, on peut faire des erreurs. Vous voyez, moi, à titre personnel... Est-ce que vous mettez sur populiste, par exemple ?
Populiste, qu'est-ce que ça veut dire ? Populiste, non, pardon, qui peuvent amener à des réponses populistes. Par exemple, je vais vous donner un exemple qui est personnel, qui n'est pas à la position du gouvernement et qui est personnel. Je pense qu'on a fait une erreur avec le quinquennat. Et c'était très populaire. Et moi, à l'époque, j'étais très jeune, mais je me disais, c'est chouette, on va changer de président de la République.
D'avoir transformé le mandat de 7 à 5 ans.
De 7 à 5 ans. Par exemple, je pense qu'on a fait une erreur parce qu'on a modifié profondément l'esprit de la Constitution. Et vous savez, on le dit souvent, on ne touche la Constitution qu'avec beaucoup de délicatesse. Donc, il faut faire attention à ne pas dévoyer, dans ce sens, la Constitution.
Et ça veut dire, par exemple, que vous êtes hostile à un référendum auquel on poserait plusieurs questions, éventuellement, sur différents thèmes ?
Non, pas nécessairement. Je pense que ça, ça peut faire partie des évolutions.
Encore une fois, il faut bien y réfléchir. Sophie Prima, on va revenir, et vous en parliez, le sujet de l'immigration. Parce que là aussi, il y a des demandes, que vous entendez ou pas, de certaines oppositions. Juste sur votre appel à une vie politique moins hystérisée. Quand on voit aujourd'hui ce qu'est l'Assemblée, que vous fréquentez régulièrement, vous êtes au banc, quand vous entendez vos adversaires politiques, pas forcément à l'Assemblée, mais face à des caméras, est-ce que vous pensez qu'un jour, en tout cas dans cette composition-là, de ce qu'est notre vie politique aujourd'hui, ce soit possible ? Très sincèrement.
C'est d'une très grande violence. Je pense que le moment est assez violent. Et je pense encore une fois que la vie parlementaire, la vie politique, l'inquiétude qui est aujourd'hui, elle génère beaucoup d'hystérie et beaucoup d'énervement. Je pense donc que ce n'est peut-être pas exactement le moment de mener un grand référendum sur l'immigration. Ça ne veut rien dire, l'immigration. Vous savez que l'immigration, le sujet de l'immigration, ce n'est pas une question sur la nationalité. Le sujet de l'immigration, et d'ailleurs le Premier ministre l'a dit ce matin dans une interview, il est beaucoup plus large que simplement la question de la nationalité.
Donc un référendum sur cette question-là me semble être réducteur d'un problème qu'il faut traiter de façon large, et j'espère qu'on y reviendra, mais qui a beaucoup de composantes.
Alors justement, oui, il part d'un débat plus large. À défaut d'un référendum, j'ai envie, et on a envie de vous demander d'abord, qu'est-ce qu'il faut comprendre par ce mot de débat ? Est-ce qu'il y a une volonté, c'est le centrisme pur et dur qu'incarme François Béroud, de gagner du temps, de ne pas forcément aller si vite sur la question, sachant que peut-être, la situation politique l'en empêchera ?
Comme c'est joliment dit. Je pense qu'il y a à la fois le débat et il y a l'action. Aujourd'hui, le gouvernement, après le vote du budget, est rentré vraiment dans une période d'action. Donc, l'immigration, il y a beaucoup de sujets dans l'immigration. Il y a le premier sujet qui est, qui voulons-nous faire venir sur le territoire français ? Et ça, ça peut être un sujet de débat au Parlement. Vous savez qu'il y a un candidat aux élections présidentielles qui avait proposé, par exemple, que des quotas soient proposés par le Parlement et votés par le Parlement au fonction de la situation économique, des besoins de notre territoire. Ça, ça peut être un débat. Oui, mais ça peut être un débat.
Ça peut être un sujet. Qui voulons-nous ? Voulons-nous des universitaires, des vrais étudiants ? Voulons-nous des cadres, des entreprises étrangères que nous souhaitons faire intervenir en France et s'installer en France ? Vous voyez, ce ne sont pas des sujets qui sont des sujets médiocres qui voulons-nous accueillir dans notre territoire ? Le deuxième sujet, c'est que faisons-nous avec l'immigration illégale ? Et là, on n'a pas besoin de débat. Il existe aujourd'hui des lois et il existe aujourd'hui des circulaires. Il existe aujourd'hui des propositions de loi qui sont sur la table et qui vont dans le sens de la lutte contre l'immigration illégale. Donc là, on n'a pas besoin de débat.
On y va. On a des taxes de loi. On sait aujourd'hui, par exemple, qu'on a 7% des OQTF, des obligations de quitter le territoire français, qui sont effectivement réalisées. Comment on fait pour faire mieux ? Il y a des propositions de loi.
Ça existe, on a l'arsenal pour le faire.
Ça existe, on a l'arsenal, on active, en fait, on fait preuve de détermination. Vous savez qu'on a de meilleurs résultats en 2024 qu'en 2023. Et la détermination qui ne vous a pas échappé, à la fois de Bruno Retailleau, mais aussi de Gérald Darmanin, après, au niveau de la justice, fait qu'on peut encore améliorer et réguler.
Vous dites qu'on a, mais par exemple, il y a question, ce que nous souhaitent, et vous connaissez très bien au Sénat, c'était déjà le rétablissement du délit de séjour irrégulier. Ça veut dire qu'on peut imaginer qu'il y ait un projet de loi pour rétablir le délit de séjour irrégulier. Il peut y avoir une proposition de loi, en ce sens.
