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interviewFrance Culture — Sens politique· 31 août 2024 44 min

Hervé Berville : "le prochain Premier ministre devrait avoir une coloration de gauche"

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Présentateur

Bonjour à toutes et à tous, ravie de vous retrouver pour cette nouvelle saison de Sens Politique, l'émission qui prend le temps chaque samedi de connaître un invité pour décrypter avec lui son parcours, son engagement et sa personnalité au rythme de l'actualité. Vous êtes peut-être sur le chemin de retour de vos vacances pour celles et ceux qui ont eu la chance d'en prendre et peut-être même que vous revenez du bord de la mer. Ça tombe bien parce que notre invité est intimement lié à ce sujet, la mer. Né au Rwanda en 1990, évacué lors du génocide à l'âge de 4 ans, il aime répéter que la mer, comme la Bretagne, l'ont adopté.

Classe prépa à Saint-Brieuc, admis à Sciences Poli, il est diplômé de la très prestigieuse London School of Economics. A 26 ans, il est référent du parti En Marche dans son département. De Dinan à Planquette et jusqu'au Val-André, il est élu député de la deuxième circonscription des Côtes d'Armor sous la bannière d'Emmanuel Macron. Depuis, il s'est fait un nom et a été réélu deux fois en 2022 face à la NUPES et en juillet face au Rassemblement National. Il est fier que sa région, la Bretagne, n'ait envoyé aucun député d'extrême droite au Palais Bourbon, malgré la dissolution. Plutôt discret, il préfère les déplacements sur les littoraux et en Outre-mer aux médias parisiens.

Alors que nous entrons dans l'année de la mer, qui aboutira à Nice en 2025 à la Conférence des Nations Unies sur l'Océan, il nous dira comment ces événements s'organisent sans gouvernement. Bonjour Hervé Berville.

1:35
Hervé Berville

Bonjour et merci de l'invitation.

1:37
Présentateur

Merci à vous d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes secrétaire d'État démissionnaire, comme on dit, en charge de la mer et de la biodiversité. C'est un ministre qui fait en sorte au quotidien, au fond, que toutes les urgences soient traitées

2:03
Hervé Berville

et que tout le travail nécessaire soit mis en œuvre pour préparer la suite. Et quand il y aura un successeur, que les affaires publiques, que les politiques publiques soient gérées. Alors, quand vous avez des sujets comme le mien, la mer, forcément, pendant notamment la période estivale, il y a beaucoup d'urgence, il y a des choses comme le sauvetage en mer, comme les pollutions littorales qu'il faut gérer. Et donc, on ne peut pas engager de nouveaux textes, on ne peut pas, au fond, se projeter dans le moyen et long terme, mais on fait en sorte que sur nos priorités, sur les urgences, sur la protection de nos concitoyens, eh bien, nous soyons au rendez-vous.

Et c'est pour ça que tout l'été, nous avons été avec mon équipe et le ministère sur le pont.

2:52
Présentateur

Emmanuel Macron a-t-il eu raison de dissoudre l'Assemblée nationale le 9 juin dernier ?

2:58
Hervé Berville

En tout cas, un constat s'imposait au soir de l'élection européenne, c'est que nous avions perdu. Et de manière très large et très nette. Et je crois que, comme dans d'autres démocraties européennes, nous ne pouvions pas faire comme si, au fond, rien ne s'était passé. L'Europe, ça a été le ciment de beaucoup de personnes et de personnalités qui ont rejoint le président de la République. Le président s'est fortement engagé, il a eu des avancées, il a permis notamment sur la question de la dette commune, sur la question d'un pacte vert, de continuer à faire avancer le projet européen.

Et quand vous avez un rassemblement national, un parti que je considère dangereux pour notre pays, avec des élus qui ne travaillent pas nécessairement au Parlement, mais qui arrivent en tête, je crois qu'il faut en tirer les conséquences politiques. Et considérer que, au fond, la vie politique doit prendre en compte ce que disent nos concitoyens au moment des élections. Et donc, au fond, rappeler nos concitoyens aux urnes, ce n'est jamais une erreur. Demander aux gens de se prononcer sur la ligne politique, sur les priorités, sur les représentants qu'ils veulent au Parlement, je crois qu'on ne peut pas considérer que c'est antidémocratique.

Et on peut voir que beaucoup de gens se sont déplacés, puisque c'est le plus fort taux de participation depuis 1981. Et donc, je ne pourrais pas vous dire s'il a eu raison, mais en tout cas, les Français ont répondu à l'appel en allant massivement aux urnes.

4:28
Présentateur

En tout cas, aujourd'hui, les Français disent qu'il n'a pas eu raison. Selon une grande enquête que vous connaissez, qui est sortie cette semaine dans Le Monde, avec la fondation Jean Jaurès, ils sont 67% à déplorer cette dissolution.

4:39
Hervé Berville

Le peuple français a toujours raison, mais il ne s'agit pas ici de faire l'archéologie ou regarder leur rétroviseur. Maintenant, il faut avancer. Il faut avoir un gouvernement qui puisse travailler le plus rapidement possible sur les questions de transition écologique, sur les questions, vous savez à quel point ça me tient à cœur, aussi de prise en compte des inégalités sociales, de la justice sociale, la question, évidemment, dans un continent européen en proie à la guerre, et bien la question de la défense, la question, bien évidemment, de la dette.

Et donc, la priorité qui est devant nous, ce n'est pas de se dire est-ce qu'au fond, c'était une erreur, est-ce qu'il fallait faire différemment, c'est qu'il y a eu une élection, il y a eu un vote massif des Français, et maintenant, il faut trouver les voies et les moyens d'avoir un gouvernement, parce qu'il y a des urgences, pouvoir d'achat, santé, éducation, et c'est sûr.

