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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 12 avril 2021 25 min

Régionales, stratégie vaccinale, propreté à Paris... le "8h30 franceinfo" de Valérie Pécresse

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Valérie Pécresse, est-ce que vous aussi vous avez participé sans le savoir à des dîners clandestins ?

0:09
Valérie Pécresse

Ah non, non, moi je suis confinée et je suis confinée à la maison et à mon bureau.

0:15
Présentateur

Si je vous pose la question c'est parce que Mediapart a révélé que l'ancien ministre de l'intérieur Brice Hortefeux avait participé il y a quelques jours à un déjeuner clandestin avec le journaliste Alain Duhamel dans un appartement privé à Paris. Les deux hommes jurent qu'ils pensaient que c'était légal. Vous pensez qu'ils sont de bonne foi ?

0:32
Valérie Pécresse

Écoutez, c'est un journaliste qui invite un homme politique dans un appartement.

0:37
Présentateur

C'était l'inverse en l'occurrence.

0:38
Valérie Pécresse

Ah bon, c'est un homme politique qui invite un journaliste dans un appartement. Moi je ne sais pas ce qui s'est passé, je ne sais rien de cette histoire.

0:45
Présentateur

Vous avez lu je suppose l'article de Mediapart ?

0:47
Valérie Pécresse

Non, je ne l'ai pas lu. Mais ce que je sais c'est qu'aujourd'hui évidemment les règles du confinement sont très dures à respecter. Il faut les respecter et c'est ce que je demande en responsabilité à tous ceux qui nous écoutent.

1:00
Présentateur

On était dans un appartement privé, il y avait plusieurs tables, les repas étaient servis par le chef Christophe Leroy, le même qui a été mis en examen, placé en garde à vue depuis la semaine dernière. Vous pensez qu'on peut être dans un restaurant clandestin sans s'en rendre compte ?

1:12
Valérie Pécresse

Ah pardon, excusez-moi, comme je n'ai pas lu... Vous voyez vraiment, je découvre en direct les faits. Donc non, je ne savais pas, vous dites un appartement privé. Non, si c'est un restaurant clandestin, c'est un restaurant clandestin.

1:26
Invité

Est-ce que ceux qui organisent justement, Marc faisait référence à Christophe Leroy, est-ce que ceux qui organisent, ceux qui ont participé, Brice Hortefeux, ancien ministre de l'Intérieur, doivent être poursuivis ? Ils doivent se voir infliger une amende ?

1:37
Valérie Pécresse

Je pense qu'ils doivent se voir infliger toutes les amendes qui correspondent à l'infraction, effectivement, aux règles du confinement, c'est tout à fait logique. De toute façon, on est aujourd'hui dans une nouvelle ère du Covid. C'est l'ère de la responsabilité individuelle. Donc, nous sommes responsables de nos comportements. Nous devons nous comporter tous en citoyens responsables, nous protéger et protéger nos proches. Alors, les restaurants souffrent énormément de cette crise. Moi-même, je les aide très puissamment, puisque vous le savez, nous avons réactivé notre aide au loyer de 1000 euros, qui profite essentiellement aux restaurateurs pour faire face à ce troisième confinement.

Mais néanmoins, ils ne sont pas au-dessus de la loi et tout le monde doit respecter la loi.

2:15
Invité

Est-ce que la responsabilité à laquelle vous faites appel doit pousser Brice Hortefeux, qui est actuellement député européen, à démissionner ?

2:24
Valérie Pécresse

Aujourd'hui, les amendes pour le confinement sont des amendes qui sont plutôt de l'ordre de 135 euros, je crois.

2:30
Invité

Quand on est responsable politique, il n'y a pas un devoir d'exemplarité ?

2:32
Valérie Pécresse

Absolument, il y a un devoir d'exemplarité et je pense qu'effectivement, il en tiendra compte et il fera son mea culpa.

2:40
Présentateur

Si c'était un ministre, vous diriez exactement la même chose ?

