De "Jane Eyre" à "Hurlevent", comprendre l'économie grâce aux sœurs Brontë
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] mais que s'est-il passé dans ce presbytère du Yorkshire en Angleterre dans les années 1820 que s'est-il passé pour que les quatre enfants d'un modeste pasteur plutôt conservateur révolutionne ainsi la littérature britannique dans la maison de howers il y a Charlotte l'îné puis branoel considéré dans la famille comme le plus doué Émilie bien sûr et enfin Anne la cadette souvent oublié quatre enfants qui dans leur jeux inventent des univers et des langages tandis que l'Angleterre bascule dans un nouveau monde industriel aujourd'hui jusqu'à 15h nous allons explorer l'économie selon la famille broné en compagnie de Claire Bazin professeur de littérature à l'Université Paris nanre spécialiste de la littérature britannique du 19e siècle et Fabrice Bensimon professeur d'histoire de la Grande-Bretagne à Sorbonne université une émission préparée par Dianne de vet Léa Sabourin Anou Milot Tina Jong et mathil Blanchon comment écrit comment as- écrit les deierre chose chose tu ta sœ écve une prose de valeur c'est un livre AB de personnag qui [Musique] pmê [Musique] bonjour Fabrice bimon et cl basin bonjour merci beaucoup être avec nous on vient d'entendre les toutes premières minutes du film de franais au cononor de 2022 Émilie avec Emma Maquet dans le rôle d'Émilie broné et Alexandra daling dans celui de Charlotte est-ce qu'il existait comme le film Le raconte une rivalité entre les sœurs Bronté qui sont toutes les trois avec Anne la cadette devenue romancière CLA Bazin rivalité je ne sais pas j'ai toujours eu le sentiment en les lisant que Charlotte était un peu une meneneuse que c'est elle qui a poussé Émilie à publier ses poèmes Émilie était tout tout à fait hostile à ça au départ euh rivalité aussi au sens où peut-être je ne sais pas si on peut parler de rivalité mais en tout cas de surprise à ce qu'Émilie avait écrit et en même temps une espèce de volonté de racheter ce qu'avait écrit sa sœur d'où une préface que je qualifierais d'apologétique au roman de sa sœur ainsi qu'au roman the Tenant of wildfeld hall la recluse de wfeld Hall de sa sœur Anne qu'est-ce que ça signifie apologétique qui excuse Émilie en disant qu'Émilie et c'est presque comique ne savait pas ce qu'elle faisait pardonnez-lui mon Dieu elle ne savait pas ce qu'elle faisait elle a été dépassée par sa création un petit peu comme Mary chelley par son œuvre Frankenstein ou comme Victor Frankenstein par son monstre ce qui lit les sœurs Bronté c'est que elles sont devenues de très grandes romancières c'est leur rôle essentiel dans la littérature britannique et c'est aussi qu'elles ont toutes les trois connu un destin tragique puisqu'elles sont mortes jeunes de maladie Fabrice Bensimon même si dans cette Angleterre du 1er 19e siècle il n'était pas rare de mourir dans la trentaine ben oui à l'époque l'espérance de vie c'est environ 40 ans alors avec des grandes inégalités hein si vous êtes un aristocrate fortuné vous avez quand même des chances raisonnables d'avoir une longue vie et si vous êtes par exemple un ouvrier dans les nouvelles concentration industrielle que que l'Angleterre connaît à l'époque votre espérance de vie est souvent faible alors elle c'est vrai que toute la famille en fait est morte dire toute la toute la descendance est morte jeune la trentaine je crois que Charlotte Bron meurt avant 40 ans et c'est Anne a 29 ans émilie a 30 ans et Charlotte a 39 ans branwel 30 ans 32 ans comme Émilie alors je crois que le père le père après la mort de ses enfants fait venir un peu un savant dans le petit village de HAF pour enquêter sur cette mortalité très élevée et et se rend compte que voilà par exemple il y a tout un ruissellement des EAU du cimetière vers le vers l' vers l'eau de la source que les viandes de la boucherie ne sont pas correctement jeté enfin il des conditions sanitaires qui sont très pauvres et donc apparemment il sont bord de tuberculose qui une maladie très répandue à la fois lié cert à une une infection mais aussi aux conditions d'existance et la toute petite classe moyenne les les branté la toute petite quoi on va y revenir mais ce destin est d'autant plus tragique claire Bazin que la frattererie Bronté a déjà connu la mort de la mère très jeune et également de deux sœurs exactement donc la mère ce qui était aussi assez fréquent à l'époque est morte en couche ou presque ce qui était comme je disais fréquent à l'époque qu'on retrouve dans les écrits Dekens par exemple David Copperfield Oliver Twist sont orphelin Heathcliff est orphelin et puis effectivement les deux sœurs aînées Maria Elizabeth euh avait été envoyé à cowenbrid School qui a donné euh l'inspiration pour low wood l'abominable établissement dans JNR où elles moururent sans doute à cause des conditions désastreuses de low wood de ftizi également ce qui est un peu surprenant c'est que Charlotte et Émilie il furent également envoyé après elle s'en sortirent HM alors effectivement on va parler de ces années au pensionnat mais d'abord qui sont euh les parents euh des sœurs Bronté Patrick et et Maria à quel milieu social justement ils app en vous disiez petite classe moyenne Fabrice Bensimon vous pouvez nous en dire un peu plus alors le père je sais que le père lui donc c'est vraiment il vient de de de classes populairire il connaît une petite ascension sociale en devenant clairegan pasteur mais c'est vraiment le très bas clergé je crois qu'on c'est revenu c'est environ 200 livres par an ce qui vraiment le situe dans la toute toute le bas de la fourchette de la petite bourgeoisie c'est il est juste au-dessus des classes populaires des gens qui qui doivent vivre de leur main pour qui doivent travailler de leur mains pour vivre et euh euh je crois qu'il y a une domestique euh Tabia Cry il y a et souvent en fait les sœurs bontés prêtent mains fortte aux tâches du foyer donc on est dans un milieu qui à la fois euh n'appartient pas à la classe ouvrière c'est pas la classe ouvrière sont pas non plus des des fermiers ou des des des