5:32
Présentateur

Comment avez-vous appris, Hervé Berville, cette décision de la dissolution ?

5:37
Hervé Berville

Dans ma voiture, je rentrais le dimanche de ma magnifique circonscription des Côtes d'Armor, la plus belle, bien évidemment, comme tout député attaché à son territoire, et j'étais en chemin quand un SMS m'a informé de cette dissolution, parce qu'il se trouve que je ne regardais pas la télé à ce moment-là, j'étais au téléphone. Un SMS de qui ? Un SMS d'une personne dans les ministères, qui, il se trouve, regardait la télé, m'a informé qu'il fallait vite se préparer pour retourner en campagne.

6:14
Présentateur

Et vous avez trouvé ça normal, de la part d'Emmanuel Macron, qu'il ne prévienne même pas son Premier ministre, Gabriel Attal, de cette décision si importante ?

6:21
Hervé Berville

Vous savez, moi, je lis rarement les on-dit et, au fond, les extensions de paroles qui auraient pu être dites. Donc, le président de la République, c'est sa prérogative. C'est dans la Constitution. C'est quelque chose qu'il peut faire. Le général de Gaulle l'a fait. D'autres présidents de la République, avant lui, l'ont fait, comme Jacques Chirac. Et donc, il n'y a pas à avoir un processus de concertation, de consultation. Le président de la République décide, au moment où il le souhaite, de la dissolution. Ce qui est évident, c'est que personne ne pouvait considérer que de vivre cette instabilité à l'Assemblée.

Ce cafarnaum, à l'Assemblée, était quelque chose qui nous aurait permis de mettre en oeuvre les priorités pour nos concitoyens au cours des trois prochaines années.

7:07
Présentateur

Alors, vous êtes reparti en campagne, en effet, en Bretagne, chez vous, dans les Côtes d'Armoire, pour la troisième fois. Vous avez été réélu député avec 63,63% des voix. Une participation immense. 75% des électeurs qui se déplacent. Et vous avez largement gagné face au RN, grâce au Front Républicain, comme on l'appelle, aux voix de la gauche. Comment pensez-vous que ces électeurs de gauche qui ont voté pour vous au second tour voient le refus d'Emmanuel Macron de nommer Lucie Castel à Matignon, alors même que le nouveau Front Populaire est arrivé en tête ?

7:40
Hervé Berville

Oui, le nouveau Front Populaire est arrivé en tête. Mais il ne faut pas faire une mauvaise interprétation de ces élections. Je vois beaucoup d'électeurs de gauche aussi qui savent que François Mitterrand, par exemple, dans les années 70, disaient, vous pouvez trouver cette archive, que le président Valéry Giscard d'Estaing décide de qui il nomme et qu'il n'a pas d'obligation de le prendre dans un moment.

8:04
Présentateur

Non, restons sur l'actualité, Hervé Berbic. Je parle de vos électeurs. Il y a 20 000 voix d'écart. Vous n'avez que 2 000 voix de différence avec le candidat RN et ensuite vous avez 20 000 voix de plus grâce à la gauche.

8:17
Hervé Berville

Je pense que dans des moments parfois de confusion intellectuelle où il y a un broie constant, pas ici à France Culture, mais dans d'autres médias et sur les réseaux sociaux, il faut s'en tenir au texte fondamental, la Constitution. La Constitution, vous pouvez relire le nœud gordien de Georges Pompidou, il dit bien, le président de la République nomme la personnalité, la personne de son choix comme Premier ministre. Ce qui est évident, là où vous avez raison, c'est que le président de la République doit prendre en compte les urnes. C'est d'ailleurs pour ça qu'il prend du temps pour nommer un Premier ministre.

Il y a une aspiration réelle à plus de justice, à faire en sorte que le travail soit mieux rémunéré. Et ce n'est pas au parti, ce n'est pas au parti dans la Ve République de décider qui sera nommé Premier ministre. Et je termine parce que vous avez évoqué mon résultat. Mais en 2017, j'ai été élu contre un candidat de la droite au second tour. En 2022, j'ai été élu contre un candidat de la gauche.

9:21
Présentateur

Alors regardez le restant sur l'actualité si vous le voulez bien.

9:23
Hervé Berville

Emmanuel Macron, il n'y a pas là, je termine juste, il n'y a pas là à considérer que le président de la République ne respectera pas la Constitution comme je l'entends.

9:35
Présentateur

Alors est-ce que, comme le dit votre ancien collègue, le député socialiste Arthur Delaporte, il cherche Emmanuel Macron le soutien tacite de l'extrême droite plutôt que de laisser la gauche gouverner ? Et vous savez pourquoi il dit ça ? Parce qu'Emmanuel Macron, dans son communiqué du 26 août, dans lequel il exclut le fait de nommer Lucie Castel, il s'appuie sur la motion de censure qu'elle aurait. Et donc, il s'appuie sur les voies de l'extrême droite.

10:01
Hervé Berville

Non, je ne crois absolument pas. Et vous connaissez les combats du président de la République depuis 2017 et même avant, qu'il s'appuie sur l'extrême droite pour gouverner ou pour empêcher quelqu'un d'accéder au pouvoir. Nous avons été très clairs. J'ai été très clair dans l'ordre de couture sur le front républicain. Le président de la République a eu l'occasion de le dire. Nous l'avons dit depuis plus de 7 ans. Ce que représentait le Rassemblement national, en termes de stigmatisation, en termes de discrimination, ce n'est pas le projet que nous souhaitons pour le pays. Alors, qui doit-il nommer, selon vous, Hervé Berville, ministre de la Mer à Matignon ?