2:42
Valérie Pécresse

Je dirais qu'il faut qu'il fasse son mea culpa, absolument. Je pense qu'il faut que nous, les hommes et les femmes politiques, nous fassions doublement attention à notre comportement.

2:52
Présentateur

À partir d'aujourd'hui, Valérie Pécresse, les Français de 55 ans et plus ont désormais la possibilité de se faire vacciner. Avec un mois d'avance sur le premier calendrier qui avait été publié, vous vous en félicitez ?

3:04
Valérie Pécresse

Oui, je l'avais d'ailleurs demandé. J'avais demandé à ce qu'on puisse ouvrir très largement la vaccination. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il faut créer un choc de confiance. Et ce choc de confiance, il se manifestera grâce à un effet d'entraînement. Si vous ouvrez largement la vaccination à tous ceux qui ont envie de se faire vacciner, tous les plus de 55 ans en l'occurrence, eh bien, ça permet de générer ce choc de confiance.

3:30
Invité

Vous avez dit aussi qu'en novembre, c'était en novembre que la vaccination devait être obligatoire, mais que c'était trop tôt. Donc à l'époque, en novembre. Est-ce que c'est le bon moment désormais ?

3:38
Valérie Pécresse

Obligatoirement proposé à tous. Obligatoirement proposé à tous. Et obligatoirement proposé à tous, dès qu'on aura suffisamment de doses. Là, on gère la pénurie. Donc forcément, forcément, il faut mettre des publics prioritaires. Et on sait que les plus de 55 ans sont beaucoup plus sévèrement touchés. C'est donc à eux qu'il faut s'adresser prioritairement.

3:56
Présentateur

Donc on continue à fonctionner par âge et pas par catégorie de Français en vaccinant d'abord les plus exposés. Je pense aux enseignants, je pense aux forces de l'ordre.

4:07
Valérie Pécresse

On peut faire les deux, un mix des deux. La vérité, c'est que dans nos hôpitaux, ce sont d'abord des plus de 50 ans qui sont hospitalisés en réanimation. Donc évidemment, on commence d'abord par des tranches d'âge. Mais il est vrai aussi qu'il y a des populations qui sont plus à risque de par leur profession. Et celles-là, elles doivent aussi faire l'objet d'une attention particulière. On a beaucoup parlé des enseignants. On a un peu vite oublié tous les agents municipaux, départementaux, régionaux qui sont dans les cantines des écoles, des collèges, des lycées.

Et donc j'ai demandé au gouvernement qu'on les prenne en compte parce qu'il faut aussi prendre en compte tous ceux qui sont en première ligne et pas forcément les plus vivants.

4:48
Invité

Vous voyez déjà que pour les enseignants, c'est compliqué. Certains appelaient à une vaccination au mois d'avril pendant les vacances. Ça va être compliqué. Seuls les enseignants de plus de 50 ans en contact avec des enfants handicapés vont pouvoir l'être. Vous demandez là aussi une accélération. C'est trop tard ?

5:02
Valérie Pécresse

Il faut être pied au plancher et faire feu de tout bois. Aujourd'hui, il faut accélérer la vaccination et il faut avoir une stratégie très simple. Zéro gaspillage, zéro stock. Et il faut vacciner. Dès qu'on a des doses, on vaccine. J'approuve d'ailleurs la décision qui a été prise par le gouvernement de retarder l'injection de la seconde dose puisque nous savons maintenant, et nous avons beaucoup de recul pour le dire, que dès la première dose, il y a pratiquement 80% d'efficacité contre les formes graves du virus. Ça veut donc dire qu'on peut vacciner davantage de personnes avec une seule dose et qu'on permettra ainsi d'avoir une immunité collective très rapidement.

J'ai d'ailleurs noté que le gouvernement pense qu'on pourra réouvrir les restaurants vers le 15 mai. Donc, il pense qu'il y aura une immunité collective. Les terrasses des restaurants.

5:49
Présentateur

En pratiquant des autotests à l'entrée des restaurants, des musées, des cinémas, pour vous, ce sera un préalable ? Alors, sur les autotests, ce que je constate... Est-ce qu'ils arrivent cette semaine en pharmacie ?