ouvriers agécooles mais en même temps donc avec des aspirations social et puis culturel on va peut-être en parler qui sont élevés et puis en même temps euh elles sont toujours elles-mêmes elles sont toujours amenées à leur condition et aux limites de les moyens des moyens financiers dont elles disposent tout au long de leur vie quoi et oui absolument aspiration culturelle c'est leur père qui prend en charge leur éducation au moins dans un premier temps CLIRE Bazin le père secondé par sa belle-sœur la sœur de sa de sa définte épouse et le père encourageit vigoureusement les enfants à lire on on dépint souvent un un père sévère mais il était davantage un père stimulant et qui faute de garçon il n'y en avait qu'un encourage se rabattait sur les filles et les encourager à lire et même à écrire puisqu'elles ont écrit des sagas enfantines les juvenilia à Ain euh de par deux Anne et Milie ainsi que Patrick et Charlotte saga qui ont donné lieu plus tard avec des développements bien sûr plus sophistiqués au romans que l'on connaît mais le père oui était une force déterminante et encourageante et stimulante Fabrice benensimon oui on peut ajouter donc le père il appartient à l'église anglicane et alors l'église anglicane c'est vraiment l'église de qui défend l'ordre social qui défend la hiérarchie sociale telle qu'elle fonctionna à l'époque donc vraiment l'aristocratie et puis cette bourgeoisie montante à son sommet et le respect de cette hiérarchie des inégalités terrestre sont au cœur vraiment de la le le l'église anglicane soutient est lié au parti Tori qui parti le conservateur au Parlement le père lui-même est est Tori donc il y a toute cette à la fois euh comment dire une origine modeste et puis en même temps un très grand conservatisme social dans les idées défendues par par cette par cette famille conservatisme social qui s'exprime au moment de la révolte des ludites ces ouvriers qui s'élèvent contre l'introduction de nouvelle machine dans les filatures en 1811 Fabrice benens Simon le père prend parti contre les ludit peut-être claire Bazin sur ce point simplement effectivement c'est un épisode extrêmement travaillé dans Shirley autre roman de Charlotte Bronte qui fait de Shirley un roman un peu àagasco roman industriel Elisabeth gascol première biographe et amie de Charlotte broné puisque le père lors de la mort de Charlotte a demandé à Elizabeth Gasco d'écrire la première biographie de sa fille qui sera la première dans une une longue série et donc ces ces ces émeutes habitent Shirley mais je trouve que Shirley est un roman moins réussi que ne le sont les romans de Gasc qui visiblement parvenaent mieux à nouer une histoire domestique amoureuse à un fond d'histoire avec un grand hache les sœurs Bronté qui ont connu quelques difficultés matérielles dans leur enfance ce qui transparaî dans Jenner écoutez que voulez-vous dites que voulez-vous master re je veux que vous veniez ici que faisiez-vous je lisais montrez le livre vous n'avez pas le droit de prendre nos livres vous êtes une inférieure comme maman le dit vous n'avez pas d'argent votre père ne vous a rien laissé vous devriez mendier et non pas vivre ici avec des enfants de gentleman comme nous allez près de la porte loin des vitres et des glaces c'est [Musique] par vous n'avez pas hte Miss frappez le fils de votre bienfaitrice votre jeune maître mon maître comment peut-il être mon maître suis une domestique non vous êtes moins qu'une domestique car vous ne gagnez pas votre vie vous devriez vous rendre compte miss vous êtes l'obligé de Mrs weed si elle vous abandonnait vous n'auriez d'autre choix que d'aller à l'orphelina Dieu la punira venez B laissonsla voilà un extrait d'une fiction radiophonique réalisée par Juliette émane en 2015 pour franceculture excellente fiction à retrouver dans son intégralité sur franceculture.fr au début du roman on l'entend Jenner subit des mauvais traitements chez Mrs Reed d'abord puis au pensionnat il y a diriez-vous ou claire Bazin chez Charlot broné une peur du manque d'argent certainement en tout cas on fait peser sur Jane cette idée que lorsqu'à la période victorienne on n rien on n rien et tout le long du roman ou presque Jane est effectivement assez pauvre elle aura une position de gouvernante une situation de gouvernante chez Monsieur Rochester et ce n'est qu'à la fin qu'elle acquer providentiellement l'héritage d'un oncle de madire qui avait déjà voulu lui léguer sa fortune mais auquel Mrs Reed qui testé cordialement Jr avait avait dit qu'elle était morte pour éviter qu'elle puisse bénéficier de cet héritage et lorsqueen fait enfin Mrs Reed meurt Jane peut bénéficier de cet héritage et pour Jane l'égalité avec un homme passe aussi par l'égalité financière lorsqu'elle revient à Rochester qui a perdu un œil dans l'incendie allumé par sa femme elle elle lui dit i am JIR et ce i am JIR ça n'est pas seulement parce qu'il ne voit plus clair c'est aussi pour affirmer son identité je suis Jenner c'est moi Jenner est publié en 1847 et le roman connaît un succès immédiat quels aspects étaient alors jugés scandaleux CLIRE Bazin alors ce que disent et j'en suis d'accord des critiques féministes qui ont intitulé leur magistral ouvrage The Mad woman in the attic en référence à Berta Rochester ces critiques disent que si ce qui choquait le plus peut-être chez Charlotte broné c'était sa colère et ce qui n'est pas sans fondement car les œuvres de jeunesse de Charlotte broné qu'elle écrivait avec son frère s'appelait angria où on entend anger la colère bien entendu la colère et les déclaration préféministe nous sommes gos dit-elle à Rochester equal as we are ça c'est une déclaration préféministe où je ne m'y connais pas et ça ça choquait comment cette femme ose-t-elle dire à son employeur de 20 ans son aîné qu'elle est Senégal colère lié aussi au mauvais traitement que Charlotte un successeur on ont connu lors de leurs années de pensionnat Bazin oui aussi bien sûr et dénoncer la religion non pas en tant que religion car elles étaient religieuses mais en tant que la religion commettait dans le cas de brockust l'abominable