Moi, je vois trois caractéristiques fondamentales. La première, c'est qu'il faut que ce soit quelqu'un qui connaisse bien l'Assemblée nationale et qui soit prêt, notamment, pour les débats budgétaires. Deuxième élément, il faut que ce soit quelqu'un qui fasse consensus. Et pour moi, je considère qu'il devrait avoir une adhérence ou, en tout cas, une coloration de gauche pour prendre en compte un certain nombre de choses qui ont été dites pendant cette campagne.

Et troisième élément, je crois qu'il doit avoir une écoute, une empathie, une connaissance du terrain parce que le message de nos concitoyens depuis des années, voire même depuis des décennies, c'est qu'il faut que la politique réponde aux choses du quotidien et, en même temps, donne du sens à ce que nous faisons collectivement. La politique, ce n'est pas juste de la gestion des affaires courantes, c'est aussi entraîner les gens sur la transition écologique, sur l'ambition maritime. C'est qui la bonne personne ? C'est le mouton à cinq pattes ?

Non, mais je crois que ça n'intéresse pas les gens de savoir que le secrétaire d'État à la mer a dans la tête pour un futur Premier ministre, parce que ce n'est pas ma prérogative. Mais il y a des gens de grande qualité, Didier Migaud, Bernard Cazeneuve. Voilà, ça fait partie des gens qui ont une expérience de l'État, qui sont reconnus, respectés et surtout qui ont une crédibilité. Mais il peut y en avoir d'autres. Moi, je ne connaissais pas Jean Castex, pour être tout à fait honnête, avant qu'il soit nommé en 2020. Vous non plus, je crois. Si, si, moi, je le connaissais. Parce que vous êtes une fine analyste de ceux qui préparaient les Jeux Olympiques.

Vous ne connaissez pas Lucie Castex avant ?

12:09
Présentateur

Et si Lucie Castex était par hasard nommée finalement à la matinée, vous, vous pourriez travailler avec elle ?

12:16
Hervé Berville

Je crois que de ce qu'elle a dit, elle a des qualités. Après, moi, ce que j'ai pu constater, c'est qu'elle avait commencé, au fond, la discussion en disant que c'était tout le programme du NFP, rien que le programme du NFP. On ne peut pas gouverner, vu la répartition des blocs, dans ces conditions-là. Mais elle a des qualités. Mais je ne crois pas que, vu ce qu'elle propose maintenant, elle m'appellera si elle était nommée premier ministre. Mais ce n'est pas le cas de figure. Et je ne suis pas un grand adepte de la politique fiction.

12:52
Présentateur

Elle dit qu'elle a des discussions avec des députés du Modem,

12:55
Hervé Berville

avec des députés de Liotte, avec Dominique de Villepin. Vous, vous n'en avez pas eu. Mais c'est très bien. Je crois que c'est aussi une forme de maturité politique que nous avons. Le président de la République a une discussion avec elle. Moi, j'ai eu l'occasion d'échanger avec des Verts. J'ai reçu des députés du Parti Socialiste, des députés républicains. Et c'est ce que j'ai fait aussi. C'est ce que nous avons fait quand nous avons gouverné. C'est-à-dire qu'on a fait passer des textes de loi transpartisans avec des majorités qui allaient des républicains jusqu'aux communistes en passant par les Verts.

Ce travail, au fond, de réconciliation irréversible, il doit se baser aussi sur des actes concrets. Financement de gendarmes, financement du travail de la justice. Et nous combattrons sans relâche les discours de haine, les discours révisionnistes, ce qui vise à, au fond, mettre de côté les responsabilités des bourreaux. Et nous continuerons sans relâche à poursuivre les génocidaires qui se trouvent notamment sur le sol européen.

13:57
Présentateur

C'est votre voix, Hervé Berville, qu'on entend au micro de nos confrères de TV5Monde le 5 avril dernier depuis le Rwanda, votre pays d'origine. Est-ce pour cette raison qu'Emmanuel Macron vous a choisi pour vous emmener dans la délégation française lors de son déplacement à Kigali pour les commémorations du 30e anniversaire du génocide, comme il l'avait déjà fait en 2019 pour les 25 ans ?

14:15
Hervé Berville

Oui, évidemment. Parce que j'ai une histoire qui est intimement liée à ce pays qui a vécu, au fond, tout ce que l'humanité peut produire de pire. Un génocide. Quasiment un million de personnes qui ont été massacrées à la machette en un mois. Et donc, c'était important pour le président de la République et pour le gouvernement aussi d'avoir une relation nouvelle qui est basée aussi sur des histoires, sur des histoires politiques, sur des histoires personnelles. Et ça a été un grand honneur que de pouvoir représenter son pays, la France, dans le pays où je suis né.

Mais ce qui a été, pour moi, le plus important, c'est qu'il y a eu un travail considérable d'histoire avec une commission qui a permis d'ouvrir les archives sur la responsabilité de la France dans le génocide perpétré contre les Tutsis. Un travail de mémoire avec désormais, dans les livres d'histoire des lycéens, et bien cette connaissance du génocide perpétré contre les Tutsis et puis un travail aussi de justice pour aller pourchasser les génocidaires qui se trouvent en Europe.