Et dans ce sens, vous savez que les assemblées peuvent aussi faire des propositions. Il y en a aujourd'hui sur la table. Il y a des projets de loi qui seront positionnés. C'est pour ça, on est dans l'action, aujourd'hui, par rapport à ces difficultés. Donc, ce n'est pas un moyen de gagner du temps, comme disait Marie ? Je ne crois pas. C'est une façon de faire avancer le débat, et surtout de faire avancer les résultats. Bruno Retailleau est allé en Europe il n'y a pas très longtemps, dans la Commission, pour faire avancer la question de la révision de la directive retour. Aujourd'hui, on a une directive retour qui ne fonctionne pas bien.
Il faut qu'ensemble, avec les pays européens, on retravaille sur cette question des retours. On va avoir une transcription de la directive sur immigration, asile. Il faut qu'on fasse ça. Donc, on a des outils, on est dans l'action.
Dans l'action, mais une certaine Marine Le Pen, qui est aujourd'hui en tête de toutes les intentions de vote, vous dit que ce n'est pas assez. Elle vous dit, arrêtez de blablater. Écoutez-la, elle était à Madrid ces dernières heures, et on le commente ensuite.
Est-ce que vous êtes d'accord pour le projet de loi supprimant l'acquisition de la nationalité par le droit du sol ? Et il fait le référendum. Et on arrête de parler, on arrête de débattre, on arrête de blablater, on propose aux Français de donner leur avis, et on le respecte.
On arrête de blablater, de débattre. De l'action, vous dites, elle dit que ça ne va pas assez loin. Et il sont plusieurs à le dire aussi.
Elle résume la question de l'immigration à la question de la nationalité. Et comme je vous viens de le dire, c'est toute petite partie de la question de l'immigration et de la question dont on accueille les personnes, comment on les intègre, et comment on travaille à une meilleure gestion des flux immigratoires. Si la question de la nationalité est un sujet, et elle a raison de le poser, et on doit avoir un débat là-dessus, ce n'est pas l'unique sujet. Vous voyez, il y a la question de l'accès aux prestations sociales, par exemple. Il y a des propositions de loi qui ont été déposées au Sénat. C'est un sujet qu'on peut avoir de façon sereine, là aussi, et en débattre.
Et qu'il faut avancer les choses. À titre personnel, vous y êtes plutôt favorable ? On peut avoir le débat. Ce n'est pas une question d'être pour ou contre. Le fait de proposer des prestations sociales dès les premiers mois d'arrivée, la même façon, si on fait rentrer des personnes sur notre territoire pour qu'elles travaillent, elles vont cotiser, elles vont avoir une action positive sur les comptes sociaux. Il faut que les conditions d'accueil de ces personnes immigrées soient totales. Si elles viennent de façon illégale et qu'elles ont droit à des prestations sociales, tout cela nécessite du débat et de l'action. Et on n'est pas dans le blabla.
On est dans les projets de loi, on est dans les propositions de loi qui seront débattues au Parlement et effectives.
En évitant la censure du Conseil constitutionnel, évidemment.
Oui, je vous rappelle à Arlette Schambeau que la censure du Conseil constitutionnel lors de la loi à l'immigration, c'était très technique. C'est-à-dire que le Conseil constitutionnel a considéré que ce qui avait été rajouté, notamment au Sénat, n'était pas en lien direct avec le projet de loi. Et c'est à ce titre que ça a été rejeté.
Une question, et on viendra aussi à ce que disent le gouvernement dont vous êtes la porte-parole, parce qu'il y a des personnalités diverses. Juste sur la question d'un débat autour de ce qu'est être français, François Bayrou, il a évolué avec le temps. Ont été exhumés ces dernières heures, jours, des archives qui ne sont pas si lointaines.
On était en 2009, Nicolas Sarkozy était président de la République et il avait le Premier ministre d'aujourd'hui, François Bayrou d'avant, avait vivement critiqué ce débat sur l'identité nationale en disant que ça n'appartenait pas aux politiques, rien n'est pire d'en faire, disait-il, un sujet d'affrontement, surtout quand par ailleurs on laisse abîmer l'image de la France. C'est quoi ? On peut changer d'avis avec les années parce que la réalité politique aussi a changé, parce que le Rassemblement national est à ce qu'il est aujourd'hui dans notre pays ?
Je pense que la question de l'immigration dont Nicolas Sarkozy s'était saisie de façon très volontaire, n'avait pas eu le soutien politique nécessaire à l'époque et probablement que si nous avions été jusqu'au bout de ce que Nicolas Sarkozy souhaitait faire à l'époque, avec un soutien beaucoup plus large politique, peut-être aurions-nous évité aujourd'hui d'être dans une situation où les Français font du sujet de l'immigration un sujet réel pour 75% d'entre eux. Donc on n'a pas répondu suffisamment. Alors la pensée politique, elle évolue. Je vous l'ai dit tout à l'heure, moi j'ai voté, j'étais pour le fait que le quinquennat s'impose à la place du septennat.
Aujourd'hui, je pense exactement le contraire parce que la situation, l'expérience, ce que nous vivons collectivement, est une réalité. Et donc notre pensée politique peut évoluer.
Mais il peut y avoir des débats organisés en France, un peu partout, des mini-grands débats. Est-ce que c'est souhaitable, comme l'avait fait à l'époque Nicolas Sarkozy ? Est-ce qu'à votre avis, c'est nécessaire et ce serait intéressant ?
Il y a eu beaucoup de réflexions sur qu'est-ce qu'il est français. Non, non, je pense que le débat est toujours important et surtout sur ces sujets-là. Moi, j'ai été maire d'une commune de 12 000 habitants où la moitié de la population est d'origine étrangère, même si une grande partie d'entre eux sont français, ils sont intéressés par ce débat-là. Ils disent, nous, on est français, on est dans notre pays ici et d'ailleurs, on n'est plus du pays d'origine. Donc on est dans notre pays et on adhère, mais on veut plus de liberté sur ceci, sur cela, on veut plus de reconnaissance. Donc le débat, il peut être apaisé, mais c'est aux politiques de l'apaiser.