5:59
Valérie Pécresse

Absolument. Ce que je constate sur les autotests, c'est qu'on a trop tardé. On a trop tardé. Ils sont en vente dans la plupart des pays voisins depuis des semaines. On a trop tardé, mais maintenant, ils arrivent. C'est une bonne chose. Et je vous le disais, nous sommes dans une phase de la pandémie qui est celle de la responsabilisation. Et les autotests sont un des outils de la responsabilisation. Donc, ils doivent être mis en vente le plus largement possible, être utilisés par les Français pour se protéger et protéger leurs proches. La région en a acheté ? La région n'en a pas acheté pour le moment, puisqu'ils ne sont pas encore en vente.

Mais c'est tout à fait possible et utile d'acheter des autotests pour protéger, dans les lieux de travail, ceux qui viennent travailler. Et effectivement, quand les écoles et les lycées rouvriront, nous pourrons nous procurer ces autotests.

6:46
Présentateur

Deux tests par semaine pour les lycéens et pour les enseignants annoncés hier, Olivier Véran, à partir de la rentrée, c'est-à-dire le 3 mai, le vrai retour des lycéens dans les murs des lycées. C'est l'éducation nationale qui va les fournir ou c'est la région qui est en charge des lycées ?

7:02
Valérie Pécresse

S'ils ont été annoncés par le gouvernement, ça doit être sans doute l'éducation nationale. Mais là encore, je le rappelle, à côté des enseignants, dans les écoles, les maternelles, les collèges et les lycées, il y a des personnels qui doivent eux aussi être testés et ne jamais être oubliés.

7:16
Présentateur

Valérie Pécresse, la présidente, pardon Salia, je vous ai interrompue, mais vous aurez la parole dans un instant, juste après le fil info de 8h40 avec Solène Cresson.

7:24
Invité

4 millions de Français éligibles à la vaccination sans condition dès aujourd'hui, les plus de 55 ans avec un mois d'avance sur le programme. Ils peuvent recevoir une dose d'AstraZeneca ou de Janssen. Le laboratoire américain livre ces doses plus tôt que prévu. Les autotests pour les plus de 15 ans sont en vente à partir d'aujourd'hui en pharmacie, mais une partie du stock pour l'instant est réservée aux enseignants pour préparer la rentrée des classes dès le 26 avril. Ils coûtent 6 euros l'unité dans une boîte qui en contient 5. Le Royaume-Uni rouvre ses terrasses de pubs et de restaurants après 4 mois de fermeture.

Outre-Manche, 60% de la population adulte a reçu au moins une dose de vaccin. Un prêtre breton et une religieuse originaire de Mayenne kidnappés en Haïti, en tout au moins 10 personnes enlevées, les ravisseurs demandent une rançon d'un million de dollars. 18 anciens policiers de Marseille au tribunal, le procédé de la BAC Nord soupçonné en 2012 d'avoir dépouillé des trafiquants de drogue dans les cités. Et puis 5 points d'écart seulement entre le premier et le quatrième de Ligue 1 de football, score serré à 6 journées de la fin de la saison. France Info. Toujours avec Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France.

En attendant la rentrée du 3 mai pour les lycées, il y a le retour de l'école à la maison pour les lycéens après les vacances. Il y a eu de nombreux problèmes de connexion, de bugs informatiques lors de la première semaine. On est sûr que ça ne va pas se repasser de la même manière dans la semaine qui va arriver après les vacances ?

9:05
Valérie Pécresse

C'est vrai qu'il y a eu des bugs. Notre prestataire qui s'appelle Open Digital Education, qui est le prestataire de 5 grandes régions, l'Occitanie, le Grand Est, les Hauts-de-France, n'a pas rempli son cahier des charges. Il a clairement été défaillant cette semaine. Nous lui avions demandé des capacités très puissantes. Nous avions mis les moyens financiers pour cela. Vous avez suffisamment anticipé ? Oui, et ce cahier des charges n'a pas été rempli. Donc nous allons avoir tout un certain nombre de réunions pour remédier à cela et nous préparer à la rentrée.

Mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a quand même eu une montée en puissance très forte dans la dernière semaine, puisque vendredi, pour vous donner un chiffre, vendredi avant les vacances, nous avons réalisé 28 000 classes virtuelles, donc entièrement par Internet, pour 850 000 élèves qui se sont connectés à ces 28 000 classes virtuelles. Ça, c'était le dernier jour ? C'était le dernier jour, mais ça n'excuse en rien les défaillances du premier jour et des deux premiers jours qui sont imputables à notre prestataire. Et nous aurons des réunions avec lui pour essayer de faire en sorte que ça ne se reproduise plus jamais.

10:08
Présentateur

C'est-à-dire qu'on n'est pas sûr pour l'instant que ce soit réglé pour le 26 avril ?

10:11
Valérie Pécresse

Si, normalement, c'est réglé. Enfin, si le prestataire remplit son cahier des charges, le cahier des charges sur lequel il s'est engagé vis-à-vis de la région, ça marchera correctement. Et si ça n'était pas le cas ? Eh bien, il serait sanctionné contractuellement. Mais malheureusement, évidemment, parce que les parents attendent, ce n'est pas qu'on le sanctionne financièrement. Le connexion fonctionne, oui. C'est que ça marche. Donc, on a deux semaines pour faire marcher tout ça. Et on va s'y employer. Je vais vous le dire, on va être à pied d'œuvre.

10:36
Invité

Valérie Pécresse, les élections régionales devraient se tenir les 13 et 20 juin prochains. Le gouvernement a demandé aux 35 000 maires de France de se prononcer avant un débat demain à l'Assemblée et mercredi au Sénat. Il a raison de les consulter ?

10:49
Valérie Pécresse

Vous savez, les élections, c'est un rendez-vous avec le peuple. Et pour changer un rendez-vous avec le peuple, il faut un motif impérieux. Moi, ma conviction, c'est qu'il n'y a pas de motif impérieux pour déplacer une deuxième fois les élections régionales et départementales. Vous m'interrogez sur cette pseudo-consultation à la va-vite des maires. Vous vous rendez compte ? Entre 19h le vendredi et 10h le dimanche, alors qu'on est confiné et que les mairies sont fermées.

11:19
Présentateur

Donc, ce que je veux dire... Ça se fait par Internet, on n'envoie pas une lettre à la poste.

11:23
Valérie Pécresse

Oui, vous regardez votre Internet, vous, le week-end quand votre mairie est fermée. Non, mais le sujet, c'est recherche, prétexte de report, désespérément. Voilà ce que c'est.

11:32
Invité

Quel serait l'intérêt pour le gouvernement ?

11:34
Valérie Pécresse

Moi, j'ai consulté tous les maires d'Ile-de-France ce week-end, pendant tout le week-end, sur des boucles WhatsApp, ce que le gouvernement aurait dû faire. Comme quoi ? On peut consulter le week-end. Ce que le gouvernement... Oui, mais sur une boucle WhatsApp. Ce que le gouvernement aurait dû faire avec un vrai dialogue. Et je peux vous dire qu'en Ile-de-France, les maires sont majoritairement pour le maintien de ce rendez-vous démocratique. Tout simplement parce qu'ils ont bien compris que juin est la meilleure période, sanitairement, on l'a vu l'année dernière, pour voter.

Et j'ajoute que c'est compliqué pour le gouvernement de dire, je rouvre les terrasses des restaurants le 15 mai et je ferme les bureaux de vote le 15 juin.

12:09
Présentateur

Ça s'appelle confiner la démocratie, M. Fauvel. La différence, c'est que les terrasses, par définition, sont en extérieur et que les bureaux de vote plutôt en intérieur. Est-ce qu'il faut envisager de voter dehors, sous des barnum, par exemple ?