brockust le le dirigeant de cette école des excès les excès de la région qui sont aussi dénoncé dans Cholet au début où les curés sont dépains de façon grotesque où ils ne pensent qu'à manger à s'empifrer et à boire donc ce sont les excès de la religion qui sont dénoncés Émilie je suis en par hasard écoute-moi il faut que tu m'écoutes je t'interdis d'entrer ici France Culture laisse-moi entrer j'ai jamais rien lu de pareil entendez-vous l'écho vastu me laisser entrer insupportable tête de mulle il faut que ce soit publié espèce de s Tifen de roquign nous continuons à parler de l'économie selon les sœurs Bronté avec Fabrice benensimon et éclair Bazin dans le film de Frances auonor dont on a entendu un extrait au début de cette émission à paraissent les Landes immenses du Yorkshire pour autant les sœurs Bronté grandissent dans une région industrielle et déjà urbanisé Fabrice bansimon ah oui alors donc c'est l'ouest du Yorkshire c'est une une région en effet qui s'industrialise très tôt euh qui est donc c'est la région là o là où elle vivent c'est à proximité de Bradford qui est la grande ville lainière de l'époque Bradford c'est une ville qui je sais pas quelques milliers d'habitants au tout début du du 19e siècle et puis qui de une ville champignon qui en a peut-être 10 fois plus quelques décennies plus tard et Bradford fonde son développement beaucoup sur l'industrie de la laine alors à la différence du lancasher cotonnier qui s'appuie sur l'importation de du coton d'Amérique c'est vraiment une l'élevage des moutons est est très pratiqué dans la région et donc il y a d'abord toute une période où la laine est peignée et tissée à domicile et puis avec l'industrialisation euh des dizaines de milliers de de personnes sont poussées par la misère vers les vers les villes qui se baptisent comme Bradford comme Leeds comme comme comme comme d'autres comme Manchester qui n qui n'est pas très éloigné également et même howof connaî des connaî des fabriques en fait donc cette impression qu'on a d'une d'une Angleterre verte rurale et centrée sur l'allande en fait elle est en partie en partie imaginaire parce que déjà le le la région est ent de d'être complèement transformé par la révolution industrielle quoi et justement et comment cette révolution industrielle qui a commencé en Angleterre dans la 2è moitié du 18e siècle modifie-t-elle le mode de vie rural puisque la possession du sol demeure quand même une condition nécessaire dans cette société pour pénétrer pour en pénétrer les plus hautes sphères Fabrice benimon en cette première moitié du 19e siècle alors oui et non c'estàd vous avez d'une part des grands propriétaires aériens qui qui gagnent beaucoup d'argent soit avec leur terre soit en creusant des mines sous leur sur leur terrain et donc en utilisant le charbon qui est indispensable à la nouvelle industrie qui se qui se bâtit donc des en fait des grands proariens qui ont un comportement capitaliste qui acqu du capital et puis vous avez parallèlement des industriels qui font fortune euh avec des fabriques qui euh pour acquérir une un statut social une reconnaissance achète des terres des domaines des titres et les lèges à leur à leur fils donc en fait euh à l'époque dans les années 1840 il y a en quelque sorte une une union euh des deux classes dominantes l'aristocratie et la grande bourgeoisie pour euh assurer euh euh leur position leur profit la rentabilité de la rente foncière la rentabilité de leur leur capital et de leur domaine et dans cette économie là que peuvent faire les femmes j'aimerais vous faire entendre l'extrait d'un roman d'apprentissage de Dan broné intitulé agès Grey qui est publié en 1847 donc la même année que Janer agès et la fille du pasteur d'un village du nord de l'Angleterre qui entre un jour comme gouvernante chez les Bloomfield commence alors pour elle une série d'épreuves outre la vieille Lady il y avait un autre parent de la famille dont les visites m'était fort désagréable c'était l'oncle Robson le frère de mistress Bloomfield un grand garçon plein de suffisance aux cheveux noirs et au teint jaune comme sa sœur avec un nez qui avait l'air de mépriser la terre et de petits yeux gris fréquemment demi fermés avec un mélange de stupidité réelle et de dédain affecté pour tout ce qui l'environnait d'une forte corpulence et solidement bâti il avait pourtant trouvé le moyen de réduire sa taille dans une circonférence remarquablement petite et cela ajouté à sa raideur peu naturelle prouvait que le fier monsieur Robson le contempteur du sexe féminin ne dédaignait pas le service du corset rarement il daignait faire attention à moi et quand il le faisait c'était avec une certaine insolence de ton et de manière qui me prouvait qu'il n'était point un gentleman quoi qu'il visa à produire l'effet contraire mais ce n'était point tant pour cela que je haïsais ses visites que pour le mal qu'il faisait aux enfants encourageant tous leurs mauvais penchant et détruisant en quelques minutes le peu de bien qui m'avait coûté des mois de la beur à accomplir claire Bazin la jeune anè Gry qui rêvait d'être gouvernante va se confronter à la dure réalité de ce métier oui bien sûr alors il y a comme je l'ai déjà dit lors d'une autre émission une un penchant de la part de Anne Bron à considéré que les riches sont méchants et que les pauvres sont bons il y a une vision quelque peu maniquéenne ceci dit on retrouve ça aussi dans jner où il y a un mépris forcené pour les gouvernantes où lorsque Rochester reçoit des amis à lui dont blan chin dont on suppose qu'il va l'épouser il y a toute une diatribe anti-ouvernante on voit sur elle lesestigmat de son de son état et Agnes Grey aussi d'ailleurs on peut lire Agnes Grey comme une espèce de fiction fictionnalisation pardon de de la vie de de Anne broné pas tout à fait mais un peu avec ses expériences malheureuses de gouvernante être gouvernante était une des rares opportunités qu'il restait à des femmes que faire quand on est femme qu'on n pas un physique suffisamment avantageux pour décrocher les faveurs d'un bon parti et bien on devient gouvernante