Il ne faut pas que les extrêmes l'hystérisent parce que dans ce cas-là, il ne faut pas faire de débat. Dans ce cas-là, on prend des dangers sur l'unité de la France qui est déjà un peu chahutée.
Mais si je vous comprends bien, pardon de préciser, il n'y aura pas ces débats un peu partout en France.
Pour l'instant, ce n'est pas arrêté. Non, non, ce n'est pas arrêté. Je ne sais pas quelle est l'idée du Premier ministre en la matière, mais je pense que si un débat est organisé, il doit être serein.
Je vous entendais, vous étiez maire d'une ville où l'immigration avait sa place, où la mixité existe. Quand vous entendez le ministre de l'Intérieur dire et déclarait que l'immigration n'est pas une chance pour notre pays, est-ce que vous dites qu'il a tort ? Est-ce que vous lui avez dit ?
Je connais bien Bruno Retailleau puisque j'ai été dans son groupe politique pendant une dizaine d'années et donc je connais bien sa pensée.
Ma question, c'est parce que plusieurs reprises, depuis le début de cette interview, vous dites qu'il faut peut-être arrêter d'hystériser le débat politique, que ça se calme, que ça s'apaise. Est-ce que par ce type de déclaration, c'est finalement ma question ? Il faut faire attention aux mots, il faut faire attention aux grandes idées
qui sont réduites en un bandeau télévisé, il faut faire très attention. Je pense que Bruno Retailleau, qui veut vraiment lutter contre l'immigration irrégulière, veut vraiment apporter une réponse à cette question qui taraude les Français, dit aujourd'hui, ce qui est plus possible à supporter, c'est l'immigration irrégulière, c'est-à-dire celle qui n'est pas souhaitée, celle qui ne s'intègre pas avec l'immigration régulière, il n'y a pas de difficulté. L'immigration intégrée, il n'y a pas de difficulté.
François Véroux qui le dit, il n'y aura pas de conflit, Arlette, à l'intérieur du gouvernement sur ce sujet, mais on a regardé la déclaration des uns et des autres,
ça pose question. Il n'y aura pas de conflit, mais il y a quand même des positions extrêmement divergentes, bien entendu, entre un général Damanin qui dit que le débat doit s'ouvrir sur le droit du sol, on sait ce que pense Bruno Retailleau, et c'est une position que vous avez soutenue, il faut un référendum sur l'immigration, il y a Elisabeth Borne qui dit qu'elle n'est absolument pas d'accord avec l'idée d'engager un débat sur le droit du sol. Franchement, ce sont des ministres d'État, ce n'est pas rien au sein du gouvernement. Donc comment on évite des conflits ?
On va me dire, vous allez me dire, c'est un débat au sein, ils sont bien élevés, ils se connaissent, mais quand même, c'est quand même des positions tellement différentes, comment elles sont conciliables au sein de ce gouvernement ?
Vous décrivez en fait ce qu'est la nouvelle méthode à laquelle personne n'est habitué, ni le Parlement, ni les Français, ni parfois les journalistes, qui est la polyphonie, ce que j'appelle la polyphonie du gouvernement. Il ne faut pas que ça se transforme en cacophonie. Il ne faut pas que ça se transforme en cacophonie, mais François Bayrou, le Premier ministre, souhaite, il a pris dans son gouvernement, des cadors, des figures politiques, dont les avis, dont les positionnements, les convictions sont très connues, et parfois divergentes.
Et il laisse en fait à chacun exprimer, c'est sa façon de faire l'union finalement, c'est sa façon d'aller chercher une majorité, qui n'est pas évidente, et qui n'existe pas à l'Assemblée nationale, et ensuite il tranchera. Est-ce que la question de la nationalité, et l'acquisition de la nationalité française, sur le territoire de la métropole, est à mettre à l'ordre du jour des deux années qui viennent ? Très honnêtement, je vous donne ma position personnelle, je ne pense pas. Mais qu'on ait des avis divergents, et que ça soit ensuite porté par des projets présidentiels qui reviendront peut-être à des débats présidentiels un peu droite-gauche, comme on a beaucoup connu, Arlette Chabot.
Oui, la vieille époque. L'époque ancienne, qui avait ses qualités, qui avait probablement ses défauts. Vive le vieux monde, dites-vous ce dimanche. Non, non, pas vive le vieux monde. Mais vous savez, moi je fais partie des parlementaires, ex-parlementaires, maintenant dans le gouvernement, qui ont beaucoup, depuis 2017, milité pour que, à la fois le Parti Socialiste, et à la fois les Républicains, restent des partis politiques forts, pour éviter, laisser toute la place aux extrêmes. On force est de constater qu'on n'a pas réussi, ni les uns, ni les autres, et qu'aujourd'hui, il faut qu'on gère cette situation de tripartisme.
Mais néanmoins, je pense qu'il y a des différences entre la gauche, la droite, dans les visions, et que ça, ça devra être tranché par un débat présidentiel.
Ça c'est du 2027, c'est-à-dire le débat sur le droit du sol, sur l'ensemble du territoire, c'est plutôt un débat présidentiel.
Je pense que c'est un positionnement présidentiel, me semble-t-il, et qu'en attendant, il faut qu'on avance, et c'est ce qu'on fait par à la fois les projets de loi, le réglementaire qui est mis en œuvre, et puis les projets de loi, et les propositions de loi de nos parlementaires.