12:20
Valérie Pécresse

Mais il y a plein de possibilités pour faire un vote zéro risque. Le Sénat, d'ailleurs, y travaille, avec l'idée, par exemple, de faire un bureau de vote unique dans les petites communes de moins de 5 000 habitants, d'autoriser les maires qui le souhaitent, d'ailleurs certains le souhaitaient sur la boucle WhatsApp, d'organiser le vote en extérieur s'il fait beau. Mais la vérité, c'est que le risque en juin sera extrêmement faible. Et c'est certainement le moment de l'année où il sera le plus faible.

12:48
Invité

Sauf qu'il y a les recommandations du Conseil scientifique qui disent qu'il faudrait, par exemple, que les assesseurs soient vaccinés. Si on tenait ces élections-là, c'est impossible à faire, ça.

13:01
Valérie Pécresse

Ce que dit le Conseil scientifique, c'est qu'il n'y a rien qui s'oppose au maintien de ces élections en juin. Il faut prendre des précautions. Le gouvernement a essayé de faire dire au Conseil scientifique qu'il fallait reporter. Le Conseil scientifique n'a pas donné la bonne réponse. Donc maintenant, il se tourne vers les maires en espérant que les maires lui donneront un nouveau prétexte pour reporter. Vous savez, un report d'un rendez-vous démocratique, ça doit se faire dans le consensus. On ne peut pas le faire contre le Sénat. On ne peut pas le faire contre les partis politiques. On ne peut pas le faire contre les associations d'élus régionaux et départementaux.

La vérité, c'est que nous avons un parti LREM qui redoute une déroute électorale en juin. Et je vais vous dire quelque chose. Cette déroute politique, elle aura lieu en juin, mais elle aura aussi lieu en septembre-octobre. Moi, j'ai la conviction que rien n'aura changé en octobre, qu'on sera toujours sous la menace pandémique. Ce sera l'automne. Il y aura de nouveaux variants. Et donc, j'ai la conviction que si on votait ce deuxième report des élections, l'objectif, c'est d'en voter un troisième. L'objectif, c'est qu'il n'y ait pas de rendez-vous électoral avant les présidentielles. L'objectif, c'est de priver les Français de leur droit de vote.

14:09
Invité

Mais pourquoi repousser les régionales après la présidentielle ? Parce qu'il y aurait des présidentiables comme vous qui participent aux régionales, c'est ça ?

14:16
Valérie Pécresse

Non, mais parce qu'aujourd'hui, l'AREM voit bien que, sondage après sondage, qu'elle va vers une déroute à ces élections locales. Et comme elle ne veut pas avoir de défaite électorale à moins d'un an de la présidentielle, elle cherche des prétextes pour les reporter. C'est inconstitutionnel de reporter après la présidentielle ce rendez-vous avec les Français. Et c'est pour cela que Gérard Larcher a annoncé sa volonté de saisir le Conseil constitutionnel si le gouvernement continuait dans cette voie du report forcé.

14:48
Présentateur

Vous parliez des sondages, Valérie Pécresse, à l'instant, une enquête Ipsos-Soprasteria parue hier pour France Info. Et le Parisien vous donne largement en tête des intentions de vote au premier tour, 34% pour vous. Jordan Bardella du Rassemblement National est assez loin derrière, à 17%. Ça va vous pousser à accélérer votre entrée en campagne et à vous déclarer ?

15:07
Valérie Pécresse

Aujourd'hui, et tant que la situation sanitaire est ce qu'elle est, moi je resterai pleinement à la barre de ma région. Parce qu'aujourd'hui, ce que les Franciliens attendent de moi, c'est d'être sur la campagne vaccinale. C'est d'être à leur côté pour aider les commerces, pour aider les clubs de sport, pour aider la culture. Nous allons financer un concert test.

15:28
Invité

Le dépôt des candidatures, c'est dans quelques jours, c'est début mai.