oui alors il y a la possibilité d'être gouvernante et pour agnè gré ce que ce qui se passe pour elle c'est que elle va constater que l'argent et le statut social peuvent corrompre détruire les les valeurs morales c'est le passage que vous lisiez me faisait exactement penser au passage qu'on a entendu précédemment de John Reed et cet oncle me faisait penser à John Reed ou la classe sociale l'argent permet les pires insultes tu es mon esclave tu es une inférieure tu n'es qu'une femme déjà et tu es ou gouvernante ou une pauvre orpheline à la solde de la tente tu n'es parce que tu n'as rien et ça je crois que c'est un crédau très fort à l'époque mais on peut voir agnè Gry comme un roman un petit peu naïf il y a certains passages un petit peu qui peuvent avoir l'air un peu ingénu et en même temps dans ce texte je trouve qu'il y a une ironie qui montre quand même le recul qu'a Anne Bronté par rapport à la société dans laquelle elle vit et toutes ses injonctions alors il y a un une conscience sociale très forte chez Anne broné peut-être plus que chez ses sœurs ce qui n'est n pas me semble-t-il à la hauteur de ses sœurs c'est son style et son style beaucoup plus réaliste beaucoup moins enfiévré enflammé surtout bien sûr que celui d'Émilie mais même que celui de de Charlotte donc il y a cette peut-être cette dimension réaliste style réaliste qui font que ça ne ces romans ne sont pas aussi bons même si la recluse de wildf H est un roman beaucoup plus sophistiqué qui ressemble de par sa méthode narrative de mise en abîme au de Hurlevent et où là on a vra vent des déclamations des réclamations féministes fortes on va revenir sur ce roman qui est très intéressant en effet mais dans cette Angleterre du 19e siècle effectivement si les femmes ne se marient pas elles peuvent devenir gouvernantes elles peuvent aussi devenir institutrice c'est ce qu' le choix qu'a fait Charlotte broné et le choix de son personnage justement jener comment réussit-elle à devenir institutrice CLIRE Baz en fait elle n'est pas institutrice plutôt tutrice chez ester s'occupant de la jeune adelle dont on pense qu'elle pourrait être la fille illégitime de Rochester donc elle devient tutrice elle sera institutrice plus tard dans romelle sera institutrice elle elle elle est d'ailleurs en partie institutrice à LOW wood l'horrible établissement quelques années après y avoir été élève elle va aussi devenir enseignante à Bruxelles séjour fictionnalisé dans Villette qui est sans doute le roman le plus autobiographique de Charlotte broné ù Charlotte tombe amoureuse du mari de la directrice du de du pension de l'école et où cet amour n'est pas euh euh retourné réciproqué comme on ne devrait pas dire et euh apparemment les lettres ont été retrouvé parce que l'épouse en question a retrouvé euh ces fameuses lettres mais euh pardon charlotte a été à la fois euh élève et euh enseignante après et elle était avec Émilie pendant la première partie de son de son séjour et les deux sœurs écrivaient des essais en français qui ont été publiés dont un essai célèbre qui est reproduit sur Internet et on le trouve donc facilement le pap papillon et les deux sœurs ont écrit chacune un hymn au chat le chat le chat chaque sœur était visiblement très les sœurs étaient très intéressé aussi par la nature surtout bien sûr Emilie mais la nature et les animaux et oui et on rejoint ce qu'on disait au début sur ce qui apparaît comme un culte de l'éducation dans la famille broné qui leur permet effectivement peut-être de de s'affranchir de la modestie de de leur condition à Fabrice benensimon ben oui c'estàdire quand vous êtes à l'époque quand vous êtes une femme de la classe moyenne de la petite bourgeoisie euh les possibilités professionnelles sont très très limitées en fait le le la respectabilité c'est le mariage c'est la famille c'est pas le travail en fait le travail est déshonorant donc il y a extrêmement peu de carrière qui s'offr aux femmes de de cette classe par exemple le clerger masculin mais aussi les les professions juridiques sont masculines les journalistes sont quasiment tous des hommes il y a pas de possibilité bien sûr de travailler dans l'armée dans le donc il y a quelques petits petites niches qui sont en effet les emplois d'institutrices qui ne sont pas très nombreux quelques milliers ou dizaines de milliers et puis sinon il a la condition de gouvernante qui n'est pas très enviable parce que la gouvernante même si elle est laée et qu'elle est chargé de l'éducation des enfants elle est quand même elle appartient à la domesticité et c'est je crois qu'elles en font l'ex not Charlotte une expérience douloureuse voilà on a évoqué Jen agè gr mais le roman le plus passionné le plus violent des seré c'est les dur le [Musique] vent possess you I hated you I loved you too bad dreams in the night they told me I was going to lose the fight leave behind mying he it's me I'm Kathy come home at night so let me at your [Musique] it's me I'm Kathy come home and so let me in [Musique] your oh it it gets lon on the other side from you I find the love Falls through without you i'm coming back to here my one Dream my only master to long I ro in the night i'm coming back to his to put it right coming home to [Musique] theing it's me and Kathy come home and so oh let me in at your window oh oh he it's me I'm come home and I'm so cold let me in at your window oh oh let me have it let me grab your soul away oh let me have it let me cry so weathering HES la chanson inoubliable de Kate Bush repris ici par le groupe suisse electrique Blanquet vous écoutez France Culture entendez-vous l'écho l'économie selon les surs Bronté c'est notre sujet aujourd'hui l'historien Fabrice benensimon et la professeur de littérature claire Bazin sont toujours avec nous dans cette émission réalisée par Françoise lefloc est mise en nde par Anthony Thomasson weathering les haut de Hurlevent c'est l'immense roman d'Émilie bronet paru en 1845 comme Jenner comme 47 pardon comme Jenner comme Agnès gré elle publie ce roman sous le pseudonyme masculin délice belle qu'est-ce qu'on peut dire du secteur