Et je peux vous dire à quel point ça a été une étape importante à la fois dans la relation entre la France et le Rwanda, mais aussi entre la France et un certain nombre de pays africains du fait de l'histoire parfois brutale qu'il y a pu avoir entre la France et ce continent. Et donc il y a eu des paroles fortes qui ont été prononcées par le président de la République et il y a eu aussi des actes irréversibles et c'est un, je crois, une satisfaction collective d'être sorti de cet aveuglement qu'on a pu avoir en France sur notre responsabilité et la nécessité de transmettre, de connaître et au fond de dire quelle a été la réalité de ce génocide. Est-ce que vous y étiez déjà retourné ?

Oui, une fois. En 2015, rapidement parce que vous savez la relation entre la France et le Rwanda était une relation très compliquée. Je suis parti, j'avais 4 ans, j'avais peu de souvenirs. Parfois, on ne sait pas d'ailleurs si c'est des souvenirs réels ou si ce sont de souvenirs qu'on se fabrique en ayant lu des choses, regardé des documentaires. Et donc, quand j'étais élu député, il était assez évident qu'une partie de ce travail de député allait porter aussi sur ce travail de réconciliation entre nos deux pays. D'ailleurs,

16:55
Présentateur

c'est plutôt la diplomatie à l'origine qui vous intéresse, Hervé Berville, la science polil. Vous participiez au MOON, ces simulations de négociations aux Nations Unies pour les étudiants. Vous avez travaillé aussi pour l'AFD, l'Agence Française de Développement. à quel moment décidez-vous de faire de la politique nationale ?

17:13
Hervé Berville

En parallèle, parce que la diplomatie est intimement liée avec la politique nationale. Et il n'y a pas de diplomatie forte sans une économie forte. Et il n'y a pas de diplomatie efficace et portée par des priorités politiques si elles ne sont pas ancrées dans le réel de nos concitoyens. quand nous travaillons sur la résolution de conflits, c'est pour éviter par exemple que les guerres provoquent des inflations ou des déplacés, des réfugiés qui ont un impact aussi chez nous.

Quand nous travaillons sur la diplomatie environnementale comme j'ai eu l'occasion de le faire, c'est pour faire en sorte de lutter contre les conséquences du dérèglement climatique dans les pays les plus vulnérables mais aussi chez nous et dans nos territoires. Ce poste

18:01
Présentateur

de secrétaire d'Etat à la mer que vous obtenez en 2022 sous Elisabeth Borne, est-ce que vous vous y attendiez ?

18:07
Hervé Berville

Ça faisait partie des choses qui m'intéressaient. On ne peut jamais s'attendre à être nommé secrétaire d'Etat mais c'est sûr que j'ai eu l'occasion d'en discuter avec le président de la République avant et je crois que ça a été un des plus grands honneurs de ma vie jusqu'ici.

18:30
Locuteur non identifié

France Culture Sens politique Astrid De Villene

18:34
Invité

La mer Méditerranée regardez là regardez sa puissance sa force voilà la porte de sortie du nucléaire qui est devant vous elle contient 66 fois l'énergie dont on a besoin à terre elle est là pour toujours la nuit le jour avec le mouvement des marées le mouvement des courants dans les profondeurs la circulation de la lune autour de notre planète avec 50 éoliennes offshare on a l'équivalent d'une centrale nucléaire d'un réacteur nucléaire il faut sortir du nucléaire pas par idéologie parce que c'est dangereux les gens

19:13
Présentateur

La voix de Jean-Luc Mélenchon que vous aurez peut-être reconnu Hervé Berville secrétaire d'état des missionnaires à la mer et à la biodiversité le 16 janvier 2022 lors de l'un de ses meetings immersifs à Nantes en vue de la campagne présidentielle alors aujourd'hui le nouveau front populaire ne veut plus sortir du nucléaire au moins jusqu'en 2027 mais que pensez-vous de cette proposition utiliser la puissance de la mer pour sortir du nucléaire avec notamment les éoliennes offshore

19:37
Hervé Berville

C'est une excellente proposition il faut reconnaître à Jean-Luc Mélenchon d'avoir été un précurseur sur le sujet maritime mais c'est exactement ce que nous avons fait porter dès 2019 c'est-à-dire que depuis 2019 et on a accéléré en 2022 notre stratégie énergétique est basée sur trois piliers le nucléaire le renouvelable dont les énergies offshore les énergies marines renouvelables et bien évidemment la sobriété et donc ma responsabilité la responsabilité actuellement avec notamment Bruno Le Maire c'est de déployer 40 gigawatts d'ici 2050 et donc là nous sommes dans un travail de planification c'est-à-dire que façade maritime par façade maritime nous regardons quelles sont les zones en mer qui doivent être protégées pour notamment faire en sorte de restaurer la biodiversité quelles sont les zones qui doivent être dédiées à des activités économiques à des activités touristes et quelles sont les zones qui seront dédiées au développement de l'énergie marine renouvelable et c'est un enjeu à la fois énergétique mais aussi industriel et bien évidemment territorial parce que ça permettra de créer des emplois et au fond de réinternaliser un certain nombre de compétences qu'on avait perdues et qui faisaient qu'on produisait et bien un certain nombre de ces biens industriels ailleurs Donc vous

20:53
Présentateur

le breton de Saint-Brieuc vous êtes à l'aise avec ces parcs gigantesques éoliens ces 50 parcs qui doivent voir le jour d'ici 2050 alors que beaucoup de mers du littoral s'en plaignent