15:31
Valérie Pécresse

Début mai, ce n'est pas encore dans quelques jours, c'est dans quelques semaines. Vous savez, le temps est très très long dans cette pandémie Covid. Ce qui est certain, c'est que ce sondage marque une certaine fierté pour moi, c'est celle de voir les résultats de mon mandat reconnu. Et c'est vrai que je me suis battue pendant 5 ans pour chaque Francilien, bien au-delà de toutes les couleurs politiques. Et c'est pour ça que même des écologistes, des marcheurs, des socialistes considèrent que mon bilan est bon.

16:04
Invité

Vous dites que vous n'êtes pas en campagne, mais de nombreux Franciliens ont déjà reçu un tract dans les boîtes aux lettres ces derniers jours. Un tract qui fait le bilan de votre présidence. Dans une petite ville de Seine-et-Marne, a montré un adjoint à expliquer à ses collègues qu'il allait participer à la distribution de ces tracts pour pouvoir ensuite obtenir des subventions. C'est donc comme ça que ça marche ?

16:22
Valérie Pécresse

Écoutez, je ne connais pas cette personne. Je crois que c'est d'ailleurs un admirateur de M. Mélenchon et de Mme Le Pen. Donc je ne crois pas qu'on puisse dire que c'est quelqu'un qui a le moindre rapport avec mes équipes. Il n'y a pas de clientélisme ? Les gens, parfois, ont des réactions un peu surprenantes. Dire qu'on aime M. Mélenchon et Mme Le Pen et qu'on va distribuer les tracts de Valérie Pécresse, ça dénote une personnalité sanglière.

16:50
Présentateur

Une très grande ouverture d'esprit.

16:51
Valérie Pécresse

Il a dit d'ailleurs qu'il distribuerait aussi les tracts de la gauche si on le lui demandait.

16:56
Présentateur

Est-ce que vous dites, comme Xavier Bertrand, qui est candidat dans les Hauts-de-France, que si vous êtes battu au régional, vous arrêtez la politique ?

17:02
Valérie Pécresse

Absolument. Je crois que ce rendez-vous pour moi, ce rendez-vous des régionales, est un rendez-vous très important avec mes administrés. Je leur ai tout donné pendant cinq ans. Et donc, ce sera à eux de décider quel est mon avenir politique.

17:16
Présentateur

Donc on n'entendra plus parler de vous, pour reprendre les mots qu'avait utilisé en son époque Nicolas Sarkozy, si vous êtes battu.

17:22
Valérie Pécresse

Il parle de lui, pas de vous à l'époque Nicolas Sarkozy. Quel est l'enjeu de la future régionale ? L'enjeu de la future régionale, il est double. C'est se relever plus fort de cette crise. Se relever plus fort ensemble. Mais le deuxième enjeu, c'est aussi de protéger la région. C'est de la protéger et de défendre avec intransigence l'ordre et la République. Et donc, sur ces deux sujets, si les franciliens pensent que je peux être le rempart qui les protège, ils voteront pour moi. S'ils pensent que quelqu'un d'autre fera mieux le travail, à ce moment-là, ça sonnera effectivement la fin de ma carrière politique.

17:55
Présentateur

Valérie Pécresse, vous restez avec nous. On s'interrompt quelques instants à 8h51 pour le Fil Info avec Solène Cresson.

18:01
Invité

Au moins dix personnes enlevées en Haïti, près de la capitale, Port-au-Prince parmi eux deux Français. Un prêtre originaire de Bretagne, une religieuse de Mayenne, les ravisseurs, membres d'un gang violent, demandent une rançon d'un million de dollars. Un test Covid à la maison, les autotests pour les plus de 15 ans en vente dès aujourd'hui en pharmacie. A 6 euros l'unité, ils peuvent être difficiles à trouver dans un premier temps, réservés en priorité pour les enseignants pour préparer la rentrée. Les plus de 55 ans peuvent avoir dès aujourd'hui sans condition une injection d'AstraZeneca ou de Janssen, de Johnson & Johnson, 4 millions de Français éligibles.