Petite curiosité personnelle, si on vous demande qu'est-ce qu'être français ou française en l'occurrence, qu'est-ce que vous répondez, vous ?
C'est adhérer aux principes de la République française, en apportant chacun son histoire, sa personnalité, ses qualités. Voilà, c'est adhérer à ces principes qui sont des principes de vie généraux, de respect, de fraternité. Voilà ce que je pense être français.
Il y a aussi une expression qui revient souvent, y compris dans les circulaires que le ministre de l'Intérieur a transphémique au préfet, c'est mode de vie, critère des modes de vie. Moi, je ne sais pas ce que c'est, le mode de vie. Qu'est-ce que vous savez, vous ? Pour l'intégration, signe de l'intégration, les modes de vie. Je comprends le respect de la laïcité, le port du voile, etc., le respect de la loi, mais mode de vie,
je pense que ça recouvre tout ça. Ça recouvre effectivement l'égalité femmes-hommes, par exemple. L'égalité femmes-hommes est peut-être à mettre là. C'est un mode de vie auquel nous devons nous accrocher, qu'il n'y ait pas de sectarisme, que tout le monde soit intégré dans ces différences. Voilà ce qui semble être des modes de vie. Et l'égalité aussi devant l'éducation, devant la formation, devant l'intégration au travail. Voilà des principes et des modes de vie qui sont, à mon avis, des principes égalitaires auxquels nous tenons beaucoup.
Sofri Prima, pour clôturer le chapitre sur l'immigration, le référendum, on se disait avec Arlette la France a un budget et ô combien dans la douleur, on l'a vu, on se demande pourquoi se replonger dans un débat aussi éruptif, aussi à risque, loin de faire, loin de la sérénité de la quiétude que souhaite François Béroux et par ailleurs, il ne voulait pas regarder vers le Rassemblement National, il est déjà accusé de le faire, très clairement. Pourquoi ?
Alors premièrement, à chaque fois qu'on parle d'immigration, on ne peut pas regarder que le Rassemblement National. Ce n'est pas un sujet uniquement ? On fait une erreur magistrale si on ne fait, si on, nous les politiques, on va dire du bloc central, du socle commun, nous ne parlons pas d'immigration, mais nous ouvrons les portes au Rassemblement National. Malheureusement, c'est ce qui se passe depuis tant d'années. Donc il faut qu'on apprenne de nos erreurs et qu'on apprenne des 10-15 dernières années. Donc par pitié, quand on parle d'immigration, il faut en parler de façon modérée, de façon responsable, mais il faut en parler parce que c'est un sujet pour les Français.
Donc c'est très important que tout le monde en parle.
Et on continue d'en discuter ensemble. Une petite pause de quelques instants, on reviendra d'ailleurs sur quelques points précis de ce budget, des choses que François Bérou n'avait pas vues, notamment sur la TVA pour les entours entrepreneurs. Que va faire le gouvernement ? On en parle ensemble. A tout de suite dans l'événement du dimanche et la porte-parole du gouvernement. Retour sur le plateau de débat dimanche, toujours avec notre invitée, la porte-parole du gouvernement Sophie Prima. On a évoqué longuement ensemble la question du référendum, de la question migratoire aussi qui est clairement dans le débat public. Juste arrêtons-nous avant de passer au sujet du budget.
Doualem, cet influenceur algérien dont l'OQTF, l'obligation de quitter le territoire, a été annulée par la justice pour le ministre de l'Intérieur, toujours lui, Bruno de Retailleau. Il y a un problème de règles juridiques. Il le dit, l'État de droit a été dévoyé au point que la règle de droit ne protège plus la société française. Il faut changer la loi, Sophie Prima. Est-ce que c'est en préparation ?
Le rôle du ministre de l'Intérieur c'est de protéger les Français. Et pour le moins, cet individu rentré deux fois illégalement sur notre pays, condamné X fois à plus de 12 ans ou 15 ans de prison au total en France, c'est pas possible. Les Français ne peuvent pas comprendre qu'on ne puisse pas le raccompagner dans son pays d'origine. Donc, l'expulser. Donc oui, je ne juge pas les juges, si je peux dire, mais s'ils appliquent la loi et que la loi permet ça, alors il faut changer la loi. Parce que la loi
ne les protège plus,
Arlette.
Vous dites, je ne juge pas les juges, mais Bruno Retailleau a un petit sentiment, on va l'écouter un peu différent peut-être du vôtre. On écoute.
Est-ce que vous pensez que les juges font de la politique ? Pas tous. Et dans leur très grande majorité, dans leur très grande majorité, ils se consacrent à faire appliquer le droit.
Dans leur très grande majorité, est-ce que vous êtes d'accord avec lui ? Dans leur très grande majorité ? Je suis complètement d'accord.
Certains juges font de la politique, mais comme certains journalistes font de la politique, comme beaucoup. Mais ce n'est pas une accusation, on a le droit. Ils font de la politique,
ça veut dire qu'ils sont influencés. Leurs choix personnels conditionnent leurs décisions. Ce n'est pas la même chose que nous.
On est toujours influencés par ces choix personnels. Ce que je veux dire, c'est que si la loi permet à des juges de prendre ce type de décision, alors la loi ne protège pas les Français et donc il faut la changer pour être plus clair et plus directif et pour que la loi ne soit pas dévoyée.
Sophie Primois, depuis cette semaine, mercredi précisément, le budget à 2025 considéré comme adopté après effectivement le fait que le gouvernement ait pris sa responsabilité, engagé sa responsabilité à un 49.3. Vous interrogez sur un détail qui n'en est pas un pour beaucoup, beaucoup d'auto-entrepreneurs de petites entreprises. Le seuil d'exonération de TVA à 25 000 euros avait été voté dans ce budget. Éric Lombard, votre collègue à l'économie, a annoncé sa suspension très rapidement. François Bayrou, d'abord, avait à avouer qu'il n'avait pas vu cette mesure. Est-ce que, déjà, vous comprenez que ça puisse interroger comment c'est possible que le Premier ministre n'ait pas vu cela ?