21:04
Hervé Berville

Alors moi j'ai été très clair c'est il y a des parcs qui ont été mal faits notamment celui de la région où je suis c'est à dire au large de Saint-Brieuc mais il y a des parcs comme celui de Saint-Nazaire qui ont été très bien faits notamment dans la concertation la question c'est pas est-ce qu'on veut oui ou non des énergies marines renouables c'est indispensable pour assurer la souveraineté énergétique de notre pays et pour réduire nos émissions ce qu'il faut faire par contre c'est en respectant les acteurs locaux en respectant et bien notamment les pêcheurs qui sont dans ces zones en respectant la biodiversité et c'est pour ça qu'on a lancé un travail gigantesque de planification en mer c'est à dire qu'on regarde façade maritime par façade maritime comment on répartit et bien c'est cet équilibre et ce travail va aboutir à l'année prochaine avec des lancements d'appels d'offres et vous savez pour arriver à cette neutralité carbone qu'on a collectivement définie au niveau européen il nous faudra il nous faudra accélérer sur les énergies marines renouvelables donc c'est pas paysage contre énergie marine renouvelable on peut faire les deux en même temps et c'est une nécessité pour nos concitoyens et pour la planète alors vous en ce moment

22:20
Présentateur

vous soutenez plutôt les pêcheurs avec une aide carburant de plus de 85 millions d'euros depuis la guerre en Ukraine est-ce que ça c'est compatible avec le ministère de la biodiversité

22:28
Hervé Berville

je soutiens les pêcheurs pour faire en sorte notamment de soutenir notre souveraineté économique on importe déjà je rappelle que vous êtes sous la houlette du ministère de la transition écologique et de Christophe Béchut c'est totalement cohérent je vous rappelle que pour nos concitoyens il y a des aides de carburant aussi quand le prix de l'énergie a flambé tel que ça avait été le cas après la guerre en Ukraine on n'allait pas laisser des navires à quai et continuer d'importer des produits halieutiques nous importons déjà 80% de ce que nous mangeons en poisson principalement d'ailleurs des espèces qu'on devrait réduire alors est-ce qu'il faut réduire la cause je termine le saumon l'adorade ou des crevettes qui sont faites dans des conditions peu acceptables et donc la stratégie du ministère c'est à la fois soutenir la souveraineté économique et alimentaire et en parallèle soutenir bien évidemment la biodiversité nous sommes le gouvernement qui a multiplié par exemple par sept la réserve des sept îles au large des côtes d'Armor c'est une extension massive qui va permettre notamment de protéger les oiseaux marins et de protéger la biodiversité et nous allons continuer dans le cadre de la planification à faire ce travail de protection de la biodiversité des écosystèmes marins comme la posidonie notamment

23:45
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon qu'on a entendu à l'instant et en effet qui a été très en avance pour développer ce programme sur la mer dans ses différents programmes présidentiels propose par exemple de diviser par deux la consommation moyenne de poissons en France quand dites-vous le secrétaire d'état à la mer et à la biodiversité

24:00
Hervé Berville

c'est comme tout il y a un certain nombre de poissons qui sont indéniablement surconsommés mais il y a un certain nombre de concitoyens aussi qui connaissent très peu le poisson donc l'enjeu pour nous c'est de faire en sorte qu'il y ait des circuits beaucoup plus courts c'est pour ça qu'on a besoin d'avoir des pêcheurs parce qu'on ne va pas continuer à importer du poisson qui vient de l'autre bout du monde des crevettes qui viennent d'Équateur et donc il nous faut de la pêche artisanale près de nos côtes pour avoir dans nos assiettes dans l'assiette de nos enfants dans nos cantines scolaires du poisson qui est produit de manière durable et l'enjeu et je termine par là sur la question alimentaire c'est de préserver les habitats et je vais vous donner un exemple les pêcheurs à la coquille ils ont réussi à multiplier par trois la ressource tout en préservant les écosystèmes ils ont un système très rigoureux qui permet de tenir les deux choses préservation de la biodiversité et développement d'une production qui fait la fierté des Côtes d'Armor et de manière générale de la France

25:05
Présentateur

Le site spécialisé sur l'environnement reporter titrait en janvier 2024 quand vous avez récupéré en plus de ce portefeuille de la mer la biodiversité l'inquiétant monsieur diversité du gouvernement notamment pour votre opposition au plan d'action pour l'océan de la commission européenne destiné à verdir le secteur de la pêche et on se souvient d'une intervention que vous aviez faite au Sénat alors que vous étiez ministre de la mer en 2023 où vous vous opposez à l'interdiction du chalutage de fond dans les arts marines protégé par l'Union Européenne pourquoi cette position je rappelle que pour le national géographique le chalutage de fond a un effet néfaste sur la vie marine et les écosystèmes marins alors est-ce qu'on peut défendre à la fois les pêcheurs et ce chalutage de fond et la biodiversité Hervé Berville est-ce que ces deux portefeuilles

25:46
Hervé Berville

là sont compatibles ? Merci de me poser la question et me permettre de rectifier parce que beaucoup de bêtises ont été dites ou écrites sur ce sujet je ne me suis jamais vous entendez bien je ne me suis jamais opposé à l'interdiction du chalutage de fond je me suis opposé à l'interdiction des arts traînants ce qui n'est pas la même chose dans votre intervention au Sénat c'est très clair non non l'intervention au Sénat il y a même une dérogation demandée par la France

26:09
Présentateur

l'Union Européenne

26:10
Hervé Berville

les auditeurs pourront écouter au Sénat le 8 mars 2023 voilà au Sénat je dis les arts traînants la commission voulait interdire tous les arts traînants pourquoi je m'y suis opposé ? parce que ça condamnait la pêche artisanale parce que les pêcheurs à la coquille est-ce que vous considérez que les pêcheurs à la coquille détruisent nos écosystèmes ?