de l'édition en Angleterre à cette époque Fabrice Bensimon alors les les c'est vrai que on a parlé des institutrices on a parler des gouvernantes il y a quelques romancières euh au 19e siècle Jane ausin les sœurs broné Elizabeth gaskel qu'on a évoqué George IOT Mary chelley voy en a quelques-unes mais elles sont dans une position qui est délicate parce que elles sortent un peu de leur rôle en quelque sorte puisque le rôle encore une fois de la femme tel que la la société victorienne de luassing c'est l'éducation la procréation le la tenue du foyer donc elle publie soit euh de façon anonyme soit sous pseudonyme masculin c'est je chois qu'a fait également gege jelliot voilà pour échapper à la polémique concernant le genre de de de l'auteur alors il y a une exception peut-être c'est en effet lesev gaskol qui mais qui se considère toujours un peu dans une position scandaleuse ENF illégitime en étant une romancière donc en publiant de la fiction alors l'édition les éditeurs bah ils sont sensibles à cette il y a pas une interdiction légale de publier les femmes c'est pas problème juridique c'est un problème de mentalité de de lecteur tout simplement voilà et puis que on considère que les femmes n'ont pas n'ont pas à écrire et l'édition à l'époque pour revenir à votre question c'est l'édition de livre c'est un secteur quand même qui cible un public assez limité le public qui achète des livres c'est une toute petite partie de la population à l'exception peut-être de la Bible mais les romans sont lu quand même c'est des tirages qui sont très faibles par rapport au tirages contemporains on est à quelques centaines ou quelques milliers d'exemplaires pour les pour les livres à succès et certains les ouvrages je crois des sur Bronté se vendent de leur vivant à quelques unités ça donne un peu une une idée alors par contre il y a un développement des bibliothèques et c'est vrai par le père Bré empreunte des livres à la bibliothèque il y a pas de bibliothèque publique mais il y a des bibliothèques privées qui permettent aux familles et indirectement aux épouses et aux filles d'accéder aux publications de l'édition et on sait que les so Bronté on lut toute la littérature de l'époque Walter Scott Byron et cetera et puis les les classique grec et qui était présent également dans le dans les lectures du père broné mais à quel moment ce secteur de l'édition va s'industrialiser en Angleterre va prendre une autre ampleur Fabrice ben Simon alors les journaux ça commence euh voilà au milieu du siècle on est au début au tout début de la des journaux qui ont un lectorat de masse et puis euh les romans c'est dans les décennies qui suivent Decken c'est un peu le pionnier en quelque sorte de la de cette production industrielle deckens de son vivant et dans les années qui suivent sa mort vendra effectivement plusieurs centaines de milliers peut-être millions d'ouvrages mais c'est quand même un peu l'exception il y a un livre dans les années 1850 qui a un très grand succès en Grande-Bretagne c'est la case de l'oncle Tom qui est sans doute le best seller de de l'époque mais il y a beaucoup de romans qui ont des encore une fois de tout petits tirages les romans sont assez chers et puis euh beaucoup de d'auteurs euh dont le nom ne nous est inconnu qui on voilà elle ell elles sont passé la postérité mais qui ont été oublié vobl est-ce que elles ont eu des difficultés justement à être publié les sbonté elles ont toutes publié sous pseudonyme elles ont toutes publié sous pseudonyme donc Acton pour Anne Cara pour Charlotte et Alice pour Milie gardant donc l'initiale et pour corroborer les dir de Fabrice benensimon Charlotte s'était adressé au poète Saud qui est moins connu de nos jours mais bon pour lui demander son avis concernant ses écrits et il avait répondu ça n'est pas l'affaire d'une femme que d'écrire des livres heureusement qu'elle n'a pas écouté euh et voilà il y avait cette les pseudonymes alors encore une fois il est un peu surprenant que par exemple Jane astein n'est pas publié sous un pseudonyme peut-être est-elle elle est moins subversive que les que les brontés Mary chelley avait publié son ouvrage anonymement mais il faut quand même remarqué ça corrobore aussi ce que tu as dit c'est que il y a beaucoup plus d'écrivaines femme en Angleterre au 19e siècle qu'en France parce qu'en France à part George Sand euh je n'en connais que peu et justement comment est-ce qu'on explique cela ça fait 40 ans que je me pose la question alors je j'avais une conversation avec un collègue de lettre moderne qui me disait que peut-être était-ce dû à la religion que peut-être peut-être les protestants étaient plus soup que les catholiques je n'ai pas la réponse donc je ne fais que des hypothèses et j'ai toujours été frappé par quand même il y a beaucoup de femmes écrivaines au 19e siècle en Angleterre tant mieux pour nous comment les critiques ont-elles reçu les les romans des sœurs Bronté je vous propose d'écouter cette discussion entre Anne et Émilie dans l'estur monter le film d'André tchinet de 1979 émilie est joué par Isabelle Adjani et Anne par Isabelle Hubert Charlotte m'a donné les critiques de ton livre tu veux les entendre oui l'Amérique ne vaut pas mieux que l'Angleterre écoute ça l'auteur des ha de Hurlevent semble croire que la perversité de l'esprit humain est fait de la somme de plusieurs férocités animales il a donc choisi les traits les plus frappants du loup du chacal et du chat sauvage pour créer la brute démoniaque qui sera le héros de son roman je continue oui les grands écrivains réussissent infiniment mieux leurs effets avec une plus grande économie de moyens c'est je vois merci tu peux rendre ça à Charlotte claire Bazin les critiques n'ont vraiment pas épargné Émilie broné c'était un livre extrêmement choquant parce qu'effectivement il y a un déferlement de violence de sauvagerie de cruauté euh de brouillage des frontières entre le règne animal et le règne humain où les métaphores animales abondent et effectivement hcliff est comparé à un loup très souvent quand il n'est pas comparé au diable ou à un vampire euh