Les délais entre les deux doses de Pfizer et Moderna lui est rallongé, il passe de 4 à 6 semaines. Réunion entre syndicats agricoles et plusieurs ministres au ministère de l'Agriculture, après l'épisode de gel, certains arboriculteurs ou viticulteurs ont tout perdu, les aides les mieux adaptées doivent être redéfinies. En rugby, ce sera Toulouse-Bordeaux et La Rochelle-Leinster, trois clubs français face à un Irlandais en Coupe d'Europe.

19:02
Présentateur

Nous sommes toujours avec Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France.

19:15
Invité

L'une de vos adversaires au régional, Audrey Pulvar, soutenue par le Parti Socialiste, propose la gratuité des transports en commun pour tous les usagers. Pourquoi vous ne l'avez pas déjà fait, vous ?

19:24
Valérie Pécresse

Parce que c'est une illusion anti-écologique, une illusion parce que la gratuité, ça n'existe pas. Il y a toujours quelqu'un qui paye. Les voyageurs payent aujourd'hui 4 milliards d'euros, les entreprises 4 milliards d'euros. Vous voulez doubler les impôts des entreprises au sortir de la crise Covid, vous voulez une taxe sur les salaires de 6%, je rappelle que s'il y a une taxe sur les salaires de 6% en Île-de-France, ça veut dire qu'on aura des salaires 6% inférieurs. Donc c'est une illusion la gratuité, ça n'existe pas, il y a toujours quelqu'un qui paye.

Et c'est anti-écologique, c'est anti-écologique parce que nous avons fait une étude indépendante qui prouve que si les transports étaient gratuits en Île-de-France, seulement 2% des automobilistes lâcheraient leur voiture. Et c'est assez intuitif, parce qu'en fait, pourquoi est-ce que les automobilistes prennent leur voiture ? Parce qu'ils n'ont pas assez de transports en commun. Donc la réponse écologique à la situation des transports en Île-de-France, c'est plus d'investissement, plus de financement pour plus de transport. Plus d'infrastructures, c'est ça ? Oui, exactement, plus de lignes et plus de sécurité, plus de ponctualité, plus de confort.

20:28
Présentateur

Depuis quelques jours, Valérie Pécresse, sur les réseaux sociaux, des photos postées avec le hashtag Paris Saccagé montrent des graffitis dans les rues de la capitale ou encore des ordures ou encore certains aménagements urbains abîmés. La maire de Paris, Anne Hidalgo, vous accuse clairement d'être derrière cette campagne de dénigrement. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

20:48
Valérie Pécresse

D'abord que le premier geste écologique, c'est d'avoir une ville propre. C'est la propreté, c'est de nettoyer sa ville. Ça, c'est la première réponse sur le fond. Mais par ailleurs, les journalistes ont bien fait leur travail. Face à ces accusations, ils sont allés à l'origine du mouvement Saccage Paris. Et à l'origine du mouvement Saccage Paris, les journalistes de TF1 ont trouvé des citoyens. Des citoyens qui ont mis un hashtag, qui ont posté un hashtag sur Internet. Alors bien évidemment, l'opposition parisienne s'en est saisie. Oui, le mouvement a pris de l'ampleur quand votre porte-parole a retweeté le hashtag.

Mais oui, parce que mon porte-parole Pierre Lissia sur Paris défend les Parisiens. Il défend ses citoyens qui aimeraient tellement que leur ville soit propre. Je vais vous donner une anecdote qui est parlante. La région s'est saisie du sujet de la propreté à l'échelle régionale. Nous avons fait un fonds propreté de 4 millions d'euros pour aider les villes à lutter contre les dépôts sauvages qui détruisent et ruinent et abîment nos paysages. La seule ville qui n'a pas demandé à bénéficier du fonds propreté de la région Île-de-France, c'est la mairie de Paris. Eh bien, elle devrait le faire.

21:51
Présentateur

Si Paris est sale, c'est de la faute d'Anne Hidalgo ?

21:54
Valérie Pécresse

Un maire, son premier devoir, c'est de nettoyer les rues de sa ville, oui.

21:57
Invité

Est-ce qu'elle est responsable des incivilités des Parisiens ?