ils font des arts traînants puisque c'est une drague nos conchiliculteurs ils utilisent un outil qui eh bien touche le fond les producteurs d'algues qui produisent de manière durable eux aussi ils utilisent un art traînant c'est-à-dire quelque chose donc je me suis et je le répète Madame de Villaine je ne me suis jamais opposé à l'interdiction du chalutage de fond dans les armes protégées je me suis opposé à l'interdiction totale de tous les arts traînants ce qui n'est pas la même chose les pêcheurs artisanaux l'ont très bien compris il y a simplement des oppositions parfois un peu malhonnêtes c'est le jeu politique qui ont eh bien déformé mes propos tout le monde pourra le constater qu'avez-vous fait à Véverville pour la biodiversité depuis que vous avez été nommé en janvier ?

alors sur la biodiversité on a par exemple largement renforcé les zones de protection dans nos forêts j'en ai inauguré une biosphère dans les côtes d'Armor nous avons aussi pour la biodiversité marine nous avons négocié et fait un travail diplomatique intense pour aboutir à ce qu'il n'y ait pas d'exploitation minière des fonds marins dans nos eaux bien évidemment mais partout dans le monde et vous savez il y a deux grandes menaces pour nos océans et pour la biodiversité un le dérèglement climatique deux l'exploitation minière des fonds marins nous sommes le seul pays et c'est par ma voix et celle du président de la République qui s'est opposé et qui a eu une position ferme constante depuis 2023 pour interdire l'exploitation des fonds marins

28:03
Présentateur

c'est exact vous avez même publié une tribune dans le monde avec l'actrice très engagée

28:07
Hervé Berville

Jane Fonda mais enfin c'est pas encore interdit pour l'instant ça n'a pas commencé on a empêché on était 4 pays en 2022 nous sommes désormais 30 pays parce que nous avons fait ce travail diplomatique mais permettez-moi de juste développer un tout petit peu sur l'exploitation des fonds marins il s'agit l'exploitation des fonds marins d'aller à plus de 3000 mètres avec des machines qui font la taille de baleine bleue pour aller chercher des métaux soi-disant pour la transition écologique si nous n'avions rien fait si la France n'était pas intervenue n'avait pas fait pression diplomatiquement en 2023 ça aurait commencé et ça aurait eu des impacts non seulement sur nos écosystèmes marins mais sur notre capacité à lutter contre le changement climatique et donc quand vous me demandez ce qu'on a fait sur la biodiversité nous avons largement renforcé les airs marines protégées nous avons renforcé aussi la protection de nos glaciers nous avons et ça c'est tous les acteurs qui le constatent financé massivement un territoire pour protéger la biodiversité dans nos campagnes dans nos villes et puis surtout nous avons abouti à quelque chose qui est massif pour la protection de la biodiversité à la fois sur terre mais également sur mer abouti en 2023 à un traité de protection de la haute mer la haute mer ça représente 50% de la surface de la planète ça faisait 15 ans que ces traités étaient enlisés dans les négociations internationales avec notamment l'Allemagne avec d'autres pays de l'Union Européenne nous avons poussé pour faire en sorte que ce traité aboutisse et il sera nous l'espérons ratifié pour le sommet des Nations Unies pour les océans c'est un traité qui est juridiquement contraignant et qui est un tournant majeur à la fois pour la biodiversité mais aussi dans les luttes contre les pollutions parce que les pollutions entre mer ont un impact sur nos côtes et nos littéraux

29:48
Présentateur

mais ce sommet qui est en effet important organisé avec le Costa Rica à Nice en juin 2025 puisque c'est l'année de la mer vous ne serez peut-être pas plus à la manœuvre Hervé Berville

29:56
Hervé Berville

mon destin mon avenir importe peu ce qu'il faut c'est engager des politiques qui sont irréversibles et c'est pour ça que le travail que nous avons fait notamment sur la lutte contre la pollution plastique le travail que nous avons fait sur la protection de la biodiversité marine et 13 le travail que nous avons fait pour véritablement avoir une stratégie de décarbonation du transport maritime vous savez que les émissions il y a encore des grands navires

30:21
Présentateur

des navires usines qui sont construits vous le savez qui n'arrivent même pas à rentrer dans la baie de Saint-Malo tellement ils sont immenses

30:26
Hervé Berville

et qui s'est opposé ? en tout cas aujourd'hui ils ont le droit non c'est moi qui me suis opposé à ces quotas et la décarbonation des navires pas que des navires de pêche des navires qui transportent vos vêtements qui transportent les biens qui sont ici sur cette table nous l'avons lancé à la COP de l'année dernière avec les principaux armateurs l'idée c'est vraiment d'avoir des technologies qui nous permettent de substituer le carburant et les énergies fossiles c'est le grand combat parce que sortir des énergies fossiles c'est lutter contre le changement climatique et préserver la biodiversité

31:01
Présentateur

que pense le ministre de la mer et de la biodiversité que vous êtes de l'usage du jet ski justement en parlant d'énergie fossile ça consomme 25 litres au sang un jet ski et on sait que le président de la république est en effrayant

31:12
Hervé Berville

je ne l'utilise pas le jet ski il y a beaucoup d'endroits où c'est régulé réglementé mais le jet ski comme d'autres types de bateaux motorisés il faut faire attention dans son utilisation et on voit bien qu'il y a eu notamment sur la côte méditerranéenne au fond un développement anarchique de ces bateaux et dans le cadre d'ailleurs de la planification que nous portons nous l'avons régulé après il y a des motos c'est un bon symbole