D'abord, je voudrais saluer le fait qu'on ait un budget. Oui. Et donc, merci à tous ceux qui n'ont pas voté la censure et qui ont eu l'esprit de responsabilité. Merci aux oppositions. Merci au Parti Socialiste et au RN. Bien sûr, c'est un budget dont il nous fallait urgemment avoir le vote parce que tout s'arrête contrairement à ce qu'on nous a dit fin décembre lors de la censure de Michel Barnier. Tout était arrêté. Donc, merci à ceux qui ont voté. Alors, il y a eu effectivement cet épisode sur les auto-entrepreneurs et le fait qu'on rabaisse le seuil d'éligibilité à la TVA. C'est un amendement qui a été voté lors de la partie recette, pardon d'être un peu technique, recette au Sénat.
C'est-à-dire, vous savez qu'on vote les recettes puis ensuite les dépenses. Les recettes avaient été approuvées au Sénat lors du gouvernement de Michel Barnier. Et puis ensuite, il y a eu la censure et puis ensuite, il y a eu l'extrême urgence du budget et de la partie dépenses au Sénat. Donc, il est probable que, très probable même que le Premier ministre n'ait pas regardé dans le détail ce niveau. C'est ce qu'on appelle
un trou dans la raquette.
Mais qui concerne plusieurs milliers d'auto-entrepreneurs. Ça concerne effectivement plusieurs milliers d'auto-entrepreneurs. Mais ça concerne aussi une question qui est la concurrence loyale entre les auto-entrepreneurs et les entreprises quelquefois très petites, les TPE, PME, avec des niveaux de concurrence qui sont quelquefois déloyales. Donc, c'est un dispositif qui avait été inventé par Hervé Novelli, je vous le rappelle, qui avait été porté par Hervé Novelli. Et à l'époque, ce dispositif d'exonération de la TVA, il était temporaire, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.
Donc, que l'on réfléchisse à ces questions-là qui sont des questions de simplification parce qu'aujourd'hui, il existe huit seuils de déclenchement de la TVA. Évidemment, ce n'est pas très simple pour les entrepreneurs. Amélie de Montchalin fait une déclaration automatique de TVA avec des formulaires qui seront préremplis. Donc, on est dans la simplification. qu'on réfléchisse aux questions de concurrence, ça me semble être un débat qui n'est pas médiocre et qui va être, avec la suspension de cette mesure dans le cadre du budget, qui va pouvoir être entamée. Mais vous dites suspension,
Arlette, on se pose la question de quid après ? Est-ce qu'il pourrait y avoir une abrogation pure et simple de cette disposition ? C'est le rapport
de l'argent quand même. C'est encore de l'argent au moins pour le budget ?
Oui, oui, bien sûr. Et donc, il faudra, pour respecter les 5,4% de déficit qui sont notre plafond, il faudra effectivement trouver cet argent ailleurs. Mais entre nous, avec mon prisme personnel, il faut que les entrepreneurs puissent entreprendre et que les entreprises puissent fonctionner. Donc, vous êtes
favorable à que cette mesure soit pure et simplement ?
Qu'elle soit rediscutée et qu'elle soit rediscutée entre professionnels et entre les syndicats représentant les différentes formes d'entrepreneuriat en France pour qu'on trouve un équilibre, encore une fois, entre concurrence loyale, concurrence déloyale, coup de pouce au développement d'entrepreneuriat autour de l'auto-entrepreneur. Voilà, il y a un sujet qui n'est pas un sujet médiocre.
Arlette, voyons maintenant le budget concernant les grandes entreprises, cette contribution exceptionnelle.
On n'a pas fini tous de vous poser la même question à tous les membres du gouvernement, soit Bercy ou porte-parole du gouvernement, un engagement pour effectivement un prélèvement exceptionnel pour un an pour les très grandes entreprises. Il ne vous croit toujours pas, plus vous le répétez, mais non, c'est vraiment un an, ce ne sera pas deux ans comme c'était prévu dans le budget de Michel Barnier, ce sera un an et pas plus. Est-ce que vous continuez à vous engager, à dire, parce qu'on voit bien les problèmes budgétaires, ce sera peut-être moins d'économie ou un budget qui sera peut-être un peu plus élevé que vous le souhaitiez, ce fera franchement pour un an ce prélèvement exceptionnel ?
Ce qui est certain, c'est que dans l'urgence du vote de ce budget, l'objectif du Premier ministre c'était 5,4% de déficit. Le maximum de l'effort a été fait sur le fonctionnement de l'État. Vous savez, le budget, c'est 50% de dépenses sociales, 30% de fonctionnement de l'État, 20% pour les collectivités territoriales. L'effort maximum il porte sur le fonctionnement de l'État. Le fonctionnement de l'État, ce n'est pas une super bureaucratie dans les bureaux. Le fonctionnement de l'État, c'est l'éducation nationale, c'est l'écologie, c'est la défense, c'est le militaire, etc. Donc, l'État prend le maximum des restrictions et de la diminution des budgets.
C'est moins 2%, on n'a jamais fait ça depuis 25 ans. Donc, c'est un effort considérable. On a demandé une contribution qui est une contribution temporaire aux grandes entreprises.
Un an, 12 milliards d'euros, un peu plus de 12 milliards d'euros.