22:00
Valérie Pécresse

En tout cas, elle est responsable de ne pas avoir demandé l'aide du fonds propreté de la région pour pouvoir lui démultiplier ses moyens pour le faire.

22:09
Présentateur

Anne Hidalgo explique notamment qu'une partie des effectifs des services de nettoyage ne sont pas là en ce moment, environ 10% à cause du Covid et des mesures de restrictions sanitaires.

22:19
Valérie Pécresse

Eh bien, dans le métro, qui est de ma responsabilité, j'ai doublé les effectifs de nettoyage et désormais, on nettoie le métro 3 fois par jour au lieu de 2 et on ébullise toute la nuit des dispositifs qui tuent le virus. Donc, quand on veut mettre le paquet sur la propreté, on peut le faire. J'ai d'ailleurs piqué un coup de gueule dernièrement auprès de la RATP sur les tags que vous constatez sur les métros et j'ai demandé un plan anti-tag. Donc voilà, la propreté après, soit c'est une priorité, soit ça ne l'est pas, mais quand on veut, on peut.

22:48
Invité

Valérie Pécresse, vous avez dit il y a quelques années que votre passage à l'ENA vous avait rendu profondément féministe et vous avez polytraumatisé. Vous vous dites, à l'ENA, on m'appelait jeune et jolie. Emmanuel Macron a donc eu raison de la supprimer, cette école ?

23:04
Valérie Pécresse

Ce n'est pas vraiment une suppression, on va dire que c'est plutôt un replatrage parce que l'ENA devient l'ISP, donc en réalité l'ENA demeure. La vérité, c'est que j'aurais fait une autre réforme de l'ENA.

23:16
Invité

Qu'est-ce que vous auriez fait ?

23:17
Valérie Pécresse

J'aurais supprimé l'ENA telle qu'elle l'est aujourd'hui et j'aurais installé une école pour les cadres supérieurs de la fonction publique et j'aurais permis à tous les fonctionnaires, au bout de 7 à 8 ans de fonction publique, quel que soit leur ministère, quelle que soit leur administration, de rentrer dans cette école qui aurait été un peu comme un Harvard de la gestion publique.

23:40
Présentateur

C'est quasiment ce qui va être fait, mais à l'envers, puisqu'il va y avoir un socle commun entre les 13 écoles d'aujourd'hui qui forment les commissaires, les magistrats.

23:47
Valérie Pécresse

Ce qui est fait, c'est plutôt...

23:49
Présentateur

En tout cas, on va les mettre dans le même moule.

23:50
Valérie Pécresse

Oui, ce qui est fait, voilà. Assure que le mot moule soit le bon, en tout cas soit la volonté. Non, mais c'est exactement, mais c'est le bon mot. C'est-à-dire qu'on va mettre maintenant un moule pour tout le monde. Ce n'est pas en mettant un moule pour tout le monde qu'on supprimera la bureaucratie. C'est au contraire en générant des fonctionnaires qui soient créatifs et qui soient beaucoup plus divers. Et ça, là-dessus, je partage le souhait d'Emmanuel Macron d'ouvrir la fonction publique. Mais pour moi, il aurait vraiment fallu faire une école des cadres, en fait.

Une école des cadres au bout de 5 ou 6 ans de fonction publique qui aurait été ouverte aux policiers, qui aurait été ouverte aux directeurs d'hôpitaux, qui aurait été ouverte à tous les fonctionnaires, quelle que soit leur administration. Vous êtes fière d'avoir fait l'ENA ou c'est devenu un gros mot ? Je suis fière d'avoir fait l'ENA parce que j'y ai appris la déontologie du service public. Et la déontologie du service public, c'est quelque chose d'important, qui est le service de l'intérêt général. Et ça, ça ne s'apprenait nulle part ailleurs.

24:41
Présentateur

Merci à vous Valérie Pécresse et bonne journée.

Régionales, stratégie vaccinale, propreté à Paris... le "8h30 franceinfo" de Valérie Pécresse — Valérie Pécresse · Pourquijevote