ça choquait terriblement cette espèce de de de Foug de fièvre de cruauté de méchanceté personne n'y coupe ne serait-ce que le premier narrateur Lockwood qui une alors qu'il passe la nuit à wthering Heights et la proie de cauchemar terrifiant où il fait saigner le poignet certes de Catherine qui est fantôme mais lui voit une enfant et il fait saigner ce ce poignet sur le rebord de la fenêtre soi-disant parce qu'il a peur mais le sang ne nous est jamais épargné et il y a des actes de cruauté envers les animaux envers les enfants hcliff est un véritable sadic il parle même de vivissction que si les lois du pays n'était pas aussi formel il se il se laisserait bien aller à faire une vivisection sur Catherine numéro 2 et Aton rien ne nous est épargné et d'où vient cette violence de iscliff de la du mépris social dont il a fait l'objet alors effectivement il y a ce mépris social puisqu'il a été dégradé de manière sociale et même intellectuelle par inley le faux frère si j'ose dire ou le frère d'adoption qui le déteste viscéralement on a vu l'histoire de hley et de Heathcliff comme une réitération de Abel et Kin qui est Abel qui est K1 ça c'est la question comme dirait Shakespeare mais euh il est dégradé et lorsqu'il entend la grande scène de confession de Catherine qui dit je suis ziscliff il est plus moi-même que je ne le suis et cetera mais simultanément cela me dégraderait de l'épouser maintenant qu'il qu'il en est arrivé à cet état et donc je vais épouser le voisin le riche et propret Edgar lintton ce qui provoque le départ de Heathcliff pendant 3 ans on ne sait pas ce qu'il fait pendant ces 3 ans peut-être vant-il son â au diable assez cher visiblement puisqu'il revient en ayant àquis les moyens on parlait de moyens de propriété il dépossède tous les les héritiers légitimes et il acquère de l'argent des biens à tel point que Terry Goton dans son analyse marxiste débronté parle de comme d'un capitaliste parce que c'est l'argent qui lui permet de reprendre le pouvoir alors de mon point de vue l'argent n'est qu'une n'est qu'un moyen et non une fin mais il utilise beaucoup ce moyen il faut le dire il les haut de Hurlevent font apparaître un certain nombre d'éléments économique mais il y a un roman beaucoup plus économique et beaucoup plus social parmi les les romans nés de cette famille Bronté c'est Sherley que vous avez évoqué tout à l'heure de Charlotte broné je rappelle que donc l'histoire se déroule pendant les années 181 1812 hein dans le contexte des révoltes des ludites en Angleterre c'est un récit avec lequel Charlotte s'inscrit dans la veine du roman industriel clar Bazin je crois que c'est ce qu'elle essaie de faire et de mon point de vue c'est je le pte beaucoup moins réussi que les romans de Gasc Charlotte excelle dans jner il ne me semble pas qu'elle atteigne ce niveau dans Shurley parce qu'il y a ce nouage difficile entre romance domestique et la grande Histoire petite histoire et grande histoire même si ça ça n'est pas mal il y a aussi peut-être ce qui peut peut-être poser problème c'est que la voix narrative se répartie en deux instances les deux female figers les les figures féminines dominantes sont inspiré respectivement de emilyie Charley et de Anne Caroline peut-être est-ce ça personnellement je trouve que c'est une moindre réussite que Jen et que Villette mais c'est quand même assez intéressant puisque ce sont des des portraits de femmes qui cherchent leur place dans une société anglaise en pleine mécanisation je vous propose d'écouter un extrait de [Musique] Charlie monsieur moour n'était anglais qu'à moitié tout au plus sa mère était étrangère et lui-même avait vu le jour sur un seul étranger d'une origine hybride il avait probablement sur beaucoup de points des sentiments hybrides spécialement sur le patriotisme il était incapable de s'attacher à un parti à une secte voire même à un climat et à des coutumes le commerce était la profession héréditaire de mour les gérardsenver avaient été marchands pendant les deux derniers siècles ils avaient possédé une grande fortune mais peu à peu les pertes les spéculations désastreuses avaient ébranlé les fondements de leur crédits leur maison depuis 12 ans chancelait sur sa base lorsque le choc de la Révolution française l'entraîna dans une ruine complète dans cette chute fut emportée la maison anglaise moour du Yorkshire étroitement lié d'intérêt avec la maison d'envers et dont l'un des associés nommés Robert résidant dans cette ville avait épousé Hortense Gérard espérant que son épouse hériterait de la part de son père Constantin Gérard dans les affaires de la M mais elle n'érita comme nous venons de le voir que du passif et ce passif bien que réglé par un compromis avec les créanciers on disait que son fils Robert l'avait accepté comme héritage et qu'il aspirait à l'éteindre un jour et à rétablir la maison Gérard etmour sur une échelle au moins égale à celle de son ancienne [Musique] [Musique] grandeur monsieur moour c'est donc ce personnage de directeur d'usine Robert Moore dans Shurley de Charlotte broné comment a-t-elle construit à la fois ce personnage et cet univers industriel claire basin justement elle s'est inspiré des romans d'Élisabeth gaskel alors je pense qu'elle les avait lu elles étaient amies certainement et on a un peu l'impression qu'elle s'est aventurée dans ce genre-là pour peut-être essayer autre chose et encore une fois je trouve que c'est moins réussi alors en en vous écoutant me revenait en mémoire aussi la dimension étrangère il est étranger et on en parlait au début l'angl de l'anglocentrisme desbronté en dépit de l'affection que je leur porte depuis un grand nombre d'années je reconnais qu'il y a de l'anglocentrriisme voire de la xénophobie alors dénoncé par Émilie dans wthering Heights puisque hcliff est traité comme le Noireau qui vient d'ailleurs et qu'on qu'on maltraite mais dans dans génè aussi de manière plus subtile et moins frontale sont dénoncés les étrangères à savoir Rochester égraine le chapelet impie de ses maîtresses à à jner après le lendemain du mar le lendemain pardon du mariage avorté