Je vais vous dire, ça ne nous convient pas parce que nous, nous aimons les grandes entreprises, nous aimons les grandes et les petites, d'ailleurs, toutes les entreprises et nous pensons que plus elles font de bénéfices et plus elles réinvestissent sur le territoire français, mieux c'est pour l'évolution économique de notre pays. Donc, nous demandons cet effort aux grandes entreprises.
Le Premier ministre s'être engagé à ce que cet effort soit pour un an, mais ça veut dire que dès maintenant, il faut qu'on s'attaque à la réforme de l'État, à la réforme du financement des dépenses sociales, à une réflexion sur l'organisation des collectivités territoriales pour que tous ensemble, nous puissions faire les efforts nécessaires dès le budget 2026 pour permettre à l'économie et en particulier aux grandes entreprises de pouvoir prendre leur souffle et investir.
Et justement, François Béroud, cette semaine, à l'Assemblée, comme vous, dit finalement que ce n'est pas un budget extrêmement satisfaisant. On fera mieux, dit-il, pour le budget 2026. En préparant cette émission avec Arlette Chabot, on s'est dit, vu la complexité du paysage politique, comment cela va être possible ? Quelle méthode pour maintenant ? Vous le dites, il y a eu un petit déjeuner, vous étiez dans la semaine, jeudi, je crois, jeudi matin, très tôt autour du Premier ministre. Ça va être quoi la méthode désormais du gouvernement pour travailler sur ce budget parce que vous y travaillez déjà ?
Oui, on y travaille évidemment déjà. La première chose, c'est effectivement la réforme du fonctionnement de l'État, la façon dont on va créer le budget. François Béroud nous dit, ne repartez pas de la feuille que vous avez sous les yeux, partez du besoin et imaginez comment on peut rendre le service aux Français avec l'argent public et le fonctionnement de l'État différemment en mettant l'argent là où il est le plus efficace en réorganisant les services de l'État et quand on dit ça, on parle par exemple des agences, on parle des doublons dans les ministères, on parle des doublons entre le niveau national et les collectivités territoriales.
Ce sont des sujets qui sont lourds et qui mériteront d'ailleurs probablement plus d'un exercice budgétaire que qui est le temps qui nous est donné. Donc, engagons-nous dans une réforme puissante et structurante de l'État, simplifions la vie des Français. C'est un sujet qui est important en nous simplifiant l'organisation. On doit arriver à simplifier la vie des Français et ça, ça génère de la croissance économique. Moi, je fais un tour de France aujourd'hui des territoires. Je suis allée dans la Creuse il y a 15 jours et je voudrais remercier ceux qui m'ont accueilli. J'ai rencontré plein de chefs d'entreprise, des pharmaciens, des médecins. Ils ne nous demandent pas d'argent.
Ce qu'ils nous demandent, c'est de les libérer. Ils ont plein d'idées, plein de potentiel, plein de choses. Ils nous disent enlevez ce règlement-là, libérez-nous ça. Cette décision, elle prend trois ans. Permettez qu'elle soit prise en trois mois. Trop de normes, trop de complexités. Trop de normes, trop de complexités qui sont entassées au fil des années et qu'il faut qu'on libère. Donc ça, c'est la méthode Béroux. Penser autrement, re-réfléchir le fonctionnement de l'État. Beaucoup utiliser aussi ce qu'on parlera peut-être du sommet sur l'intelligence artificielle.
S'approprier l'intelligence artificielle avec trois priorités qui sont la justice, l'éducation et j'ai perdu le troisième et le fonctionnement d'État. Mais vraiment, utiliser aussi cette opportunité-là qui est extraordinaire. Extraordinaire pour réformer profondément l'État. Ça veut dire
qu'on parle d'un budget zéro, c'est-à-dire qu'on met tout à plat. On ne reconduit pas les crédits de l'année précédente en augmentant en fonction de l'inflation, en ajustant. On part vraiment d'une feuille blanche pour construire les budgets.
On part d'une feuille blanche. Presque blanche. Voilà. Et après, on met les moyens pour arriver à restructurer complètement l'État et à réformer en profondeur. Il faut qu'on reparle de tous ces sujets. Par exemple, le financement, ça, ça va être un sujet compliqué pour le Parlement, pour les parlementaires et pour les Français. Comment on finance notre modèle social aujourd'hui ? On voit bien que la question des retraites est un sujet épidermique. C'est compliqué. Et en même temps, il faut qu'on trouve un mode de financement qui soit un mode de financement pérenne.
J'étais, dans mon tour de France, interrogé dans les Côtes d'Armor par des habitants qui nous disaient mais comment on va gérer nos EHPAD ? Comment on va gérer le grand âge ? C'est un sujet qu'on n'a jamais ouvert. Il faut qu'on l'ouvre avec les Français. C'est un sujet important, un sujet de dignité, un sujet d'humanité.
Il vous a demandé, comme à tous d'ailleurs, d'aller plus sur le terrain, d'aller plus ouvrir des permanences. j'ai lu quelque part ici-là. C'est ça ? De plus vous déplacer ? Il ne vous a pas échappé
que dans le gouvernement, on avait beaucoup de ministres qui étaient issus des territoires. Le même EHPOD, un territoire français. Il y va régulièrement, encore. Il y va régulièrement, ça fait même l'objet de polémiques. Moi aussi, je suis mon département, mais il faut qu'on reste les pieds ancrés sur notre territoire. Et moi, comme porte-parole, je me suis donné commission d'être à la fois ce matin la porte-parole du gouvernement, mais tous les jours, la porte-parole des Français auprès du gouvernement. C'est notre objectif et c'est la méthode.