31:42
Présentateur

qu'Emmanuel Macron pour l'écologie fasse du jet ski je rappelle qu'une voiture c'est 5 ou 6 litres au sang à titre de comparaison en pollution

31:49
Hervé Berville

la question étant il faut qu'il arrête

31:52
Présentateur

je ne sais pas son engagement sur l'écologie parfois c'est vrai qu'on a du mal à le voir

31:56
Hervé Berville

il faut regarder il ne faut pas s'arrêter à l'utilisation de la jet ski il faut regarder par exemple les financements massifs dans le cadre du fonds vert on peut dire tout ce qu'on veut mais il n'y a rarement eu un investissement aussi massif il faut regarder ce que nous avons fait en termes vraiment de projets qui étaient néfastes pour l'environnement que nous avons arrêté Notre-Dame-des-Landes la montagne d'or ça c'est des choses qui étaient attendues depuis des années mais par rapport à l'urgence Hervé Berville vous êtes 35ème sur 35 dans l'ordre protocolaire je crois que la question c'est celle de la capacité à agir vous voyez il faut hiérarchiser les priorités hiérarchiser les combats pour être le plus efficace pour les futures générations ça intéresse peut-être pas grand monde mais merci de me donner l'opportunité d'en parler mais quand on se bat comme on s'est battu pour le traité sur la haute mer c'est vraiment un pas décisif pour l'avenir commun pour la protection de nos océans on parle de 50% de la planète et c'est un traité qui est juridiquement contraignant on ne peut pas aller plus vite sur la transition écologique en France je crois qu'on a accéléré sur un nombre de points on est au maximum on peut bien évidemment aller plus vite sur un certain nombre de sujets sur le logement par exemple sur la décarbonation c'est pas du tout la trajectoire budgétaire du dernier budget en fait la trajectoire elle ne fait que d'augmenter ce qu'il y a eu l'année dernière c'est qu'il y a eu une diminution de l'augmentation mais ça reste une augmentation et puis au delà de ça c'est qu'il faut une écologie qui entraîne tout le monde c'est à dire que si vous considérez on l'a vu dans un certain nombre de pays européens qu'il faut avancer sans prendre en compte l'enjeu notamment de la réciprocité et moi je me bats beaucoup pour que les règles que nous appliquons dans notre pays et bien s'appliquent dans les autres pays on va faire fausse route et on va mettre les gens dans l'impasse donc nous nous avons une ambition très forte vous l'avez vu sur le maritime je crois qu'il n'y a aucun autre pays en Europe qui sur l'enjeu de la protection de l'océan a été aussi ambitieux avec des actes concrets et on va continuer il y a la Grèce par exemple sur les aires marines protégées non la Grèce ça s'appelle un effet d'annonce la Grèce ils autorisent l'exploitation de gaz dans ces zones là est-ce que vous considérez que c'est un progrès non et sur les aires marines protégées je vous rappelle que en France nous avons des zones où il y a un certain d'activités qui sont autorisées et d'autres où c'est totalement interdit et ça fonctionne puisque quand vous allez par exemple à Porquerolle vous voyez qu'il y a des zones où il n'y a pas d'activité où la nature revient et la biodiversité est restaurée donc il y a bien évidemment des progrès et il y a un combat majeur massif que nous devons continuer de porter mais là où je suis je m'y a-t-elle chaque jour et peut-être que d'autres pourraient faire mieux peut-être que d'autres feront mieux mais en tout cas on y a mis toutes nos forces à la fois budgétaires et aussi en termes de priorité politique

34:52
Présentateur

si la France est le deuxième espace maritime le plus important au monde derrière les Etats-Unis c'est notamment grâce aux Outre-mer est-ce que vous trouvez que durant ces deux mandats d'Emmanuel Macron les Outre-mer elles ont été bien traitées je pense à la Nouvelle-Calédonie je pense à la crise de l'eau à Mayotte je pense à la crise pendant le pass sanitaire en Guadeloupe à la Martinique

35:09
Hervé Berville

c'est un enjeu les territoires ultramains qui est majeur pour nos pays au-delà qu'ils représentent une grande partie de nos territoires mais là vous répondez pas à ma question j'y viens au-delà du fait qu'ils représentent une grande partie de nos zones maritimes c'est des territoires qui sont d'une richesse et qui sont importants pour la République je crois que là aussi sur la question par exemple de l'emploi

35:32
Présentateur

Emmanuel Macron et sa majorité à laquelle vous appartenez avec Berville les ont oubliés avec ces trois exemples non ils ont été bien traités

35:39
Hervé Berville

ils n'ont pas été mal traités est-ce qu'il y a des choses qu'on a mal faites bien évidemment comme quoi par exemple vous parlez de l'enjeu de la Nouvelle-Calédonie vous on peut parler aussi de la question du pouvoir d'achat ou dans un certain nombre de territoires c'était compliqué mais sur la question par exemple de l'emploi sur la question des infrastructures sur la question de la préservation de la biodiversité j'ai eu l'occasion de me rendre en Polynésie à La Réunion nous avons là aussi mis des moyens mais surtout accompagné des territoires qui sont au fond d'une grande ambition et nous l'avons fait avec le même souci d'égalité de traitement et avec la même volonté de donner des chances à ces territoires et je termine non je termine parce que c'est important la Guyane par exemple il y a 5 ans la Guyane il n'y avait pas de navire de pêche qui allait être renouvelé parce qu'il y avait une règle européenne qui l'interdisait nous avons mis tout notre poids aussi politique pour changer cette situation et désormais depuis cette année les pêcheurs guyanais peuvent avoir des navires qui consomment moins qui sont plus modernes et surtout en préservant la biodiversité puisque nous avons lancé un programme avec le WWF pour notamment protéger les tortulutes qui étaient en voie d'extinction Hervé Berville sur la Nouvelle-Calédonie