et toute aucune n grâce à ses yeux l'Allemande est stupide l'italienne peu prou la française est frivole la la créole est folle ça rime en français il n'y a il n'y a que l'anglaise qui vaille et il y a vraiment cette dimension Fabrice benimonou alors dans dans Charlet si je me souviens donc le le point un peu le le moment l'apogée un peu du du roman c'est l'attaque par les ouvriers de la fabrique de Robert Moore donc une fabrique dans le Yorkshire alors c'est une attaque donc en fait qui est vraiment une transposition romanesque d'un événement qui a eu lieu tout près de de howwf qui est une attaque en 1812 par des ouvriers à domicile comme ils étaient très nombreux à l'époque d'une fabrique et des machines qui euh se signifient qu'il vont perdre leur leur travail et et être popérisé voire voire affamés donc en fait on est alors là on est on est plus de 30 ans plus tard mais il y a une autre peur sociale dans les années 40 importante dans la bourgeoisie petite et grande c'est la peur du chartisme et le chartisme est très fort dans le dans l'Ouest Yorkshire donc il y a un mouvement ouvrier puissant qui fait peur aux gens comme les comme les bontés et on peut aussi voir cette cet épisode du ludisme un peu comme la transposition romancée des de ce qui se passe dans la société de l'époque où Charly écrit oui elles ont vécu effectivement cet épisode chartiste dans les années 1840 qui est qui constitue les dernières années de leur vie sauf pour Charlotte broné qui est morte en 1850 25 un petit peu plus tard et au 19e siècle on l'a dit il y a peu de possibilité pour les femmes de s'insérer dans la vie économique 90 % des femmes se marient en ce sens les sœurs Bronté font figure d'exception parce que seule Charlotte s'est marié etela à l'âge de 38 ans ce qui était quand même très tard pour l'époque CLIRE Bazin alors peut-être parce qu'elles n'ont pas eu l'occasion si j'ose dire elles sont mortes très jeunes comme on le sait et puis même Charlotte ne voyait pas le mariage autrement qu'un mariage égalitaire et donc ça n'était pas le mariage à tout prix peut-être je le répète parce qu'elle n'avait pas eu l'occasion de Charlotte se dépint elle-même comme étant assez disgracieuse physiquement elle dépinceon Jane comme étant disgracieuse Phi plain Jane qui revient beaucoup lorsque en particulier elle se compare avec blan chingrum la prestigieuse fiancée de Rochester qu'il n'aime pas mais dont il fait semblant qu'il va l'épouser oui elle insiste elle insiste beaucoup beaucoup là-dessus donc effectivement alors par contre il y a une il y a une exception tout de même c'est dans the Tenant of h la recluse de wildf hall où l'héroïne après avoir quitté un mari coureur de jupon et alcoolique euh devient peintre et en fait son métier et ça c'est aussi une dimension assez intéressante la peinture ayant eu un grand rôle dans la vie des Bronté puisqu'il y a tout un ouvrage publié sur leurs dessins et peintures on sait que le frère a également peint ce fameux portrait exposé à la National Gallery où il s'est peint au milieu de ses sœurs avant de s'effasser ce qui ont dit non mais les les sœurs peignaient et dans Jane r Jane peint aquarell elle peint aussi des portraits et dans the Tenant of wildf il y a aussi ça cette dimension de de peintre et et donc ce qui choquait aussi dans the Tenant qui est un roman choquant pour lequel charlotte a également écrit une préface pour excuser sa sa pauvre sœur voilà et bien lorsque Helen quitte se mari coureur de jupon et alcoolique il le la porte qui claque a raisonné dit-on à travers toute l'Angleterre victorienne car une femme ne quittait pas son mari même s'il était alcoolique et coureur de jupon mais c'est ça qui est intéressant chez les sœurs Bronté c'est l'importance qu'elles accordent à l'indépendance financière des femme c'est aussi ce qui ressort dans jner lorsque celle-ci épouse hésite à épouser Rochester parce qu'il est très riche et qu'elle ne POS de rien écouter n'y a-t-il pas une affinité entre nous Jane je dis cela parce que je ressens auprès de vous une sensation étrange c'est comme si un lien solide était attaché à ma poitrine et qu'un nœud serré le rattachait à votre petite personne si 200 miles de bonne terre s'étend d'entre nous cette corde cassera c'est évident et j'ai une sorte de pressentiment que je me mettrai à saigner mais vous vous m'oublierez ça monsieur jamais vous le savez bien je suis désolé de quitterfield je comprends la nécessité cela m'est aussi cruel que la mort elle-même mais où envoyez-vous la nécessité o mais c'est vousmême monsieur en m'annonçant que missingam sera bientôt votre femme alors il me faut partir non vous resterez je le jure et je tiendrai parolle il faut que je parte croyez-vous que je consente jamais à rester ici pour nêtre rien à vos yeux vous me prenez donc pour une marionnette privé de sentimen vous pensez que parce que je suis pauvre humble petite et sans beauté je suis sans cœur et âmes vous vous trompez j'ai comme vous une âme et tout autant de cœur et si Dieu m'avait donné la beauté et la fortune j'aurais su vous rendre la séparation aussi cruelle qu'elle est aujourd'hui pour moi je vous parle comme si de l'autre côté du tombeau nous étions déjà devant Dieu ég car nous le sommes nous le sommes claire Bazin la richesse de Rochester apparaît aux yeux de Jer comme un obstacle et non comme un avantage alors oui un obstacle bien sûr qui va de paire avec l'autre obstacle très bruillant à savoir la femme folle dans le grenier dont elle ignore obstacle de taille en effet dont elle ignore l'existence mais qui se manifeste néanmoins par ses bruits et sa fureur et dont elle découvrira la véritable existence le jour du mariage raté mais Berta Mason pour Berta Mason exactement euh après le mariage raté euh puisqu'il était hors de question que le que l'on divorce même si on était marié avec un homme ou une femme fou ou folle Rochester propose à Jane de l'emmener comme sa maîtresse dans le sud de la France et Jane refuse parce qu'elle ne veut pas être ce qu'on lui a toujours reprocher qu'elle était lorsqu'elle était enfant dans le