Mais vous êtes quand même super optimiste parce que meilleur budget 2026, des chantiers qui sont sur tous les sujets, protection sociale, évidemment, éducation. Mais, pardon, mais vous n'avez toujours pas de majorité. Vous avez trouvé un accord sur le budget parce que c'est indispensable avec des socialistes. Le RN n'a pas voté la censure, mais il pourrait voter une autre censure demain. C'est quoi ? C'est-à-dire, tous les jours, vous croyez quoi ? Il y a quelque chose de miraculeux qui va se produire dans la vie politique française ?
Il n'y a rien de miraculeux. Il y a de la détermination. Voilà. Quand je vois le ministre de l'Intérieur ou le ministre de la Justice qui font preuve de beaucoup d'énergie, de beaucoup de détermination, et aujourd'hui, il y a des débuts de résultats et les Français adhèrent. Parce qu'en fait, ce qu'ils veulent dans cette période où il y a beaucoup de paroles, y compris au niveau international, et on a l'impression que ces paroles ne sont jamais mises en action, il faut qu'il y ait de l'action. Donc, oui, on est déterminé, oui, on est optimiste, même si on n'est pas irréaliste sur la précarité du gouvernement. Et vous êtes fragile
et toujours en sursis. Oui, bien sûr. Il y en aura d'autres de motions de censure annoncées pour la semaine qui vient.
Bien sûr. Mais la méthode Bayrou, c'est de poser les sujets, de travailler, et de travailler avec une majorité qui soit la plus large possible. Vous voyez le budget ? On a écouté, on a dialogué, et on a pris nos responsabilités. Cette méthode-là, c'est la méthode qu'on veut appliquer sur tous les sujets, et les ministres doivent donner leurs feuilles de route, ils doivent donner leurs objectifs, et ils sont au travail aujourd'hui.
La méthode Bayrou, c'est aussi ce conclave pour les retraites. Alors, on ne dit plus conclave, mais discussion sociale. Croyez-vous, Sophie Prima, un succès de cette discussion entre partenaires sociaux, avec le patronat également, où ça va tourner vinaigre ? Vous qui, en plus, sénatrice à droite, n'êtes pas spécialement pour, et vous n'êtes pas la seule, à un retour à une retraite à 62 ou 60 ans, encore moins, mais travaillez davantage.
Il y a beaucoup de questions dans votre question. La première, c'est que je salue le fait qu'on rende aux partenaires sociaux la parole et la négociation entre eux aux partenaires sociaux. Qu'on leur rende cette parole-là et qu'on leur rende aussi cette responsabilité-là, parce qu'elle ne peut pas reposer que sur les épaules d'un gouvernement. Et donc, je salue la méthode et je pense que les partenaires sociaux se déjugeraient eux-mêmes de leurs propres responsabilités si on n'arrivait pas à un accord. Donc moi, j'ai plutôt confiance au fait qu'on arrive à un accord. Est-ce que ça sera le grand soir des retraites ?
Est-ce que ça sera le soir où on va complètement revoir notre modèle de financement du social ? Je n'en suis pas hyper certaine, c'est en cela que je ne suis pas non plus irréaliste, mais je pense qu'on peut faire des avancées. Vous avez dit que moi, sénatrice, j'avais voté la retraite à 64 ans, je ne le regrette pas. En revanche, il y a des aménagements possibles dans le cadre de ces 64 ans sur les carrières courtes, les carrières attachées, les carrières des femmes qui peuvent faire l'objet d'un premier pas dans ce conclave et de premiers résultats sur ce conclave.
Et la deuxième question que vous posez, qui est un des chantiers prioritaires qui est ouvert aujourd'hui, c'est comment on fait pour que le travail paye mieux ? Le travail paye mieux, c'est une question de pouvoir d'achat qui est un sujet majeur pour les Français. Et donc, en clair, comment on fait pour que ce qui est votre salaire brut en haut de votre fiche de paye et votre salaire net qui est en bas de votre fiche de paye soit le moins éloigné possible ? Aujourd'hui, ceux qui travaillent ont une charge du financement social qui est très élevée, qui comprend le financement des retraites. Ça ne peut pas durer comme ça.
Donc la question du travail, de la création de richesses par le travail est un sujet sur lequel nous travaillons également.
On a toujours l'impression qu'on revient à la même question. C'est-à-dire que c'est des débats aussi qui relèvent de l'élection présidentielle. La protection sociale et le financement de la protection sociale, son financement, c'est un débat d'élection présidentielle.
Vous avez raison, c'est un débat d'élection présidentielle, mais rien ne nous empêche dans les deux ans qui arrivent d'amorcer, de réfléchir et de prendre des dispositions qui soient des dispositions qui permettent rapidement d'avoir des premiers résultats.
C'est-à-dire prouver absolument, et notamment un certain Édouard Philippe qui disait que ce sera deux ans pour rien, c'est-à-dire qu'on ne pourra rien faire pendant les deux ans, qu'il a franchement tort.
Moi, je ne veux pas commenter les propos d'Édouard Philippe, juste la France n'a pas le temps. Nous n'avons pas le temps, nous avons un déficit record, nous avons des engagements pour revenir à un déficit plus raisonnable, nous avons une dette abyssale, nous sommes en train de prendre du retard sur un certain nombre de sujets qui sont importants. On parlera peut-être encore une fois d'intelligence artificielle mais aussi d'industrialisation, de logement, d'agriculture. On n'a pas le temps d'attendre deux ans, il faut qu'on avance. Vous parliez des petits pas.
Vous parliez et on parlait des partenaires sociaux. Une secrétaire générale donne beaucoup de voix, Sophie Binet, de la CGT, vous parliez de la question de la valeur travail, de ce que gagnent aujourd'hui les Français. Il y a ce débat autour des grandes fortunes, de ces milliardaires, avec des mots qui font débat, qui posent question. Elle a parlé des rats qui quittent le navire parlant du patron de LVMH, qui a démenti vouloir délocaliser son entreprise, mais en tout cas l'a évoqué. Cette semaine, elle a parlé de nuisibles.