36:48
Présentateur

c'est une erreur ce vote sur l'élargissement du scrutin

36:52
Hervé Berville

non je crois pas que c'est une erreur si vous venez de le dire non je n'ai pas dit que c'était une erreur mais vraisemblablement ça a mis le feu au boudre vu les tensions qu'il y a tout n'a pas été bien fait c'est une évidence maintenant il faut retisser les liens il faut trouver à la fois la concorde et surtout la capacité de protéger les néo-Calédoniens et de leur donner des politiques publiques qui correspondent à leurs priorités notamment sur l'enjeu de pouvoir d'achat sur les enjeux environnementaux parce qu'ils sont dans une zone où ce sont des questions qui sont cruciales

37:26
Locuteur non identifié

sens politique l'archive de l'invité

37:29
Invité

ce soir nous célébrons la république nous la célébrons comme chaque fois dans l'histoire qu'elle a remporté une victoire comme toujours face à l'épreuve la voici debout fière fière fidèle à ses valeurs présente forte rassemblée elle a refusé de céder à la tentation de l'intolérance et de la démagogie et sa volonté de changement et de renouveau dans l'ouverture et dans la concorde nationale ne laissons pas retomber ce souffle qui nous a porté

38:41
Présentateur

la voix de Jacques Chirac le 5 mai 2002 place de la république à Paris aux côtés de Bernadette Chirac le soir de sa victoire face à Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle c'était il y a 22 ans Hervé Berville un discours qui semble totalement d'actualité rien n'a changé pour combattre le front national devenu RN

39:01
Hervé Berville

en tout cas il y a eu vraisemblablement une occasion ils ont manqué de profiter de cet élan pour comme disait Léon Bourgeois qui a porté le solidarisme être dans la main tendue plutôt que dans le point fermé et à ce moment là les partis politiques peut-être n'ont pas pris conscience que à la fois le rassemblement national le front national s'ancrait durablement et qu'en même temps dans les pratiques politiques dans la capacité aussi à s'attaquer au problème du quotidien de nos concitoyens le pouvoir d'achat la question aussi de sécurité la question de transition écologique il fallait faire différemment et au fond l'acmé de ça c'est 2005 avec le nom au référendum européen qui n'est pas suivi des faits et c'est une forme de trahison pour le peuple français et donc moi j'ai pris ce sonore parce que c'est à la fois mon premier véritable souvenir politique la première campagne présidentielle que j'ai suivi et puis aussi c'était un moment où le peuple français sorti dans la rue s'est rassemblé pour dire non c'est pas ça notre France c'est pas ça l'histoire de la république française et nous devons faire front

40:14
Présentateur

quand votre parti en marche vote pour des députés du RN à l'assemblée au poste clé en 2022 quand on apprend dans les colonnes de libération qu'Edouard Philippe dîne avec Marine Le Pen le 9 juillet quand la loi immigration est adoptée en intégrant la notion de préférence nationale et que Marine Le Pen s'en félicite vous êtes à l'aise vous qui avez tellement combattu le rassemblement national dans votre carrière

40:36
Hervé Berville

je crois que ce type de au fond d'assertion on pourrait le faire avec beaucoup de partis politiques sur des votes pour des présidents moi je n'ai pas voté pour des vice-présidents rassemblement national

40:49
Présentateur

et vous auriez dîné vous avec Marine Le Pen non

40:51
Hervé Berville

c'est une faute morale ou politique de la part d'Edouard Philippe je n'aurais pas dîné avec Marine Le Pen je pense que c'est une erreur et qu'il n'y a pas de raison particulière de dîner avec Marine Le Pen ils la croissent peut-être suffisamment dans d'autres contextes pour pas forcément avoir envie de dîner mais chacun est libre de chez soi c'est pas lui vous soutiendrez en 2027 visiblement Edouard Philippe la question de 2027 est quand même très très loin mais ce qui est certain c'est que les les raisons pour lesquelles les gens votent pour leur assemblée nationale moi c'est c'est un des moteurs de mon engagement dans le sens je souhaite que vraiment ça recule durablement et manifestement nous n'avons pas réussi vu les résultats au niveau européen ensemble je veux dire la classe politique et c'est pour ça que la période qui s'ouvre est aussi une période intéressante pour faire les choses différemment et éviter d'avoir le rassemblement national à la tête

41:47
Présentateur

merci d'avoir accepté notre invitation pour le premier épisode de cette nouvelle saison de sens politique je rappelle que vous êtes encore secrétaire d'état à la mer et à la biodiversité dans le gouvernement démissionnaire de Gabriel Attal et puis je rappelle pour toutes celles et ceux qui nous écrivent et qui se posent la question sur le choix de nos invités qu'il faut d'abord qu'ils acceptent de venir merci beaucoup de ministres ont refusé cette invitation et puis que nous respectons les règles de l'ARCOM qui impose le pluralisme en fonction des forces politiques représentées au gouvernement et au Parlement y compris hors période électorale merci à tous et à toutes de nous avoir suivis merci à Luca Liberati qui m'a aidé à préparer cette émission à la réalisation Luc-Jean Reynaud à la technique Alex Dang à la vidéo Flavien Andriziak vous pouvez réécouter cette émission sur franceculture.fr et sur l'application Radio France on se retrouve samedi prochain très belle journée à l'écoute de France Culture