passage qui a été cité au début de l'émission vous avez bien fait remarquer qu'il fallait appeler John Reed master re et que il lui serine qu'elle n'aura jamais rien you are dependant mamz enfin tu n'auras rien tu n'es rien ma pauvre fille il est hors de question qu'elle continue à être cette femme entretenue ou qu'elle soit une femme entretenue donc elle refuse Rochester et elle ne revient à lui ignorant que la femme est morte et l'état dans lequel il est mais ayant hérité elle-même d'une fortune providentielle venant de Mader et de l'oncle de Mader Jane devient a on pourrait jouer sur l'homophonie du du mot Jane r devient héritière puisque ça marche en anglais si on aime les jeunes mots Jer qui fait finalement le contraire de ce que faisaiit beaucoup de femmes à l'époque Fabrice Bensimon par manque d'autres possibilités c'est-à-dire de voir le mariage comme une stratégie économique ben oui c'estàd qu'il y a il y a bon soit donc quand vous êtes donc une jeune femme de la de la bourgeoisie de bonne famille soit vous êtes sous la coupe de votre père soit quand vous vous mariez vous êtes sous la coupe de votre mari et vous n'avez pas de par exemple une femme mariée ne peut pas acheter ne peut pas se lancer dans une activité commerciale sans que son mari en prenne la charge c'est des femmes femmes mariées sont extrêmement dépendantes alors il y a quelques femmes qui échappent à cette condition ce sont par exemple les veuves mais bon c'est pas une stratégie viable il y a de rares célibataires mais il y a une pression sociale quand même très importante au mariage une une femme qui ne se marie pas c'est quand même une femme qui a raté sa qui a raté sa vie et du coup B ça explique aussi je pense toute cette tension qui est à l'œuvre dans plusieurs des romans des sœur Bronté entre l'aspiration à une union amoureuse et puis les contraintes sociales qui pèsent sur les femmes quand elles se marient en effet pas de divorce la séparation existe mais elle est quand même très très problématique donc en fait mariage est pour le meilleur et c'est souvent pour le pire parmi les exceptions il y a une voisine des sœurs bononté Anne lister qui est une fan d'affaires qui impressionne beaucoup par son indépendance vous pouvez nous nous en dire quelques mots Fabrice ben Simon alors Ann Lister c'est tout à fait exceptionnel donc Ann Lister c'est une en effet elle est à quelques kilomètres des des S bonté et elle c'est une héritière donc elle ne elle ne se marie pas elle hérite euh et elle est donc une propriété terrienne euh elle est homosexuelle euh donc elle fuit le mariage elle ne veut surtout pas indquer cette liberté qu'elle a du fait à la fois de son célibat et de sa condition sociale qui est assez exceptionnelle de sa fortune puisquelle gère elle gère son domaine foncier comme comment on peut le gérer elle a des elle a des des méteayers elle a elle a elle fait construire une creuser une mine sur son terrain et elle cherche à influencer la politique locale elle n'a pas le droit de vote les femmes n'ont pas le droit de vote mais elle cherche à influencer le comportement électoral de des fermiers qui travaillent sur ces terres et et on connaît bien la vie d'an lister grâce à un journal qu'elle a tenu tout au long de sa vie qui est un journal privé considérable qui fait je crois 4 millions de mots qui a un journal privé en bonne partie crypté chiffré parce que l'homosexualité est tout à fait réprouvée par la société victorienne un journal qui a donné lieu à une série réalisée par HBO et et la BBC gentleman Jack comme comme elle était surnommée à l'époque ' habillé comme un homme avec des des costumes voilà c'est c'est une série qui qui semble très intéressante plus largement on se rend bien compte que les questions économiques sociales intéressent les les sœur bonté mais on ne peut pas dire pour autant qu'elle remettent en question cet ordre social en ce sens elle reste relativement fidèle à leur milieu d'origine qui on l'a dit est assez conservateur Fabrice Bensimon ben oui parce que bon les sur B donc on pense à la question du genre mais il la question de la classe qui est qui est qui est essentielle et en effet sur le plan bah des rapports entre les classes sociales elle leur adhésion va quand même à l'ordre tel qu'il est à l'époque c'està-dire avec cette domination avec ses ses divisions et on évoquait la peur du ludisme ou la peur du chartisme c'est la peur de la révolution en fait aussi parce que les années 1840 difficile de se rendre compte avec le recul mais sont des années marquées par une très grande conflictualité des luttes de classes extrêmement dures notamment dans la région où elles habitent et elle leur loyauté comme celle d'ailleurs de leur père va envers les classes dominantes pour conclure s'il fallait lire un roman méconnu de de l'une des sœurs Bronté claire Bazin Villette peut-être de Charlotte Bronté alors Villette certainement alors c'est difficile de dire autre chose puisque Milie broné n'a eu le temps d'en écrire qu'un et puis bon pour ce qui est de the Tenant of WF Lord sans aucun doute et peut-être villatou qui est un très bon qui est vraiment une fictionnalisation essentielle ement de l'épisode autobiographique de Bruxelles est-ce que vous pouvez nous en dire quelques mots de quoi ça parle V c'est un romat où l'héroïne est aussi une espèce de de Charlotte broné fictionnalisée qui donc passe du temps à Bruxelles où elle tombe effectivement amoureuse du de l'époux de la directrice de l'établissement et où là dans la fiction qui est plus généreuse que la réalité ces sentiments sont payés de retour mais il périt en mer j'en dirais pas plus enfin si j'ai tout dit on a un petit peu divulgâé mais en tout cas vous nous av av donné des idées de lecture merci beaucoup claire badin et et Fabrice benimon de nous avoir ainsi fait pénétrer dans dans l'univers économique des sœurs bonté je rappelle cl vous êtes professeur de littérature à l'Université Paris nanter et Fabrice ben Simon professeur d'histoire de la Grande-Bretagne à sbonne université un grand grand merci encore à tous les deux
Arnaud Bazin