Question du travail et de valeur travail, c'est aussi un député, Benjamin Lucas, écologiste, qui demandait au patron de Renault si son salaire valait celui de 260 travailleurs. Il y a quelque chose dans l'air quand même, un débat, peut-être une forme de retour, lutte des classes. Est-ce que vous l'entendez et comment vous y répondez à ça ?
Encore une fois, je pense que l'hystérisation est vraiment mauvaise conseillère. Ils sont dans la caricature ? Ils sont dans la caricature presque populiste, là aussi, électorale, et je pense que ce n'est vraiment pas le rôle, notamment de partenaires sociaux, d'aller vers l'hystérisation de ce débat. La France est le pays qui est le plus redistributeur du monde. Quand vous regardez l'écart entre le salaire moyen le plus modeste et le salaire moyen le plus élevé dans une entreprise, il est important. quand vous regardez après impôt, c'est-à-dire après redistribution, il est le plus court de tous les pays européens et même, je crois, des pays de l'OCDE.
Donc, la question de la redistribution est une vraie question. On est déjà un pays très redistributif et puis ensuite, on a besoin de capitaines d'industrie. On a besoin de ces grandes entreprises qui gagnent de l'argent parce qu'elles apportent de la richesse sur le territoire qu'ensuite, on redistribue. Donc, je trouve qu'on se trompe de débat et surtout, on se trompe de méthode et on se trompe de mots.
Sophie Prima, demain, on en parlait de grand, grand Raoult, sommet international consacré à l'intelligence artificielle. On parle de souveraineté, de patriotisme, d'investissement. Mais d'abord, le président de la République donne de sa personne. On aimerait vous soumettre cette vidéo qu'il a publiée il y a quelques heures à peine sur ses réseaux sociaux, notamment Instagram. Regardez.
Je fais cette petite vidéo pour essayer de vous remonter le moral. C'est quand même une dinguerie, tu vois. Mon monsieur. Prends ensuite tous les cheveux qui restent sur le côté droit. La techno a une culture à part entière. On est attaché à la bagnole. On aime la bagnole. Et moi, je l'adore. Et tu voudrais qu'elle soit
un rien ce soir.
N'hésite pas à t'abonner pour plus de vidéos.
Le président de la République en gel, mais aussi en OSS 117. Je veux bien la méthode pour les macarons. Je voulais bien la méthode aussi. Meilleure parole de l'intelligence artificielle. Il alerte aussi sur les dangers de ce qu'est l'intelligence artificielle aujourd'hui qui permet beaucoup de choses. D'abord, ce que vous inspire cette vidéo publiée aujourd'hui ? Elle m'inspire que c'est dans
le tempérament du président de la République de vouloir toujours être disruptif. C'est le président de la République dans son expression la plus large. Ça ne doit pas cacher cet événement, caché, pas gâché, caché, cet événement qui est le sommet de l'intelligence artificielle qui est quand même pour nous un élément de fierté, un élément de volontarisme et là aussi de détermination à pousser cette question de l'intelligence artificielle en Europe.
Jean-Luc Mélenchon parle de colonisation numérique avec la présence du vice-président américain par exemple à Paris et d'autres.
C'est du Mélenchon ? Oui, c'est du Mélenchon. C'est encore une fois les outrances de M. Mélenchon. Moi, je pense que la question de l'intelligence. Nous pensons que la question de l'intelligence artificielle c'est une nouvelle révolution. Il y a la révolution de l'imprimerie, la révolution du numérique. Là, on est encore dans autre chose. L'intelligence artificielle, c'est à la fois un sujet de croissance, d'amélioration de notre productivité, de débouchés intellectuels, culturels.
À ceux qui dénoncent beaucoup de retard, c'est quoi ? C'est des esprits chagrins ? On a pris beaucoup de retard par rapport à nos concurrents ? C'est une réalité aussi ?
Quand vous dites on a pris du retard, l'Europe a pris du retard. Parce que la France est leader en Europe de l'intelligence artificielle. On a 5000 start-up, on a levé 3 milliards l'année dernière. Donc, on est vraiment leader en Europe et c'est bien que le sommet de l'intelligence artificielle mondiale se trouve à Paris. C'est formidable, ça donne vraiment une puissance importante. Donc, on est leader en Europe mais l'Europe est elle-même un nain à côté des Etats-Unis et de la Chine. Mais l'intelligence artificielle a ceci de particulier que ce n'est pas forcément les 500 milliards des Etats-Unis en investissement sur l'intelligence artificielle qui va faire la puissance de demain.
C'est l'intelligence, c'est la formation de nos élites. Et ça, aujourd'hui, en Europe, on a des atouts. Alors, il faut accélérer. Il faut accélérer.
Il est temps de se réveiller sur le sujet. Il nous reste quelques secondes, Sophie Primard. Quelques secondes, juste. Nicolas Sarkozy, un bracelet électronique lui a été posé ce vendredi. Ça vous choque ?
Écoutez, je trouve que tout cela ternit la fonction présidentielle. Après, je ne m'aventurerai pas sur les résultats du jugement. Ce n'est pas à moi, évidemment, de le faire. Voilà, je regrette.
Je vous le regrette. Sophie Primard, merci beaucoup d'avoir été notre invitée ce dimanche. Merci Arlette. Restez avec nous sur LCI. On reste ensemble. LCI midi se poursuit. débrief de l'interview de la porte-parole du gouvernement. On parlera aussi de ces sujets autour du référendum. A tout de suite sur LCI.
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Sophie Primas